Étiquette : Salle de conso

Des salles de consommation de crack encadrées par des professionnels, une solution citoyenne pour les quartiers de la gare de Saint-Denis et du Nord de Paris

Communiqué de presse du collectif « Asud, Anitea, Act Up-Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, Gaïa, salledeconsommation.fr

Hier, lors d’une visite du quartier de la gare de Saint-Denis (93), le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux était pris à parti par les habitants et les commerçants. Ceux-ci n’en peuvent plus de « voir les crackers déambuler et consommer » devant leur vitrine ou leur habitation et de voir les « dealers opérer en toute impunité ». Il réclament le « droit à une vie normal ». Brice Hortefeux a promis d’envoyer un bataillon de policiers pour « chasser les trafiquants » de ce quartier et « résoudre le problème ».

Nous ne pouvons que comprendre ces habitants et commerçants. Personne n’a envie de voir la misère et la violence à sa porte. Mais la solution répressive de Brice Hortefeux ne résoudra pas leurs problèmes.Les dealers prendront plus de précautions ou se déplaceront provisoirement comme ils l’ont déjà fait dans les quartiers de Stalingrad ou de la Goutte d’or à Paris. Les usagers se cacheront, s’éloigneront du dispositif de soins augmentant ainsi leurs problèmes et ceux qu’ils causeront.

La répression seule ne peut venir à bout du phénomène de l’usage de drogue. Malgré celle-ci, la consommation et le deal de crack perdure depuis plus de vingt ans dans des quartiers du nord de Paris et de Saint-Denis. Les mesures d’ordre publique ne seront utiles que si elles sont complétées et articulées avec une offre sanitaire et sociale allant des centres de soins jusqu’aux salles de consommation à moindre risque! Ce dispositif encore inconnu en France mais utilisé dans d’autres pays d’Europe comme l’Espagne, l’Allemagne, la Suisse, a pourtant réussi mettre un terme aux scènes ouvertes (consommations de rue) et à un grand nombre de nuisances occasionées par celles-ci. Encadrées par des professionnels, les salles de consommation sont des espaces qui offrent un cadre d’usage sécurisé, aux conditions d’hygiène acceptables en dehors des lieux publics.

Mais qui aura le courage politique d’aller au delà de la seule réponse répressive, qui ne fait, au plus, que déplacer temporairement le problème et aggrave la santé des usagers de drogues déjà très précarisés ?

 

L’OFDT fait une synthèse de la littérature internationale sur les salles de consommation à moindre risque en Europe

Dans une note du 20 mai 2009, l’OFDT fait une synthèse de la littérature internationale sur les salles de consommation à moindre risque.

L’OFDT rappelle qu’au niveau de la santé, les salles de consommation permettent :

  •  un premier contact avec des populations difficiles à atteindre ou populations cachées ;
  • des conditions de sécurité et d’hygiène qui n’amènent pas à une hausse des niveaux de consommation ou à des pratiques à risque encore plus dangereuses ;
  •  Réduction des décès associés à l’usage de drogues lorsque l’accessibilité aux salles de consommation est appropriée (horaires d’ouverture, inclusions, couverture géographique suffisante, …) ;
  • Un accès effectif des usagers en situation de très grande précarité et extrêmement marginalisés aux services adaptés (les usagers peuvent bénéficier sur place des interventions des professionnels ou être orientés vers le dispositif le plus adapté).

Et au niveau des nuisances publiques :

  • elles permettent une diminution de l’usage de drogues dans les lieux publics sous réserve que la capacité d’accueil des salles de consommation soit suffisante pour répondre aux demandes des usagers ;
  • Il n’y a pas de constat de hausse de la délinquance (vols, …) liée à l’implantation des salles de consommation.

Enfin, l’OFDT conclue que « D’après la littérature en la matière (Hedrich D, 2004), les études mettent en évidence que les bénéfices attribués aux salles de consommation dépassent les craintes initialement évoquées. »

Pour lire la note de l’OFDT en entier

La mairie de Paris veut engager le débat sur les salles de consommations à moindre risques.

Les 8 et 9 juin dernier, le conseil de Paris a voté un vœu relatif à la politique de réduction des risques liés à l’usage de drogue. Ce voeu, qui demande l’ouverture d’un débat sur les salles de consommation, fait suite à l’action « une salle de consommation à moindre risque à Paris ? », organisée par le collectif d’associations « Asud, Anitea, Act Up Paris, Gaia, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr » lors de la journée mondiale hépatites du 19 mai. Vous trouverez le vœu du conseil de Paris ci-dessous :

CONSEIL DE PARIS, Séance des 8-9 juin 2009

Vœu de l’exécutif municipal relatif à la politique nationale de réduction des risques liés à l’usage de drogues

Les politiques volontaristes de réduction des risques sanitaires et sociaux liés à l’usage de drogues ont montré leur efficacité : le taux de prévalence du VIH chez les usagers de drogues ainsi que le nombre d’overdoses ont considérablement diminué.

Néanmoins, les risques de contamination par les hépatites B et C demeurent élevés et imposent de nouvelles actions. Ainsi, les hépatites B et C sont responsables de 8000 contaminations et de 4000 morts par an, avec des taux de prévalence de l’hépatite C allant de 70% à 90% chez les usagers de drogues injectables fréquentant les structures de soins. La prévention est en effet compliquée par le fort pouvoir contaminant du virus, le nombre important des contaminations précoces, et le fait que l’infection par le VHC est souvent durablement asymptomatique.

Sur la base de ce constat, en février dernier, la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, Madame Roselyne BACHELOT, a présenté un plan national de lutte contre les hépatites B et C. Cependant, ce plan n’a pas répondu aux attentes des professionnels et associations engagés dans la lutte contre ces épidémies. Alors que la répression des usagers de drogues n’a jamais été aussi forte, le gouvernement n’apporte aucun remède aux carences en matière de prévention, de dépistage et d’accès aux traitements, ne reprenant aucune des propositions concrètes des associations consultées.

Face à ces insuffisances, et afin de relancer le débat, 6 associations engagées dans la réduction des risques, l’aide aux usagers et à leur entourage, ont mis en place une « salle de consommation de drogues à moindre risque », le temps de la journée mondiale des hépatites du 19 mai. Ces salles de consommations, qui sont développées dans de nombreux pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne ou la Norvège par exemple, visent à assurer l’accueil et la prise en charge des usagers les plus marginalisés, pour améliorer l’accès aux soins et réduire la mortalité directe liée à l’usage de drogues, grâce à des conditions d’hygiène optimales et à la présence de professionnels médico-sociaux.

Selon leurs promoteurs, les salles de consommation limitent les pratiques clandestines et participent ainsi d’une politique de prévention active, globale d’accompagnement vers le soin et l’insertion sociale des usagers de drogues marginalisés. Elles réduisent également les nuisances telles que, par exemple, la présence de seringues souillées dans l’espace public et limitent les tensions entre riverains et consommateurs de drogues.

C’est pourquoi, sur proposition de l’exécutif municipal le Conseil de Paris émet le vœu que le Maire de Paris intervienne auprès du gouvernement afin:

  • qu’une politique ambitieuse de réduction des risques soit mise en œuvre pour répondre aux enjeux identifiés sur le terrain
  • qu’un large débat soit engagé afin de déterminer dans quelles conditions une expérimentation sur des salles de consommation à moindre risque pourrait être menée, et une adaptation du cadre légal et réglementaire engagée

Une salle de consommation à moindre risque au 30 ans de l’ANITeA

Une salle de consommation a été installée lors des 30emes journées de l’Anitea, les 11 et 12 juin au parc de la Villette.

Toutes les associations du collectif (Asud, Anitea, ActUp Paris, Sos Hépatites Paris, Safe, Gaïa, salledeconsommation.fr) étaient présentes pour débattre et montrer au public, composé principalement d’intervenants en toxicomanie et réduction des risques, ce que pourrait être une salle de consommation à moindre risque.

Nous avons récolté plus de 150 signatures de soutien au projet de salle de consommation à moindre risque à Paris, ce qui fait un total de près de 500 signatures en moins d’un mois.
Jean-Marie Le Guen, député et adjoint à la santé au Maire de Paris, a visité la salle de consommation, avant de faire un discours engagé et remarqué sur la réduction des risques en plénière.

D’autres VIP, comme Nicole Maestracci ou Didier Jayle, tous deux anciens présidents de la MILDT, nous ont fait également l’honneur de leur visite.

Cette action ayant été un succès, autant dans la participation que dans la qualité des débats, nous avons décidé de la poursuivre lors des prochains colloques de références sur l’usage de drogue. Nous pouvons ainsi vous annoncer qu’une salle de consommation à moindre risque sera à nouveau installé lors du colloque THS à Biarritz, du 13 au 16 octobre 2009.

D’autre part, nous avons noué des contacts avec des députés PS et UMP cette semaine, qui nous ont promis de relayer notre action au sein de leur parti respectif. Nous continuerons à vous tenir informer de notre action.

« Vous allez crever avec votre drogue… mais proprement ! »

Bernard Bertrand, créateur du site salledeconsommation.fr, nous fait part des messages qu’il a reçu sur son site suite à l’action « une salle de consommation à moindre risque à Paris », organisée le 19 mai dernier par le collectif « Asud, Anitea, ActUp Paris, Gaia, Safe, SOS Hépatites Paris, salledeconsommation.fr »

« Vous allez crever avec votre drogue… mais proprement ! »
Cette phrase édifiante, fut envoyée par un auteur anonyme sur le site http://www.salledeconsommation.fr suite à l’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque (SCMR) à Paris lors de la journée mondiale des Hépatites.

Dire d’abord que les SCMR entretiennent la consommation de drogues car c’est bien de cela qu’il s’agit, c’est remettre en cause la politique de Réduction des risques alors que les résultats plus que positifs ne sont plus à démontrer.
Les SCMR font partie intégrante de cette politique, pragmatique qui vise à minimiser les dommages sanitaires et sociaux, alors même que les personnes sont encore dans une phase de consommation. En d’autres termes, il s’agit de maintenir et de préserver l’état de santé et l’intégration sociale des personnes consommatrices.

En France et ailleurs dans le monde, il existe d’autres offres qui s’inscrivent dans ce cadre : on peut mentionner la possibilité de manger gratuitement, de se laver, de dormir pour une somme modique, etc. Ces mesures s’adressent à toute personne – toxico-dépendante ou non – qui se trouve dans une situation de grande précarité. Ces offres font partie des mesures traditionnelles que propose un pays pour venir en aide aux plus démunis et ne sont pas contestées.

La question des SCMR est plus délicate, car elle s’adresse spécifiquement à des consommateurs de drogues et, c’est là que le bât blesse, car soutenir l’ouverture de SCMR demande l’acceptation, dans notre société (comme dans toutes les autres) de l’existence de personnes qui consomment des drogues. Cela demande également d’accepter, dans l’immédiat, notre impuissance à « aider » et à « guérir », ainsi que notre colère devant cette souffrance visible. La répression ne peut, à elle seule, répondre à cette problématique. Alors que faire ?

Nous, professionnels, soutenons qu’il faut être avant tout réaliste pour préserver la santé des consommateurs de drogues et leurs liens avec les dispositifs socio-sanitaires. Cette approche, qui repose sur le postulat que l’on ne peut contraindre une personne à entreprendre une sortie de dépendance, implique qu’il faut accepter les toxicomanes et les aider lorsqu’ils le demandent. Dès lors, pourquoi leur refuser des conditions décentes de consommation ?

Ensuite, il est curieux n’est-ce pas, comme chacun d’entre nous a un avis, en général bien tranché et assez simpliste, sur ce qu’il convient de faire ou pas faire pour les toxicomanes ?
La question des SCMR commence à susciter beaucoup de fantasme de ceux qui font de la guerre à la drogue, une guerre aux drogués.
Notre position individuelle ou collective sur la question des dépendances ne doit pas être liée à notre position vis-à-vis des personnes toxico-dépendantes. La question n’est pas tant d’être « pour ou contre les drogues » – sur cette question nous sommes majoritairement tous d’accord – mais plutôt de nous interroger sur notre capacité à tolérer des toxicomanes dans notre société. Cette position est certes plus délicate et mérite d’être débattue, mais elle permet d’être contre la consommation de drogues sans pour autant être contre les toxicomanes.
Il faut s’y faire, même si l’on souhaite l’abstinence et la réinsertion pour tous les consommateurs de drogues, ceci ne se fait pas en un « claquement de doigts » et cette démarche prend du temps. Pendant ce temps, autant que les pratiques de consommation soient le moins dommageables possible. Alors OUI aux salles de consommation à moindre risque, à comprendre comme une mesure intelligence, pragmatique, un outil supplémentaire à apporter dans le dispositif français pour les toxico-dépendants qui vise à permettre aux plus vulnérables d’accéder à des structures d’aide, d’accompagnement et de soins.
Encore un peu et l’auteur anonyme en question va m’accuser de faire de la psychologie de bas étage, mais si la réponse aux problèmes que pose la toxicomanie était simple, cela se saurait depuis longtemps !

Rappel

Les Salle de Consommation de drogues à Moindre Risque (SCMR) permettent de :
1) Réduire les problèmes de Santé pouvant découler de la consommation de drogues :

  • Limiter l’incidence de la transmission des Hépatites virales (VHB et VHC), du VIH et autres virus transmissibles par le sang ;
  • Réduire le développement d’abcès, d’endocardites et d’autres problèmes de santé pouvant résulter de la consommation de drogues lorsque celle-ci se déroule dans un cadre non-hygiénique (Cage d’escalier ; Entrée d’immeuble ; Shooting galleries ; Pîqueries ; Squats ; Toilettes publiques ; Square…).

2)Réduire les nuisances associées à l’usage de drogues dans les lieux publics et semi-publics :

  • Réduction de la visibilité de l’usage ;
  • Réduction de la criminalité ;
  • Réduction du nombre de seringues usagées laissées à la traîne dans l’environnement (Réduction de l’incidence de la transmission de maladies virales et les accidents par piqûre accidentelle).

3)Améliorer l’accès aux services socio-sanitaires et thérapeutiques chez les consommateurs de drogues les plus marginalisés :

Il s’agit d’améliorer l’accès aux soins et de toucher les consommateurs qui n’utilisent pas les services socio-sanitaires et/ou thérapeutiques.

4)Promouvoir l’éducation aux risques liés à l’usage de drogues :

Les SCMR permettent une éducation et information sur les pratiques de consommation à moindre risque directement au moment de l’acte. Cette éducation et cette information sont adaptées aux risques observés contrairement aux programmes d’échange de seringues qui envoient un message sibyllin : « Nous savons que certaines personnes consomment des drogues et afin de diminuer les risques sanitaires, nous leur donnons des seringues et autres matériels stériles, mais en revanche, nous ne voulons pas les voir consommer devant nous et encore moins dans nos structures ».

5) Réduire les coûts des services de Santé liés à la consommation de drogues :
Le rapport coût-efficacité avantageux de l’instauration de SCMR doit inciter les décideurs politiques à l’action :
Outre la perte tragique et coûteuse de vies humaines, certains méfaits peuvent être évités ou atténués et entraîner des gains sur le plan économique en soins de la Santé (traitement pour maladies chroniques, services d’urgence…) à l’instar de la mise en place des programmes d’échange de seringues pour limiter la propagation du VIH.
Les coûts d’application de lois répressives de lutte contre la délinquance et de la toxicomanie peuvent également diminuer : ces ressources pourraient alors être consacrées à la prévention, au traitement et aux soins de Santé.

« Sortir de l’hypocrisie c’est ouvrir des salles de consommations »

Nous avons reçu une lettre d’un habitant de Marseille qui habite à deux pas d’un Caarud. Il nous fait part d’un problème auquel tous les Caarud situés dans un lieu de consommation sont confrontés : problèmes de voisinage, shoots dans les cages d’escaliers, matériel de consommation qui traine… Pour lui, sortir de l’hypocrisie, c’est ouvrir des salles de consommation… Pour ne pas stigmatiser le caarud en question, nous avons supprimé toute les références à cette structure. Et nous l’avons simplement appelé « Caarud »…

J’habite Marseille à deux pas de «Caarud». Nous sommes voisins. Un voisinage qui n’est pas toujours facile à vivre.
Les restes de Stéribox font partie du «décor» de notre rue et de nos halls d’immeubles. Je voudrais aussi vous parler des vols dans les cages d’escaliers ; et du «spectacle désolant» d’un homme assis sur le pas de ma porte et qui, une demi-heure durant, se pique un peu partout sur la main et le bras à la recherche d’une veine ou s’injecter le contenu de sa seringue. Du fils de mes voisins qui à 10 ans, reste subjugué devant l’aberration de cette scène.

Évidement on connait nos voisins et comme les stéribox sont distribués de temps à autre par les fenêtres on finit par être quelque peu agacé par eux. Donc ce matin je sonne chez eux… Trop de vols ces derniers jours trop de «restes» dans notre immeuble, la copropriété va porter plainte. Je viens en informer «Caarud» et chercher une solution pour que le voisinage retrouve un peu de paix.
On est plutôt mal reçu chez «Caarud» et comme ils m’ont claqué la porte au nez, je vous écris ma colère.

Que la soit disant mesure de santé publique derrière laquelle «Caarud» se réfugie à Marseille pour ne pas discuter du problème avec ses voisins est une superbe hypocrisie. Que donner un stéribox à quelqu’un qui va batailler une demie heures sur le trottoir pour se piquer n’a plus rien d’un shoot propre. Que cette façon de faire est irrespectueuse des usagers de drogue précarisés et des habitants du quartier.

Sortir de l’hypocrisie c’est ouvrir des salles de consommations. Et si «Caarud» ne défend pas cette position alors il participe et est complice de cette hypocrisie.

Une salle de consommation à moindre risque à Paris…

Communiqué de presse Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaïa, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr

L’opération « Une salle de consommation à moindre risque à Paris ? » a été un succès : elle a attiré l’attention de nombreux médias et interpellé les hommes et femmes politiques sur l’épidémie hépatites C. Plusieurs élus, municipaux, régionaux et nationaux ont manifesté leur intérêt pour de telles salles. Cette opération a également permis de discuter du projet avec de nombreux professionnels d’Ile de France de la prévention, du soin et de la réduction des risques liés à l’usage de drogues, qui nous ont témoigné leur enthousiasme sur l’ouverture de telles structures.

Les associations, qui continuent de rappeler les méfaits d’une criminalisation de l’usager, vont maintenant interpeller le Ministère de la Santé, afin de proposer l’expérimentation d’une salle de consommation à moindre risque. Elles continueront de se mobiliser pour développer le dépistage, renforcer l’accès au soin et lutter contre l’épidémie d’hépatites.

Revue de presse

Presses écrites

Radios / Audios

Télévisions

Blogosphère

Une salle de consommation à moindre risque à Paris ?

Communiqué de presse Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaïa, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr

À l’occasion de la journée mondiale des Hépatites du 19 mai 2009, les associations Asud, Act Up – Paris, Anitea, Gaïa, Safe, Sos Hépatites Paris, installent une salle de consommation à moindre risque dans les locaux de l’association Asud. Une présentation sera faite à la presse le lundi 18 mai à 14h 30 avec le Dr Anne François, médecin à la salle d’injection de Quai 9 à Genève, et sera suivie d’une conférence de presse à 15h. Le lendemain la salle sera ouverte aux professionnels d’Ile De France.

Les résultats de la réduction des risques liés à l’usage de drogues sont aujourd’hui incontestables. Elle a permis de faire baisser le nombre d’overdoses et le taux de prévalence VIH chez les usagers de drogues. Mais l’explosion des contaminations par l’hépatite C , avec des taux allant de 70% à 90% chez les injecteurs qui fréquentent les structures de soins, montrent qu’il est aujourd’hui nécessaire d’étendre cette politique. À elles seules, les hépatites B et C sont responsables de 8000 contaminations et 4000 morts par an, dont une majorité sont des usagers de drogues.

La Commission Nationale addiction, réunie en assemblée plénière le 12 mai 2009, a émis un avis défavorable sur le plan Hépatites qui lui a été présenté. Nos associations considèrent également que ce plan n’est pas à la hauteur de l’urgence de santé publique que présentent les hépatites, en particulier chez les usagers de drogues :
au niveau économique, son montant, 4 millions d’euros par an, ne correspond même pas au coût de la prise en charge de 200 personnes contaminées par le VHC (estimation),
au niveau opérationnel, il ne reprend aucune des propositions concrètes des associations que l’Etat avait pourtant consultées.

L’une de ces propositions est la mise en place de salles de consommation à moindre risques dans les grandes villes françaises, hauts lieux de consommation, notamment des usagers les plus précaires. De telles salles de consommation offrent plusieurs avantages :
la sécurité sanitaire pour les usagers de drogues : elles leur donnent accès à un espace calme, propre, encadré par une équipe de professionnels (médecins, infirmiers, travailleurs sociaux, etc.) qui permet de réduire les risques sanitaires liés à l’injection (VIH, hépatites, infections, septicémies, surdoses…).
la sécurité et la tranquillité pour les habitants des quartiers concernés : l’existence d’un tel lieu permet de réduire la consommation de drogues dans les espaces publics et les cages d’escaliers, et de diminuer la dispersion des déchets potentiellement contaminés (seringues).
un outil privilégié pour les professionnels : ces espaces permettent de rentrer en contact avec les personnes ayant le plus de difficultés à entamer un parcours vers les soins, d’être au plus proche des pratiques et des réalités des usagers, et d’y apporter des réponses adaptées.

Pour lutter contre l’épidémie d’Hépatites et arrêter l’hécatombe, il faut maintenant que les pouvoirs publics dépassent leurs réticences et leurs préjugés. Il faut qu’ils acceptent d’expérimenter des réponses pragmatiques telles que le programme d’Education aux Risques Liés à l’Injection développé par Médecin du Monde, et les Salles de Consommation à Moindre Risques qui ont fait leur preuve dans les grandes villes de Suisse, d’Espagne ou d’Allemagne.

Cette démonstration est un premier pas pour les convaincre.

Pour soutenir l’action et rejoindre les premiers signataires ci-dessous

– Pr lowenstein William – SOS Addictions (Président)
– Pr reynaud Michel – Département de Psychiatrie et d’Addictologie à l’hôpital universitaire Paul Brousse
– Bavay Francine – Conseil Régional d’Ile-de-France (Vice-Présidente)
– Dr morel Alain – Opélia (Psychiatre et Directeur Général)
– Dubarry Véronique – Les Verts (Adjointe au Maire de Paris)
– Elus Locaux Contre le Sida
– Les Verts
– AFR (Association Française de Réduction des risques)
– MJS – Mouvements des Jeunes Socialistes
– Emergences Caarud 77 Nord
– Caarud/CSST Nova Dona
– Coppel Anne
– Dr lebeau Bertrand
– Dr lhomme Jean-pierre – Gaïa (Président)
– Dr michel Laurent – Assistance Publique Hôpitaux de Paris (Psychiatre, Addictologue)
– Autrement RDR
– Asud Nimes
– CAARUD/ ACT YOZ : SOS hépatites Champagne Ardenne

Dossier de presse

Adresse de l’Association Asud :
206, rue de Belleville – 75020 Paris
Tel  :01 71 93 16 48 – 01 43 15 08 00
Mail : contact@asud.org
Métro  : Jourdain ou Place des fêtes (11)

Contacts Presse :
Pierre Chappard (Asud) : 06 63 55 65 54
Jean-Pierre Couteron (Anitea) : 06 03 44 60 38
Jean-Louis Bara (Safe) : 06 73 73 41 65
Emmanuel château (Act Up – Paris) : 06 76 22 51 17
Michèle Sizorn (Sos Hépatites Paris) : 06 60 27 11 29
Elisabeth Avril (Gaïa) : 06 69 47 60 28

Pour plus d’informations : www.salledeconsommation.fr

Salle d’injection de drogues : Lettre ouverte à M. Jean-Francois Lamour

L’auteur, Christophe Mani, est directeur de Quai9, une salle d’injection supervisée à Genève.

Espaces d’accueil et d’injection, salle de consommation supervisées sont les termes bien plus appropriés que salle de shoot ou drogatoriums pour désigner les lieux qui n’existent certes pas en France, mais qui ont largement fait leurs preuves dans d’autres pays comme la Suisse.

Dans son point de vue publié dans le monde du 21 décembre dernier, M. Lamour, président du groupe UMPPA Conseil de Paris, estime que les salles de consommation de drogues supervisées sont des « antichambres de la mort ». Encore une fois, les ambassadeurs du « Non à la drogue » sont aveuglés par leur approche idéologique, au mépris des considérations humaines et scientifiques.

Ces salles ont-elles pour effet de cacher les toxicomanes dans des centres ?

A Genève, le Quai 9 est situé en plein centre ville. Après avoir été longtemps cantonné au milieu de bâtiments insalubres et après des travaux environnants, ce centre est maintenant on ne peut plus visible sur un petit ilot situé derrière la gare ferroviaire. Nombreux sont les usagers de drogues nous ayant témoigné avoir enfin l’impression de faire partie du milieu social, d’y avoir une place, fut-elle peu enviable. C’est bien sans l’existence de tels centres que les personnes sont cachées, terrées dans des caves par exemple, au risque de n’avoir plus le moindre lien avec le milieu social.
Continuer à se détruire sous prétexte de lutte contre les VIH sida, les overdoses, les hépatites C ?
Pour envisager le sevrage, seule voie possible pour M. Lamour, encore faut-il rester vivant. En Suisse, aujourd’hui les usagers de drogues sont largement devenus et depuis plusieurs années, la population dite « à risque » qui est la moins concernée par les nouvelles infections au VIH/sida. A Genève, entre zéro et deux infections de toxicomanes ont été répertoriées ces 3 dernières années, contre 91 en 1991. Les overdoses mortelles ont diminué de moitié par rapport à la fin des années 80 et début des années 90. Il est également intéressant de constater qu’une baisse majeure des nouvelles infections aux hépatites C, virus pourtant très présent dans cette population, coïncide avec l’ouverture du Quai 9. Est-ce seulement le fruit du hasard ?

Le parcours dans la toxicodépendance est transitoire. Certes des personnes y demeurent très longtemps, bien plus longtemps qu’on ne le souhaiterait pour elles et ne répondront jamais à certaines attentes de la société. La « soi-disant sécurité » dénoncée par M. Lamour est effectivement apportée par un lieu adapté, mais surtout des professionnels compétents et empathiques qui ont justement une éthique et des valeurs humanistes complètement tournées vers la vie. Un travail conséquent de relais avec le réseau de soins est mené par ces professionnels travailleurs sociaux, infirmiers ou médecins. Plusieurs institutions effectuent des présences sur place pour favoriser le lien avec les usagers qui sont en demandent d’aide. L’Association pour la réhabilitation des toxicomanes d’Annemasse (APRETO) en Haute-Savoie fait partie de ces institutions, ce qui a déjà permis à plusieurs personnes de nationalité française fréquentant notre centre d’accéder à une démarche de traitement.

Aggraver le problème de la consommation ?

Selon quelles sources M. Lamour ose–t-il affirmer péremptoirement que les expériences menées en Suisse et en Allemagne, mais aussi au Canada, en Australie, en Norvège, en Espagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas, démontrent que l’ouverture de salle de consommation aggravent le problème ? Plus de gens sont en vie plus longtemps et nous sommes aujourd’hui confrontés à de nouveaux défis, comme le vieillissement de cette population. A l’inverse, il a été largement démontré que ces espaces ne créent pas d’effet d’attraction parmi les jeunes. On ne devient pas toxicomane juste en passant devant un tel centre. Au contraire, la moyenne d’âge des personnes fréquentant ces structures de réduction des risques a augmenté de manière constante par rapport aux années 90. La réalité montre que les personnes prêtes à prendre des risques n’attendent pas la présence de professionnels pour les surveiller. Au contraire les risques maximums sont pris en dehors de tels lieu. Les professionnels peuvent conseiller, aider à un travail de conscientisation des situations à risque, voire même proposer un travail pédagogique d’apprentissage de gestion du risque.

Une diminution de la stigmatisation et de l’exclusion, principales sources de difficultés, pour les usagers de drogues ne peut qu’améliorer la situation. Sur ce plan, la tâche reste bien sûr énorme, puisqu’elle rejoint celle de la lutte contre la précarité et la pauvreté qui concerne nos sociétés dans leur globalité et pas uniquement les usagers de drogues.

Une acceptation tacite de la société par rapport à l’usage de drogues ?

Ces centres, comme les autres programmes de mise à disposition de seringues stériles, sont effectivement une acceptation de faire avec le problème, d’accepter de voir qu’il existe, au plus proche de la réalité des personnes qui le vivent. Il ne suffit pas de décrets pour se libérer de la dépendance, qui comme le dit bien M. Lamour est un chemin de souffrance pour l’homme et pour sa famille. Cacher le problème, juger les personnes qui y sont confrontées, ne va au contraire que les enfermer dans une forme de clandestinité qui augmentera la méfiance vis à vis de toute forme d’autorité, y compris médicale. Les collaborateurs de ces centres ont justement la mission de favoriser ce travail de médiation entre les usagers de drogues et la société. Oui la consommation de drogues doit être accompagnée par les pouvoirs publics, ce qui ne veut pas dire s’en rendre complice.

Troubles de l’ordre public ?

Des règles strictes (pas de trafic, pas de violence) existent pour favoriser le bon fonctionnement de ces centres, qui ne sont pas des espaces de non droit : Les usagers reçoivent la garantie de pouvoir y accéder sans être importunés par la police, mais celle-ci peut intervenir en cas de deal ou d’autres activités délictueuses. Un travail important est réalisé avec le voisinage, afin que celui-ci subisse le moins possible d’éventuels désagréments liés à l’usage de drogues. N’étant pas ouvert plus de 7 heures par jour, faute de moyens financiers, c’est surtout en dehors de ces heures que certains problèmes d’injection dans des lieux inappropriés peuvent se poser. Par ailleurs, si nous ne pouvons pas éviter toute prise de contact entre consommateurs cherchant du produit, il est évident que le deal organisé ne se fait pas dans ou à proximité du lieu, grâce au fait que les usagers acceptent de jouer le jeu et de protéger le lieu de cet effet indésirable. Le deal cause d’importants soucis depuis plusieurs années à Genève et personne ne peut le nier. Toutefois, les plus gros problèmes sont situés dans des quartiers où notre association n’est pas présente, que cela soit avec notre centre ou notre bus de prévention.

En Suisse, comme dans les autres pays mentionnés, la réduction des risques n’est pas le seul outil utilisé pour faire face aux méfaits de la drogue. Il s’inscrit dans une approche concertée intégrant également prévention primaire, traitement et répression. Et il est certain qu’il reste nécessaire de renforcer le travail mené en matière de prévention et d’éducation, sans diaboliser les drogues, mais dans une logique de promotion de la santé. Rappelons à ce titre que le produit qui pose aujourd’hui le plus de problèmes concernant la protection de la jeunesse est parfaitement légal et même souvent valorisé; il s’agit de l’alcool. Les efforts de prévention doivent donc intégrer l’ensemble des produits qui sont d’ailleurs souvent consommés de manière combinée.

En conclusion, je souhaite adresser une invitation à M. Lamour et à l’ensemble des élus chargés de débattre de cette question, à venir visiter le travail mené à Genève et en particulier dans notre espace d’accueil et de consommation pour toxicomanes. Ils pourront ainsi juger sur pièce.

Salle de consommation à moindre risques : et la France ?

Les premières salles de consommation à moindre risque (SCMR) ont été implantées en Suisse à la fin des années 80. Aujourd’hui, il en existe aussi aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, en Australie, au Canada, en Norvège, et depuis juillet 2005, au Luxembourg, le neuvième pays à ouvrir une SCMR pour usagers de drogues.
Actuellement, ce sont donc 78 structures dans 45 villes du monde qui ont opté pour ce type de programme.
Et la France ? Un dossier concocté par Bernard Bertrand.

Les salles de consommation à moindres risques sont des lieux où les personnes qui consomment des drogues ont la possibilité de le faire au moyen de matériel stérile, sous encadrement de professionnels formés. Aucune drogue n’est fournie sur ces lieux et les professionnels n’aident pas à son administration.
Elles ont pour objectifs de :
– réduire les problèmes de santé pouvant découler de la pratique de consommation (contamination par le VIH et les hépatites, abcès, surdose, etc.);
– réduire les nuisances associées à la consommation de drogues illicites dans les lieux publics et semi-publics ;
– améliorer l’accès aux services socio-sanitaires et thérapeutiques;
– et offrir un contexte de consommation qui libère de toute crainte d’appréhension policière et de violence.
Aujourd’hui, les associations d’autosupport, de réduction des risques et de lutte contre le sida, certains élus, les professionnels du champ sociosanitaire, différentes instances d’experts comme le Conseil national du sida, le Comité stratégique du programme national hépatites virales, l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (des instances créées par l’État français), le Conseil de Senlis (centre de réflexion qui regroupe des experts internationaux) et le Réseau des bases factuelles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) demandent de passer à cette nouvelle étape. Dès 2004, le rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) sur les salles de consommation (1) reconnaissait que celles-ci « remplissent leur objectif» et mettait en évidence qu’elles «parviennent à établir un contact avec un groupe hautement problématique de consommateurs de drogues et à promouvoir l’accès de ceuxc-i à des soins de santé primaires dont ils ont grandement besoin ainsi qu’aux services sociaux et de traitement. Le taux de morbidité et les risques de mortalité, ainsi que la nuisance suscitée par consommation de drogue en public, sont consommateurs de drogue à un matériel
d’injection. »

Question d’éthique

L’ouverture ou non des salles de consommation à moindres risques ne semble désormais qu’une question éthique puisque le décret n° 2005-347 du 14 avril 2005 ouvre la possibilité d’expérimenter des salles de consommation(2). C’est d’ailleurs ce que le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Didier Jayle, tente de nous expliquer : «Organiser officiellement l’injection de produits illicites pose un problème éthique.» Les politiques de lutte contre la toxicomanie menées sous l’égide de la loi du 31 décembre 1970 n’en soulèvent-elles pas? Est-il éthique d’empêcher l’accès à des mesures de réduction des risques telles que les salles de consommation à moindre risque, en présence d’une somme considérable de résultats d’autres pays qui en démontrent l’efficacité ? Est-il éthique, comme le souligne David Roy (3), «de conserver des approches fondées sur la criminalisation pour contrôler l’usage de drogues alors que ces stratégies échouent à rencontrer les objectifs pour lesquels elles avaient été conçues [Voir également les propos tenus en décembre dernier par Nicolas Sarkozy qui, pour lutter contre les trafiquants, veut s’attaquer aux clients] ; qu’elles engendrent des maux qui sont d’ampleur équivalente à, ou pire que, celle des maux qu’elles sont supposées prévenir ; qu’elles intensifient la marginalisation de personnes vulnérables et qu’elles favorisent la montée au pouvoir d’empires violents et socialement destructeurs? Est-il éthique de continuer de tolérer avec suffisance l’écart tragique entre ce que l’on peut faire et devrait faire, dans l’ensemble des soins aux utilisateurs de drogues, et ce qui est fait dans la réalité, devant les besoins fondamentaux de ces personnes? Est-il éthique de conserver des politiques et des programmes qui insistent sur l’abstinence de l’usage de drogues d’une manière si unilatérale et si utopique qu’on laisse de côté l’urgence qui appelle une attention plus immédiate : celle de réduire les souffrances des utilisateurs de drogues et d’assurer leur survie, leur santé et leur croissance vers la liberté et la dignité? Et n’est-il pas impératif de reconnaître, avec toutes les conséquences éthiques de cette réalité éthique, que les personnes qui font usage de drogues possèdent la même dignité que tous les autres êtres humains?»
La question éthique fondamentale n’est-elle pas l’impératif de prendre adéquatement soin des utilisateurs de drogues ? Inaction consternante Les consommateurs de drogues frontaliers, notamment avec la Suisse, ont compris l’importance de cet outil de réduction des risques et des dommages et l’utilisent. Une étude menée en 2003 par un collectif d’intervenants en toxicomanie de Mulhouse montre que 73,6% des consommateurs sont favorables à l’ouverture d’une salle de consommation à moindres risques(4). Cette étude mulhousienne concluait par : «On ne peut pas se permettre de retarder encore une action qui se fait attendre depuis déjà trop longtemps en continuant à faire des enquêtes qui nous montrent toujours les mêmes résultats, en parlant d’actions pragmatiques que d’autres pays ont déjà faites et évaluées depuis des années. La tragédie sociosanitaire et psychologique parmi les utilisateurs de drogues va se poursuivre encore pendant plusieurs années – en sachant que l’on aurait pu en prévenir au moins une partie si les gouvernements étaient allés au-delà de stratégies électives, au profit d’une réelle action pour faire face aux problèmes immédiats. Jusqu’ici, l’inaction est consternante.
En attentant, sans une action immédiate remédiant à cette situation, de nombreux usagers de drogues continuent de contracter des infections mortelles. »

Note :
(1) Hedrich D., 2004 (february), European report on drug consumption rooms, European Montoring Centre for Drugs and Drug Addiction. Site Web : <http://www.emcdda.eu.int/>.
(2) JO du 15 avril 2005, approuvant le référentiel national des actions de réduction des risques en direction des usagers de drogue et complétant le code de la santé publique.
(3)Roy D., 1999, L’injection de drogue et le VIH/sida : questions juridiques et éthique, Documents de fond, Réseau juridique canadien VIH/sida.
(4)Bertrand B., Sartori M. et Gérome M.L., 2003, Vers l’ouverture d’une structure d’accueil et de consommation à Mulhouse. Résultat de l’enquête interassociative, Mulhouse, ARGILE.
(5)Selon la littérature, une pîquerie est une salle de consommation non autorisée gérée par les consommateurs de drogues.

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