Overdoses : quand la cocaïne tue plus que l’héroïne

écrit par Jimmy Kempfer, le 23-01-2013 Thème : Cocaïne, Conseils.

Dans la plupart des pays d’Europe le nombre d’hospitalisations aux urgences pour des accidents liés à la consommation de cocaïne ne cesse d’augmenter. Dans certaines villes d’ Espagne, de Suisse, d’Italie …le nombre d’overdoses liés la cocaïne dépasse souvent les overdoses liés à l’héroïne.

La chaleur augmente les risques d’accidents

Lester sniffait de la coke depuis 7 ans. 90kgs, un bon job, en pleine forme, il maîtrisait le truc.Il était capable de garder un képa pendant des jours sans y toucher. En boîte, un vendredi soir, après deux petits rails, tout a coup un insoutenable mal de tête lui vrille la tête. Quelques secondes plus tard il s’écroule sur le sol. Grâce à la réactivité de son entourage il a pu être sauvé mais depuis il souffre de sérieux maux de tête et de troubles de la concentration et n’a plus jamais repris un milligramme de coke.
Que s’est-il passé ? La cocaïne est un vasoconstricteur. Une prise suffit à rétrécir les veines d’environ 20%, ce qui augmente sensiblement la pression sanguine. Cette action combinée à la chaleur de l’environnement a considérablement augmentée la pression artérielle et a littéralement fait exploser une veine du cerveau.

Hyper ventilation et sac en papier

Il y a quelques temps, en reportage à Francfort, dans une des salles d’injection que la ville met à disposition des usagers, devant moi, un type en train de préparer son Xième shoot tout à coup se met à trembloter. De plus en plus fort. Sa main qui tenait une seringue a envoyée cette dernière valdinguer contre le mur. Le mec me regarde avec des yeux écarquillés et se débat comme s’il se noyait. On dirait qu’il suffoque. Il s’agite de plus en plus et tombe, agité de soubresauts convulsifs, les yeux à moitiés révulsés. Vraiment impressionnant. Comme une crise de tétanie consciente. Le personnel et les autres usagers ne s’affolent pas. Ils l’emmènent dans une pièce attenante et l’assoient sur un canapé.. En sueur, les yeux comme en proie à une insondable terreur, il halète. Il me semble entendre les palpitations de son cœur affolé à plusieurs mètres. On éteint la lumière et une infirmière lui parle doucement. Elle l’apaise et lui éponge son front en nage. Elle lui demande s’il l’entend, s’il la comprend. L’autre acquièce en essayant de maîtriser ses tremblements. L’infirmière lui demande de fermer les yeux et lui explique qu’on va lui mettre un sac en papier par dessus la tête et lui recommande d’essayer de respirer profondément . Le fait de respirer son propre gaz carbonique va atténuer l’état d’hyperventilation dans lequel il se trouve et va très vite l’aider à se sentir mieux. J’en crois pas mes yeux. Tout en lui recommandant, d’une voix douce, de garder les yeux fermés, elle lui met le sac par dessus sa tête et lui demande de respirer…. Au bout d’une minute environ les tremblements diminuent. Un soignant lui caresse l’avant bras…. Dix minutes après, le mec pâle, exténué s’entretient avec le médecin qui est arrivé entre-temps. Celui-ci avait ramené une espèce de ballon et en forme de ballon de rugby au cas où le patient aurait du être ventilé.

Dans le salles d’injection allemandes ce genre d’incident est monnaie courante. Les junkies locaux alternent ou mélangent souvent Rohypnol écrasé ou Valium injectable avec la cocaïne. La combinaison d’un stimulant et d’une benzodiazépine ( surtout en cas de consommation répétée) déplaît souverainement au système nerveux et se termine fréquemment par le genre de crise décrite ci-dessus.

De nombreux fumeurs de crack et injecteurs de cocaïne ont déjà vécu ou assisté à ce genre d’accident.

Que faire en cas d’accident ?

La cocaïne accélère la fréquence respiratoire et les battements du cœur et augmente la température du corps. Ces effets couplés à un abus, à la chaleur ambiante, à des mélanges divers

Que faire ne cas de crise: l’entourage doit sécuriser l’environnement pour éviter les blessures à cause des convulsions (objets coupants, seringues….). Gare si le mec a une seringue à la main en pleine crise de convulsion. Si l’on est tout seul, la seule chose à faire est d’essayer de se calmer en respirant profondément et lentement. Le truc qui consiste à respirer son propre gaz carbonique dans un sac en papier qu’on aura mis par dessus sa tête sans serrer (si l’on réussit à ne pas angoisser) est souvent très efficace. C’est ce même principe qui s’applique en cas de crise d’épilepsie.

De toute façon il est impératif d’appeler un médecin. (15 SAMU ou 112 depuis un portable) Il faut à tout prix lui indiquer s’il y a eu consommation d’opiacés (héroïne, Skénan, subutex, méthadone…). Car il peut injecter ou prescrire un calmant comme le Valium qui peut alors entraîner une dépression respiratoire (donc une overdose d’opiacés).

3 niveaux d’alerte

On peut distinguer 3 niveaux dans l’overdose de coke : Dans chaque cas, les pupilles sont en général énormes (même s’il y a consommation simultanée d’héroïne ou morphine).

Niveau 1 : psychose cocaïnique angoisse, accélération cardiaque, regard fixe, gestes fébriles, hallucinations, paranoia …
Que faire : Ne pas rester seul. Dans la mesure du possible (mais c’est plus facile à dire qu’à faire) GARDER SON CALME ET RESPIRER PROFONDEMENT LE PLUS CALMEMENT POSSIBLE. En général ça marche. (Si l’etat s’agrave ou dure il faut appeler des secours)
Attention : si à ce stade vous consommez un calmant de type benzo (Lexomil, Valium, Xanax….) ne jamais reprendre de cocaïne par dessus. Cela augmente considérablement le risque de crise de tétanie.

Les niveaux suivants peuvent être de réels accidents cardiaques, respiratoires, cardiovasculaires, ruptures d’anévrisme… qui nécessitent immédiatement le SAMU et les urgences

Niveau 2 : mal de tête, frisson, petit mouvement incontrôlé, transpiration, impression de sueur froide, tremblements, angoisse, accélération cardiaque, spasmes, difficultés à respirer ou respiration haletante… impression d’oppression cardiaque …. convulsions, chute… tout en étant généralement conscient. Ce stade nécessite une surveillance médicale. Appeler un médecin ou se rendre à l’hopital. Il s’agit souvent d’une crise apparentée à une crise de spamsmophilie/tétanie. En attendant, la technique du sac par dessus la tete peut etre trés efficace.

Niveau 3 (le plus dangereux) : hallucinations auditives (sifflements dans les oreilles) changements brusques du rythme cardiaque, vomissements, confusion, délire, douleurs cardiaques, douleurs dans la poitrine douleurs dans la tête, tétanies…
Cela peut se terminer par un infractus, un oedeme pulmonaire et la mort.

Autres dangers

En dehors des overdoses mortelles, la littérature spécialisée est pleine de cas de personnes qui se sont retrouvé handicapées ou définitivement diminuées après une overdose : paralysie partielle, déficit neurologique, troubles psychologiques et nerveux graves et durable, notamment suite à un accident vasculaire cerébral ou à un coma, mais également suite à une crise de convulsion.

Il est fort probable que nombre de décès liés à la cocaïne n’aient pas été identifiés en tant que tels car on les a assimilé à des accidents vasculaires cérébraux, des ruptures d’anévrisme ou a des arrets cardiaque. Le coeur est l’organe le plus affecté par la cocaïne, notamment en cas d’abus.

Dans la plupart des overdoses liés à la cocaïne, cette dernière était le principal produit en cause. Ensuite viennent les mélanges cocaïne et alcool puis cocaïne et opiacés (héroïne).

Attention aux traitements anti-dépresseurs : Le Prozac, Déroxat et autres médicaments de la classe des ISRS. Ils peuvent avoir tendance à accroître les états paniques en cas de conso de coke. Et surtout en cas de traitement VHC (Interferon et Ribavirine). A ASUD nous connaissons des cas de pétages de plombs avec des conséquences dramatiques (prison, hôpital, tentatives de suicide, violences…..). Les effets secondaires de ce traitement de l’hépatite C peuvent être considérablement amplifiés par le coke.

Il faut également considérer que la coke, surtout si on en abuse, épuise l’organisme. Elle est la cause de manque de sommeil, mauvaise ou sous alimentation donc diverses carences en vitamines et minéraux, stress perpétuel… ce qui augmente les risque d’accident.

Il faut également considérer les autres décès liés directement ou indirectement à la coke :
Accidents de la route, malformations des nouveaux nés et bébés qui meurent prématurément car leur mère prenait de la coke durant la grossesse…Sans oublier tous les accidents liés à la parano induite par la coke. Dans les années 20, en russie des centaines de milliers de gens sniffaient de la cocaïne (moins chère que le pain ). Il en a résulté des milliers d’incendies, meurtres, suicides…. dus à la « folie cocaïnique »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


5 + trois =

8 Commentaires

  1. Nel

    Oui je sais tout sa et malgré le neurotransmetteurs de crise de panique, persécution et parano, j’arrive pas à arrêter de consommer. Mon entourage est comme moi et ils metoufe..que faire, déménager ?? Je l’ai fait 2 fois,et j’ai connu les usagers..g besoin d’aide…

    Répondre
    1. Cabas

      Bonsoir
      Je vous comprend et vous entend très bien pour en prendre depuis 25 ans avec des hauts et des bas, bien sûr. Perso un psy très connu ds le sud-ouest en addictologie surtout, a été le seul à me faire parvenir à stopper très facilement avec 6 stablons par j et 2 ou 3 baclophene.Incroyable ce traitement à l’époque bcp utilisé aux US selon ce psychiatre. Quelques mois et arrêt doucement car c tellement bon qu’ on aurait envie d’y retourner! EASY…renseignez-vs.
      Perso j’en prenais quasi ts les j depuis 15 années et j’avais stoppé sans inconforts ou efforts.
      Bonne chance.

      Répondre
  2. Chevalme Michael

    Bonjour en venant de lire votre article sur la coke je me rend compte qu’il y’a 3j j’ai fais 1 début d’o.d. avec 1 connaissance on s’est fait 1 fix et quelque seconde après j’ai été pris de grosses convulsions,je suis tomber au sol j’ai brisé beaucoup de choses au squat… e voulais à tout pris sortir, prendre l’air mais je ne pouvais rien faire d’autre que ramper par terre. Au début je voulais que mon  »pote  »appel les pompiers mais j’ai réussi au bout d’un bon p’tit moment à reprendre le contrôle. J’ai eu la peur de ma vie. Je prend du sub et du serestat, au bout de temps de temps de conso je ne pensais pas que ça me serait arrivé. Ça craint !!!

    Répondre
  3. Andrew-Blaise

    Je suis en rechute actuellement depuis 7 semaines après 12 ans d abstinence de cocaine chez moi par contre je pique littéralement du naze parce que je la consomme par Mode intraveineuse et mes flash peuvent durer jusqu’à 15 voir 20 minutes mais j ai jamais eu de fort malaise si ce n est qu au début de ma rechute elle fut pire que les conso d il y a 12 ans en arrière. La j ai carrément passer à 26 injections par jour en moyenne et j ai reussi à réduire ma conso jusqu a 3 injections par jour depuis je revis mais je me sens profondément mal on m a prescrit aussi depuis peu du remeron 15 mg qui se donne en cure de désintoxication qui fonctionne vraiment bien en cas de craving hop un remeron donc. Du coup j en ai droit à Max 4 par jour mais ca me fais beaucoup dormir et j oublie pendant ce temps là de consommer donc voilà mon petit témoignage concernant la perte de contrôle dans ma vie avec la drogue a été liée au surmenage et à un stress post traumatique suite à divers agressions sexuelles a des moments Divers de ma vie alors svp si vous aussi êtes dans la même situation que moi avant de faire comme moi m anesthésier pour ne plus souffrir moralement alors porter de grâce plainte contre votre ou vos violeurs bonne chance ici à vous tous qui êtes dans la situation de consommation et surtout n oubliez pas que rien n est impossible la rechute fais partie du processus mais on se relève encore plus fort si la motivation réelle est présente on ne peut arrêter une dépendance par contrainte il faut que le déclic viennent de nous alors bisous amitié à tous et courage prenez soins de vous tous ici
    Andrew Blaise allias Seb

    Répondre
  4. Serge

    Malgré la désinvolture consciente ou non rapport aux risques balayé par l envie de se faire du bien, ayant connu la prévention des mes débuts en teuf, avec l illusion de contrôler, Les précautions respectées a la lettre pr ne rien contracter ou transmettre, m ont préservées, mais ont nourri mon orgueil au point de passer la limite de l aiguille, j avais tt testé même l addiction « nasale » a l hero.
    J allais enfin connettre la came en iv… expérience finalement décevante car je voyais surtout mon singe qui revenait s assurer ke ca n en vaille pas la peine.
    La coke, on me l a offert a la manche, j avais une pompe: ma curiosité a vite été satisfaite. Malgré ma consommation régulière des années avt, c était fini. Mon fardeau m a possédé déguisé en petit jesus en culotte.
    Tous ca pr dire ke ces infos m obligent a ouvrir les yeux. J ai beau ne pas paniquer quand le caillou est pas gerable, moins avc un type qui panik a ta place, mais qui s epate de ton calme malgré sa réaction qu il trouvera stupide une fois ke tu lui expliquera les symptômes.
    Je v copier ton article pr le tendre a la personne qui sera la quand j aurais fait n imp et besoin de banalité.
    J ai fais toutes les erreurs cités genre alcool + benzo après une « session ».
    Je peux rajouter cette pratique pour ne plus ignorer les avertissements : chie du sang, parano,diogene, rupture sociale.

    Répondre
  5. Marguerite

    Le laxisme du gouvernement est déplorable : une simple amende pour consommation de stupéfiant ! C’est encourager les gens à se droguer.
    Meurtres, accidents, suicides, combien de décès liés à la drogue faudra-t-il pour que des mesures efficaces soient prises ?

    Répondre
  6. tadrist linda

    j’ai faillit y passer avec de la super coke.je m’étais trop shootée et j’en avait fait un trop gros shoot après je ne sais combien avant;j’étais seule et effectivement j’ai respiré dans mes mains je me suis massée le ventre parce-que j’avais envie de roter et ça ne sortait pas;ça m’a duré une heure de flip où j’étais incapable de prendre un téléphone car mes mains tremblaient de trop.du coup maintenant j’y vais molo sur la cocaine moi qui préfèrais l’heroine malgré ça,j’en ai encore envie et je sais que ce n’est pas la dernière fois que j’en prendrais

    Répondre
  7. Sylve

    Salut à tous, bonjour ASUD,

    Voilà je prends du Xanax depuis maintenant 5ans à raison de 1mg/soir.
    J’ai fortement envie de me taper quelques bases de C (moins d’un demi gramme) histoire de zapper un tas de trucs en ce moment, mais je flippe de faire un mauvais mélange. J’ai lu que les benzos+opiacés ça passait pas, mais prendre un tout petit peu de C sur fond de traitement de benzos j’en sais rien… C’est sûr que je les prendrais pas ensemble déjà. Est-ce qu’il y a un risque de faire une dépression respiratoire ou autres ? merci de vos témoignages, j’aimais bien la C avant, jamais eu de problèmes, mais depuis les benzos là je doute.. Surtout au niveau de l’adrénaline, les benzos l’inhibant totalement, et la coke l’activant, c’est peut-être ça qui peut faire disfonctionner coeur et poumons non ?

    Répondre