L’Académie de Pharmacie envisage l’héroïne médicalisée

écrit par ASUD, le 30-01-2009 Thème : Heroïne, TSO, Communiqué.

Communiqué de presse ASUD / SAFE / AFR

L’académie de pharmacie vient de rendre son rapport sur le bilan des politiques en matière de traitement de substitution aux opiacés. Surprise ! La plupart de leurs recommandations viennent rejoindre les revendications de nos associations.

Tout d’abord, l’académie prend acte du succès de la politique de substitution en France, en particulier sur la réduction par dix du nombre d’overdose et la baisse du nombre de contamination par le virus de VIH. Elle recommande ainsi le maintien du statut actuel de la buprénorphine (substances vénéneuse) alors qu’elle avait jusqu’a présent toujours été favorable à la classification de la buprénorphine (Subutex) comme stupéfiant. Mais elle a aussi conscience que ces deux produits ne suffisent pas et qu’il est nécessaire de diversifier la palette thérapeutique. Elle recommande ainsi « de ne fermer aucune porte » et que la morphine puisse être utilisée « quand les malades ne répondent pas bien aux deux médicaments disposant d’AMM ». C’est un rappel indispensable, à l’heure ou les patients sous morphine sont inquiétés et menacés d’arrêt de traitement par la sécurité sociale, avec pour conséquence de les renvoyer au marché noir. Elle se dit également « attentive » à d’autres options thérapeutiques, en particulier à « l’héroïne comme traitement de substitution en milieu médicalisée, qui fait l’objet d’expérimentation chez nos voisins européens ». C’est une raison de plus pour que de tels programmes, qui ont montré leur efficacité sur la santé des patients, se mettent en place dans les plus brefs délais..

Concernant les modalités de prescription, elle souhaite une « Extension de la durée de prescription à 28 jours pour tous les médicaments y compris la méthadone », en notant que « l’obligation d’aller en consultation tous les 15 jours pour obtenir son traitement de substitution paraît inutile, coûteuse et décourageante à l’égard du maintien dans le circuit sanitaire. ». Elle souhaite aussi que la BHD puisse être prescrite aux urgences, parce qu’elle « peut être considérée comme un traitement d’urgence du manque ». C’est une mesure de bon sens quand on sait combien d’usagers de drogues se sont fait refouler en manque des urgences, augmentant grandement les risques encourus.

Au niveau du parcours de soin, elle recommande que « Le pharmacien dispensateur doit être choisi par le patient », ce qui nous paraît raisonnable vu le mauvaise accueil dans une grand nombre de pharmacies. Elle ajoute que le refus de dispensation par le pharmacien « pourrait être assimilé à une faute professionnelle. », ce que nous appelons de nos voeux depuis plusieurs années, tellement il est dur pour un patient de trouver une pharmacie qui veuillent lui délivrer son traitement. Elle recommande enfin de limiter le nombre de patients par prescripteur et par pharmacien. Si cette dernière recommandation par d’un bon sentiment, « deghétoïser » le peu de pharmaciens et prescripteurs qui acceptent des patients sous substitution, cela nous paraît à l’heure actuelle inimaginable. Où iraient les 50 patients d’un prescripteur qui devrait d’un coup se limiter à 10, vu que personne d’autre n’en veut ?
Ce retournement de position radicale est le produit de longues consultations de tout les acteurs du champs de la toxicomanie, en particulier des usagers. C’est une bonne nouvelle pour la réduction des risques et pour les usagers, et une marche à suivre pour l’État !

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4 Commentaires

  1. y091792k

    une substitution de plus

    il faudra combien de temps entre ce projet et la réalité ? celà entrainera t il la prescription des sulfates morphinique plus acilement , voir une nouvelle possibilité simple d’avoir ce genre de produit , style en csst on vous donnera le choix entre : metha . subu . ou Fentanyl et l’ Hero medicalisée ? çà serait bien d ‘avoir cet eventail de choix, j’ avoue, je signe de suite …soyons patient et voyons , quand le systeme se mettra en marche …..@+

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  2. albert h

    delai

    2 ans d’attente à peu près entre le début des TSO (Temgesic, Moscontin, Skenan) et l’AMM pour la méthadone et la BHD.

    Le bilan va dans le sens que nous attendons. Mais il ne changera pas l’attitude de certains pharmaciens; les réactions de rejets que nous connaissons sont trop epidermiques pour ça.

    De l’hero chez le docteur ? Ce sera une molecule bidouillée (genre la morphine dans le Skenan).

    A quand l’Autorisation Legale de Defonce ???

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  3. mat467

    nfin une bonne nouvelle en cet an 2000 n

    Enfin une bonne nouvelle en cet an neuf, et oui 208 jours pour la metha ce n est pas quemander des droits en plus, l instalations de systemes experimentaux destinees a traiter et agir envers la dependances aux opioides de syntheses ou autre, pourquoi cette separation entre drogue et remede, si le remede etait la drogue en elle meme, c est une vue interessante qui merrite d etre exploite, j attends avec impatience le jour ou je n irais pas tous les 15 jours faire renouveller une ordonnace (ca va monsieur? oui ca va super)d autant plus qu il existe deja plein de medicaments en solutions injectables y compris la methadone (qui ne sinjecte pas d ailleurs) voila j espere que ca va se faire en tous cas c est un effort Asud dechire tout ! keep on raving tchus

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  4. invité

    hero med

    depuis longtemps des projets sont pret à demarrer, le plus avancé à ma connaissance se trouve dans l’est, d’ailleurs beaucoup de pro de l’addiction seraient interressés pour demarrer ce type d’experimentation, à voir si malgré le sarkosisme (maladie de la société solidaire) ça peut se faire…
    quoi qu’il en soit encore plusieurs années d’attente, ça n’est pas pour demain matin… de plus pour ceux qui ne veulent plus allez tous les jours pointer au pipiroom, c’est loin d’etre l’ideal, il faut aller deux fois pas jour au centre pour l’injection….

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