Étiquette : Ecstasy

Dopes : nouvelles tendances ou retour vers le futur ?

Toujours à l’affût des nouveautés en matière de drogues, Asud traque dans ce dossier les phénomènes émergeants à base de vieilles substances. La diffusion des nouveaux produits de synthèse continue partout en Europe, par Internet ou dans des smartshops. Dans une petite ville croate, j’ai découvert un « nouveau » stimulant : le PVP. Vendu dans une boutique 30 €/g sous le nom de « Dynamite », ce produit avait été découvert, puis abandonné, dans les années 60. La Commission des stupéfiants n’a pas fini d’interdire de vieilles et de nouvelles molécules.

« Codéine dans mon Sprite », chantent les MZ. Le Purple Drank se diffuse aussi en Europe via la culture hip-hop, sous un nom beaucoup plus stylé que le sirop à la banane de mon enfance qui faisait faire des rêves délirants et colorés. À 200 $ le flacon de syrup original sur eBay, je vais en rester au NéoCodion®.

L’huile de résine de cannabis n’a rien de nouveau, ce produit était rare et souvent de mauvaise qualité, un truc puant l’alcool frelaté, poisseux et qui coule dans la poche. Le BHO transformé en wax et consommé au daber ou au vape pen renouvelle avantageusement le genre. À condition de rester prudent pour ne pas se faire sauter la tronche, au propre comme au figuré.

Enfin, la météo des taz est agitée : alerte à la PMMA au lieu de la MDMA et aux dosages coup de massue. Les nouveaux comprimés 3D sont fun, genre voler comme Superman, mais il ne faut pas les gober comme des Smarties. En l’absence de testing facilement accessible, retour donc à la bonne vieille méthode du ¼ de cachet pour tester.

Un dossier 2015, Retour vers le futur.

Top Taz 2014 et autres substances dont il faut se méfier

Données françaises :
un effet Tchernobyl ?

Cet article compile 70 alertes émises en Europe en 2014. Seules 4 proviennent de France, aucune ne concerne les comprimés d’ecstasy et une seule émane d’une institution, les 3 autres étant l’œuvre d’associations de terrain. Notre pays serait-il épargné par la vague de taz surdosés comme il l’a été, à l’époque, par le nuage radioactif de Tchernobyl ? Eh oui, en France, on ne diffuse ces données en temps réel qu’en cas d’incidents répétés ! Elles pourraient pourtant être utiles aux consommateurs avant qu’ils aillent mal…

En 2009, la MDMA disparaît du marché suite à la pénurie d’un précurseur : l’huile de sassafras. D’autres substances (méphédrone, MDPV…) tentent alors en vain de prendre sa place avant son come back en 2013 pour le meilleur et pour le pire ! Les taux de MDMA contenus dans les poudres et les cachets sont au plus haut et les accidents se multiplient (4 décès suspectés en 2014), et pas toujours en raison d’une trop grande pureté des produits.

 

Pourquoi faut-il se méfier ?

Des teneurs moyennes plus élevées

Evolution teneur MDMA 2000-2013

Les doses moyennes par comprimé sont ainsi passées de 50 à 60 mg dans les années 2000 à un peu plus de 100 mg de MDMA depuis 2012, certaines pouvant approcher les 300 mg, voire les dépasser dans quelques cas.

243mg MDMA
(janvier 2014)
169mg MDMA
Triangle (janvier 2014)
180mg MDMA
Li-ion / Batterie / Pile (janvier 2014)
196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
200mg MDMA
Nintendo (janvier 2014)
160mg MDMA
Papillon (janvier 2014)
176mg MDMA
Android (février 2014)
143mg MDMA
Mercedes (février 2014)
151mg MDMA
Cygne (mars 2014)
155mg MDMA
Smiley (mars 2014)
215mg MDMA
Bugatti (mai 2014)
231mg MDMA
Android (septembre 2014)
205mg MDMA
Like (septembre 2014)
183mg MDMA
Etoile (septembre 2014)
157mg MDMA
Facebook (septembre 2014)
182mg MDMA
Gold (septembre 2014)
199mg MDMA
Redbull (septembre 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)
143mg MDMA
Yahoo! (septembre 2014)
137mg MDMA
Etoile (octobre 2014)

Des taz 3D attrayants et surdosés

Sûrement pour remettre au goût du jour les taz – qui s’étaient forgé une mauvaise réputation –, les labos ont lancé des presses originales : des comprimés aux formes et aux couleurs attrayantes, souvent plus gros que la moyenne. Ces comprimés qu’on trouve surtout au Benelux sont plus chers (de 10 à 20 €) mais généralement plus forts que les autres. Lorsqu’un Français habitué aux ecstas à 50 mg tombe sur ce genre de cacheton et en prend 4 d’un coup, ça peut faire très mal. C’est ce qui est arrivé cet été au festival de Dour en Belgique où un Français est décédé suite à l’ingestion de Superman, ou l’année d’avant dans les Pays-de-la-Loire, au festival Couvre Feu, des taz Superman là-aussi…

196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
240mg MDMA
Superman (janvier 2014)
137mg MDMA
Champignon / Toad / 1up (février 2014)
125mg MDMA
Superman (mars 2014)
196mg de MDMA
Domino (mai 2014)
186mg MDMA
Superman (mai 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)

Le « Salade-Tomate-Oignon »

Parmi les cas d’incidents, il y a ceux qui font suite à la consommation d’un comprimé qui contient non seulement de la MDMA mais aussi d’autres produits actifs. On y trouve même parfois un cocktail de molécules mais pas de MDMA !

118mg MDMA + 3,3mg Amphétamine + 2mg Caféine
Bitcoin (janvier 2014)
8.9mg 2C-B + 1,5mg MDMA + 2,5mg Caféine
(février 2014)
134mg MDMA + 2mg Caféine
Double main(mars 2014)
155mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)
200mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)

« On m’aurait menti »

Consommer une substance en pensant qu’il s’agissait d’une autre est une cause récurrente d’accidents de défonce. Et ce, d’autant plus que le produit ingurgité n’a ni le même dosage, ni les mêmes effets que celui recherché. Dans cette catégorie, prenez garde à la 4,4 DMAR qui a causé 26 décès en 2014 en Europe, et aux PMA et PMMA (voir encadré).

178mg TFMPP
AB200 (février 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Cerises (18 décès en 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Croix (18 décès en 2014)
18mg 2C-B
Oeil de pharaon (mars 2014)
20mg Méthamphétamine + 63mg Caféine
Why (mars 2014)
Taz Miko (Magmum) rouge Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Miko / Magnum / Extreme (octobre 2014)
Méthandiénone + Méthyltestostérone
Coeur (décembre 2014)
170mg PMMA + 10mg Amphétamine
Superman (décembre 2014)
Diphénidine vendue comme MDMA
(octobre 2014)
170mg PMMA + 10mg Amphétamine

PMA et PMMA, the death est parmi nous

Surnommées « Death » par les consommateurs des années 70, déconseillées par Saint Shulgin qui qualifiait l’une de « drogue traîtresse », et l’autre de « drogue dangereuse », la PMA et sa petite sœur la PMMA sont deux molécules assez proches parfois utilisées comme produits de coupe des tazs. On en trouve surtout au Royaume-Uni, en Irlande et au Bénélux où elle a fait des dizaines de morts, mais en automne 2014 un comprimé contenant du PMA a été analysé sur la région de Metz..

Le véritable risque de la PMA/PMMA réside dans sa toxicité supérieure à celle de la MDMA alors que son effet est moins fort et mets plus longtemps à monter : les consommateurs pensant avoir affaire à des comprimés sous dosées en prennent plusieurs.

Les complications (parfois mortelles) de la MDMA

L’hyperthermie

C’est une élévation anormale de la température corporelle (jusqu’à 42°C !) pouvant endommager le cerveau (convulsion, délire, coma…) et les muscles (crampes).

La MDMA donne chaud et envie de bouger, ce qui donne chaud aussi. Pour éviter la cata, on s’aère, on se pose et on s’hydrate.

Le syndrome sérotoninergique

C’est un excès de sérotonine dans les synapses qui provoque agitation, tremblements, voire convulsions ou raideurs musculaires, tachycardie, hyperthermie, etc. Un jeune homme en est mort en août 2014 dans le sud de la France.

Comme la MDMA libère de la sérotonine, faites attention aux mélanges avec les autres produits qui jouent sur la sérotonine, notamment les IMAO, la Changa (simili DMT), la passiflore, le tramadol et certains antidépresseurs.

L’hépatite fulgurante

Dès la première prise et quelle que soit la dose, la MDMA peut, dans de très rares cas, entraîner le décès suite à une hyperthermie associée à une destruction des cellules musculaires et de différents organes dont le foie. Il s’agirait de prédisposition génétique.

Pour réduire les risques

Fractionner les produits !

Commencez par une demi-dose et attendez. Si le produit est surdosé, vous n’aurez pas besoin de reconsommer. Si les effets vous semblent anormalement faibles ou différents : ne reconsommez pas. Vous pouvez vous renseigner auprès des associations de réduction des risques de votre région pour faire analyser votre produit.

Espacer les prises !

Évitez de consommer de la MDMA plusieurs jours d’affilée ou trop régulièrement (genre tous les week-ends). Cela permet aux réserves de dopamine de se reconstituer dans le cerveau et au foie de se régénérer.

Attention aux logos !

Les labos pressent souvent des contrefaçons, donc deux ecstas de même apparence peuvent être très différents. Cependant, regardez quand même le logo : une tête de mort, un symbole « toxique » indiquent souvent un ecsta surdosé ou contenant du PMA/PMMA. La mention « 2CB » figure sur certains comprimés contenant du 2C-B. Méfiez-vous des comprimés de type Superman, quelles que soient leur taille et leur couleur. Ils tournent encore beaucoup, et leur signalement revient dans de nombreux cas d’incidents depuis deux ans.

Bonus : les autres produits à risque

Des alertes ont également été émises sur d’autres types de substances : faux LSD en goutte ou buvard qui n’est autre qu’un mélange 25I-NBOMe + 25C-NBOMe, détournement de sirops codéinés (lire nos articles HiP-HoP : Le sirop de la rue et Sizzurp : le sirop de la rue) , et héroïne blanche vendue pour de la coke à Amsterdam (lire Quoi de neuf Doc ?).

900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros(octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros (octobre 2014)
Codéine + Prométhazine + Éthanol
Purple Drank / Sizzupr
Héroïne blanche vendue comme cocaïne
(octobre à décembre 2014)

Alerte : Taz fortement dosés en MDMA en Belgique

Message d’alerte d’Eurotox du 8 février

MDMA : nouveaux comprimés fortement concentrés

Suite à une saisie policière réalisée dans la région d’Anvers et datant de ce mois de janvier 2013, l’ Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC) a analysé des tablettes d’ecstasy hautement dosées. En voici les caractéristiques :
Forme : rond
Couleur : bleu
Logo : « Partyflock »
Ligne de séparation : oui
Diamètre moyen : 9,1 mm
Epaisseur moyenne au milieu: 5,1 mm
Poids moyen : 380 mg
Teneur moyenne en MDMA base : 173 mg

Commentaires

  • Le dosage habituel des comprimés « d’ecstasy » trouvés sur le marché belge oscille aux environs de 120-130 mg de MDMA.HCL. Ce dosage est par exemple utilisé dans des études cliniques portant sur la MDMA.

  • Vu la concentration élevée en MDMA de ces comprimés, il existe un risque de complications graves (convulsions, hyperthermie, coma), voire de décès par overdose. Lisez attentivement les conseils de réduction des risques repris ci-dessous.

  • Vu le côté artisanal de la fabrication de ces comprimés, on estime que leur teneur en MDMA peut varier au sein d’un même lot, atteignant jusqu’à 200mg.

Si vous pouvez confirmer / infirmer ces tendances

Veuillez contacter Infor-Drogues (02 / 227.52.52.) ou par e-mail miguel.rwubusisi@eurotox.org

CONSEILS DE RÉDUCTION DES RISQUES POUR LES CONSOMMATEURS

  1. Si vous achetez de l’XTC, ne le faites de préférence ni en rue ni en discothèque. Si malgré tout vous le faites, informez-vous auprès d’autres usagers sur les effets des pilules et la fiabilité du revendeur.

  2. Si vous décidez de consommer une pilule, commencez par une demi pilule et attendez +/- une heure pour en apprécier l’effet! De même si vous avez acheté un liquide, n’en consommer qu’une faible quantité et attendez les effets.

  3. Si après une autre heure, vous ne sentez toujours pas les effets de la pilule, patientez avant d’augmenter la dose. En effet, certaines substances actives se manifestent avec un effet retard. De plus, certaines pilules vendues comme de l’XTC peuvent contenir une autre substance active en quantité dangereuse. Attention à la surdose!

  4. Ne prenez de l’ecstasy que si vous vous sentez bien physiquement et mentalement. En prenant un produit psychoactif lorsque vous vous sentez mal ou angoissé, votre état risque d’empirer.

  5. Pour éviter le coup de chaleur, buvez fréquemment de l’eau en petites quantités, rafraîchissez-vous (en prenant l’air, en vous aspergeant la nuque d’eau froide, etc.).

  6. Entourez-vous de personnes de confiance, ne vous isolez pas.

  7. Avant de sortir, fixez-vous une limite (durée de la sortie, nombre de pilule(s), …). Cela vous permettra d’éviter l’usage abusif.

  8. Mieux vaut réserver cette substance aux occasions spéciales. Une consommation fréquente diminue les effets psychédéliques d’ouverture et de bien-être et augmente les risques d’abus.

  9. La « descente » fait partie de l’expérience psychotrope. La retarder en gobant davantage ne fait que la rendre plus difficile. La descente, après un temps de prise limité, peut être agréable.

  10. L’usage d’ecstasy est déconseillé aux personnes souffrant de faiblesse cardiaque, d’hypertension, d’insuffisance rénale, d’insuffisance respiratoire ou de diabète.

  11. L’ecstasy traverse la barrière placentaire et passe dans le lait maternel. Il est donc fortement déconseillé aux femmes enceintes ou qui allaitent. Quel que soit le produit, veillez à ne pas le laisser traîner à la portée des enfants.

  12. Toutes les drogues, et donc l’ecstasy, entraînent une baisse de vigilance qui peut être à l’origine de relations sexuelles non-protégées et, parfois, non-désirées. Ayez toujours des préservatifs sur vous. Lorsque vous sortez avec un groupe d’amis, veillez les uns sur les autres.

  13. Évitez toute activité exigeant de la concentration (travail sur des machines, conduite automobile, …) : excitation, euphorie, nervosité, voire agressivité peuvent entraîner des conduites inadaptées ou une prise de risque inconsidérée.

Que faire en cas d’urgence?

  • En cas de malaise suite à une prise de comprimés ou à un mélange:
  1. Appelez d’urgence les secours au 112 (service médical d’urgence – appel gratuit).

  2. Décrivez l’état de la personne comme suit : est-elle consciente ou inconsciente? Respire-t-elle ou non? Son cœur bat-il ou non?

Réduire les risques en teuf

Dépassant la seule prévention des risques encourus par l’injection (VIH, hépatites), la réduction teuf des risques en milieu festif s’efforce de s’adapter à l’évolution des consommations et d’aborder tous les types de risques liés à l’usage de drogues. Quelques conseils pour «bien consommer» ou tout au moins «consommer à moindre risque».

Le contexte de consommation et l’état d’esprit dans lequel on se trouve au moment de la fête sont, tout d’abord, des facteurs prédominants. Il est, en effet, totalement illusoire de penser que le produit seul peut tout faire. Il est donc important d’apprécier l’ambiance de la fête et de se sentir bien.
Être avec des gens de confiance est tout aussi essentiel : mieux vaut avoir des potes sur qui compter en cas de galère (bad trip, accident…).

Mythes et contrevérités

teuf3Pour réduire les risques d’une consommation de produits en milieu festif, il est essentiel de s’informer sur les effets des produits et de connaître leur mode de consommation. Consommer ne suffit pas pour connaître l’ensemble des effets d’un produit, et ce constat a incité les acteurs de la réduction des teuf risques à informer les teufeurs au plus près de leurs préoccupations. Beaucoup de mythes et contrevérités circulent, en effet, en teuf. Comme, par exemple, celui de la cocaïne végétale qui serait moins dangereuse – parce que «naturelle» – que la «mauvaise» synthétique. Synthétiser de la coke serait, en fait, très difficile et coûterait surtout beaucoup plus cher. Il n’y a donc pas de synthé, et la végé n’est pas un produit bio. Le mythe des descentes «difficiles » ou d’effets indésirables (dépression, mauvaise humeur, mâchoire crispée) liés à la présence d’amphétamines dans l’ecstasy est aussi répandu. Or, les analyses en laboratoire de nombreux comprimés collectés en teuf ont démontré que la grande majorité des ecstasies vendus ne contenaient pas d’amphétamines, et que les autres produits de coupe (souvent des excipients utilisés dans les médicaments) sont généralement anodins pour l’organisme. Des résultats qui permettent de comprendre que les effets dont on peut se plaindre sont donc pratiquement exclusivement dus à une consommation abusive.

Savoir ce que l’on consomme

Certains médicaments vendus pour de l’ecstasy peuvent être relativement anodins en prise unique, sauf allergie grave et immédiate. Mais, combinés à d’autres substances licites ou illicites, ils exposent le consommateur à des interactions malheureuses. Les différences de dosage majorent également le risque spécifique lié à l’ecstasy : nos analyses * montrent ainsi que la dose de MDMA peut varier de moins de 10 mg à plus de 160 mg selon les comprimés. Or, les risques dépendent de la dose, peutêtre pas en ce qui concerne le risque de « mort subite » (syndrome d’hyperthermierhabdomyolyse, hépatites fulminantes, complication neurologiques…), mais certainement pour celui de décompensation psychologique.
Des produits à risques très différents (hallucinogènes, par exemple) sont, par ailleurs, vendus pour de l’ecstasy (DOM, 2CB, 2CT7, etc.). L’effet vécu n’est alors plus du out le même que celui attendu par le consommateur d’une substance censée être de la MDMA, créant du même coup des risques de panique grave. Les effets de ces nouvelles molécules sont, de plus, très mal connus.

Sus aux mélanges

Certains mélanges sont plus nocifs que d’autres. On sait, par exemple, que la consommation d’ecstasy associée à celle de speed est extrêmement neurotoxique. Le mélange avec l’alcool accroît, de même, considérablement sa neurotoxicité et les risques de malaises et d’accident. L’alcool a ainsi une part de responsabilité dans plus de 90 % des accidents et overdoses.
Différentes stratégies de mélange sont, par ailleurs, développées pour rechercher un effet en particulier ou explorer de nouveaux états de conscience. Rappelons, là encore, que le contexte et l’état d’esprit de consommation peuvent primer sur les effets du produit lui-même.

Accepter de redescendre

À toujours vouloir monter plus haut, on risque de tomber très bas ! Les premières montées restent uniques, et on a souvent tendance à chercher à retrouver ces premiers états de conscience. Le meilleur moyen de retrouver ces effets est de faire de bonnes pauses entre les prises, pour éviter de développer une trop grosse tolérance et reconstituer ses réserves de neuromédiateurs.
Il faut aussi accepter à un moment de redescendre. Rien ne sert de bouffer 15 taz. À partir d’un certain seuil, qui diffère selon les personnes, le cerveau sature. La reprise de produit sert à peine à maintenir un effet plateau qui « sent la fin ».

Et bien récupérer

Même si cela peut sembler basique, manger et dormir sont les éléments les plus importants pour récupérer. De nombreux produits consommés ont une action coupe-faim et sont stimulants. Il n’est donc pas toujours facile de remplir ces besoins primaires sans se faire un peu violence dans les jours qui suivent la teuf.

Ecstasy et réduction des risques

L’un des revers de la consommation d’ecstasy, c’est la dépression qui suit. Voici quelques trucs qu’Asud a testé pour vous afin d’atterrir en douceur.

L’ecstasy (MDMA, MDA….) perturbe, dans le système nerveux central, le mécanisme d’un neurotransmetteur :la sérotonine, qui joue un rôle important dans l’humeur, l’équilibre, le bien-être.
Après un «Taz» le cerveau manque de sérotonine, d’où la « sale descente », qui correspond à une réelle dépression. Si certains s’en accommodent, considérant que c’est le prix à payer, d’autres vivent des moments d’angoisse, avec parfois une décompensation psychique, une déprime, la panick attack. Des chercheurs ayant publié une étude sur l’ecstasy (1) prétendent que la fluoxetine, un principe actif du Prozac, qui influe d’une façon très sélective sur le système sérotoninergique, aurait un pouvoir protecteur pendant quelques heures si elle est consommée en même temps que le MDMA.
Dans une autre étude, Nicolas Saunders (2) affirme que le Prozac limite la dépression chez un tiers des gobeurs. Mais, en général, les consommateurs répugnent à en consommer.

A éviter

  • La consommation d’un acide en descente d’X perturbera encore plus la régénération cérébrale.
  • L’alcool : qui n’a pas connu une gueule de bois en descente d’acide ne connaît pas l’Enfer.
  • Les stimulants naturels comme l’éphedra ou ceux contenant de la caféine comme le guarana augmentent le malaise de la descente.
  • Les mélanges de dépresseurs du système nerveuxcentral (tranquillisants, alcool, opiacés…)entraînent une potentialisation croisée – produit multipliant les effets de l’autre – avec risque d’accident, d’overdose et de dépendance

Des trucs à savoir…

Les Anglais l’appellent la « Marmite ». C’est une variante du pot-au-feu.

Un grand bol après le trip et deux fois par jour ensuite. C’est naturel, pas cher et drôlement efficace. Ne riez pas ! La viande fibreuse contient quantité de précurseurs naturels de la sérotonine qu’une longue cuisson libère. Le bon vieux pot-au-feu permet de récupérer sensiblement plus vite. Les végétariens peuvent toujours se rabattre sur l’Ovomaltine, une boisson maltée, avec chocolat, banane, autant d’aliments qui contiennent également des précurseurs naturels de la sérotonine.
Une consommation quotidienne d’au moins deux litres d’eau aidera le foie à jouer son rôle détoxiquant.
Une méthode irremplaçable pour bien récupérer, c’est le sommeil naturel. Dormir est encore ce qu’il y a de mieux pour retaper ses neurones.
Un bon chill out et des massages (amoureux ou non) qui décontractent le corps aideront à soulager les crampes et douleurs musculaires, apporteront la relaxation rêvée. Sucreries, fruits secs, agrumes…. pourront compenser la dépense énergétique.

D’autres plus douteux…

Les Smartshops aux Pays-Bas, Allemagne, Suisse… proposent à des prix élevés des packs de After E, (un comprimé de vitamine E, C et B6 et de tyrosine). Leur efficacité est-elle à la hauteur de leur prix ?
On y trouve aussi les boissons isotoniques dont le taux élevé d’acides aminés peut nuire en descente d’X. Là encore, à essayer avec circonspection
Le cannabis a ses adeptes, mais d’autres usagers considèrent qu’il amplifie la dépression. Rien n’a été prouvé, mais des usagers qu’un joint fumé en descente d’acide a entraîné au 36e dessous peuvent témoigner de l’ambivalence de l’herbe magique.
Le millepertuis, plante médicinale, est controversé quant à ses effets d’antidépresseur homéopathique. A vérifier.
Attention, il existe un risque très sérieux de neurotoxicité aggravée en cas de mélange ecstasy-amphétamine (d’où la pertinence du contrôle des produits).
Chez certains animaux, une consommation importante et répétée d’ecstasy peut entraîner la destruction de certaines cellules, celles justement qui sont liées au mécanisme de la sérotonine. Certaines d’entre elles se régénèrent, d’autres non. Et chez l’homme ? L’avenir nous le dira, mais on observe une baisse des facultés d’apprentissage chez certains sujets pour cause d’abus de ces produits. En cas d’antécédents psychiatriques, il y a un danger d’aggravation des symptômes.

(1) Ecstasy : des données biologiques et cliniques aux contextes d’usage (Inserm 1998).
Ce rapport révèle les séquelles inquiétantes observées chez certains singes après injection d’importantes quantités de MDMA.
(2) Ecstasy, dance, trance & transformation (Quick American Archives).
(3) Disponibles sur Internet et dans les drugstores américains et hollandais.

Qu’est ce qu’on nous fait gober ?

Ces comprimés ne sont pas de l’ecstasy. Ces médicaments ne provoquent pas les effets attendus de l’ecstasy

 

gober1 Anxiolytique
gober2 Anti-histaminique Allergies
gober3 Antidépresseur
gober4 Anti-inflammatoire,
Antalgique
gober5 Vasodilatateur Circulation
sanguine
gober6 Antidépresseur
gober7 Antipsychotique
gober8 Sédatif
Barbiturique
gober9 Anxiolytique
gober10 Barbiturique
gober11 Bêtabloquant Ralentisseur
cardiaque
gober12 Antiarythmique
Coeur
gober13 Vasodilatateur Circulation
gober14 Anti-histaminique Allergies
gober15 Vasodilatateur Circulation
gober16 Antalgique
Douleurs
gober18 Anti-épileptique
gober19 Antipaludique
Malaria
gober20 Antibiotique
gober21 Anti-inflammatoire-Douleurs-
Fièvre (Aspirine)
gober22 Anxiolytique
gober23 Anti-inflammatoire
Antalgique
Douleur
gober24 Neuroleptique
• Parmi les ecstasy testés, beaucoup sont en réalité des médicaments.


• Ces photos permettent de reconnaître quelques médicaments.


• Il en existe d’autres, avec d’autres formes, d’autres couleurs et d’autres présentations (gélules), que l’on peut rencontrer aussi.


• Rester prudent, car de nombreuses personnes se font arnaquer.


• Des escrocs vendent ces comprimés en faisant croire qu’il s’agit d’ecstasy, ou d’autres drogues de synthèse(amphétamines, kétamine…)


• Certains effacent le dessin sur le médicament,le grattent pour lui donner un look plus artisanal, ou recouvrent le logo avec de l’encre…


• Même avec beaucoup d’expérience, il est impossible de reconnaître un véritable ecstasy sans le faire analyser en laboratoire.
• Les médicaments ont des effets

thérapeutiques. Ils sont prévus pour être prescrits par des médecins en cas de maladie,dans le cadre d’un traitement, avec des doses, précautions et un suivi particulier.


• Les médicaments entraînent parfois des effets secondaires, variables selon la personne, la dose et le contexte.


• Certains de ces médicaments modifient l’activité psychique, le niveau de vigilance ou de conscience. Leurs effets, parfois puissants, seront inattendus. Attention au bad trip (mauvais délire).


• Certains médicaments peuvent pertuber la couverture contraceptive (risque de se retrouver enceinte).


• Attention, les femmes enceinte ou qui allaitent, ça passe chez l’enfant.


• Tout comme l’usage d’ecstasy, la consommation de ces comprimés peut contrarier un traitement en cours, même simple.

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