Auteur/autrice : ASUD

Injection de buprénorphine, réduction des risques et politique globale en matière de TSO – Quelle substitution injectable ?

Communiqué du Flyer – Pharm’addict – ARUDA – Pr Lançon

Ce 25 avril 2013, l’ANSM publiait sur son site, un point d’information sur les dossiers discutés en commission des stupéfiants et psychotropes. Parmi les sujets évoqués, il a été question de l’injection de buprénorphine, signalée comme plus dangereuse quand il s’agit de génériques que lorsque le princeps (Subutex®) est injecté.

Cette information nous parait importante pour les usagers, ainsi naturellement que pour les soignants qui placent leur intervention sur le terrain de la réduction des risques.

Des travaux du CEIP de Nantes ont déjà, il y a plus d’un an, évoqué ce risque majoré avec l’injection de générique comparativement à ce que l’on observe avec Subutex®.

Dans la moitié des cas, cela se traduit par une nécrose au point d’injection, et un document PDF disponible sur le web semble montrer – photos à l’appui – la différence en termes de conséquences d’une injection de buprénorphine générique par rapport à une injection de Subutex® (tapez « mésusage des génériques de la buprénorphine » sur votre moteur de recherche).

La taille des particules contenues dans les excipients pourrait expliquer cette différence si l’on en croit certains travaux réalisés par le même CEIP de Nantes.

Toujours est-il que cette notion de dangerosité relative est plutôt récente, en lien peut-être avec une diffusion plutôt faible, pendant les premières années, des génériques de buprénorphine. Ceci a changé avec une forte incitation à la substitution (générique à la place de Subutex®) dans certains départements où, sous l’impulsion des CPAM, le générique est devenu obligatoire en contrepartie de la dispense du tiers-payant (sauf si le médecin ajoute la mention non substituable). Il fait se souvenir également que les laboratoires génériqueurs de la buprénorphine, à l’époque où ils en faisaient une promotion active, laissaient entendre imprudemment à demi-mot que l’injection du générique contenant moins d’excipients irait dans le sens de la réduction des risques !

Cette discussion autour de la dangerosité du générique de buprénorphine par rapport au princeps fait poser plusieurs questions, qui vont bien au-delà de simples aspects techniques et pharmaceutiques (même s’il faut aussi les aborder ici) :

  • S’il y a un risque d’injection, faut-il vraiment contraindre les usagers de drogues à prendre un générique pour des raisons économiques sachant qu’en cas d’injection le risque de complication est plus élevé ?
  • Le générique de Subutex® doit-il être réservé aux non-injecteurs (ou supposés tels), si la délivrance des génériques doit se généraliser ?
  • Doit-on inciter les fabricants de génériques à changer leurs excipients, si ce sont eux qui sont responsables de complications ?
  • Le Subutex®, est il amené à devenir la buprénorphine de l’injecteur (ou supposé tel) ?
  • Si c’est le cas, doit on admettre le mésusage comme inscrit dans le marbre de la politique en matière de TSO ?
  • Y aura-t-il alors une image qui collera à la peau des usagers, selon qu’ils prennent le princeps ou un générique (bon ou mauvais toxico, ce qui est parfois déjà le cas) ?
  • Sachant que Suboxone® n’est pas une alternative pour tous les injecteurs, quelles sont les autres solutions ?
  • L’élargissement de la primo-prescription de méthadone (réputée moins injectable) en médecine de ville doit-il être inclus dans cette réflexion ?
  • Faut-il, comme le préconise certains, mettre sur le marché une substitution injectable ?
  • Dans ce cas, doit-il s’agir de buprénorphine, ou doit-on imaginer directement l’héroïne injectable médicalisée (comme l’ont fait nos voisins suisses depuis des années) ?
  • Qu’en est-il du sniff de buprénoprhine (sachant que cette pratique est probablement plus fréquente que l’injection, même si elle est moins étudiée) et y a-t’il là aussi une différence en termes de risques encourus par les usagers ?

Tous les professionnels qui prescrivent et délivrent ces traitement de substitution se sentiront concernés par ces questions qu’ils se posent souvent déjà.

Elles demandent également une réflexion globale de la part des autorités de santé. Quelle va être la position de certaines d’entre elles qui voient les mésusages et certains dommages collatéraux comme un échec relatif de la diffusion des traitements de substitution alors que nous pensons qu’ils traduisent un manque de moyens et de solutions alternatives (hébergement social, salles de consommation, substitution injectable…) ?

Vont-elles porter ces solutions alternatives dans un esprit de réduction des risques ? Ont-elles une marge de manœuvre (politique) et les moyens de porter des projets innovants, même si déjà largement expérimentés ici et ailleurs ?

Informations complémentaires

Ce communiqué a été rédigé suite au point d’information du 25 avril 2013, mis en ligne sur le site de l’ANSM à propos des sujets évoqués à la Commission Nationale des Stupéfiants et Psychotropes. Quelques jours plus tard, le compte-rendu complet de cette commission du 21 mars était mis à son tour en ligne.

L’APM publiait dans la foulée, le 3 mai 2013, un communiqué sous le titre suivant : « Plus d’effets secondaires graves rapportés avec les génériques de Subutex® qu’avec le princeps en cas de mésusage. Les génériques de Subutex® pourraient être associés à un plus grand nombre d’effets secondaires cutanés sévères que le princeps en cas de mésusage, selon un dossier examiné lors de la première réunion de la commission des stupéfiants et des psychotropes de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire du Médicament et des produits de santé (ANSM)».

De son côté, la presse médicale a fait très peu écho de cette information, hormis Le Quotidien du Pharmacien, dans son édition du 16 mai 2013.

Il nous a semblé que cette information était d’une grande importance, compte-tenu des enjeux en termes de risques pour les usagers et des informations que nous avons à la rédaction du Flyer à propos des pressions qu’exercent certaines caisses pour inciter les médecins et surtout les pharmaciens à génériquer le Subutex® avec l’arme du tiers-payant contre génériques.

Nous ne commenterons pas les échanges qui sont rapportés dans le compte-rendu de la Commission, puisque celui-ci est disponible sur le site de l’ANSM à l’adresse suivante.

Par contre, nous incitons les professionnels de santé intéressés à cette question de prendre connaissance des échanges entre les participants. A l’intention de nos lecteurs, notamment pharmaciens, nous avons relevé dans les avis que rend la Commission, la formulation suivante :

« Par ailleurs, il apparaît, dans la pratique, que tous les pharmaciens d’officine n’ont pas connaissance du fait que la règle du tiers payant contre générique ne s’applique pas aux traitements de substitution aux opiacés. Aussi, la Commission préconise-t-elle de sensibiliser l’Assurance maladie sur ce point afin que des patients ne se voient pas opposer cette règle à tort. »

Concernant la raison pour laquelle c’est le CEIP de Nantes qui a recueilli les cas problématiques consécutifs à l’injection de générique, nous avons contacté les industriels pour nous donner une réponse à cette question.

Sans que cela soit parfaitement démonstratif, il faut noter que le département de Loire-Atlantique (44 -Nantes pour préfecture) a le record absolu en termes de ‘pénétration’ du générique, avec une part de patients recevant le générique (en 2012) de 83%, alors que la moyenne nationale est de 28%. Le suivant est à 53% ! On peut donc dire qu’il y a sur ce département une surreprésentation du générique de Subutex® pouvant expliquer une origine nantaise à cette problématique. Par ailleurs, les autres départements couverts par le CEIP de Nantes sont dans le haut du tableau et notamment, sur les 6 premiers au classement de la ‘performance générique’, 3 d’entre eux sont présents (44, 72 et 49).

Nous souhaitons préciser à tous les lecteurs, suite aux commentaires que nous avons reçus après l’envoi du communiqué, qu’aucun d’entre nous (les signataires) n’a été en relation avec des représentants de la firme Reckitt-Benckiser qui commercialise Subutex® lors de la rédaction de ce communiqué. Notre propos n’a été à aucun moment de faire la promotion du princeps contre le générique, encore moins la promotion de Suboxone® par rapport au mésusage (nous ne croyons pas suffisamment à cette alternative) mais d’ouvrir le débat sur une substitution injectable telle qu’elle existe dans d’autres pays. Nous pensons que les génériques de Subutex® ont leur place, comme pour les génériques de tout autre médicament tombé dans le domaine public. Mais, obliger un usager injecteur à prendre un produit plus dangereux pour sa santé n’est pas une solution ! Nous ne cautionnons pas le mésusage, bien sûr, mais avons voulu réfléchir (à haute voix) sur les solutions pour le limiter et la mise à disposition d’une substitution injectable en est une, parmi d’autres !

Nous avons reçu un nombre très important de commentaires concernant le communiqué initial que nous avions publié fin avril 2013. Nous en avons donc sélectionné qu’une partie, représentatifs de l’ensemble. Cela montre indubitablement la prise de conscience des intervenants vis-à-vis du problème des mésusages des TSO. Cette ‘histoire’ autour de l’injection de buprénorphine nous rappelle aussi que cette molécule est au départ une molécule injectable, dont l’efficacité a été unanimement reconnue dans le milieu des algologues. Il s’agissait du Temgésic® 0,3 mg (ampoule injectable), dont l’injection d’une seule dose permet de procurer une analgésie équivalente à 10 ou 20 mg de morphine. La voie sublinguale est en fait une voie ‘détournée’ de sa voie ‘royale’, pour des raisons probablement marketing, consistant à diffuser de façon plus large et sans recours à l’injection l’efficacité indéniable de la molécule, sous la forme de comprimés sublinguaux, initialement dosés à 0,2 mg. Mais au prix d’une perte très élevée en bio-disponibilité (au moins 50 à 70%) et en rapidité d’action… En s’injectant la buprénorphine, les usagers ne la détournent pas de son usage, ils en retrouvent l’usage originel et surtout le plus efficace.

Cela doit nous inciter à soutenir les projets visant à donner un statut légal à une substitution injectable, à base d’héroïne ou bien sûr de buprénorphine ou encore d’autres molécules.

En s’étant assurés au préalable que les traitements existants soient réellement accessibles à tous, et partout et prescrits dans les meilleurs conditions d’efficacité pour les usagers. Ce qui n’est pas forcément le cas. L’expérience suisse avec l’héroïne est d’autant plus probante que l’offre en méthadone était largement suffisante…

La Méthoxétamine classée comme stupéfiant

Suite à l’avis favorable de la Commission des stupéfiants du 21 mars 2013, la Ministre de la Santé a décidé sur proposition de l’ANSM de classer la méthoxétamine comme stupéfiant. L’arrêté de cette décision a été publié le 5 août 2013.

Extrait de la Commission des stupéfiants du 21 mars 2013

Évaluation du potentiel d’abus et de dépendance de la méthoxétamine en vue du classement comme stupéfiant.

La méthoxétamine est une molécule proche de la kétamine. Utilisée comme substance récréative, elle fait partie des « legal highs » (« euphorisants légaux »).

Sa consommation entraine un effet dissociatif qui peut être accompagné notamment d’hallucinations, de tremblements, d’une confusion avec tachycardie et hypertension. Le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse ont récemment pris des mesures de contrôle.

En France, on constate une progression de l’achat de méthoxétamine sur internet et entre mai 2011 et février 2013, le réseau des Centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (CEIP) a recueilli 11 cas de consommation de méthoxétamine et un décès.

Les membres de la commission ont rendu un avis favorable au classement de la méthoxétamine sur la liste des stupéfiants. Ils ont également souligné l’intérêt de renforcer l’information sur les risques liés à son utilisation ainsi qu’à celle de la kétamine.

Source : http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Point-d-information-sur-les-dossiers-discutes-en-commission-des-stupefiants-et-psychotropes-Communique

Communiqué du STRASS : Abrogation immédiate et complète de l’infraction de racolage public

Alors que la proposition de loi déposée par la sénatrice Esther Benbassa va être discutée jeudi en séance publique au Sénat, le groupe socialiste du Sénat continue ses petits arrangements avec les promesses de campagne du candidat Hollande .

La proposition de loi avait été déposée une première fois en novembre dernier avant d’être retirée à la demande de la ministre des droits des femmes au prétexte qu’elle attendait le rapport de l’IGAS sur les enjeux sanitaires des prostitutions . Elle a été à nouveau déposée pour être examinée le 28 mars prochain. Malgré l’adoption à la quasi-unanimité du texte en commission des lois, le groupe socialiste s’acharne à le dénaturer en déposant des amendement et motion qui vont à l’encontre de la promesse d’abroger le délit de racolage public. Après avoir tenté un renvoi devant la commission des lois du Sénat , il s’oriente maintenant, semble-t-il, vers un retour à la situation antérieure à 2003 en instituant à nouveau une contravention de racolage actif . L’objet de l’amendement est clairement énoncé : « il semble nécessaire d’assurer que le racolage ne disparaisse pas de notre arsenal juridique ». Quittant ainsi l’hypocrite posture pseudo-abolitionniste, le groupe socialiste s’affiche ainsi clairement dans une tendance prohibitionniste, considérant qu’il faut continuer à criminaliser les putes.

Parce qu’il est faux de croire qu’il s’agirait de diminuer la pression pénale pesant sur les travailleurSEs du sexe. L’expérience des 10 ans d’application du délit de racolage public nous permette d’affirmer sans ambages que la situation ne changera pas pour les travailleurSEs du sexe. La Cour de cassation avait essayé de circonscrire l’application de ce délit . Cela n’empêche en rien  les forces de l’ordre d’user et d’abuser du pouvoir de contrôle qui leur est ainsi donné , se livrant ce faisant à un harcèlement institutionnalisé .

L’infraction de racolage, qu’il s’agisse d’un délit ou d’une contravention, visant le racolage passif ou actif, est une atteinte aux droits des travailleurSEs du sexe. En plus d’être stigmatisante, elle met en danger leur santé, leur sécurité, leur vie, en les éloignant des structures de prévention, de soins et d’accès aux droits. En outre, elle expose particulièrement les migrantEs aux violences, notamment policières. Loin de favoriser la lutte contre le travail forcé, la servitude, l’esclavage et la traite à ces fins, le maintien de l’infraction de racolage public au sein de l’arsenal juridique a pour principal objet de lutter contre la prostitution, en particulier des migrantEs.

Outre cet amendement, un amendement visant à pénaliser les clientEs a été déposé par la sénatrice Chantal Jouanno (dont la position contre le travail sexuel n’est plus à démontrer , alors même qu’elle est rapporteure de la mission sur la situation sociale des personnes prostituées ). Nombreuses sont les organisations de travailleurSEs du sexe et d’alliéEs  soutenues par des experts scientifiques indépendants  à dénoncer le projet de pénaliser les clientEs et d’interdire toute prostitution qui ne ferait qu’aggraver la situation des travailleurSEs du sexe en les exposant davantage à toute forme de violence ou d’abus.

Toute criminalisation directe ou indirecte du travail sexuel a des conséquences réelles et catastrophiques sur les travailleurSEs du sexe. Il est indigne que le parti socialiste soutienne de la sorte la persistance de mesures dangereuses pour la vie, la santé, la sécurité des personnes et souhaite en adopter de pires.

Nous exigeons :

  • l’abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public ;
  • la fin immédiate de toute criminalisation et de toute répression du travail sexuel ;
  • l’arrêt de l’instrumentalisation de la lutte contre la traite à des fins racistes, sexistes et putophobes ;
  • l’application du droit commun aux travailleurSEs du sexe, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences et les abus.

Contact Presse : Morgane Merteuil – 06.63.58.45.23

COM ON : une étude sur les facteurs génétiques des consommateurs d’opiacé

L’Espace Murger est impliqué dans plusieurs projets de recherche en collaboration avec le Service de Psychiatrie universitaire et l’unité INSERM Neuropsychopharmacologie des addictions.

Les thèmes de recherche de cette Unité sont la vulnérabilité et la variabilité de la dépendance aux substances ainsi que la pharmacologie des traitements de la dépendance.

Un des projets actuellement en cours porte sur les facteurs de protection vis-à-vis du développement de la dépendance à l’héroïne.

L’objectif est d’interroger et de réaliser un prélèvement biologique chez des personnes de plus de 35 ans ayant utilisé à plusieurs reprises de l’héroïne ou des opiacés illicites, mais n’ayant pas développé de dépendance.

Si vous correspondez à ce profil et que vous souhaitez participer à la recherche en cours vous pouvez  appeler le : 01 40 05 42 14.

Il vous sera proposé un rendez-vous avec un médecin clinicien investigateur qui vous présentera la recherche.

Salles de consommation : un député questionne 3 ministres

François Cornut-Gentille, député UMP, a déposé le 12 février 2013 pas moins de 5 questions au gouvernement au sujet l’expérimentation salles de consommation de drogues. Si ces interrogations témoignent d’une profonde inquiétude qui explique le rejet de ce projet par l’UMP, elles demeurent très intéressantes car elle pose la question du cadre légal. Une partie de celui-ci, et donc des réponses à ces question se trouve dans le préambule du décret réfentiel des actions de RdR : « Les acteurs, professionnels de santé ou du travail social ou membres d’associations, comme les personnes auxquelles s’adressent ces activités doivent être protégés des incriminations d’usage ou d’incitation à l’usage au cours de ces interventions. »

Au Ministre de la Justice :

  • Si un consommateur sortant d’une telle salle sous l’emprise de drogues venait à commettre un délit ou un crime sur des personnes, les gérants publics ou privés de la salle de consommation de drogues sont susceptibles de voir leur responsabilité être engagée. En conséquence, il lui demande de préciser le statut pénal des gérants de la salle de consommation de drogues.
  • Si un consommateur venait à décéder à la suite d’une overdose, la responsabilité des personnels affectés à la salle de consommation de drogues pourrait être engagée. En conséquence, il lui demande de préciser le statut pénal des personnels affectés à la salle de consommation de drogues.

Au Ministre de la Santé :

  • En donnant son accord à la ville de Paris pour l’ouverture à titre expérimental d’une salle de consommation de drogues, le Gouvernement est allé à l’encontre de l’avis constant de l’académie de médecine. Aussi, il lui demande de préciser la place et le rôle qu’accorde le Gouvernement à l’académie de médecine.
  • Une expérimentation n’est effective que si, au départ, des critères d’évaluation sont établis. Aussi, il lui demande de préciser les objectifs, les indicateurs et le calendrier d’évaluation retenus pour l’expérimentation d’une salle de consommation de drogues à Paris.

Au Ministre de l’Intérieur :

  • Alors que les services de police luttent avec ténacité contre les trafics de drogues, l’ouverture d’une telle salle crée un espace d’impunités de nature à décourager l’action des services de police. Aussi, il lui demande d’indiquer les exigences posées par le ministère de l’intérieur au préalable de l’ouverture d’une salle de consommation de drogues.

Les Ministres répondront-ils ? En attenant n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous.

L’Elysée envisage des salles de consommation dans plusieurs villes

Le 27 novembre 2012, ASUD interpelait par courrier les dirigeants français sur la nécessité de réformer la politique des drogues.

Sans vraiment répondre à la hauteur des enjeux soulevé par ce courrier, le Cabinet du chef de l’État, a néanmoins fait une réponse qui place les salles de consommation comme un symbole de son engagement en faveur d’une politique des drogues guidées par la Santé Publique et les Réduction des Risques. Il ne s’agit plus de lutter contre les drogues mais les dangers liés à celles-ci. Une nuance de taille qui ne peut que satisfaire ASUD et les millions de consommateurs.

Le courrier de la Présidence de la République

Paris, le 18 janvier 2013

Monsieur le Président [d’ASUD],

Le Chef de l’Etat a bien reçu le second rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues, intitulé « La guerre aux drogues face au VIH/sida » que vous lui avez adressé, conjointement avec Messieurs Fabrice OLIVET et Laurent APPEL, respectivement directeur et membre de l’ASUD.

Déterminé à lutter contre les dangers liés à la toxicomanie, notamment en matière de santé publique, le Président de la République m’a confié le soin de vous assurer qu’il a été pris connaissance avec attention de ce document.

S’agissant des maladies transmissibles au travers de l’usage de drogues, le Gouvernement a, comme vous le savez, demandé à la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) d’examiner les conditions de mise en oeuvre d’expériences-pilote en faveur des usagers de la drogue dans plusieurs villes de France. Parmi les expérimentations envisagées, l’installation de lieux de consommation pourrait permettre de diminuer le risque sanitaire, principalement vis-à-vis du VIH, mais également de favoriser le suivi qui contribue à la réinsertion.

Il ne s’agit évidemment pas de banaliser l’usage de la drogue mais de mettre en oeuvre, de manière pragmatique, une politique efficace de réduction des risques.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Alerte : Taz fortement dosés en MDMA en Belgique

Message d’alerte d’Eurotox du 8 février

MDMA : nouveaux comprimés fortement concentrés

Suite à une saisie policière réalisée dans la région d’Anvers et datant de ce mois de janvier 2013, l’ Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC) a analysé des tablettes d’ecstasy hautement dosées. En voici les caractéristiques :
Forme : rond
Couleur : bleu
Logo : « Partyflock »
Ligne de séparation : oui
Diamètre moyen : 9,1 mm
Epaisseur moyenne au milieu: 5,1 mm
Poids moyen : 380 mg
Teneur moyenne en MDMA base : 173 mg

Commentaires

  • Le dosage habituel des comprimés « d’ecstasy » trouvés sur le marché belge oscille aux environs de 120-130 mg de MDMA.HCL. Ce dosage est par exemple utilisé dans des études cliniques portant sur la MDMA.

  • Vu la concentration élevée en MDMA de ces comprimés, il existe un risque de complications graves (convulsions, hyperthermie, coma), voire de décès par overdose. Lisez attentivement les conseils de réduction des risques repris ci-dessous.

  • Vu le côté artisanal de la fabrication de ces comprimés, on estime que leur teneur en MDMA peut varier au sein d’un même lot, atteignant jusqu’à 200mg.

Si vous pouvez confirmer / infirmer ces tendances

Veuillez contacter Infor-Drogues (02 / 227.52.52.) ou par e-mail miguel.rwubusisi@eurotox.org

CONSEILS DE RÉDUCTION DES RISQUES POUR LES CONSOMMATEURS

  1. Si vous achetez de l’XTC, ne le faites de préférence ni en rue ni en discothèque. Si malgré tout vous le faites, informez-vous auprès d’autres usagers sur les effets des pilules et la fiabilité du revendeur.

  2. Si vous décidez de consommer une pilule, commencez par une demi pilule et attendez +/- une heure pour en apprécier l’effet! De même si vous avez acheté un liquide, n’en consommer qu’une faible quantité et attendez les effets.

  3. Si après une autre heure, vous ne sentez toujours pas les effets de la pilule, patientez avant d’augmenter la dose. En effet, certaines substances actives se manifestent avec un effet retard. De plus, certaines pilules vendues comme de l’XTC peuvent contenir une autre substance active en quantité dangereuse. Attention à la surdose!

  4. Ne prenez de l’ecstasy que si vous vous sentez bien physiquement et mentalement. En prenant un produit psychoactif lorsque vous vous sentez mal ou angoissé, votre état risque d’empirer.

  5. Pour éviter le coup de chaleur, buvez fréquemment de l’eau en petites quantités, rafraîchissez-vous (en prenant l’air, en vous aspergeant la nuque d’eau froide, etc.).

  6. Entourez-vous de personnes de confiance, ne vous isolez pas.

  7. Avant de sortir, fixez-vous une limite (durée de la sortie, nombre de pilule(s), …). Cela vous permettra d’éviter l’usage abusif.

  8. Mieux vaut réserver cette substance aux occasions spéciales. Une consommation fréquente diminue les effets psychédéliques d’ouverture et de bien-être et augmente les risques d’abus.

  9. La « descente » fait partie de l’expérience psychotrope. La retarder en gobant davantage ne fait que la rendre plus difficile. La descente, après un temps de prise limité, peut être agréable.

  10. L’usage d’ecstasy est déconseillé aux personnes souffrant de faiblesse cardiaque, d’hypertension, d’insuffisance rénale, d’insuffisance respiratoire ou de diabète.

  11. L’ecstasy traverse la barrière placentaire et passe dans le lait maternel. Il est donc fortement déconseillé aux femmes enceintes ou qui allaitent. Quel que soit le produit, veillez à ne pas le laisser traîner à la portée des enfants.

  12. Toutes les drogues, et donc l’ecstasy, entraînent une baisse de vigilance qui peut être à l’origine de relations sexuelles non-protégées et, parfois, non-désirées. Ayez toujours des préservatifs sur vous. Lorsque vous sortez avec un groupe d’amis, veillez les uns sur les autres.

  13. Évitez toute activité exigeant de la concentration (travail sur des machines, conduite automobile, …) : excitation, euphorie, nervosité, voire agressivité peuvent entraîner des conduites inadaptées ou une prise de risque inconsidérée.

Que faire en cas d’urgence?

  • En cas de malaise suite à une prise de comprimés ou à un mélange:
  1. Appelez d’urgence les secours au 112 (service médical d’urgence – appel gratuit).

  2. Décrivez l’état de la personne comme suit : est-elle consciente ou inconsciente? Respire-t-elle ou non? Son cœur bat-il ou non?

« Drogués heureux » le blog d’ASUD sur Rue89

Pour fêter ses 20 ans, le journal d’ASUD (Auto-support des usagers de drogues) est invité par Rue 89 pour discuter de dopes, de politique, de trafic, de réduction des risques, de plaisir et de dépendance. Drogues et Addictions, c’est « le blog des drogués heureux ».

Provocation ou profession de foi ? C’est aussi une référence au livre publié en 1977 par le Docteur Olievenstein « Il n’y a pas de drogués heureux ». Le pape du soin aux toxicomanes a traumatisé bien des usagers de drogues et leur entourage. La société française s’est ainsi façonné une image du drogué amoral, ordalique et lamentable.

Les membres d’ASUD (AutoSupport des Usagers de Drogues) ne partagent pas cette vision misérabiliste. Contre l’image du toxico assisté et criminel, nous plaidons pour un usager citoyen, intégré et responsable.

C’est en tout cas cette idée que nous défendrons par des témoignages et nos analyses sur ce blog qui nous l’espérons permettra de toucher et convaincre un public plus large sur l’efficacité de la réduction des risques liées aux drogues et la nécessité d’en finir avec leur prohibition.

Tenir au plus vite la promesse des salles de consommation à moindre risque

Communiqué de presse du 4 février 2013

Le 22 octobre 2012, la Ministre de la Santé Marisol Touraine s’exprimait en faveur des expérimentations de salle de consommation à moindre risque. Face à l’urgence sanitaire constatée sur le terrain, le Premier ministre doit annoncer sans plus attendre la mise en place de salles de consommation expérimentales en France.

Six mois après les premières annonces du gouvernement en faveur des salles de consommation, les associations sont toujours dans l’attente d’une décision leur permettant de mettre en place ce dispositif à titre expérimental. Les preuves de la solidité scientifique des salles de consommation ne sont plus à démontrer. Validées par l’INSERM, expérimentées et validées dans de nombreux pays, les salles de consommation à moindre risque permettent la diminution de la consommation dans les lieux publics, la réduction des comportements à risque et de la morbidité associée au VIH et aux VHC ainsi que la diminution des overdoses mortelles.

A l’heure actuelle, les acteurs de terrain n’ont toujours pas eu connaissance des conclusions du rapport de faisabilité demandé en octobre 2012 par Marisol Touraine à la MILDT sur ce sujet. Combien de temps faudra-t-il attendre pour répondre à l’urgence sanitaire des usagers de drogues en grande précarité qui consomment dans l’espace public ? Combien de temps faudra-il attendre pour venir en aide aux habitants des quartiers concernés par l’usage de drogues dans l’espace public ?

Face à l’urgence sanitaire et à la nécessité d’améliorer l’accès aux soins des usagers de drogues, nous demandons au Premier Ministre de tenir la promesse de François Hollande et d’annoncer sans attendre l’expérimentation de salles de consommation à moindre risque en France.

Les signataires :


Réseau Français de Réduction des Risques, Fédération Addiction, Asud, SOS Hépatites, Safe, Gaïa Paris, Act Up – Paris, Aides, Sidaction, ANPAA, AFR, Elsa France, Prévention et Soin des Addictions, Élus Santé publique & Territoires, Élus Locaux contre le Sida, Syndicat de la magistrature, Union des Familles Laïques, Collectif Hypertension, Mouvement des Jeunes Socialistes, Jeunes Ecologistes, Jeunes Radicaux de Gauche


RdR 2012 : Marisol Touraine, Ministre de la Santé par AFRdR

Contact presse
Reseau Français de RDR / Fédération Addiction : Jean-Pierre Couteron – Tel : 06 03 44 60 38
Gaia Paris : Elisabeth Avril – Tel : 06 67 82 37 37

ASUD.org fait peau neuve

Pour la nouvelle année, ASUD a relooké son site web. Le contenu reprend la totalité de celui du site précédant. Il s’enrichira prochainement de nouvelles informations et de nouveaux services.

N’hésitez à nous faire part de vos remarques et suggestions à ce sujet en laissant un commentaire au bas de cette page ou en écrivant à web@asud.org.

Alerte : Héroïne coupée au dextrométorphane dans le 93

source : http://www.drogues-info-service.fr/?Alerte-DGS-heroine

La Direction Générale de la Santé (DGS) lance une alerte à l’héroïne coupée avec des produits potentiellement dangereux et rappelle le danger inhérent aux grandes variabilités de présence de l’héroïne dans les poudres vendues.

Le 1er janvier en Seine-Saint-Denis une saisie de 50g d’héroïne a révélé un échantillon dosé à 15,2% mais surtout coupé à auteur de 44% avec du dextrométorphane (DXM). Or cette association héroïne-DXM est potentiellement mortelle.

La DGS rappelle notamment que les risques d’overdose sont particulièrement élevés chez les usagers néophytes, occasionnels ou reprenant leur consommation après une période d’abstinence. En présence d’une héroïne ainsi coupée ou fortement dosée les risques sont décuplés.

La DGS incite les usagers ou leurs proches qui constateraient des signes inhabituels suite à la prise d’héroïne de se rendre dans un service d’urgence ou de contacter le 15 (SAMU).

Nous vous rappelons pour notre part que les signes caractéristiques d’une overdose d’héroïne sont la perte de conscience, la difficulté à respirer (ralentissement du rythme respiratoire avant arrêt respiratoire), un bleuissement des lèvres et des ongles. Une overdose est rarement mortelle tout de suite, l’entourage peut donc appeler les secours et la personne être sauvée à condition de ne pas attendre : une overdose est une urgence médicale. Au téléphone n’hésitez pas à préciser que la cause probable du malaise est la prise d’héroïne afin de vous assurer que les secours arrivent bien avec l’antidote, la naloxone.

Si vous êtes confronté à une overdose ne paniquez pas. Mettez la personne en position latérale de sécurité et appelez les secours. En attendant les secours, si la personne ne respire plus, appliquez les gestes de premier secours : massage cardiaque et ventilation par la bouche.

Pour vous informer sur l’overdose, sa prévention et comment réagir nous vous conseillons de regarder la vidéo suivante :

 

Pour savoir comment mettre quelqu’un en position latérale de sécurité, regardez la vidéo suivante :

La RdR ça marche : La Position Latérale de Sécurité

Plus d’informations :

Retrouvez des informations et des conseils de réduction des risques sur l’overdose d’héroïne.

Les différents Asud

Si vous souhaiter des informations sur la création d’associations d’usagers de drogues ou de patients, nous pouvons vous renseigner et vous aider dans vos démarches.

Nous cherchons également des correspondants dans les régions.

Vous pouvez nous contacter par mail à contact@asud.org ou par téléphone au 01.43.15.04.00

ASUD
32 rue Vitruve
75020 Paris
Tel:01.43.15.04.00
contact@asud.org
ASUD Loiret
63 rue Bannier
45000 Orléans
Tel:02.38.77.00.27
asud.loiret@wanadoo.fr
Blog Asud Loiret
ASUD Marseille
52, rue du Coq
13001 Marseille
Tel: 04.91.68.87.06
asud.mars@wandoo.fr
ASUD Nîmes
6, bis rue Notre Dame
30000 Nîmes
Tel: 04.66.36.00.12
asudnimes@wanadoo.fr
ASUD 276 Haute Normandie
10, rue Chartraine,
27 000 EVREUX
asud276@hotmail.fr
Correspondant ASUD à Nantes
Alain Termolle
Tel: 02.53.45.51.04

Histoire de la Méthadone

Ecrit par Andrew Preston(1) et extrait du magazine JUICE(2)

Les mythes concernant la méthadone sont nombreux. Cette première partie de notre histoire de la méthadone en détruira quelques uns parmi ceux qui sont considérés comme les plus vénérables.

Que savez-vous sur l’origine du produit que vous consommez tous les jours ? Comme la plupart d’entre nous, deux faits vous ont probablement frappés :

  1. La méthadone aurait été découverte par les allemands dans un désespérant effort de guerre pour suppléer au manque d’opium dont l’approvisionnement était interrompu par l’offensive alliée.
  2. La première appellation de la méthadone aurait été la « Dolophine(3) » en souvenir de « Adolph » (Hitler). 

Les deux sont faux.

Le rôle de Max et Gustave…

La préhistoire de la méthadone débuta avec son ancêtre chimique : la péthidine (en France le Dolosal®). Créée en 1937 par deux scientifiques allemands : Max Eisleb et Gustav Schaumann, la péthidine permit de soulager rapidement les douleurs liées à l’accouchement chez des milliers de femmes. Ses deux créateurs travaillaient pour le conglomérat chimique allemand I.G. FarbenIndustrie dont les laboratoires mirent également au point le procédé pour fabriquer de l’héroïne à partir de l’opium il y a un peu de 100 ans. L’usine de la compagnie étant située à Höchst-am-Main, la péthidine fut baptisée du numéro de série : Höchst 8909. Plus tard elle fut appelée Dolantin®.

Pratiquement depuis que la dépendance est connue, le St Graal des chimistes a toujours été la recherche d’une drogue analgésique non addictive. En d’autres termes une drogue supprimant la douleur  mais ne produisant aucun des effets agréables dont certains ne veulent ensuite plus se passer.  Ils crurent avoir réussi avec la péthidine mais, comme avec l’héroïne il y a un siècle et avec la buprénorphine (Temgesic®, Subutex®) actuellement, douleur et plaisir ne se laissent pas dissocier si facilement et la recherche continue toujours.

Des collègues de Eisleb et Schaumann, les dr Max Bockmühl et Gustav Ehrart continuèrent à tripoter la structure moléculaire du principe actif du Dolantin® , espérant créer un analgésique suffisamment différent de la morphine afin de proposer une alternative aux opiacés dont la prescription avait très mauvaise réputation dans l’Allemagne nazie.

En 1938, parmi leurs 300 créations, une constellation d’atomes de carbone, d’hydrogène, de nitrogène, d’oxygène et de chlorine devint une molécule que nous connaissons sous le nom de méthadone.

L’œuvre de Max et de Gustav fut enregistrée sous le label « Höchst 10820 » et plus tard fut baptisée Polamidon®.

Oublié dans un placard

Les chercheurs de Höchst firent suffisamment de recherches pour démontrer les qualités analgésiques de la méthadone. Pour ne pas se faire déposséder, le 25 septembre 1941, Max Bockmühl et Gustav Ehrart remplirent un formulaire afin de breveter leur découverte. Après ça, ils remirent leur produit aux militaires sous le nom de code « Amidon » pour une série de tests plus vastes.

Peut-être les militaires utilisèrent-ils des doses trop fortes entraînant trop d’effets secondaires et cela les dissuada de continuer l’utilisation de la méthadone comme anti-douleur ? Peut-être les conditions de la guerre et le contexte d’après-guerre empêchèrent-ils toute recherche supplémentaire? En tout cas, quelle qu’en soit la raison, aucune tentative d’importance ne fut faite pour lancer une production commerciale de « Höchst 10820 » durant la guerre et les recherches pour trouver de nouveaux médicaments analgésiques continuèrent.

Les accords signés à la fin de la guerre obligèrent l’ Allemagne à remettre tous ses brevets, découvertes et marques déposées aux alliés. Le pays fut partagé par les vainqueurs ; la société Höchst se trouvait dans le secteur sous contrôle américain. Les autorités US dépêchèrent  une équipe de quatre personnes – Kliederer, Rice, Conquest et Williams – afin d’évaluer les travaux des chercheurs de Höchst durant la guerre. En 1945, leur rapport fut publié par le US Department of Commerce.

Ce fut la première publication documentant les effets de la méthadone. Cette drogue, bien que chimiquement différente, avait des effets analgésiques proches de la morphine. Comme les américains furent les premiers à publier ces informations, quelques uns crurent que les allemands ne connaissaient pas les effets de la drogue. En réalité les américains avaient simplement rapporté ce que les allemands leur avaient appris.

Les USA récoltent les lauriers

Tout le stock des créations chimiques de Höchst fut saisi par les américains et les formules des inventions furent distribuées librement dans le monde entier. La méthadone ainsi que d’autres produits débutèrent ainsi une carrière commerciale dans l’industrie pharmaceutique. Les bénéficiaires reconnaissants purent choisir le nom commercial ou de marque déposée qu’ils voulaient.

La compagnie pharmaceutique US Eli-Lilly choisit le nom d « Dolophine » que de nombreuses personnes prétendirent inspiré par le prénom de Adolph Hitler. Cette affirmation est sans fondement. Jamais les responsables de Eli-Lilly n’auraient voulu ainsi commémorer le führer. Ce nom fut probablement inspiré par le nom français « douleur » lui même dérivé du latin « dolor » et phine proviendrait de « fin », le tout donnant l’idée de « fin de la douleur ».

En 1947, une équipe américaine, qui expérimenta largement la méthadone, sous la direction de Isbell, publia un résumé de ses travaux. Mais ils firent comme les militaires allemands et employèrent des doses bien trop élevées de méthadone. A certains volontaires on injecta jusqu’à 200 mg quatre fois par jour. A de telles doses, Isbell observa « un rapide développement d’une tolérance ainsi qu’une euphorie » et probablement quelques décès qui furent passé sous silence. On dut diminuer les doses car les volontaires souffraient de  « toxicité….inflammation cutanées… profonde narcose… et une apparence clinique de malaise général.  (A ASUD on aurait dit qu’ils étaient  vachement défoncés) Mais tout le monde ne trouva pas la méthadone sans intérêt ni attrait. Des médecins affirmèrent que : « des personnes dépendantes de la morphine répondent positivement à la méthadone. »

Ces expériences amenèrent les chercheurs US à mettre sévèrement en garde contre le potentiel addictif de la méthadone : « Nous pensons que si la fabrication et l’utilisation de la méthadone (déjà appelée ainsi) ne sont pas strictement contrôlées, la dépendance à ce produit deviendra un grave problème de santé publique. »

Alors que les scientifiques US récoltèrent la renommée, les créateurs allemands de la méthadone ne présentèrent leur travail original qu’en juillet 1948 et il ne fut pas publié avant 1949.

Les premières publications d’après-guerre voulurent démontrer que, par rapport aux autres analgésiques centraux, les avantages de la méthadone étaient minimes par rapport à tous ses inconvénients tels que : nausées, dépression respiratoire et devant le danger d’une forte dépendance.

Seule l’armée américaine faisait une très parcimonieuse utilisation expérimentale de la méthadone en tant qu’anti-douleur quand en 1965, les médecins US Marie Nyswander et Vincent Dole, en relisant la littérature spécialisée, eurent l’idée d’employer le produit pour un nouvel usage. Ce couple, à présent célèbre, cherchait un médicament pour traiter les personnes dépendantes de l’héroïne. Ils espèraient trouver une drogue de type opiacé qui puisse être utilisée par voie orale et qui n’entraînerait pas une augmentation des doses pour maintenir l’effet recherché.

Leurs premières expériences trouvèrent rapidement un emploi à la méthadone… et le reste fait partie de l’histoire.

Chronologie

1937 – Création de la péthidine ; premier précurseur de la méthadone par les scientifiques allemands Eisleb et Shaumann.

1938 – Max Bockmühl et Gustav Ehrart synthetisent la méthadone à partir de la pethidine.

1941 – Bockmühl et Ehrart fontbreveter leur nouvelle création.

1945 – A la fin de la deuxième guerre mondiale, les USA font main basse sur l’usine qui fabriquait la méthadone

1945 – Les Etats-Unis publient un premier rapport basé sur le travail de recherche des allemands.

1947 – Après leurs expériences, Isbell et ses collègues mettent en garde contre les risques de dépendance.

1949 – Les recherches originales de Max Bockmühl et de Gustav Ehrarhart sont finalement publiées.

1964 – Les médecins US Nyswander et Dole expérimentent la méthadone pour traiter la dépendance à l’héroïne.

1964 et plus tard : Depuis leur clinique new-yorkaise, la méthadone, grâce à la persévérance de Vincent et Marie devient le traitement de l’héroïnomanie le plus populaire du monde.


Notes

1 Andrew Preston, infirmier psychiatrique de formation, est l’auteur et l’éditeur d’ouvrages pour les personnes travaillant dans le champ de la toxicomanie et leurs clients. Il travaille comme intervenant en toxicomanie à Dorchester dans un service d’aide aux personnes dépendantes de l’alcool et des drogues.

2 Juice fut un magazine anglais consacré exclusivement à la méthadone et s’adresse à ceux qui consomment ce produit. Créé en 1996, avec le soutien d’un laboratoire pharmaceutique,  par Andrew Preston et Mike Ashton du magazine « Druglink », JUICE s’arrêta malheureusement après le premier et unique numéro pour des raisons budgétaires.

3 Espérant donner une connotation particulièrement négative à la méthadone, certains détracteurs, fanatiquement opposés aux traitements de substitution, prétendirent que le médicament fut inventée sur l’injonction de Hitler et que sa première appellation fut « Adolphine » ou « Adolfine », soit disant en hommage à Adolphe Hitler. (note du traducteur).

Que faire lorsqu’on a pris un risque avec l’hépatite C ?

L’hépatite C est une maladie qui reste mal connue, en particulier parmi les plus jeunes usagers. Actuellement, les médecins s’alarment du nombre de personnes qui ne consultent qu’une fois arrivées au stade de la cirrhose. Le test de dépistage est pourtant devenu très accessible. Nous le recommandons même aux non-injecteurs. En cas de positivité et si l’hépatite reste active, un suivi médical s’imposera avec, peut-être, une ponction et un traitement à la clé.

Si l’hépatite C, dont la contamination se fait par le sang, touche 60 % à 65 % des injecteurs(1), c’est parce que les pratiques d’injection exposent très rapidement les usagers de drogue à cause du partage des seringues et, dans une moindre mesure, à cause du partage du reste du matériel (eau, préparation, cuillère, filtre). Certaines études suggèrent pourtant qu’au-delà de la classique figure de l’héroïnomane ou du « toxico », une contamination existe chez les non-injecteurs.
Ces cas restent obscurs : environ 10 à 20 % des usagers n’ayant jamais eu recours à l’injection seraient contaminés.
Ont-ils passé sous silence les quelques shoots qu’ils auraient fait ou bien ont-ils pris des risques sans s’en rendre compte ? Toujours est-il que même lorsque l’on est un usager de drogues dites festives, on devrait faire le test de l’hépatite C.
Il faut savoir que plus le dépistage et éventuellement le traitement sont précoces, plus les chances de guérison sont fortes : il est donc fortement conseillé de se faire dépister le plus tôt possible.

L’hépatite C ne touche pas que les « toxicomanes »

Les usagers de drogues non-injectables ne sont pas à l’abri d’une contamination par le partage de doseurs, peut-être des pailles à sniffer. Lorsque l’on vit en collectivité ou si l’on sort en rave ou en festival, il y a un risque accru de contacts sanguins par le partage d’accessoires de toilette contaminés (surtout rasoirs, éventuellement brosses à dents… ). Pour le tatouage et le piercing, demandez des garanties sur la stérilisation du matériel. On peut donc très bien attraper l’hépatite C et son virus le VHC sans être un « toxicomane » labellisé.

Un test anonyme et gratuit

Tous les centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG) pratiquent maintenant, en plus du VIH, le dépistage du VHC, le virus qui provoque l’hépatite C. C’est bien pratique pour les plus jeunes, qui ne devront ni payer ni décliner leur identité, juste remplir un formulaire anonyme. Certains CDAG ont une consultation pour les maladies vénériennes et peuvent vous orienter pour une contraception, tout ceci gratuitement.
L’autre solution consiste à se faire prescrire le test par son médecin et à le faire dans un laboratoire d’analyses. Il sera remboursé à 100 %.
Nombre d’usagers ne se font pas dépister pour l’hépatite C, parce qu’ils pensent qu’on ne peut rien faire contre l’hépatite C sans passer par une ponction biopsie du foie (PBH). Or, cet examen qui effraie les usagers, souvent à cause des rumeurs entendues, n’est pas toujours nécessaire et ne concerne que les personnes atteintes d’une héptite C, dite active ou agressive, avec des transaminases élevées. Ces cas risquent, une fois sur trois, d’évoluer vers une cirrhose, parfois plus rapidement qu’on ne le croit. Tous les usagers devraient d’abord se faire dépister par une simple prise de sang, puis devenir très attentif sur l’hygiène en cas de positivité et démarrer un suivi médical.

Et si je suis positif ?

Un test positif n’est pas une catastrophe. Le suivi médical de l’hépatite est remboursé à 100 % et l’ hépatite restera parfois bénigne.Pour les cas plus graves les traitements actuels permettent, sous certaines condittions, une guérison sans séquelles. Au pire une invalidité pourra être prise en compte.

En cas d’hépatite active

Si vous avez la malchance d’avoir une hépatite agressive, la ponction est un passage obligé pour l’obtention d’un traitement. Cet examen est le seul qui permet de mesurer les dégâts subis par le foie et l’activité du virus (score Metavir). L’accès au traitement reste moins évident pour les « toxicomanes » et les consommateurs d’alcool, toutefois l’attitude des médecins évolue.
L’équipe du centre La Mosaïque à Montreuil nous a permis de rencontrer trois usagers qui ont accepté de témoigner pour démystifier la biopsie (PBH en jargon médical) : un examen entouré de beaucoup de rumeurs.

La ponction du foie (PBH)

Il existe deux moyens de ponctionner : la voie transjugulaire (par la veine jugulaire) est rarement utilisée, la voie transpariétale (directement dans le foie) est la plus fréquente. Une simple anésthesie locale est nécessaire. Pour les personnes trop angoissées, l’anésthesie générale est possible. Abordez la ponction avec calme. Il ne faut pas bouger et éviter de mettre la pression sur le médecin, car une ponction sans douleur nécessite de la dextérité. Evitez de regarder l’aiguille de ponction.
Pour préparer la ponction, on vous demandera d’arrêter de boire. Cette demande se justifie car les effets de l’alcool risquent de fausser l’interprétation de la ponction.
La parole est à Jacky, Odé et Patrick, tous les trois usagers confirmés.
Dans deux cas, la ponction s’est bien déroulée. Dans un autre cas, elle s’est moins bien passée. Selon nous, quatre fois sur cinq, il n’y a aucun problème.

Témoignages

Les médecins ont proposé à Odé une ponction transjugulaire :
« Ça ne s’est pas trop mal passé, ça m’a quand même pris une journée. C’est le temps qu’il faut prévoir, je pense. Les résultats sont arrivés trois semaines plus tard, au score Metavir, j’atteignais le stade F4, celui de la cirrhose. J’étais catastrophé, je croyais aller bien. A l’époque, je buvais. Le traitement n’était pas envisagé tant que je n’étais pas stabilisé avec l’alcool. On m’a dit de refaire une biopsie dans deux ans. C’est ce que j’ai fait. La deuxième ponction s’est moins bien passée. Le jour du rendez-vous arrive et, là, grosse erreur, je n’avais pas fait la prise de sang pour le temps de saignement (test qui mesure la vitesse de coagulation du sang). Pourtant, je leur avais dit que j’étais très dur à piquer. Du coup, tout le monde s’énerve parce qu’ils n’arrivent pas à me piquer.Ça dure deux heures, on me charcute, on m’emmène au bloc où l’on n’arrive toujours pas à me piquer. Le toubib arrive et me dit : “Vous saviez bien que vous aviez une biopsie à faire !” Je lui réponds qu’on arrive pas à me piquer et que je les avais prévenus. Alors là, le toubib craque et me dit : “Tu changes de crémerie”. Rideau. J’ai tout repoussé à avril 2000. »
Le tuyau d’Odé aux Asudiens : « Ne faites pas la prise de sang pour le temps de saignement le jour-même de la ponction, mais allez-y avant. Vous serez moins stressé et pourrez rencontrer l’équipe médicale, ce qui vous permettra de voir comment ils sont et comment ils piquent. »

Dédramatiser la biopsie

Autre histoire, celle de Jacky : « J’ai fait un dépistage en 1997. A l’arrivée, on m’a dit : “Vous avez la C”, et on m’a expliqué gentiment ce que c’était. On ne m’a pas affolé.Mon dossier a été remis au médecin qui me suivait déjà pour la substitution. C’est lui qui m’a donné des explications pendant les consultations et m’a orienté vers l’hôpital pour une biopsie. On m’a dit que c’était une aiguille qu’on met dans le foie. Tout s’est passé très vite et plutôt bien. Je suis arrivé la veille à l’hôpital, j’y ai dormi. Le lendemain, dans la journée, le médecin est passé dans ma chambre, accompagné d’une autre personne. Ils m’ont fait une simple anesthésie locale. J’ai senti la piqûre c’est tout. Je le referai sans problème. On m’a proposé de la Viscéralgine. J’ai bien dormi et, le lendemain matin, j’étais chez moi. L’intervention m’a plutôt redonné confiance dans le système de soins et j’étais content de l’avoir fait. Au final, j’ai eu un score Métavir F4, donc cirrhose. Depuis un mois, j’ai commencé la bithérapie Interféron et Ribavirine et, pour le moment, je supporte bien. En huit ans, j’ai déjà une cirrhose tu te rends compte ! Je dis à mes amis d’aller se faire dépister, de ne pas attendre. J’ai un pote qui a la ‘C’, l’autre jour je l’ai sorti d’un café et je lui dis : “Tu as une C non active, alors, ne la réveille pas avec de l’alcool !”
Le tuyau de Jacky aux Asudiens :« Désolé pour les jeunes internes qui ont besoin de s’entraîner à piquer, mais je vous conseille de vous faire piquer par un médecin expérimenté. En huit ans, je me paye une cirrhose, je conseille aux gens de se faire dépister vite ! »

Patrick a consommé pendant vingt années et a fait ensuite un passage à la 8°6. « Il m’a fallu huit ans pour me décider à me faire suivre pour le VIH et le VHC dépistés en 1984. Depuis 1996, c’est Métha et trithérapie pour le VIH. Il m’a fallu encore deux ans pour obtenir une PBH. Le médecin m’a dit : “On peut le faire maintenant parce que vous êtes stabilisé pour le VIH et que vous avez cessé de boire.”
Pour la ponction, on m’a donné les consignes suivantes : “Ça va prendre 24 heures. Vous devrez rester allongé. Vous amenez votre Méthadone et votre trithérapie.” Je suis donc arrivé à l’hôpital le matin à 10 h. J’ai posé mon sac dans la chambre, puis on m’a fait une prise de sang pour mesurer le temps de saignement. Petit repas dans la chambre et, un peu plus tard, une infirmière arrive et me fait une piqûre anxiolitique. Elle me dit de m’allonger. Le médecin arrive, me fait la piqûre d’anesthésie locale et me dit de tourner la tête pour éviter que je voie le matériel de ponction. Je n’ai rien senti au moment de la ponction. J’ai demandé si je pouvais regarder et j’ai vu que j’avais un pansement avec un peu de sang. On m’a donné deux Viscéralgine forte et on m’a dit de ne pas trop bouger le bras droit. A 19 h, j’en avais un peu marre, même s’ils m’ont très gentiment laissé mes clopes.
A 5 h du matin, j’ai demandé qu’on débranche le tensiomètre autour du bras qui me faisait mal. Autre problème, c’est très difficile de pisser dans un tuyau si on est allongé, je voulais me lever. Finalement, je suis sorti à 13 h après que l’on m’ait servi un repas. »

Le tuyau de Patrick aux Asudiens : « Pensez à pisser avant la biopsie car c’est difficile de la faire en position allongée. Dans le service où j’étais, le médecin est une femme qui pique bien, tous ceux que j’ai vu n’ont rien senti, il faudrait se passer les bons tuyaux. L’information sur la biopsie et l’interprétation du score Métavir, c’est mon médecin qui me les a données. A l’hôpital, on ne m’a pas dit grand-chose.»

1) Indicateurs et tendances, OFDT 1999, p. 143
Remerciements à Pactrick, Jacky, Odé, aux Docteur Goisset, Professeur Morcellin.

Réduction des risques et sons

Quand on parle de réduction des risques en teuf, on pense immédiatement aux drogues (alcool compris), à la rigeur aux accidents de caisse, mais jamais aux tympans crevés, acouphènes et autres passeports vers la surdité temporaire ou définitive. Non que le sujet soit une raison de faire encore plus flipper les parents, mais parce que quelques précautions simples permettent là aussi de réduire les risques.

À la fin de l’été 2006, le cassoulet (Collectif des artistes séparatistes du Sud-Ouest unis pour la liberté d’expression du mouvement tekno) défrayait la chronique en organsinant le Teknival d’Angoulême à grand renfort de sound systems et de teufeurs de tous horizons. Fidèle reflet de toute l’actualité du son, de l’éclairage et de l’événement scénique technique, le magazine Sono* lui emboîtait le pas avec un dossier sur la sonorisation des teufs, après 10 ans de silence médiatique quasi complet. Sono qui, dans une mise en garde initiale, se défend de « sombrer dans l’angélisme béat ou cautionner des pratiques à très gros risques et passer sous silence des lacunes criantes quant à la sécurité du site et des oreilles des participants », d’ailleurs qualifiés de « camés du son ».

« La tête dans la gamelle »

asud_journal_34_teufPourquoi entrer dans pareille polémique sinon parce que, en tant que référent et expert en techniques de sonorisation, Sono attaque franchement le coeur du problème ?
La nature des matériels de sonorisation (occasions ou rachats de matériel de boîte), mais aussi le mode même de sonorisation choisi lors du teknival : en façade trapue, barrée de très large murs d’enceintes étalées, couplage aléatoire du son en certains
points (ce qui se surajoute à la pression acoustique également de façon aléatoire sur le terrain), possibilité d’abord direct du mur d’enceintes (offrant aux usagers une banane recherchée avec la « tête dans la gamelle »).
Plus que la recherche de pression acoustique intense, voire maximale, ce sont les régimes de pression utilisés au niveau du dance floor qui se révèlent les plus spectaculaires : entre 115 et 123 dB SPL durant la journée, auxquels il faut ajouter 2 à 3 dB durant la nuit. Maintenir les usagers à 2 mètres ramènerait ces seuils à 115 dB, où les conséquences néfastes pour l’audition mettent plus de 30 secondes à se manifester…
Normalement, 105 dB sont tolérés durant 5 minutes sans aucun retentissement au niveau de l’organisme. C’est d’ailleurs une norme officielle (www.legifrance.gouv.fr.).
Les dangers pour l’audition sont essentiellement représentés par les « séquelles habituelles des pratiques musicales amplifiées ». La surdité s’étend sur une plage de fréquence élevée (3 000 à 6 000 Hz), celle de la parole étant normalement le mieux appréciée autour de 500-2 000 Hz et maximalement atteinte dans les fréquences aiguës. Des acouphènes (bruits parasites de type grésillements, craquements, etc.) plus ou moins permanents et invalidants (car ils touchent le psychisme à plus ou moins long terme) se surajoutent à une hyperacousie dans les fréquences de la conversation : on entend plus fort, et cette hyperacousie douloureuse, pénible, aura aussi des conséquences pour la santé nerveuse et l’équilibre général. De plus, à la différence des tracas mécaniques de survenue brutale (comme une rupture du tympan par exemple), les destructions de fibres nerveuses sont connues pour ne pas régresser ou très incomplètement. Si les produits permettent de s’oublier dans le son, ceux-ci ne vous oublient pas une fois que le son a produit ses effets : une bonne descente d’acide dans l’hyperacousie et les acouphènes surajoutés aux hallucinations auditives, bon courage !

Mieux vaut prévenir…

Bien que ce sujet ne fasse l’objet que d’un intérêt limité, les mesures de prévention sont pourtant multiples et dépassent le simple port des « bouchons atténuateurs» que les associations distribuent à foison et qui sont essentiellement dédiés à l’isolement sensoriel ou à se reposer un peu.

Atteintes de l’audition après exposition prolongée à plus de 115 dB :
– irréversibles & onéreuses (3 000€ la prothèse auditive)
– plus risquées à moins de 3 mètres du mur d’enceintes pendant plus d’1 minute
– produits = risque supplémentaire de perte de contrôle (« tête dans le son »)
– acouphènes + hyperacousie accompagnant la surdité (avec risque de repli sur soi, trouble psychologiques, bad trip).

Première mesure de prévention : relire cet article et adopter les quelques conseils qui y sont donnés.
Deuxième mesure : au moindre doute, consulter un ORL qui pratiquera un audiogramme afin de détecter toute surdité par atteinte de votre nerf auditif. Le traitement consiste le plus souvent en un appareillage en prothèses auditives, dont le prix de revient est souvent supérieur à 3 000 €…
Sinon :
– Porter des bouchons atténuateurs, voire un casque 3M lors des périodes de repos pour ceux qui travaillent sur le tekos, en évitant tout séjour prolongé en zone de très forte pression acoustique (3 à 5 mètres du mur d’enceintes selon les niveaux).
– Éviter une perte de contrôle dans le mur d’enceinte (favorisée par les produits).
– Se tenir à distance respectable (2-3 mètres du mur) n’a pas de conséquences dramatiques sur le régime sonore mais protège la santé de vos oreilles. Postez-vous à 3 mètres d’un volumineux subwoofer posé au sol, vous serez au top pour un massage du ventre et autres … !
– Pour les techniciens des sound systems, des alternatives existent dans la construction des murs d’enceintes et le choix du matériel (en particulier pour les enceintes subsoniques). Notre tolérance au son tient en large part à la technicité de ceux qui ont fait l’installation (Sono souligne d’ailleurs qu’elles sont toutes bien sanglées). L’utilisation croissante des planchers vibrants dans certaines discothèques témoigne d’une sensibilisation de la profession depuis la loi des 105 dB.
– Le DJ a aussi un rôle à jouer, car le massage du ventre par les infrabasses obéit à une égalisation soignée des basses et des fréquences qui « passent ». Les infrabasses exposant aux troubles digestifs, en abuser c’est bien souvent vomir…
Sur un teknival, « avec des teufeurs heureux, exténués, et en recherche permanente d’une surenchère au plaisir », l’enjeu se situe cependant dans les 2 mètres devant le mur d’enceintes, où les teufeurs devraient eux-mêmes être vigilants à écarter les plus défoncés des risques qu’ils encourent. Car les infrabasses sont sournoises/vicieuses quand il s’agit de réveiller les douleurs de dents déjà abimées ou même parfois entre deux dents saines, des crise d’arthrite jouïssive… L’incident survient volontiers après une exposition un peu prolongée dans la proximité des enceintes subsoniques (« gamelles » ou subwoofers).

Interactions audition et produits

asud_journal_34_teuf3Si le rôle de Sono n’est pas d’évoquer la place des produits, celui d’Asud est de vous informer des risques encourus lors de consommation de toxique(s). Certains produits comme l’acide (LSD), la psilocybine, la mescaline, sont connus pour susciter des hallucinations auditives puissantes. Dans pareilles circonstances, un usager de LSD peut confondre acouphènes liés au traumatisme sonore et hallucinations liées au produit. Les acouphènes peuvent susciter un bad trip, tout comme un certain repli sur soi peut survenir au décours de l’hyperacousie. On imagine les conséquences en descente de trip. Il est difficile de parler plus précisément des conséquences chez les fumeurs de crack, injecteurs de coke, et autres tapeurs de kétamine. Reste que, conjugués à l’usage de produits, ces forts niveaux de pression acoustique et leurs conséquences sur la physiologie pourraient expliquer, chez certains, les phénomènes de dépression et de repli sur soi dans les semaines suivant les périodes festives.

Enfin, le magazine Sono rend également un vibrant hommage à la prévention et, en particulier, au travail de Médecins du monde qui a insisté sur l’urgence de traiter d’autres problèmes plus brûlants. Il était donc normal qu’un de leurs anciens évaluateurs médical de terrain reste disponible pour relayer ces informations. Un travail plus fouillé (avec la collaboration du DrC, électroacousticien) sera bientôt disponible sur les interactions à connaître entre audition et produits.

Le kit de survie du teufeur

Quel est le minimum vital à amener en teuf pour ne pas avoir de mauvaises surprises et être pris au dépourvu.

– Un bloc de Post-it pour faire ses pailles soi-même. C’est ludique, et le papier a l’avantage par rapport aux pailles traditionnelles de ne pas risquer de couper nos fragiles muqueuses nasales. La paille doit être à usage unique pour éviter toute transmission du VHC. Le petit plus, c’est d’avoir de l’eau stérile pour se rincer le nez avant et après avoir sniffé.

– Des préservatifs. Ce serait trop con de passer à côté ou de faire sans. Le gel lubrifiant a aussi toute son utilité dans ces situations : il lubrifie le préservatif, évitant ainsi la principale cause de déchirure. De plus, la consommation de produit peut entraîner un assèchement des muqueuses vaginales chez la femme. Rappelons, à cet effet, qu’il existe un préservatif féminin encore sous-utilisé, alors que la grande majorité de ceux qui l’ont essayé en vante les mérites.

– Des sucreries pour éviter l’hypoglycémie.

– Des bouchons d’oreilles, surtout sur les teufs de plusieurs jours.

– Et de l’EAU.

La culture du tabac

A l’état sauvage il existe une soixantaine d’espèces de tabac dont le taux de nicotine varie de moins de 1% à 10% pour une variété sauvage chilienne
surnommée le tabac du diable. Mais le tabac cultivé est à 90% de la variété nicotiana tabacum, le reste étant de la variété nicotiana rustica. Le tabac est désormais cultivé dans le monde entier pour une production totale de 6 millions de tonnes/an dont une majeure partie sert à la fabrication de plus de 5000 milliards de cigarettes (dont 86 milliards seront consommées en France). *image plant de tabac En France, le tabac est cultivé sous haute surveillance ( les plants sont comptés ainsi que le nombre de feuille) et sa culture domestique n’est autorisée qu’à titre ornemental. 40 000 personnes vivent de la seule culture du tabac qui occupe 8300 hectares pour une production de plus de 25 000 tonnes.

Les semis s’effectuent début mars sous abri, et les jeunes plants sont ensuite transplantés dans les champs à mi-mai. Les plants sont ensuite étêtés pour obtenir de plus belles feuilles, seule partie de la plante utilisable pour la manufacture du tabac. La récolte se fait vers fin juillet, elle est généralement mécanisée, sauf pour quelques variété de moins en moins utilisées.
Selon le mode de culture et les sols utilisés il est possible d’agir sur le taux de nicotine de la plante

Produire son propre tabac n’est pas chose aisée et c’est interdit. Mais c’est néanmoins possible. La récolte nécessite des connaissances et le plus dur est d’obtenir un produit final propre à la consommation. Certaines variétés produisent plus de 200 gr de tabac sec par pied. Il existe un site internet très complet à ce sujet, offrant informations, graines et plan pour se bricoler son séchoir à tabac (www.seedman.com).

Tabac et réduction des risques

Modes de consommation

Si la façon la plus commune de consommer le tabac est de le fumer, on peut également le chiquer, le sucer ou le priser. Alors évidement vous hasardez pas à chiquer votre paquet de goldos ou à sniffer les camels de votre frangine. Le tabac doit être préparé pour être ainsi consommé. L’avantage est qu’on peut consommer partout sans gêner personne mais priser provoquerait des cancers des fosses nasales et chiquer des cancers de la bouche! Satané cancer, toujours en embuscade, prêt à nous tomber dessus dès qu’on dégaine un brin de tabac. Cependant le » tabac à sucer », en fait des gommes à la nicotine auraient démontré une certaine efficacité à faire décrocher de la cigarette.

En Suède le « snuss » est consommé par des millions de personnes et le pays a le plus faible taux de cancer de l’Europe. L’effet du « snuss » est décrit comme plus stimulant qu’une cigarette, et il est parait-il plus difficile d’arrêter. Une sorte de méthadone du tabac? Mais pas de bol le « tabac à sucer » est interdit en Europe, la Suède ayant obtenu seule une dérogation pour son snuss. Mais rien ne vous empêche (si ce n’est le bon sens!) de mastiquer vos patchs à la nicotine… ou plus raisonnablement d’en acheter via internet

Modes d’action

Fumer provoque une absorption très rapide ( moins de 5 secondes) dans le sang du principe actif du tabac la nicotine. L’effet est un peu plus lent quand il est chiqué ou priser. Un des principaux problème du tabac vient du fait qu’on le fume en général. Et inhaler de la fumée – quelle qu’elle soit – ne peut être bon, c’est du pur bon sens. Mais avec le tabac, ça se corse. La combustion d’une cigarette entraine la libération de plus de 4000 produits chimiques dont 50 cancérigènes, et ce sans compter les nombreux additifs que ne se privent pas d’utiliser les cigarettiers.
La nicotine, principal alcaloïde de la plante elle, est responsable de l’addiction et des effets du tabac. La nicotine est en réalité un poison des plus puissants. Une vingtaine de clopes infusées vous tue n’importe quel bonhomme. La nicotine est aussi responsable de l’effet psychostimulant du tabac. L’effet est de courte durée, mais il augmente la vigilance et la capacité de réflexion. La nicotine a aussi un effet antalgique (elle facilite la libération des endorphines) un effet éveillant, un effet coupe faim et un effet antidépresseur. Contrairement à l’alcool, la nicotine n’est pas neurotoxique, enfin une bonne nouvelle!

Tabac et réduction des risques

Si on a pu en France réduire sérieusement les nuisances liés à l’usage d’héroïne, en instaurant une politique pragmatique de réduction des risque pourquoi ne pourrait-on faire de même avec le tabac? Mais il est bien difficile d’obtenir des informations à ce sujet. Recherchez sur internet les mots clé tabac, cigarettes , réduction des risques et vous reviendrez bredouille ou presque. Aucun conseils pour éventuellement modifier sa consommation, qualitativement ou quantitativement. Rien, nada. Ou tu fumes et tu n’es qu’un sagouin de toxicomane, ou tu arrêtes et retrouve l’estime de la société. C’est la loi de l’abstinence comme solution unique, ce qui devrait raviver les souvenirs (pas les meilleurs) de pas mal de nos lecteurs. D’après les spécialistes, la durée de consommation serait un facteur bien plus déterminant que la quantité quotidienne consommée.
Alors ça, ça m’en bouche un coin: moi qui était tout fier de de plus fumer que 10 clopes par jour au lieu de 40 on m’explique maintenant que ça ne sert à rien! Avec ce raisonnement quelqu’un qui fume 2 à 3 clopes par jour depuis 40 ans serait plus intoxiqué que celui qui se tartine ses trois paquets jour mais entrecoupé de périodes d’abstinence serait frais comme un gardon! Je me demande parfois si c’est vraiment le tabac qui nous intoxique… La façon d’inhaler est déjà à coup sûr un facteur déterminant: selon qu’on aspire plus ou moins profondément et plus ou moins longtemps modifie forcément le degré d’intoxication. Il est est aussi recommandable de ne pas fumer ses cigarettes jusqu’au filtre, les dernières bouffées étant les plus toxiques. Idéalement il faudrait les écraser à la moitié, mais vu la cherté du produit cette recommandation risque fort de tomber à l’eau.
C’est comme avec la poudre: quand elle est chère les usagers ont tendance à se l’injecter, quand les prix baissent ils la fument. Aujourd’hui les consommateurs de tabac un peu fauchés (genre jeune, chômeur, RMIste, smicard) se rabattent sur le tabac à rouler. Je ne sais si le tabac à rouler est plus nocif que la cigarette classique, mais il est en général fumé différemment: souvent sans filtre, et en rallumant plusieurs fois la même cigarette ce qui est très mauvais! Au rythme ou filent les augmentations, il sera bientôt moins couteux de fumer du cannabis que du tabac!
Un outil comme le vaporisateur pourrait être intéressant pour consommer du tabac, mais bye bye la fumée et c’est un peu compliqué de se balader avec un vapo dans la poche! Quant aux cigarettes prétendument sans additifs elles seraient tout autant nocives que les autres, tout comme les beedies, ces petites clopes indiennes un temps à la mode. Les spécialistes disent qu’il faudrait arrêter de fumer au plus tard avant 44 ans (pourquoi pas 45?) pour peu à peu retrouver l’ espérance de vie d’un non-fumeur. Mais ça vous l’entendrez pas souvent, c’est pas bon pour la prévention! De toute façon les il est déjà démontré statistiquement que plus on avance en âge moins on fume: entre 20 et 29 ans 49% des hommes fument, ils ne sont plus que 18% entre 60 et 70 ans.

JI Air ( ASUD JOURNAL N° 26)

Histoire du protoxyde d’azote (ou gaz hilarant)

Découvert vers la fin du XVIIIème siècle, le protoxyde d’azote attira l’attention grâce à ses propriétés analgésiques et anesthésiante. Le dentiste Wells fut l’un des premiers praticiens à l’utiliser pour arracher des dents sans douleur. Mais ce pionner abusa régulièrement du fameux gaz puis passa à l’éther et au chloroforme avant de ce suicider. A la fin du XIXème siècle, le philosophe et physicien, William James, s’exclama à propos du N2O : «voilà le bien et le mal réconciliés en une même hilarité !», sous l’effet du gaz. Il assimilait les effets à une experience religieuse qu’il qualifiait de «délirant ravissement théorique».

Durant plus d’un siècle, des forains organisèrent des séances collectives d’inhalation de gaz hilarant. C’est une attraction courue : des gens respiraient ce fameux gaz et se donnaient en spectacle en titubant avec l’air hilare.
De nos jours, le protoxyde d’azote, principalement utilisé en médecine, est associé à de l’oxygène, pour favoriser les accouchements difficiles. Les dentistes s’en servent peu en dehors de certain pays de l’ex-URSS. Il est également utilisé dans l’industrie alimentaire, et les bonbonnes de chantier débitées à 1€ le ballon dans les teufs peuvent s’avérer une affaire juteuse.

Protoxyde d’azote (N2O) et réduction des risques

A doses élevées et répétées (des dizaines de prises sur plusieurs jours), le protoxyde d’azote détruit l’acide folique et la vitamine B12 et peut endommager la moelle épinière. Il est donc recommandé aux aficionados de compléter leur alimentation par des suppléments de cette vitamine notamment en cas de régime végétarien.

De plus, le gaz très froid « gèle » les muqueuses et les poumons s’il n ‘est pas mélangé avec un peu d’air chaud expiré. Il est déconseillé d’en consommer après avoir mangé : il peut provoquer des nausées. Il peut s’avérer réellement dangereux pour les personnes souffrant d’anémie ou d’hypertension. Il semblerait qu’il puisse y avoir un risque pour le fœtus, en cas d’abus chez les femmes enceintes.

A éviter également en descente de speed. Il peut susciter angoisse et palpitations. Il semblerait qu’une hyperventilation préventive durant une minute soit une mesure de réduction des risques qui permet, en plus, de mieux profiter des effets.

Si vous en consommez, adoptez de préférence une position couchée ou assise. Ensuite, aspirez un peu d’air avant de respirer les trois-quarts du ballon. Ressouffler et aspirer le gaz dans le ballon. Garder le tout. Ressouffler et aspirer à nouveau avec le haut des poumons.
Attention : se brancher avec un masque sur une bonbonne peut occasionner des dommages cérébraux irréversibles. Laissez se vider une grosse bonbonne dans un lieu clos (tente, pièce fermée) en a déjà mené quelques-uns au cimetière pour cause d’asphyxie.

Le témoignage d’un lecteur d’Asud

Depuis 28 ans je me droguais à l’héroïne, l’alcool, le tabac. Je passe sur une vingtaine de cures, autant à l’hôpital que sauvages. Je prenais du Skenan® à des doses dépassant le gramme. Il y a 4 ans que je cherchai à trouver une plante du nom de Tabernanthe Iboga…

J’ai essayé de voir des psys qui ne m’ont été absolument d’aucune aide, ils ne connaissent rien à cette plante et ne voulaient pas faire d’essai clinique. J’ai donc dû partir au cœur du Gabon où l’ on m’a donné l’iboga… et suis rentré chez moi à Angers… J’ai absorbé cette plante à 1h00 le 10 octobre 2002.

Au bout de 36 heures, je revenais à moi (pas de syndrome de manque, peut-être 10%) et 12 heures après ces 36 heures, j’étais sur pieds. Je passe les visions paradisiaques, la joie, les amis décédés que j’ai eu la très grande chance de rencontrer! Voilà, j’ai arrêté de fumer, de boire, de me camer. Cela fait 6 jours, et pour l’instant je n’ai plus aucun symptôme de manque. J’espère que ce témoignage en aidera d’autres à s’en sortir…

La cocaïne, c’est quoi ?

Nom chimique : méthyl-8-azabicyclo[3.2.1]octane-2-carboxylate de méthyle Surnom : coke, poudre, C, cc, caroline, neige, Statut légal : illicite, classée comme stupéfiant Histoire brève : Le conquistador Pizarro découvre l’usage de la feuille de coca par les indiens en 1533.En 1862, A. Nieman, scientifique autrichien découvre l’alcaloïde cocaïne.(voir Petite anthologie de la coca et de la cocaïne) Aspect : poudre de couleur blanche scintillante Catégorie psychotrope : Stimulant du système nerveux central Mode de consommation : injection intraveineuse, sniff, inhalation sous forme de crack Effet recherchés (variables selon les individus, le contexte et la qualité du produit): euphorie, désinhibition, sentiments de puissance, speed, coupe la fatigue.
La cocaïne provoque un flash puissant quand elle est injectée ou inhalée. Ce flash ne dure pas longtemps (10mn), et entraine une dépression. Pour contrer la dépression, l’usager est tenté d’en reprendre (c’est ce qu’on appelle le craving).Effets secondaires (variables selon les individus) : contraction des vaisseaux sanguins, une irrégularité du rythme cardiaque et de l’hypertension artérielle, crise de parano. Les facteurs de dangerosité selon le rapport Roques (1998) :

Dépendance physique Dépendance psychique Neurotoxicité Toxicité générale Dangerosité sociale
faible forte, mais intermittente forte forte très forte

Accoutumance/Dépendance : Forte accoutumance. Entraine une dépendance psychologique forte. Il n’existe pas de produits de substitution bien que des traitements soient à l’essai avec plus ou moins de chance.

Petite anthologie de la coca et de la cocaïne

2000 avant Jésus-Christ : premières traces de culture et de consommation de coca au Pérou. XII siècle : Dans la civilisation Inca, la coca, divin présent du dieu Soleil, joue un r(tm)le fondamental. Elle est utilisée pour ses vertus euphorisantes et stimulantes. Son usage est strictement codifié et ritualisé

1533 : A la faveur d’une sanglante invasion, le conquistador Pizarro découvre l’usage de la coca par les indiens. Après en avoir interdit l’usage pour des raisons religieuses, les Espagnols prennent le contrôle de sa production et de son commerce. La consommation est encouragée auprès des indiens dont ils ont fait leurs esclaves ; afin d’augmenter leur productivité

1862 : découverte de l’alcaloïde cocaïne par un scientifique autrichien A.Nieman.

1871 : Angelo Mariani, un chimiste d’origine corse, passionné de coca, commercialise le fameux  » Vin Mariani  » à base de feuilles de coca qu’il cultive lui-même dans sa serre de Neuilly. Succès international phénoménal pour le « vin des athlètes ». Des papes aux plus grands écrivains, tout le monde en consomme. Mariani est déclaré bienfaiteur de l’humanité.

1880 : Freud s’initie avec enthousiasme à la cocaïne. Il s’en sert pour soigner sa dépression et préconise son emploi pour soigner les morphinomanes et certains malades mentaux. Premier cas de morphino-cocaïnomanies.

1884 : les Dr Koller et Jellinek expérimentent avec succès la cocaïne comme anesthésiant pour la chirurgie des yeux. On découvre ses propriétés d’anesthésiant local, notamment sur les muqueuses. Le chloroforme est alors peu à peu délaissé au profit de la cocaïne.

1885 : Pemberton, un pharmacien américain met au point une nouvelle boisson à base de cocaïne: le Coca-Cola.

1887 : Freud reconnait s’être trompé et met en garde contre les dangers de la cocaïne, ce qui ne l’empêche pas de continuer à en consommer…

1893 : Chambard publie  » Les morphinomanes  » et décrit les nombreux cas de morphino-cocaïnomanie. Certains prennent plus de 10 grammes de cocaïne par jour.

1902 : 1ere fabrication de cocaïne entièrement synthétique.

1906 : suppression de la feuille de coca dans le Coca-Cola

1908 : sous l’influence de la cocaïne, Stevenson écrit en 6 semaines « Dr Jekyll and Mr Hyde ». Une allégorie sur les méfaits de l’abus de cocaïne. A la même époque, sous la plume de Conan doyle, Sherlock-Homes résout ses énigmes en se badigeonnant les narines avec sa fameuse  » solution à 7% « .

1910 : début d’une grande vague de cocaïnomanie en occident. Jusqu’à 80 000 cocaïnomanes à Paris ! Certains perdent le contr(tm)le de leur vie et meurent complètement fous. Souvent associée à la morphine, l’abus de cocaïne commence à être considéré comme un problème social, ce qui permet de passer sous silence les ravages de l’alcool . On parle de  » pire fléau de l’humanité « .d’autant plus que ce sont les Allemands qui fabriquent la cocaïne et que l’ombre de la guerre se profile à l’horizon.

1915 : pour détourner les français des scandales liés à la guerre, les parlementaires  » répondent aux invitations de l’émotion publique  » en déposant un projet de loi réglementant l’usage et le commerce de la cocaïne.

1916 : en France une loi est votée pour tenter d’enrayer le déferlement de cocaïne allemande sur le territoire.

1925 : Le petit Journal mène une campagne hystérique contre la cocaïne :  » reine de l’épouvante , de la mort…. »

Années 20, 30 : on assiste à un foisonnement de livres, textes et chansons sur la  » captivante coco  » ou  » l’universelle idole « . Toutes les putes de Montmartre et de Montparnasse en consomment. Les femmes consomment plus que les hommes. Aux USA, le Jazzman Cole Porter chante  » Some get their kick from Cocaïne « . En Russie, la coke est moins chère que le pain. Les plus pauvres s’en servent pour tromper leur faim. Au Pérou et en bolivie, la production est de 15 000 tonnes alors que les besoins pharmaceutiques mondiaux se contentent de 500 tonnes.

1935- 40 : l’usage de la cocaïne passe de mode, la prohibition montre ses dents, le nombre de cocaïnomanes chute

1970- 1980 : début d’une nouvelle vague de cocaïnomanie aux USA, puis en Europe. En 1980 on estime à 25 millions le nombre d’américains ayant déjà consommé de la cocaïne. L’héroïne est détr(tm)née.

1974 : on parle de « free-base » en Californie.

1983 : apparition du « crack » aux Bahamas.

1984 : à Paris la coke sort des appartements de la jet-set et descend dans la rue. A l’Ilot Ch‰lon, qualifié de « supermarché de la drogue » , les dealers proposent héroïne et cocaïne.

1986 : année du crack aux USA. L’Amérique découvre avec effroi les ravages de cette drogue. La CIA finance l’armement des fascistes Nicaraguayens en faisant du trafic de Coke.

1989 : après les USA, Londres le crack débarque à Paris. L’Ilot Ch‰lon fermé, la ligne 9 du métro parisien est investie par les dealers, les médias s’affolent. Aux Antilles et en Guyane, le crack envahit les quartiers populaires.

1992 : un marché ouvert du crack ou  » caillou  » s’installe place Stalingrad à Paris. Chaque nuit plusieurs centaines d’usagers se rassemblent. La répression déplace le problème dans les ruelles du XVIIIe.

1993 : ouverture à Paris de « La Boutique », première structure qui accueille – sans condition- les crackers parisiens. Débuts timides de la « réduction des risques » en France.

1996 : une étude de l’Observatoire fra,nçais des drogues estime que 300 000 à 600 000 français consomment de la cocaïne.

1997 : La consommation d’héroïne est en baisse mais l’usage de la cocaïne explose.

ASUD Journal N°51 : Dopage à tous les étages

ASUD Journal n°51 Spécial Dopage sort le 7 janvier.
Découvrez le sommaire du numéro :

L’Observatoire du Droit des Usagers est en ligne

Depuis longtemps, Asud travaille dans le cadre de la loi du 4 mars 2002, dite « loi Kouchner », pour relayer des problèmes de prise en charge des usagers de drogues.
Afin d’officialiser cette action, nous avons obtenu en 2007 un agrément national pour représenter les patients accueillis dans les structures de soins et, le cas échéant, pouvoir porter leurs intérêts en tant que personne morale.

Jusqu’à aujourd’hui, nos actions restaient ponctuelles, individualisées et uniquement fonction de la résolution de problèmes concrets : trouver un autre centre en cas de conflit (refus de prescription ou divergences sur les posologies) ou réorienter vers des partenaires situés dans d’autres zones géographiques (au hasard : Paris).

Le projet « ODU » est plus ambitieux : il s’agit d’organiser la remontée de ces informations au bénéfice d’une optimisation de la prise en charge. Une page web dédiée va permettre aux usagers de formaliser clairement leurs problèmes grâce à une liste de rubriques déjà inscrites. Pour mieux comprendre, faites un clic.

Cet outil a le mérite de pouvoir être utilisé à distance et repose sur la synergie que nous souhaitons mettre en place avec les acteurs du soin et de la réduction des risques. Notre but est d’utiliser ce nouvel espace au service de la médiation entre les usagers et le système de prise en charge, pas de renforcer les facteurs de confrontation, , alors que la grande majorité des soi-disant malades sont souvent des consommateurs récréatifs.

Ce projet s’adresse à tous les usagers, ceux du secteur médico-social (Caarrud/Csapa), ceux du secteur hospitalier (Elsa, urgences…) et bien entendu, ceux de la médecine libérale. Nous avons l’ambition d’être une voie supplémentaire de résolution des problèmes posés par l’accès aux droits de ces patients un peu particuliers que sont les consommateurs de substances.

Concrètement, au-delà de la page web d’Asud, vous trouverez des affiches et des flyers indiquant l’existence de l’ODU dans toutes les bonnes salles d’attente. N’hésitez pas à les mettre à disposition de vos ami(e)s, maris, femmes, voisins, voisines, l’ODU est à la disposition de tous ! Cet outil en ligne vous permettra de communiquer directement avec nous sur la qualité de votre prise en charge.

Nous comptons sur votre mobilisation dans l’ensemble du projet, sachant que vous pouvez décliner votre implication tant sur le plan local que régional, voire aussi au niveau national. Si l’observatoire vous intéresse et que vous désirez vous y impliquer, connectez-vous sur la page ODU.

Une action mise en place par Asud en partenariat avec Aides et la Fédération Addiction, avec le soutien de la Direction générale de la santé (DGS, Bureau des pratiques addictives).

© 2020 A.S.U.D. Tous droits réservés.

Inscrivez-vous à notre newsletter