Nous, on l’appelait Choiseul. Mais, de naissance, il s’appelait
Charles-Henri de Choiseul-Praslin avec un double
héritage, de serviteur de l’État français du côté Choiseul1,
de la sidérurgie lorraine de l’autre. À Saint-Nazaire, où il vivait
depuis 1974, c’était Robert, le camarade des luttes syndicales
dans les chantiers navals où il s’était fait recruter comme ouvrier.
Dans les hommages de sa famille d’adoption à Saint-Nazaire et sa
famille de naissance, la question des drogues a été peu abordée.
La lutte contre la prohibition a pourtant été un engagement
constant qui a commencé lorsqu’il est devenu avocat et qu’il a
défendu des enfants de ses camarades, inculpés pour usage ou
trafic. Il a alors mené une enquête approfondie sur la question,
enquête publiée en 1991 sous le titre « La drogue : une économie
dynamisée par la répression ».
L’année suivante, il a crée avec le journaliste Alain Labrousse
l’Observatoire géopolitique des drogues, l’OGD, un travail
remarquable avec quelques 200 correspondants un peu partout
dans le monde. L’OGD a en particulier publié un rapport
annuel sur la situation mondiale, des ouvrages qui font référence.
Ce travail remarquable s’est interrompu en 2001, avec le refus
de l’administration française de contribuer aux subventions
européennes : les enquêtes de terrain allaient manifestement
à l’encontre des versions officielles de la lutte contre la drogue.
Après l’OGD, Choiseul a crée l’OGC, Observatoire des criminalités,
pour rendre compte de l’entrecroisement des trafics, une
entreprise ambitieuse, trop sans doute, la criminalité en col
blanc s’associant toujours davantage aux criminalités mafieuses
traditionnelles.
Choiseul a été un allié précieux dans la lutte cotre la prohibition,
la RdR et la légalisation du cannabis. Modeste, rigoureux, c’était
un homme sur lequel on pouvait compter.

Anne Coppel

  1. Les Choiseul sont une vieille famille française, très attachée au service des Bourbon, plusieurs fois ministres. Le plus célèbre, celui de l’avenue, était le ministre de la Guerre et de la Marine sous Louis XV, signataire du Traité de Paris qui fixe la perte du Canada.

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