Étiquette : Témoignage

J’ai testé le traitement « Aviator » contre l’hépatite C

Traînant une hépatite C chronique de génotype 1b depuis un bon quart de siècle, elle fut inopinément diagnostiquée en 2003. J’ai suivi un premier traitement incluant un cocktail d’interféron et de ribavirine. Et une biopsie, pour faire bonne mesure. Ainsi qu’une quantité quasi industrielle de Doliprane®, pourtant assez nocif pour le foie. Au bout d’un an, le traitement semblait avoir réussi. Six mois plus tard, rechute. Rebelote en 2006, nouveau traitement avec les mêmes molécules. Et le même résultat. En 2008, mon médecin estimait qu’il serait inutile d’entreprendre le même traitement une troisième fois. Et me conseilla d’attendre l’arrivée de nouvelles thérapies. Une attente qui durera cinq ans.

En trois mois, le virus avait plié bagage

En 2013, j’aurais pu entamer un nouveau traitement, mais cette fois associant bocéprévir (ou télaprevir), interféron pégylé et ribavirine. À vrai dire, autant l’hépatite obérait tout projet à moyen ou long terme, autant l’idée de m’infliger l’infâme cocktail pendant un an ne me remplissait pas d’un enthousiasme délirant. Mais je pouvais aussi attendre six mois de plus et faire le cobaye pour une étude en cours. « Étude randomisée, en double aveugle, contrôlée versus placebo, visant à évaluer l’efficacité et la tolérance de l’ABT-450/r, de l’ABT-267 et de l’ABT-333 coadministrés avec la ribavirine chez des patients adultes présentant une infection chronique par le VHC de génotype 1 et ayant déjà été traités. » Coup de bol, je faisais partie du groupe n’ayant pas reçu de placebo.

En trois mois, le virus avait plié bagages, à raison d’un rendez-vous tous les quinze jours à l’hôpital. Les effets secondaires m’ont paru négligeables, comparés aux deux traitements précédents. Faut savoir qu’autour de 10% des patients ressentent de la nausée, de la fatigue et des maux de tête. Ça m’est arrivé aussi, mais très épisodiquement. Comme pour les deux traitements précédents, la prise de ribavirine entraîna une anémie, quelques problèmes mineurs aux poumons et une irritabilité exacerbée. Mais sans commune mesure avec l’agressivité incontrôlable que je ressentais les deux premières fois.

Mes perspectives se sont inversées

Autre différence : l’abstinence. En 2003 et 2006, les médecins avaient été catégoriques sur l’interdiction de consommer la moindre goutte d’alcool pendant les années de traitements. Et les fois où je me suis risqué à ignorer cette injonction, je le payais au prix fort les jours suivants. Pareil pour les médicaments autres que l’interféron et la ribavirine. J’avais des troubles du sommeil et étais dans un état dépressif, mais mon médecin d’alors ne pouvait me prescrire ni d’anxiolytiques ni de somnifères. Rien de tout ça pour le troisième traitement. J’ai pu continuer à prendre du Xanax® et à boire occasionnellement sans que ça me rende malade.

Mais c’est surtout sur le plan psychologique qu’il se passe quelque chose à la conclusion du traitement : alors que j’étais devenu un « aquoiboniste » chevronné, mes perspectives se sont inversées. Maintenant, mes envies se démultiplient plus vite que je ne peux les réaliser. Et ça, c’est vraiment grisant.

Je fume, tu fumes, nous fumons…

Planter le décor

Un couple, quadra pour Elle et quinqua pour Lui, et deux enfants âgés respectivement de 13 et 15 ans qui ne sont pas à Lui, mais à Elle. Une vie de patachon comme on dit, d’un emploi à l’autre pour Elle, le chômage mâtiné d’un brin de délinquance pour Lui… Bref, une famille ordinaire logeant dans un appartement trop petit pour eux dans un quartier populaire de Paris où les dealers stationnent à chaque coin de rue.

Quand bien même ils l’auraient voulu, ils auraient eu beaucoup de mal à dissimuler leur consommation quotidienne de cannabis, des cigarettes qui dégagent une drôle d’odeur et se partagent entre amis, parfois s’échangent contre quelques billets de banque. Il a bien fallu dès leur plus jeune âge leur expliquer qu’il s’agissait d’une activité condamnée par la société pour des raisons diverses qu’ils comprendraient plus tard, des propos qui éveillent de la curiosité chez tout adolescent normalement constitué et qui précèdent le discours concernant les dangers du cannabis sur un cerveau malléable… Un discours préventif, tenu en l’élargissant à d’autres substances telles que l’alcool, une drogue en vente libre et dont les effets sont dévastateurs à long terme.

Qu’ils touchent un jour ou l’autre et l’un ou l’autre à la « drogue », leurs parents s’y attendaient, espérant néanmoins que ce jour vienne le plus tard possible et que les enfants se tournent vers eux pour goûter au fruit défendu, l’occasion de les conseiller sur la manière de consommer propre (gare au tabac !) et sur les règles à respecter pour que le cannabis ne prenne pas trop de place dans leur vie.

Cet article a été publié dans le blog d’ASUD sur Rue 89 sous le titre Cannabis : elle et lui fument et soudain, leurs ados s’y mettent.

Ne jamais faire confiance à un ado

Un matin, Elle reçoit un appel du collège où l’aîné de ses garçons poursuit des études chaotiques. Le proviseur, qui refuse de lui dire de quoi il s’agit, l’invite à venir d’urgence à son bureau. Craignant qu’il ne soit arrivé un malheur à son garçon, elle se précipite et apprend (ouf !) que ce dernier (aïe !) a trouvé le moyen de se distinguer en essayant de vendre la beuh qu’il leur avait subtilisée.

Un coup de fil passé en douce du bureau du proviseur et voilà qu’Il panique et s’en va cacher ses provisions chez un ami. La mère n’a pas nié l’évidence devant le conseiller d’éducation : Elle et son compagnon consomment du cannabis pour des raisons qui les regardent. Leur grande faute – ou simple erreur, selon le point de vue qu’on adopte –, c’est de l’avoir laissé à portée de main des enfants, une erreur qui ne se reproduira plus. Il s’était déjà pris la tête avec Elle sur le thème : il ne faut jamais faire confiance à un ado.

Qu’auriez-vous fait à la place des parents ? Si vous ignorez tout de cette plante, si vous puisez vos informations sur le site « Parents contre la drogue » et si, dans votre tête, cannabis rime avec schizophrénie, sans doute l’auriez-vous traîné de force chez un médecin spécialisé, un addictologue comme on dit maintenant. Peut-être auriez-vous fouillé sa chambre la peur au ventre, par crainte de dénicher une boulette…

Eh bien ces parents-là n’ont même pas appelé « Drogues info service » dont on dit le plus grand bien, ils s’en sont pris à eux-mêmes et à leur manque de perspicacité. Quand le gamin (il avait 14 ans) est rentré tête basse, son beau-père l’a traité de petit con, lui a fait remarquer que sa conduite mettait en danger la cellule familiale, que plus jamais ils ne lui feraient confiance. Sa mère a abondé dans son sens et ils ont décidé que désormais, à titre exceptionnel, en tout cas jamais durant la semaine et s’il se comportait correctement, une petite tête d’herbe lui serait octroyée de temps à autre.

Cette aventure les a refroidis et obligés à adopter des ruses de Sioux pour planquer (et parfois oublier à quel endroit) leur provision de beuh. Comme tous fumeurs sérieux, ils redoutaient la saison estivale et s’arrangeaient pour mettre de côté de quoi satisfaire (à raison de deux maigres pétards par jour) leur toxicomanie. Aussi sont-ils restés comme deux ronds de flanc le jour où ils ont extirpé la beuh de secours (une variété millésimée) de sa cache spéciale et constaté qu’il ne restait plus que quelques miettes au fond du sac. Pas besoin de mener une enquête pour trouver le voleur qui a tout avoué et s’est justifié en disant qu’il n’avait pas su résister à la tentation… Que c’était trop bon.

Branle-bas de combat : cet ado, si l’on s’en tient aux critères en vigueur, a un problème avec le cannabis. Il lui arrive de fumer seul et il est capable, tout brave garçon qu’il soit par ailleurs, de dévaliser les précieuses réserves de ses parents. Une consultation dans un centre pour jeunes drogués en détresse s’imposait, non ? Ce n’est pas la solution que choisirent ses parents, réalisant que le cannabis l’aidait à calmer la détresse et la colère qui bouillonnaient en lui à la moindre contrariété.

Un cannabis social club familial ?

Ils n’en pouvaient plus de vivre à l’étroit et déploraient que la chambre des enfants soit devenue un coffeeshop fréquenté par leurs copains, des fils de bobos susceptibles de leur attirer des ennuis. Mais ils préféraient les savoir se droguer à la maison plutôt que dans la rue à la merci du premier contrôle de police venu, ce qui n’a pas empêché sa mère d’aller un jour récupérer le cadet dans un lointain commissariat de banlieue. L’inspecteur de police a été contrarié quand elle a dit, sans larmoyer pour autant, qu’elle était au courant de la consommation de son fils alors âgé de seize ans. Elle aurait pu, dans la foulée, lui expliquer qu’elle préférerait ravitailler son fils en cannabis et lui éviter de fréquenter des cités où le shit est coupé avec des produits nocifs et où lui seront immanquablement proposées d’autres drogues illicites, mais elle s’est tue.

Évidemment, chaque fois qu’ils le pouvaient, Elle et Lui rappelaient à tous ces ados que le cannabis n’est pas une drogue innocente, qu’il se marie très mal avec l’alcool, qu’il n’est guère compatible avec les études et qu’en le consommant, on risque de se retrouver avec un casier judiciaire, un handicap pour débuter une vie d’adulte.

La famille a enfin trouvé un grand appartement avec une chambre d’amis et lorsque l’aîné des garçons qui allait sur ses dix-huit ans a manifesté le désir de cultiver en intérieur, Elle comme Lui ont cherché des raisons de lui interdire cette activité agricole. Mais ils n’ont rien trouvé de pertinent, aussi ont-il décidé de partager les frais d’installation de la chambre de culture et le fruit de la récolte en deux parts égales, une pour eux et une pour leurs enfants… Une chambre d’amis, mais aussi une terrasse assez vaste pour accueillir une dizaine de plantes à partager selon le même principe que précédemment. Ainsi, ils éviteraient les cités, ses prix prohibitifs et ses herbes de piètre qualité !

Les enfants ont grandi, ils sont tous les deux majeurs et vivent à temps partiel chez leurs parents. En quelques saisons, Elle comme Lui sont devenus des cannabiculteurs expérimentés, et cette année, ils ont l’intention de reconsidérer le deal passé avec les enfants. Parce que c’est un travail journalier et que rarement ils leur donnent un coup de main, parce qu’ils ont l’âge de travailler et que la vie au quotidien devient de plus en plus dure, Elle et Lui ont décidé de prélever une commission sur la prochaine récolte afin d’améliorer l’ordinaire. Mais aussi pour éviter, preuve que leurs enfants ont un usage récréatif, qu’ils vendent à un prix « commercial » une partie de leur part au lieu de chercher du boulot… Et au risque de se faire pècho en pleine transaction.

Le témoignage d’un lecteur d’Asud

Depuis 28 ans je me droguais à l’héroïne, l’alcool, le tabac. Je passe sur une vingtaine de cures, autant à l’hôpital que sauvages. Je prenais du Skenan® à des doses dépassant le gramme. Il y a 4 ans que je cherchai à trouver une plante du nom de Tabernanthe Iboga…

J’ai essayé de voir des psys qui ne m’ont été absolument d’aucune aide, ils ne connaissent rien à cette plante et ne voulaient pas faire d’essai clinique. J’ai donc dû partir au cœur du Gabon où l’ on m’a donné l’iboga… et suis rentré chez moi à Angers… J’ai absorbé cette plante à 1h00 le 10 octobre 2002.

Au bout de 36 heures, je revenais à moi (pas de syndrome de manque, peut-être 10%) et 12 heures après ces 36 heures, j’étais sur pieds. Je passe les visions paradisiaques, la joie, les amis décédés que j’ai eu la très grande chance de rencontrer! Voilà, j’ai arrêté de fumer, de boire, de me camer. Cela fait 6 jours, et pour l’instant je n’ai plus aucun symptôme de manque. J’espère que ce témoignage en aidera d’autres à s’en sortir…

50 produits testés par ASUD pour son numéro 50

Pour le numéro 50 du journal, Asud a testé pour vous 50 produits. L’idée a germé lors d’un comité de rédaction particulièrement psychoactif. L’angoisse était palpable du fait de la dimension métaphysique de l’enjeu : Asud-Journal sort sa cinquantième édition et pas question de laisser passer l’événement dans l’indifférence générale.

La loi Evin ayant été enfermée aux toilettes, l’atmosphère s’alourdit, jusqu’à ce qu’une lumière étrange illumine le plus chéper d’entre nous. «  Alléluia, mes frères, dit-il entre deux transes mêlées d’hallucinations, et pourquoi pas un n°50: Asud a testé pour vous 50 produits ? » Un retour aux fondamentaux en somme. Le challenge était double : réussir à décrire une substance en quelques lignes sans enfreindre le fameux article L. 3421-4 du code de la santé publique qui punit toute incitation à l’usage d’un produit stupéfiant. Le tout en un paragraphe. Un vrai casse-tête, même pour notre équipe de journalistes gonzos archi-capés en drogues diverses. Outre qu’il a fallu puiser dans nos archives très privées, revisiter nos jardins secrets, se remémorer des «  premières fois  » pas toujours flatteuses pour l’ego, le flirt avec la présentation sous un jour favorable a rendu l’exercice périlleux.

Abstinence, usage, abus et dépendance sont les quatre piliers de la consommation. La loi impose l’abstinence, mais la réalité est constituée de millions d’usagers de drogues à l’image des lecteurs de ce journal. Pour ne pas devenir abusifs ou dépendants, ces consommateurs devraient bénéficier d’une culture de l’usage raisonnable, de la fameuse modération qui pour certains doit aller jusqu’à l’abstinence. Hélas, nous ne sommes pas égaux devant les substances.

Concrètement, notre fibre d’usagers militants s’est retrouvée prise en otage par la double injonction contradictoire qui est au cœur de ce journal : ne pas cacher le plaisir que chacun retire d’une prise de drogues, tout en dénonçant les ravages de la culture «  trash  ». Le ban et l’arrièreban de la milice Asudienne s’est pliée à l’exercice. Merci pour ce grand élan de solidarité psychotrope.

À vous de juger si le grand écart est réussi ou si nous manquons de souplesse.

Liste des 50 produits testé par ASUD à découvrir dans ASUD-Journal N°50 :

  1. 2C-I
  2. Absinthe
  3. Alcool
  4. Amphétamines
  5. Angry birds
  6. Banane séchée
  7. Caféine
  8. Cannabis
  9. (CBD) Cannabis thérapeutique
  10. Champignons hallucinogènes
  11. Cocaïne
  12. Crystal meth
  13. Codéine
  14. Datura
  15. DMT organique
  16. DOB
  17. Éther
  18. GHB/GBL
  19. Héroïne
  20. Huile de cannabis
  21. Iceolator hasch
  22. Kanna
  23. Kava Kava
  24. Kétamine
  25. Khat
  1. Kratom
  2. LSA (Hawaiian Baby Woodrose)
  3. LSD 25
  4. MCPP
  5. MDA
  6. MDEA
  7. MDMA et ecstasy
  8. Méphédrone
  9. Méthadone
  10. Méthoxétamine
  11. Morphine
  12. Noix de muscade
  13. Opium
  14. PCP
  15. Philosopher’s Stones
  16. Poppers
  17. Ritaline
  18. Rohypnol
  19. San Pedro
  20. Salvia Divinorum
  21. Solvants / Proto
  22. Speedball
  23. Subutex
  24. Tabac
  25. TMA-2

Messages de soutien pour une salle de consommation à Paris

Airaudi Pierre
Accepter la réalité et l’assumer, on pourra avancer.

Penavayre Gilles
Heureusement qu’asud est là pour faire avancer la rdr,le débat,la reflexion,et les idées reçues dans notre cher pays qui a bien 20 ans de retard sur ce domaine.Salut a vous et bon courage pour la suite…

Tigien carcasson Erik
Bonjour, Il n’y a pa

Seaborn Jean
pour la dignité humaine,pour la santé des udi et la santé de l’environnement;un salle de conso. à moindre risque est nécessaire et efficace

Ngo thi Phuong thao
salut dans la liste de soutien au projet de salles de consommations, il serait peut être opportun d’enumerer toutes celles déjà existantes en Europe comme dans le reste du monde en specifiant depuis combien de temps elles ont été mises en place…. par consequent,leur bien fondé salut à toute l’équipe

Juge Delphine
Se serait allre jusqu’au « bout » de la RdR et y mettre vraiment du sens en France, enfin!!!!

Passard Tony
en espérant que cela puisse aboutir dans et en dehors des caarrud…

Humann Pierre
il n’ y avait qu’asud pour faire une opération d’une telle …… intelligence … merci

Daamache Cédric
ces espaces de consomation sont de vrais outils de réduction des risqUEs lié a l’usage de drogue par la voie de l’injections car dans certains quartiers de paris il y a de grosse « scène » ouverte donc pour les usager les plus marginalisé-es ces salles leurs permetron de pouvoir au moins évitercertains problèmes sanitaire.

Vialaret Daniel et roselyne
Criminaliser et rejeter les pauvres, les précaires, les immigrés, les prostituées et les toxicomanes fait malheureusement partie du discours sécuritaire et trouve un écho de plus en plus favorable dans notre « beau » pays, « patrie des Droits de l’Homme ». En rejetant, en enfermant celui qui ne nous ressemble pas, « l’étranger », « le délinquant », « le drogué », « l’enfant violent », on efface du même coup sa propre responsabilité dans les politiques choisies. On préfère ne pas voir, ne pas entendre, ne pas écouter celui qui souffre et qui en se détruisant nous appelle au secours. On préfère ne pas savoir. On préfère juger, condamner et punir celui à qui la vie n’a pas donné les mêmes chances de réussite, les mêmes chances de droit au bonheur. La drogue est une violence faite aux corps – certains diront « violence choisie » – non, elle est ,malheureusement, pour certains, le seul « réconfort » pour apaiser leurs peurs, calmer leurs souffrances et « oublier » parfois les brutalités et les violences subies. Psychologie de bon marché ? Certainement, mais il en va de notre dignité d’homme d’apporter soins et compassion à celui qui est dans le malheur Les salles de la consommation permettront aux personnes en souffrance, au-delà de la consommation des drogues dans de bonnes conditions sanitaires d’y trouver écoute, réconfort et chaleur et ne seront pas seulement un lieu où « l’on viendra crever … proprement ».

Marechet Geraldine
Bravo pour cette initiative et espérons que celà fasse bouger les positions des politiques français qui ne sont encore que dans la repression et dans l’illusion qu’une société sans drogues est possible malgré les multiples exemples qui prouvent le contraire!!!!!!!

Lemrcier Yann
salut a toutes et a tous, yann au clavier, vous remerciera pas assez de toutes ces infos intéréssantes,pour moi biensur, et meme si des fois,j’aurais envi de tout stopper,mine de rien la drug fait partit de nous! bref je suis quand je peux vos mag’! tcho

Dumargne Patrick
Il est grand temps que les autorités cessent de faire obstacle à ce qui est plus qu’urgent d’entreprendre! Voici des années que nous attirons l’attention sur la nécessité d’un tel endroit…

Valera Gabriela
Le retour (en France) d’un débat très utile… il ne faut pas lâcher l’affaire!

Moutier Jabal
Lâchez pas l’affaire et merci pour tout.

Fizames Mathias
C est une bonne chose bien que l action est difficille a mettre en place alors un garnd salut a tous ceux qui y travaillent. Tchus. Mat

Gonzalez Clément
Merci Asud pour toutes ces années de lutte : grace a vous nous avons retrouvé notre dignité !

Kloufi Nathalie
je suis entièrement pour les salles de consommation mais pourquoi toujours sur paris? Et quand l’héroine thérapeutique sera t’elle disponible en france moi je prend de la métha depuis des années et le résultat est plutot navrant voila

Legendart Fabrice
Merci de tenter d’imposer une telle initiative en dépit de toutes les violentes réticenses, qui cristallisent toutes l’hypocrisie et la désinformation qui fait partie intégrante (depuis toujours hélas!) de la question des drogues et de leur consommation. Puisse ce nouveau combat houleux lancer enfin un vrai débat sur ce sujet et, il n’est pas interdit de rêver,déboucher sur une prise de conscience globale. Tenez-bon! Fab

Jacquemot Fred
La lutte continue…

Haas Aurélie
salut je suis ultra pour, même si mon assos ne s’est pas engagée avec vous, ce que je trouve, perso, très regrettable merci de vous investir comme ça sur ce sujet si sensible…! à bientôt et bon courage

Chemarin Isabelle
à Paris et partout ou on distribue des seringues !!!!!!

Couturier Maxime
au plaisir de collaborer avec ASUD !…

Regis Didier
Pour un droit des usagers et un devoir des professionnels

Favrel Patrick
On stimule les autres à signer et j’en oublie de signer moi-même Patrick

Laureys François
Il était temps

Lemay Séb
il le faut,ilest GRAND temps! BIZ SEB

Dran Cynthia
Autant que les consommateurs, nous avons besoin de vous… Merci pour ce que vous faites!! Cordialement

Roth Olivia
Protéger les toxicomanes, ce n’est pas autoriser la consommation de drogues. Ignorer un problème ne l’a jamais résolu.

Colle damotte Robin
Pourquoi a Paris? Partout surtout…

Bajon Jean baptiste
Je sais combien il est dure de ramer contre vents et marées mais ce combat de santé publique est juste et nécessaire. Continuez ! C’est par l’exemple (même de minorités) que la majorité comprendra combien il est important d’être acteur de sa santé, au delà des choix de vie qui sont multiples.

Deville Amandine
Courage…

Cheront Cécile
Le problème actuellement en Belgique, c’est qu’on ne peut ouvrir une salle de consommation que pour une période limitée dans le cadre d’une recherche. Après ce sera le retour à la rue, dans les appartements des copains de consommation, dans les squats, dans les caves, dans les ascenseurs, sous les ponts, en se cachant…

Goyaud Jocelyne
Au delà de la réduction des risques, il me semble important de réfléchir à la substitution sous sa forme actuelle et penser de façon plus concrète à l’héroïne médicalisée.

Poirier Leslie
Bon courage dans votre démarche qui risque d’être longue et difficile pour un résultat qui aurait du être mis en place des années auparavant !

Caron Cedrik
Je soutien cette action car je suis porteur d’une hépatite C

Clerc Julia
merci ASUD pour tout ce que vous faites/avez fait. Il y a quelques années, lorsque j’ai découvert ASUD journal, je croyais rêver. Si j’avais voulu en faire autant, je sais que les gens autour de moi m’aurait dit que vraiment je pense qu’à la drogue! alors merci du courage et de la détermination que vous avez eu. Dzy Mins, fidèle lectrice d’ASUD journal

Herail Bruno
A Paris et sur tous les territoires France et outremer.

Pérollier Isabelle
Pour avoir accueilli et hébergé sur du long terme, mon compagnon et moi-même, un jeune consommant de la drogue, nous avons pu voir le bienfait de commencer par l’accepter tel qu’il était, même si nous étions très inquiets de ses « séjours » dans la salle de bain. Au éducateurs qui nous ont contesté d’une manière virulente à l’époque, nous disant qu’on l’encourageait, nous pouvons répondre avec bonheur aujourd’hui que ce jeune homme non seulement n’a pas succombé à une overdose mais qu’il est bien sorti de sa dépendance, qu’il est transformé et épanoui… Alors oui, tout mon soutien pour des lieux dignes où la personne peut croiser quelqu’un sur qui s’épauler, il n’y a que la rencontre qui soit salutaire…

Thierry-antoine Jardin
bonjour un jour dans une salle d’attente je suis tombé sur un article d’ASUD qui parlait d’un ami d’enfance utilisateur d’hero dcd apres un demenagement . ça reste jusqu’a ce jour une dechirure pour moi , une perte immense . cette article le decrivait tellement bien ,et d ‘une maniere si vrai et humaine que depuis ce jour j’ai une grande estime pour l’ ASUD .

Smith Sinclair
Bonjour, Je veux vous remercier pour toutes les actions et prises de positions diverses que j’ai pu lire dans tout vos journaux… A titre personnel, vous m’avez surement evité moult poussieres et autres desagrements..! Courage, les droits des UD ne sont pas encore à leur « beau fixe » ^_^ Bonne continuation, Sinclair.

Ryser Boris
je peux vous fournir les informations des expériences suisses

Caen Gregoire
je pensai que ces structures qui ont prouvées depuis longtemps leurs utilités, nécessités et efficacité en terme de prévention des risques existaient déjà en à Paris depuis longtemps!!! Il est temps que les pouvoirs publics réagissent afin de rattraper le retard pour le bien de la santé publique!

Pierron Muriel
bravo ,et continuer a se battre c’est ce qu’il faut .faut vraiment que ca bouge maintenant..

Benabdeslem Mustapha
bonsoir a tous. une salle de conso est nécéssaire pour tout l’enverenment et pour l’interet de l’humanité.bon courage au delà.merci ASUD

Gagnon Mario
notre organisme soutien votre initiative et menons présentement la même démarche dans la ville de Québec. bon courage solidairement mario gagnon

Augarde Michele
ma fille est toxicomanes des structures plus a son ecoute l aurai eviter de sombrer si loib

Augarde Dominique
je suis toucher par le virus du vih j ai 50 ans et je vois ma filleul fleurter avec la mort; elle se shoote au skenan apres avoir subi la mort de son fil le viol de sa fille; et des tortures pysque et mental son salut elle l a trouver dan la drogue merde a c ette societe qui detruit les anges et ui les asservicez

Eley Paulin
En esperant ne pas voir ce pas que chez les autres! Merci pour vos actions !

Mesager Jeanne
enfin! pour tous les junkies, pour tous les gamins qui ne verront plus les mecs se shooter dans les cages d’escalier, pour tous les parisiens qui ne trouveront plus de steribox usagés dans les sanisettes, Merci!!!

Defay Nicolas
« Les mots sont la plus puissante drogue utilisée par l’humanité » Rudyard Kipling

Entzmann Yann
je vous soutient de tt coeur dans cette action, que les « têtes bien pensante » qui nous gouverne pense un p’tit peu plus a la rdr, et non a la répression sans cesse.

Fama Nathalie
j’espère que vous allez être entendu, quand on voit comment ses structures fonctionnent dans d’autres pays cela ne peut être que bénéfique pour le notre aussi. merci à vous pour l’aide que vous apportez à tous ces gens.

Gay Fabienne
bonjour il est important que des salles soient ouvertes en commencant par Paris ? bref il y a beaucoup de personnes sans abris ou autres qui consomme et n ont pas d endroits pr se faire des injections propres ce qui est imperatif pr consommer a moindre risques bref ns vs soutenons de toutes nos forces aurevoir bon courage et bonnes chances. fab ted.

Ermery Pierre
des années après le Platzspitz de Zuerich

Grieder Michael
Ce grand pas vers un respect des usagers de drogues restera dans les annales. Il ne suffit plus que cela se démocratise et se répende dans toute la france voir dans tous les Caarud!!!

Dupont Regis
et pourquoi qu’à Paris . Une salle par région? Departement?

Derambure Anne
Parce que le manque de bienveillance nous tuera tous plus vite qu’on ne le pense.

Kervarec Momo
c’est salle c’est accompagner, écouter, respecter…C’est de la prévention. C’est un endroit ou l’on pourrai sortir la tête du trou. je suis solidaire avec ses actions

Sartori Malou
comme quoi on arrive malgré les embûches on peut y arriver de tout coeur avec vous ! bravo !!!!

Guinoiseau Pierrick
heureux de votre action,il faudrait des salles dans de nombreuses villes.

Poulet Laurent
Il serait temps d’ouvrir ce genre d’accueil, à la fois pour décomplexer et pour se shooter cool et hygiénique.

Fouquoire Michel
il n’y a que le monde associatif pour faire evoluer aider aimer! de tous coeur avec vous Merci.

Noirot Matthieu
etant un ancien heroinoman, je trouve ca vraiment tres bien comme projet, deja pour la santé de l’injecteur qui sera dans un lieu sur et propre, et non pas dans un vieux squatt tout moisi ou j’avait l’habitude de le faire, et par la meme occasion cela leurs prouves qu’il ne sont pas seuls, et qu’il sont soutenue merci noirot matthieu

Vecchi Fabrice
C’est quand le contexte n’a pas l’air favorable qu’il est utile de crier haut et fort ces convictions.Merci(avec retard)pour nous tous..

Audinot Baptiste
Tout d’abord merci pour votre implication, pour ma part en faveur de la dépénalisation de l’usage de stupéfiant en tant que toxicomane à l’héroïne abstinent depuis plus d’1 ans, et ayant chopé l’hépatite C, je soutiens l’action de prévention et de distribution de matériel (je suis d’ailleurs étonné que cela puisse perdurer après l’interdiction du testing en teknival). Mais pensez vous réellement qu’une personne toxicomane et SDF de surcroit prendra la peine d’y venir à moins de se trouver à proximité? De plus, si nous prenions la peine d’aller dans des parking, ruelles ou squat, ce n’était pas juste pour échapper aux flics mais aussi au regard des gens! Il suffit de voire l’attitude d’une personne entrant dans un sex-shop pour imaginer la suite. Nous sommes suffisamment stigmatisé par notre consommation pour ne pas en rajouter (combien de sdf, y compris moi, n’ont jamais osé ou voulu se retrouver dans les centres d’hébergements…). Tout ca pour dire que je pense que la meilleure des solution restera d’aller sur le terrain car venir chercher une seringue est une chose mais assumer sa défonce dans une salle pleine d’inconnus en est une autre… Alors essayer pourquoi pas mais pour quel résultat et à quel cout…? C’était juste une réaction à chaud sans prétention, merci de m’avoir lu et bonne continuation pour enrayer ce fléau qui nous bouffe même après des années.

Helsens Guillaume
*

Blache Valentin
Le combat contre l’ignorance meurtriere et la morale capitalo-catho continue!!!

Paolo Marco
je suis pour une salle de consommation sur saint denis directement du vendeur au consommateur lol

Pesenti Alex
soyez assuré du soutien de l’ensemble de l’équipe de « première ligne » je me met à votre disposition pour tout ce qui pourrait être utile à votre action Alex

Rouet Caroline
bon courage !

Gueroui Abdel
un seul combat, le droit à avoir une place quelle soit debout, assise ou allongé le principale est de respecter la personne. Militant de l’ombre pour la lumière du précaire. A+

L’association Turbulences est une association de Marne-la-Vallée de lutte contre les discriminations, la solidarité active entre habitants et le vivre ensemble dans la diversité de nos modes de vie. Avec des travailleurs sociaux, l’association Turbulences a créé l’association Emergences Marne la Vallée qui porte aujourd’hui le CAARUD Nord Seine-et-Marne. Notre soutien à l’action « une salle de consommation à moindre disques à Paris » a fait l’objet d’un délibération du bureau de Turbulences. Merci pour votre initiative.

Gidon Gérard
Vive la légalisation

Sylvie
Il faut faire bouger les politiques ! Quand je vois la position du PS aujourd’hui sur la dépénalisation du cannabis par rapport à ce qu’elle était dans les années 80, il y a comme un gros malaise ! les jeunes cadres type manuel Valls sont de plusen plus fachos sur ce sujet !

Sakho
Vite des salles de shoot !

Korios Alex
merci, de survivre, et de continuer à la vie du drogué heureu.

Chossegros Philippe
bon courage

Derouiche Yacine
Infirmier

Chabry Jerome
Bien que n’ aimant pas les seringues (je pense que j ai vu trop d’ami(e)s avec) plus adepte au tout fumer, je conais une salle de consomation suisses qui accepte les étrangers et les 2 modes de consomations (shooter, fumer),se qui est très bien pour la rdr autant que pour le respect des riverains! je ne comprend pas que les politiques ne veulent pas franchir le pas (pour un probleme soit disant d’ hétique) tous le monde ne peut qu’y gagner. Félicitations pour votre acharnement et si je peux me rendre utile n’ésité pas a me contacter. Merci

Clerc Julia
merci ASUD! continuer votre combat, je vous soutien de tout coeur! il serait temps que le gouvernement et aussi tous les français comprennent l’intérêt et l’importance des salles de consommation et de la RdR en général !

Vesin Marc
je suis dans cette activité depuis 8 ans grâce à une politique avancée en suisse j’espère sincèrement que l’état va enfin prendre conscience de l’utilité de salle de consommation dans la réductions des risques liés à la consommation de drogues

Honore Laura
slt a vs en esperant ke tou ceci change les mentalites!!continuez comme ca c cool pour nous tous!!oi!

Dreux Xavier
amicale soutien et interet grandissant

Broneer Eric
Il serait temps !

Quilliou Mikael
Bravo pour votre combat. (Par contre le choix des meubles Ikea n’est pas compatible avec le bien être d’un lieu comme celui là). c’est de l’humour ou presque. Il était temps que des solutions nouvelles et différentes émerges en cela merci.

Parayre Manuel
Ouvrir les yeux sur les réalités sociales c’est commencer à régler ples problèmes. Cette salle de consommation est une évidence , ne pas l’ouvrir serait une négation des évidences.

Sartori Malou
Pour à fond !

Fabre Jérémy
Merci pour votre action.

Bonnin Frédéric
je trouve qu’il serait pas mal en france de s’adapter avec des salles de consommation comme il en existe beaucoup dans d’autres pays. Cela permettrait aux gens d’être en sécurité et aux usagers d’avoir des locaux adaptés à eux.

Genon Clotilde
Très belle initiative. Solidairement.

Saget Noé
big up a vous !!!!

Walch Guillaume
pour avoir vécu en suisse il y a quelques années , il est évidant que ces lieux permettent avant tout l’accès au soins , et l’orientation vers des solutions de traitements.

Mezenge Lucile
Bonne chance !

Chauveau Nicole
Mère de toxicomane et grand mère de trois petits enfants qui ont dû être « sevrés » à leur naissance, je suis convaincue que le problème de la toxicomanie n’est pas traité en profondeur et l’action « une salle de comsommation… » doit pouvoir être conduite rapidement.

Maurin Odile
Pour la réduction des risques

Hoggas Samia
La réduction des risques doit continuer de bousculer la société…

Kokoreff Michel
Félicitations pour cette excellente initiative !

Martin Benoît
merci de nous aider à sortir de la clandestinité & surtout merci pour eux. J’ai la chance d’habiter près de la SUISSE et d’avoir observé et vécu, de l’intérieur, l’évolution de la SPITZPLATZ, à la gare de LETTEN jusqu’aux « gassenzimmer ». Je pense être la preuve, puisque je suis encore en vie et séro-négatif, de la pertinence de ce type de structure. Il s’agit là d’un premier pas (de géant) mais il ne faut pas perdre de vue que pour les plus touchéEs l’héroïne médicalisée reste la seul chance de stabilisation gage d’une réinsertion sociale et professionnelle. un rescapé des années 80

Prouvost-keller Bernard
Il faut également se mobiliser pour avoir accès à un trt de substitution injectable. Les dégats liés aux injections de médicaments non injectables sont importants !

Schneider Eric
Les salles de consommation sont une évidence en termes de Réduction des Risques. Elles ne constituent ni une incitation à l’usage ni une banalisation des risques liés à l’usage. Bien au contraire l’accompagnement à l’injection permet des peatiques d’injection à moindres risques, et un travail sur le respect de l’environnement

Hollebecque Patrice
La Guerre c’est la Paix, La Liberté c’est l’Esclavage, L’Ignorance c’est la Force. – Georges Orwell – 1984 –

Guignard Jean françois
Soyons enfin pragmatique… sortons des représentations erronées qui ignorent les connaissances scientifiques et les évolutions cliniques en addictologie

Goybet Pauline
Gardez la pêche !

Ghehioueche Farid
Bonjour, Il faut en finir avec l’hypocrisie des lois anti-drogues. La réforme des politiques actuelles est urgente. La prohibition a des effets plus néfastes que les drogues elles-mêmes. La politique de contrôle des stupéfiants, bien que basée sur une idéologie moraliste et hygiéniste, est inhumaine. Sur ce point spécifique de la réduction des risques, et l’ouverture de salles de consommation à moindres risques de drogues, il est important d’envisager la distribution contrôlée d’héroïne – qui dans un cadre médicalisée pourrait être distribuée sans même froisser les conventions internationales. Alors, faisons-le maintenant avant de voir une nouvelle hécatombe, les derniers chiffres de l’OFDT à propos de la consommation de drogues « rares » en témoignent… Solidaire d’ASUD dans ce combat pour l’auto-support des usagers. http://cannabissansfrontieres.org Pour Cannabis Sans Frontières : Farid Ghehiouèche

Odde Aurélie
J’espère que cela aboutira.

Selleret Jean-baptiste
M. Apaire, ouvrir des SCMR n’est pas « baisser les bras » devant la drogue mais prendre en compte la réalité des usagers de drogue et leur offrir un premier espace de socialisation… le parcours de soin viendra s’il doit venir. Sortez de l’idéologie, passez à la reconnaissance de la réalité (idem pour les PES en prison). jb selleret

Rigaud Alain
En prolongeent de la décision du conseil d’administration de l’ANPAA, se prononçant favorablement pour l’expérimentation de ce type de salle en demandant qu’elle soit juridiquement sécurisée. Bien cordialement

Herran Eliane
En tant que médecin coordinateur de réseau addiction et médecin de CSST , je souhaite que les choses évluent en France et que l’on puisse compléter nos actions de réduction des risques dont l’impact favorable est indiscutable par un encadrement des « injections propres »

Audubert Jean françois
SCMR : Suite logique et indispensable de la politique de RDR.Il faut du temps aux patients pour s’en sortir…Il faut du temps au grand public pour comprendre et accepter.Les décideurs suivront.

Miltgen Philippe

je suis moi meme heroinoman depuis 10 ans ,ca serait tres bien pour les gens qui sont dans le besoin réconfort a la rue je suis a la frontiere luxembourgeoise et je vais tous les jours a la salle de consomation a luxembourg ville faire mes injections je vous soutiens a 100% MERCI

Travet Christophe
Il serai tellement plus simple qu’il y est un endroit pour les junkys, car c’est usant de tout faire en cachette ou dans les chiotes.

Lefevre Clement
merci; simple mot qui veux tant dire pour moi, j’aimerai juste avoir les avantures de bloody en bd reliée. tchao !

Zolotareff Jean pierre
vous pouvez mettre le Réseau PAS IDF qui gère plusieurs CSAPA et structures de lutte contre l’exclusion en IDF en tant que signataires associatif et professionnel et pas seulement en mon nom propre. Il s’agit d’une position de notre instituion que je représente en ma qualité de directeur général

Van aertryck Gilles
shooting room et /ou crack house? à la française et parisienne, j’étais à l’inauguration à Montpellier, et depuis … bonnes suites

Tamian Vanessa
en tant que bénévole dans l’association Keep Smiling(association lyonnaise de Réduction des risques en milieu festif),je pense qu’une salle de consommation à moindre risques est nécessaire…mais pas qu’à Paris.

Schaffauser Thierry
Je suis usager de drogues depuis ado. Laissez nous disposer librement de nos corps et nous droguer en securite. Merci aux drogues heureux de continuer la lutte pour en finir avec la prohibition et ses effets desastreux sur nos vies.

Rille Nicolas
continuez comme ça les gars!!! :)

Chevenier Jean-patrick
courage continuez continuons !

Daamache Cédric
les salles de consommation sont de la rdr a l’état pur sa se fait déjà ailleurs et sa y fonctionnes très bien et la consommation de drogues n’ont pas pour autant augmenter mais au contraire puis c’est un facilitant pour pouvoir entrer plus facilement en substitution de plus sa permet de « limiter la casse » chez certain ud bien marginalisé

Lepuil Vincent
je soutiendrais une salle de conso a paris ou partout en france cela permetra au usagers et personne qui s occupe de prevention de pouvoir dialogué dans des structure propes et encadré

Gingembre Jean-marie
Il était temps qu’une telle salle soit ouverte pour limiter la casse (ce qui me rappelle de vieux souvenirs de lutte) et rendre toujours plus efficace la RdR

Binaisse Marion
Un argument en faveur de la RDR (parmi tant d’autres) : la politique de RDR coûtera forcément moins cher à long terme (voire moyen terme) qu’une politique de répression qui engndrera des coûts plus importants en terme de soins,d’accompagnement, etc.

Clement Romain
bon courage!

Benabdeslem Mustapha
Salut mes camarades. Une salle de consommation à moindre risques dans une ville comme Paris,c’est comme une bougie dans l’obscurité.Alors peu d’éclairage mieux que le noir.Bon courage et plus de militantisme.cordialement.

Brachet Pascale
Longue vie à ASUD et bravo pour votre action

Rontet Jean-baptiste
Vous faites un boulot extraordinaire pour faire bouger les choses, mais il reste énormément à faire. Bien à vous, PEACE amigos !!!!

Kervarec Morwenna
Bravo Asud, je suis solidaire de votre actions.

Wattel Maxime
Bonne continuation

Bouju Clement
courage!!!

Bonnet Philippe
Il est grand temps d’ouvrir une telle structure. Les temoinages de structures similaire en Europe et reste du monde demontre qu’elles on leur place dans notre societe. Il est grand temps de s’occuper de la « population a risque » correctement. Pensons aux droits de l’homme!

Fortineau Cathy
Souhaite participer aux egus Merci Cathy l’ex bordelaise Ex volontaire AUDVIH Paris et ex vacataire rdr clinic liberté avec jimmy KEMFER

Ciaudo Sabrina
J’interviens depuis peu dans une structure d’acceuil trés bas seuil pour usagers de drogues. 70% des personnes que je rencontre quotidiennement vivent dans la rue ou dans des situations extrêment précaires. Mes connaissance en produits et rdr sont débutantes, toutefois, il ne m’a pas fallu deux jours de travail pour comprendre que la rdr commence (mais ce n’est pas tout bien évidemment) par proposer des conditions d’hygiene décente pour consommer d’où mon soutien à la mise des place des salles de conso. Merci de votre engagement.

Gerbier Jérôme
Vive la France……Avec seulement 24% des français qui considèrent les toxicomanes comme des malades et 84% pensent qu’ils sont dangereux alors je pense que c’est pas demain la veille….malheureusement.

Maillard Emmanuel
quelle évidence minimum…

Payelle Magali
bravo à toute l’équipe d’asud, votre respect,votre tolérance et votre action et remarquable. amicalement votre.

Lassabe Jérémy
à paris c est bien pour un début mais svp n oublier pas la province et les zones rurales …

Denis François
Il est temps que l’état se rende enfin compte qu’il vaut mieux pour la santé publique du pays pouvoir « gérer » la demande plutôt que livrer une guerre aveugle et inconsciente,car vouée à l’échec, à une offre qui ne cesse d’augmenter sa production, de se diversifier, de trouver de nouveaux moyens, pays ,réseaux pour écouler ses produits .

L’observatoire addicto 93 est une association constituée d’intervenants en addictologie dans le champ médico-social en Seine Saint-Denis. Y participe les CSAPA, CARRUD, des médecins généralistes impliqués en addictologie et des représentants d’usagers. Elle a pour principal objectif de contribuer à une addictologie de terrain de qualité et de proximité.

Linda Barrett
I support safe injection/inhalation rooms that help save drug users lives.

Muiltgen Philippe
je suis tres favorable etant un ancien toxicomane je trouve cet idée genial au moin il y aurait moin de seringes dans les rues et aussi moin d overdoses

Amsellem Julien
merci tout simplement d exister.. votre aide,même avec une simple exploration des forums de discutions m’apporte beaucoup..

Nicolas Anne sophie
il est fondamentale d’évoluer avec notre temps, de trouver des réponses cohérentes, pour la santé et le mieux etre de tous, les salles d’injection= réduction des risques

Baradji Founémoussou
Je pense qu’il est nécessaire de créer des Salles de Consommation à Moindres Risques et de lance le débat sur la Réduction des Risques en France, très bonne initiative de votre part. J’espère sincèrement que ça aboutira…

Achour Armelle
Autoriser des salles de ce type n’est pas encourager la consommation mais prévenir les risques qui y sont liés. Mieux vaut prévenir que guérir : nos anciens avaient un peu de bon sens, non ?

Elatmani Khady
Il est coutume de dire que la France aussi belle soit-elle, a toujours 1 train, voire 2, de retard. Même si c’est mal de copier en général sur les voisins, là il se trouve que c’est la chose à faire dans ce domaine. Le gouvernement serait-il vexé de ne pas avoir eu l’idée le premier? Est-ce si dur de ne pas savoir diriger le pays où la population est la plus contestataire du monde? Je suis définitivement certaine que nous sommes dirigés par des représentants qui ne NOUS connaissent pas!

Cohen Harold
Paris et partout où il y’en à besoin. . Fabuleux travail.Bon courage.

Hocquel Sabine
Pourquoi mon pays soi-disant celui de la liberté et des droits de l’homme persiste dans les préjugés les plus ignobles. Non assistance à toute une partie de la population en danger.Mécompréhension, obscurantisme, bêtise! Pour le progrès, OUI à l’ouverture des salles de consommation mais aussi de soins, au développement des structures d’accueils, d’écoute,des accès facilités à la substitution, des lits dans les hopitaux pour les demandes de sevrages.OUI à une communication sans aucun tabou dans les écoles et les médias! OUI à une vrai formation des personnels de la santé à l’approche de la toxicomanie! OUI peut-être un jour à la prescription médicale d’héroïne! Et enfin pour stopper l’hypocrisie, les traffics qui profitent toujours aux puissants et jamais aux pauvres usagers ni à leur entourage d’ailleurs: OUI à la dépénalisation de toutes les drogues pour un vrai accompagnement, une vraie prévention des risques!On peut toujours rêver… Merci à votre équipe! simplement merci pour tout ce que vous êtes et faites!Bravo!!

Dacruz David
NICE PEOPLE TAKE DRUGS

Anne
Comme d’habitude, la France est en retard par rapport à tous les autres pays d’Europe. De toute façon, c’est politique. Présenter ce dossier au moment même où le petit Sarko cherche à récupérer les voix d’extrême droite était soit complètement débile, soit très très malin.

Anne
Comme d’habitude, la France est en retard par rapport à tous les autres pays d’Europe. De toute façon, c’est politique. Présenter ce dossier au moment même où le petit Sarko cherche à récupérer les voix d’extrême était soit complètement débile, soit très très malin.

Andrin Marylène
Merci pour votre boulot…

Hemery Patrice
Les centres d’injection supervisés, ne semblent pas être d’actualité à la Réunion. Cependant cette démarche de réduction des risques m’apparaît être un outil précieux pour l’accès aux soins et la prévention des usagers de drogues par injection les plus vulnérables. Face au laxisme actuel du gouvernement qui préfère la politique de l’autruche, il est nécessaire que nous faisions front pour défendre la santé des usagers de drogues avec des outils de RDR éprouvés déjà dans de nombreux pays limitrophes de la France.

Guignard Jean françois
Je suis peut être « un peu loin » de vous par la distance , mais très proche sur les idées et dans le combat pour les faire passer.. Toutes mes militantes et solidaires salutations Guignard Jean François

Lafargue Yannick
on est en 2010 …croyez pas qu’il serait grand temps de faire qque chose pour ouvrir au moins dans les grandes villes des salles de shoot propres etc…omme à Genéve par exemple …!!

Jacob Sophie
Je fais du bénévolat au sein du C.A.A.R.U.D chez AIDES 57. Ca serait un grand pas de franchi si les salles de conso s’ouvraient chez nous.

Lanne Cécile
Les salles de shoot sont nécessaires dans le cadre de la politique préventive de réduction des risques de contamination lors de consommation de drogue, principalement chez les usagers précaires (qui s’exposent, par leur consommation dans la rue ou squatt, à contamination). Il paraît incroyable qu’on ne se rende pas compte, dans le gouvernement, de l’intérêt de ces structures. Alors que la distribution gratuite de kits d’injection, de préservatifs, de traitements de substitutions, etc semble entrée dans les moeurs, il n’y a pas de raison que les salles de shoot ne soient pas mises en oeuvre comme n’importe quel outil de réduction des risques.

Bocquet Lili
Si les SCMR avaient existé, peut être que Marion, Yasmina, Raphael, Mano et tous les autres seraient encore là… Alors pour que les usagers encore vivants le restent, IL Y A URGENCE, il FAUT mettre en place des salle de conso en France ! Un immense merci à Asud & co…

Lière Guillaume
Pour que l’accès aux soins et à la santé soit 1 peu – une vaste fumisterie. Pour tous les toxicos SDF, droit à la dignité. Enfin pour dire fuck aux lois de 1970 anti-drogues, pour enfin dire que oui 1 consommateur de drogues est un humain bien vivant… merci asud !

Santini Angélique
c’est important d’avoir ce genre de salles et pas qu’à Paris mais aussi en Province

Colombe Chappey
Ne reglons pas les problemes par des medicaments. Prenons des decisions de preventions aux maladies.

Kolacinski Pierre
Ex usager, aujourd’hui sous méthadone, je regrette amèrement que ces salles ne soient toujours pas établies dans le système sanitaire et social français … Un bon nombre d’amis n’auraient sûrement pas leur hépatite si on avaient pu en profiter plutôt que de squatter les cages d’escalier à l’aide de clef ptt et de devoir shooter en vitesse avec des fois 1 seringue pour 3 (et par chance, le jour ou l’un des 2 autre avait l’hépatite je n’étais probablement pas là…)

Rukavina Ante benoit
C’est un crime contre l’humanité de savoir et de pas pas agire quand il y a non assistance a personne en danger

Pons Christiane
pour moi la salle de consommation comme l’AAI sont des outils de réduction de risques, donc nécessaires

Dupuy Nadege
la vidéo support est parfaite.à quand une diffusion plus …large? merci

Courty Jeanne
c’est un fait qu’il vaut mieux que ce soit sous surveillance médicale plutôt que dans n’importe quelle condition.

Ziemann Patricia
marre de l’hypocrisie des responsables politiques

Debellefontaine Anne
Et bientôt « Une salle de consommation à moindre risque à Montpellier… »

Fortineau Cathy
A quand le subutex injectable ou sans amidon? Merci d’etre là. Sans les assos je ne serais plus de ce combat, alors que vih m’accompagne depuis L’hiver 1983/84

Seaborn Jean
il est important de continuer l’argumentation pour des lieux sécure et en lien avec les travailleurs de rue et les intervenants en réduction des méfaits au delà des préjugés qui se collent aux personnes toxicomane qui ont droit à la dignité humaine.

Delmotte Stephane
et ailleurs !

Valton Richard
Plus qu’utile et plus que souhaitable. Faites vite, il ya urgence.

Jordery Marie_laure
j’espère de tout coeur que vous parviendrez a ouvrir cette salle et qu’elle perdurera. Pour avoir travailler auprès de personnes dépendantes et avoir suivit il y a une dizaine d’années une formation au CRIPS avec Jimmy Kamfler(excisez l’orthographe!)qui m’a fait découvrir la réduction des risques je reste persuadée que cela ne peut etre que positif!excellentes continuation…

Cotret Florent
Allons de l’avant!

Martelli Laura
Good luck! solidairement!

Charneau Laurence
Que nos voix se fassent entendrent

Kadem Stéphanie
Ce que vous faites est génial total respect dixit une anciènne

Gagnon Mario
le même combat se déroule dans la ville de quebec dans la magnifique province du quebec on continue le combat chers cousins francais

Orain Stéphane
Une petite goutte d’eau qui j’espère fera avancée !!!

Obitz Antoine
Les salles de consommation à moindre risques ont fait leurs preuves dans les autre pays de l’ U.E. Ça prouve un retard important dans les mentalités française de ne les avoir toujours pas autorisé en France.

Manuel Danielle
« tant qu’il y aura des hommes il y aura une histoire des hommes guidés par cette volonté d’aller au-delà d’eux-mêmes, dans la poursuite de ce qu’on appelle – encore- un idéal. » (René Passet)

Nicol Paule
Apres 15 ans devolontariat a AIDES ,2 a3 ans a Ekinox du benevolat au sein du RVH au CHU de Poitiers…Je suis en retraite ! Conaissant les RDR Je soutiens a fond les salles de consommations a Pairs et ailleurs..

Couture Mickaël
c’est très cliché et sa reviens tout le temps mais c’est normal vu que c’est amplement mérité: merci,merci pour tout…et je souhaite que la réussite vous accompagne tout au long de votre parcours.tchaha

Lecocq Elisabeth
JE SUIS DE TOUT COEUR AVEC LE PROJET?NE FAISONS PAS LA POLITIQUE DE L4AUTRUCHE?ET RESTONS A L4ECOUTE DE CEUX QUI SOUFFRENT?AMICALEMENT;

Gaultier Francois
ce qui me fait peur c de voir les politiques dirent « mais tant qu’on i est, allons faire des salles pour alcooliques afin qu’il boivent convenablement, c ridicule »….hahhaha euh on appelle ca des bars et des boite de nuit!!!!

Bequet Quentin
l’assos enfermés dehors vous soutient a 100 mais on est pas encore au clair dans nos status, dès que possible nous avons l’intention d’obtenir un status de carud pour faire de la RdR dans une ville ou il n’existe rien !!! Bravo pour votre action !

Simonoviez Natacha
pour faire évoluer les mentalités, pour la RDR, et pour flo

Schaffauser Thierry
Libre disposition de son corps. Le plaisir n’est pas un crime.

Jusnot Alexandre
en temps que polytoxicoman,et donc connaissant tres bien ce milliieu;je suis certain qu un accompagnement,un encadrement ne serait que etre bénéfique pour tout le monde.les rues infesté de personnes allongés par terre n éxisterai plus a mon sens .le toxycoman étant encadré dans une salle,ils ne generont plus personne

Romaneix Monique
BRAVO pour votre militantisme!!! Le cpmbat n’est pas gagné mais on y croit!!!

Maurin Odile
Soutien total aux salles de shoot, aussi contestée aujourd’hui que les traitements de substitution il y a 15 ans ! ou que les distributions de seringues ! et pourtant cette politique de réduction des risques a sauvé des vies ! odile ex présidente fondatrice d’Asud Avignon

Fonteneau Jérome
Bon courage pour la poursuite de votre campagne en faveur de l’expérimentation d’une salle de consommations à moindres risques.

Riboulet Yannick kenzi
A quand la légalisation intelligente des drogues?

Sarrazin Estelle
Sous TSO depuis + de 10 ans et éduc spéc en RDR (si si c’est possible), je suis convaincue de l’intérêt des SCMR à Paris, à Lille, à Marseille, en France! Non seulement pour les personnes SDF mais aussi pour tous ceux qui souhaitent préserver leur santé; car on peut être usager de drogue(s) et aussi vouloir être en bonne santé.

Mercier Julien
jai decouvert votre assoc par le biai dun carrud et jai comencé a lire votre journal vu quil on dancien numero jai decouver kelke info interesante et heureusemen kil y a des gen kome vou ki essaient de defendre nos liberté !

Chazotte Enki
Merci de défendre nos droits et de faire avancé les choses, peu s’en préoccupe.

Thomas Guillaume
etant heroinomane mais en soin depuis 1 mois dans une post cure de tox je soutient a 200/100 es ce possible d avoir de la doc sur les drogues

Le floch Erwan
Je soutiens

Rocca-serra Monique
La pénalisation entraine le trafic, la délinquance, je ne suis pas consommatrice, mais si c’était accessible et dépénalisé je le deviendrais pas.

Cottron Théo
bravo a toute l’asso, merci pour votre soutien aux UD,vos infos,et votre forum!

Flatres Sebastien
Bon courage dans ce combat qui, je l’espère, arrivera à ses fins. Il est plus que temps que la société, dans son ensemble, comprenne que la toxicomanie n’est pas une hérésie ou une quelconque parade face à la difficulté mais bien une maladie avec des causes, des thérapies possibles mais aussi des encadrements nécessaires pour ceux qui en sont atteints. La salle de consommation est un exemple concret, si c’est bien fait et bien organisé, des différents encadrements que l’on peut apporter aux malades toxicomanes afin que ceux ci, comme toute personne malade, puissent vivre décemment sa maladie. Bonne continuation.

Hammerschmidt Marc
je signe à titre personnel, bien que la P.S soit impliquée dans la R.D.R . ancien secrétaire d’ASUD 57 METZ (asud 57 a été dissoud !!!). hammerschmidt. marc

Dillmann Christiane
Un peu de logique dans l’offre de soins faite aux usagers de drogues serait la bienvenue. Les SCMR en font partie intégrante, ne nous cachons pas la face, c’est de la santé publique au sens littéral du terme et cela vas dans le sens de la réduction des risques de santé au même titre que les traitements de substitution et les PES. Certaines personnes ne peuvent ou ne veulent pas arrêter leur consommation, ce n’est pas « aux autres » de juger de ce qui est bon pour elles. La liberté est un précepte valable pour tous.

Demangeon Claire
J’ai découvert Asud via les publications de l’esprit frappeur. Je trouve votre démarche utile et indispensable. Avec tout mon soutien.

Martinez Véronique
avec le temps, les mentalités évoluent.Trop doucement, mais…

Cottron Théo
bravo pour toutes vos actions, votre soutien aux UD et votre forum unique en son genre!Merci..

Poix Angelique
Continuer à nous soutenir,heureusement qu’il y a des gens comme vous!merci merci merci

Babbucci Frédéric
Malgré que je pense que l’on peut sortir de l’addiction j’estime que la réalité du terrain nécessite la mise en place de cet outil pour contribuer à la réduction des risque de contamination VIH, VHC et des OD.

Lière Guillaume
ASUD les drogués z heureux encore et toujours

Paul François
Bonjour, Je soutient corps et ame les initiatives qui peuvent établir ou re-établir un lien avec cette partie de la jeunesse perdue dans les drogues dures et la societé et ses devoirs de soutient et d’écoute. Toxico dans les années 80, je sais combien la solitude et le rejet étaient présents. C’est pourquoi j’apprécie votre action d’écoute des gens et votre capacité à faire bouger les mentalités. Toutefois,j’ai souvent peur que des associations ou groupes d’actions aient trop de véhémence quand aux discours sur les drogues. Le risque, quand on crie trop fort dans ces domaines c’est que la plupart de la population prenne peur et se crispe sur le sujet. Attention donc à ne pas en faire trop en ce domaine. Voilà, je vous fait juste part d’une de mes inquiètudes. Bon week-end et bon courage à vous tous. François PAUL.

Denoix Xavier
bonjour,je suis toxicomane depuis 4ans,jai commencé a l héro par injection,puis le sub.maintenant je combine cocaine et subutex par injection,parfois meme ensemble.mon souci;je ne trouve cazimen plus mes veines,jai les mais et les bras gonflés.moin j y arrive et plus je m acharne.je suis en train de perdre ma femme,ma fille et mon travail.je ne sais plu koi fair,jai l impression ke ma vie m échappe.si quelqu un peu ne serais que me donné un conseil.envoyez moi un sms au 06 48 25 48 85 car je ne lis pas souvent mes mail.merci d avance,xavier

Garcia Manuel
juste bravo et merci !!!

Van vliet François
salut à vous de Montréal! (ADDICQ = Association pour la Défense des Droits et l’Inclusion des personnes qui Consomment des drogues du Québec)

Morillon Charles
Ce serait quand même plus sain pour tout le monde. Les usagers comme les non usagers.

Pinsan Lesly
juste un petit mot pour dire que je suis a fond avec vous! j’ai arête tout ça , mais à l’époque ça aurai été très pratique . Plutôt que galéré à trouver un endroit tranquille ou se poser sans que l’on nous voit et surtout en faisant ça proprement! (pour éviter toute saloperies….) alors bon courage pour votre super action!!!

Sommer Guillaume
continuez le combat contre la mauvaise foi, la désinformation et l’ignorance des gens…

Bardot Isabelle
dans un pays aux lois rétrogrades vis à vis des usagers de nombreux produits psycho-actifs, légaux ou non. Ou la « dose » quotidienne est délivrée par une équipe médicale pluridisciplinaire ; enfin une voie contre l’hypocrisie générale.

Canonne Tiphaine
Compte tenu des résultats du rapport inserm 2010, il apparait plus que necessaire d’ouvrir une salle de conso à Paris.

Debeer Delphine
En espérant que ces pétitions n’auront bientôt plus lieu d’être et que des salles de consommation à moindre risque s’ouvrent enfin en France de manière pérenne et non plus en expérimentation. Bon courage

Baudais Martin
Bravo a tout Asud, pour votre taff, le site internet, le journal ! En esperant que les scmr seront autorisées, bonne continuation a vous et continuez comme ça, et les uds auront peut etre grace a vous un respect de leur droit comme n’importe quel autre humain … Tchao bon courage

Chamard Nadine
Continuons…

Gautier Lili
Il en faut sur Paris c’est une évidence mais malheureusement « nous » sommes trop coincés, je dois bien admettre que je perds espoir!

Lefevre Clement
la france doit evoluer et soutenir les salles de consomations.

Budet Olivier
Je trouve dommage que l’expérimentation se fasse encore et toujours à Paris alors que les acteurs de prévention et les usagers se trouvent répartis sur toute la France.

Crociati Aurélia
il est impératif qu’il existe des salles de ce type. nous sommes ainsi directement dans l’optique et la réalisation de la prévention des risques

Dermody Aoife
La sante est une droit humaine

Zurawski Jonathan
bonjour, c’est une grande cause que vous défendez, courage.

Nidai Ahmed
je salue tte l’equipe d’ASUD

Nidai Ahmed
je salue tte l’equipe d’ASUD

Sartori Malou
ENcore et toujours à vos côtés pour défendre notre cause.

Gilibert Olivier
pour une question de santé publique et d’humanité!!!

Blin Ole
pour la reduction des risques je pense sincerement que ces salles sont une bonne choses.etant moi meme consommateur j’aurais une salle dans ma ville ca m’eviterait d’aller me taquiner dans les halles d’immeuble ou dans les parkings.le pretexte de dire que ca va favoriser le deal est de la connerie.nous sommes assez responsable (je sais pas tout le monde) pour ne pas foute la merde pour quelque choses qui nous est utile.c’est comme dans les foyers l’alcool est interdit et on y fait attention meme si certains boivent leur cannette devant…….a bonne entenduer……merci de votre engagement pour tsq les toxs….

Felbacq Jean-philippe
Courage et ne lâchons rien!!!

Grollimund Leila
La repression systématisée, coupe toute possibilité de dialogue et enferme les usagers dans la crainte des institutions quelles qu’elles soient. De fait la distance pour envisager un temps de soins est compliqué à mettre en oeuvre surtout quand de fait le soin devient obligé.

Jomain Sébastien
ce serait bien que enfin il y est un lieu sécurisé et surtout encadré et franchement merci à vous pour cette initiative

Bokassa Nathalie
De tout coeur avec votre action! Ouvrons les yeux au lieu de détourner le regard…

Fanny P (Volontaire Aides Toulouse)
Il serait temps que la France s’aligne sur les autres pays qui ont compris depuis bien longtemps l’interet des SCMR aussi bien sur la vie des usagers que celle du reste de la population… C’est un service qui est utile à tout le monde, et j’espère qu’il ne faudra pas attendre encore 10ans avant de voir ouvrir des salles de conso en France… (PS : Merci de ce que vous faites, à Toulouse on attend impatiemment le dernier numéro du journal :) )

Le blues du traitement

Le traitement de l’hépatite C vu par notre collaborateur Speedy Gonzalez qui, après bien des hésitations, a décidé de se lancer dans cette nouvelle « aventure » !

« I got the blues tox man baby, I had a bad and strange illness, but I don’t feel nothing, Docs told me it was HCV…» Si ce blues existait, nombreux sont ceux qui pourraient le chanter car si le virus de l’hépatite C (VHC) fait désormais parler de lui, c’est parce qu’il a frappé beaucoup de monde, en particulier plusieurs générations d’UD en raison de pratiques dangereuses de conso.

Comme cette sale bête est souvent longue à la détente, qu’elle est sournoise et que les progrès médicaux ont été lents, les personnes touchées ont souvent (trop) attendu pour s’en occuper. Et si elles commencent tout juste à comprendre qu’il vaut mieux essayer de s’en débarrasser au plus vite, c’est encore une maladie sur laquelle on n’aime pas s’étendre, une sorte de non-dit lié à un « mix » de méconnaissance et de fatalisme. Mais voyons de plus près à quoi ressemble ce fameux traitement à la réputation si terrible qu’un grand nombre d’UD, pourtant habitués à s’envoyer des trucs pas toujours très nets, frémit rien que d’y penser !

Une sale réputation

Je me marrais bien à Paris en 1984. Un petit peu moins quand on me diagnostiqua une hépatite « non A-non B », mais soulagé de ne pas avoir la B. Un avis que ne partageait pas l’hépatologue… Au cours des années 90, j’apprendrais qu’il s’agissait en fait de l’hépatite C à qui on avait jusqu’alors donné ce nom si imprécis qu’il m’aida à l’oublier bien vite. D’autant plus que je n’avais aucun symptôme apparent.

Les choses avaient bien changé quand, il y a un an, je me suis enfin pointé au service de l’hôpital La Paz à Madrid pour la faire traiter. Le VHC avait en effet remplacé le virus du sida dans les préoccupations des responsables sanitaires, des médias et même du grand public. On le comprend quand on sait que le sida tue 450 personnes par an en France, contre 3 000 pour le VHC ! Malgré ma toubib qui me tannait depuis plus d’un an, j’hésitais encore. Deux choses m’empêchaient de prendre cette décision que je repoussais toujours sous différents prétextes. Un de ceux que j’utilisais le plus était mon opposition à faire une biopsie. Or l’arrivée du Fibroscan® (genre échographie du foie) indolore m’ôta cet alibi. Tout d’abord, je savais que ce traitement trimbalait une très sale réputation qui s’est souvent révélée exacte. Et risquer de me retrouver mal en point – ou plutôt encore plus mal en point – alors qu’après de longues années d’abus, je venais tout juste de faire une « remise à plat », en partie grâce aux produits de substitution et à une belle histoire… Voilà que pour me soigner, j’allais de nouveau morfler, une perspective qui en refroidit plus d’un ! La deuxième raison était que même si le VHC me squattait depuis 25 ans, mon foie continuait d’aller plutôt bien, sans dommage apparent, avec des transaminases normales et ce, malgré un goût immodéré pour des drogues diverses et variées, y compris pour la CC dont les dégâts sur cet organe sont notoires… Je n’étais donc pas sur la pente savonneuse de la cirrhose puis du cancer car dans ce cas, le traitement est une question de survie.

Mais alors pourquoi me lancer dans cette galère ? Je m’étais laissé convaincre par des arguments du style : même si tout va bien, on reste sous la menace d’un VHC bien présent qui peut parfois « partir en live » sans trop savoir pourquoi…Si l’alcool est un vrai poison pour le foie (suivi de près par la CC), de très nombreux médocs le sont aussi comme la pilule du lendemain ou ceux contre la tension qui semblent jouer un rôle dans le réveil du VHC. Et puis qui peut assurer que même après de longues années, le VHC ne va pas se mettre à faire des siennes ?

VHC-traitement-Bloodi-Ouin40% de chances…

Dans ma vie, j’ai touché à pas mal de trucs, dont des mélanges à faire pâlir Merlin l’Enchanteur, je me suis mangé de très douloureux manques et voilà que j’hésitais à prendre 1 ou 2 médocs parce qu’ils ont des effets secondaires. Alors je me suis dit : « Pourquoi pas faire le traitement ? On verra bien, si c’est too much, je laisse béton puisque n’étant pas dans l’urgence, je peux donc m’arrêter sans problème »…

Me voilà donc devant cette gentille toubib qui me rassure un peu en me rappelant que personne ne réagit pareil et de ne pas trop me prendre la tête avec toutes les histoires flippantes que tout le monde a entendues. Elle ne me cache rien sur la gravité de certains effets secondaires mais sans insister. Un exposé concis, clair et franc car elle m’annonce qu’au vu de mon génotype (le 1), de mes pathologies, de mon âge (plus de 50 ans), de mon sexe (les hommes réagissent moins bien que les femmes au traitement), je n’ai que 40% de chances de voir mon virus disparaître au final ! Waops ! Un ange passe en rase motte dans la pièce, puis elle finit par me dire avec un sourire encourageant : « Allez, tu sais, 40%, c’est pas mal ! » Mouais, moi je vois surtout les 60% qui foirent… Sans parler de l’avertissement-douche froide : « Si tu veux mettre toutes les chances de ton côté, il vaut mieux ne pas toucher à l’alcool, c’est le pire que tu puisses faire. Par contre, tu peux pratiquement manger ce que tu veux mais si tu vois que cela ne passe pas, ne force pas. Tu verras qu’avec le traitement, tu n’auras plus très faim, il vaut mieux essayer de manger de petites quantités souvent dans la journée, par exemple des barres de céréales… » D’accord pour la bouffe, mais même pas une petite bière de temps en temps, pour moi c’est dur mais pas la mer à boire ! Quand je lui demande si je peux au moins fumer un joint, elle me répond : « Ce n’est pas très recommandé, mais vu que cela te donnera de l’appétit, que cela va t’aider à te calmer et à te mettre de bonne humeur, OK… » Enfin une bonne nouvelle. Car si les médecins ne semblent toujours pas d’accord sur les effets positifs ou négatifs du cannabis dans ce traitement (lire Cannabis & VHC), on est quand même en Espagne !

Des effets secondaires pas tristes !

Quand elle m’annonce que cela va normalement durer 48 semaines, je pense aussitôt que j’aurai le temps de me prendre la tête, mais elle coupe net mes sombres pensées en me parlant des 2 médocs qui constituent le traitement : le Copegus® 200 mg en comprimés pour la ribavarine, et le Pegasys® 180 microgrammes en solution injectable sous-cutanée pour le péginterféron alfa- 2a. Tous deux vont aider le foie à se reconstituer et essayer de faire disparaître le virus. C’est une des particularités du foie qui, même réduit à une très petite partie par ablation ou amputation accidentelle, peut se régénérer si cette partie est saine… Si la première génération de traitement nécessitait plusieurs injections par semaine d’interféron, il suffit désormais d’un seul shoot par semaine grâce à la libération prolongée. C’est moins astreignant et plus pratique. Ma toubib me conseille de le faire le soir pour ne pas trop sentir les effets de type grippaux qui y sont liés au début, et plutôt le vendredi pour avoir les 2 jours de repos du week-end après. Merci pour le bon tuyau. Quant au Copegus®, je commence aux doses les plus fortes (3 comprimés le matin et 3 le soir) pour augmenter mes chances de foutre en l’air le virus. Si je ne les supporte pas, je pourrai toujours les baisser ensuite, m’assure-t-elle en me conseillant de prendre aussi du paracétamol…

interferon-VHC-Ouin-BloodiUne fois chez moi, j’ouvre les boîtes de médocs et là, je me rends vraiment compte que ce que je vais prendre n’est pas de l’aspirine ! Je n’ai jamais vu une liste d’effets secondaires si longue qu’elle ressemble à un rouleau de caisse de supermarché, surtout pour la ribavarine. Pour faire très court, cela va du gros rhume aux envies de suicide (si, si, c’est vrai !), en passant par de multiples affections du système respiratoire, gastro-intestinal, nerveux, des allergies cutanées, des pertes de poids, de cheveux, d’attention, de mémoire, du désir sexuel et surtout, la dépression et une grande irritabilité… Je m’amuse à un jeu stupide : dis-moi un effet, je suis sûr qu’il y est ! Mais à y regarder de plus près, les pires effets ne concernent qu’une personne sur 100, 1 000 ou 10 000 selon le type d’effets… Je referme les boîtes en espérant que cela ne va pas tomber sur moi !

EPO à la rescousse

J’ai commencé un 4 juillet pour avoir tout l’été et son farniente pour me reposer et me permettre de m’habituer car ce sont généralement les 3 premiers mois qui sont les plus durs, le temps que le corps s’habitue aux 2 médocs. Ce ne fut pas du tout le cas pour moi ! En effet, après les premières prises, tout allait bien, je ne ressentais pas grand-chose. Le vendredi soir, je me faisais mon shoot sous-cutané, puis j’allais me coucher après avoir pris un gramme de paracétamol. Le lendemain matin, je reprenais un autre paracétamol et je passais la journée tranquillement, sans trop me speeder. J’étais un peu crevé mais sans plus. Dès le dimanche, j’avais plus la pêche et le lundi, je pouvais mener ma vie sans histoire. Je mangeais normalement. Je n’en revenais pas, et même ma copine me disait : « Mais t’es sûr que tu te fais bien ta piqûre ? » En voilà une question !!! Quatre semaines après, les choses commencèrent à se gâter. J’étais de plus en plus crevé, les 2 contrôles que j’avais faits avaient révélé une forte anémie, je perdais mes globules rouges à grande vitesse, j’avais moins d’appétit, le chocolat (dont j’étais fana), les œufs, les plats en sauce ne me branchaient plus du tout. Je suis quand même parti en vacances en France où je devais faire d’autres analyses pour surveiller mes globules rouges. J’avais l’air d’un petit vieux, le moindre effort devenait pénible. Faire une petite promenade ressemblait à un trek dans l’Himalaya ! À Paris, un médecin de Médecins du monde m’expliqua que la seule chose à faire pour enrayer l’anémie galopante était de prendre de l’EPO. Je n’en revenais pas, j’allais me prendre pour un coureur du Tour de France ! Dès mon retour, au vu de nouveaux résultats montrant que je n’avais plus que la moitié des globules rouges que j’avais au début du traitement, ma toubib décida effectivement de m’en donner au dosage le plus haut (30 000 UI). J’ai alors peu à peu récupéré une certaine pêche, tout en gardant une légère anémie jusqu’à la fin. Je vous vois venir. L’époétine bêta n’est pas du speed, cela aide juste à créer des globules rouges. Je me faisais d’ailleurs un shoot sous-cutané une fois par semaine, le soir avant de dormir !

VHC-Ouin-Bloodi-traitementComme un retour en arrière

Sans m’en rendre compte, je commençais par contre à devenir très irritable, ce qui est vraiment un problème au quotidien dans les rapports avec les autres, surtout avec l’entourage. Certains couples ne le supportent pas. Heureusement, le mien est passé au travers. Un rien me faisait exploser, j’étais aussi nerveux que quand j’étais accro… Il faudrait faire une place plus importante dans les groupes de parole en France pour l’entourage des patients qui morfle aussi pas mal.

Les médocs faisant fondre tes graisses, tu maigris (de 6 kg) même si tu bouffes bien, tu es tout blanc à cause de l’anémie, et comme tu remanies des shooteuses, tu as l’impression désagréable de revenir en arrière, un mauvais trip : chasses le passé, il revient au galop ! Quand je me plaignais de tout cela, ma toubib me disait : « Oui c’est sûr, c’est pas facile à vivre de se déglinguer pour guérir mais au moins au bout du chemin, il y a la possibilité d’aller mieux ou, dans ton cas, de ne pas tomber malade. » D’ailleurs, les choses allaient effectivement plutôt pas mal puisque dès la fin du premier mois de traitement, j’avais « négativé » : plus de traces en apparence du sacré virus ce qui est, paraît-il, une possibilité accrue de guérison. J’avais doublé en 1 mois mes pourcentages de succès : des 40% du début, j’étais passé à 80% ! Un bel encouragement pour s’accrocher, continuer à ne pas toucher une goutte d’alcool et suivre jusqu’au bout ce pénible traitement.

À l’heure où j’écris ces lignes, je l’ai fini depuis 3 mois et les effets secondaires viennent à peine de tous disparaître. Reste maintenant à attendre les résultats des analyses pour confirmer qu’il n’y a toujours pas de trace de VHC sans avoir pris de médocs pendant ce temps-là. La déclaration officielle de guérison n’intervient ainsi que 6 mois après la fin du traitement.

Serial-DealersLes conseils de Speedy

Traitement ou pas, essaye de réduire au max ta conso d’alcool (et de CC) ! Même s’il s’agit d’un traitement au long cours qui nécessite pas mal de patience, essaye au moins de le suivre même si ton foie ne va pas trop mal. Si le traitement est trop lourd, parles-en avec ton hépatho, mais saches que la prochaine génération ne devrait pas arriver au mieux avant 3 ou 4 ans. Et si ton foie est attaqué, essaye d’aller jusqu’au bout afin de voir le résultat, et recommence une fois en cas d’échec car celui-ci n’est jamais total. Tout le temps passé sous interféron est en effet toujours ça de gagné pour ton foie à qui tu donnes la possibilité de se refaire une santé. La tienne avec ! Et n’oublies pas que 100% des malades chroniques guéris ont fait le traitement… That’s All Folks, and Good luck !

« Sortir de l’hypocrisie c’est ouvrir des salles de consommations »

Nous avons reçu une lettre d’un habitant de Marseille qui habite à deux pas d’un Caarud. Il nous fait part d’un problème auquel tous les Caarud situés dans un lieu de consommation sont confrontés : problèmes de voisinage, shoots dans les cages d’escaliers, matériel de consommation qui traine… Pour lui, sortir de l’hypocrisie, c’est ouvrir des salles de consommation… Pour ne pas stigmatiser le caarud en question, nous avons supprimé toute les références à cette structure. Et nous l’avons simplement appelé « Caarud »…

J’habite Marseille à deux pas de «Caarud». Nous sommes voisins. Un voisinage qui n’est pas toujours facile à vivre.
Les restes de Stéribox font partie du «décor» de notre rue et de nos halls d’immeubles. Je voudrais aussi vous parler des vols dans les cages d’escaliers ; et du «spectacle désolant» d’un homme assis sur le pas de ma porte et qui, une demi-heure durant, se pique un peu partout sur la main et le bras à la recherche d’une veine ou s’injecter le contenu de sa seringue. Du fils de mes voisins qui à 10 ans, reste subjugué devant l’aberration de cette scène.

Évidement on connait nos voisins et comme les stéribox sont distribués de temps à autre par les fenêtres on finit par être quelque peu agacé par eux. Donc ce matin je sonne chez eux… Trop de vols ces derniers jours trop de «restes» dans notre immeuble, la copropriété va porter plainte. Je viens en informer «Caarud» et chercher une solution pour que le voisinage retrouve un peu de paix.
On est plutôt mal reçu chez «Caarud» et comme ils m’ont claqué la porte au nez, je vous écris ma colère.

Que la soit disant mesure de santé publique derrière laquelle «Caarud» se réfugie à Marseille pour ne pas discuter du problème avec ses voisins est une superbe hypocrisie. Que donner un stéribox à quelqu’un qui va batailler une demie heures sur le trottoir pour se piquer n’a plus rien d’un shoot propre. Que cette façon de faire est irrespectueuse des usagers de drogue précarisés et des habitants du quartier.

Sortir de l’hypocrisie c’est ouvrir des salles de consommations. Et si «Caarud» ne défend pas cette position alors il participe et est complice de cette hypocrisie.

Pierre Ouin et ASUD vous présentent : Courrier Toxique

H. conduit un bus à Londres où la drogue circule dans les 2 étages. Consommateur lui-même, il ferme les yeux, enfin pas trop…

F. est spécialisé dans le braquage de « particuliers bourrés de coco ». Le comble : ces messieurs/dames ont porté plainte et F. finit en taule.

D. fait la tournée des pharmacies du Var pour se procurer du Néo. Dans ses bons jours, il récolte quinze à vingt boites, consommées illico.

R. nous dit comment une cure d’Interféron® l’a conduit à placer le canon d’un 22 long rifle sur son cœur. Cinq petits cm de déviation d’impact lui permettent aujourd’hui de raconter son histoire.

D. adepte du « divin cannabis » et puis L. « dans son fameux taxi hollandais » qui l’a conduit directement à la douane.

J. lui va chercher de l’ibogaïne chez les sorciers Bwiti de la forêt congolaise.

F. encore, ce « retraité de l’arbalète » qui évoque le Golf Drouot des années 70, ces années de plomb qui changèrent l’or en poudre blanche.

S. qui demande, qui nous demande, combien de temps elle pourra tenir entre quatre murs.

Et puis d’autres encore, des lettres de taulards et de taulardes comme Y., jugé aux Assises pour avoir laissé sa copine se faire un shoot de curare…

ASUD 27 Ouin Bloodi Beuh outdoorVoilà un florilège de la nourriture de base du journal d’ASUD. Nous en publions des extraits dans le courrier des lecteurs. Mais, l’essentiel dort à l’abri d’un classeur poussiéreux au fond du local.

Un après-midi d’automne ou peut-être un matin d’hiver, Pierre Ouin, passe nous saluer comme souvent. Ce jour là, le papa de Bloodi me demande de potasser le fameux classeur. Un an plus tard, il en sort ce petit livre en forme d’hommage. Hommage aux oubliés de la guerre contre la drogue, les petits, les sans-grades, car comme je l’ai souvent répété la guerre à la drogue a, comme toutes les guerres, ses morts ses blessés et ses disparus.

Un siècle de guerre contre les drogués

ASUD 27 Ouin Royal tarpéEn 1916, Antonin Artaud écrivait dans sa célèbre lettre à Mr le législateur : « les toxicomanes ont sur la société un droit imprescriptible qui est celui qu’on leur foute la paix ».

Malheureusement, presque un siècle plus tard, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas été entendu. L’enfer des bonnes intentions s’est abattu sur les consommateurs de substances illicites. Traqués par la police, exploités par les dealers, décimés par les différents virus que la prohibition des seringues a diffusés, les usagés de la drogue occupent par millions (oui par millions !) les prisons de notre planète. La guerre à la drogue n’est pas un vain mot. C’est bien une véritable guerre qui est livrée non pas contre La drogue, les molécules chimiques étant par nature difficiles à menotter, ni même contre les trafiquants, mais contre le petit peuple des drogués qui pourrissent dans tous les coins craignos de nos cités.

ASUD 27 Ouin CimetièreLes morts, les blessés et les disparus, donc. Les morts et les blessés, je viens de les évoquer. Les disparus sont par définition des oubliés. Arrêtons-nous quelques instants sur ceux dont on ignore absolument le devenir parce que brusquement, la prison, la désintoxication ou la fuite ont interrompu votre relation, qu’elle soit affective, amicale, sexuelle ou les trois à la fois. Ces ruptures sont fréquentes, presque banales dans l’univers que la répression nous impose. Un jour… Plus rien… Même pas de vagues rumeurs, non,…rien !…Il y a aussi ceux dont on décide sciemment de ne plus avoir de nouvelles, par peur d’être renseigné …Définitivement.

Voilà encore une raison pour le journal des drogués heureux de faire parler La Drogue à la première personne du singulier. Nous recevons des lettres écrites simplement, pour extérioriser un vécu inénarrable, pour poser un moment le fardeau d’un quotidien un peu encombrant. C’est peut être la fonction primordiale d’une association comme la nôtre, permettre à la grande majorité des consommateurs qui ne se vivent ni comme des aventuriers, ni des rebelles et encore moins des délinquants, de poser leur sac dans la banalité d’une causerie de comptoir.

L’humour est politesse du désespoir

ASUD 27 Ouin Bloodi shoote sur des seringuesPour naviguer dans l’étroit goulet qui sépare l’exhibitionnisme du pittoresque, une solution existe, c’est le rire.

C’est le rire qui nous fait adorer Bloodi, qui pourtant n’est qu’un punk vivant dans une poubelle avec un rat. Le rire est l’arme du pauvre. Il. nous sert de cache-sexe pour exposer notre quotidien de Martien. Le rire est une valeur commune du journal d’Asud et de l’univers de Pierre Ouin, parce que le rire est une forme de pudeur. Il permet d’échapper à l’œil du voyeur, effrayé par l’éclat insolent de la caricature.

Quelqu’un a dit : « l’humour est la politesse du désespoir ». Il avait compris que dans son énormité, le malheur est horriblement grossier. Il s’empare sans ménagement de nos petits égoïsmes sans se soucier de l’habituelle culpabilité qui accompagne l’énoncé de la misère d’autrui. Pour éviter ça, rien de mieux qu’une tarte à la crème !

Alors bonne lecture, le rire permet à votre cerveau de fabriquer des particules chimiques voisines de la structure moléculaire des produits opiacés et jusqu’à présent le rire est encore légal…Quoiqu’à bien y réfléchir, ne laissez pas traîner ce bouquin, on ne sait jamais.

ASUD 27 Oin Bloodi part hips

Prisons Thaïes : des saisons en enfer

La Thaïlande, ses îles au soleil, ses plages, sa blanche et ses prisons. Nous avons reçu des lettres concordantes sur les terribles conditions de détention dans la nouvelle prison de M.H.S.* Des témoignages qui filent froid dans le dos.

La décro, à même le sol

J’ai connu Asud par l’intermédiaire de F., avec qui je séjourne dans la même prison thaïe. Peu d’Européens peuvent imaginer les conditions dans lesquelles nous, prisonniers, sommes contraints de vivre en Thaïlande.

U.D. depuis 6 ans, j’ai décidé de voyager pour voir du pays : après les Philippines, le Sri-Lanka, la Thaïlande, où je me suis fait arrêter avec 6 g d’héroïne. Une fois en prison, je fus coupé de tout contact extérieur (j’étais le premier étranger à innover cette prison). J’ai dû attendre un mois pour être jugé. Nous étions quatre ou cinq à attendre le jugement. Sans un regard, le soi-disant juge énumère les sentences. Cela n’a pas duré plus de 15 secondes… qui m’ont valu deux ans d’incarcération (du vite fait, bien fait). A ce moment-là, je sortais tout de juste de ma décro, et c’est comme un coup de massue qui s’abat su moi. La décro, il faut en parler. Elle se passe sans rien, à même le sol, et ce n’est pas avec la nourriture qu’ils nous donnent que l’on peut récupérer des forces (même un chien ne la mangerait pas). Bref, il m’a fallu trois semaines pour pouvoir avaler quelque chose, avec l’aide du chilli (piment) qui permet de ne pas sentir ce que l’on mange. J’ai complètement « fondu » mais je fais partie du pourcentage qui passe le cap, car un quart trépasse. Je suis libérable dans quelques mois, et je garderai le contact avec vous.

Claude

Attachés

Les conditions de détention en Thaïlande-Nord sont déplorables.

On peut assimiler la prison en Thaïlande aux prisons françaises de l’Ancien Régime. Les détenus sont attachés ; il n’y a pas pas d’infirmerie ni de médecin sur place. Avec une obligation d’acheter soi-même les médicaments, il ne fait pas bon tomber malade ni être indigent… Le gouvernement ne s’occupe pas de ses ressortissants étrangers, quatre mois peuvent s’écouler entre chaque visite du médecin et pas d’interprète non plus mis à la disposition par l’ambassade.

Est-ce les 400 kilomètres qui la séparent de Bangkok qui font de cette prison un enfer ou les mêmes traitements sévissent-ils dans toutes les prisons du pays ?

Eric

1m² par personne

La cellule ou Je passe un long moment, de 16 h 30 à 7 h du matin, mesure 4,30 m de large et 8,70 m. de long, pour quarante personnes. Cela fait moins de 1 m2 par personne, et les toilettes sont à l’intérieur.

Par deux fois, on m’a mis les chaînes aux pieds, après une bastonnade qui m’a valu une hospitalisation.

Entre janvier et février derniers, 14 personnes sont mortes dans la prison et dans l’indifférence la plus totale.

Frank

* Des précautions d’usage pour préserver l’anonymat et la sécurité des détenus nous obligent à changer les noms.

Courrier des lecteurs (hiver 1996)

Salut à tous,

Je commencerai par de banales mais sincères félicitations pour votre travail. Je peux imaginer sans peine les difficultés que vous devez rencontrer pour avoir osé vous attaquer à un sujet aussi sensible. Sensible et convoité, car « le gâteau » que représente la dope est sous la coupe d’une poignée de « spécialistes » autoproclamés, incompétents notoires, qui n’apprécient certainement pas de devoir y découper une part supplémentaire, ceci se faisant obligatoirement à leur détriment. Tous ces « Olivenstein » et autres « Curtet » prennent certainement votre action comme une atteinte à leur toute puissance ainsi qu’a leur porte-feuille.

Votre journal m’est apparu à un des moments les plus noirs de mon existence, dans la salle d’attente de l’éducateur que je venais solliciter pour obtenir la méthadone, il y a environ un an. Votre militantisme m’a emballé, m’a redonné un peu de courage, et j’aurais voulu vous contacter, mais j’étais bien trop mal pour faire quoi que ce soit à ce moment là, et l’obtention de la substitution mobilisait le peu de temps que me laissait la dope. En vain. Quatre mois plus tard, j’étais toujours en galère, et ce que je craignais est arrivé : la taule. Pas la peine de détailler, vous connaissez l’histoire.

Une vingtaine de jours plus tard, quand j’ai eu peu repris mes esprits, j’ai cherché du soutien auprès de l’antenne toxico de la prison, qui m’ont dit à peu de choses près de ne surtout pas hésiter à les solliciter si je n’avais besoin de rien. Je leur ai demandé de me procurer à défaut d’autre chose quelques exemplaires de votre magazine mais même ça je n’y ai pas eu droit. Apparemment, vous êtes tricard. Dans un pays qui se prétend le garant des droits de l’homme, qui se permet de donner des leçons au reste du globe, nos animaux domestiques ont droit à bien plus de respect que la gente toxicomaniaque, l’espèce la plus méprisée de notre territoire.

Des décennies d’échecs à tous les niveaux, mais jamais de remise en question. Le discours, c’est pas que leur politique est à revoir, c’est les toxicos qui doivent changer. Que ce soient les politiciens ou les « intervenants » en toxicomanie, l’incapacité dont ils ont largement fait la preuve est criminelle, et nulle part on n’évoque la détresse, la souffrance. Elle est pourtant présente au quotidien du dépendant et l’immense majorité des médecins nous a cependant exclus du fameux serment d’Hippocrate. Cette situation est intolérable, et seuls les toxicos pourraient défendre leurs droits. Personne ne le fera pour eux. J’en ai marre d’être traité comme de la merde, marre du mépris, et seules des actions comme celle de votre magazine pourront faire évoluer les choses. Je vous remercie d’exister et je suis à votre disposition, dans la mesure de mes moyens, pour collaborer à votre combat.

À bientôt j’espère.

Nicolas

Bonjour,

Je vous écris cette lettre parce que j’ai vraiment un truc à dire à tous les junks. Junk moi-même depuis 25 ans, ça fait deux ans que j’suis à la métha et tout va bien pour moi, merci. Par contre, ma copine, mon amie de toujours, ma compagne de shoot vient de se faire gober par un étrange animal : Narcotiques Anonymes. Je voudrais dire, crier à tous les junks de france et de Navarre de faire hyper gaffe quand ils entendent ces deux mots : Narco Ano.

Ma chère copine que j’aime, Babette, était pas vraiment accro : 2 ou 3 jours de spleen lui suffisaient pour récupérer la pleine forme physique. Hélas, son chemin a croisé une de ces Narco Ano. « Viens à nos réunions, viens voir ! » Elle est allée, puis retournée. C’était il y a trois mois. Au bout de 3 mois de réunion midi et soir, ma copine n’est plus qu’une zombie, un robot, une ombre : elle ne pense qu’a travers les Narco Anonymes.

Il faut dire que leur soi-disant méthode pour oublier la dope peut laisser perplexe : Il faut croire en Dieu. C’est Dieu qui te sauve, en te donnant une douzaine de commandements. Chez les Narco, t’es qu’un sale putain de dépendant, et pour pas l’oublier il faut le dire à chaque réunion ; « Je me présente, Donald, dépendant ». Il y a des mecs là-bas, ça fait six ans qu’ils ont arrêtés mais ils se présentent toujours comme dépendants. Ma copine ne veut plus me voir car je ne suis qu’un drogué à la méthadone et « je ferais mieux de tout arrêter tout de suite ». Vous êtes donc astreint à faire votre mea culpa tous les jours, midi et soir.

Bonjour le bourrage de crâne, obéir à leur douze commandements « je suis un pêcheur, je crois en Dieu », « je me soumets au traitement des Narco », « je ne mens jamais », etc. Moi qui me suis déjà fait baisé par une secte il y a dix ans, j’y retrouve tous les ingrédients. Alors, je dis à tous les junks de bon sens : « Faites gaffe » à ces gens pleins d’amour et super compréhensifs de Narco Ano. En un rien de temps, ils vous lavent le cerveau, dans quel but, je ne sais pas. Tout ce que je peux en dire, c’est que c’est craignes à mort et si je vois un seul de ces zombies dans mon centre de métha je lui latte la gueule de suite.

Merci de me publier, surtout pour les autres.

Jean-Luc

JUNKIE BARBE QUI ?

Junkie qui jeûne
décroche à la méthadone.
Le toxico n’a plus de pedo,
le temgésic sera sa future musique.
Accro, accro, et pas qu’à l’héro,
vive la substitution,
qui est le reflet de l’illusion.
Dépendant de ton médecin,
ton dealer c’est le pharmacien,
et toi toujours aussi arnaqueur.
Il y a longtemps que ton cœur
est une boite de néocodion.
La came a remplacé ta raison.
Je sais que tu ne veux pas arrêter,
tu veux mélanger les produits
et profiter de cette défonce
pharmaceutique, de cette dope merdique.

Saïdem

Salut les potes.

Si je prends la plume c’est juste parce que j’ai repris l’habitude d’écrire pendant les 14 derniers mois que j’ai passé au club med des Baumettes. Ça n’était rien de grave, juste un petit cambriolage, et vol = mobilier, appareils photo, caméscopes… = brozoufs = came, ça tombe sous le sens. Bon.

Donc, 14 mois de sport, business, boston et miouzik. Cette dernière activité j’ai eu la chance de la pratiquer car l’assistante sociale qui s’occupait de moi était mélomane et a bien apprécié que je lui joue la sérénade 3 après-midi par semaine. En plus, elle était bonne (l’assistante, pas la sérénade). Mais je m’épanche un peu, là.

J’ai découvert ASUD par le biais d’une copine qui a récemment perdu son mec (because AIDS, œuf corse) et qui est bénévole depuis pas mal de temps. Pour ma part, fervent consommateur de poudre depuis 12 ans (j’en ai 28) de shit, d’herbe (de mon jardin s.v.p.) et de champipi, champipi, de champignons de « Paris » quand c’est la saison, j’ai eu la chance de passer au travers de toutes les infections virales et autres hépatites. Ouf ! J’apprécie énormément votre journal et j’adhère à fond à vos idées. Bien sûr, j’ai les miennes aussi, mais je les garde pour la prochaine lettre.

Le but de la présente est, en fait, une demande. Si vous pouviez m’envoyer les plans du vaporisateur d’herbe (ou de shit) dont vous parlez dans votre journal du printemps… ce serait très très cool. Je joins une enveloppe timbrée à cet effet. Merci les gars. S’il vous prenait la fantaisie de publier cette lettre, sachez que je ne vous en tiendrai pas rigueur. Ouala, c’est à peu près tout.

Ah, ouais j’allais oublier, je fabrique artisanalement des bongs (bhangs) de toutes tailles pour déco ou usage perso, c’est selon. N’hésitez pas, écrivez, donnez-moi les mensurations de l’objet de vos désirs et j’exaucerai. Je pense qu’il est inutile de préciser que je n’utilise que du bambou et, bien entendu, les prix sont très modiques (100/150 baluches). Bon. Fin de la coupure pub, je vous remercie encore et dés que je touche un peu de francs (un bong ou le chomage), je m’abonne, c’est promis.

Katia, ma copine vous fait de grosses bises (elle est très câline), quant à moi je me contente de vous en serrer cinq en vous disant à bientôt, au plaisir de vous lire.

Marc

Si vous désirez contacter Marc, écrivez au iournal, on fait suivre.

Je rêvais d’être pompiste

Je rêvais d’être pompiste, je finis RMIste
Avec mon âme d’artiste, je persiste
Insertion, Exclusion, Expulsion
Y’a pas vraiment que du bon.
Administration, tu rentres avec un carton
Tu ressors avec un jeton.
Secours Catholique, on appelle les flics
Secours populaire, mieux vaut me taire
Resto du Cœur, c’est juste pour ma petite sœur
Y’en a vraiment marre, je prends une arme,
Merde ! un gendarme.
Prison, j’ai fini de tourner en rond.
Je rêvais simplement d’être pompiste…

Gaby

Chers Amis d’ASUD,

J’ai croisé Mr Quotidien, lors d’un voyage de routine, lequel côtoyait Mme Habitude, fidèles à la vie à la mort. D’un rouleau de p-cul à un rouleau de papier, il n’y a qu’un pas, des tubes cathodiques aux tubes à insuline, il me fallut un autre pas (aux trépas…), bien-sûr, je les ai franchis, les deux pieds joints (joints…).

Finies ces heures giratoires à l’emploi du temps du tant et temps, terminé ce no man’s land iournalier et autre Républicain Lorrain, j’avais trouvé l’intemporel, la belle kafkaïenne au pays des merveilles de fixette ! Sans parler de la sœurette au visage si pale. La mariée était en blanc, vêtue de ses plus beaux cristaux, j’avais toujours sur moi l’appareil et son flash automatique, vous me suivez ?

Et ça fait presque 10 ans que je ne fréquente plus Mr Quotidien et Mme Habitude, non maintenant, mes meilleurs amis sont ce charmant couple, vous connaissez sûrement, Mr Débit et Mme Galère. Je dois avouer qu’on s’entend bien et cette fois, je crois pouvoir dire que c’est à la vie à la mort ; Et on continue à penser que les T.O.X* ne sont ni fiables ni fidèles, non-non, ce n’est qu’une métaphore.

Et si on arrètait l’auto-flagellation, la masturbation intelectuelle de nos neurones en voie de disparition. Vous savez, ce qui me chagrine le plus en ce bas monde, ce sont l’augmentation des prix, le pouvoir d’achat en continuelle baisse, c’est l’abatage répressionniste, la concurrence déloyale, la quantité au profit de la qualité et j’en passe et des pires et tutti-quanti. Et ces putains d’enculés des deux côtés de la barrière, oh pardon ma langue a fourché. Et sorry pour tous les terriens omosapiens en mal de vivre mais j’aime faire l’amour et parfois ça fais mal et j’aime la dope et parfois et je ne fais de mal qu’à moi-même. Je suis une consommatrice en puissance, parmi tant d’autres et personne ne me dit rien quand ça engraisse la corruption de sa mémère et de son pépère.

Vous savez, quand j’étais gosse, j’avais des crises de foie à cause des bananes. Le docteur me disait, ralentie ça ira mieux. Aujourd’hui 20 néocodions attaquent plus mon foie qu’un pet et le docteur me dit, prend de la viscèralgine forte et du lexomil mais surtout, arrêtes tes un ou deux sniffs (ou pets) par jour et j’attends patiemment qu’il termine son ordonnance par un « ça ira mieux ». I like it, my dear.

Et essayons d’être un peu positif… Je vous laisse, ça va mieux.

* = terrain à oxygène xénophobe

Bisous.

Sophie

Courrier des lecteurs (automne 1995)

Éventuel plaidoyer d’un toxicomane.

Si j’avais une requête à formuler, de l’ordre du détail, ce serait celle-ci :

Quitte à vendre des stéribox (ce qui en soit est déjà bien) il faudrait que ceux-ci soient complets ; à savoir en sus des seringues fournies y ajouter du coton hydrophile, de l’acide citrique (remplaçant ainsi le « vieux » citron pas toujours très frais…), une capsule stérile en guise de cuillère, sachant que la « toujours vieille cuillère n’est-elle pas toujours très fraîche » par souci de récupération on laisse volontiers y sécher le dépôt pour un jour, éventuellement s’en servir en cas de pénurie. C’est ici un raclage de fonds de cuillères truffés de bactéries et autres microbes (veuillez excuser ici mon manque de connaissance scientifique et par la même excuser de rentrer dans une sorte de détail technique cru et sordide). Mais je crois le sujet suffisamment grave pour faire fi des usages et bonne manières.

Des esprits réfractaires ou même d’autres, ceux là bien pensants, pourraient alors me rétorquer :

Et puis quoi encore ? « Monsieur » ne voudrait-il pas d’une infirmière pour lui faire son shoot ?

Et bien si justement, cela éviterait bien des accidents et autres infections tous les deux plus dangereux l’un que l’autre.

Et surtout, en guise de conclusion, s’il fallait pour se shooter se rendre dans un quelconque établissement hospitalier, l’adolescent que j’étais alors aurait, certainement, trouvé ça bien amer, moins grisant (car dans ce contexte ça l’est) que d’aller chiner en képa à 20 keus rue Ramponneau ou dans n’importe quels bas fonds qui restent encore à Paris, à 5h du mat, à la sortie d’une boîte, déjà un peu éméché, avec tout le « parfum d’aventure » que cela implique (à savoir dealers, flics, bref… dangers). Pour moi, en tous cas ce n’eut pas été, mais alors pour le coup, nullement excitant, que de me rendre tel un malade dans un endroit aseptisé en toute sécurité me faire administrer de l’héroïne…

Qu’adviendrait-il alors, de ma révolte de « jeune con révolutionnaire » que je traduisais de façon flagrante par ce geste : le shoot, le suprême interdit, dangereux de surcroît, quelle « émotion », quelle « bravoure » au sens premier du terme, c’est à dire brave, se mesurer à un si grand danger. Je suis absolument convaincu que j’eusse alors préféré exprimer ma révolte (quasi viscérale quand on a 17 ans !) en détruisant je ne sais quelle cabine téléphonique publique, arrêt de bus ou autre symbole de cette société tant haïe, encore une fois, quand on est un grand adolescent et que l’on s’ennuie à en mourir (c’est malheureusement le cas de le dire).

Mais la vie d’une cabine téléphonique est peut-être jugée (par ceux qui jugent) plus importante que la mienne.

D’où l’humilité de ma requête du début… (juste un stéribox complet).

Que demander d’autre, la Révolution n’existant plus que dans les rêves d’un monde qui aurait un visage humain et, après mûre réflexion, c’est bien là malheureusement qu’est sa place…

Hervé

Salut les potaux,

Il y a une semaine, j’ai reçu d’un pote 3 revues ASUD Metz, ma zone. Je les ai lu et j’ai horreur des quinboux mais celui-ci même en piquant du zen, j’y arrivais. La preuve, j’ai oublié mon arrivée à la gare de l’est et suis sorti du train avec ma gueule enfarinée. Boum ! je suis tombé sur les douanes, ça m’a fait tout drôle.

Je vous avais fait une lettre de quelques pages mais je l’envoie pas, je causais de ma vie et de ce système qui ne pense qu’à casser l’homme. Ils n’ont jamais réussi. Je suis un verni, mon prix est assez élevé tout de même 10 ou 11 ans de tôle fait… Là, j’ai cassé un dealer et il m’ont sauté avec le fruit de mon casse, 75g.

Je m’appelle Marco, je suis séro depuis 84 environ. Ma meut s’est envolée début 93, j’étais en tôle. Elle s’est envolé à Dam. Merde, en dope, parfois tu décroches, tu morfles. J’ai eu un bon coup de blues en mai et j’ai fini à l’hosto. Là, bilan, T4 : 60, hépatite Cet patati et patata. Je me suis tiré à Dam in the street : dope, coke ; puis, je suis remonté sur Poitiers où j’ai élu domicile chez mon frère pour les lattes et pour dossier programme de substitution, attendre septembre.

J’étais pas accro comme une bête, je suis pas un intello, ma vie est la mienne, merde. J’ai toujours vécu au feeling, je suis un battant. Je connais pas encore mon juge. Je vais écrire à Asud Metz aussi. Là, vous recevez ma lettre rapidos, pouvez-vous me refiler l’adresse d’un bon petit avocat. Je suis comme vous, et en tôle, il faut que je me batte. Être séro ici, c’est pas évident. Je suis un être humain ! Un toubib m’a mis incompatible à la garde à vue et un autre m’a renvoyé en garde à vue.

Bon j’attends des news pour plus ample causette. Et les gars, Asud est la revue qui me donne envie de me battre avec le cœur. Ciao !

Marco

Monsieur,

Dans ma première lettre, je n’ai pas pu développer la sensation de bonheur que j’ai eue en prenant connaissance de votre existence.

Aujourd’hui, je trouve un grand réconfort à savoir que les toxicomanes et les anciens toxicomanes comme moi sont capables de s’exprimer de façon correcte. Durant au moins 14 ans, le gouvernement a fait croire que nous étions les coupables de tous les maux de la société. La grande répression dont nous avons souffert durant le gouvernement socialiste nous a pratiquement réduit au silence. Chacun de nous avait peur pour sa liberté et nous pouvons mesurer aujourd’hui les dégâts occasionnés par cette répression.

Comme Maurice SACHA a écrit : « il faut en passer par là pour pouvoir en juger ». Chose dont je ne veux pas me priver étant moi-même passé par là. J’ai tout connu prison, mépris, abandon, misère, etc l’enfer !

Aujourd’hui j’essaie de me mettre debout étant donné que j’ai vécu presque à genoux. Les séquelles physiques, mais tant bien que mal nous sommes en train de marcher debout.

Je le répète à nouveau, je suis heureux de vous avoir trouvé. C’est comme si j’avais trouvé un frère dont je ne connaissais pas l’existence. J’espère que dans l’avenir nous resterons en relation.

Si quelqu’un peut protéger nos frères, nos enfants, c’est bien nous par notre expérience qui pouvons atténuer l’attirance de la jeunesse pour les interdits et notamment la drogue. Nos conseils seront, j’en suis sûr, écoutés dans l’avenir.

Nous sommes des idéalistes sans idéal, mais peut-être que nous avons trouvé là, l’idéal qui nous a manqué. Au moins avons-nous trouvé là une motivation pour continuer à vivre et pour vivre, il faut se battre. Sommes-nous assez mûrs pour combattre ? Je le crois.

Je crois même que c’est à l’approche du deuxième millénaire que nous pouvons être de dignes combattants, mais c’est avec la morale et avec le cœur que nous devons combattre. Victimes de nous-mêmes, victimes de la tentation et de notre jeunesse, victimes tout court ! La société ne nous pas protégés, mais a su nous faire payer nos fautes avec les siennes. C’est la société qui a été la plus coupable à mon sens. Il est facile d’accuser les autres de tous les maux de la société.

Nous les toxicomanes avons souffert d’une discrimination absolue. La société nous a mis dans l’oubli et nous a séparé d’elle comme une mère indigne. Sommes-nous aujourd’hui des orphelins ou des enfants abandonnés ? Cela tient certainement au deux.

Pour beaucoup de gens nous sommes encore des trouble-fête et personnellement, j’espère que nous le serons de plus en plus. Parce que c’est une quête de justice et de vérité que nous poursuivons aujourd’hui. C’est aussi parce que nous refusons d’avoir perdu nos amis, nos enfants, nos compagnes, dans un silence et un oubli total que maintenant nous posons des questions et demandons des réponses.

Espérons que les hommes qui nous gouvernent aujourd’hui n’aurons pas notre lâcheté d’hier.

Antonio Viera Branco

Monsieur,

Toxicomane depuis 5 ans et bientôt âgé de 26 ans, je suis en phase de décrochage, enfin je suis en train de diminuer mes doses. En effet de 4 à 5 grammes par jour, je n’en prends plus que une à deux fois, voire trois fois par semaine. Mais ceci n’est pas le propos de cette lettre. Je vous écris pour envoyer un poème de ma composition que j’ai écris un jour d’insomnie à cause du manque.

J’espère sincèrement que vous allez le publier, sinon tant pis. Dans l’affirmative, je ne le saurai pas car je ne suis pas abonné à votre journal mais ce n’est pas grave car si je vous l’envoie c’est pour en faire profiter tout le monde. Je vous remercie d’avance et vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Morphée Mon Amour !

Des champs de pensées
Se dressent devant mes insomnies ;
Les ai-je vraiment méritées ?
Si oui et bien tant pis.
Toujours la même obsession
Et Morphée ne veut pas de mon intrusion
Dans ses bras ou alentours.
Et je vois défiler les heures tout à tour.
Des images plein la tête.
Et mes nerfs s’enveniment,
Mon sommeil n’est pas à la fête
Et demain j’aurai bonne mine.
Tiens un fantôme vient d’entrer
Avec lui je vais pouvoir discuter.

Cyril

Mes semblables, bonjour,

Mon dernier courrier à ASUD ; voilà plus d’un an ! Vous avez publié ma bafouille sur la façon de mourir à l’hôpital P B.

Depuis, je n’avais vraiment plus le choix. Maryelle est morte et moi seul avec notre fils. 17 ans. Je suis très seul et cette fatigue… bon passons. Je décide de prendre de la Métha. Après tout, j’avais tout essayé pour obtenir ce « privilège ». Direction un Centre parisien de méthadone. 6 mois difficiles. Impossible d’arrêter la dope. Petit à petit, 1 OO mg de métha et petit à petit, impossible de sentir la dope. Donc voilà, 100mg de moscontin + 90mg de métha. Voici mon menu journalier. Et cela, depuis plus d’un an. Enfin quelques embrouilles pour refuser les analyses d’urine qui sont une honte. Enfin, plus d’analyses. Mais cela ne plaît pas à tout le monde. Mme W., Directrice, décide sans même me prévenir d’arrêter le don de méthadone et voilà, rien du jour au lendemain !

Je pense qu’elle est vraiment irresponsable. On n’a pas le droit de jouer avec ce genre de produits. Je pensais bêtement que la médecine ne jouerait pas à ce jeu là. Cette histoire est très grave. Et je vous pose une question : Y-a-t-il, a+ on enfin des droits ? Je ne suis pas trèls bon pour écrire mais je suis K.O. Jamais un dealer ne m’a fait ce genre de plaisanterie.

Voilà, Maryelle est morte en 93. Moi, c’est peut-être pour… enfin. Mais il y a Julien,· notre fils, lui, n’a rien demandé et pourtant il vit, il aimait sa maman et il m’aime. et compte sur moi.

La métha, oui mais attention au dérapage. Si cette dame joue avec ce produit, elle joue avec des être humains. Et nous sommes bien loin de la médecine. Je suis très malheureux. Ces gens là me font peur. Et ils ont le pouvoir total. Oui, au fait, pourquoi cette décision ? Tout simplement pour une sombre histoire de café. Tout simplement, Madame ne voulait pas qu’on fréquente le même café qu’elle. Pas mal, non !! À quoi ça tient tout ça. Elle oublie que c’est ma vie, mes souffrances. Attention à ce genre d’affaires car il n’y a pas de limites. Si elle en vit, nous on en meurt.

X , le 1/11/95

Cher ASUD,

J’aimerais bien te lire, pas après 3 mois ta tissor (style Laënnec « Monté Cristo » ou Corbillon « St Denis »), comment faire pour le recevoir chez moi, tranquille-pépère ?

J’ai vu un mec de « Potes à Potes » qui veut m’interviewer, mais moi je suis pas un monstre de foire (et toutes les manières, les vices, etc.).

Je suis tombé par hasard sur Dans Cités d’Oliventstein, je l’ai pas commencé. Je finis ASUD, que je viens d’avoir, le n°9 alors que j’en ai que 3 à la maison. Pourrais-tu arranger mon problème ? (à AIDES Paris, carrément il n’ont que 2 n°).

J’ai arrêté la came depuis décembre mais pas la coke. Ils me donnent du Moscontin®, 400mg/j, mais ça me suffit pas, en septembre, ils vont me filer la métha.

Ça fait douze piges que je suis séro+, hép B et C. Mon connard de généraliste m’a dit que j’avais une cirrhose mais pour dans 5 ou 10 piges, alors je continue un peu de tiser la rebié. J’ai 800 T4 (encore), 400 et 350 transaminases et 600 gamma GT. C’est grave docteur ASUD ?

Répond moi, s’il te plaît, vite !

Je n’ai plus d’amis (ils sont morts), je n’ai plus de famille (elle flippe de moi). Que faire (une bastos dans la tête) ?

Continuez, je vous aime.

Patrick

PS. Quand j’aurais un bifton de 50 balles, je le glisserai dans l’enveloppe.

Courrier des lecteurs (printemps 1995)

Lettre ouverte a tous les pharmaciens qui se posent encore des questions sur les produits de substitution, leur utilité.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui s’est accroché depuis longtemps : environ 10 ans.

  • Trouver un médecin qui veuille bien sortir son carnet à souches, pas forcément évident ! Moi j’ai la chance de connaître des filières.
  • Par ce jour de mai, en fin d’après midi, j’emmène mon amie chez un médecin, il lui fait une prescription pour 14 jours de moscontin 60mg (posologie normale pour petit cancéreux, pas de quoi mettre un cheval les quatre fers en l’air). Donc ordonnance en règle, carte sécu + Paris santé.
  • Nous allons tous deux dans une pharmacie à côté de son cabinet : 1 ère excuse ne prends pas la carte Paris Santé, nous sommes en proche banlieue à une station de métro de Paris, d’après l’officine cette foutue carte n’est remboursée qu’à Paris, 1/3 payant, il ne veut pas en entendre parler,
  • Nous allons dans Paris, nous n’avons pas, il faut commander, vous aurez demain soir. Pour cette personne c’est impossible, commencer le boulot à 7h du mat, malade, c’est pas possible !
  • De plus, nous prendre pour des cons comme c’est pas permis, comment voulez-vous que des bons rapports s’installent entre toxicos-pharmaciens, c’est impossible !
  • L’image d’épinal du junkie qui s’éteint en Inde, etc. terminé, le laboratoire ne fabrique plus et si par hasard je suis livré (ne pas oublié de mettre le timing-chronologie oblige), ce ne sera pas avant 48h (donc il découlera un décompte de comprimés, de…).

Nous décidons tous deux d’aller voir dans les pharmacies open 24/24h de Paris Centre ; ce sont en principe des boutiques à vocation d’urgence ; le tableau B peut devenir vital pour quelqu’un qui cherche à s’en sortir.

Nation 2 apotek, nous nous sommes heurtés à un mur d’incompréhension, la peur de l’autre, mon amie et moi n’avons pas le look (serpillère junkie).

Nous avons encore fait deux tentatives, ils ont tous joué sur le coup de la livraison, lorsqu’ils n’ont pas déblatéré un monceau d’âneries.

22h. Découragés, nous sommes allés pécho (grâce de détails) du côté de Belleville et sommes rentrés. Mon amie a pu aller travailler et moi je suis allé chercher ses comprimés dans une pharmacie que je connais le lendemain matin.

L’État baratine les médias avec la substitution mais que de beaux discours, de belles phrases qui n’aboutissent à rien.

Dans cette histoire, malheureusement, la mentalité des gens dits « bien pensants », n’est pas prête de changer, quand apprendront-ils à vivre avec les drogues au lieu de les combattre.

Jean-Marc

Cher Monsieur,

C’est un plaisir que d’avoir reçu votre publication lors d’un récent colloque « la méthadone à Tourcoing »·(…)

L’essai comparatif des produits de substitution opiacés appelle quelques compléments d’information.

Le Palfium est à l’origine probable de talcose pulmonaire et d’emphysème avec insuffisance respiratoire. La méthadone est donc de la morphine chimique et sa « décroche » n’est douloureuse que si elle est inutilement rapide. À long terme (six mois) le décrochage est totalement indolore.

Il faut signaler qu’à la baisse de libido correctement décrite est associé un retard à l’éjaculation qui perturbe bien des couples. Ce phénomène est lui aussi transitoire.

La méthadone remet en marche la machine à bébé. Il y a donc lieu de prévenir les jeunes femmes de veiller à la contraception.

Ma population consultante utilise aussi largement le Rohypnol comme substitut temporaire de l’héroïne. L’Halcion ne fait pas partie de la culture toxicomane locale mais est, je crois, utilisé en France et l’a été en intraveineuse en Angleterre.

Il y a lieu de mettre en garde les usagers contre les effets graves de l’utilisation du Rohypnol (sensation d’invincibilité, levée des inhibitions, agressivité, passage à l’acte et amnésie rétrograde quasi complète). Encore bravo pour votre journal auquel je me fais un plaisir de m’abonner à partir du n°1. (…)

Bien amicalement

Marc JAMOULLE

Cher Asud,

Tout d’abord merci de m’avoir envoyé ASUD Journal (que j’avais déjà !).

Avec quelques personnes de mon ento – rage, nous voulons monter un ASUD Brest… Ce n’est pas facile d’essayer d’introduire dans le système social actuel de cette ville des toxicomanes qui sont automatiquement considérés comme les lépreux de la société. Surtout si ils ont le malheur d’être atteints par le VIH (Virus Inventé par l’Homme) on les fuit comme la peste.

« Poison pour empoisonner la flèche » est la définition étymologique du mot toxique qui vient du grec toxikon. Le saviez-vous ???

C’est la confrérie des politicards, des argousins et des médecins aidés par leurs potards qui ont bandé l’arc pour pomper de leur corps social et de leur ordre public les toxicomanes, en leur ayant trouvé une infirmité, une morbidité, un mal-être qui les détruit jusque dans la tête.

Je n’aime pas trop écrire de lettre, je préfère la poésie, comme message à faire passer ; tous les jours, tout le temps, comme un dessin au destin. Comme seul dessein, nous voulons faire un ASUD Brest.

Je vous remercie beaucoup d’exister.

Saïdem

A. Z. T.

Attention Zone Touchant
Une certaine catégorie
Une certaine ethnie
D’individus pas clairs.
Il y a ZIDOVUDINE,
mot technique qui m’ennuie,
Car c’est vrai qu’il ne faut pas avoir l’air,
L’air d’y croire qu’un jour on contracté
Sans le vouloir ce virus qui nous met dans la galère.
AZT est ton médicament,
Il est bien et va te soigner.
C’était l’été, on t’a prescrit ce remède de survie,
AZT juste après la misère,
La maladie, un putain de calvaire,
AZT t’es complètement contaminé,
Enivré, cassé…
AZT rustre qui promet un autre verre,
Un autre amour, on t’a trouvé
Pour découvrir une autre maladie,
Avec un zeste de tronci,
Tu fais tourner ta pompe
Tu propages ce mal que tu ignores dans le fond…
Comme un reste de survie tu peux plus rompre,
Fais gaffe aux traces sur les draps et le caleçon.
AZT te préserve,
AZT pour l’été,
Milieu médical et intervention radicale,
Pour ce cor au pied, ce poil sur la main,
Et cette maladie du nez,
Tu vas développer, tu vas attraper,
C’est musical, ça sonne sida à l’oreille,
Nouvelle, comme la peste noire au Moyen-Âge,
Tu vas, nous allons la voir
Décimer des amis à pleines pelles.
AZT est là !
Il te délivrera. AZT est ton médicament,
Il te ment.
AZT et la misère : rien à voir,
AZT rime avec espoir ou cafard.

Saïdem

Témoignage d’un ancien toxicomane

Comme Annie Emaux en exergue de son livre « La Place » (Prix Renaudaut 1984), je citerai cette phrase de Jean Genet :

« Je hasarde une explication : écrire c’est le dernier recours quand on a trahi »

— et donc j’écris —. Je pense avoir trahi moi aussi. Il s’agit de savoir exactement pour quoi, afin, en quelque sorte, de m’exorciser et de vaincre mes démons.

L’abandon de mes études est une explication mais elle ne m’apparaît pas comme essentielle.

Une séparation amoureuse à vingt ans avec celle qui fut la première femme que j’ai réellement aimée, n’explique pas tout. C’est le lot de beaucoup, il faut du temps pour « savoir » aimer, et être adulte en matière d’amour.

Alors quoi ? Je l’ai, je crois, cette réponse mais il me répugne d’en parler. Il s’agit de la DROGUE, qui m’a fait perdre toute dignité naturelle.

À cause d’elle. Dieu ou toute idéologie, qui est un trop grand mot en la matière, toute philosophie ou construction spirituelle, ne se fait pas ou plutôt ne se bâtit que par à coups, mais aussi de façon décalée, parallèle, sans aucun rapport avec la réalité de l’époque.

L’on est persuadé qu’il y a là, au milieu du système, une autre manière de vivre, sans foi ni loi. (Et là, je parle surtout de l’héroïne). Je ne dis pas que nous devons tous vivre comme des robots, que la différence, l’originalité, la liberté ou sa recherche ne sont pas permises, dans une société démocratique. Mais la recherche du bonheur par le biais de la drogue ne conduit pas, justement, à l’indépendance mais plutôt, à l’emprisonnement dans les sens du terme, hélas…

Pour en venir à cette drogue, nommée « douce », je veux parler de l’herbe ou son pollen, le haschisch, je crois qu’il est encore trop tôt pour le légaliser en France, même si de plus en plus de gens de tous milieux l’utilise, plus ou moins régulièrement.

On doit la dépénaliser pour une faible quantité, mais c’est tout, car son grand danger – et on revient à ce qui fut écrit plus tôt – est que si elle est consommée dès l’adolescence, elle désocialise peu à peu, et enfin, présente le danger que son utilisateur passe à une drogue « dure ».

Enfin, la dernière donnée et la plus horrible, je veux parler de cette maladie nommée SIDA, car malgré toutes les protections mises en place par les services publics, comme par exemple, le vente des seringues, la shooteuse reste dangereuse à ce niveau là.

À cause de l’inconscience de certains, l’on devrait brûler tout le pavot de Terre. (je n’oublie pas évidemment, que la maladie peut se contracter par d’autres biais). D’aucuns, mauvaises langues, pourraient affirmer que Dieu nous punit de la libération des mœurs en matière de sexualité et de cette tendance, apparue un peu partout, depuis une trentaine d’année. Je veux parler de la drogue et de l’héroïne en particulier. Ce raisonnement n’est évidemment pas sérieux.

D’autres affirment que des savants de l’ex-URSS ou de tout autre pays, auraient créé ce virus afin d’éliminer ceux qu’ils jugent inutiles ou déstabilisants pour la société. Je n’y crois pas non plus.

Face à tout cela, un seul espoir, la science, et tenir le coup le plus possible. Quelqu’un disait que « le génie c’est de durer ». Nous la vaincrons cette satanée bestiole, je vous le promets.

Restez géniaux…

Un médecin nous écrit…

Messieurs,

À vous lire, et d’autres, il serait regrettable que la méthadone ne soit pas plus accessible aux toxicos ? J’ai cinq ou six anciens toxicos dans ma clientèle qui ont décroché grâce au Palfium ; ils prennent un ou deux Palf/j, et cela leur évite la prise de « benzo », et ils ne se piquent plus (ou presque) ; on a l’impression qu’il y a des intérêts économiques non avoués derrière l’ostracisme qui frappe le Palfium au détriment de la Méthadone ?

Votre opinion m’intéresserait ! Merci.

Dr B…

Réponse ASUD : non, Cher docteur, Asud ne détient aucun intérêt financier au développement des programmes méthadone ! notre seul intérêt est de voir nos amis, et nous-mêmes, mieux vivre, survivre… Oui, la méthadone aide à sauver des vies, et nous estimons qu’il est criminel d’empêcher les usagers de drogues qui le désirent, de pouvoir y accéder ! n’oubliez pas qu’il y a encore un an, seulement 52 places étaient disponibles. C’est non seulement regrettable mais aussi criminel. Oui, nous revendiquons d’avoir le choix de nous sevrer ou de nous substituer à la méthadone ou à autre chose… En ce qui concerne le Palfium, il nous semble que ce produit est extrêmement difficile à gérer : sa durée d’action est très courte et il provoque une très forte tolérance. Nous avons pu le constater au sein même d’Asud ! Sachez que certains d’entre nous en consommaient plus de 100 amp/j… On est loin des 2 cp/j que vous prescrivez à vos 6 « clients ». Êtes-vous bien sûr qu’ils s’en contentent ? Sont-ils seulement encore accros ? 2 cps de palfium ont une durée d’action d’à peine 6 heures, dois-je vous rappeler qu’un journée dure 24h ? Ceci dit, tant mieux pour eux s’ils arrivent à se stabiliser ainsi, et bravo à vous de prendre le risque de ces prescriptions.

PS : en ce qui concerne d’éventuels intérêts financiers, nous devrions alors promouvoir le palfium, la société Synthélabo qui le commercialise ayant soutenu à plusieurs reprises notre action.

Dr Asud

Il était une fois dans l’Est… de la France

Salut à toute l’équipe.

Tout d’abord un grand merci pour les documents que vous m’avez envoyés, ce sont les plus intelligents que j’ai reçus, et j’avoue que je suis réconforté de savoir qu’Asud existe car en ce moment dans mon bled et d’ailleurs partout en France, c’est très, très “craignos” ; la répression s’accentue et paradoxalement, il y a toujours plus de came aussi qui redevient de meilleure qualité que ces derniers mois, où il y avait beaucoup de “daube” ; comment cela va-t-il finir ?

Je crains fort de bientôt me retrouver en galère, je ne suis pas un dealer, mais je ne dois rien vous apprendre : pour avoir ma dope quand je n’ai plus d’argent, je fais les commissions pour d’autres, au moins pour assurer au jour le jour. Je n’ai jamais eu le sens du bizness et l’argent me dégoûte tellement qu’il n’a que la valeur de la came. Comment les gens qui se disent responsables en nous gouvernant, ne voient-ils pas un peu plus positivement ce problème ? Je ne comprends pas pourquoi ils n’essaient pas d’enlever le marché à toutes les mafias et dictatures qui approvisionnent en dope, d’où le prix excessif, donc toute la criminalité qui en découle.

Bref, je vous écris surtout pour vous demander de l’aide à l’élaboration d’un tract, afin de faire comprendre aux autres copains de galère, aux autres toxicos, qu’il faut que l’on puisse se faire entendre. Vous savez que c’est difficile de leur enlever la peur des autorités. Pourtant, il faut comme c’est écrit dans votre journal, que l’on soit reconnu comme des citoyens à part entière.

Ici, c’est encore plus difficile, étant donné que c’est un village, en ce moment dans le village où je vis, nous les toxicos, on se voit interdire dans tous les bars du bled, si j’arrive à comprendre les patrons de café car les flics leur mettent le couteau sous la gorge, la situation est intenable, même à l’extérieur le climat est très malsain, il y a les stups, les douanes, les flics locaux, enfin c’est presque un assiègement, à quand le couvre-feu ? Faut dire qu’il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait une affaire de dope dans la presse locale : il y a 15 jours, ils ont arrêtés le meilleur dealer du bled avec 100gr d’héro, 100gr de coke, 1kg de shit, en plus ce con se baladait avec 200 000frs, tout ça dans sa tire : les flics ont dû jouir ce jour là ! Depuis qu’il est tombé, il y a au moins 10 mecs qui prennent sa place, y’a de la concurrence !

Je suis impatient de venir vous voir, car je ne suis pas très fort pour l’écriture et je préfère parler. Bon, je vous quitte en vous remerciant encore. Salut ! (excuse mon écriture, j’ai pas trop la pêche)

Pierrot, 15 avril 1993

Tranches de…

Tout bourreau est sa propre victime.

Le produit comble un manque mais pas celui du produit. Il permet d’échapper à son histoire,et peut-être au delà.

Ma mère ne voulait pas de moi. Après 5 fausses couches, le 6ème embryon, moi, était trop bien, selon ses propres termes, «accroché». Contrainte de garder ce fils adultérin, conçu dans je ne sais quel foutoir. Je devins exutoire.
Pas de sein maternel, relégué au rang d’objet, elle frappe quand ça la prend, elle s’acharne. Le fruit de cette union est là, devant elle, toujours présent, porteur. Elle enrage, me met nu, me cravache, je tiens bon, elle m’arrache un cri.
L’abandon, les coups de pieds, les coups de poings, la culpabilité, le mensonge, autant de maux devenus constitutifs de la notion que j’ai de l’amour.

À huit ans arrive le couronnement: une bonne petite circoncision la «sans-manche» (pour les connaisseurs). Cette opération est effectuée sans raison médicale ni religieuse par un chirurgien que je qualifierais (pour le moins et pour vous, lecteur) de véreux.Sur la table d’opération l’anesthésiste me demande «piqûre ou masque»? «piqûre !» Tous sont surpris par mon choix. N’aurais-je pas eu précédemment une expérience au gaz?

A 5 ans, je me souviens, j’essaye de me pendre et demande à ma mère de tirer sur la corde. Elle me gifle.
Né avec le cordon ombilical autour du cou, me présentant par le siège, je ne devais déjà pas avoir trop envie de venir au monde.
Je cherche à fuir. Drogues, sectes, amour, suicides, psychiatres, programmes, thérapies, etc…
La mort ne veut pas de moi. La vie est trop forte.
La renaissance, tant espérée, elle non plus ne vient pas de moi. Labyrinthe, chimère, mur. Est-ce donc cela être humain.
Comment faut-il vivre ? Comment? VIS
Je suis là, tout de noir vêtu. Le noir, ma protection, ma chaleur.

Je lutte, à la fois contre la haine, et la souffrance qui m’habitent. Je me noie. Heureusement, le produit est là, comme l’air, vital. Il me soulage temporairement peut-être et après. Il ne me ment pas, je le sais, ce n’est qu’un moyen, peut-être pas une fin.
Je le tiens et j’y tiens.
Personne ne sait pour moi.
Quelques heures, comme si j’avais eu ce qui est dû.

Jacques

Témoignage : une prostituée raconte

A la demande de l’intéressée, les prénoms et les situations on été volontairement changés.

J’ai trente ans, et je vis de la prostitution depuis trois ans. Je suis d’origine étrangère. Il y a dix ans, j’étais une autre femme : j’étais jeune et belle, et mon existence était sans problème, partageant mes journées entre ma petite fille, mon compagnon et quelques amis.

J’étais très heureuse; à cette époque je fumais un joint de hasch de temps en temps, à l’occasion d’une soirée. cela aurait pu durer I! Mais en 1986, je fus hospitalisée pour une opération bénigne. Marc, mon conjoint, décide pour des raisons pratiques d’emmener notre fille à la campagne chez sa mère. Un chauffard grille un stop … Marc et Karine arrivent au mauvais moment. Le choc ! Le silence, la mort. Ma vie bascule. Au début, les larmes, les amis qui vous soutiennent, la détresse, puis, un à un, les proches qui se lassent et qui ne reviennent plus. La solitude, puis l’errance de psy en Hôpitaux psychiatriques. La colère noyée dans l’alcool. Et seule, livrée à moi-même, je rencontre un toxico. Éric est aussi perdu que moi. Alors, pour contrer la malédiction, nous partageons tout … Commence mon initiation – d’abord le premier shoot puis, de temps en temps – et enfin tous les jours. Pendant dix-huit mois, la dépendance, la recherche d’argent pour assurer la came ; les vols ; les flics et un jour – encore – un nouveau drame. Une came meilleure que les autres fois, et c’est l’Overdose d’Éric. Me retrouvant seule branchée dans le circuit de la drogue depuis quelques mois, un dealer me propose de revendre pour lui, et de me brancher pour faire des passes avec des amis à lui, en faisant fifty-fifty, au début je refuse !

Mais la réalité me fait changer d’avis Je prends de plus en plus d’héroïne, et quand j’ai pas assez d’argent pour payer le grossiste, je fais des passes : je michetonne sur les Grands-Boulevards. Ce manège dure depuis plusieurs mois. Première expérience avec la Prison pour racolage…

Un matin, un courrier de mon ancienne assurance me demande de les contacter. Et là, j’apprends que je suis la seule bénéficiaire de l’assurance vie de mon ancien conjoint. 40 millions ! Alors là, l’éclate ; je quitte Paris, je pars en voyage; l’Asie, la came, les hôtels de luxe, magouilles diverses. Un jour, plus un sou : Retour à Paris. Le manque dur et cruel. Au hasard de mes galères, je rencontre une vieille copine ; ça a l’air de bien marcher pour elle. Après avoir discuté, elle me propose de faire le tapin avec une autre fille à la Nation, elle me dit qu’à trois, je peut me faire mille cinq cent francs par soir ; j’accepte. C’est vrai, je me fais deux mille francs par nuit, mais entre les flics, les agressions des loubards, les obsédés et détraqués sexuels c’est vraiment dur.

Mon histoire est banale,! Un accident terrible. Au moment ou je voulais m’en sortir la société n’a rien fait pour moi, alors, peu à peu la déchéance, l’alcool et la drogue, et voilà comment je suis devenue une prostituée.

Le mot “être humain” a beaucoup changé…

En ce qui me concerne, mon parcours d’usager de drogues et de séropositif, je n’en fais pas tout un plat : on ne revient pas en arrière.

Je voudrais qu’on me foute la paix.

Comment peut-on se permettre de nous juger? et qui ? sûrement pas l’état ni les médias.

Je veux juste qu’on m’accepte comme je suis – avec ce que je vis.

Qu’on me considère comme un être humain et pas comme un mot : “TOXICO” – une étiquette qu’on vous colle sur le front pour nous cataloguer, méchamment , nous marginaliser. Quand on regarde ce qui existe, on voit qu’il faut dépasser la question, trouver la solution.

Pour ceux qui partagent la même idée mènent le même combat VIVRE juste VIVRE.

Comme on peut tant qu’on peut.

Moi, je m’aide moi-même.

Déjà, avec les moyens du bord, les autres suivent. Penser ça, c’est un pas en avant,et, sans censure, pouvoir l’écrire.

Hervé MICHEL

Coup de manque

J’en ai pris hier, aujourd’hui
Pour m’échapper un petit moment
Pour oublier, quoi, je ne sais pas
Peut-être un peu tout, la vie je crois
La came est là dans mon corps et dans ma tête
Je suis bien.

Le jour s’est levé et avec lui la douleur
Les yeux à peine ouverts, elle m’étrangle et me
Fait tordre dans mon lit.

Je voudrais bien essayer de rattraper le fil
De mon sommeil perdu pour replonger dans le nord profond
Pour échapper à la vrai souffrance
Insupportable qui me vibre dans tout le corps.

VALÉRIE

Histoire ordinaire d’usagers de drogue

Ce témoignage se situe dans une ville de quinze mille habitants dans une province rurale quelque part en France…

Ici, comme ailleurs les circuits de distribution du cannabis et ses dérivés sont conséquents et installés de longue date avec des moments d’abondance et de pénurie.

Mais, pour trouver “Hélène”1 il fut un temps où il fallait être bien introduit (introuvable dans la rue) pour pénétrer un milieu très fermé fonctionnant sur lui-même, dans la ville préfectorale voisine. Puis, il y a une dizaine d’années, les fameux “képas”2 à vingt “keuss”3 firent leur apparition. Depuis trois quatre ans, et parallèlement à la conjoncture sociale (chômage, nouvelle génération…) la consommation de ce produit s’est propagée dans notre petite ville et l’effet “boule de neige” n’a pas tardé à se faire ressentir, justifiant un approvisionnement quasi permanent.

Dans nos campagnes tous les milieux sociaux et styles de gens se connaissent et se côtoient plus ou moins. Malgré les modifications relationnelles que l’usage de l’héroïne entraînent, les “rapports” amicaux sont relativement maintenus et restent assez sains. Et comme “tout se sait” le dealer se doit, un peu plus qu’ailleurs peut-être, de fournir un produit de qualité et servi en quantité “honnête” pour assurer sa notoriété et sa sécurité. Souvent acheteurs et dealers sont amis dans la vie privée et partagent non seulement un même goût pour la dope mais aussi des relations professionnelles, familiales, des loisirs communs ou de chaleureux repas bien arrosés d’où une consommation (en groupe) plus proche de la convivialité cannabinique.

Mais quand décrocher est devenu une nécessité, s’arrêter, se mettre “au vert” est (peut-être) un peu plus facile que dans les grandes agglomérations car l’hygiène de vie générale y est meilleure, plus naturelle. Un cadre plus agréable sans le stress urbain, où on est moins soumis à la tentation, se prête mieux à faire refonctionner le corps normalement et à redécouvrir les petits plaisirs tout simples de la vie quotidienne.

Enfin, on peut, malgré tout, dire que ce petit monde animé par un même penchant pour cette substance illicite cohabite dans un climat où la solidarité et l’amitié restent à peu près authentiques et où les escroqueries, les arnaques qu’on attribue habituellement à ce milieu restent minimes.

Puis, arrive le jour où le fournisseur se déplace où cesse son activité, le temps des plans pourris où tu attends des heures un coup de téléphone qui ne vient pas et le manque qui se fait sentir. Commence alors la course contre la montre pour en trouver, ce qui occupe tout ton temps, ta tête, ton esprit, tes finances. Le plus souvent tu te retrancheras vers la grande ville la plus proche où selon les informations de ton réseau relationnel ton périple s’arrêtera peut-être, sinon, tu pousseras plus loin vers la capitale où, au pire, bien motivé, ce sera un aller-retour au pays des tulipes, avec tout ce que cela implique de galères, de frais supplémentaires, de souffrances physiques.

Reste la solution de s’abstenir jusqu’à la formation d’un nouveau « commerce ». Alors débute un autre combat face à un milieu médical mal informé sur le sujet voire pas du tout. Car dans certaines provinces, les institutions dites compétentes (médecins, hôpitaux…) appelées à l’aide dans ces moments là n’ont la plupart du temps aucune vraie information pratique sur le problème (alors que l’usager sait lui ce qu’il lui faut) et médicalement n’aident en rien sinon à t’abrutir à grands coups de calmants. Ledit toxico est, là encore plus à leurs yeux, un être agressif qu’il faut à tout prix rendre inoffensif. Que dire aussi des pharmaciens peu scrupuleux qui refusent de te détailler des seringues malgré la vente libre et t’obligent à acheter la dizaine voire la boîte entière (soit trente seringues) sachant bien que tu n’es pas en position d’aller te plaindre !

Contrairement aux grandes villes, l’anonymat est beaucoup plus difficile à conserver quand tu es repéré par les forces répressives locales, le SRPJ dont le département dépend, débarque et l’étau se resserre très rapidement. La promiscuité des relations a un risque encore plus important, la délation. Et, classique, la peur du gendarme pour les plus jeunes alliée à la parole des parents ayant foi en la justice, donnent des arrestations en cascade à la moindre petite affaire.

Du coup, le pauvre type reconnu à la tête du réseau fait la une des journaux locaux (voire même les actualités télévisées régionales) qui appuient leurs articles d’hypothèses les plus farfelues. Ils sera la « tête de turc » qui au jugement (qui sera exemplaire) écopera du maximum pour rassurer les honnêtes citoyens de la bourgade en question.

Quand à la personne séropositive, il lui est conseillé de n’en parler qu’à des gens de confiance, car la plupart des individus étant mal informés, et ayant nombre de préjugés (même parmi les consommateurs) des répercussions d’ordre professionnel, relationnel, le regard suspicieux que l’on lui portera sont à craindre.

Jusqu’au chantage affectif sur nos familles et nos enfants, l’usage de drogue est devenu un enfer, non pas par le produit, mais par la ségrégation, l’ostracisme, qui nous fait plus de mal que le produit lui-même, jusqu’à la maladie, jusqu’à la mort. Etre usager en province, c’est toujours prendre le risque d’être différent.

FRANCK & PUCE

1hélène = l’héroïne
2képas = paquet en verlan
320 keuss = 20 « sacs » (200,00 Fr)

Un mariage en garde-a-vue

Ce soir, ça fait plus d’une demi-heure que j’attends que le mec revienne avec ce que je lui ai demandé. Le voila, enfin! Vraiment décontracte, le mec, pour quelqu’un qui est surveillé par des civils. Je ne peux me douter de quoique-ce-soit déjà en tant que personne dépendante d’un produit plus cher qu’il ne vaut (tant pis). Personnellement, je ne pense qu’à ça. Ca fait presqu’ un an que je viens ici pour chercher mon plaisir, ce n’est pas journalier ! Mais juste une ou deux fois par semaine. C’est suffisant, et puis je n’aime pas courir après tous les jours. D’ailleurs, ça ne sert à rien, je préfère en avoir vraiment envie.

Toujours est-il que depuis le temps que je viens ici, je me suis rendu compte que les dealers extrêmement méfiants par expérience, ne revendent jamais s’ils estiment être surveillés. Et jusqu’à maintenant, tout c’est bien passé, le mec m’entraîne dans les escaliers. Je paye et je ne demande pas mon reste.

J’enfourche ma bécane, je démarre doucement et commence à descendre la rue tranquillement, enfin rassuré d’être en route pour la “casba” (maison). J’amorce un virage, et j’aperçois un type en train de renouer son lacet au beau milieu de la rue; je ralentis encore un peu histoire de passer en “lousdé” (en douce) à coté de lui.

Alors tout est allé très vite. Il relève la tête, me hèle et me demande une cigarette que je lui refuse poliment en m’arrêtant un dixième de seconde, ce qui suffit largement à son collègue planqué derrière une caisse, et qui me pécho (me prend) en traître le colbak (par le col) !

Je regarde l’autre : il se marre en me mettant sa plaque sous le nez. Ils m’entraînent dans une petite cage d’escalier à coté, et me demandent une première fois :

– Où est la came ?
– Je n’ai rien acheté!
– Allez … on t’a vu de toute façon !
– Je vous assure que je ne l’ai pas prise!
– Tu sais, à chaque fois qu’on gaule (prend) un tox,il nous donne toujours tout-de-suite sa dose; alors tu ferais mieux de faire pareil … de toute manière, on la trouvera !

Sur ce, ils commencent à me fouiller justement la bonne poche, et ressortent le keps (le paquet) entre leurs doigts. J’hallucinais ! Enfin … façon de parler, parce qu’à ce niveau là, question défonce, j’étais mal barré.

Les trois quart-d’ heure qui suivirent, je les ai passé accroché par les pinces (menottes) à l’escalier, ou plutôt à des barreaux, le temps que ces messieurs attrapent le dealer, non de bonbons, mais de bonbonnes. Ensuite ? Eh bien garde-à-vue, tentative des flics de m’amadouer pour que je balance le mec pour plus que ce qu’il a fait, puis le dépôt, le procureur le lendemain matin, couplé avec les médecins pour l’inévitable « injonction thérapeutique ». Total, à 15h30 je sortais tout juste. C’est quand même con le jour de mon mariage; c’était à 14h00 ! On dit une « vie de chien », je les envie!

MORALE : La veille de tes noces, abstiens-toi !

SYLVAIN

En prison, en banlieue ou autre part

J’écris dans ce journal pour vous dire que j’aime ça ! J’aime vous écrire ! J’avais commencé mon histoire dans le journal de quartier de Vitry-sur-Seine, et j’ai envie de vous donner de mes nouvelles…

Je suis toujours sous AZT. Je continue les aérosols. Bien sur, apparemment, je me porte bien ! Mais je fais attention à mon bilan sanguin, les fameux T4, globules blancs qui ne doivent pas être moins nombreux. Par précaution. Toujours par précaution.

Comme cet ami rencontré dernièrement à l’hôpital. Il venait d’attraper une pneumo­cystose.. Il m’a appris que son frère était mort l’année dernière. Je ne le savais même pas! Lui ne se faisait pas suivre médicalement. Par précaution. Enfin ! Faut pas flipper!

C’est dur à dire, mais maintenant, je veux vivre, pour ne pas mourir comme un con ! je veux apporter des tas de choses à tous ceux qui sont, comme on dit, “des drogués” mais qui à part çà sont des gens comme tout le monde. Mal vus! Pourtant, qui est vraiment indépendant, “libre” ? Nous sommes toujours considérés comme des “toxicos’, des mal-aimés pour certains, des vrais amis pour d’autres ? Des personnes qui comprennent, qui essayent au moins de comprendre, tout en ayant peur du sida.

Où est la logique des choses ? Quelle vie mène-t-on ? Il n’y a pas longtemps, j’étais à une réunion, et on a pu en parler. J’ai trouvé çà super ! Il faut venir en parler. Tout cela m’a fait du bien, car j’ai besoin d’amis, d’amour et de compréhension. Ce n’est pas forcément facile, mais cela peut se faire.

Je comprends ceux qui sont en prison, en banlieue, ou autre part. Il faudrait pouvoir partir loin de tout ! Bien vivre, faire l’amour, avoir des enfants, des tas d’enfants qui seraient heureux, bien dans leur peau.

J’ai eu des moments difficiles : voir mon grand-frère mourir, les amis, les copains, tous déjà partis. Pourquoi ? Être dans le néant, avoir vu la mort de près, de trop près. Être bien, ou entre les deux, avoir des désirs impossibles à réaliser; je volais ma propre mère, je galérais dans le désastre. Comment être heureux et trouver sa place dans cette société ? telle que je la vois, sous un aspect à en crever. Vouloir s’en sortir, mais comment ?

Nous ne demandons rien d’autre que de nous donner notre drogue et qu’on nous laisse tranquilles. Au lieu de faire les hypocrites et de donner la mort au lieu de donner la vie. La mort, ce n’est qu’un mot. Pourquoi n’est -on pas sincères les uns avec les autres ? On a pas le temps de jouer avec les sentiments ? Si j’aime la défonce, qui osera me l’interdire maintenant ?

XAVIER

Une mère témoigne

A travers ces lignes, je viens vous raconter mon expérience :

J’ai passé une soirée en réunion avec un groupe “d’usagers des drogues”. Pas évident ; je suis mère mais j’ai eu la surprise de constater que, durant cet entretien, la drogue n’a jamais été évoquée. Les discussions ont plutôt porté sur la façon de s’en sortir, de se prendre en charge, de se faire respecter, et, dans l’avenir, de requérir l’aide d’associations ou de l’État, comme il vient de le promettre pour éviter les problèmes des quartiers à “risques”.

Il faut les encourager, ils redressent la tête. Une bouffée d’air pur dans notre horizon de famille détruite par les effets et retombées de la drogue.

Je tiens à saluer la Naissance de ce Groupe en France, en tant que parent; oui, je suis une de ces mères qui ont du lutter contre cet abattement où ils se plongent; effrayée par cette forme de racisme des voisins ou amis proches qui, apeurés et alertés mais sans connaissance exacte du danger cherchent à protéger leur progéniture en les empêchant de fréquenter nos enfants comme s’ils étaient des pestiférés.

Il est vrai que nous vivons dans un univers différent de ce que nous avions vécu, complètement démuni et désespéré car c’est l’angoisse qui nous habite.

Seul un psychologue m’a aidé et un peu calmée en réfléchissant : pour lui, ces jeunes intoxiqués sont plus sensibles, plus perdus donc, en ne supportant pas par la même notre société dure et dominée par l’argent et la technicité.

Eux cherchent l’Humain, la tendresse, la confiance, et on les rejette, d’où leur regroupement entre-eux, les isolants encore plus et les désignant à la vindicte populaire.

En tant que parent, il ne faut pas céder au découragement, mais consulter son médecin, les aider par notre inconditionnelle tendresse.

Alors, je reprends confiance en les voyant se prendre en charge, s’assumer, et là, un peu libérée et moins seule aussi, Associations, ministres, et anonymes, apportez nous votre concours …

Colette AUBOURG

Inscrivez-vous à notre newsletter


© 2020 A.S.U.D. Tous droits réservés.