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Le chat du 10 décembre 2007, avec Bertrand Lebeau, est en ligne
Les actes des Egus3 sont disponibles aux formats pdf avec les compte-rendus des tables rondes sur le cannabis et la réduction des risques, les pharmaciens et les usagers, les drogues au féminin, les conseils de la vie social.Tous les mois, Asud tiens une chronique sur Radio Paris Pluriel, dans l'émission "Survire au sida.net".
Le journal d'Asud n°34 est dans votre boite aux lettres : avec les résultats de notre enquête sur les consultations cannabis, des articles sur l'iboga et sur le sterifilt...Enquête Asud/SOS Hépatites "Hépatites virales chez les usagers de drogues".
Vous pouvez désormais télécharger les résultats de cette enquête destinée à étudier la perception de l’hépatite
virale et de ses traitements chez les personnes infectées par le virus de
l’hépatite B ou C et consommant ou ayant consommé des drogues autres que le cannabis.
Enquete version longue
Premiers commentaires sur l'enquête, par Gerald Sanchez (paru dans
Asud Journal N°32)
Les dix derniers numéros d'Asud Journal sont disponibles en version pdf dans la rubrique Asud Journal
Souvent, quand on parle d'OD, on parle implicitement d'OD d'héroïne. Mais on oublie un peu vite que la coke provoque aussi des overdoses et des surdoses, beaucoup plus violentes (arrêt cardiaque) et souvent irrémédiables. Il ne s'agit pas de décrire les moyens de réduire les risques par rapport aux OD, un article étant déjà en ligne à ce sujet sur le site d'Asud. Les usagers nous racontent ici leur surdose vu de l'intérieur.... Et c'est parfois terrorisant.... Témoignages.
Encore là ce soir pour vous parler.
Mais hier j'étais pas loin de crever.
Shoot de coke apres avoir tapé 2 g de forte rotter x came au long de la journée + 1 rivotril pour les nerfs.
La cc, végé de bonne qualitas, j'avais un prit meuge offert par un pote hollandais.
1/3 dans la cuillere de ma steri, je melange melange .... j'obtiens un bon liquide transparent tendance jaunatre... j'envoie au début tout a l'air cool...
4 secondes bonne montée bien dure
6 secondes montée comme plusieurs pipes de crack, ca siffle comme jamais, apres merde quelque chose ne va pas panique à bord, la montée n'est pas normale, un vrai coup de gourdin, j'ai déconné que pasa ? trop de coke ? le melange ? la fatigue ? j'aurais ptet du me préparer en tapant quelques traits pendant la soirée... je peux pas tenir car poussée cardiaque au delà du réel... je commence à sentir un malaise physique bizarre et super fort, je ne sais pas quoi faire... je me sens partir dans le sol et comme si les murs me tombaient dessus... c'est comme un tremblement de terre, tout vibre !
Il est 02:00 du matin. J'étais reparti chercher des affaires dans un appart et j'avais fait le trajet tout seul, on m'attendais apres ailleurs. Je voulais faire ca tranquille. je me shoote très rarement je sais faire mais normalement c'est quelqu'un qui me fait ça... donc première en solo et première avec personne à mes côtés en cas de merde....
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Pierre Chappard
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Une question absurde à première vue, face à la multiplication et à la pérennisation des Caarud découlant de l'institutionnalisation de la réduction des risques. Plus personne – ou presque – ne regrette, en effet, le temps où la survie des programmes d'échange de seringues et des « boutiques » dépendait de financements multiples et précaires.
Au-delà de cette seule santé financière, c’est pourtant la philosophie même du dispositif qui pose aujourd’hui problème. Car quand la parole et l'accompagnement sur les produits et les usages disparaissent au profit des actes sociaux (CMU, RMI...), et quand la distribution de seringues est le seul lien qui subsiste entre intervenants et usagers, c'est tout le dispositif qui se vide de son sens. Et c'est d'autant plus dramatique, qu'à l'heure où la lutte contre le VHC s'enlise et où le message sur la seringue unique ne suffit plus, il faudrait accompagner les usagers au plus près dans leurs pratiques d'injection. Demandez donc à un intervenant ce qu'il y a dans un Kit+ et comment l'utiliser précisément....
Il ne s'agit pas de jeter l'anathème sur les Caarud, et encore moins sur leurs intervenants. Le problème est avant tout systémique et précède, pour partie, l'institutionnalisation de la RdR en 2004. Dès la fin des années 90, les conditions d'entrée « bas seuil » des boutiques ont, en effet, favorisé l'afflux d'une population d'usagers de drogues très précarisés. Demandeurs de services sociaux et d'aide à la survie, ces derniers avaient tout à perdre à parler de leurs consommations. Et les intervenants, trop occupés à palier les insuffisances du système de droit commun, ont été débordés par les demandes et l’engrenage de l’urgence et de la précarité. La parole et l'accompagnement sur les consommations se sont alors insidieusement délités tandis que, se bornant à évaluer le nombre de seringues distribuées et les files actives, les autorités incitaient à faire du chiffre....
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Pierre Chappard
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Dans les années 80, les usagers de drogues utilisaient massivement la codéine pour pallier le manque entre 2 prises d'héro, principalement sous la forme des célèbres petits cachetons verts de Néo-Codion®. En 2008, plus de dix ans après l'avènement de la substitution officielle, certains continuent à en consommer de manière non négligeable. Néo-codion®, Codoliprane®, Tussipax®..., petite enquête chez les UD sur ce qu?'apporte aujourd'hui cette particularité française qu'est la vente libre de codéine.
Lila a 40 ans. Dans les années 80, elle utilisait les Néo entre 2 plans came, en les faisant «si besoin, monter avec une Pelforth brune». Quand elle a «voulu arrêter la came en 1991», elle s'est naturellement tournée vers les Néo-Codion®, «d'abord à 20 par jour, puis en diminuant progressivement jusqu'à 5 par jour en 2 prises depuis plus de dix ans». Lila fait partie de ces nombreux consommateurs de Néo-Codion® actuels. Plutôt la quarantaine, plutôt insérés, ils ont arrêté la came avec les Néo avant la mise en place des traitements de substitution. Et ne voient ni l'intérêt « d'en chier pour arrêter complètement », ni celui de passer aux traitements de substitution officiels, une «régression dans l'addiction», car ils ajoutent une dépendance au médecin prescripteur à celle du produit. Pouvoir acheter de la codéine en vente libre, c'est s'affranchir de cette dépendance institutionnelle. De plus, souvent loin de la consommation de produits illicites, ces consommateurs ne se reconnaissent pas dans l'image de «drogué» véhiculée par les TSO. La codéine leur permet de « banaliser » leur dépendance, de la rendre plus lisse, et de mettre de la distance par rapport à cette image.
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Pierre Chappard
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C'est une nouveauté sur le site d'Asud. Chaque mois, un sujet différent sera traité et illustré à par les messages des personnes du forum.
L'avénement d'Internet est une véritable aubaine pour les UD. En effet, l'anonymat relatif du web les protège de la loi de 70 et ils peuvent reprendre la parole sur leurs consommations et leurs usages. Ainsi, avec la mise en place du forum sur Asud.org, ils ne s'arretent plus de témoigner et de raconter leurs histoires de vie !!
Pour commencer cette série, Asud a choisi un sujet brulant : le sevrage. Et pas n'importe quel sevrage, mais la fameuse cure NRA (NeuroRégulation Accélérée ) du Dr Waissman à 8000 euros en Israel.
Pour voir l'ampleur du phénomène, il suffit d'aller taper "héroïne" dans le moteur de recherche Google. C'est le premier lien (publicitaire) qui apparait. Et les français sont des dizaines à mordre à l'hameçon et à partir en Israel à la recherche du saint Graal de l'abstinence.
Le Dr Waissman propose une "méthode de dernière chance", pour sortir des opiacés en une semaine avec la nouvelle méthode NRA. Il promet 100% de réussite !!! Bien sur que ceci est une arnaque, n'ayons pas peur des mots (8000 euros pour une semaine sans compter les frais annexes). Car, bien sur, personne ne sort des opiacés en une semaine, même avec la nouvelle méthode NRA : si se détacher de la dépendance physique en une semaine est possible, pour la dépendance psychique c'est une toute autre histoire... Mais son succès vient d'une part du désespoir des UD et des familles suite à des rechutes nombreuses, et d'autre part, du fait qu'il n'y a pas d'unité spécialisée sur le sevrage des traitements de substitution en France et que les sevrages proposés ne sont souvent pas adaptés à la substitution mais à l'héroïne...
De plus, avec cette notion de "sevrage de dernière chance", c'est encore pire pour ceux qui replongent après cette cure, et qui sont de plus en plus nombreux à venir témoigner sur le forum. D'autant plus que ce fameux Dr, leur dit que ce n'est pas la peine de le recontacter si il y a reprise de la consommation...c'est sur qu'avec un tel discours, il a 100% de réussite....
Je vous laisse lire les témoignages édifiants :...
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Pierre Chappard
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Après la défense de l’usager de drogues citoyen, Asud s’était, ces dernières années, attaquée à la défense des usagers au sein du système de soins. Un combat qui vient de connaître sa première victoire avec l’attribution par l’État du statut officiel d’association représentant les usagers de drogues du système de soins.
Retour sur les processus et les idéologies sous-jacentes qui ont mené à ce changement pour éviter tout malentendu.
Quand on regarde de plus près l’évolution d’Asud ces dernières années, 3 dynamiques sociopolitiques entre en jeu :
– La réconciliation avec le système de soin. Dans le cas des opiacés, la substitution nous met d’office à la place d’usager du système de soins : nous devons aller voir un médecin pour obtenir notre traitement. Mais l’avènement de la substitution nous permet également d’avoir tout simplement accès à tous les soins, sans avoir à être sevré d’office.
Avec le développement de la réduction des risques, tous les usagers ont, par ailleurs, un accès facilité aux soins : les intervenants en RdR, médiateurs entre soignants et usagers, permettent à ces derniers d’intégrer le système de soins dont ils étaient auparavant « exclus ».
– L’addictologie et la pensée hygiéniste. Le médecin devient plus que jamais tout-puissant, et préserver son corps une obligation sacrée, qui prime sur tout, y compris parfois le bien-être. L’exemple du tabac, avec ses lois liberticides et la mise au ban de ses consommateurs, est un des avatars de cette pensée hygiéniste. Un sentiment renforcé par l’émergence d’un certain courant de l’addictologie, qui rend toute consommation suspecte, et tout consommateur (de drogues illicites ou pas) malade potentiel. L’hygiénisme rattrape les usagers de drogues pour les enfermer, non plus dans un statut de délinquants mais dans celui de malades.
– La loi de 2002. Suite aux abus constatés, notamment dans le système hospitalier, la loi du 2 janvier 2002 de rénovation sociale permet l’émergence d’associations destinées à représenter et défendre les droits des usagers du soin. C’est cette même loi qui vient de faire de nous des représentants officiels des usagers de drogue du système de soins. Un statut renforcé par le « Plan de prise en charge et de prévention des addictions 2007-2011 » qui parle, pour la première fois dans un document officiel, de « développer les associations d’autosupport : représentation, défense des droits et aide des usagers du système de soin ».
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Pierre Chappard
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