Médicaments de substitution

Historique

Dernière mise à jour : 25-06-2013

Suboxone® a obtenu son autorisation de mise sur le marché dans l’Union Européenne en 2006, mais n’est commercialisée en France que depuis janvier 2012.

La buprénorphine – ou bupe comme on la surnomme dans le monde anglo-saxon – appartient à la famille des opiacés qui compte également la morphine, l’héroïne, la codéine… On l’utilise depuis plusieurs décennies comme analgésique.

En tant que dérivé morphinique, c’est un agoniste partiel/antagoniste : agoniste partiel, la buprénorphine reproduit les propriétés de l’héroïne tout en bloquant une partie de ses effets psychotropes (action antagoniste).

Commercialisée sous le nom de Temgésic®, elle a d’abord été utilisée comme analgésique dans le traitement de la douleur, sous forme de comprimés dosés à 0,2 mg. Dans les années 90, elle servait de substitution d’appoint à l’héroïne. Cet usage détourné permettait à beaucoup de personnes dépendantes aux opiacés de palier au manque, voire d’entamer un processus de sevrage en l’absence de toute substitution ambulatoire.

Au terme de plusieurs années de revendications, le travail conjoint d’associations d’usagers, de professionnels de santé et de militants de la lutte contre le sida porte ses fruits : en février 1996, un nouveau traitement, la Buprénorphine haut dosage (BHD), produite et commercialisée par le laboratoire SCHERING-PLOUGH sous le nom de Subutex® reçoit son AMM ou Autorisation de mise sur le marché.

Une véritable avancée. Cette approche nouvelle permet notamment de diversifier l’offre de soins destinée aux usager(ère)s dépendant(e)s des opiacés en mettant à leur disposition un traitement ambulatoire officiel, directement prescrit en médecine de ville.

Synthétisée en 1937 en Allemagne – la Mecque de l’industrie chimique – la méthadone est une drogue synthétique utilisée principalement en antalgique. Contrairement à une légende tenace elle ne fut pas utilisée pendant la seconde guerre mondiale par des Nazis privés de morphine, et son premier nom de Dolophine ne dérive pas du prénom Adolphe mais de la racine latine dolos (douleur). Le brevet récupéré par les Alliés est ensuite développé dans les années 70 aux États-Unis pour soigner les héroïnomanes, à commencer par le fort contingent de vétérans de la guerre du Viet-Nam. A l’époque la méthadone est pensée comme une long-term detox – un médicament de sevrage de long terme, théoriquement voué à déboucher sur une abstinence totale de toute consommation. En pratique elle facilite les pauses et représente une alternative en cas de pénurie,.

A partir des années 80-90 le concept de maintenance ou de traitement de substitution aux opiacés s’impose comme norme internationale et la méthadone devientle médicament de substitution à l’héroïne de référence dans le grande majorité des pays.

La littérature internationale est intarissable au sujet des bienfaits imputés à la méthadone :

S’appuyant sur des statistiques imparables, ces travaux confirment que la méthadone éloigne les toxicos d’une marginalité dangereuse. Les patients en traitement sont en meilleure santé que les héroïnomanes,réduisent les risques de contracter le HIV, et vivent plus vieux. Ils sont également sont moins susceptibles de verser dans la criminalité ou de commettre des actes violents, et par conséquent échappent à la prison.

Une exception française

Malgré ce prix d’excellence la méthadone a toujours suscité unecertaine réserve chez les spécialistes et parfois même chez les usagers.

Classée au tableau des stupéfiants, la méthadone bénéficie d’une autorisation médicale depuis 1973. Étonnamment deux centres seulement expérimentent le traitement, soit une vingtaine de patients pour toute la France. Cette situation perdure jusqu’en 1992 date de l’ouverture de nouveaux établissements qui intègrent une cinquantaine de patients supplémentaires. Enfin le véritable tournant est pris grâce à l’action deSimone Weill, Ministre de la Santé en 1993 qui favorise l’émergence d’une véritable politique de réduction des risques comprenant l’ouverture de cinq milles places de méthadone constitue l’un des aspects majeurs. Ce socle de départ, encadré par une législation relativement contraignante, ne sera jamais considéré comme une solution satisfaisante, en dépit ou à cause de l’unanimité internationale autour de la méthadone, la France va opter en 1996 pour une orientation de la politique de substitution vers la Buprénorphine Haut Dosage (BHD), commercialisée sous le nom de Subutex pour devenir le véritable médicament de référence.

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