NOUVELLE BROCHURE DISPONIBLE : OVERDOSES TOME 2 Stimulants

Quand on pense overdose, on pense généralement opiacés. Pourtant, chaque année en France, plusieurs dizaines de personnes décèdent d’overdoses de stimulants. La cocaïne est ainsi responsable d’environ 10 % des décès par overdose (en consommation unique) et impliquée dans environ 30 % des décès liés à des poly-consommations. Elle est aussi le premier facteur de décès par accident vasculaire cérébral chez les moins de 35 ans et, selon l’ANSM, le nombre d’intoxications liées à son usage a doublé entre 2015 et 2016 et continue d’augmenter. Par ailleurs, avec le retour d’ecstasys très fortement dosés et le développement de la consommation de cathinones, on observe aussi une hausse du nombre d’accidents et de décès liés à des surconsommations de ces produits sérotoninergiques. Les effets et les risques des produits stimulants sont variés et complexes. Mal compris, ils sont souvent sous-estimés par les consommateurs qui se trouvent d’autant plus dépourvus lorsqu’ils en sont témoins ou victimes qu’ils ne connaissent pas toujours les signes avant-coureurs ni les réactions à avoir.

Le but de cette brochure est donc d’expliquer aussi clairement que possible ces risques, de donner des « trucs » pour les réduire et réagir  en cas de problème.

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RDR Cannabis : Avec ou sans combustion.

On parle souvent de cannabis, mais plus rarement de RDR liée à sa consommation, et pourtant il y a beaucoup à en dire avec l’arrivée de la vaporisation, des dab ou encore des concentrés.

Nous drogué(e)s z’eureux nous avons décidés de réunir tous les conseils pour réduire les risques lié à la consommation de cannabis dans cette vidéo.

Merci au volontaire de Techno+ pour leur jeu de scène, au Musée du fumeur et à la centrale vapeur pour le prêt de matériel.

RdR du dab et dab dans la RdR

Le grand méchant dab est arrivé (lire aussi Dabolisation, comme dabitude). La tendance chez les cannabinophiles est à la fabrication et à l’utilisation de concentrés. Pour l’instant, elle concerne surtout la génération Internet/Globish toujours à l’affut des phénomènes US et les producteurs de cannabis. Existant déjà aux Pays-Bas et surtout en Espagne, le marché devrait prochainement s’étendre à l’Hexagone.

Le joint d’iceolator (extraction de la résine à l’eau glacée) ou d’huile marron/rouge (extraction de la résine par un solvant de type alcool/éther) n’a plus rien d’original depuis bien longtemps pour beaucoup d’usagers français. La nouveauté réside dans l’utilisation de concentrés solides obtenus à partir de gaz, de CO2 ou de surcongélation au moyen d’une pipe à eau dotée d’un foyer en titane ou en quartz chauffé à haute température.

Les dangers du dab

C’est d’abord le mode de préparation du concentré le plus populaire : le BHO (Butane Honey Oil). Lorsqu’elle est pratiquée par des stoners irresponsables, l’utilisation de butane peut provoquer des explosions et des départs de feu. Peu de canettes pour briquet contiennent du gaz vraiment purifié et leur purge pour obtenir le produit final peut laisser des produits toxiques, surtout si cette dernière est mal exécutée. Il convient donc de bien se documenter et de respecter au maximum les consignes de sécurité ou de s’abstenir si on n’a pas bien compris.

C’est ensuite le risque d’utiliser un briquet-torche pour chauffer à rouge un clou en titane ou encore un collier chauffant non-protégé pour le foyer dans la version électrique de la pipe servant à daber : le risque de brûlure ou d’accident domestique est accru, surtout en cas de mélange avec de l’alcool ou certaines substances perturbantes pour la psychomotricité.

C’est aussi le risque d’absorber plus de cannabinoïdes que désiré, il arrive parfois que des usagers en panique devant le rush de THC appellent les urgences. Don’t panic, it’s still organic ! (Pas de panique, cela reste organique). Boire une boisson sucrée dans un espace calme et ventilé devrait suffire à contrer la crise de bad. Le lien de causalité entre le taux de THC et les pathologies psychiatriques n’est pas incontestable mais le dabing peut révéler des pathologies génétiques. Il ne faut pas hésiter à consulter si les perturbations perdurent plus de douze heures.

C’est enfin le risque d’usage dur, voire frénétique, dans la recherche permanente du rush et du high le plus intense possible. Le dabhead se transforme alors en crackhead : il accroche une grosse galette de wax à son daber (la tige en acier médical qui sert à poser le produit sur le foyer) pour une taffe de cowboy puis prend un coup de tomawak entre les deux yeux, suivi d’une intense excitation mentale et d’un flot de paroles. Après une courte phase de plateau survient un gros craving, et il recommence.

Oui, on peut passer son temps à daber et bien foirer ses journées, mais on peut aussi bien fumer 20 joints ou boire 20 bières en gobant 20 cachetons. Les meilleurs remparts sont la réflexion sur sa consommation, l’éducation au bon usage et la motivation pour une vie variée.

La controverse du taux de THC

L’explosion de la demande de concentrés à daber ou à vaporiser coïncide avec la volonté de contrôler le taux de THC dans les préparations cannabiques, aussi bien dans les systèmes légaux (Uruguay, Colorado, Washington) et les zones grises (Pays-Bas et Espagne) que dans le projet de loi de la sénatrice Esther Benbassa sur la consommation contrôlée.

Cette volonté provient d’une analyse biaisée du cannabis à travers le prisme de l’alcool comme référence. On contrôlerait le taux pour éviter l’abus et diminuer les dommages. à l’exception de celle du Britannique Di Forti (2009), il n’existe pas d’étude établissant un lien direct entre taux de THC et schizophrénie ou d’autres pathologies graves (Rapport sénatorial canadien, 2002, et Rapport fédéral suisse sur le cannabis, 2004). Les troubles d’un surdosage accidentel sont réversibles.

Cela ne tient pas non plus compte du fait que l’immense majorité des usagers adapte la dose à la puissance du produit, c’est encore plus facile si elle est indiquée sur le paquet. Il semble par contre que l’usage régulier de produits fortement titrés augmente le risque de dépendance nécessitant un traitement.

Ni de l’importance du taux des autres cannabinoïdes dans l’effet ressenti, ou des variations très importantes des résultats des analyses selon la méthode choisie. Pour plus de détails, se rapporter à cette critique assez complète du projet néerlandais par Mario Lap : « Quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans l’évaluation des teneurs en composants actifs du cannabis ! »

La limitation sur la base de 15% de THC (projet néerlandais) laissera de nombreux usagers insatisfaits et les poussera à recourir au marché noir ou à faire du concentré dans leur cuisine, au risque de faire sauter la baraque ou de produire/acheter un produit non-titré à la sécurité sanitaire douteuse. Ce n’est pas l’objectif d’une régulation pragmatique.

Les avantages du dab

Il permet d’absorber facilement et rapidement la quantité désirée de principes actifs :

  • avec une fumée froide qui n’endommage pas les tissus ;
  • avec très peu de carbone provenant de la carbonisation végétale ;
  • sans adjonction de tabac.

Avec une montée progressive de l’effet, les dispositifs de vaporisation et les vape-pens favorisent le contrôle de l’usage compulsif par rapport au rush du daber.

Sister DabLes concentrés sont indispensables pour certains usagers thérapeutiques, notamment pour les migraines. Wooppi Goldberg en parle très bien, elle sirote son vaporiseur portable chargé de wax très puissante pour lutter contre les symptômes de son glaucome. Elle ne cherche pas du tout à être défoncée.

Des usagers expérimentés ont constaté qu’ils consommaient moins de cannabis (en quantité de cannabinoïdes) avec le vape pen pour la journée et le daber pour le soir qu’avec le joint ou le vaporizer d’herbe ou de haschich traditionnel. Sans parler de l’abandon du tabac dans la consommation de cannabis. L’usage de concentrés peut donc devenir un vecteur majeur de RdR, à condition de favoriser l’accès à des produits contrôlés d’artisans consciencieux sur un marché régulé, permettant ainsi l’information optimale du consommateur et l’accès décomplexé aux structures de soins en cas d’abus et de dépendance.

Du dab dans la RdR

On peut chasser le dragon avec de la wax, le mode de consommation par daber est aussi très proche de celui du crack et de l’ice. Il y a aussi une similitude d’effet pour le côté rush intense. Si le produit contient le bon ratio de cannabinoïdes, notamment entre le THC, le CBD et peut-être le THCV, on peut calmer le craving pour des substances plus nocives que le cannabis. J’en ai déjà fait l’expérience empirique autour de moi, une expérimentation scientifique manque cruellement.

S’il existe des études assez anciennes et des projets récents, principalement en Amérique du Sud pour la cocaïne fumée, le produit utilisé (de l’herbe) n’est pas un concentré à daber bien dosé en cannabinoïdes. Cela réduit considérablement l’efficacité du dispositif de RdR. Quand cesserons-nous de déconsidérer l’intérêt thérapeutique du cannabis dans le traitement des addictions ?

RdR du Dab

Les concentrés restent avant tout du cannabis, les précautions de base sont les mêmes

  1. S’abstenir de consommer des concentrés sans information préalable sur le dosage, le mode de préparation, les qualités essentielles du produit et ses effets. Découvrir les concentrés avec une extrême précaution sur les quantités.
  2. Privilégier les concentrés réalisés sans utilisation de produits toxiques et/ou dangereux : gaz, alcool, éther, isopropanol…
  3. Ne pas consommer si le produit dégage une forte odeur de solvant ou fait des flammes ou des bulles lors du chauffage.
  4. La consommation de concentrés peut conduire à des prises de risques et augmenter la probabilité d’accidents domestiques : brûlures, incendie, conduite automobile, sexualité non-protégée, potentialisation des effets avec le mélange de substances.
  5. Réguler sa consommation car la concentration favorise le surdosage et les effets indésirables.

Le vaporisateur, simple gadget ou véritable outil de réduction

En matière d’accessoires de défonce, l’imagination des fabricants est sans limite s’il on en juge par le pléthore de produits régulièrement mis sur le marché. Évidement, tous vous diront que c’est leur marque qui permet de se défoncer plus et mieux invoquant au passage une improbable utilité
médicale (le cannabis thérapeutique a bon dos…). Mais parmi cette quincaillerie, on a vu apparaître depuis quelques années des drôles de machines qui auraient la propriété de fumer… sans dégager de fumées toxiques.
Chers lecteurs je vous présente la famille des vaporisers ou vaporisateurs.

Le principe

Sacré vaporisateur qui tombe à pic au moment où le seul réel reproche que l’on peut faire au cannabis est, tout comme pour le tabac, de dégager lors de sa combustion un tas de saloperies extrêmement nuisible. Et ce d’autant plus quand on aspire (oups) à en faire un usage thérapeutique.
Le principe du vaporiser est simple: l’engin chauffe le cannabis (ou autre chose…) entre 180 et 200°, donc avant d’atteindre le point de combustion. Il se dégage alors des vapeurs gorgées des produits actifs, des vapeurs libérées d’une grande partie des habituelles substances cancérigènes et d’une teneur en monoxyde de carbone et en goudrons bien moindres. Car le cannabis et ses principes actifs ne sont en rien cancérigènes, ce sont les fumées provoquées par sa combustion qui le sont. Toute combustion d’une plante ou d’un produit dégage des substances toxiques, principe de base.

L’histoire

En fait les premiers vaporisateurs ont vu le jour à la fin des années 70. En général il s’agissait d’une sorte de pipe à eau équipée d’un décapeur thermique, à l’efficacité parfois douteuse. Mais en 1981, une société commercialise le « Tilt ». Testé, cet appareil se révèlera diaboliquement efficace pour réduire les risques et -last but not least- plutôt économique en matières premières (+ 80% de THC et – 79% de goudrons) malheureusement il sera interdit.

L’intérêt

L’avantage du vapo serait donc en plus de ses vertus médicales de mieux »exploiter » le produit. Par exemple, lorsque que vous fumez un joint1, près de 60% des cannabinoïdes sont perdus, avec un vaporisateur vous ne perdez rien, enfin parait-il… Certains modèles seraient plus gourmands en herbe de 30%, par contre ils réduisent toujours – plus ou moins- les substances toxiques.
L’objectif est donc de réduire à son minimum les substances toxiques tout en conservant au maximum les substances actives.

Les prix

Évidement avant d’investir entre 60 et 500 euros dans un engin de ce genre,vous aimeriez connaître les performances de la bête, mais là en dehors de ce qu’en disent les fabricants et les vendeurs, difficile de trouver des infos, aucune étude comparative sérieuse n’ayant encore été faite à ce sujet, alors nous ne vous présentons que sommairement quelques modèles.(liste non exhaustive) Le Volcano fabriqué en Allemagne avec le soutien de la communauté européenne semble, techniquement, surpasser largement ses concurrents, c’est aussi le plus cher avec un tarif frôlant les 500 euros, mais la santé ça n’a pas de prix, n’est-ce pas…
Le Vapir était considéré comme le top, mais c’était avant le Volcano… De plus certains lui reprochaient de donner un mauvais goût (à cause du plastique!) et d’être compliqué d’utilisation, trop gadget. Depuis le modèle aurait été remanié…à suivre L’ Aromed, également de fabrication allemande, affiche de belles performances si l’on en croit le magazine High-Times. Et puis il y’ a les modèles qui fonctionnent avec un filtrage par l’eau, qui esthétiquement sont quand même mieux que ces drôles de bidules que sont les Volcanos et autres Vapirs. Parmi ceux la, l’ Herborizer fabriqué artisanalement dans l’Aveyron, tire bien son épingle du jeu avec un rapport qualité prix au-dessus de la moyenne. C’est en plus un bel objet proposé en version “sphère” ou “tube”, il est même possible de s’en faire fabriquer sur mesure. Le Volatilizer a également obtenu de bons résultats à l’occasion d’un test.

Chasser le dragon, une alternative de consommation ?

Contrairement à plusieurs pays européens où cette pratique est assez populaire, chasser le dragon n’est pas très répandu en France. Même s’il n’est pas anodin, ce mode de consommation peut pourtant représenter une alternative intéressante, surtout par rapport à l’injection. Trucs et conseils, avantages et risques… Speedy revient sur son expérience espagnole.

D’abord, une définition de la chasse au dragon à l’occidentale, pour éviter tout malentendu sur ce procédé qui devrait son nom aux volutes de fumée qui le caractérisent et à leur ressemblance avec cet animal mythologique très prisé des Asiatiques. Né en Asie, ce mode de consommation est l’héritier moderne, pour l’héroïne, de la traditionnelle pipe à opium. Il s’agit donc d’inhaler, avec un tube, de l’héroïne brune sur une feuille de papier d’aluminium doucement chauffée par en dessous à l’aide d’un briquet. (On peut fumer de la blanche mais le plaisir est de courte durée car, comme il est impossible de former une goutte que l’on pourra balader, le produit brûlant sur place se consume très vite et cela revient donc cher.) La goutte de produit ainsi obtenue est ensuite baladée de long en large sur la feuille jusqu’à sa disparition complète. Un procédé qui s’est étendu en Europe, au cours des années 90, à la cc basée/caillou ou au mélange d’héro et de cc basée (speed-ball). Suivant la drogue choisie, la manière de procéder diffère un peu au départ, mais la suite reste identique. Avant de présenter ces préparations plus en détail, voyons quels sont les avantages et les inconvénients ainsi que les risques liés à ce mode de consommation.

Une montée aussi fulgurante…

Popularisé en Espagne dans les années 80 (au moment de la vague de sida), chasser le dragon n’a cessé de se renforcer depuis car cela permet d’avoir en quelques secondes une montée fulgurante. Des effets se rapprochant un peu de ceux du fix, mais en atténuant les dangers liés à l’injection (OD, adultération, transmission du VIH…). Concernant le VHC (hépatite C) ou la tuberculose, les risques sont infimes si chacun utilise son propre tube ! Dans le cas contraire (n’en déplaise aux économes qui mettent en avant la quantité de dope récupérée dans un tube partagé pour justifier de l’utiliser), les dangers de transmission sont, comme pour la paille du sniff, très importants. Autre atout et non des moindres : inhaler permet de mieux doser ou du moins de faire des paliers dans sa prise. Les effets étant pratiquement immédiats, on peut tout de suite juger en fonction de son état s’il est souhaitable de continuer… Si cette conso graduelle – qui tient au procédé lui-même – n’écarte pas totalement les risques d’OD et autres problèmes d’adultération dangereuse, elle aide à les diminuer notablement. La préparation en goutte permet également de vérifier un peu la qualité de la dope (voir ci-dessous la partie consacrée à la préparation et ses clefs pour distinguer les degrés de qualité.)…

Toujours dans les avantages, il faut aussi citer la grande convivialité de ce procédé car, tout comme un joint (mais là s’arrête la ressemblance), la feuille peut tourner de main en main, bien à l’opposé des modes de conso très perso du sniff et du fix… Il offre également la possibilité de partager une petite quantité à plusieurs et d’en ressentir autant les effets, même s’ils sont bien plus brefs. Contrairement à ce que l’on croit souvent, ce procédé est en outre tout à fait économique, du moins avec les 3 produits déjà cités. Sauf, bien sûr, si le brown, bien que de bonne qualité, a été coupé avec un produit qui ne permet pas sa formation en goutte, ce qui m’est déjà arrivé en France. Enfin, les raisonnables peuvent interrompre leur consommation et la remettre à plus tard (surtout valable pour l’héro car le désir effréné qui accompagne la base de cc rend difficile cette interruption avant la fin), permettant ainsi d’espacer les prises…

ASUD44 Chasser le dragon 2… que les risques encourus

Chasser le dragon n’est cependant pas un geste anodin, une simple fumette ! D’abord, parce que les produits – héro, base de cc ou speed-ball (toujours très répandu en Espagne) – ne le sont évidemment pas. On peut même dire pour l’héro qu’avec ce procédé, il est plus rapide de s’accrocher qu’en sniff et qu’une fois dedans, la difficulté de la décroche ressemble à celle du fix. Car tout comme pour cette dernière où la seringue prend une place énorme, pour la chasse au dragon, les gestes liés à la préparation du produit et à celle du matériel, ceux de la consommation, les odeurs, etc., pèsent beaucoup… La simple vue (même au supermarché !) d’un peu d’alu me donnait envie de me défoncer et je jugeais en un clin d’œil sa capacité à me convenir pour cet usage ! Concernant la cc basée ou le speed-ball, est-il encore besoin de souligner qu’en chassant le dragon, s’accrocher est super rapide et que même des UD chevronnés sont partis en live avec ce procédé ? Bien que les effets de la base de cc fumée sur l’alu soient un peu moins violents, on s’accroche presqu’aussi vite qu’avec un doseur…

Autre évidence : fumer sur de l’alu n’est pas du tout bon pour les poumons ! Ceux qui ont pratiqué ce mode de conso pendant longtemps présentent fréquemment des problèmes respiratoires qui, selon la durée et la personne, peuvent aller de la bronchite chronique à l’emphysème – dilatation des alvéoles pulmonaires avec destruction de leur paroi élastique. La personne a donc de plus en plus de mal à respirer… Surtout associé à l’héro, chasser le dragon tend à provoquer l’emphysème et les poumons ne se régénèrent pas ! – et même finir par un cancer du poumon, surtout si s’ajoute à cela une consommation de tabac.

ASUD44 Chasser le dragon 3Conseils et matériel

On peut néanmoins observer les précautions suivantes pour réduire un peu la nocivité de cette pratique. Passer les 2 côtés de la feuille d’alu, mais surtout la partie brillante, à la chaleur d’une flamme sans insister et sans laisser de traces noires. Si c’est le cas, essuyez-les avec un mouchoir en papier avant de commencer la consommation. Bien lisser l’alu, placer la dope sur sa partie mate, et réserver le côté plus brillant pour y passer la flamme. Au cours des déplacements de la goutte (voir ci-dessous), essayer de ne pas passer sur les endroits où l’alu aurait pu brûler. Une fois la goutte terminée, ne pas faire le radin en repassant sur les endroits brûlés où il pourrait rester quelque chose ! Prendre un tube assez long (10 cm) pour inhaler et ne jamais utiliser une feuille qui a déjà servi…

Un mot sur le matériel : l’alu doit être présent sur les 2 côtés de la feuille, pas de papier donc sur l’une des faces ! Il est d’autre part préférable d’en prendre un épais qui résistera mieux à l’exposition à la chaleur. Mieux vaut donc préférer une grande marque à celles des supermarchés car l’alu y est trop fin et de mauvaise qualité. Il semble que certains Caarud commencent à distribuer des feuilles d’alu non traitées, donc un peu plus saines !

Découper un rectangle d’une vingtaine de centimètres sur une dizaine, surtout sans froisser la feuille. En effet, plus elle sera lisse, plus la goutte pourra se déplacer facilement. Cette façon de faire devra être conservée durant toute la consommation. Quant au tube, également en alu – Certains utilisent de petits tubes en métal pour pouvoir ensuite mieux récupérer la dope présente, en l’inclinant et en commençant à chauffer par un bout pour finir par celui d’où sortira la fameuse goutte… Pour les pressés, attention à ne pas se brûler les lèvres avec ce tube et le laisser refroidir avant de s’en resservir ! –, le plier en 2 dans le sens la longueur mais sans que les 2 côtés correspondent. Refaire ensuite 2 plis à chaque bout pour renforcer la rigidité, et le rouler en s’aidant d’un crayon par exemple. Une fois la goutte finie, il restera au centre du tube remis à plat une traînée de dope (héro et/ou base) qui, selon les quantités fumées avec le même tube, peut constituer un bon dépannage pour le lendemain matin !

ASUD44 Chasser le dragon 4Préparation

Passons enfin à la préparation. Pour l’héro, placer la flamme du briquet – qui ne doit pas être trop forte – sous le papier, mais pas juste en dessous. Quelques centimètres suffisent pour que le produit ne brûle pas mais puisse fondre et former une goutte brune, voire noire, pouvant facilement se décoller une fois refroidie (plus elle sera orange et poisseuse rendant impossible de la décoller, plus l’héro sera coupée…), et dont la grosseur dépendra de la quantité déposée.

La bonne dose varie de 1/10e à 2/10es de gramme. En effet, surtout au début, une goutte plus importante est difficile à manier (arriver à la conserver unie est un coup à prendre), et une quantité inférieure a tendance à brûler plus vite, surtout si on place mal la flamme du briquet ! Une fois la goutte formée, incliner légèrement la feuille et faire descendre la goutte en chauffant doucement par en dessous, sans coller la flamme au papier et en maintenant toujours le briquet un peu en retrait par rapport à la goutte. Pour jouer sur la vitesse de descente de la goutte, on peut soit incliner davantage le papier, soit rapprocher un peu la flamme, soit jouer sur la position du briquet par rapport à la goutte. Faites attention, surtout si vous fumez à plusieurs et pour des raisons évidentes, de ne pas trop coller votre tube à la goutte car vous risqueriez de l’aspirer dans le tube ! Au départ, mieux vaut donc faire des essais. Il peut aussi être utile de tracer un chemin avec le doigt sur la feuille d’alu avant d’y faire passer la goutte pour mieux la diriger.

Pour la cc basée, il convient avant tout de la placer dans une cuillère d’eau pour la laver et l’essuyer afin d’enlever les restes d’ammoniac ou autre, toujours nocifs à respirer. Puis chauffer le caillou par dessus jusqu’à ce qu’il devienne une goutte. Si vous le faites par en dessous comme pour l’héro, vous risquez en effet d’en perdre car les projections rendront difficile la constitution d’une seule goutte, et gare aux yeux ! Une goutte formée de bonne qualité doit être la plus transparente possible. – Si, une fois refroidie, elle a l’aspect d’une cire blanchâtre (opaque), cela indique une coupe excessive en Xylocaïne® qui insensibilise mais ne défonce pas ! – Procédez de la même façon que pour l’héro, mais en sachant que la goutte de cc basée va plus vite. Il faut donc faire attention au bout de la feuille et s’arrêter un peu avant la fin. Par contre, on ne pourra pas la décoller comme celle d’héro pour changer de feuille…

Pour le speed-ball, mon conseil est de préparer d’abord la base, la goûter, et si elle convient, faire de même avec l’héro à l’autre bout de la feuille. Si le résultat est aussi bon pour cette dernière, faites alors le mélange en joignant les deux gouttes. Vous éviterez ainsi d’abîmer un produit si l’autre ne passe pas votre contrôle de qualité !

Pour conclure, il peut s’agir d’une alternative de consommation, notamment pour ceux qui veulent abandonner l’injection. Mais sans pour autant renoncer totalement aux sensations fortes, et tout en sachant que sa nocivité pulmonaire est importante, surtout dans la durée… Pour les autres UD, savoir que la prudence est de mise car on s’accroche plus vite qu’avec le sniff et, jouant sur davantage de registres qu’avec ce dernier, l’accroche sera plus tenace ! À ne pratiquer donc que dans une optique expérimentale ou très espacée dans le temps. Pour user sans abuser, bien plus facile à dire qu’à faire !

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