Ce qu’en disent les usagers du forum

écrit par ASUD, le 04-12-2011 Thème : TSO, Droits des usagers.

Des heures de galère

Mon médecin m’a fait une ordonnance et j’ai eu mon Subutex® après plusieurs heures de galère à faire plusieurs fois le tour de la ville entre les pharmacies qui n’avaient pas de Subutex®, celles qui en avaient mais fonctionnaient avec un certain nombre de traitements au Sub et n’en acceptaient pas de nouveaux, et celles qui théoriquement avaient du Sub mais actuellement plus en stock. Mais pour compenser, j’imagine qu’aujourd’hui est ma meilleure journée depuis très longtemps, une journée que je ne passe pas à penser à l’héro et à être tiraillée entre les deux extrêmes : qu’est-ce que j’attends pour en reprendre, et horreur plus jamais ça. Fin bref, désolée si je raconte un peu ma vie, mais c’est difficile de se faire autant jeter d’un peu partout dans la même journée.

Chrisalyde

Pharmachien

Juste un mot par rapport au Stéribox : quand c’est pas des regards dégoutés ou des réflexions plus que désagréables, c’est la pharmacienne qui beugle « ils sont ou les Stéribox ? » à sa collègue devant tous les autres clients, histoire de te foutre bien mal à l’aise.

Il y a quelques années, avant que je passe sous substitution, je passe chercher un peu de came. Comme d’hab avec ces deals, ça prend plus de temps que prévu. Une fois le truc en poche, je regarde l’heure : 18h30, je cours à la pharma la plus proche, située dans le centre bien bourgeois de ma ville. J’étais fringuée normal, genre petite étudiante (donc loin du style Bloodi). J’entre, le pharmacien, un petit vieux, me reçoit avec un « Bonsoir Mademoiselle », accompagné d’un charmant sourire. Je lui demande très poliment : « Bonsoir Monsieur, un Stéribox s’il vous plait. » Là, le sourire bienveillant se transforme en rictus pincé, et il me répond outré : « On fait pas de ça chez nous. Nous avons des clients respectables ici. » Je lui ai répondu que c’était inacceptable et dangereux, que je pouvais être contaminée… Et là il me répond : « Tu l’auras bien cherché ! De toute façon, j’en ai rien à faire. C’est pas mon problème. » J’allais continuer à argumenter tellement j’étais choquée. Mais il me dit « Maintenant, tu sors d’ici ou…», en faisant mine de prendre son téléphone pour appeler les flics. Je pense pas qu’il l’aurait fait, mais il avait sûrement envie d’impressionner les vieilles grenouilles de bénitier présentes dans la pharma et qui me regardaient comme si j’étais en train de les contaminer par ma présence. Je me doutais bien qu’il n’avait aucun droit de faire ça. Mais vu que j’avais de la came sur moi, que toutes les pharmas allaient bientôt fermer et que j’étais déjà en manque, j’ai filé sur une autre pharma. J’ai bien compris que pour lui, je ne faisais pas partie de sa « respectable » clientèle. Mais vous avez aussi sûrement remarqué que ce « pharmachien » est instinctivement passé au tutoiement, histoire de bien me faire comprendre que j’étais une sous-merde qui ne méritait pas une quelconque politesse.

Minirach

Il m’a jeté l’insuline par terre

J’ai beaucoup fréquenté les pharmacies, j’ai rencontré très peu de gens « sympa » mais c’est arrivé… J’avais même un pharmacien qui, même si son officine était bourrée à craquer, prenait toujours le temps de discuter avec moi un bon moment… Ce gars m’a beaucoup aidé, mais combien de fois je me suis retrouvé face à des enfoiré(e)s qui en plus me toisaient de haut, comme si je n’étais rien d’autre qu’un chien… Je me rappellerai toujours d’un soir où, arrivant chez un pote qui avait de la came et qu’une seule seringue pour sa femme et lui, je suis parti sous la pluie à 1 heure du mat’ pour rejoindre le centre ville (il habitait une banlieue de Strasbourg). J’ai trop galéré pour trouver une pharmacie de garde et quand je suis arrivé, le gars m’a demandé 22 francs à l’époque (5 francs une seule seringue à insuline et 17 francs de tarif de garde). Je n’avais que 10 balles sur moi… Au début, le mec n’a rien voulu entendre. Je lui ai fait mon « baratin » mais que dalle, il avait vraiment envie de m’emmerder… Finalement, j’ai commencé à faire la manche devant la pharmacie, vu l’heure, j’attendais les gens qui s’pointaient pour acheter des médocs. J’ai galéré comme ça presqu’une heure, à ne penser qu’à une seule chose, le pet que j’allais m’envoyer… Au bout d’un moment, j’ai même eu peur que ce con n’appelle les flics. J’suis parti cacher ma bonbonne et suis revenu… Devant l’insistance de ma démarche (sachant que l’autre pharmacie de garde se trouvait de l’autre côté de la ville), il a finalement compris que je ne lâcherais pas prise. Savez vous ce qu’il a fait ce fi de pute ??? Il m’a jeté l’insuline par terre… sans même me demander les 10 francs que j’avais et en marmonnant un truc du genre « tiens et crèves-en !!! »

Sativa

Sans me regarder

Samedi, je suis passée à la pharmacie comme souvent pour chercher mon Sub… La première fois que je suis allée dans cette pharmacie, c’était une grande première fois et pour moi, première prescription, et pour eux, première délivrance. Avec le pharmacien, ça c’est bien passé, on a appris ensemble…. Avec les autres, ça été plus dur mais je ne suis pas le genre à me laisser marcher dessus. Enfin d’habitude, et le mépris je ne supporte pas, alors je les ai remballés. Tout allait bien…

Et puis samedi, la semaine avait été longue, j’étais fatiguée… Redescente d’héro et des difficultés à équilibrer mon Sub… Je suis tombée sur une nouvelle pharmacienne, charmante de prime abord. On discute carte Vitale le sourire aux lèvres… Puis le pharmacien lui explique comment on fait avec « ce genre de traitement ». Ils passent derrière, et il lui montre où inscrire mes coordonnées, les photocopies à faire… Et oui, le Sub est un produit vénéneux… Mais il lui explique surtout dans quel cas on le prescrit…

Il a fallu que j’attende dix minutes devant mon comptoir qu’elle revienne après discussion avec une autre pharmacienne où leurs regards dans ma direction n’étaient pas discrets… Et là, elle refait une apparition devant moi mais sans me regarder. Elle me tend mon ordonnance mais sans me regarder, elle me demande ma carte mais sans me regarder, me la rend mais sans me regarder, elle me dit merci mais sans me regarder, elle me dit au revoir mais sans me regarder… Durant tout cet « échange », je l’ai fixée mais elle ne m’a pas regardée. Au fond de moi, je me disais, « dis-lui, demande-lui pourquoi elle rigolait avec toi il y a 5 minutes et que maintenant, elle ne te regarde pas ».

Mais je ne pouvais pas, je n’ai pas réussi, je ressentais mon intérieur se liquéfier, je sentais les larmes monter et je n’avais qu’une envie, que ça finisse…

Je suis sortie, j’ai marché quelques mètres et je me suis effondrée en larmes. Depuis quelques temps, avec la substitution, j’ai appris à gérer les regards de pitié, de supériorité, de méchanceté, de colère… Mais l’absence de regard… Ce jour là, c’était trop.

NaïV

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2 Commentaires

  1. Jean Emmanuel

    Bonjour,tous d’abord j’aimerai poussé un coup de gueule contre le cast de Reims,a l’époque j’ai étais très naïf j’avais 26ans dans la came depuis 2ans,mes parents à l’époque très inquiet se dirige vers eux et m’y envois.je trouve leur démarche dans un premier temps bien je me dis,c’est des pros ils savent de quoi ils parlent moi,je ne voulais pas de produit de substitution car dans ma tête je m’étais mis dans seul je devais assumer,le soucis c’est que je l’a shooté et j’étais plein d’abcès etc après mon premier rdv avec le psy l’assistante sociale et le médecin qui devant mon refus de prendre un substitut m’a lourdement conseillé de prendre de la méthadone le problème c’est qu’en plus de la méthadone sa était 4serestas 50/j un tercian 100mg atharax 100 à l’époque et du risperdal comment peut-on prescrire un traitement aussi lourd à un jeune qui a la base voulais se sevrer lui faire une telle,ordonnance de plus de 40mg de méthadone/jour elle l’augmente de 10 toutes les semaines pour finir à 120mg puis arrivé à 120mg me prescrit du depecot alors que je ne suis pas du tout bipolaire et du nordaz 15 mg de 67kg je suis montais 132kg,je ne pouvais plus rien faire j’étais un zombie ceci à duré 13ans et un jour j’en n’ai eu marre j’ai était voir un médecin de ville qui m’a fait suivre par un autre psy et fait arrêter tous ces médicaments les un après les autres et miracle plus j’arrêtais tous, plus la lumière du jour au fond du tunnel s’ouvrait.par la suite un amis qui était à bornéo m’explique comment lui à arrêtait la méthadone,par la méthode chinoise a arrêté j’explique à mon médecin qui lui est tous de suite d’accord pour la faire.je me lance en 9 mois je suis passé de 120mg à 20mg et sur 10semaines arrêt complet sa fait 3ans pour finir j’aimerais vraiment comprendre pourquoi un tel traitement et d’aussi lourdes conséquences à un jeune même des plus jeunes que moi et l’intérêt pour un cast d’assommer avec de tel médicament alors que j’étais partis la bas pour un sevrage pas pour une ordonnance aussi fourni,je sais que chaque cas est bien particulier ,mais chère médecin du cast de Reims écouté vos patients si la personne devant vous veut un sevrage écoutaient le surtout quand il est motivé je ne connaissais pas la moitié des médicaments qu’il m’avait prescrit pour finir j’ai perdu 15 sns de ma vie alors que des le départ tous sa aurait pu être évité ces médicaments ne sont pas à prendre à la légère j’espère que ce petit coup de gueule suivra merci d’avance

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  2. Fabrice Olivet

    Cher Jean Emmanuel

    il faut dénoncer ces pratiques sur notre Observatoire du droit des Usagers (ODU)
    http://www.asud.org/odu/

    et ne pas hésiter à citer NOMINALEMENT le médecin en question. Une procédure en direction de l’Ordre des médecins n’est pas à exclure avec e soutien d’ASUD qui est une personne morale qualifiée en l’occurence .

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