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SÉMINAIRE EHESS 2016-2017 – De l’amende à la peine de mort : les peines et les condamnés pour trafic de drogues

Intervenants

– Sonny Perseil (juriste, ingénieur d’études au CNAM), « De la prison à la peine de mort : la violation des droits humains dans la guerre à la drogue»

– Renaud Colson (juriste, maître de conférences à l’Université de Nantes), « Les rationalités punitives des lois prohibitionnistes »

– Mariana Broglia de Moura (anthropologue, doctorante à l’EHESS), « La peine de mort extra-judiciaire au Brésil »

Discutant : Raphaël Chenuil (directeur général d’ECPM, Ensemble contre la peine de mort)

 

Date et horaires

Date : 12 janvier 2017

Horaires : de 17h à 20h

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

SÉMINAIRE EHESS 2016-2017 – Punir et soigner

Intervenants

– Sandrine Musso (anthropologue, maître de conférences à Aix-Marseille Université), « D’une peine … l’autre : retour sur l’histoire des liens entre double peine et sida en France »

– Dario Malventi (anthropologue), « La prison thérapeutique »

– François Bes (OIP, Observatoire international des prisons), « Drogues et prison »

Discutant : Fabrice Olivet (directeur d’ASUD)

 

Date et horaires

Date : Jeudi 8 décembre 2016

Horaires : de 17h à 20h

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Dix questions à Michelle Alexander

ASUD : Comment expliquez-vous le succès de votre livre The New Jim Crow (pour mémoire 3 500 exemplaires à la première édition, puis 175 000 pour l’édition de poche)?

Michelle Alexander : La première édition date de la victoire de Barack Obama, un contexte où le choc émotionnel consécutif à l’élection du premier président noir a plongé notre pays dans la célébration du « post-racialisme », une soi-disant révolution américaine. Très peu de médias étaient prêts à s’intéresser à ce que j’appelle le nouveau système de caste en Amérique . Puis l’euphorie entourant l’élection a commencé à se dissiper. Les politiciens de tous bords – à commencer par les supporters de la guerre à la drogue1 – ont commencé à s’interroger sur le coût des énormes prisons d’État construites en pleine crise économique. On s’est aussi questionné sur les impôts payés par la classe moyenne. Alors, tout à coup, les gens ont commencé à parler ouvertement de l’incarcération de masse, ce qui a créé un climat favorable pour la seconde édition.

Le travail des groupes de pression fut également important. De nombreuses associations de terrain ont relayé le livre sur les réseaux sociaux, notamment les mouvements qui luttent contre l’incarcération de masse de notre jeunesse du fait de la guerre à la drogue. Ils ont fait la promotion du livre, encourageant tout le monde à le lire afin de mieux comprendre l’histoire de notre communauté – [les afro-américains] –. J’ai été en première ligne pour mesurer l’influence des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter et leur capacité à contraindre les gros diffuseurs d’information à s’intéresser à un sujet qu’ils avaient pour habitude d’ignorer. Des dizaines de milliers de gens ont lu des articles, regardé des vidéos, échangé des informations à propos du livre, sans aucune aide des grands médias. Ce sont eux qui ont obligé les institutions à prendre la question au sérieux puis à en faire un “mainstream”. Aujourd’hui, le livre figure dans toutes les bibliographies scolaires ou universitaires de nombreuses disciplines :“race”2, politique, science, droit, criminologie, sociologie. Tout cela montre que la jeune génération à pris conscience d’une réalité historique niée toutes ces dernières années.

Dans de nombreuses interviews vous expliquez avoir été longtemps peu perméable à la notion de guerre à la drogue malgré votre formation de juriste et votre militantisme en faveur des Droits Civiques. Pouvez vous nous résumer comment l’étude des statistiques criminelles vous a conduit à concevoir la théorie du New Jim Crow?

Les statistiques raciales3, et en particulier les excellents travaux menés par “the Sentencing project”4 m’ont permis d’écrire ce livre et de mettre en évidence le rôle majeur joué par le racisme dans la Guerre à la Drogue. A tous les niveaux du système judiciaire américain, les questions raciales interfèrent avec la répression, mais sans ces statistiques, peu de gens auraient su, voire auraient pu, connaître l’importance des dommages causés aux Noirs pauvres des États-Unis d’Amérique. Dans un contexte où la question raciale n’est jamais traité de façon honnête les statistiques raciales sont absolument déterminantes pour cerner le problème et éventuellement lui trouver des solutions. Il n’existe AUCUNE voie menant à l’égalité raciale, aux États-Unis ou n’importe ou ailleurs dans le monde, qui ne passe par le recueil d’informations sur l’impact des politiques et de pratiques judiciaires en matière de discrimination raciale.

ASUD52_Bdf_Page_23_Image_0002Avez- vous trouvé dans vos recherches la trace d’une délibération secrète de l’administration Nixon (ou même de Ronald – just say no – Reagan) qui stipule clairement le principe de l’élaboration de la Guerre à la drogue comme réponse coercitive à l’activisme des militants des droits civiques?

Il n’existe aucune preuve d’un plan secret de déclenchement de la Guerre à la drogue et de sa rhétorique de tolérance zéro (“get tough rethoric”) instrumentalisé au bénéfice de la haine raciale. Mais, de fait, cette stratégie n’a jamais été secrète. De nombreux historiens et des spécialistes en sciences politiques ont démontré qu’une telle croisade était au cœur de la stratégie mise en place avec succès par le parti Républicain. Ce plan, connu sous l’appellation de “Stratégie Sudiste”, consiste à utiliser des slogans sécuritaires tels que “soyez durs” (“get tough”), pour attirer le vote des pauvres de la classe ouvrière blanche, traumatisés par la marche des afro-américains pendant le mouvement des droits civiques. Les stratèges du parti républicain ont découvert que les promesses d’“être dur” contre “eux” – le “eux” restant volontairement flou – se révélait extrêmement payantes auprès des Blancs pauvres en les éloignant du vote démocrate. L’ancien directeur de campagne de Richard Nixon, H.R Haldeman a parlé de cette stratégie dans les termes suivants: “Le truc, c’est d’inventer un système qui mette en évidence un fait reconnu: tout le problème vient des noirs”.

Dont acte. Quelques années après l’annonce publique de la “ Guerre à la drogue”5, le crack a envahi les centres-villes où résident nos communautés. L’administration Reagan a surfé sur cette vague avec jubilation, en popularisant tous les stéréotypes médiatiques du genre : “bébé du crack”, “maman du crack”,” putes du crack”, et tout ce qui était lié à une forme de violence en lien avec la drogue. Le but était de focaliser l’attention des médias sur la consommation de crack des ghettos de centre-ville, en pensant pouvoir souder le public autour de la guerre à la drogue, une politique populaire, pour laquelle des millions de dollars étaient demandés au Congrès.

Le plan a parfaitement fonctionné. Pendant plus d’une décennie les toxicos et les dealers blacks ont fait la une de la presse et des journaux télé, changeant subrepticement l’image que nous avions du monde de la dope. Malgré le fait que depuis des décennies, toutes les statistiques montrent que les noirs ne vendent, ni ne consomment plus de drogues que les blancs, le public en est arrivé à associer la couleur noire avec les stupéfiants. A partir du moment ou dans cette guerre l’ennemi fut identifié, la vague de répression contre les noirs a pu se déployer. Le Congrès, les administrations d’États, toute la nation a pu mobiliser au service de la guerre à la drogue des milliards de dollars, et ordonner des incarcérations systématiques, des peines plus lourdes que celles encourues pas les auteurs de meurtres dans de nombreux pays. Et presque immédiatement, les Démocrates ont commencé à rivaliser avec les Républicains pour prouver qu’ils étaient aussi capables de “get tough” contre “eux”. Par exemple, c’est le président Bill Clinton qui a intensifié la Guerre à la drogue, bien au-delà de ce que ces prédécesseurs républicains n’avaient osé rêver. C’est l’administration Clinton qui a interdit aux auteurs de délits liés aux stupéfiants de bénéficier de toute aide fédérale, qui les a exclus des lycées, qui a promulgué des lois les excluant du logement social, jusqu’à les priver de l’aide alimentaire… à vie. Nombre de ces lois, qui constituent l’architecture de base du nouveau système de caste américain, ont été portées par une administration démocrate, désespérée de réussir à récupérer le vote des petits Blancs du Sud, ceux qui avaient été révulsés par le soutien démocrate au mouvement des Droits Civiques, et étaient partis ensuite chez Reagan.

Généralement l’usage de drogues est dénoncé comme le pire ennemi de la communauté noire et l’allié objectif de l’oppression exercé par l’“ homme blanc ». Vous avez inversé cette analyse en identifiant la Guerre à la drogue, et non pas l’usage des drogues, comme l’instrument qui maintenait les noirs dans le système de caste. Comment est-ce que la communauté “black” a compris ce message?

Bien que mon livre soit une critique de l’incapacité du mouvement des Droits Civils à faire de la guerre à la drogue une priorité, la communauté noire a été favorable au livre au-delà de mes espérances. Le directeur du NAACP6, Bem Jealous, a soutenu publiquement le livre en le qualifiant d’appel à la mobilisation, des comités locaux m’ont invité à parler dans tout le pays et ont organisé des débats pour relayer son message. L’ ACLU7 a également été très impliquée . J’ai reçu de nombreuses sollicitations de la part des députés du “Black Caucus”8 pour m’exprimer lors de sessions de formations et rencontré au Capitole de nombreux leaders noirs. Même si le livre n’a pas fait l’unanimité, j’ai reçu une majorité de soutien de la part de ma communauté.

ASUD52_Bdf_Page_24_Image_0001The new Jim Crow est un titre très parlant. Peut-on présenter les États-Unis comme un pays organisé par la “lutte des races”, en référence avec ce que Marx définit par la locution « lutte des classes » ?

Il est toujours dangereux de réduire un mouvement ayant le progrès social et la justice comme objectif, à des notions simplistes comme la race ou même les classes sociales, à fortiori s’il s’agit de définir le fonctionnement politique d’une nation. J’ai choisi le titre de “New Jim Crow” pour invalider l’idée que le système de caste américain appartiendrait au passé. J’ai voulu attirer l’attention du public sur une réalité : en dehors de toute nécessités d’ordre public, le système a balayé l’existence des millions de personnes – dont une écrasante majorité de gens de couleur – les a enfermés dans des cages, puis relégués à vie dans un statut de citoyens de seconde zone selon un modèle qui rappelle étrangement le système “Jim Crow” censé avoir disparu depuis longtemps.

Qu’est-ce qui a changé depuis la réélection d’Obama, et qu’attendez-vous de cette administration et que pensez de la notion de post- racialisme ?

Le New Jim Crow se porte très bien sous Obama. Quiconque prétend que notre pays a dépassé la question raciale, est soit un imbécile, soit un menteur. Heureusement nous avons accès à des statistiques ethniques qui renvoient les fantasmes post-raciaux au principe de réalité. Je n’attend pas autre chose du président Obama, que ce que nous attendions de la part des autres dirigeants. Si nous voulons que les choses changent nous devons nous organiser nous-même pour qu’elles changent. Imaginer qu’un politicien, fut-il président, va prendre le risque de toucher à cette machine, profondément imbriquée dans les rouages de notre système politique, économique et social, est une folie. Nous allons probablement avoir quelques petites “réformettes” (nous les aurions eu même de la part d’un président conservateur), mais le principe de l’incarcération de masse ne sera jamais remis en question sans qu’un puissant mouvement ne s’organise pour inverser la tendance.

Pensez-vous que la Guerre à la drogue conçue  par Nixon soit une stratégie mondiale ?

Non, mais les États-Unis semblent avoir l’habitude d’imposer leur manière de voir aux autres pays, et souvent en les impliquant dans des guerres.

ASUD52_Bdf_Page_26_Image_0001Saviez-vous que dans certains pays européens des minorités ethniques souffrent du même facteur discriminant lié à la mise en œuvre de la guerre à la drogue ( surtout en France, en Angleterre et aux Pays-Bas)?

Oui, mais aucun pays au monde ne possède des niveaux d’incarcération comparables à ceux des Etats-Unis. Et je doute que dans ces pays européens, les minorités connaissent une situation semblable à celle des afro-américains de sexe masculin qui vont presque tous faire l’expérience de la prison une fois dans leur vie. Il faut espérer que l’Europe apprenne de nos erreurs et ne tombe pas dans le piège de l’incarcération sur critères raciaux9.

Que pensez-vous des lois françaises qui interdisent toute référence à l’origine ethnique ou la couleur de peau dans les recherches, les statistiques et les documents officiels?

Ces lois sont inadmissibles et tout à fait choquantes. Elles ne sont pas autre chose que le soubassement d’une conspiration du silence, un déni national des inégalités raciales. Un politicien d’extrême droite, appelé Ward Connerly, a essayé de faire passer des lois identiques aux États-Unis afin que les organisations qui luttent pour les droits civils ne puissent plus mesurer le niveau de discrimination raciale, ou même évoquer le sujet avec des arguments rationnels. Heureusement cette lubie a été combattue avec succès. Il est étonnant qu’un pays comme la France, avec son passé esclavagiste, refuse d’étudier ce qui pénalise les groupes ethniques minoritaires sur le plan politique, législatif ou institutionnel. Il est possible que les Français aiment pouvoir se dire qu’ils n’ont aucun problème de discrimination raciale et que par conséquent ils n’ont pas besoin de statistiques dans ce domaine. Ou peut-être pensent-ils que rassembler de tels éléments va mettre le feu aux poudres. C’est le truc classique, également ici aux États-Unis, de penser qu’il vaut mieux ne pas savoir. Hélas , tout cela revient à déclarer: “ Nous sommes heureux d’être aveugles et sourds. Nous revendiquons le droit d’être ignorants, et peu importe la souffrance que cette ignorance peut causer à d’autres. »

13 fois

C’est la probabilité supérieure qu’ont les Noirs et les Latinos de
se faire condamner pour usage de cannabis par rapport aux fumeurs blancs, pourtant majoritaires, dans l’État de Washington aux USA.
Ce chiffre a été démontré début 2012 par des chercheurs de l’université de Seattle. Lors du référendum pour la légalisation du cannabis en novembre 2012, la lutte contre ce genre de discriminations était l’un des principaux arguments en faveur de cette mesure qui l’a finalement emporté.

Je me souviens quand la police des États-Unis affirmait que le contrôle au faciès n’existait pas. Ils disaient : “il existe peut-être quelques pommes pourries qui ciblent les gens selon des critères raciaux pour les brutaliser mais ce n’est sûrement pas un problème institutionnel.”

Les responsables policiers étaient absolument révoltés d’être même soupçonnés de discrimination. Puis, lorsqu’ils ont reçu l’ordre de recueillir systématiquement toute information sur le sujet, leur ton a brusquement changé. Les données ont montré – sans l’ombre d’un doute- que les gens de couleur étaient contrôlés, arrêtés, et écroués pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, dans des proportions incroyablement plus élevées que les Blancs. Confrontés à de telles statistiques, les responsables policiers ont fini par admettre que leurs services avaient un problème. Les discriminations raciales étaient tellement flagrantes d’un bout du pays à l’autre, que même Bill Clinton dû prendre la parole pour condamner les contrôles de police au faciès.

Aujourd’hui, tout le monde sait que ces contrôles sont systématiques et le débat se déplace de “est-ce-que ces pratiques existent ? ”, à “comment faire pour les arrêter ? ”. Rien de tout cela n’aurait été possible sans statistiques ethniques. C’est ce que la plupart des gens ne comprennent pas. Ces données ne sont pas seulement nécessaires pour cerner l’étendue du problème, elles sont indispensables pour élaborer des solutions efficaces. Les statistiques rendent possibles l’identification d’un matériel ultra-sensible : les pratiques institutionnelles en matière raciale. Où se situent les faiblesses, les failles ? Ces mêmes statistiques qui ont d’établir l’existence des contrôle au faciès, ont également été utilisées dans la conception de stratégies plus justes et plus humaines.

Dans ce domaine, le refus des statistiques peut être assimilé à un parti pris d’indifférence délibérée envers les inégalités raciales, choisie volontairement pour ne pas remédier à l’injustice dont souffre un groupe ethnique donné. Il n’est pas possible de déclarer vouloir lutter pour la justice, et dans le même temps cautionner des lois qui rendent impossibles l’identification précise des facteurs de discrimination et d’ inégalité. Il semblerait absurde de demander à un médecin de guérir un malade qu’il serait absolument interdit d’ausculter. Donc on ne peut pas prétendre lutter contre les discriminations raciales en s’interdisant d’utiliser les outils qui nous permettent de diagnostiquer le problème et de trouver le remède.

ASUD52_Bdf_Page_26_Image_0002Saviez vous que la France fut le premier pays à abolir l’esclavage et à promouvoir des officiers noirs ?

Je n’ai pas de commentaires à faire. Je suis toujours réticente à l’idée de féliciter des gens pour avoir cesser de faire quelque chose qu’ils n’auraient jamais du commencer. Je ne féliciterai jamais un mari parce qu’il cesse de battre sa femme, mais je peux lui faire comprendre qu’il a eu raison de changer de comportement. C’est à peu près ce que je ressens à propos de l’abolition de l’esclavage en France.

Propos recueillis en avril 2013

1“Get tough true believers”: littéralement les “croyants du soyons durs” . L’expression “get tough laws” est devenue un lieu commun pour designer ceux que nous qualifierions en France par la locution “tolérance zéro”.

2Les travaux implicant la notion de “races” n’existent pas en France, alors que ce mot est fréquemment utilisé aux États-Unis principalement pour aborder les problèmes de discrimination et de racisme.

3Nous parlons plutôt en France de “statistiques ethniques”

4“The sentencing project” réseau de recueil de données statistiques sur l’incarcération de masse aux États-Unis www.sentencingproject.org

5Pour mémoire c’est le discours du 17 juillet 1971, à la tribune du Congrès qui déclare “la drogue ennemi public n° 1 des États-Unis”

6National Association for the Advancement of Colored People, principale association de lutte pour le droit des noirs, fondée en 1909 par W.E.B. Du Bois

7L’ American Civil Liberties Union, ACLU est une organisation de gauche qui milite contre les abus de pouvoir gouvernementaux

8Littéralement le “bloc noir”, le black caucus est un lobby parlementaire constitué par les membres afro-américains du Congrès théoriquement inter partisan mais en pratique proche des démocrates.

9Ce vœu pieu est à rapprocher du célèbre aphorisme d’Eric Zemmour qui nous expliquait le 6 mars 2010 chez Ardisson que les contrôles au faciès de la police française étaient justifiés par le fait que « la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes »

The New Jim Crow et le Nouveau Bougnoule

Michelle Alexander nous parle d’une nouvelle société de caste, née sur les décombres d’une guerre à la drogue, menée rigoureusement et méthodiquement et contre la communauté afro-américaine. Une société ou un adulte noir de sexe masculin sur deux, a été incarcéré au moins une fois pour un délit lié aux stupéfiants. L’actualité des banlieues françaises éclaire ces propos d’un jour sinistre. Et si Michelle Alexander nous parlait de notre futur ? Et si le New Jim Crow était en train de s’appeler le nouveau Mohamed ?

Jim Crow ( Jim le Corbeau),  c’est le « négro », naïf, gourmand, superstitieux, un peu lâche, bref, un topos du folklore raciste américain rangé entre l’Oncle Tom et le rapper gangsta. Ce brave Jim  prête son nom à tout un ensemble de mesures législatives votées par les États du Sud après la guerre de Sécession pour organiser la ségrégation raciale, un dispositif connu sous le nom de « lois Jim Crow », bref un symbole à la fois de la suprématie blanche et de l’hypocrisie qui l’accompagne.

 En intitulant son essai « The New Jim Crow », Michelle Alexander connaissait le poids des mots. ASUD a déjà évoqué ce best seller: l’instrumentalisation de la guerre à la drogue dans la lutte séculaire menée contre les noirs, démontrée, analysée, statistiques à l’appui, dans un livre-événement paru en 2012. L’ouvrage est toujours l’objet de centaines de débats menés à travers le pays. En choisissant ce titre, qui parle d’un passé qui ne passe pas, Michelle Alexander,  savait qu’elle allait déclencher des réactions…disons vives. Imaginez un livre -programme sur la criminalité en banlieue intitulé « Les nouveaux bougnoules, aveuglement ethnique et incarcération de masse »1.

ASUD52_Bdf_Page_25_Image_0001Jusque très récemment, Michelle Alexander partageait l’analyse de la plupart des militants des droits civiques à propos de la politique des drogues et plus spécifiquement de l’histoire de l’héroïne, puis du crack dans les getthos des grandes villes. Pour ces activistes de gauche, l’introduction des drogues dures relève au mieux d’un laissez-faire des autorités, au pire d’un complot des services secrets pour briser toutes velléités révolutionnaires des groupes protestataires, type Black Muslims ou Black Panthers.  Puis, la lecture des archives judicaires américaines, où, à la différence de la France,  l’origine ethnique est scrupuleusement mentionnée, lui a fait découvrir l’ampleur de la cette « nouvelle société de caste ». La guerre à la drogue serait avant tout une machine infernale montée par les Républicains de l’équipe Nixon pour capter le vote des petits blancs du sud et stopper le mouvement d’émancipation des noirs. La thèse n’est pas nouvelle, ce qui l’est, c’est le  succès. Un succès grand public, assez inattendu. De plus, cette médiatisation n’ôte rien du rigaurisme d’une démonstration, basée sur l’étude des courbes d’incarcération  des « colored people » depuis les années 70 jusqu’à nos jours.

Pourquoi ce livre mérite-t-il notre attention ? Parce qu’il nous parle aussi de nous et de nos fantasmes raciaux si diffiçiles à énoncer dans notre paradis républicain.  Parce qu’il dénonce la guerre à la drogue et ses slogans sécuritaires comme un outil conçu pour capter le vote des pauvres de la classe ouvrière blanche. Parce-que trop souvent, il suffit de remplacer le substantif “Blanc” par « Français de souche », et celui de « Noirs » par “immigrés” ou « racaille », et soudainement cette lecture nous semble étrangement familière. Parce-que nos débats sur « la drogue et les banlieues » mérite cet éclairage nouveau. Et surtout, parce-que visiblement, le pire est à venir. Les afro-américains, tous les afro-américains ont dans leur famille, qui un oncle, un frère, un fils, ou même parfois une sœur, qui a été ou sera incarcéré pour des faits relatifs à la répression des drogues.  Qui, à l’exception de notre ineffable Eric Zemmour, est en mesure de répondre à cette question : les minorités visibles sont-elles en train de subir l’incarcération de masse décrite par le New Jim Crow ?

 “Pas de chemins vers l’égalité raciale sans statistiques ethniques” nous dit Michelle A. La grande stratégie anti-noire mise en point par l’administration Nixon sous la bannière war on drugs est peut-être en passe de se décliner  termes à termes sur notre bonne vieille terre de France.

 1 Michelle Alexander, The New Jim Crow, Mass Incarceration In Colorblindness, N.Y.

Prisons

Dans «Agora» d’automne 1991 (N°18-19) est paru un article signé Dominique TABONE sur l’État des détenus séropositifs incarcérés. Il nous a paru intéressant de vous en rapporter de larges extraits :

La prison de la Santé… est une Maison d’Arrêt pour Hommes qui se trouve dans le quatorzième arrondissement à Paris. Y séjournent toutes sortes de détenus. C’est une Prison surpeuplée – comme la plupart des prisons françaises : prévue pour 1500 détenus, elle en contient actuellement 2200. On y dénombre en moyenne 200 séropositifs dont une cinquantaine sous traitement AZT. La consultation des malades séropositifs et sidéens dépendant du CISIH de Cochin existe depuis septembre 1990. Elle a lieu deux matinées par semaine. Le travail se fait en collaboration étroite avec le médecin chef de la prison et en collaboration un peu moins étroite avec l’équipe du SMPR.

Les patients séropositifs sont dans leur grande majorité des toxicomanes. Ils sont là depuis un plus ou moins longtemps. Ils sont jeunes, certains récidivistes, d’autres pas et beaucoup d’entre eux ont appris leur séropositivité en Prison.

Le pourcentage d’étrangers a considérablement augmenté ces dernières années : début 91 on en comptait 83% contre 55% il y a une dizaine d’années. 75% des patients sous AZT sont étrangers. La plupart de ces étrangers sont originaires d’Afrique Noire ou du Maghreb, ce qui pose un certain nombre de problèmes particuliers à leur sortie, comme nous le verrons.

Le dépistage de l’infection par le virus de l’immuno-déficience humaine (VIH) ne se fait pas systématiquement et ce conformément aux divers arrêtés réglementant la question. Les sérologies sont faites à la demande des patients ou bien en présence d’une symptomatologie d’appel conduisant à soupçonner une infection par le VIH. Elles ne sont pas proposées systématiquement aux patients «à risque». Elle sont faites avec le consentement des intéressés et le résultat leur est transmis par le médecin.

Des sessions d’information des prisonniers et du personnel pénitentiaire sont organisées par le SMPR. Des préservatifs sont à la disposition des prisonniers s’ils le désirent il leur “suffit” pour cela de les demander au service médical. Cela dit, sauf pour la minorité d’entre eux qui se déclarent et s’assument homosexuels, ce qui n’est pas évident du tout dans le milieu carcéral, et même s’ils ont confiance dans le médecin qui s’occupe d’eux, cette démarche est loin d’être facile. Leur en proposer franco est à peu près impensable. On en donne systématiquement aux sortants, ce qui par contre est bien accepté. Cela dit, le problème de la sexualité en prison ne me semble pas très préoccupant, en tous les cas depuis le champ de mon expérience limitée et d’après ce que me racontent mes patients. Toujours si j’en crois mes patients, il ne semble pas que la prison soit un haut lieu de contamination et on retrouve chez tous une contamination (supposée, puisqu’on ne peut jamais être sûr) antérieure à l’incarcération et liée à la toxicomanie plus vraisemblablement qu’à des pratiques sexuelles dites “à risque”…

Le suivi médical est régulier… Les détenus aiment bien venir à cette consultation : c’est une visite du “dehors”, ils ont le sentiment qu’on s’occupe d’eux, qu’on les écoute et qu’ils peuvent y parler de ce qui leur tient à cœur. Ils peuvent aussi y demander des “douches médicales”, ce qui signifie une ou deux douches supplémentaires par semaine; en raison de la surpopulation, seules deux douches hebdomadaires sont normalement autorisées aux prisonniers. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, c’est une consultation plutôt gaie.

Par contre, la confidentialité et le secret médical ne sont pas du tout assurés. Cela tient d’une part aux conditions de détention et n’est qu’un épiphénomène dans le contexte de la promiscuité et du non-respect de la personne privée en milieu carcéral. En effet, les détenus sont à quatre par cellule et le nom des médicaments distribués quotidiennement est écrit sur les sachets les contenant; S’il s’agit d’AZT par exemple, on peut être sûr que tout le monde est au courant. D’autre part le manque de personnel soignant a pour conséquence entre autres que ce sont les surveillants qui distribuent les médicaments. Bien que formés et informés, ils ne se sentent pas tenus au secret médical, et tout le quartier sait très vite si tel ou tel est séropositif ou non. Par ailleurs, certaines pratiques quoique totalement illégales sont tolérées en prison : il y a des pastilles rouges sur les dossiers médicaux des patients séropositifs, dossiers sur lesquels le regard de tel ou tel non soignant tombe très facilement. La consultation du Docteur S. et la mienne ont été repérées depuis longtemps comme étant les consultations SIDA et jusqu’il y a peu de temps, lorsque les détenus étaient appelés pour la consultation par le haut-parleur, toute la prison bénéficiait de l’information. Sur l’initiative du Médecin Chef, cette pratique de l’appel nominatif par haut-parleur a cessé actuellement. Enfin, et c’est plus grave, certains services dont celui des cuisines exigent une sérologie HIV avant d’autoriser les détenus qui le demandent à y travailler, ce qui est on ne peut plus illégal.

Ceci a entre autres conséquences que certains détenus séropositifs préfèrent refuser de suivre le traitement dont ils pourraient bénéficier, en particulier l’AZT pour ne pas risquer d’être exclus et montrés du doigt par leurs codétenus. Certes l’AZT et les divers traitements préventifs des infections opportunistes ne font pas de miracles, mais ils améliorent et prolongent la survie des patients. Et il est fort regrettable que les détenus ne puissent pas en bénéficier au maximum pour de telles raisons. Il est également à noter qu’il y a recrudescence de la tuberculose en prison et que si contrairement au fantasme largement répandu, le SIDA ne s’attrape pas parce qu’on partage la même cellule, le risque de contagion est réel pour la tuberculose et est majoré par la promiscuité et les mauvaises conditions d’hygiène.

Face à ce problème de surpopulation, de promiscuité, de manque de personnel, on ne peut que répéter des choses qui malheureusement ont déjà été cent fois dites et redites : que, certes, les détenus ne sont pas des anges, mais ce sont des personnes qui ont droit aux mêmes égards que n’importe quelle autre personne et que les prisons de la France-patrie-des-droits-de-l’Homme sont une honte. Que plus simplement, enfermer des gens dans des conditions humiliantes et indécentes n’est certainement pas un moyen de les réconcilier avec la société. Et que cela est particulièrement vrai pour les détenus séropositifs, plus fragiles que les autres et plus sensibles à leurs très inconfortables conditions de vie, tant sur le plan somatique que psychique.

Je tiens cependant à préciser, malgré ces critiques fondamentales, que les patients séropositifs sont bien suivis et soignés. Il n’y a pas de restriction ni sur les traitements, ni sur les examens, ni sur le nombre de consultations. Malgré toutes les ambiguïtés et les inconvénients qu’impliquent l’existence d’une consultation spéciale pour les séropositifs, cela me semble être une amélioration importante qu’il ne faut pas sous-estimer. Par ailleurs, comme on le verra plus loin, beaucoup d’entre-eux n’ont jamais été aussi bien soignés ni suivis qu’en prison. Et que malheureusement, ils risques de l’être paradoxalement moins bien le jour ou ils sortiront.

Pourtant. cette liberté tant attendue, si elle inaugure de toutes façons une ère difficile pour les détenus sortant de prison est, pour les patients séropositifs, encore plus difficile et paradoxalement s’annonce pour la plupart d’entre eux comme une expérience douloureuse et ambiguë.

Pour les prisonniers qui vont retrouver une femme, l’angoisse d’être mauvais, contaminés et contaminants, vient empoisonner la joie de la libération et des retrouvailles. Ils y réagissent de différentes façons : certains par la dépression, d’autres par l’agressivité…

Par ailleurs, pour la plupart d’entre-eux, la libération va impliquer un accroissement important des difficultés d’accès aux soins. En effet, si les conditions habituelles de détention ne sont pas idéales, loin de là, la possibilité de bénéficier d’un suivi médical régulier, de médicaments coûteux, d’investigations paracliniques au moindre doute est beaucoup plus réduite à l’extérieur.

Pour ceux qui sont français, en principe, il ne devrait pas y avoir de problème puisqu’à la sortie de prison, ils ont droit à l’assurance maladie pendant un an. Cela dit, il s’agit souvent de gens très marginalisés, qui se méfient des circuits officiels ou qui ne savent tout simplement pas s’en servir. Pour ceux qui sont déjà pas mal avancés dans la maladie, on se prend même à se demander si leur solitude, leur marginalité et leur angoisse ne vont pas les reconduire en prison un peu plus vite qu’on ne l’aurait pensé. En tous les cas, les difficultés bien connues et habituelles des détenus à leur sortie pour essayer de trouver du travail et un toit ou tout simplement vivre décemment semblent décuplées s’ils sont en plus atteints d’une maladie aussi excluante que le SIDA.

Pour la plupart des étrangers enfin, les problèmes deviennent insurmontables et on patauge dans l’absurde. Deux cas de figure sont possibles. Soit ils sont reconduits aux frontières en raison du principe de la double peine, qui veut qu’à l’expiration du temps d’incarcération on pimente un peu la punition en l’assaisonnant d’une interdiction de territoire : dans ce cas, il est évident que ces patients chez qui ont a diagnostiqué une infection par le VIH ne pourront être soigné chez eux. Soit les autorités ferment les yeux et ils restent en France où ils se trouvent en situation de clandestinité et dans l’impossibilité d’être soignés correctement Pour ceux d’entre-eux qui ont la “chance” toute relative d’être déjà sous traitement par l’ AZT, le problème est “résolu” dans le cadre d’un maintien sur le territoire français pour des raisons “humanitaires” et sous certaines conditions en particulier assignation à résidence. Mais quelles sont leurs sources de revenus ? Comment vivront-ils ?

On en arrive donc à des situations inextricables et à des situations qui, pour les personnes concernées, ont toutes les chances d’être parfaitement invivables et les reconduire tout direct en prison… on n’en aura décidément pas fini de si tôt avec la surpopulation.

En conclusion, les choses ne sont pas simples, et le SIDA est décidément une maladie qui plonge de façon répétitive en plein paradoxe ceux qui en sont atteints et ceux qui s’y intéressent. Les valeurs s’inversent, les cartes sont brouillées. Déjà la sexualité et l’amour, habituellement plutôt source de vie, de communion et de plaisir deviennent source de mort, de séparation, de souffrance. Pour les détenus séropositifs, la joie de la libération est empoisonnée, la prison, lieu de non-vie et de cauchemar, devient l’endroit où ils sont plus facilement soignés, la consultation VIH un moment plutôt agréable et la calamité qu’est la maladie leur permet, quoique de façon à la fois éphémère et tardive, de s’occuper de leur santé comme ils ne l’avaient jamais fait auparavant.

Pour les étrangers menacés d’interdiction de territoire à leur sortie, la prison française est le seul endroit où ils peuvent espérer être soignés. La libération signifie expulsion, retour dans un pays où ils n’ont plus de racines ni d’existence possible, mort- prématurée. La perspective d’une libération conditionnelle pour raisons médicales est synonyme d’un stade plutôt avancé de la maladie, voir la façon dont s’est un jour illuminé le visage de l’un de mes patients, condamné à une peine assez courte et à qui je disais qu’il n’était pas assez malade pour espérer une conditionnelle ce coup ci… La vie est souvent paradoxale et il n’y a rien d’absolument spécifique là dedans. Il me semble cependant que certains aspects particulièrement cruels de ces paradoxes pourraient être adoucis ou supprimés par des mesures relativement simples comme la prise en charge de tous les séropositifs demeurant sur le territoire français quelque soit leur nationalité ou leur statut social. On pourrait également tenter d’agir utilement sur le chômage en embauchant du personnel dans les prisons ou, en attendant d’avoir suffisamment d’imagination, d’intelligence et d’énergie pour inventer des solutions alternatives réelles à l’incarcération, faire travailler des architectes, maçons, entrepreneurs, à en construire d’autres plus vivables et pour les détenus et pour les gens qui y travaillent…

Bien sûr tout ça peut sembler naïf, surtout au moment où on ne parle que du trou de la Sécurité Sociale et où l’évolution du SIDA dans le monde inquiète de plus en plus, en particulier pour des raisons financières. Bien sûr ce n’est de la faute à personne si le SIDA existe et si certains concentrent sur eux toutes les calamités en même temps. Mais le problème des prisons et de celui attend les détenus à leur sortie n’est pas neuf et la situation des séropositifs ne fait que le poser dans des termes plus crus et plus pressants. Quant à celui de l’inégalité devant la maladie, que ce soit en France ou entre pays riches et pays pauvres, il n’est pas d’une grande nouveauté non plus. Quoiqu’il en soit et puisque s’occuper de SIDA est tellement à la mode actuellement, le sort de ces exclus parmi les exclus aussi bien dans les murs de la prison qu’au dehors me semble mériter quelque attention et être susceptible de susciter des réflexions plus approfondies débouchant sur des mesures plus fermes et plus radicales que celles qui ont été prise jusqu’à présent.

Docteur Dominique TABONE

Il nous a semblé intéressant, en plein malaise des prisons, en 1992, que cet article, écrit un an plus tôt, soit «réédité» pour souligner combien les spécialistes sur le terrain sont impuissants tant qu’une volonté politique fait la sourde oreille. L’on peut faire tous les procès d’intention qu’on peut. Il n’empêche. Il n’y a plus l’excuse d’une maladie «peu connue», l’ignorance du terrain, les spécificités des personnes séropositives, toxicomanes en prisons, des galériens en puissance à qui l’on offre comme avenir la mort, voir l’incarcération dans les cas les plus optimistes, la rue pour les autres, et l’accélération d’une contamination dont la prophylaxie semble encore hors de porté pour les plus démunis.

En taule

Selon le Docteur Denis L, interne de l’hôpital St André à Bordeaux, dans “Synopsis Pluralis” d’avril 1992, près de 10 000 à 12 000 toxicomanes seraient incarcérés chaque année en France, avec parmi eux, un taux de séropositivité variant de 30% à 40%. On peut donc en déduire qu’il y aurait actuellement entre 3 000 et 5 000 Usagers des drogues séropositifs ou malade du SIDA dans les prisons françaises.

Face à cette situation, face aux risques de contamination qu’elle entraîne du fait de l’impossibilité de trouver en prison des préservatifs ou des seringues stériles, comment réagit l’Administration Pénitentiaire ? Comment soigne-t-elle les détenus usagers des drogues ou malades du SIDA ? Comment ceux-ci vivent-ils leur séropositivité ou leur maladie en prison?

Médecins pénitentiaires, surveillants, ex-détenus, parents ou amis de détenus, nous attendons vos témoignages…

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