Des salles de consommation de crack encadrées par des professionnels, une solution citoyenne pour les quartiers de la gare de Saint-Denis et du Nord de Paris

écrit par ASUD, le 16-09-2009 Thème : Salle de conso, Crack.

Communiqué de presse du collectif « Asud, Anitea, Act Up-Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, Gaïa, salledeconsommation.fr

Hier, lors d’une visite du quartier de la gare de Saint-Denis (93), le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux était pris à parti par les habitants et les commerçants. Ceux-ci n’en peuvent plus de « voir les crackers déambuler et consommer » devant leur vitrine ou leur habitation et de voir les « dealers opérer en toute impunité ». Il réclament le « droit à une vie normal ». Brice Hortefeux a promis d’envoyer un bataillon de policiers pour « chasser les trafiquants » de ce quartier et « résoudre le problème ».

Nous ne pouvons que comprendre ces habitants et commerçants. Personne n’a envie de voir la misère et la violence à sa porte. Mais la solution répressive de Brice Hortefeux ne résoudra pas leurs problèmes.Les dealers prendront plus de précautions ou se déplaceront provisoirement comme ils l’ont déjà fait dans les quartiers de Stalingrad ou de la Goutte d’or à Paris. Les usagers se cacheront, s’éloigneront du dispositif de soins augmentant ainsi leurs problèmes et ceux qu’ils causeront.

La répression seule ne peut venir à bout du phénomène de l’usage de drogue. Malgré celle-ci, la consommation et le deal de crack perdure depuis plus de vingt ans dans des quartiers du nord de Paris et de Saint-Denis. Les mesures d’ordre publique ne seront utiles que si elles sont complétées et articulées avec une offre sanitaire et sociale allant des centres de soins jusqu’aux salles de consommation à moindre risque! Ce dispositif encore inconnu en France mais utilisé dans d’autres pays d’Europe comme l’Espagne, l’Allemagne, la Suisse, a pourtant réussi mettre un terme aux scènes ouvertes (consommations de rue) et à un grand nombre de nuisances occasionées par celles-ci. Encadrées par des professionnels, les salles de consommation sont des espaces qui offrent un cadre d’usage sécurisé, aux conditions d’hygiène acceptables en dehors des lieux publics.

Mais qui aura le courage politique d’aller au delà de la seule réponse répressive, qui ne fait, au plus, que déplacer temporairement le problème et aggrave la santé des usagers de drogues déjà très précarisés ?

 

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8 Commentaires

  1. henriquet

    personne!

    Pourquoi personne ne réagit-il pas?????????????

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  2. xanax

    Recadrage

    Dans mon centre de suivi médicalisé en tant qu’UD
    l’avis des professionnels de santé est « qu’un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle » sinon dans le fossé.Un UD a forcément un jugement défaillant; la santé mentale est au prix de l’arret des substances psychoactives.
    Ce que je veux dire c’est que la parole d’un UD, a de grandes chances de manquer de pertinence,pour rester soft.

    Pour avis;

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  3. Pierre

    Santé communautaire

    Xanax, ce que tu dis, c’est exactement ce sur quoi nous nous battons. Et ça va à l’encontre de toute la santé communautaire. Nous savons au contraire que l’usager est le premier expert de sa santé ! Il connait au moins aussi bien que le médecins comment se servir de son traitement.

    Que ton centre veuille infantiliser les usagers et leur disant que leurs paroles ne comptent pas, c’est tout simplement arriéré et ça a beaucoup à voir avec le pouvoir qu’ils veulent absolument gardé. Ils ont vingt ans de retard et je te conseille d’en changer.

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  4. xanax@hotmail.com

    Que faire?

    Dans ma ville il y a 2 structures de soin pour UD, et elles ravaillent ensemble.

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  5. karl

    Assitance

    Je viens de regarder France 2 et son complément d’enquete sur le crakck en Seine st Denis.
    Ouvrir des lieux de consommation sous controle comme l’ont fait certains pays c’est abandonner les toxicos.
    C’est surement ce qui est en arriere plan de la politique sanitaire de ces pays.
    Nous n’en sommes pas là! Doit on s’en plaindre?

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  6. Pierre

    Assistance

    Installer des salles de consommation permet aux usagers les plus précarisés de pouvoir entrer dans le système de soin, et comme on l’a vu avec la salle de vancouver, ça peut déboucher sur plus de demande de sevrage !!. On ne peut pas dire que des pays comme la Suisse, l’Espagne, l’Allemagne, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas… abandonnent les usagers. Au contraire, contrairement à la France, ils ont compris qu’une politique pragmatique et plus humaine pouvait résoudre beaucoup plus de problème que d’envoyer un bataillon de policiers.

    Envoyé la police pour soigner les toxicos, ce n’est pas la conception que nous avons de prendre soin des usagers de drogues, qui du coup se cachent, se déplacent, avec une santé qui se dégradent.

    Avant d’avoir des positions idéologiques, qui sont propres à la France et qui ne résolvent rien, il faut peut etre se renseigner sur les dispositifs proposés.

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  7. gbh

    Des paroles

    Moi je veux dire que ce qui se passe ailleurs c pas terrible ; c justement ce qui retient les pouvoirs publics ici; c pas beau de mentir et de simplement stigmatiser ceux qui sont pas d’accord en les traitant de fachos ou de ce que je ne sais d’autre.

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  8. Pierre

    Misère

    La misère, ce n’est jamais beau. Mais c’est la façon dont on traite les personnes dans la misère qui importe. C’est à dire de manière digne et humaine. Mettre des salles de conso, leur permettre de reprendre pied, d’avoir accès au système de soi, c’est quand meme mieux que de les chasser à grand coup de bataillon de police. Car alors, ils se cachent, il n’arretent pas les drogues pour autant, et leur santé se dégradent encore plus vite.

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