Protestation devant les ambassades de Russie, le 1er décembre 2011

écrit par ASUD, le 01-12-2011

Une catastrophe sanitaire et humanitaire se déroule actuellement en Fédération de Russie. Dans la plupart des pays développés, l’épidémie de sida chez les usagers de drogues a fortement diminué grâce à la mise en place de programmes de réduction des risques validés par l’expérience, comme les traitements de substitution aux opiacés et l’échange de seringues. Des recherches scientifiques montrent que la plupart des pays européens ont réussi à contenir et à réduire le nombre de contaminations par le virus du sida chez les usagers de drogue (moins de 5% des nouveaux cas de sida).
En revanche, en Russie, le refus idéologique d’appliquer de tels programmes, a provoqué une pandémie telle qu’on estime à 37,2% le taux de séropositivité chez les 1,7 millions d’injecteurs (dans certaines régions ce taux peut atteindre 75%).

Le 1er décembre, Journée Mondiale de lutte contre le Sida, l’International Network of People Using Drugs (INPUD) et de nombreuses autres organisations locales soutenant les usagers de drogues, manifesteront dans le monde entier devant les ambassades de la Fédération de Russie, pour marquer leur solidarité avec les millions d’usagers de drogues victimes de cette situation inacceptable voir http://russianambassyprotest.wordpress.com/

Chaque année en Russie, une politique anti-drogue brutale conduit à des dizaines de milliers de toxicomanes à la mort ou à l’enfermement carcéral. Au lieu de prévenir les contaminations virales le gouvernement russe privilégie systématiquement les cures de désintoxication sous contrainte.

L’efficacité des programmes de réduction des risques pour réduire la transmission du VIH est reconnue mondialement et ils sont préconisés par les institutions internationales, dont l’ONUDC, l’OMS, et l’ONUSIDA.

En conséquence, le réseau international d’usagers de drogues (INPUD), adresse à la Fédération de Russie les requêtes suivantes:
Offrir aux populations les plus exposées à la contamination par le VIH ou le Sida des programmes de prévention, y compris de substitution des opiacés et d’échange de seringues pour les usagers de drogue par injection.
Remplacer la politique répressive et discriminatoire à l’encontre des usagers de drogues, par une approche scientifiquement validée et dans le respect des droits humains fondamentaux que sont : la liberté individuelle et la garantie du respect de l’intégrité physique et mentale des personnes, le droit à la santé et l’interdiction du recours à la torture, aux traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que l’abolition de toute forme de discrimination.
Arrêter la persécution des militants et des associations russes œuvrant pour l’instauration de mesures de réduction des risques respectueuses des droits humains.

Des manifestations le 1er décembre sont programmées dans le monde entier de 16h à 18h, heure locale, devant les ambassades de la Fédération de Russie à Londres, Stockholm, Berlin, Bucarest, New York, Sydney, Camberra, Barcelone, et Toronto.

A Paris, le rassemblement a eu lieu à 11heures le jeudi 1er décembre 2011, métro Rue de la Pompe ( ligne 9).

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