Auteur/autrice : ASUD

Brisons le tabou ! Un documentaire et une pétition contre la prohibition

Raconté par Morgan Freeman, ce documentaire lève le voile sur l’échec de la Guerre à la Drogue menée par les Nations-Unies, son origine et l’impact effroyable qu’elle a sur des États tels que la Colombie, les Etats-Unis d’Amériques ou la Russie. Avec la participation de personnalités de premier plan comme Bill Clinton ou Jimmy Carter.

La guerre contre la drogue a échoué. Après 50 ans d’interdiction, les drogues illicites sont désormais la troisième industrie la plus rentable au monde après la nourriture et le pétrole, aux mains des criminels. Les drogues sont moins chères et plus accessibles que jamais. Des millions de personnes sont en prison pour des délits liés aux drogues. La corruption et la violence, en particulier dans les pays producteurs et de transit, met en danger la démocratie. Des dizaines de milliers de personnes meurent chaque année en guerre de la drogue.

L’amélioration de nos politiques sur les drogues est l’un des principaux défis de notre temps. Le temps est venu d’agir.

Nous vous appelons à mettre fin à la guerre contre la drogue et le régime d’interdiction, et d’aller vers un système basé sur la décriminalisation, la régulation, la santé publique et l’éducation. Cette politique de 50 ans a échoué, favorise les crimes violents et les système mafieux, dévaste des vies et coûte des milliards. Il est temps d’adopter une approche humaine et efficace.

>Signez la pétition<

ASUD Journal n°50
Numéro Double : On a testé pour vous 50 produits

ASUD Journal n°50 est sorti. 50 numéros ça se fête avec un journal double-dose de 52 pages.
Au sommaire :

50 produits testés par ASUD pour son numéro 50

Pour le numéro 50 du journal, Asud a testé pour vous 50 produits. L’idée a germé lors d’un comité de rédaction particulièrement psychoactif. L’angoisse était palpable du fait de la dimension métaphysique de l’enjeu : Asud-Journal sort sa cinquantième édition et pas question de laisser passer l’événement dans l’indifférence générale.

La loi Evin ayant été enfermée aux toilettes, l’atmosphère s’alourdit, jusqu’à ce qu’une lumière étrange illumine le plus chéper d’entre nous. «  Alléluia, mes frères, dit-il entre deux transes mêlées d’hallucinations, et pourquoi pas un n°50: Asud a testé pour vous 50 produits ? » Un retour aux fondamentaux en somme. Le challenge était double : réussir à décrire une substance en quelques lignes sans enfreindre le fameux article L. 3421-4 du code de la santé publique qui punit toute incitation à l’usage d’un produit stupéfiant. Le tout en un paragraphe. Un vrai casse-tête, même pour notre équipe de journalistes gonzos archi-capés en drogues diverses. Outre qu’il a fallu puiser dans nos archives très privées, revisiter nos jardins secrets, se remémorer des «  premières fois  » pas toujours flatteuses pour l’ego, le flirt avec la présentation sous un jour favorable a rendu l’exercice périlleux.

Abstinence, usage, abus et dépendance sont les quatre piliers de la consommation. La loi impose l’abstinence, mais la réalité est constituée de millions d’usagers de drogues à l’image des lecteurs de ce journal. Pour ne pas devenir abusifs ou dépendants, ces consommateurs devraient bénéficier d’une culture de l’usage raisonnable, de la fameuse modération qui pour certains doit aller jusqu’à l’abstinence. Hélas, nous ne sommes pas égaux devant les substances.

Concrètement, notre fibre d’usagers militants s’est retrouvée prise en otage par la double injonction contradictoire qui est au cœur de ce journal : ne pas cacher le plaisir que chacun retire d’une prise de drogues, tout en dénonçant les ravages de la culture «  trash  ». Le ban et l’arrièreban de la milice Asudienne s’est pliée à l’exercice. Merci pour ce grand élan de solidarité psychotrope.

À vous de juger si le grand écart est réussi ou si nous manquons de souplesse.

Liste des 50 produits testé par ASUD à découvrir dans ASUD-Journal N°50 :

  1. 2C-I
  2. Absinthe
  3. Alcool
  4. Amphétamines
  5. Angry birds
  6. Banane séchée
  7. Caféine
  8. Cannabis
  9. (CBD) Cannabis thérapeutique
  10. Champignons hallucinogènes
  11. Cocaïne
  12. Crystal meth
  13. Codéine
  14. Datura
  15. DMT organique
  16. DOB
  17. Éther
  18. GHB/GBL
  19. Héroïne
  20. Huile de cannabis
  21. Iceolator hasch
  22. Kanna
  23. Kava Kava
  24. Kétamine
  25. Khat
  1. Kratom
  2. LSA (Hawaiian Baby Woodrose)
  3. LSD 25
  4. MCPP
  5. MDA
  6. MDEA
  7. MDMA et ecstasy
  8. Méphédrone
  9. Méthadone
  10. Méthoxétamine
  11. Morphine
  12. Noix de muscade
  13. Opium
  14. PCP
  15. Philosopher’s Stones
  16. Poppers
  17. Ritaline
  18. Rohypnol
  19. San Pedro
  20. Salvia Divinorum
  21. Solvants / Proto
  22. Speedball
  23. Subutex
  24. Tabac
  25. TMA-2

Alerte officielle : Héroïne contaminée à la maladie du Charbon / Anthrax

5 cas d’anthrax ont été signalés chez des usagers injecteurs d’héroïne, dont 1 cas en France.
Après les 119 cas d’anthrax en quelques semaines chez des usagers injecteurs d’héroïne en 2009-2010, les autorités sanitaires européennes s’inquiètent de la possibilité d’une nouvelle épidémie.

la Direction Générale de la Santé (DGS) nous informe qu’il y a désormais 5 cas avérés d’anthrax chez des usagers d’héroïne dont 1 cas en France, dans la région Rhône-Alpes. Les autres cas se situent en Allemagne (3 cas dont 1 mortel) et au Danemark (1 cas mortel).
La Direction Générale de la Santé vient donc de publier une fiche d’alerte sur l’anthrax (maladie du charbon) que nous mettons ci-dessous à votre disposition. Nous encourageons les usagers d’héroïne à en prendre connaissance et à ne pas hésiter à aller consulter des services médicaux (urgences) s’ils se découvraient des symptômes pouvant évoquer cette maladie.

Un traitement antibiotique spécifique commencé suffisament tôt permet de guérir en limitant fortement les dommages.

Symptomes

Si la personne a été contaminée par injection, les symptômes peuvent être

  • une zone de tuméfaction (gonflement) et de rougeur au point d’injection, avec ou sans douleur associée
  • un abcès ou ulcère au point d’injection
  • éventuellement de la fièvre, des maux de tête, de la nausée.

Si la personne a fumé l’héroïne contaminée, elle peut présenter un syndrome grippal (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, toux) qui peut se prolonger en difficultés respiratoires.

Quelques infos complémentaires

  • Si un consommateur d’héroïne présente ces symptômes il faut recourir immédiatement à un avis médical. Si nécessaire, accompagnez-le dans un service d’urgence.
  • Aucune voie d’administration de l’héroïne n’élimine le risque de contamination par la maladie du charbon : les injections dans les muscles (intra musculaire), la peau (sous cutanée), les veines (intra veineuse), peuvent causer la contamination.
    Toutefois l’inhalation des spores en fumant ou sniffant l’héroïne peut causer la maladie du charbon sous sa forme la plus grave au niveau des voies respiratoires (mortelle dans 85% des cas contre 20% pour les autres modes de contamination).
  • La contamination d’un produit par les spores du bacille du charbon n’est pas visible à l’oeil nu.
  • Les conseils habituels peuvent aussi réduire les risques de contamination : ne pas partager les aiguilles, les seringues et tout autre matériel, éviter toute préparation commune du produit.

Partagez ces informations très largement autour de vous

Documents officiels :

Apaire quitte la MILDT : la fin du bad trip

Ca y est, l’Apaire est dans le sac. ASUD offre un pot (belge, forcément) de départ à celui qui était à la tête de la MILDT depuis 2007. Un worst of de 5 années de désamour entre ce chantre de la morale répressive anti-drogue et les usagers de drogues.

« Au ralenti je soulève les interdits
Oh ! Étienne, Étienne
Oh ! tiens-le bien »

…pourrait chanter ASUD comme le faisait Guesh Patti en 1987.
« Reste allongé je vais te rallumer
Aïe Étienne »

 

  • Mai 2008 Le CIRC réagit à l’étude sur l’auto-production de cannabis en France commandé par Apaire : Lettre ouverte à la MILDT
  • Décembre 2008 La bavure du chauffeur d’Apaire : Fumer tue
  • Novembre 2011 L’invitation suspecte d’Apaire : La méfiance

 

Tous à l’Appel du 18 joint 2012

Afin de pousser le gouvernement à changer sa politique des drogues, vous êtes invités à participer massivement à l’Appel du 18 joint.
Nous savons que si nous ne provoquons pas le débat, il ne se passera rien.

  • ABROGATION DE LA LOI DE 1970
  • DÉPÉNALISATION DE L’USAGE DE TOUTES LES DROGUES
  • LÉGALISATION DU CANNABIS

ADIEU LA FRANCE EN BLEU
« Il n’y a pas de drogues douces ou dures, pas de petite consommation personnelle, pas d’expérience individuelle, pas de jeunes libres et branchés ; il n’y a que des drogues interdites, des usagers qui mettent en péril leur vie et transgressent la loi, des drogues interdites parce que, quoi que l’on ait pu dire parfois, toutes les drogues sont nocives. » Vous avez reconnu le style musclé de Nicolas Sarkozy qui a instauré la chasse aux fumeurs de cannabis en payant ses policiers au rendement, puis une fois élu président a nommé à la tête de la Mildt Étienne Apaire, soldat fidèle et un des artisans de la loi de prévention de la délinquance de mars 2007. En dix ans, tout a été entrepris avec des arguments éculés et fallacieux pour présenter le cannabis comme le fléau de la jeunesse et les militants du changement comme des irresponsables et des nostalgiques.

flyer du 18 joint 2012BONJOUR LA FRANCE EN ROSE

« Le cannabis crée de la dépendance » ou encore : « il est toujours le tremplin vers les drogues dures, la cocaïne ou l’héroïne », ainsi s’exprime Manuel Vals, lequel est « fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche à toute concession dans ce domaine. »
Les arguments de notre nouveau ministre de l’Intérieur et sa réactualisation de la théorie de l’escalade ne devraient convaincre que la droite la plus réac. Nous comptons sur les représentants des autres ministères concernés par la question des drogues, mais aussi sur ses collègues au parti socialiste, pour persuader Manuel Vals que la loi de 1970 a fait son temps et que pour de multiples raisons, le moment est venu de la réformer.
Si vous en avez marre d’être pris en otage par des politiciens plus soucieux de leur électorat que du bien vivre de leurs administrés, si le cannabis est votre médicament et que vous galérez pour vous approvisionner, si vous vivez dans la crainte que la police découvre votre jardin secret… Si vous voulez que ça change, le CIRC vous invite à participer, partout en France, aux rassemblements organisés le 18 juin dans la cadre de « l’Appel du 18 joint ».

Flyer 18 Joint 2012 avec RBH
Lundi 18 juin à partir de 18 heures
L’APPEL DU 18 JOINT
Paris Grande pelouse de la Villette
Stands — Débats — Animations
http://www.18joint.org

Infor orga : CIRC Paris, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris
E-mail : circ75idf@circ-asso.net — Tél : 06 85 54 48 32

L’Appel du 18 joint n’est pas une exclusivité parisienne !

Un peu partout en France, à l’initiative du Circ ou pas, c’est l’occasion pour les activistes du cannabis d’exprimer leur ras-le-bol d’une politique qui ne sert à rien et coûte très cher aux contribuables.
Alors que la France a préféré la répression tous azimuts  à la réduction des risques, le nombre de consommateurs chez les 15/16 ans est passé de 34 % à 39%. Cherchez l’erreur !
Il est grand temps d’en finir avec la prohibition… Et nous l’obtiendrons seulement si les premiers concernés, NOUS, descendons pacifiquement dans la rue.

Manuel Valls répond à ASUD

C’est dans le journal conservateur Valeurs Actuelles que le nouveau Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a répondu à ASUD qui avait commenté sa position réactionnaire vis à vis de la dépénalisation du cannabis.

Valls, farouche opposant à la dépénalisation du cannabis, devrait garder le cap de l’interdit

Date : 18 mai 2012 PARIS
source : Daphné BENOIT (AFP)

Farouche opposant à la légalisation et la dépénalisation du cannabis, le nouveau ministre de l’Intérieur Manuel Valls devrait maintenir le cap de l’interdit, malgré certaines propositions d’assouplissement émanant de son propre camp.

Interrogé sur le cannabis lors du premier débat des primaires socialistes organisé par France 2 mi-septembre, M. Valls s’était dit « fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche (…), à toute concession dans ce domaine ».

« Les ravages de la drogue sur des jeunes, des gamins, dès le collège (…) ça commence souvent – pas automatiquement – par ce type de consommation, par cette économie souterraine qui mine nos quartiers », avait poursuivi M. Valls.

En juin 2011, le nouvel homme fort de la Place Beauvau avait également critiqué la proposition d’un groupe de travail socialiste présidé par Daniel Vaillant, préconisant la « légalisation contrôlée du cannabis » et la mise en place d’une véritable « filière nationale ». « L’idée de légaliser le trafic de cannabis, de l’officialiser, d’en organiser la diffusion, va à l’encontre de mes valeurs », avait alors réagi le député-maire d’Evry (Essonne).

D’autres ténors du PS, eux, avaient adopté une position plus mesurée. Jean-Marc Ayrault, ancien chef de file des députés PS et nouveau Premier ministre, avait estimé à l’époque que la question de la légalisation n’était « pas tranchée », et que la gauche, une fois au pouvoir, « organisera(it) une commission de consensus pour essayer de dégager des solutions ».

François Hollande, en revanche, avait déclaré avant son arrivée au pouvoir qu’il souhaitait maintenir l’interdit et qu’il ne reprendrait pas la proposition du sénateur-maire de Dijon François Rebsamen visant à transformer en contravention le délit de consommation de cannabis. « Nous pouvons rester sur une logique pénale, y ajouter une logique de soin », avait souligné en avril le futur président.

La France, qui possède l’une des législations les plus répressives d’Europe, figure au cinquième rang européen au niveau de la consommation de cannabis.

En dépit de la politique de prohibition menée depuis 1970, près de 4 millions de personnes avaient, en 2010, consommé du cannabis au moins une fois dans l’année, et 1,2 million de personnes seraient des consommateurs réguliers, à un niveau stable par rapport à 2005.

Fabrice Olivet, de l’association Asud (Auto-Support des Usagers de Drogues), qui milite pour la dépénalisation, « espère que le ministère de la Santé fera contrepoids » à l’Intérieur sur la question des drogues. M. Valls « fait partie de ces socialistes qui pensent que pour pouvoir être crédible sur le plan de la sécurité, il faut avoir un discours qui ne se distingue pas de celui de la droite au niveau des valeurs, notamment sur l’usage de drogue », juge-t-il.

« Or, on fait totalement fausse route, la politique de répression en oeuvre frappe en majorité les plus faibles, les gens qui vivent dans les banlieues et issus de l’immigration », ajoute-t-il. « Ma crainte, c’est que le dossier drogue paie l’accusation de laxisme des socialistes sur le dossier de l’immigration. »

Stéphane Gatignon, maire EELV de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui voit dans la dépénalisation le seul moyen de lutter contre les trafiquants, prédit quant à lui que le débat sur cette « question de santé publique » refera nécessairement surface pendant le quinquennat.

« Valls est pragmatique. Il va devoir aborder cette question un jour ou l’autre s’il veut gagner la lutte contre les trafics », a-t-il déclaré à l’AFP.

Cannabis: Valls contre la « fumette »

Date : 24 mai 2012
source : Valeurs Actuelles

Vers un affrontement Manuel Valls (Intérieur) – Marisol Touraine (Santé) sur l’épineuse question de la dépénalisation du cannabis ? L’association (de gauche) Asud (Auto-Support des Usagers de Drogues) «espère que le ministère de la Santé fera contrepoids » à la Place Beauvau.
Selon l’association, Valls, opposé à toute libéralisation, « fait partie de ces socialistes qui pensent que pour pouvoir être crédible sur le plan de la sécurité il faut avoir un discours qui ne se distingue pas de celui de la droite au niveau des valeurs». Riposte amusée, mais ferme, d’un proche du ministre: « Nous recevrons cette association si elle le souhaite mais que les choses soient claires : la « gauche fumette », c’était 1968 pas 2012! ».

Et si ASUD acceptait l’invitation et tentait de convaincre M. Valls qu’il se trompe ? Chiche !

Marche Mondiale du Cannabis, 12 mai 2012 Cannabis « le changement, c’est maintenant »

Réaction à l’élection de François Hollande

« Le changement, c’est maintenan ». En effet en matière de politique des drogues et celle à l’égard du cannabis en particulier, le changement est urgent. Telle est la tonalité voulue cette année par les organisateurs de la Marche Mondiale du Cannabis, prévue samedi 12 mai partout en France.
Dans la foulée du basculement historique de la France, à gauche, avec l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, les revendications citoyennes de millions d’usagers du cannabis et d’autres substances illicites vont se faire entendre opportunément.

En effet, après quatre décennies de prohibition acharnée aux résultats catastrophiques, il est grand temps que le débat public s’ouvre, et d’agir pour que le projet de mandature législative intègre un changement drastique de la loi française relative aux stupéfiants, en suivant par exemple les recommandations de la Commission Mondiale sur la Politique des Drogues.

C’est pour demander qu’un nouveau cadre soit fixé, autour de la « dépénalisation », de l’« autoproduction », et du « cannabis thérapeutique » que les manifestants se rassembleront à Bordeaux, La Réunion, Lille, Lyon, Nice, Marseille, Paris, Toulouse, Tours, Nancy (à confirmer).

L’un des porte-parole de la quinzaine d’associations et partis politiques qui ont conjointement signé un appel « Cannabis : des revendications citoyennes » souligne : « Hollande, c’est un nom qui sonne bien à l’oreille des jeunes, auxquels le nouveau Président souhaite s’adresser pour « changer l’avenir de la France ». Depuis quatre générations, les jeunes sont les victimes d’une politique de répression contreproductive. Rappelons que la loi française est l’une des plus rigide au monde. Mais alors que la crise de la dette commande de réduire les dépenses, un changement drastique de politique des drogues permettraient non seulement de faire des économies importantes, mais pourrait aussi renflouer des caisses bien vides. Il est tant d’en finir avec les lois d’exception pour réguler de manière pragmatique, sur des bases scientifiquement validées, l a production, la distribution et la consommation de tous les psychotropes. Par exemple, sur le modèle des Cannabis Social Club en Espagne, nous pourrions envisager la possibilité pour les usagers de se regrouper et d’organiser des filières courtes de production, de distribution, ainsi que l’usage social dans des lieux adéquats… au plus grand bénéfice de la santé, la sécurité et des finances publiques. Depuis dix ans, la politique sécuritaire a été largement privilégiée au détriment de la santé qui a dangereusement été malmenée. Il faut donc comme nous le proposons une politique plus équilibrée, sans quoi rien ne changera vraiment… » a

Pour trouver les coordonnées des rassemblements prévus le 12 mai, ou télécharger les documents d’information (affiches, flyers, images, etc…), consulter les archives, entrer en contact, etc… http://marche.mondiale.free.fr

ASUD Journal n°49 | Présidentielles : Putain de drogués

ASUD Journal n°49 est sorti. Au sommaire de ce numéro :

EGUS 7 : Marseille, héroïne de la Réduction des risques

7ème États Généraux des Usagers de Substances

EGUS 7 : Marseille, 5 octobre 2011. Cité des Associations- 93 La Canebière
13001 Marseille.

Résumé

13h30 : Présentation de la journée.
Intervenants : Fabrice Olivet et John-Peter Kools président de l’ association internationale de réduction des risques ( Harm Reduction International).
Argument : De l’influence de la culture locale sur les modes de consommation et la réduction des risques.

14h00 : De la French connection à l’épidémie de sida : éléments pour une histoire marseillaise.
Présentation : Sandrine Musso
Argument : quels éléments de spécificité locale peut-on isoler comme facteurs structurants de l’histoire marseillaise de la consommation. Quel fut l’impact de l’épidemie de sida ? Quelle place donnée à la « communauté » ? Comment parler de spécificité sans stigmatiser les populations les plus vulnérables ? Peut-on encore prononcer le mot « immigration » quand on parle de drogues à Marseille ?

15h45: Pause

16h00 : Asud Mars Say Yeah , lieu de mémoire, lieu d’histoire et tremplin pour l’avenir
Tribune : Béatrice Stamboul , Eric Schneider, Mathieu Pastini
Argument : transformer la mémoire en projets pour l’avenir

17h 30 clôture, la parole d’INPUD ( International Network of People Using Drugs)
Tribune : Mat Southwell, Elliot Alberts.
Argument : Les usagers de drogues sont organisés en mouvement international, comment établir le lien avec une base locale ?

A comme Apaire

Extrait de Drogues Store, le dictionnaire rock, historique et politique des drogues écrit par Arnaud Aubron (Don Quichotte coll. dicoRock, 2011).

A comme Apaire, Étienne

Qu’on ne s’y trompe pas, Étienne Apaire, le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), est ce que les Américains appellent… un guerrier de la drogue… « Association d’usagers de drogues, c’est ambigu », lança Étienne Apaire aux représentants d’Asud (Autosupport des usagers de drogues), lorsqu’il les reçut quelques mois après sa nomination… Et ce, après avoir annoncé qu’il leur coupait les subventions de la Mildt. Le même sort fut réservé à Technoplus, autre association de réduction des risques chez les usagers de drogues.

« Apaire nous hait, résume Fabrice Olivet, d’Asud. Il est dans l’idéologie prohibitionniste absolue. Pour lui, on est l’incarnation du mal, on utilise des arguments fallacieux pour continuer à se droguer. Dès qu’il est arrivé, il nous a coupé les vivres. Heureusement, le ministère de la Santé a compensé. Depuis, nous n’avons plus aucun contact avec la Mildt. » Tout en affirmant ne pas vouloir revenir sur le principe de réduction des risques, inscrit dans la loi depuis 2004, Étienne Apaire créa ainsi dès son entrée en fonction un climat de suspicion qui ne se dissipera jamais…

Histoire de la prohibition des drogues avec Line Beauchesne

Line Beauchesne est professeure titulaire au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa. Elle étudie la prohibition depuis 20 ans. De cette politique des drogues, elle dresse trois constats : l’inutilité, la nuisance et le gaspillage. Inutile, d’abord, parce qu’interdire n’élimine aucunement l’accessibilité des produits illicites. Nuisible, ensuite, parce que la prohibition oblige l’argent à suivre la voie des marchés noirs ce qui renforce le pouvoir des mafias dont les réseaux sont maintenant mondialisés. Gaspillage, enfin, parce que 95 % des ressources publiques investies vont à la répression plutôt qu’au traitement et à la prévention. L’échec est donc total : éliminer la drogue est une utopie et les moyens mis de l’avant ne font qu’empirer la situation.

Ce qu’en disent les usagers du forum

Des heures de galère

Mon médecin m’a fait une ordonnance et j’ai eu mon Subutex® après plusieurs heures de galère à faire plusieurs fois le tour de la ville entre les pharmacies qui n’avaient pas de Subutex®, celles qui en avaient mais fonctionnaient avec un certain nombre de traitements au Sub et n’en acceptaient pas de nouveaux, et celles qui théoriquement avaient du Sub mais actuellement plus en stock. Mais pour compenser, j’imagine qu’aujourd’hui est ma meilleure journée depuis très longtemps, une journée que je ne passe pas à penser à l’héro et à être tiraillée entre les deux extrêmes : qu’est-ce que j’attends pour en reprendre, et horreur plus jamais ça. Fin bref, désolée si je raconte un peu ma vie, mais c’est difficile de se faire autant jeter d’un peu partout dans la même journée.

Chrisalyde

Pharmachien

Juste un mot par rapport au Stéribox : quand c’est pas des regards dégoutés ou des réflexions plus que désagréables, c’est la pharmacienne qui beugle « ils sont ou les Stéribox ? » à sa collègue devant tous les autres clients, histoire de te foutre bien mal à l’aise.

Il y a quelques années, avant que je passe sous substitution, je passe chercher un peu de came. Comme d’hab avec ces deals, ça prend plus de temps que prévu. Une fois le truc en poche, je regarde l’heure : 18h30, je cours à la pharma la plus proche, située dans le centre bien bourgeois de ma ville. J’étais fringuée normal, genre petite étudiante (donc loin du style Bloodi). J’entre, le pharmacien, un petit vieux, me reçoit avec un « Bonsoir Mademoiselle », accompagné d’un charmant sourire. Je lui demande très poliment : « Bonsoir Monsieur, un Stéribox s’il vous plait. » Là, le sourire bienveillant se transforme en rictus pincé, et il me répond outré : « On fait pas de ça chez nous. Nous avons des clients respectables ici. » Je lui ai répondu que c’était inacceptable et dangereux, que je pouvais être contaminée… Et là il me répond : « Tu l’auras bien cherché ! De toute façon, j’en ai rien à faire. C’est pas mon problème. » J’allais continuer à argumenter tellement j’étais choquée. Mais il me dit « Maintenant, tu sors d’ici ou…», en faisant mine de prendre son téléphone pour appeler les flics. Je pense pas qu’il l’aurait fait, mais il avait sûrement envie d’impressionner les vieilles grenouilles de bénitier présentes dans la pharma et qui me regardaient comme si j’étais en train de les contaminer par ma présence. Je me doutais bien qu’il n’avait aucun droit de faire ça. Mais vu que j’avais de la came sur moi, que toutes les pharmas allaient bientôt fermer et que j’étais déjà en manque, j’ai filé sur une autre pharma. J’ai bien compris que pour lui, je ne faisais pas partie de sa « respectable » clientèle. Mais vous avez aussi sûrement remarqué que ce « pharmachien » est instinctivement passé au tutoiement, histoire de bien me faire comprendre que j’étais une sous-merde qui ne méritait pas une quelconque politesse.

Minirach

Il m’a jeté l’insuline par terre

J’ai beaucoup fréquenté les pharmacies, j’ai rencontré très peu de gens « sympa » mais c’est arrivé… J’avais même un pharmacien qui, même si son officine était bourrée à craquer, prenait toujours le temps de discuter avec moi un bon moment… Ce gars m’a beaucoup aidé, mais combien de fois je me suis retrouvé face à des enfoiré(e)s qui en plus me toisaient de haut, comme si je n’étais rien d’autre qu’un chien… Je me rappellerai toujours d’un soir où, arrivant chez un pote qui avait de la came et qu’une seule seringue pour sa femme et lui, je suis parti sous la pluie à 1 heure du mat’ pour rejoindre le centre ville (il habitait une banlieue de Strasbourg). J’ai trop galéré pour trouver une pharmacie de garde et quand je suis arrivé, le gars m’a demandé 22 francs à l’époque (5 francs une seule seringue à insuline et 17 francs de tarif de garde). Je n’avais que 10 balles sur moi… Au début, le mec n’a rien voulu entendre. Je lui ai fait mon « baratin » mais que dalle, il avait vraiment envie de m’emmerder… Finalement, j’ai commencé à faire la manche devant la pharmacie, vu l’heure, j’attendais les gens qui s’pointaient pour acheter des médocs. J’ai galéré comme ça presqu’une heure, à ne penser qu’à une seule chose, le pet que j’allais m’envoyer… Au bout d’un moment, j’ai même eu peur que ce con n’appelle les flics. J’suis parti cacher ma bonbonne et suis revenu… Devant l’insistance de ma démarche (sachant que l’autre pharmacie de garde se trouvait de l’autre côté de la ville), il a finalement compris que je ne lâcherais pas prise. Savez vous ce qu’il a fait ce fi de pute ??? Il m’a jeté l’insuline par terre… sans même me demander les 10 francs que j’avais et en marmonnant un truc du genre « tiens et crèves-en !!! »

Sativa

Sans me regarder

Samedi, je suis passée à la pharmacie comme souvent pour chercher mon Sub… La première fois que je suis allée dans cette pharmacie, c’était une grande première fois et pour moi, première prescription, et pour eux, première délivrance. Avec le pharmacien, ça c’est bien passé, on a appris ensemble…. Avec les autres, ça été plus dur mais je ne suis pas le genre à me laisser marcher dessus. Enfin d’habitude, et le mépris je ne supporte pas, alors je les ai remballés. Tout allait bien…

Et puis samedi, la semaine avait été longue, j’étais fatiguée… Redescente d’héro et des difficultés à équilibrer mon Sub… Je suis tombée sur une nouvelle pharmacienne, charmante de prime abord. On discute carte Vitale le sourire aux lèvres… Puis le pharmacien lui explique comment on fait avec « ce genre de traitement ». Ils passent derrière, et il lui montre où inscrire mes coordonnées, les photocopies à faire… Et oui, le Sub est un produit vénéneux… Mais il lui explique surtout dans quel cas on le prescrit…

Il a fallu que j’attende dix minutes devant mon comptoir qu’elle revienne après discussion avec une autre pharmacienne où leurs regards dans ma direction n’étaient pas discrets… Et là, elle refait une apparition devant moi mais sans me regarder. Elle me tend mon ordonnance mais sans me regarder, elle me demande ma carte mais sans me regarder, me la rend mais sans me regarder, elle me dit merci mais sans me regarder, elle me dit au revoir mais sans me regarder… Durant tout cet « échange », je l’ai fixée mais elle ne m’a pas regardée. Au fond de moi, je me disais, « dis-lui, demande-lui pourquoi elle rigolait avec toi il y a 5 minutes et que maintenant, elle ne te regarde pas ».

Mais je ne pouvais pas, je n’ai pas réussi, je ressentais mon intérieur se liquéfier, je sentais les larmes monter et je n’avais qu’une envie, que ça finisse…

Je suis sortie, j’ai marché quelques mètres et je me suis effondrée en larmes. Depuis quelques temps, avec la substitution, j’ai appris à gérer les regards de pitié, de supériorité, de méchanceté, de colère… Mais l’absence de regard… Ce jour là, c’était trop.

NaïV

> Retrouvez les témoignages et participez au forum sur http ://asud.org/forum

Protestation devant les ambassades de Russie, le 1er décembre 2011

Une catastrophe sanitaire et humanitaire se déroule actuellement en Fédération de Russie. Dans la plupart des pays développés, l’épidémie de sida chez les usagers de drogues a fortement diminué grâce à la mise en place de programmes de réduction des risques validés par l’expérience, comme les traitements de substitution aux opiacés et l’échange de seringues. Des recherches scientifiques montrent que la plupart des pays européens ont réussi à contenir et à réduire le nombre de contaminations par le virus du sida chez les usagers de drogue (moins de 5% des nouveaux cas de sida).
En revanche, en Russie, le refus idéologique d’appliquer de tels programmes, a provoqué une pandémie telle qu’on estime à 37,2% le taux de séropositivité chez les 1,7 millions d’injecteurs (dans certaines régions ce taux peut atteindre 75%).

Le 1er décembre, Journée Mondiale de lutte contre le Sida, l’International Network of People Using Drugs (INPUD) et de nombreuses autres organisations locales soutenant les usagers de drogues, manifesteront dans le monde entier devant les ambassades de la Fédération de Russie, pour marquer leur solidarité avec les millions d’usagers de drogues victimes de cette situation inacceptable voir http://russianambassyprotest.wordpress.com/

Chaque année en Russie, une politique anti-drogue brutale conduit à des dizaines de milliers de toxicomanes à la mort ou à l’enfermement carcéral. Au lieu de prévenir les contaminations virales le gouvernement russe privilégie systématiquement les cures de désintoxication sous contrainte.

L’efficacité des programmes de réduction des risques pour réduire la transmission du VIH est reconnue mondialement et ils sont préconisés par les institutions internationales, dont l’ONUDC, l’OMS, et l’ONUSIDA.

En conséquence, le réseau international d’usagers de drogues (INPUD), adresse à la Fédération de Russie les requêtes suivantes:
Offrir aux populations les plus exposées à la contamination par le VIH ou le Sida des programmes de prévention, y compris de substitution des opiacés et d’échange de seringues pour les usagers de drogue par injection.
Remplacer la politique répressive et discriminatoire à l’encontre des usagers de drogues, par une approche scientifiquement validée et dans le respect des droits humains fondamentaux que sont : la liberté individuelle et la garantie du respect de l’intégrité physique et mentale des personnes, le droit à la santé et l’interdiction du recours à la torture, aux traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que l’abolition de toute forme de discrimination.
Arrêter la persécution des militants et des associations russes œuvrant pour l’instauration de mesures de réduction des risques respectueuses des droits humains.

Des manifestations le 1er décembre sont programmées dans le monde entier de 16h à 18h, heure locale, devant les ambassades de la Fédération de Russie à Londres, Stockholm, Berlin, Bucarest, New York, Sydney, Camberra, Barcelone, et Toronto.

A Paris, le rassemblement a eu lieu à 11heures le jeudi 1er décembre 2011, métro Rue de la Pompe ( ligne 9).

Ces auteurs qui dénoncent la prohibition

AIDES, ASUD, la Fédération Addiction en partenariat avec la Mairie du 18ème arrondissement de Paris ont le plaisir de vous inviter à un salon littéraire dédié à la réforme de la politique des drogues vendredi 23 septembre de 14h à 21h, Mairie du 18ème arrondissement de Paris, Salle des Fêtes. (Métro Jules Joffrin)

La version française du rapport de la Commission internationale pour la politique des drogues sera présentée à cette occasion ainsi que la version intégrale du rapport sur la légalisation contrôlée du cannabis du groupe SRC à l’Assemblée Nationale et le rapport de la Transnational Institute sur l’expérience espagnole de Cannabis Social Club.

Programme

14h -14h15 : Accueil

14h15 : Table ronde

Usagers actifs/substitués/ex-usagers, quel rapport à l’interdit légal?

Étrangement, le discours sur la loi est aujourd’hui surtout une parole d’élu ou de professionnel du soin. Que disent les personnes concernées par la loi qui les pénalise ? Existe-t-il des points des vue spécifiques des consommateurs ?

Auteur invités :

  • Patrick Pharo « Philosophie pratique de la drogue »
  • Marc Dufaud « Les peaux transparentes »
  • Nicolas Rey « Un léger passage à vide » (sous réserve)

Modérateur : Fabrice Olivet (ASUD)
Témoin :  Jean-Pierre Galland (CIRC) sur les rapports entre usagers et législations

15h15 -15h45 : Échanges avec le public.

15h45-16h00 : Pause-café, rafraîchissements, dédicaces  

16h00 : Conférence

Des rapports qui plaident pour la réforme des lois sur les drogues

Lancement de la version française du rapport de la Global Commission on Drug Policy.

Présentation par Ruth Dreifuss, membre de la Global Commission, Ex-Présidente de la Confédération Hélvétique, ancienne Conseillère Fédérale à l’Intérieur (Réforme de la politique suisse des drogues dite des 4 piliers)

Le rapport sur la légalisation contrôlée du cannabis

Présentation par Annick Lepetit, Députée, adjointe au Maire de Paris, du rapport sur la légalisation contrôlé du cannabis du Groupe de travail SRC de l’Assemblée Nationale présidé par Daniel Vaillant, Député-Maire du 18ème arrondissement, ancien Ministre de l’Intérieur.

Cannabis Social Club : l’exemple espagnol

Présentation par Laurent Appel (ASUD) de la publication de la Transnational Institute (TNI)« Cannabis social clubs en Espagne : une normalisation alternative en cours »

Modérateur : Christian Andréo, directeur des programmes nationaux de AIDES.
Témoin: Anne Coppel, sociologue : « rapports officiels et politique des drogues, un dialogue de sourds »

17h30 – 18h00: Échanges avec le public.

18h00-19h00 : cocktail et dédicaces

19h00 : Table ronde.

Réformer la politique des drogues : quelles stratégies ?

De nombreuses voix dénoncent aujourd’hui l’échec de la prohibition et Ban Ki-Moon va réunir une commission onusienne pour étudier les alternatives possibles.  En France, le gouvernement français refuse d’en débattre et  l’opposition est divisée.  Comment pouvons-nous rassurer l’opinion publique et convaincre les décideurs?
Auteur invités :

  • Stéphane Gatignon et Serge Supersac « Pour en finir avec les dealers »,
  • Michel Henry « Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable »,
  • Christine Renaudat « Les tribulations d’un gramme de coke » (vidéo-conférence en direct avec la Colombie)
  • Jean-Pierre Couteron et Alain Morel « Drogues : faut-il interdire les drogues ? »
  • Olivier Maguet “Changer de lunettes pour lire le cas afghan” (Multitudes 44)

Modérateur : Arnaud Aubron, journaliste, rédacteur en chef des Inrocks, Drogues News
Témoin : Charles-Henry de Choiseul, Président de l’Observatoire Géopolitique des Criminalités, sur les obstacles à la réforme

20h30 – 21h00: échanges avec le public.

21h00 : clôture.

Guerre à la drogue : la faute aux «ni-ni»

«Qu’est-il arrivé à ce pays ? », se demandait Jack Nicholson juste avant d’être massacré à coup de barre de fer par une bande de « Red Necks » dans Easy Rider. Le film culte de Dennis Hopper sorti en 1971 est à la fois prophétique et réaliste. « Ils n’ont pas peur de toi, ils ont peur de ce que tu représentes… Ils vont te parler tout le temps de liberté individuelle. Mais, s’ils voient un individu libre, ils prennent peur, ça les rend dangereux… »

La même année, le 17 juin 1971, Richard Nixon déclare l’usage de drogue « ennemi public n° 1 » des États-Unis lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, et conclut logiquement qu’une « guerre » doit être menée pour éradiquer ce phénomène. Depuis,le monde s’est habitué. La guerre s’est installée comme une réponse normale aux questions posées par l’usage et la production de substances psychoactives, en Afghanistan, en Amérique centrale, dans le gettho de South Central LA, mais aussi dans nos banlieues françaises.
Mais le consensus est en train d’exploser. Lors d’une séance qualifiée « d’historique » le 2 juin dernier, la Global Commission on Drug Policy a en effet proposé de mettre fin à la guerre à la drogue à la tribune des Nations unies. Composée de dix-neuf personnalités reconnues pour leurs compétences internationales, tels Kofi Annan, l’ex-secrétaire général de l’ONU, ou Henrique Cardoso, l’ancien président du Brésil, la Commission recommande la fin de la pénalisation des usages de drogues, des expérimentations de légalisation du cannabis dans les États qui le souhaitent et plus généralement, la poursuite et l’amélioration de toutes les initiatives de réduction des risques.

Cette véritable bombe diplomatique va-t-elle enfin servir à débloquer le débat français ? On peut en douter. Non seulement parce que notre politique reste l’une des plus répressive de l’UE, mais aussi parce qu’en face, la gauche bon teint continue de se cramponner à un discours « ni-ni » qui prétend dépasser l’opposition « simpliste entre répression et dépénalisation ». Une fausse subtilité qui cache en réalité une vraie lâcheté politique. On ne le dira jamais assez : en matière de drogues, Simone Veil et Michèle Barzach, ministres de centre-droit, ont été mille fois plus courageuses que leurs homologues de gauche.
La politique du « ni-ni » est l’allié objectif du maintien du statu quo,de la prohibition. Le refrain qui consiste à verser quelques larmes de sauriens sur les pauvres toxicomanes tout en martelant la doxa de l’inaltérabilité de la loi est une imposture intellectuelle dont l’absurdité en rappelle bien d’autres. Car l’autre particularité du discours « ni-ni » est le sort fait aux opinions des usagers : si vous voulez exprimer une opinion sur les drogues, dites surtout que vous n’en consommez pas.

L’analogie avec d’autres débats de société est source de perplexité. Un antiracisme dont seraient exclus les non-Blancs, au prétexte que l’expérience de la discrimination empêche une analyse « objective » du phénomène, un féminisme qui craindrait d’être discrédité par l’opinion des femmes, une pétition contre l’antisémitisme qui prendrait soin de n’avoir aucun signataire juif… À bien y réfléchir, tous ces groupes ont eux aussi été, à un moment ou l’autre, taraudés par le même syndrome.

L’abolition de l’esclavage fut longtemps une affaire d’aristocrates blancs membres de la « Société des amis des Noirs ». En définitive, le « ni-ni » est toujours un conservatisme qui ne dit pas son nom. Une posture commode, une tartufferie qui explique la détermination des membres de la Global Commission des Nations unies à préciser d’emblée les termes du débat : la guerre à la drogue est une impasse, en sortir suppose de dénoncer clairement les lois qui organisent la répression.

Nora Berra & la dépénalisation de l’usage de drogues : A une question complexe, mieux vaut éviter d’apporter des réponses simplistes

Communiqué de presse AIDES / ASUD.

« A l’aube de nouvelles échéances électorales, les chantres de la dépénalisation donnent de nouveau de la voix » nous explique Nora Berra.
On pourrait aussi dire : « A l’aube de nouvelles échéances électorales, certains politiques sont contraints de donner de la voix, y compris sur des sujets dont ils n’ont visiblement pas la maîtrise ».

Le débat sur la dépénalisation de l’usage du cannabis et plus largement la question historique de la prohibition des drogues dépasse de très loin la petite cuisine électorale française. Il s’agit d’un débat planétaire, déclaré « légitime », par le président Obama lui-même lors d’une célèbre conférence de presse donnée à la Maison Blanche. La France n’est pas le centre du monde, et en matière de drogues elle gagnerait à jouer la modestie, vu le retard criminel pris par notre pays dans les années 90 pour mettre en place une vraie politique de réduction des risques.

Madame le secrétaire d’État, le débat sur la sortie de la prohibition est un débat sérieux qui mérite mieux que le mépris populiste que vous semblez vouer à la « philosophie ». C’est une question débattue au plus haut niveau, par des responsables politiques de premier plan que l’on peut difficilement taxer de laxisme ou de prosélytisme. Si Madame Berra avait pris le temps de lire le rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues remis le 02 juin à la tribune des Nations unies , elle aurait peut-être remarqué le niveau de compétence des signataires, qu’il s’agisse de l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, de l’actuel premier ministre grec, des anciens présidents de Colombie César Gaviria et du Mexique Ernesto Zedillo, ou de l’ex-secrétaire d’Etat américain George Shultz. La polémique électoraliste franchouillarde n’est peut-être pas à chercher du côté des partisans d’une réforme de notre bonne vieille loi de
1970, qui militent activement depuis des années pour que notre pays rompe avec la démagogie dès que le sujet drogue s’impose sur la scène médiatique.

Si Madame la secrétaire d’État voulait s’y intéresser sérieusement, elle aurait compris que c’est justement parce que la consommation de cannabis et des autres drogues pose des problèmes de santé publique, que nous affirmons que la répression est une impasse. Une autre politique des drogues est possible, comme le montre l’exemple du Portugal.

Elle aurait également compris que d’autres « mères de famille », y compris dans nos proches banlieues, luttent tous les jours pour que leurs enfants puissent échapper aux balles perdues de la guerre à la drogue.

Nous prenons acte du fait que « le ministère chargé de la santé ne sera jamais le ministère chargé de la promotion des addictions », nous avions bien remarqué qu’il s’agit d’une tâche réservée plutôt au ministère de l’intérieur… Si nous avions mauvais esprit, nous pourrions aussi ajouter que la promotion des addictions est un concept à géométrie variable, selon que l’on parle de drogues illicites, de tabac, de jeux en ligne et surtout d’alcool, dont la production hexagonale reçoit régulièrement le soutien des élus de la République.
Puisqu’il faut parler des échéances électorales à venir, nous affirmons notre détermination à animer le débat public sur une question de société qui intéresse tous les contribuables français.
En tant que citoyens nous avons le droit de savoir comment et pourquoi l’argent de l’État est dépensé au titre d’une politique qui a fait la preuve de son inefficacité.

Contact presse : Antoine Henry (AIDES) – 06 10 41 23 86 / Fabrice Olivet (ASUD) – 06 04 51 33 82

ASUD appelle à la Marche mondiale du cannabis, samedi 7 mai 2011

La pénalisation du cannabis ne sert à rien. La loi n’influence pas la décision de consommer ou pas. La répression professionnalise le trafic sans le résorber. La réponse pénale est inhumaine pour les usagers thérapeutiques. Elle est inefficace pour inciter à une gestion socialement acceptable de la consommation récréative et protéger les mineurs. Par contre, cette politique a des conséquences très négatives pour la société. Les organisations criminelles prospèrent sur ce marché noir, régentent de nombreux territoires et gangrènent l’économie et la vie quotidienne. La prohibition du cannabis est une source majeure d’insécurité.

Des revendications citoyennes

Les consommateurs de cannabis partagent le besoin de sécurité exprimé par l’ensemble de la population. Ils sont à la fois victimes de la répression et de la violence générée par le marché noir. Usagers et riverains subissent l’occupation de territoires par des gangs violents, ils sont conscients du grave péril que constituent le blanchiment et la corruption.

Afin de protéger efficacement toute la population, nous demandons une réforme de la loi de 70 de lutte contre la toxicomanie, incluant une régulation publique du marché du cannabis :

  • Dépénalisation de la consommation privée, de la possession et de l’autoproduction pour usage personnel.
  • Autorisation de cercles privés à but non lucratif regroupant des consommateurs majeurs afin d’organiser en filières courtes la production, la distribution et l’usage social.

Sécurité des usagers

Le cannabis ne serait plus le seul produit de consommation de masse échappant à tout contrôle de qualité et aux règles d’usage. Les auto-producteurs et les producteurs seraient légalement protégés contre le vol et le racket. Les usagers seraient soumis à une réglementation sanctionnant les conduites à risques sous l’emprise et la cession, même gratuite, aux mineurs.

Sécurité des territoires

L’adoption de ce modèle pragmatique de gestion devrait entraîner la fin du deal de rue et donc la libération des territoires dominés par les trafiquants de cannabis.

Sécurité pour la société

La limitation du marché noir diminuerait la masse de capitaux blanchis par les trafiquants, le risque de corruption pour protéger leur business, leur pouvoir sur des populations précaires.

Sécurité des familles

Une information objective serait plus efficace pour limiter les risques liés au cannabis que la stigmatisation et la désinformation actuelle. En favorisant un dialogue constructif dans les familles et entre adultes, elle s’articulerait autour de campagnes sur les effets, les pratiques pour réduire les risques, les dispositifs d’assistance aux usagers problématiques.

Sécurité de l’État et des finances publiques

Le marché noir du cannabis ne financerait plus des terroristes, des mafias et des dictatures. Les énormes budgets alloués à la répression pourraient être réorientés vers des actions plus prioritaires et efficaces. Le système de clubs du cannabis génèrerait des emplois officiels, des taxes et impôts. La fin de la chasse à la boulette contribuerait au retour de la confiance envers les autorités.

ASUD appelle à participer à la Marche mondiale du cannabis, samedi 7 mai 2011.

Infos : http://marche.mondiale.free.fr

Cannabis : sécurité pour tous

La criminalisation du cannabis ne sert à rien. La loi n’influence pas la décision de consommer ou pas. La répression professionnalise le trafic sans le résorber. La réponse pénale est inhumaine pour les usagers thérapeutiques. Elle est inefficace pour inciter à une gestion socialement acceptable de la consommation récréative et protéger les mineurs. Par contre, cette politique a des conséquences très négatives pour la société. Les organisations criminelles prospèrent sur ce marché noir, régentent de nombreux territoires et gangrènent l’économie et la vie quotidienne. La prohibition du cannabis est une source majeure d’insécurité.

Des revendications citoyennes

Les consommateurs de cannabis partagent le besoin de sécurité exprimé par l’ensemble de la population. Ils sont à la fois victimes de la répression et de la violence générée par le marché noir. Usagers et riverains subissent l’occupation de territoires par des gangs violents, ils sont conscients du grave péril que constituent le blanchiment et la corruption.

Afin de protéger efficacement toute la population, nous demandons une réforme de la loi de 70 de lutte contre la toxicomanie, incluant une régulation publique du marché du cannabis : Dépénalisation de la consommation privée, de la possession et de l’autoproduction pour usage personnel. Autorisation de cercles privés à but non lucratif regroupant des consommateurs majeurs afin d’organiser en filières courtes la production, la distribution et l’usage social.

Sécurité des usagers

Le cannabis ne serait plus le seul produit de consommation de masse échappant à tout contrôle de qualité et aux règles d’usage. Les autoproducteurs et les producteurs seraient légalement protégés contre le vol et le racket. Les usagers seraient soumis à une réglementation sanctionnant les conduites à risques sous l’emprise et la cession, même gratuite, aux mineurs.

Sécurité des territoires

L’adoption de ce modèle pragmatique de gestion devrait entraîner la fin du deal de rue et donc la libération des territoires dominés par les trafiquants de cannabis.

Sécurité pour la société

La limitation du marché noir diminuerait la masse de capitaux blanchis par les trafiquants, le risque de corruption pour protéger leur business, leur pouvoir sur des populations précaires.

Sécurité des familles

Une information objective serait plus efficace pour limiter les risques liés au cannabis que la stigmatisation et la désinformation actuelle. En favorisant un dialogue constructif dans les familles et entre adultes, elle s’articulerait autour de campagnes sur les effets, les pratiques pour réduire les risques, les dispositifs d’assistance aux usagers problématiques.

Sécurité de l’État et des finances publiques

Le marché noir du cannabis ne financerait plus des terroristes, des mafias et des dictatures. Les énormes budgets alloués à la répression pourraient être réorientés vers des actions plus prioritaires et efficaces. Le système de clubs du cannabis générerait des emplois officiels, des taxes et impôts. La fin de la chasse à la boulette contribuerait au retour de la confiance envers les autorités.

ASUD appelle à participer à la Marche mondiale du cannabis

samedi 7 mai 2011, 14h00, Paris -Bastille

 

Les conventions internationales sur les stupéfiants n’interdisent pas les salles d’injection supervisées (SIS) !

Communiqué d’Asud, Fédération Addiction, Act Up – Paris, Gaïa Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr,  SOS Drogue International

Ce mercredi à 18h15, la mission d’information parlementaire sur la toxicomanies auditionne Marc Moinard, expert auprès de l’Organisation Internationale de Contrôle des Stupéfiants (OICS). A cette occasion, le collectif du 19 mai tient à clarifier la position négative de l’OICS sur les centres d’injection supervisée, principal argument contre les centres d’injection supervisée avancé par la MILDT et l’Académie de médecine.

Établi en 1968, l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) est un organe de contrôle indépendant chargé de surveiller l’application des traités internationaux relatifs au contrôle des drogues. C’est une unité administrative du Programme des Nations Unies pour le Contrôle International des Drogues (PNUCID). Composé de 13 membres dont seulement trois sont des professionnels du soin, et d’autres viennent de pays encore éloignés de la démocratie, dont l’Iran, la Chine, la Thaïlande, l’Indonésie, l’OICS s’est souvent montré réticent au regard de la réduction des risques. Son avis de 1999 en fait le seul organisme à interpréter ces conventions comme limitatives à l’établissement de SIS. Cet avis, multipliant l’emploi du conditionnel et procédant d’un raisonnement par analogie aussi peu juridique que scientifique, a de plus varié sur le motif évoqué : en 1999, c’est la convention de 88 qui est évoquée, en 2003, c’est celle de 1961!

Or dans les conventions internationales relatives aux stupéfiants, de 1961, 1971 et 1988, qui codifient les engagements des États membres de l’ONU pour contrôler l’offre et la demande, aucune ne fait mention de salles d’injection supervisées, ni d’autres types particuliers de mesures de réduction des risques (comme les programmes de substitution à la méthadone ou les échanges de seringues).

De plus, en 2002, sur demande de l’OICS, la section des affaires légales du PNUCID rend un avis juridique qui précise qu’« il est difficile d’affirmer qu’établir des SIS corresponde à l’intention d’inciter, d’induire, d’aider ou de faciliter la consommation ou même la possession de drogues illégales ». Les auteurs précisent que si ces actions peuvent paraître insuffisantes d’un point de vue de « réduction de la demande », elles ne constituent pas une intention d’inciter à la commission d’un crime tel que stipulé dans la Convention de 1988. « L’intention des gouvernements est de fournir des conditions plus favorables à la santé pour ceux qui abusent des drogues, de réduire les risques d’infection par des maladies transmissibles et d’offrir des services d’assistance psychosociale et d’autres options de traitement ». Et cela en accord avec l’article 38, 1° de la convention de 1961 qui oblige les États à prendre « toutes les mesures possibles pour prévenir [l’usage] et pour assurer le prompt dépistage, le traitement, l’éducation, la postcure, la réadaptation et la réintégration sociale des personnes intéressées ».
C’est dans le même sens que des avis juridiques suisses(1), allemands(2) concluent que les SIS ne violent pas les traités internationaux.

L’OICS ne s’intéresse pas aux autres priorités de l’ONU telles que la lutte contre la pandémie VIH et la réduction de risques. Il a pris de nombreuses positions contre la réduction des risques ou cautionnant des politiques mortelles pour les usagers de drogues. Par exemple, en 2006, la proposition d’une reclassification de la buprénorphine sur la liste des stupéfiants, proposition rejetée par le comité d’experts sur la dépendance aux drogues de l’OMS en raison des bénéfices reconnus de la buprénorphine en termes de prévention du VIH et de réduction de la mortalité associée aux drogues(3). Dérogeant aux missions et principes édictés par la convention de 1961(4), il ne s’est opposé ni à la Russie où buprénorphine et méthadone sont considérées comme illégales, ni aux méthodes de traitement de pays qui incluent l’incarcération, les travaux forcés voire les électrochocs ou la lobotomie. Enfin, au cours de la « guerre aux drogues » menée par la Thaïlande en 2003, durant laquelle plus de 2500 usagers de drogue ont trouvé la mort et 50000 ont été incarcérés, l’OICS n’a pas hésité à exprimer sa confiance envers le gouvernement thaïlandais, l’encourageant à continuer ses « recherches » en termes de lutte contre la toxicomanie, estimant qu’elles auraient permis de diminuer la consommation de méthamphétamine.

Alors que l’efficacité des approches intégrant une palette variée de réponse, prévention, soins et RDR, est désormais prouvée scientifiquement, l’OICS apparaît ainsi comme uniquement centré sur les approches répressives. Il est étonnant et inquiétant de le voir élevé au rang d’avis absolu par le président de la MILDT et par l’Académie de Médecine !

(1) Bertil, C., Sychold, M. (2000) Use of Narcotic Drugs in public injecting rooms under
Public International Law – AVIS 99-121c. Swiss Institute of Comparative Law, p. 6.

(2) Hedrich, D. (2004) European report on drug consumption rooms. Luxembourg,
European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction, 96 p.

(3) ECDD. Buprenorphine (final decision). Geneva, World Health Organization, 2006

(4) Csete J, Wolfe D. « Progress or backsliding on HIV and illicit drugs in 2008 ? », Lancet, 2008, 371, 9627, 1820-1

Centre de consommation supervisée : des politiques s’engagent !

Communiqué d’Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaïa Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr,  SOS Drogue International

La synthèse (ci-jointe) de l’étude conduite par l’association Elus Santé Publique et Territoires a permis une réelle avancée sur un dossier qui révèle la difficulté persistante de certains politiques à traiter les questions d’addiction.

Les travaux des élus UMP, Modem, Verts, PS et PC réunis par ESPT ont montré l’intérêt de ce dispositif qui encadre l’usage. Conçu comme un nouvel accès au soin, destiné à des publics particulièrement vulnérables, il est une première prise de distance avec l’emprise de la drogue. Il s’inscrit dans le cadre des évolutions préconisées par l’INSERM pour adapter les politiques de soins aux publics spécifiques qui en sont encore exclus. Questions de santé, questions juridiques, notamment la possibilité d’expérimenter tout en maintenant un interdit et dans le respect des conventions signées, toutes ces questions ont été traitées. En conclusion, les recommandations invitent à une expérimentation pour compléter le continuum des réponses, sans opposer éducation et réduction des risques, sevrage et substitution.

Dans la même journée, 77 députés ont signé une charte1 énumérant des principes généraux et généreux que l’on ne peut que partager. Malgré un appel au pragmatisme, elle ne dit rien hélas de l’adaptation des pratiques actuelles et de la diversification de l’accès au soin qui motive le débat sur les centres de consommation. Et si elle parle de prévention et d’un refus de banaliser l’usage, elle ne dit rien aussi sur la publicité en faveur de l’alcool sur Internet pourtant autorisée par certains de ces mêmes députés : mesure autrement plus dangereuse au regard de la santé publique que la seule expérimentation d’un accueil spécifique de personnes vulnérables !

EGUS 6 : Drogues, économie et sécurité, que doit-on attendre de la loi ?

40 années de criminalisation des drogues, quel bilan pour la protection des individus et de la société ?

Lieu : la Maison des Associations à Paris, 10-18 rue des Terres au Curé , 75013 Paris. Google Map
Date : mercredi 08 décembre 2010
Entrée libre

8h45-9h15 : Accueil autour d’un café

9h15 -9h30 : Présentation de la journée

Argument : chaque débat sera alimenté et enrichi par les questions et les observations des associations et des usagers présents dans la salle
Intervenants : Fabrice Olivet et Laurent Appel

9h30-11h, Premier débat : Salles de consommation à moindre risques.

Argument : La confrontation entre usagers de drogues et riverains est-elle inéluctable ?
Animateur : Pierre Chappard
Plateau : Patrick Padovani adjoint à la santé à la Mairie de Marseille, Veronique Dubarry, maire adjoint à la mairie de Paris, Sylvie Wieviorka, Conseillère de Paris

11h-11h15 : Pause

11h15-12h30, Second débat : 1970-2010 , bilan d’une loi souvent critiquée, parfois réformée, jamais abolie.

Argument : la loi de 70 a-t-elle protégé les citoyens ?
Animateur : Anne Coppel
Plateau : Didier Jayle et Nicole Maestracci, anciens présidents de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie (MILDT], Olivier Postel-Vinay, rédacteur en chef de Books.

12h30-14h : déjeuner libre

14h-15h30, Troisième débat : Les usagers dans l’économie des drogues, la sécurité des biens et la sûreté des personnes.

Argument : L’économie des drogues du point de vue de l’usager. La question budgétaire, le poids de l’illicite, les différentes stratégies financières élaborées par les usagers ( part des revenus licites, part du trafic, de l’autoproduction et des activités délinquantes).
L’insécurité du point de vue de l’usager. La question de la violence, la place du manque et le rôle assigné aux états de « conscience modifiée ».
Animation : Laurent Appel
Plateau : associations d’usagers et de réduction des risques : ASUD, Techno+,CIRC, AFR, ANITEA/F3A…

15h30-15h45 : Pause

15h45-17h15, Quatrième débat : Les drogues, l’immigration, la banlieue, élaboration d’un objet politique sensible.

Argument : 40 ans de guerre à la drogue dans les « quartiers ». Bilan de l’épidémie de sida des années 80 -90 et de la montée inéluctable de l’économie parallèle. Comment conjuguer sécurité publique, objectifs sanitaires et droits de l’individu ? Quelle place La drogue occupe-t-elle dans le dossier à tiroir de l’ identité nationale?
Animateur : Fabrice Olivet
Plateau : Fabrice Rizzoli, politologue, spécialiste du crime organisé, Malek Boutih membre du P.S., ancien président de SOS Racisme (non confirmé), Stéphane Gatignon, maire de Sevran.

Centre de consommation supervisée : une mission parlementaire !

Communiqué de presse d’Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaïa Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr, Aides, AFR, Elus Santé Publique et Territoires, Elus Locaux contre le sida, Sidaction

L’Assemblée nationale et le Sénat ont décidé mardi de créer une mission d’information parlementaire qui réfléchira sur les questions de toxicomanies et notamment à la question de l’ouverture en France de centres de consommation supervisée.

Nous ne pouvons que nous réjouir  du fait que la représentation nationale s’empare du sujet après la déclaration des services du Premier Ministre. L’organisation d’un débat sur ce sujet,  à travers une mission d’information parlementaire permettra une réflexion dépassionnée et basée sur des évidences scientifiques et non sur un argumentaire idéologique ou polémique.

L’expertise collective  scientifique  de l’Inserm a rendu un avis positif en juillet. Les élus locaux de villes  comme Paris, Marseille, Lille, Le Havre, travaillent actuellement sur le sujet au sein de l’association ESPT et vont rendre leur avis le 24 septembre prochain. Toutes les associations de terrain, la grande majorité des addictologues,  les usagers bien sûr, pensent qu’il faut expérimenter des centres de consommation supervisée. L’opinion française y est prête comme le confirme le sondage IFOP/La lettre de l’opinion du 19 août.

Nous demandons donc que cette mission parlementaire intervienne dans le prolongement de l’expérimentation des centres de consommation supervisée  et participe à son évaluation  mais   surtout ne la retarde pas. Nous  sommes convaincus qu’il faut pouvoir expérimenter les centres de consommation supervisée immédiatement.

Roselyne Bachelot « veut aboutir sur les projets de centres de consommation supervisées »

Communiqué de presse d’Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaïa Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr

A la conférence mondiale sur le sida de Vienne, la ministre de la santé Roselyne Bachelot-Narquin s’est exprimée sur les centres de consommation de drogues supervisés

Prenant acte que l’Inserm et la communauté scientifique ont émis un avis favorable sur ces centres, elle a décidé d’engager le processus d’expérimentation en ouvrant la concertation avec les collectivités locales concernées, précisant que Paris et Marseille avaient déjà amorcé la réflexion sur ce sujet. Ces mairies travaillent sur ces centres de consommation supervisés (faisabilité, mise en place, intégration dans le dispositif), dans le cadre du séminaire organisé par l’association Elus, Santé Publique et Territoires dont les conclusions sont attendus le 24 septembre prochain.

C’est donc un nouveau pas qui vient d’être franchi par la Ministre, qui le 4 novembre dernier, avait annoncé attendre l’expertise collective de l’Inserm pour se prononcer. Elle a appelé à la mobilisation de tous les acteurs pour qu’aboutissent ces projets.

Le collectif d’association qui depuis plusieurs mois s’est mobilisé pour que soit expérimenté cette réponse, prend acte de cette avancée. Loin des caricatures qui en sont faites, il souligne que ces dispositifs s’intègrent dans une politique globale des addictions associant éducation préventive, réduction des risques et soins dans une approche fondée sur les données scientifiques.

La déclaration de Vienne

Le 28 juin, en prélude à la conférence mondiale sur le sida, 3 organisations scientifiques majeures (International AIDS Society, International Centre for Science in Drug Policy, BC Centre for Excellence in HIV/AIDS) lançaient un appel pour la réforme mondiale des politiques des drogues. Constatant que la « guerre à la drogue » avait des effets dévastateurs sur la santé et la sécurité des populations, elles appellent dans « la déclaration de Vienne » les gouvernements à réorienter leur politique des drogues en y intégrant des preuves scientifiques.

Lire et signer la déclaration de Vienne

Après le rapport de l’Inserm, Mme Bachelot, Ministre de la Santé, doit lancer l’expérimentation des salles de consommation de drogues à moindre risque

Communiqué des associations Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaïa Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr, Aides, AFR, Élus Santé Publique et Territoires, Élus Locaux Contre le Sida

Suite à l’installation le 19 mai 2009 d’une salle de consommation de drogues à moindre risque, Mme Bachelot avait annoncé à l’Assemblée Nationale qu’elle attendait les résultats d’une expertise collective sur la réduction des risques confiée à l’Inserm pour se prononcer sur leur expérimentation. C’est chose faite depuis vendredi, l’Inserm ayant mis en ligne sa synthèse.

Le rapport prend acte que la réduction des risques est à un tournant. Si elle a pu réduire les risques de contamination VIH, les overdoses et améliorer l’accès aux soins, elle a aussi atteint certaines limites : elle ne touche pas forcément les populations les plus marginalisées, elle a du mal à prendre en compte les nouvelles pratiques des consommateurs de psychostimulants et injecteurs de cocaïne, et peine à réduire les contaminations par l’hépatite C….

Le rapport de l’Inserm recommande d’élargir la palette des mesures et approches dans un dispositif cohérent et coordonné d’offre de services. Dans ce cadre, il envisage la mise en place de Centres d’Injection Supervisés, CIS, (salles de consommation centrées sur l’injection).
Le rapport confirme donc ce que nous, associations de terrain et élus locaux, savions déjà : les CIS permettent d’atteindre les usagers injecteurs à haut risque, d’assurer une injection plus sure, de diminuer les comportements à risques (par rapport au VIH et à l’hépatite C), de réduire la mortalité, d’améliorer l’accès aux soins (y compris de la dépendance) pour les populations les plus précaires, de réduire la consommation sur les lieux publics, de réduire les impacts négatifs sur l’ordre public. L’Inserm note aussi que les CIS n’encouragent pas à la consommation, et qu’ils sont coût-efficaces, ce qui est important en période de restriction budgétaire.

Si logiquement l’Inserm recommande une étude des besoins avant la mise en place, les associations engagées rappellent que c’est précisément au nom de ces besoins constatés qu’elles ont lancé leur action : les injections en masse dans les caves, les squats et les rues de certains quartiers, exposent usagers et riverains à d’inutiles risques. Ces associations n’envisagent donc cette étude que sous la forme d’une première étape de la mise en œuvre concrète d’une première expérimentation d’un CIS.

L’Inserm a apporté sa caution scientifique, pour démontrer que les CIS étaient un service complémentaire au dispositif actuel de réduction des risques. Il l’a fait en invitant à penser la RdR dans le cadre global d’une politique cohérente, sans l’opposer au sevrage ni à une éducation et prévention permettant aussi d’éloigner les dangers des usages.
Il est temps que Mme Bachelot et le gouvernement adoptent officiellement cette politique des drogues, basée sur une approche scientifique et dégagée d’arrières pensées idéologiques. C’est d’ailleurs le sens de « la déclaration de Vienne » du 29 juin 2010, initiées par trois organisations scientifiques de renommée internationale : the International AIDS Society, the International Centre for Science in Drug Policy (ICSDP), and the BC Centre for Excellence in HIV/AIDS.

18 joint 2010 : 40 ans de prohibition…

Comme chaque année, le CIRC organise l’appel du 18 joint, pour demander la dépénalisation de toutes les drogues et la légalisation du cannabis. Dans le contexte des 40 ans de la loi de 70, et d’une répression envers les consommateurs de drogues toujours plus féroce, ce 18 joint à une tonalité particulière. Asud, avec le CIRC vous invite à venir manifester le 18 juin, à Paris à 18h à la Villette, et à Lyon à 18h Place Sathonay, pour dénoncer plus que jamais cette loi scélérate, qui détruit la vie de milliers de consommateurs de drogues chaque année.

Y a t-il encore une Ministre de la santé ?

Communiqué de presse d’Asud, Anitea, Act Up Paris, Gaïa Paris, Safe, SOS Hépatites Paris, salledeconsommation.fr

Le 19 mai 2009, à l’occasion de la Journée Mondiale contre les hépatites, un collectif d’associations « Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaia, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr » installait pour quelques heures une salle de consommation à moindre risque.

A l’automne, des hommes et femmes politiques de tous bords s’emparaient de cette question.
Le 4 novembre 2009, questionnée par un député de l’UMP, Roselyne Bachelot annonçait à l’assemblée nationale «qu’elle attendait les résultats d’une expertise collective commandée à l’INSERM pour se prononcer sur les salles de consommation à moindre risque». (Voir la réaction du collectif du 19 mai)
Le 31 mars 2010, le collectif  remettait au ministère de la santé un projet pour un dispositif de salle de consommation à moindre risque à Paris.

Depuis, la Ministre est aux abonnés absents sur la politique des drogues : nous n’avons pas été auditionné dans le cadre de l’expertise, aucun rendez vous n’a été programmé avec des conseillers du ministère, aucune prise de parole sur les questions d’addictions et de RdR n’a été maintenue !
Le 24 juin prochain, l’Inserm présentera les résultats de l’expertise, donc ceux consacrés aux salles de consommation à moindre risque  dont une abondante littérature internationale souligne à l’évidence l’intérêt. Loin d’être des lieux d’initiations, les salles de consommation participent d’un nécessaire échelonnement des réponses et d’une prise en compte des problèmes rencontrés par les publics les plus précaires.

Dans l’attente de cette publication, et sans aucune nouvelle, nous nous inquiétons de la capacité de Roselyne Bachelot de faire avancer, sur des bases scientifiques, des projets de santé publique. Avons-nous encore une ministre de la santé ou n’avons nous qu’une ministre du foot ou des paris en ligne ?

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