Les différents produits de coupes en 2006

écrit par Jimmy Kempfer, le 01-01-2007 Thème : Arnaques et produits de coupe, Analyse.

Au vu du nombre de congrès, interventions et articles sur le thème, on pourrait croire que l’année 2006 s’est déroulée sous les auspices de la cocaïne. Mais au vu de nombreux témoignages, 2006 aura été l’année de l’arnaque. Déjà abordé dans le précédent numéro, ce thème est cette fois documenté, chiffres à l’appui, par des sources officielles et expertes.

Les arnaques sont de plus en fréquentes, ingénieuses, organisées… Lors des Teknivals, des gangs de profiteurs vendent tout et n’importe quoi. Certains ont compris qu’on ne risque pas grand chose à revendre de la Nivaquine® ou du sel d’alun. L’alcool étant consommé de plus en plus massivement et mélangé à d’autres drogues, la qualité de jugement est souvent bien altérée et les arnaques d’autant plus faciles.

Tendances moyennes par produits

Cocaïne
10 à 30% dans les saisies de moins de 100 g se situe entre de cocaïne en 2005. Des analyses de quelque dizaines d’échantillons collectés en 2006 en région parisienne révèlent 20 à 30% de cocaïne. Plusieurs dizaines de cas graves de consommation de cocaïne coupé avec de l’atropine.
Dans les paquets vendus au détail on trouve aussi de la chloroquine (Nivaquine®), de la magnésie. La « synthé » contient généralement de fortes proportions de produits de coupages qui peuvent être d’origine synthétique.

Crack , « Free-base »
Cire de bougie, savon et cuisines diverses aromatisés avec des médicaments variés entrent souvent dans la composition du « crack ».Par ailleurs, le « free basing » n’est pas une garantie de « purification » de la coke. Certains adultérants résistent au procédé.

Héroïne, Rabla
75 % de l’héroïne marron (Râbla) saisie en 2005 contient moins de 10% d’héroïne. Le reste est du paracétamol (44% ) et de la caféine (26%) qui renforce les effets de l’héroïne fumée en favorisant son passage à travers les poumons.. L’«héroïne morte », employée pour rallonger la poudre est un mélange de paracétamol et de caféine. Les petites bombonnes vendues à Paris contiennent généralement de 1 à 5 % de Rabla, des médicaments et sucres divers. Mieux vaut acheter sucre et café chez l’épicier et le paracétamol à la pharmacie.
ASUD vous rappelle que la Rabla n’est pas du Rachacha en poudre mais de l’héroïne de basse qualité. La Rabla accroche et peut provoquer une overdose.

Ecstasy, MDMA, M-CPP et chloroquine
Dosage courant des comprimés : 40 à 70 mg. Quelques doses contenaient plus de 120 mg. Le reste est composé de sucres (lactose, sorbitol, amidon).
Ecstasy, MD et MDMA, c’est la même chose. On trouve parfois de la MDA, MDEA… ou des traces d’intermédiaires de synthèse, généralement issus d’un processus de fabrication bâclé mais rarement du speed
Offre de plus en plus importante de M-CPP ou pipérazine vendus pour de l’ecstasy.
Aux Teknivals, arnaque massive de médicaments : Celestamine@ (« parachute » ou « champignon ») et la Nivaquine@ (« Z », de « N », « X », « Néo »…), vendus pour de l’ecstasy.

Amphétamines, speed
Le speed gras contient généralement de la stéarine. Des roublards vendent du mastic pour fenêtre roulé dans la chloroquine (pour l’amertume) et parfois dans un peu de vrai speed afin de leurrer le test de Marquis.

Ice, Crystal meth
Mélange cristallisés de sucre candi et de chloroquine, sels d’alun, MDMA en cristaux, gros sel… vendu de 100 à 400 euros le gramme. Voilà ce que des gogos se font refiler pour du crystal ou de l’ice. On n’a pas trouvé de crystal meth.

LSD
Les cartons et buvards vendus pour du LSD ne contiennent souvent que de la cellulose pure.

Les chiffres suivant représentent le pourcentage de cas ou les produits ont été détectés, d’après les données provenant des saisies des douanes, de la police et de la gendarmerie. Il s’agit souvent de quantités importantes. Des analyses de produits vendus au détail révèlent encore d’autres produits, et parfois une absence totale de drogues

Analyse effectuées
par l’OCTRIS
Cocaïne Héroïne Amphétamines Ecstasy
Pureté moyenne en 2005 10 à 30 % Moins de 10% dans
82% des saisies
14% en moyenne
(111 kg saisis)
50 mg en moyenne
(833 000 doses saisies)
Phénacine 27%
Lidocaïne 10%
Caféïne 14% 95% 74% 12%
Procaïne 2% 13% 1%
Paracétamol 3% 89% 8%
Hydroxyzine 7%
Diltiazem 12%
Lévamisole 4%
Griséofulvine 12%
Phénobarbital 2%
Mannitol (Sucre) 23% 15% 4%
Sucres Divers 41% 20% 70% 100%
Créatine  8%

Petit glossaire sur la nature et les effets des différents produits de coupage

Attention : Les effets secondaires de nombreux médicaments employés comme produit de coupe sont potentialisés par l’alcool, qui augmente et/ou modifie aussi les effets des drogues.

  • Atropine : utilisé en chirurgie. Entraîne confusion et troubles nerveux graves. Risque mortel.
  • Barbiturique : Il s’agit généralement de Gardénal® (phénobarbital). Dépresseur du système nerveux autrefois employé comme somnifère, ou pour traiter l’épilepsie… Guère plus utilisé à cause de sa toxicité et du risque de dépendance grave.
  • Bicarbonate de soude : Poudre cristalline à base craie, sel ou natron. Multiples usages : nettoyant ménager, dentifrice, désodorisant. On ne connaît pas ses effets à long terme lorsqu’elle est injectée.
  • Caféine : Principe actif stimulant du café. On la trouve parfois combinée à certains médicaments contre la douleur, les problèmes respiratoires…
  • Célestamine® : Antihistaminique utilisé pour traiter les allergies. Risque de somnolence (fortement majoré par l’alcool). Suivant le dosage, les comprimés sont de couleur bleu clair, rose ou jaune.
  • Cellulose : Principal constituant des végétaux. Sert à faire du papier…et des excipients.
  • Chloroquine : Utilisée pour prévenir et soigner la malaria (paludisme). Risques de vomissements, troubles nerveux… Toxique pour le cœur au-delà de 2 grammes. La dose mortelle est de 5 grammes. La chloroquine (Nivaquine®) est extrêmement amère.
  • Diltiazem : Utilisé pour certaines affections du cœur (angine de poitrine) et troubles de la tension.
  • Griseofulvine : Antibiotique et antifongique utilisé pour des infections spécifiques des cheveux, ongles, peau. Risque de maux de tête.
  • Hydroxyzine : Antihistaminique. Dépresseur du système nerveux central. Prescrit comme anxiolytique ou pour traiter certaines allergies (Atarax®). Cas de nécroses et troubles divers lorsque le produit est injecté à hautes doses.
  • Inositol : Autre nom de la vitamine B7. Chez les rongeurs, sa déficience provoque une chute des poils.
  • Lanoline : Graisse extraite du suif de mouton, employée pour traiter les cuirs. Fumée, elle pourrait présenter des risques de cancer.
  • Lévamisole : Antiparasitaire intestinal. Peut causer des troubles allergiques et neurologiques à hautes doses.
  • Lidocaïne : Anesthésique de surface utilisé par les dentistes (Xylocaïne®) et dans les pastilles pour la gorge, crèmes anesthésiantes… Utilisée comme produit de coupage car elle anesthésie et « gèle » fortement les gencives (4 à 5 fois plus que la cocaïne) lorsqu’on la goûte. Risque de troubles en injection ou sniff.
  • Magnésie : poudre d’origine minérale employé par les grimpeurs pour la transpiration des mains.
  •  Mannitol : Sucre d’origine naturelle utilisé dans certains traitements rénaux et dans la fabrication de bonbons et médicaments à sucer. « Rafraîchissant » au goût, il renforce la sensation de « gel » sur les muqueuses lorsqu’il est ajouté à la cocaïne.
  • Pipérazine (M-CPP) : Antiparasitaire provoquant maux de tête, anxiété, vertiges, troubles digestifs, nausée…
  • Nivaquine® : (Voir chloroquine)
  • Paracétamol : Couramment utilisé contre la douleur, la fièvre… Le Doliprane®, le Dafalgan® et des dizaines de spécialités en contiennent. Toxique pour le foie et les reins au-delà de 3 grammes (attention en cas d’hépatite).
  • Phénacétine : Vaguement apparentée au paracétamol. Guère plus utilisée. Cause d’affections rénales graves.
  • Procaïne : Anesthésique local de moins en moins utilisé en médecine. Remplacé par la lidocaïne.
  • Sel d’alun : D’origine minérale. Ressemble à du « cristal » de roche. Utilisé comme régulateur de la transpiration, hémostatique (arrêter les saignements dus au rasoir) et pour fabriquer certaines peintures.
  • Stéarine : Poudre grasse fabriquée à partir du suif animal pour la fabrication de bougies ou de savons.

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5 Commentaires

  1. Nicolas

    Bonjour,
    Je suis consommateur de cocaïne depuis quelques années maintenant, j’en prend tout les jours pratiquement, je suis étonné des produits de coupes qu’il mettent dedans, effectivement je suis tombé sur du sel l’autre jour, c’est pour cela que jai tapé produits de coupes pour la coke et je suis tombé sur votre site qui est relativement bien fait et surtout bien explicatif.
    Voilà je vous remercie pour ces explications et je me fessait pas d’illusions sur les trafiquants qui veulent faire toujours plus d’argent sans ce soucié de leurs clients.
    Je vous souhaite bonne continuation et espère vous relire bientôt.
    Cordialement.
    Nicolas

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  2. sebastien

    Bonjour,
    Il m’arrive de prendre de la C de temps en temps,j’ai déjà eu une mauvaise expérience, mais là c’est vraiment pas bon. ça fait 4 jours et j’ai toujours mal au crâne. Depuis je sens plus vraiment l’effet du bédo sauf comme une vague fatigue supplémentaire à celle que je ressens, j’ai l’impression que mon activité cérébral à baissé. Savez vous s’il est possible de consulter, me sens comme si subi lobotomie.
    Merci
    s

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    1. Agathe

      C’est la même chose actuellement pour moi

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  3. Émicla

    moi quand je fume un béni avec le speed en moment vin joui carrément évincée mais pas au speed on dirait carrément à lalcol speed du jour et joint fou… sa tourne .. mais marrant

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