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Les pièges de l’achat de drogues en ligne


Ce n’est plus un secret, il est possible de se procurer des drogues sur Internet. Entre ses boutiques en lignes, ses sites de petites annonces et ses forums d’usagers, c’est un marché comme les autres. Mais est-ce aussi facile que les médias le présentent ? Quels changements en termes de risques pour les consommateurs ?

Léo Meignen et Nicolas Urbaniak font partie de Not for Human, une association communautaire de réduction des risques spécialisée sur les nouvelles drogues fondée en 2013 (Lire Quand les geek se mettent à la RdR). Ses membres se sont rencontrés sur des forums de consommateurs de drogues. Habituellement, leurs discussions bourrées d’anglicismes, d’acronymes et de termes chimiques restent incompréhensibles mais pour Asud, ils mettent un décodeur.

Pécho sur le net
Cet article fait partie du dossier « Pécho » sur le net.

Les shops « officiels »

Nous allons d’abord définir les différents types de shops : ceux qui envoient la bonne substance, il y en a pas mal, il ne faut pas se voiler la face, mais finalement, les sites qui envoient les bonnes substances ne sont pas majoritaires par rapport à l’offre présente sur Internet. Il y a énormément de scammers « sélectifs », des sites qui envoient les bons produits à leur clientèle régulière mais pas forcément la bonne substance lors d’un premier achat. Un phénomène qui commence à se développer du fait que les sites peuvent désormais se faire racheter lorsqu’ils ont une bonne clientèle.

Dans les bons shops, on va avoir les shops anglais et les shops néerlandais, qui tentent de rester dans la loi, c’est-à-dire qu’ils ne se cachent pas, montrent vraiment qu’ils vendent les produits qu’ils ont et n’hésitent pas à faire des promotions. Ce sont généralement des shops sérieux, même s’il y a un côté marketing indéniable. Les informations données sont des informations pharmacologiques, et c’est à peine déguisé : ces sites ne donnent pas les effets des substances, mais proposent des données pharmacologiques qui ne servent pas à autre chose pour les consommateurs.

Promo éthylphénidate
Un exemple de promotion publique sur un shop « officiel » anglais la veille de l’interdiction de l’éthylphénidate.

La plupart de ces sites ont un « disclaimer », un petit texte déclinant toute responsabilité vis-à-vis de ce que vous allez faire avec le produit. Les sites UK proposent en général la même chose, 10-12 produits, et se copient les uns les autres parce qu’ils ont les mêmes arrivages. Ce sont vraiment des sites miroirs. L’information est plus ou moins complète sur les paquets reçus. C’est là qu’on fait la différence entre les sites commerciaux et les sites purement marketing/scammers. Si un site propose un produit différent ou le même produit que les autres à des tarifs ou quantités trop alléchants, il s’agit probablement d’un scammer.

« Les sites anglais restent vraiment dans leur législation et c’est pour ça qu’ils ont une rotation dans leurs produits : dès qu’un produit est interdit, il ne sera plus vendu. On est donc loin de l’achat illégal. Dans leur pays, c’est tout à fait légal, le piège étant pour le consommateur que c’est à lui de vérifier si c’est légal dans son pays. Autre chose importante (d’où le nom de notre association), le “Not for Human Consumption” (pas destiné à la consommation humaine) qui les dédouane : bien que vendus en toute légalité dans leur pays, ces produits ne sont pas destinés à la consommation humaine. Si vous en consommez et qu’il vous arrive quelque chose, c’est bien fait pour votre poire, c’était marqué dessus. »

(Nicolas Urbaniak, Not For Human)

Les shops cachés

C’est de la bonne ?

SafeOrScamPour ceux qui ne connaissent pas, SafeOrScam.com (SoS pour les intimes) [NDLR : le site est devenu scamlogs.com en juillet 2015 suite à une attaque de leur serveur] est un site sur lequel on tape l’adresse web du shop qu’on a trouvé afin de connaître la note qui lui a été donnée. On y trouve aussi le score sur les trente derniers jours parce que comme certains sites ont pu fermer entre temps, ça peut varier du tout au tout. Certains peuvent en effet profiter du terme du bail du nom de domaine pour racheter les sites ayant une bonne clientèle, bien établie, et d’anciens sites fiables peuvent devenir des scams.

Mais même si cette notation permet d’avoir une vue d’ensemble, il y a plusieurs biais : les avis sont subjectifs et en général, les gens notent les shops sur les mêmes substances. Si 10 personnes notent un site 10/10 en ayant commandé du 6-APB, on ne sait pas du tout ce que vaut le 5-APB de ce vendeur. Il y a énormément de différences entre les produits d’un même shop.

Autre truc intéressant à savoir : on ne peut pas s’inscrire et poster des avis, il faut être coopté. Vous devez avoir un code qu’une personne du site vous a passé pour pouvoir vous inscrire, sachant que si vous êtes suspecté d’être un vendeur et de noter votre propre site et que les administrateurs s’en aperçoivent, non seulement vous êtes banni mais votre parrain l’est aussi.

Viennent ensuite des sites « continentaux ». En nombre bien inférieur, ils ne se ressemblent pas et proposent en général des produits plus rares. Destinés à une autre clientèle, ils sont référencés un peu plus loin sur Google. En tapant « Buy Ethylphenidate », on les trouvera par exemple à la quinzième page. Mais le problème est toujours de ne pas savoir sur quel site on va tomber. C’est pour ça que SafeOrScam.com (voir encadré)[NDLR : le site est devenu scamlogs.com en juillet 2015 suite à une attaque de leur serveur] joue un rôle très important là-dedans.

Un exemple avec scXXXon.com, qui est uniquement accessible sur invitation et on comprend facilement pourquoi : c’est un site façade, c’est-à-dire qu’on ne peut pas accéder à son catalogue tant qu’on n’a pas de compte. Une fois inscrit, on y trouve des produits qui échappent aux lois européennes, comme la 3-MMC, qui est une cathinone alors que les cathinones sont interdites depuis 2010 dans toute l’Europe. Ça ne les empêche pas d’en vendre en étant basés en Europe. D’où, là encore, l’intérêt du disclaimer : « Si vous en achetez, ce n’est pas notre problème, on n’est responsable de rien. »

 

Boutique cachée drogues Homepage publique Boutique cachée drogues Homepage privée
Page publique : des cours de soutien en chimie ? Page privée : Non ! Un catalogue de substances à commander

Certains sont des laboratoires reconvertis, comme chXXXre.com, qui se présente comme un laboratoire reconverti en boutique de vente de RC. Ou comme asXXXab.com, un shop polonais qui faisait juste des produits de laboratoire au départ.

La « gogaïne », une pure arnaque

Repérer un scam n’étant pas toujours super simple, on va plutôt parler de « sites de peu de confiance » englobant les sites qui n’envoient rien ou pas la bonne substance. De mémoire, il y avait 651 sites de vente en 2013, ça a dû exploser depuis mais c’est le dernier recensement qu’on ait. Et sur ces 651, on peut parler de trois-quarts de scams. On ne peut pas le savoir sans l’avis des utilisateurs car ce sont des sites qui ressemblent pas mal aux autres, tout en étant souvent plus flashies. Sauf qu’ils proposent aussi des aberrations pour appâter le chaland qui n’y connaît rien. Mais ça répond finalement à la demande de gens qui n’ont pas pris le temps de s’informer et de demander des avis aux gens. Ces sites peuvent éventuellement envoyer des produits psychoactifs mais qui ne correspondent pas forcément.

« On entend par “scam” les shops, boutiques en ligne, qui n’envoient pas la substance escomptée et ceux qui n’envoient rien du tout. »

(Nicolas Urbaniak, Not For Human)

Scammer shop

Exemple typique d’un scam : la « gogaïne ». On ne sait pas ce que c’est, ce n’est pas une molécule, j’ai vérifié ! Le nom est marketé, on a une petite page Facebook vantant 50 000 fans et des commentaires trop bien et surtout, un petit texte décrivant les effets et affirmant que c’est une super alternative à la cocaïne. On n’est plus du tout dans la sobriété des sites qu’on a l’habitude de voir et ça n’inspire pas forcément confiance. Autre exemple avec des produits censés faire disparaître les traces de produits (« Clearance Lines ») aux tests de dépistage, il faudra qu’on m’explique comment ça marche. De temps en temps, on voit aussi des produits chimiques extrêmement rares comme le beta-CFT, un analogue de la cocaïne, introuvable et hyper cher, donc pas le genre de truc qu’on peut trouver sur un scam.

On a également pas mal de sites en Allemagne mais qui ont pour particularité de ne pas s’exporter, c’est un peu un mystère. Enfin les sites sérieux – les sites UK qui ont bonne réputation ou les sites continentaux – proposent parfois des catégories « Rare Chemicals », comme le O-desmethyltramadol, un métabolite du Tramadol® (Ixprim® ou Topalgic®). Des parties souvent cachées, pour réduire les risques pourrait-on dire, pour éviter que n’importe qui puisse acheter directement des analogues du fentanyl par exemple.

 

Repérer un Scam Comment repérer un scam

Un ensemble qui donne un peu une idée de la disparité qui peut exister. Sur la plupart de ces sites, on peut payer par carte, même si ça tend un peu à disparaître, notamment parce que certains NPS commencent à être classés, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Donc d’un côté, oui, c’est facile d’accès mais de l’autre, il y en a énormément et comme ils se copient tous les uns les autres au niveau des produits qu’ils proposent, Google les sort en pagaille. On rejoint donc la première problématique : quel est le bon ? À ce jour, les seuls outils au service des consommateurs sont ceux qu’ils ont créés et qu’ils alimentent en permanence, comme SafeOrScam et les forums spécialisés.

 

Les communautés de consommateurs

La référence mondiale et modèle du genre est erowid.org, une association américaine indépendante qui a travaillé en étroite collaboration avec le mythique Alexander Shulgin.

Côté francophone, il existe 3 grandes communautés sous forme de forum : Psychonaut.com, Lucid-state.org et Psychoactif.org.

En France, l’association de forumeurs Nor For Human, parcourt les forums et les réseaux sociaux pour donner des conseils de réductions des risques aux consommateurs.

Échanges de bon plans en ligne

Il y a trois grandes communautés francophones de consommateurs de drogues (voir plus bas). Tous ces forums interdisent publiquement les échanges de plans et encore plus le deal. S’il a pu exister sur ces sites des discussions cachées dédiées à l’échange de plans et réservées à des forumeurs triés sur le volet, c’est surtout en tête-à-tête, via les messageries privées des forums, que se transmettent les bonnes adresses pour trouver des produits. Contrairement aux rencontres « en vrai » qui permettent de se faire une idée de la personne et qui favorisent la cooptation au sein du groupe, les communautés en ligne sont ouvertes à tous. Difficile de savoir si Kevin-du-93, 22 ans et avide d’expériences psychédéliques, n’est pas en réalité le colonel Moutarde de la cyberdouane. Choper des bons plans auprès de connaisseurs est donc un chemin ardu.

Nicolas Urbaniak de Not For Human explique :

« Il ne suffit pas de publier 3 posts ! Il faut donc souligner la difficulté à s’intégrer à cette communauté (on ne donne pas comme ça les coins à champignons aux plus jeunes qui arrivent au bistrot), ce qui nécessite tout un protocole d’usage et de cerner les personnes avant de donner des informations. Un sondage réalisé sur Psychonaut demandant dans quelle proportion les gens échangeaient leurs adresses (pas leurs plans) a ainsi montré que 75 % avaient eu recours à d’autres forumeurs pour pouvoir s’aiguiller ou avoir une idée d’où ils mettaient les pieds. Il faut aussi savoir qu’il n’est pas forcément facile de trouver quelque chose sur le Net, qu’il y a beaucoup d’arnaques et que dans les produits de synthèse, il n’y a pas que du bon. Les molécules vendues sous des noms commerciaux étant surtout des mélanges faits par les shops, on ne sait ni ce qu’il y a dedans ni à quel dosage. »

D’où l’importance, une fois la confiance acquise, de pouvoir discuter entre initiés des sources d’approvisionnement. Limiter les risques est une des principales raisons d’être de ces communautés en ligne.

Top Taz 2014 et autres substances dont il faut se méfier

Données françaises :
un effet Tchernobyl ?

Cet article compile 70 alertes émises en Europe en 2014. Seules 4 proviennent de France, aucune ne concerne les comprimés d’ecstasy et une seule émane d’une institution, les 3 autres étant l’œuvre d’associations de terrain. Notre pays serait-il épargné par la vague de taz surdosés comme il l’a été, à l’époque, par le nuage radioactif de Tchernobyl ? Eh oui, en France, on ne diffuse ces données en temps réel qu’en cas d’incidents répétés ! Elles pourraient pourtant être utiles aux consommateurs avant qu’ils aillent mal…

En 2009, la MDMA disparaît du marché suite à la pénurie d’un précurseur : l’huile de sassafras. D’autres substances (méphédrone, MDPV…) tentent alors en vain de prendre sa place avant son come back en 2013 pour le meilleur et pour le pire ! Les taux de MDMA contenus dans les poudres et les cachets sont au plus haut et les accidents se multiplient (4 décès suspectés en 2014), et pas toujours en raison d’une trop grande pureté des produits.

 

Pourquoi faut-il se méfier ?

Des teneurs moyennes plus élevées

Evolution teneur MDMA 2000-2013

Les doses moyennes par comprimé sont ainsi passées de 50 à 60 mg dans les années 2000 à un peu plus de 100 mg de MDMA depuis 2012, certaines pouvant approcher les 300 mg, voire les dépasser dans quelques cas.

243mg MDMA
(janvier 2014)
169mg MDMA
Triangle (janvier 2014)
180mg MDMA
Li-ion / Batterie / Pile (janvier 2014)
196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
200mg MDMA
Nintendo (janvier 2014)
160mg MDMA
Papillon (janvier 2014)
176mg MDMA
Android (février 2014)
143mg MDMA
Mercedes (février 2014)
151mg MDMA
Cygne (mars 2014)
155mg MDMA
Smiley (mars 2014)
215mg MDMA
Bugatti (mai 2014)
231mg MDMA
Android (septembre 2014)
205mg MDMA
Like (septembre 2014)
183mg MDMA
Etoile (septembre 2014)
157mg MDMA
Facebook (septembre 2014)
182mg MDMA
Gold (septembre 2014)
199mg MDMA
Redbull (septembre 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)
143mg MDMA
Yahoo! (septembre 2014)
137mg MDMA
Etoile (octobre 2014)

Des taz 3D attrayants et surdosés

Sûrement pour remettre au goût du jour les taz – qui s’étaient forgé une mauvaise réputation –, les labos ont lancé des presses originales : des comprimés aux formes et aux couleurs attrayantes, souvent plus gros que la moyenne. Ces comprimés qu’on trouve surtout au Benelux sont plus chers (de 10 à 20 €) mais généralement plus forts que les autres. Lorsqu’un Français habitué aux ecstas à 50 mg tombe sur ce genre de cacheton et en prend 4 d’un coup, ça peut faire très mal. C’est ce qui est arrivé cet été au festival de Dour en Belgique où un Français est décédé suite à l’ingestion de Superman, ou l’année d’avant dans les Pays-de-la-Loire, au festival Couvre Feu, des taz Superman là-aussi…

196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
240mg MDMA
Superman (janvier 2014)
137mg MDMA
Champignon / Toad / 1up (février 2014)
125mg MDMA
Superman (mars 2014)
196mg de MDMA
Domino (mai 2014)
186mg MDMA
Superman (mai 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)

Le « Salade-Tomate-Oignon »

Parmi les cas d’incidents, il y a ceux qui font suite à la consommation d’un comprimé qui contient non seulement de la MDMA mais aussi d’autres produits actifs. On y trouve même parfois un cocktail de molécules mais pas de MDMA !

118mg MDMA + 3,3mg Amphétamine + 2mg Caféine
Bitcoin (janvier 2014)
8.9mg 2C-B + 1,5mg MDMA + 2,5mg Caféine
(février 2014)
134mg MDMA + 2mg Caféine
Double main(mars 2014)
155mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)
200mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)

« On m’aurait menti »

Consommer une substance en pensant qu’il s’agissait d’une autre est une cause récurrente d’accidents de défonce. Et ce, d’autant plus que le produit ingurgité n’a ni le même dosage, ni les mêmes effets que celui recherché. Dans cette catégorie, prenez garde à la 4,4 DMAR qui a causé 26 décès en 2014 en Europe, et aux PMA et PMMA (voir encadré).

178mg TFMPP
AB200 (février 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Cerises (18 décès en 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Croix (18 décès en 2014)
18mg 2C-B
Oeil de pharaon (mars 2014)
20mg Méthamphétamine + 63mg Caféine
Why (mars 2014)
Taz Miko (Magmum) rouge Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Miko / Magnum / Extreme (octobre 2014)
Méthandiénone + Méthyltestostérone
Coeur (décembre 2014)
170mg PMMA + 10mg Amphétamine
Superman (décembre 2014)
Diphénidine vendue comme MDMA
(octobre 2014)
170mg PMMA + 10mg Amphétamine

PMA et PMMA, the death est parmi nous

Surnommées « Death » par les consommateurs des années 70, déconseillées par Saint Shulgin qui qualifiait l’une de « drogue traîtresse », et l’autre de « drogue dangereuse », la PMA et sa petite sœur la PMMA sont deux molécules assez proches parfois utilisées comme produits de coupe des tazs. On en trouve surtout au Royaume-Uni, en Irlande et au Bénélux où elle a fait des dizaines de morts, mais en automne 2014 un comprimé contenant du PMA a été analysé sur la région de Metz..

Le véritable risque de la PMA/PMMA réside dans sa toxicité supérieure à celle de la MDMA alors que son effet est moins fort et mets plus longtemps à monter : les consommateurs pensant avoir affaire à des comprimés sous dosées en prennent plusieurs.

Les complications (parfois mortelles) de la MDMA

L’hyperthermie

C’est une élévation anormale de la température corporelle (jusqu’à 42°C !) pouvant endommager le cerveau (convulsion, délire, coma…) et les muscles (crampes).

La MDMA donne chaud et envie de bouger, ce qui donne chaud aussi. Pour éviter la cata, on s’aère, on se pose et on s’hydrate.

Le syndrome sérotoninergique

C’est un excès de sérotonine dans les synapses qui provoque agitation, tremblements, voire convulsions ou raideurs musculaires, tachycardie, hyperthermie, etc. Un jeune homme en est mort en août 2014 dans le sud de la France.

Comme la MDMA libère de la sérotonine, faites attention aux mélanges avec les autres produits qui jouent sur la sérotonine, notamment les IMAO, la Changa (simili DMT), la passiflore, le tramadol et certains antidépresseurs.

L’hépatite fulgurante

Dès la première prise et quelle que soit la dose, la MDMA peut, dans de très rares cas, entraîner le décès suite à une hyperthermie associée à une destruction des cellules musculaires et de différents organes dont le foie. Il s’agirait de prédisposition génétique.

Pour réduire les risques

Fractionner les produits !

Commencez par une demi-dose et attendez. Si le produit est surdosé, vous n’aurez pas besoin de reconsommer. Si les effets vous semblent anormalement faibles ou différents : ne reconsommez pas. Vous pouvez vous renseigner auprès des associations de réduction des risques de votre région pour faire analyser votre produit.

Espacer les prises !

Évitez de consommer de la MDMA plusieurs jours d’affilée ou trop régulièrement (genre tous les week-ends). Cela permet aux réserves de dopamine de se reconstituer dans le cerveau et au foie de se régénérer.

Attention aux logos !

Les labos pressent souvent des contrefaçons, donc deux ecstas de même apparence peuvent être très différents. Cependant, regardez quand même le logo : une tête de mort, un symbole « toxique » indiquent souvent un ecsta surdosé ou contenant du PMA/PMMA. La mention « 2CB » figure sur certains comprimés contenant du 2C-B. Méfiez-vous des comprimés de type Superman, quelles que soient leur taille et leur couleur. Ils tournent encore beaucoup, et leur signalement revient dans de nombreux cas d’incidents depuis deux ans.

Bonus : les autres produits à risque

Des alertes ont également été émises sur d’autres types de substances : faux LSD en goutte ou buvard qui n’est autre qu’un mélange 25I-NBOMe + 25C-NBOMe, détournement de sirops codéinés (lire nos articles HiP-HoP : Le sirop de la rue et Sizzurp : le sirop de la rue) , et héroïne blanche vendue pour de la coke à Amsterdam (lire Quoi de neuf Doc ?).

900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros(octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros (octobre 2014)
Codéine + Prométhazine + Éthanol
Purple Drank / Sizzupr
Héroïne blanche vendue comme cocaïne
(octobre à décembre 2014)

Les poussières dues à l’injection intraveineuse

Un shoot suivi, un peu plus tard d’un mauvais frisson annonciateur. Ce sentiment de malaise diffus, suivi de nouveaux frissons. Puis ce mal de crâne de plus en plus lancinant. Les accès de fièvre et ce froid qui glace les os, ces tremblements…
Vite se couvrir. Grelotter sous les couvertures avec ce désespérant sentiment d’impuissance… et ces coups de gongs que chaque pulsation du cœur fait battre dans la tête. Puis les heures qui passent à souffrir,… souffrir, gerber, gémir, grelotter et… tenir…
Quel UDVI (Usager de Drogues par Voie Intraveineuse) n’a jamais fait de « poussière »? Et quelles conneries n’a t-on pas raconté à propos de ces poussières?
Que c’était un grain de poussière qui se baladait dans un ventricule! Qu’il fallait refaire un shoot d’eau par dessus pour diluer la fameuse poussière!… Et de scruter la shooteuse à la recherche de particules en suspension.

Qu’en est-il en réalité ?

La médecine ne connait pas encore trés bien le mécanisme des « poussières ». Les hypothèses à leur sujet, varient.
Une poussière correspond la plupart du temps à ce que les médecins appellent un choc anaphylactique, c’est à dire une réaction allergique face à une substance étrangère introduite dans l’organisme.. Très souvent il s’agit d’une bactérie invisible à l’oeil nu qui provoque une infection de l’organisme ou un empoisonnement du sang qui peut être apparenté à une petite septicémie.

D’ou proviennent ces bactéries ?

Un citron entamé depuis quelques heures se transforme très vite en un lieu d’accueil où prolifèrent de redoutables micro-champignons et autres microbes.
Souvent, pour faire un coton, on prend un morceau de filtre de cigarette que l’on roule entre le pouce et l’index en en faisant une petite boule. Si l’on ne s’est pas lavé les mains juste auparavent, il est évident que le coton sera plein de germes de bactéries.
Les vieux cotons, surtout s’ils ont été emballés, humides, dans une boîte à l’abri de l’air se transforment rapidement en un bouillon de culture regorgeant de moisissures microscopiques, staphylocoques, streptocoques et autres germes. Al’air libre, ça prolifère un peu moins vite. Pareil pour l’eau pas fraîche, les cuillères pas désinfectés….
Les résidus d’héroïne marron dans les cuillères que l’on reshoote parfois plusieurs fois sont également de merveilleux nids à microbes.
Les produits de coupage comme la strychnine, le talc (très mauvais pour le coeur)…. peuvent également provoquer des poussières.
L’héroïne de contrebande est souvent fabriquée sans aucune condition d’hygiène, dans des caves humides, des endroits cachés dans la jungle…..toujours pleins de germes. Une étude suisse a permis d’identifier près de 250 bacilles contenus dans 60 % de l’héroïne de contrebande. Ceci explique que micro-organisme responsable de la poussière peut également se trouver dans la dope. Souvent dans ces cas, ce sont des poussières pas très fortes mais qui chez certains, se manifestent à chaque shoot.
Notre peau et nos muqueuses sont également pleines de bactéries contre lesquels notre organisme est programmé pour lutter, C’est le système immunitaire qui s’en charge mais en cas d’infection par le VIH, celui ci est affaibli, de même que lors de mauvaises conditions de vie, de fatigue, de stress, d’une mauvaise alimentation….Toutes ces conditions peuvent favoriser les poussières.
Il arive que deux personnes shootent la même dope ou des cotons de la même origine et qu’une de ces deux personnes seulement fasse une poussière. Cela est essentiellement du au fait que l’une de ces deux personnes aura des défenses immunitaires plus fortes que l’autre.

Conséquences des poussières

Celles-ci peuvent varier d’intensité. Cela peut aller de quelques frissons avec mal de tête jusqu’à la crise spectaculaire durant une nuit entière avec fièvre de plus de 40°. On en sort toujours d’une poussière abattu, lessivé, courbaturé. Parfois le mal de tête persiste longtemps et il faut plusieurs jours pour s’en remettre. Une poussière peut également affaiblir l’organisme au point de déclencher d’autres pathologies (éruption d’herpès, mycoses, endocardites, complications pulmonaires…..

Sans doute qualifie-t-on parfois d’overdoses des décès qui sont en réalités des chocs anaphylactiques particulièrement violents chez des UD souvent affaiblis par le VIH.

Comment éviter les poussières ?

ASUD vous le redit, les mecs:

  •  Lavez vous les mains et nettoyez-vous la peau avec des tampons alcoolisés avant chaque shoot!
  • Ne manipulez pas les cotons avec les mains sales!
  • Faites gaffe aux cuillères. Désinfectez-les et ne les partagez pas!
  • Éviter de shooter des cotons et surtout ne gardez pas ceux-ci dans des boîtes hermétiques, ne sucez pas l’aiguille! (la bouche regorge de germes) N’utilisez jamais un citron entamé ou du vinaigre! (Le vinaigre est un vin fermenté)
  • Ne gardez pas la dope dans des endroits sales, chauds, humides ou mal aérés! Ça favorise les proliférations bacgtériennes.
  • Ne shootez pas de comprimés écrasés car ceux-ci contiennent souvent du talc, de la cellulose et d’autres excipients qui se resolidifent dans le sang.

Que faire et ne pas faire en cas de poussière ?

Ne pas reshooter par dessus. Qur ce soit de l’eau, de la dope où quoi que soit d’autre. Cela ne sert à rien et présente un gros risque d’augmenter la quantité de virus dans un organisme déjà affaibli, dont toutes les défenses sont mobilisées pour lutter.
Prendre de l’aspirine ou du paracétamol dès les premiers symptômes et, en cas de douleurs aigües, éventuellement un suppositoire de Viscéralgine. (pour la rapidité d’action)
Rester couché au calme, dans la pénombre, au chaud sous des couvertures.
En principe la phase aiguë avec fièvres, maux de tête, vomissement… ne dure pas plus de quelques heures. Si les symptômes persistent appelez un médecin d’urgence.
…Et sachez que l’héroïne peut également se fumer. Ça accroche autant, ça provoque également un flash… mais ça évite de choper le SIDA, une hépatite… les abcès, les overdoses et même … de faire des poussières.

Tabac et réduction des risques

Modes de consommation

Si la façon la plus commune de consommer le tabac est de le fumer, on peut également le chiquer, le sucer ou le priser. Alors évidement vous hasardez pas à chiquer votre paquet de goldos ou à sniffer les camels de votre frangine. Le tabac doit être préparé pour être ainsi consommé. L’avantage est qu’on peut consommer partout sans gêner personne mais priser provoquerait des cancers des fosses nasales et chiquer des cancers de la bouche! Satané cancer, toujours en embuscade, prêt à nous tomber dessus dès qu’on dégaine un brin de tabac. Cependant le » tabac à sucer », en fait des gommes à la nicotine auraient démontré une certaine efficacité à faire décrocher de la cigarette.

En Suède le « snuss » est consommé par des millions de personnes et le pays a le plus faible taux de cancer de l’Europe. L’effet du « snuss » est décrit comme plus stimulant qu’une cigarette, et il est parait-il plus difficile d’arrêter. Une sorte de méthadone du tabac? Mais pas de bol le « tabac à sucer » est interdit en Europe, la Suède ayant obtenu seule une dérogation pour son snuss. Mais rien ne vous empêche (si ce n’est le bon sens!) de mastiquer vos patchs à la nicotine… ou plus raisonnablement d’en acheter via internet

Modes d’action

Fumer provoque une absorption très rapide ( moins de 5 secondes) dans le sang du principe actif du tabac la nicotine. L’effet est un peu plus lent quand il est chiqué ou priser. Un des principaux problème du tabac vient du fait qu’on le fume en général. Et inhaler de la fumée – quelle qu’elle soit – ne peut être bon, c’est du pur bon sens. Mais avec le tabac, ça se corse. La combustion d’une cigarette entraine la libération de plus de 4000 produits chimiques dont 50 cancérigènes, et ce sans compter les nombreux additifs que ne se privent pas d’utiliser les cigarettiers.
La nicotine, principal alcaloïde de la plante elle, est responsable de l’addiction et des effets du tabac. La nicotine est en réalité un poison des plus puissants. Une vingtaine de clopes infusées vous tue n’importe quel bonhomme. La nicotine est aussi responsable de l’effet psychostimulant du tabac. L’effet est de courte durée, mais il augmente la vigilance et la capacité de réflexion. La nicotine a aussi un effet antalgique (elle facilite la libération des endorphines) un effet éveillant, un effet coupe faim et un effet antidépresseur. Contrairement à l’alcool, la nicotine n’est pas neurotoxique, enfin une bonne nouvelle!

Tabac et réduction des risques

Si on a pu en France réduire sérieusement les nuisances liés à l’usage d’héroïne, en instaurant une politique pragmatique de réduction des risque pourquoi ne pourrait-on faire de même avec le tabac? Mais il est bien difficile d’obtenir des informations à ce sujet. Recherchez sur internet les mots clé tabac, cigarettes , réduction des risques et vous reviendrez bredouille ou presque. Aucun conseils pour éventuellement modifier sa consommation, qualitativement ou quantitativement. Rien, nada. Ou tu fumes et tu n’es qu’un sagouin de toxicomane, ou tu arrêtes et retrouve l’estime de la société. C’est la loi de l’abstinence comme solution unique, ce qui devrait raviver les souvenirs (pas les meilleurs) de pas mal de nos lecteurs. D’après les spécialistes, la durée de consommation serait un facteur bien plus déterminant que la quantité quotidienne consommée.
Alors ça, ça m’en bouche un coin: moi qui était tout fier de de plus fumer que 10 clopes par jour au lieu de 40 on m’explique maintenant que ça ne sert à rien! Avec ce raisonnement quelqu’un qui fume 2 à 3 clopes par jour depuis 40 ans serait plus intoxiqué que celui qui se tartine ses trois paquets jour mais entrecoupé de périodes d’abstinence serait frais comme un gardon! Je me demande parfois si c’est vraiment le tabac qui nous intoxique… La façon d’inhaler est déjà à coup sûr un facteur déterminant: selon qu’on aspire plus ou moins profondément et plus ou moins longtemps modifie forcément le degré d’intoxication. Il est est aussi recommandable de ne pas fumer ses cigarettes jusqu’au filtre, les dernières bouffées étant les plus toxiques. Idéalement il faudrait les écraser à la moitié, mais vu la cherté du produit cette recommandation risque fort de tomber à l’eau.
C’est comme avec la poudre: quand elle est chère les usagers ont tendance à se l’injecter, quand les prix baissent ils la fument. Aujourd’hui les consommateurs de tabac un peu fauchés (genre jeune, chômeur, RMIste, smicard) se rabattent sur le tabac à rouler. Je ne sais si le tabac à rouler est plus nocif que la cigarette classique, mais il est en général fumé différemment: souvent sans filtre, et en rallumant plusieurs fois la même cigarette ce qui est très mauvais! Au rythme ou filent les augmentations, il sera bientôt moins couteux de fumer du cannabis que du tabac!
Un outil comme le vaporisateur pourrait être intéressant pour consommer du tabac, mais bye bye la fumée et c’est un peu compliqué de se balader avec un vapo dans la poche! Quant aux cigarettes prétendument sans additifs elles seraient tout autant nocives que les autres, tout comme les beedies, ces petites clopes indiennes un temps à la mode. Les spécialistes disent qu’il faudrait arrêter de fumer au plus tard avant 44 ans (pourquoi pas 45?) pour peu à peu retrouver l’ espérance de vie d’un non-fumeur. Mais ça vous l’entendrez pas souvent, c’est pas bon pour la prévention! De toute façon les il est déjà démontré statistiquement que plus on avance en âge moins on fume: entre 20 et 29 ans 49% des hommes fument, ils ne sont plus que 18% entre 60 et 70 ans.

JI Air ( ASUD JOURNAL N° 26)

Speed et réduction des risques

Effets et descentes

Quels que soient les modes de prises (shoots ou cachetons) les speeds provoquent un flash très puissant appelé aussi montée.

Une chaleur envahit tous le corps et la tête en particulier. On a tout à coup une impression de bien-être qu’on a envie, en général, de partager . Selon les produits et aussi votre caractère, tout au long de la défonce, vous allez vous mettre à raconter votre vie et cela depuis votre enfance ou vous prendrez votre gratte et aurez l’impression d’être le meilleur et d’avoir fait le meilleur bœuf de votre vie. Ça y est, votre carrière commence et vous savez à qui vous adresser et comment faire. Quoiqu’il en soit, vous avez tout compris et, promis, sûr et certain vous prendrez les décisions qui s’imposent. Tout vous paraît facile et évident. Vous pouvez aussi marcher pendant toute la nuit, écouter les bruits de la ville ou le silence, découvrir les lumières ou délirer sur les étoiles. A la différence des acides, ce ne sont pas des hallus mais une vision, une perception différente. Rien de flippant dans tout cela à moins d’être mal entouré comme pour tout. Quant aux relations sexuelles, elles sont stimulées et, si ça vous branche, vous assouvirez les fantasmes que jusqu’à présent vous n’aviez jamais osé entreprendre. Il est fréquent que certaines personnes, même timides, se mettent à poil et tout simplement parce qu’elles ont chaud et sont bien plus à l’aise ainsi ou qu’elles ont envie de faire l’amour.

La montée en elle-même ne se ressent que quelques minutes mais la durée les effets décrits est variable selon les produits et les quantités administrées. Mais sachez que vous en aurez pour un minimum de 6 à 8 heures voire jusqu’à 12. Les produits qui se shootent ont une durée plus courte et doivent être ré-injectés assez souvent.

Mais on ne peut pas parler de speed sans parler de descente et là, aïe, aïe, aïe ! En sens inverse, tout ralentit, une angoisse vous prend, vous êtes épuisé et pourtant vous n’arrivez pas à vous endormir car l’effet euphorique est passé mais le speed vous tient éveillé. Vous tremblez, vous devenez parano. Si vous êtes dehors, vous avez l’impression que tout le monde vous regarde. Chaque personne réagit différemment à la descente. Certains supportent, d’autres ont beaucoup de mal. Encore une fois, il vaut mieux être entouré de gens que vous aimez bien, ça passe mieux

Quelques conseils : ayez toujours un « parachute », genre calmant ou somnifère, ça aide. Restez calme. Si vous êtes avec votre petit(e) ami(e) ou même un ami, faites vous des massages, si vous en avez encore la force, ou des caresses, ça détend et décontracte les muscles qui sont très crispés. Dites-vous que ce n’est qu’un mauvais moment à passer et que ce n’est pas la peine de déprimer car tout est provoqué par le produit, le bon comme la descente.

C’EST DANGEREUX ?

Les effets secondaires sont variables selon les quantités et modes de consommation : irritabilité, nervosité, dépression, attaque de panique, désorientation, épuisement, hémorragies cérébrales, problèmes cardiaques, troubles de la concentration et de la mémoire, états confusionnels… Les doses initiales peuvent être multipliées par 100 en quelques mois.

Ils provoquent une forte dépendance

Si vous shootez, les risques d’abcès sont très importants car si ce n’est pas de la poudre, la préparation à base de cachetons est très épaisse. Il vaut d’ailleurs mieux l’éviter. De plus, il est fréquent de faire 10 à 15 shoots pendant la défonce, alors bonjour l’état des veines. Si vous le faites quand même, n’oubliez pas de changer de seringue à chaque pète et de ne pas partager votre matos. Les poussières sont aussi à craindre et elles font très mal. Vous croyez que vous aller y passer et ça peut d’ailleurs arriver. Elles sont amplifiées par l’effet du speed.

Les prises répétées de speed sont très dangereuses pour l’état mental. La parano vous guette et vous pouvez avoir des hallucinations genre delirium. En bref, on devient barge.

De plus en plus d’usagers substitués sont à la recherche du plaisir perdu et prennent donc du speed. Alors, allez-y mollo car vous risquez d’y laisser votre tête. De plus, ces produits font perdre l’appétit (risques d’anorexie) et une perte de poids importante s’en suit. Si vous n’êtes pas en bonne santé ou séro ça peut être grave. Le speed agit aussi sur l’organisme et tout problème de santé s’aggrave plus vite que la normale. Pour les dents, c’est diabolique, pire que l’héro, et la rage de dents ne tardera pas, avec en prime, une douleur multipliée. C’est valable pour toutes les douleurs.

Par ailleurs, l’abus de speed peut provoquer des hyperthyroïdies, hypertensions graves ainsi que des problèmes cardiaques.

Alors maintenant que vous êtes avertis à vous de choisir ! Et on ne répétera jamais assez les conseils de prévention : ne partagez pas votre matériel d’injection, changez de seringue à chaque shoot. Ne vous laissez pas surprendre par l’heure de fermeture des pharmacies. Le temps passe vite sous speed. Désinfectez-vous, sous speed on peut flasher sur le sang, alors prudence ! Ayez les préservatifs à portée de sexe.

Enfin L’ASSOCIATION AMPHÉTAMINE ET ECSTASY EST NEUROTOXIQUE !

Rachacha et réduction des risques

L’opium contient une quarantaine d’alcaloïdes et d’acides qui agissent en synergie, c’est-à-dire que les uns renforcent, équilibrent ou atténuent les effets des autres. On trouve la morphine, bien connue de nos lecteurs, la codéine antitussive, la thébaïne dont on fait le Subu, la papavérine (utilisée en micro-injection dans la verge pour soutenir les virilités défaillantes)….

Suivant la maturité des pavots, leur origine, la préparation et les ingrédients la qualité d’un Rachacha peut considérablement varier d’une fois sur l’autre. Dans un estomac à jeun, les effets se font sentir au bout d’une demi heure alors qu’avec un ventre plein cela peut prendre plus de deux heures. D’où un réel danger faute de savoir doser.

Les premières prises se soldent souvent par des vomissements. En effet, la nature a voulu que lorsqu’on utilise des opiacés forts pour se défoncer, l’organisme doit en payer le prix .Avec l’usage, ces vomissements disparaissent la plupart du temps. L’organisme développe alors une tolérance à l’opium, ce qui implique d’augmenter le dosage pour retrouver l’effet voulu. Cette tolérance peut alors entraîner l’accoutumance. En effet, la tolérance au rachacha induit une tolérance à des produits plus forts comme l’héroïne (qui est plus facile à trouver que le Rachacha). Ce qui peut accélérer la dépendance à l’héroïne en cas de consommation répétée.

ASUD a rencontré des types, très patients, qui se rendent dans les champs aux aurores et incisent les têtes puis reviennent plus tard pour récolter le suc qui a coulé. Il s’agit alors d’opium. La boulette est plus claire à l’intérieur. Il est plus odorante et bien sûr plus fort donc plus cher. Il faut des heures de boulot pour récolter quelques boulettes. En Espagne quelques amateurs d’opium très déterminés ont planté des petites parcelles de pavot somnifère et font leur petite récolte tous les ans. Aux USA, on trouve, grâce au 1er amendement US sur la liberté d’expression, de nombreux renseignements sur Internet, ainsi qu’en librairie, sur la culture du pavot hydroponique sous serre ou en appartement. (Voir page « Notre culture » dans ASUD N°19).

Mélanges

Les effets du « Rach » sont considérablement augmentés par l’alcool et les calmants, surtout les benzodiazépines (Lexomil, Temesta, Tranxene, Rohypnol…)
EN CAS DE MÉLANGE, IL Y A UN RÉEL RISQUE D’OVERDOSE. Dans ce cas appeler immédiatement le SAMU ou un médecin. Un café fort peut permettre de contrecarrer un peu les effets opiacés. Faire marcher la personne en attendant les secours. L’inciter vivement à lutter contre l’endormissement.

Un des autres inconvénients du Rachacha est sa tendance à constiper sérieusement.

Coupage et altération

Le Rachacha se détériore avec le temps, surtout s’il est stocké à la lumière et subit des chocs thermiques (chaud-froid). Sa force peut varier en fonction du temps de cuisson, des additifs et de la maturité du pavot. Chaque « Rach » est différent. Celui qu’on trouve en été est souvent plus fort que celui qu’on trouve hors saison.

Les connaisseurs prétendent qu’un « bon » Rachacha est très noir, un peu brillant à l’extérieur et marron sombre à l’intérieur au bout de quelques jours. Il est très amer avec un petit arrière-goût de réglisse avec laquelle il parfois coupé, ce qui peut se vérifier en le brûlant. La présence de réglisse laisse une odeur de sucre brûlé alors que le vrai Rachacha dégage une odeur qui rappelle celle de l’ héroïne brune fumé sur de l’aluminium.

Il circule une rumeur comme quoi le Rachacha serait parfois coupé avec de la datura[1] ou d’autres plantes psychotropes très dangereuses. Autrefois, il arrivait que l’opium soit coupé avec des graines de jusquiame[2] (qui contient de l’atropine et de la scopolamine connus pour leurs effets toxiques), soit disant pour mieux le conserver. Il ne fait aucun doute que ce mélange a du être la cause de graves bad trips si ce n’est de décès.

Ne pas shooter le rachacha… !

« Shooter le rachacha te fait une gueule d’Elephant Man bouffi. On se retrouve en train de se gratter comme des fous, s’envoyer vainement de l’aspirine pour arrêter un terrible mal de tête. Après ça, c’est l’angoisse! Une descente qui n’en finit plus et qui n’a rien à voir avec les sensations opiacées habituelles ! »

La papavérine, présente en quantité importante, a des effets spécifiques redoutables sur le cœur et le cerveau lorsqu’elle est injectée en intra veineuse.

SHOOTER LE RACHACHA EST HAUTEMENT TOXIQUE ET EXPOSE A DE RÉELS RISQUES DE SEPTICÉMIE, DE CHOCS ALLERGIQUES ET AUTRES “ POUSSIÈRES ” SANS PARLER DU RISQUE D’OVERDOSE…

[1] Au Maroc, il est arrivé qu’on trouve du shit coupé à la datura.
[2] Pline – Histoire naturelle t. XX, ch. 76.

Protoxyde d’azote (N2O) et réduction des risques

A doses élevées et répétées (des dizaines de prises sur plusieurs jours), le protoxyde d’azote détruit l’acide folique et la vitamine B12 et peut endommager la moelle épinière. Il est donc recommandé aux aficionados de compléter leur alimentation par des suppléments de cette vitamine notamment en cas de régime végétarien.

De plus, le gaz très froid « gèle » les muqueuses et les poumons s’il n ‘est pas mélangé avec un peu d’air chaud expiré. Il est déconseillé d’en consommer après avoir mangé : il peut provoquer des nausées. Il peut s’avérer réellement dangereux pour les personnes souffrant d’anémie ou d’hypertension. Il semblerait qu’il puisse y avoir un risque pour le fœtus, en cas d’abus chez les femmes enceintes.

A éviter également en descente de speed. Il peut susciter angoisse et palpitations. Il semblerait qu’une hyperventilation préventive durant une minute soit une mesure de réduction des risques qui permet, en plus, de mieux profiter des effets.

Si vous en consommez, adoptez de préférence une position couchée ou assise. Ensuite, aspirez un peu d’air avant de respirer les trois-quarts du ballon. Ressouffler et aspirer le gaz dans le ballon. Garder le tout. Ressouffler et aspirer à nouveau avec le haut des poumons.
Attention : se brancher avec un masque sur une bonbonne peut occasionner des dommages cérébraux irréversibles. Laissez se vider une grosse bonbonne dans un lieu clos (tente, pièce fermée) en a déjà mené quelques-uns au cimetière pour cause d’asphyxie.

Kétamine et réduction des risques

Celui qui, ne pouvant s’empêcher de goûter, n’aura pas préalablement « apprivoisé  » la kétamine avec de  » toutes petites traces  » risque de faire un  » gros bad trip « .

En cas d’injection intraveineuse, l’effet est instantané et très violent. Perte totale de contrôle du corps et chute garantie.

En général la consommation de kétamine se termine allongée, avec une impossibilité totale d’agir. Quel que soit le mode de consommation, l’environnement doit toujours être suffisamment sécurisé et confortable pour s’allonger. Attention aux chutes de tension (moins de 8-10 pulsations en 15 secondes). Si celle-ci est anormalement basse, surélever les jambes.

L’association avec des benzodiazépines et/ou de l’alcool peut provoquer une dépression respiratoire.
Une consommation régulière contribue à encombrer les voies respiratoires. Se moucher et expurger les glaires le plus souvent possible.

La kétamine est absolument déconseillée aux personnes souffrant d’épilepsie. Elle augmente sérieusement le risque de crise et la violence de celle-ci.

Ne jamais consommer en cas de problèmes de tension artérielle, cardiaques, hépatiques, de troubles psychologiques… et juste après avoir mangé.

La kétamine cause de sérieux problèmes à ceux qui en ont perdu le contrôle et consomment à longueur de journée. Quand le produit est épuisé ou inaccessible, la dépendance disparaît, en général sans conséquences majeures. La majorité des amateurs de kéta en font un usage récréatif qui, vu de l’extérieur, peut réellement impressionner. Les problèmes résident bien plus dans l’abus, les mélanges, les représentations caricaturales ou erronées des effets, le manque d’informations fiables et ciblées. Le mot d’ordre inspiré du de celui de la Mildt, « Savoir mieux et plus pour risquer moins », est plus que jamais d’actualité.

Bad trips et mélanges

L’effet de la kétamine peut être très dur et insupportable, voire traumatisant, pour certains. Des personnes en ayant pris sans le savoir ont vécu un bad trip terrible avec hallucinations dantesques, sensation de mort imminente, de non-réintégration de l’esprit dans le corps, impression de devenir fou…

Le mélange kétamine/hallucinogènes/alcool est le plus redoutable. Il peut entraîner convulsions, crises de fureur paroxystiques contre soi-même, révélatrices de l’extrême mal-être dans lequel se trouve le sujet qui, généralement, ne se rappellera pas grand chose à son réveil. Mais quels souvenirs, avec parfois des ecchymoses, pour ceux qui ont été obligés de gérer sa démence. Et quel choc pour le médecin qui constate chutes et montées de tension de 4 à 18, en accord avec la musique, chez des personnes donnant l’apparence d’un état de coma total.

Kétamine humaine ou vétérinaire

En général les consommateurs trouvent la kéta vétérinaire plus  » physique  » que la kéta humaine, plus  » spirituelle « . Peut être est-ce du au conservateur contenu dans cette dernière : le benzthonium chloride, un agent anticholinergique (1), qui pourrait moduler les effets comme le ferait un très léger hallucinogène.

A savoir

Il est quasi impossible de se lever après un gros rail. Mieux vaut donc aller pisser d’abord. La kéta altère les perceptions sensorielles et musicales. Impossible ou nul de mixer sous kétamine. Ce n’est pas une drogue de communication. Rien n’est plus solitaire qu’une défonce à la kéta.

(1) Durieux, M.E, Nietgen, G.W. (1997) « Synergistic inhibition of muscarinic signaling by kétamine stereoisomers and the preservative benzethonium chloride » µ Anesthesiology 86

Les différentes phases de l’overdose d’héroïne

En général, une overdose se passe souvent en 4 phases plus ou moins rapides:

  1.   Somnolence irrésistible ou «défonce comateuse» mais réaction aux stimuli ;
  2.   Inconscience avec respiration et pouls faible ;
  3.   Respiration nulle ou très faible ;
  4.   Arrêt cardiaque.

Il existe cependant de nombreux cas de figure. La personne peut rester au stade 1, passer progressivement d’un stade à l’autre, revenir à elle et retomber dans le coma. Alternativement. Ou se retrouver en arrêt respiratoire en quelques secondes (en cas de gros shoot après une consommation d’alcool par exemple) et décéder.

Phase 1

La personne pique du nez de façon grave. Elle se sent irrésistiblement partir. Elle a beaucoup de mal à garder les yeux ouverts, ne marche qu’avec peine, s’endort en parlant. Ses propos sont incohérents…
Dès qu’on la laisse, elle a tendance à s’écrouler et à sombrer dans l’inconscience. Elle est pâle. Sa respiration est lente et faible, mais se maintient à un rythme régulier (3 à 5 fois en 15 secondes).

Que faire : Stimuler intensément la personne en lui parlant vivement.-«-Reste avec nous-!…-», certaines stimulations comme «-Attention, y a les flics-» sont parfois étonnamment efficaces. La secouer, la faire marcher et respirer profondément. Passer un tissu imbibé d’eau froide sur sa nuque. Si elle glisse vers la phase 2, appeler immédiatement le Samu (le 15 depuis un poste fixe ou le 112 depuis un portable). Dans tous les cas, maintenir la surveillance et la stimulation. Si la personne est allongée, surélever ses jambes. Veiller à dégager sa bouche (appareils dentaires, aliments).

Phase 2

La personne est écroulée comme une masse.

Appeler le 15 ou le 112 : quels risques?

En principe, si vous expliquez qu’une personne est inconsciente, la police ne vient pas. Par contre, elle viendra s’il y a décès, avec tous les problèmes que cela peut représenter pour celui qui a fourni la came

On a beau la secouer, elle réagit juste par une vague plainte, lorsqu’on la gifle par exemple. Elle paraît totalement inconsciente, respire très faiblement (moins de 3 fois en 15 secondes) ou irrégulièrement. Ses yeux se révulsent. Le visage est très pâle, les lèvres bleues et les oreilles ont tendance à blanchir. Les extrémités peuvent être froides. Son pouls est très faible.

Que faire : Avant tout, veiller à ce qu’elle soit totalement à l’aise pour respirer. Dégrafer sa ceinture et tout ce qui pourrait la gêner. Veiller à dégager sa bouche (appareils dentaires, aliments). Appeler le Samu, mettre la personne en position latérale de sécurité et rester avec elle. Ne pas cesser de la solliciter, la stimuler…

Phase 3

La personne ne réagit plus et sombre peu à peu dans l’inconscience totale. La respiration est très faible. Les yeux ont tendance à se révulser. Le visage est très pâle. Les lèvres peuvent être bleuâtres. Les extrémités peuvent être froides…

Que faire : Appeler immédiatement le Samu, pratiquer la respiration artificielle.

Phase 4

La personne ne respire plus. Son coeur ne bat plus.

Que faire : Appeler immédiatement le Samu. Pratiquer la respiration artificielle, voire un massage cardiaque mais uniquement si vous êtes expérimenté sous peine d’aggraver la situation. Rester avec la personne jusqu’à l’arrivée des secours. Donner un maximum de renseignements sur les produits consommés. Collectez les boîtes, médicaments et produits que la personne est susceptible d’avoir consommés.

Overdoses : quand la cocaïne tue plus que l’héroïne

Dans la plupart des pays d’Europe le nombre d’hospitalisations aux urgences pour des accidents liés à la consommation de cocaïne ne cesse d’augmenter. Dans certaines villes d’ Espagne, de Suisse, d’Italie …le nombre d’overdoses liés la cocaïne dépasse souvent les overdoses liés à l’héroïne.

La chaleur augmente les risques d’accidents

Lester sniffait de la coke depuis 7 ans. 90kgs, un bon job, en pleine forme, il maîtrisait le truc.Il était capable de garder un képa pendant des jours sans y toucher. En boîte, un vendredi soir, après deux petits rails, tout a coup un insoutenable mal de tête lui vrille la tête. Quelques secondes plus tard il s’écroule sur le sol. Grâce à la réactivité de son entourage il a pu être sauvé mais depuis il souffre de sérieux maux de tête et de troubles de la concentration et n’a plus jamais repris un milligramme de coke.
Que s’est-il passé ? La cocaïne est un vasoconstricteur. Une prise suffit à rétrécir les veines d’environ 20%, ce qui augmente sensiblement la pression sanguine. Cette action combinée à la chaleur de l’environnement a considérablement augmentée la pression artérielle et a littéralement fait exploser une veine du cerveau.

Hyper ventilation et sac en papier

Il y a quelques temps, en reportage à Francfort, dans une des salles d’injection que la ville met à disposition des usagers, devant moi, un type en train de préparer son Xième shoot tout à coup se met à trembloter. De plus en plus fort. Sa main qui tenait une seringue a envoyée cette dernière valdinguer contre le mur. Le mec me regarde avec des yeux écarquillés et se débat comme s’il se noyait. On dirait qu’il suffoque. Il s’agite de plus en plus et tombe, agité de soubresauts convulsifs, les yeux à moitiés révulsés. Vraiment impressionnant. Comme une crise de tétanie consciente. Le personnel et les autres usagers ne s’affolent pas. Ils l’emmènent dans une pièce attenante et l’assoient sur un canapé.. En sueur, les yeux comme en proie à une insondable terreur, il halète. Il me semble entendre les palpitations de son cœur affolé à plusieurs mètres. On éteint la lumière et une infirmière lui parle doucement. Elle l’apaise et lui éponge son front en nage. Elle lui demande s’il l’entend, s’il la comprend. L’autre acquièce en essayant de maîtriser ses tremblements. L’infirmière lui demande de fermer les yeux et lui explique qu’on va lui mettre un sac en papier par dessus la tête et lui recommande d’essayer de respirer profondément . Le fait de respirer son propre gaz carbonique va atténuer l’état d’hyperventilation dans lequel il se trouve et va très vite l’aider à se sentir mieux. J’en crois pas mes yeux. Tout en lui recommandant, d’une voix douce, de garder les yeux fermés, elle lui met le sac par dessus sa tête et lui demande de respirer…. Au bout d’une minute environ les tremblements diminuent. Un soignant lui caresse l’avant bras…. Dix minutes après, le mec pâle, exténué s’entretient avec le médecin qui est arrivé entre-temps. Celui-ci avait ramené une espèce de ballon et en forme de ballon de rugby au cas où le patient aurait du être ventilé.

Dans le salles d’injection allemandes ce genre d’incident est monnaie courante. Les junkies locaux alternent ou mélangent souvent Rohypnol écrasé ou Valium injectable avec la cocaïne. La combinaison d’un stimulant et d’une benzodiazépine ( surtout en cas de consommation répétée) déplaît souverainement au système nerveux et se termine fréquemment par le genre de crise décrite ci-dessus.

De nombreux fumeurs de crack et injecteurs de cocaïne ont déjà vécu ou assisté à ce genre d’accident.

Que faire en cas d’accident ?

La cocaïne accélère la fréquence respiratoire et les battements du cœur et augmente la température du corps. Ces effets couplés à un abus, à la chaleur ambiante, à des mélanges divers

Que faire ne cas de crise: l’entourage doit sécuriser l’environnement pour éviter les blessures à cause des convulsions (objets coupants, seringues….). Gare si le mec a une seringue à la main en pleine crise de convulsion. Si l’on est tout seul, la seule chose à faire est d’essayer de se calmer en respirant profondément et lentement. Le truc qui consiste à respirer son propre gaz carbonique dans un sac en papier qu’on aura mis par dessus sa tête sans serrer (si l’on réussit à ne pas angoisser) est souvent très efficace. C’est ce même principe qui s’applique en cas de crise d’épilepsie.

De toute façon il est impératif d’appeler un médecin. (15 SAMU ou 112 depuis un portable) Il faut à tout prix lui indiquer s’il y a eu consommation d’opiacés (héroïne, Skénan, subutex, méthadone…). Car il peut injecter ou prescrire un calmant comme le Valium qui peut alors entraîner une dépression respiratoire (donc une overdose d’opiacés).

3 niveaux d’alerte

On peut distinguer 3 niveaux dans l’overdose de coke : Dans chaque cas, les pupilles sont en général énormes (même s’il y a consommation simultanée d’héroïne ou morphine).

Niveau 1 : psychose cocaïnique angoisse, accélération cardiaque, regard fixe, gestes fébriles, hallucinations, paranoia …
Que faire : Ne pas rester seul. Dans la mesure du possible (mais c’est plus facile à dire qu’à faire) GARDER SON CALME ET RESPIRER PROFONDEMENT LE PLUS CALMEMENT POSSIBLE. En général ça marche. (Si l’etat s’agrave ou dure il faut appeler des secours)
Attention : si à ce stade vous consommez un calmant de type benzo (Lexomil, Valium, Xanax….) ne jamais reprendre de cocaïne par dessus. Cela augmente considérablement le risque de crise de tétanie.

Les niveaux suivants peuvent être de réels accidents cardiaques, respiratoires, cardiovasculaires, ruptures d’anévrisme… qui nécessitent immédiatement le SAMU et les urgences

Niveau 2 : mal de tête, frisson, petit mouvement incontrôlé, transpiration, impression de sueur froide, tremblements, angoisse, accélération cardiaque, spasmes, difficultés à respirer ou respiration haletante… impression d’oppression cardiaque …. convulsions, chute… tout en étant généralement conscient. Ce stade nécessite une surveillance médicale. Appeler un médecin ou se rendre à l’hopital. Il s’agit souvent d’une crise apparentée à une crise de spamsmophilie/tétanie. En attendant, la technique du sac par dessus la tete peut etre trés efficace.

Niveau 3 (le plus dangereux) : hallucinations auditives (sifflements dans les oreilles) changements brusques du rythme cardiaque, vomissements, confusion, délire, douleurs cardiaques, douleurs dans la poitrine douleurs dans la tête, tétanies…
Cela peut se terminer par un infractus, un oedeme pulmonaire et la mort.

Autres dangers

En dehors des overdoses mortelles, la littérature spécialisée est pleine de cas de personnes qui se sont retrouvé handicapées ou définitivement diminuées après une overdose : paralysie partielle, déficit neurologique, troubles psychologiques et nerveux graves et durable, notamment suite à un accident vasculaire cerébral ou à un coma, mais également suite à une crise de convulsion.

Il est fort probable que nombre de décès liés à la cocaïne n’aient pas été identifiés en tant que tels car on les a assimilé à des accidents vasculaires cérébraux, des ruptures d’anévrisme ou a des arrets cardiaque. Le coeur est l’organe le plus affecté par la cocaïne, notamment en cas d’abus.

Dans la plupart des overdoses liés à la cocaïne, cette dernière était le principal produit en cause. Ensuite viennent les mélanges cocaïne et alcool puis cocaïne et opiacés (héroïne).

Attention aux traitements anti-dépresseurs : Le Prozac, Déroxat et autres médicaments de la classe des ISRS. Ils peuvent avoir tendance à accroître les états paniques en cas de conso de coke. Et surtout en cas de traitement VHC (Interferon et Ribavirine). A ASUD nous connaissons des cas de pétages de plombs avec des conséquences dramatiques (prison, hôpital, tentatives de suicide, violences…..). Les effets secondaires de ce traitement de l’hépatite C peuvent être considérablement amplifiés par le coke.

Il faut également considérer que la coke, surtout si on en abuse, épuise l’organisme. Elle est la cause de manque de sommeil, mauvaise ou sous alimentation donc diverses carences en vitamines et minéraux, stress perpétuel… ce qui augmente les risque d’accident.

Il faut également considérer les autres décès liés directement ou indirectement à la coke :
Accidents de la route, malformations des nouveaux nés et bébés qui meurent prématurément car leur mère prenait de la coke durant la grossesse…Sans oublier tous les accidents liés à la parano induite par la coke. Dans les années 20, en russie des centaines de milliers de gens sniffaient de la cocaïne (moins chère que le pain ). Il en a résulté des milliers d’incendies, meurtres, suicides…. dus à la « folie cocaïnique »

De la cocaïne et du soin

Nous y sommes : aux États-Unis comme en France, en passant par d’autres pays, les experts sont à la recherche du médicament miracle qui « guérira de la cocaïne ». Dans cette course à la pilule magique, le travail qui s’est fait avant est, bien évidemment, laissé de côté, et les expériences passées sont oubliées. Pourtant, les exemples de soin ou de réduction des risques liés à la cocaïne sont allés bien au-delà de l’administration de traitements médicamenteux ou de dons massifs de seringues.

Alors que le sevrage de cocaïne, comme sa prise en charge en générale, ne se faisaient que dans le cadre défini d’une « dépendance uniquement psychologique », plusieurs options de réponses sont mises en place en Angleterre dès le début des années 1990. Comme pour les usagers d’héroïne, c’est l’épidémie VIH qui va radicalement changer le cours des choses. Car c’est bien la nécessité d’enrayer la pandémie qui a amené la mise en place d’approches différentes dans la prise en charge des usagers de drogue par voie intraveineuse (UDVI). RdR et substitution s’inscrivent donc à l’ordre du jour pour les usagers d’opiacés. Puis, la RdR s’élargit à la réalité de l’usage de cocaïne (injections multiples et prises de risques qu’elles entraînent). Le besoin de prévention de la délinquance prend également une ampleur différente avec la « démocratisation » d’un produit jusqu‘alors considéré comme une « drogue de luxe ». Situation qui s’aggrave avec l’arrivée du crack.

Psychose et syndrome de sevrage

C’est dans cette même période (début des années 1990) que vont être reconnus et définis 2 aspects essentiels de l’usage de cocaïne, et plus largement de stimulants :
Tout d’abord, la « psychose liée à l’usage de stimulants » est identifiée comme telle par les experts psychiatriques, qui reconnaissent qu’elle se résout généralement avec l’arrêt des stimulants. Les cas de non résolution restent liés à la présence d’autres pathologies psychiatriques, sous-jacentes ou effectives.
Ensuite, le syndrome de sevrage est aussi reconnu, à travers 2 manifestations majeures :

  • Fébrilité intense, apathie, généralement en alternance pendant les 8 à 10 premiers jours ;
  • Entrée en dépression clinique dans une période variant de 4 à 8 semaines.

Deux aspects qui ne seront pris en compte qu’en second lieu, après les mesures de réduction des risques et de prévention de la délinquance.
Dans l’ordre chronologique, les premières interventions se résument à des dons accrus de seringues et de matériel d’injection afin de limiter au maximum le partage et la réutilisation de matériel. Un dernier phénomène beaucoup plus alarmant et notable chez les usagers de cocaïne, auquel s’ajoute le risque de confusion d’appartenance des seringues.
Puis en 1991, le Warrington Project met en place un programme de délivrance de cocaïne sous forme de reefers, des cigarettes injectées d’une solution fumable à base de cocaïne (il ne s’agit pas là du programme du Dr Marx qui délivrait, lui, de l’héroïne). Deux éléments principaux en ressortent :

  • L’utilisation des reefers permet une stabilisation de l’usage dans la plupart des cas, et réduit considérablement la délinquance et les prises de risques liées à cet usage ;
  • La prescription de stimulants reste très difficile à gérer du fait du risque d’installation de la psychose suscitée.

Un deuxième aspect déterminant lors de tentatives de substitution de la cocaïne aux amphétamines : les prescriptions sont, en effet, aussi « compliquées » à gérer, car il faut ajouter aux amphétamines des anxiolytiques et/ou hypnotiques pour la gestion du soir et de la nuit.
Autre réalité vite flagrante : les amphétamines ne correspondent pas aux usagers de cocaïne. Bien que de la même famille (stimulants), ces deux produits ont des actions radicalement différentes, et même si l’origine de la consommation est la recherche de « pêche » (et du flash pour les injecteurs), cette « pêche » va être différente pour chacun d’entre eux. Avec les amphétamines, il s’agit d’une augmentation de la performance physique ; avec la cocaïne, d’une surproduction intellectuelle et émotionnelle (le mot spirituel pourrait parfois être adapté). Ces éléments entraîneront vite l’abandon de l’utilisation d’amphétamines et d’autres médicaments à propriétés stimulantes dans un but de substitution à la cocaïne.

Deux options

Le constat est simple, la seule substitution à la cocaïne est la cocaïne. Deux options vont alors se dégager.
L’option médicamenteuse : 8 à 10 jours d’anxiolytiques (de préférence ayant un effet euphorisant), puis 3 à 4 mois de traitement préventif aux antidépresseurs. Sachant que pour cette option, il est indispensable que la personne reste absolument abstinente. En effet, pour certaines familles d’antidépresseurs l’usage concomitant de cocaïne neutralise le médicament, rendant le traitement inopérant. Pour d’autres, particulièrement à effet stimulant, l’usage concomitant de cocaïne pourrait entraîner l’overdose.
La seconde option repose sur des réponses, qui provoquent trop souvent chez les professionnels français un sourire sardonique synonyme de « ça ne marche pas » : acupuncture, aromathérapie, écoute intense (le counselling, de par son approche, s’est avéré être un excellent outil), et phytothérapie. Cette approche, qui repose sur des médecines naturelles (également appelées médecines douces, parallèles, etc.) a largement fait ses preuves.

  • L’acupuncture : basée sur le flux des énergies, elle aide au rétablissement d’un équilibre émotionnel, mais aussi dans le fonctionnement physique. La diminution de l’état de fébrilité est réelle, comme une considérable amélioration de la capacité à se poser et à potentialiser les entretiens individuels.
  • L’aromathérapie : l’utilisation des huiles essentielles, particulièrement dans le cadre de massages, accompagne les personnes dans une réconciliation avec leur corps, et les aide donc à se détacher de comportement type automutilation. Mais qui dit réconciliation et relation saine au corps, dit aussi amélioration de l’hygiène, meilleur rapport à la nutrition, redécouverte de l’esthétique et de la possibilité d’aimer son corps. Être en capacité d’aimer son corps signifie également le respecter et, plus important, le faire respecter. Cela rend aussi possible une relation avec le « toucher thérapeutique », en opposition au toucher abusif (qu’ont souvent connu les usagers).
    L’aromathérapie, et peut apaiser certaines anxiétés, douleurs, et autres symptômes du mal-être.
  • Enfin l’écoute intense (jusqu’à trois à quatre fois par semaine) est fondamentale avec les usagers de cocaïne. Sujets au « craving » (appétence en français), qui est un besoin immédiat et quasi irrésistible d’aller vers le produit, les consommateurs doivent pouvoir trouver un dérivatif lorsqu’il se déclenche. Parler, avoir quelqu’un de présent qui écoute, permet d’évacuer cette sensation (pour un temps au moins) et, dans la foulée, de formuler un grand nombre d’autres choses.

Bien sûr, certaines personnes nécessiteront, quoiqu’il en soit, un traitement médicamenteux. Bien sûr, tout le monde ne répond pas à ces médecines, comme tout le monde ne répond pas aux traitements médicamenteux. Bien sûr, il faut rester vigilant sur l’amorce de dépression clinique, mais tout counsellor ou psychologue qui se respecte saura en reconnaître les signes et orienter en conséquence. Par ailleurs, la rechute de cocaïne n’aurait pour conséquence directe que de retarder le processus de traitement, et ne présenterait pas de risques de contre-indications dont certaines pourraient être fatales.
Mais dans cette course à la pilule miracle, n’oublions pas que nous avons affaire à des êtres humains qui ont déjà subi bien des expérimentations destinées à satisfaire les ego des scientifiques et à faire marcher l’industrie du médoc. Le prix Nobel du soin aux toxicos n’existe pas encore, alors essayons de rester humble et d’œuvrer, dans le respect et la dignité des personnes, à leur bien être.

Idées reçues sur le crack et les crackers

Crack, base ou caillou, peut importe, dans tous les cas l’objectif c’est le « kiff ». Le kiff c’est l’alpha et l’omega de la vie, ou plutôt de la survie, des « crakers », un sous-genre de l’espèce toxicomane, situé tout en bas de l’échelle sociale et tout en haut de l’échelle du stigmate.

Il est fascinant de constater avec quelle constance, chaque époque a fabriqué son propre épouvantail toxico. Dans les années 70 c’était le « drogué en manque », éventuellement en manque de marijuana, dans les années 80-90, le stéréotype s’est affiné pour cibler les junkees, c’est à dire les injecteurs d’héroïne, et pour inaugurer le XXI e siècle nous avons les « crackers ». Le point commun de ces populations est qu’elle se sont constituées en marge de la marge, elles représentent le pire de ce que la société condamne sous l’appellation « drogue ». Bref, les crackers ne sont pas des victimes de la drogues, tout au moins aux yeux des riverains plus ou moins « boboïsés » qui revendiquent le titre pour eux-mêmes. Non, les crakers sont tout en bas, là où l’on est sûr de ne trouver personne en -dessous.

Du reste, cette réputation de toxique très toxique n’est pas forcément usurpée. D’aucuns se souviennent avoir croisé, y compris dans les couloirs de la rédaction d’ASUD, nombre de vieux briscards, anciens héroïnomanes, rescapés des années 80, rescapés du sida et des overdoses, ayant gouté à quasiment tout ce qui s’avale, se fume,se sniffe ou se shoote, et qui sur le tard, découvrent le frisson très particulier d’une bouffée de cocaïne-base. Et là , bang! le grand saut.

En deux coups les gros, nos vétérans sont renvoyés à la case départ, de retour sur le bitume à la recherche d’un petit « caillou » blanc. Adieu, apparts, boulot, copains, copines bref, la totale, comme si vingt ans de patiente réinsertion n’avait servi à rien. Pire, il semblerait même que dans certains cas, l’illusion naisse du souvenir des speed-ball et des fix de coke, des réminiscences qui ont tôt fait de se transformer en alibi genre : « moi la coke, je connais!! » et ben non coco!! La C et le caillou c’est un peu comme le cidre et l’absinthe, pas vraiment la même concentration.

Autre piège, le caillou ça se fume, donc c’est moins dangereux qu’une came qui se fixe. Seconde illusion regrettable. Le « craving » de la cocaïne basée n’a rien à envier à celui de la cocaïne injectée. De plus, il n’existe aucun médicament de substitution, le contexte phantasmagorique dans le quel baigne toute évocation du crack, le surcroit de diabolisation amené par l’épidémie de crack cocaïn qui sévit sur une échelle autrement préocuppante dans les gettho noirs et latinos des métropoles américaines, autant de facteurs qui font de nos quelques centaines de crackers parisiens des oubliés de la réduction des risques.

Qu’en est -il réellement ? Peut-on envisager des solutions de court ou moyen terme pour ces populations ? L’expérience du » kit base », menée par l’association EGO est elle un début de réponse? Une chose est sûre, cette population appartient au monde de la précarité sociale, en cela leurs problèmes ne sont pas forcément différents de ceux des autres SDF, jetés sur le pavé par la crise, alcoolisés, bourrés de médocs détournés et trimballant avec eux l’attirail du clochard de l’an 2000, fini le litron de rouge, bonjour les cachetons. Certes les crackers cumulent les handicaps, mais leur principal mérite aux yeux du public est de coller aux stéréotypes les plus éculés sur les « ravages de la drogue ». Avant d’être des victimes de la drogue, les crackers sont des victimes de la pluie, de la faim et du froid et en tant que tel ils se foutent éperdument d’être stigmatisés par les produits qu’ils consomment, ils sont donc des cocaïnomanes visibles à la différence de tous ceux qui basent de la coke en « teufs » où qui deviennent dépendants après une prise en charge méthadone ou encore- le cas le plus fréquent- qui sniffent des rails de plus en plus longs avant de sortir en boite le samedi soir.

Le tapage médiatique mené autour des « crackers de Stalingrad » possède donc au moins un mérite, celui de mettre le doigt sur la pointe émergée de l’épidémie de cocaïne qui sévit en France depuis quelques années sur une échelle qui n’est pas sans rappeler la précédente, l’héroïne dans les années 80.

Foie et cannabis

Oui, il y a bien écrit : “ foie et cannabis ”, j’insiste : “ Foie ” avec un E, s’il vous plait ! Et non pas “ Foi & Cannabis ”, comme Bob Marley invoquant ses louanges raggaephiles à Jah Rastafary. Non nous ne parlerons pas non plus de la controverse concernant le cannabis et les accidents de la route, qui finalement sont plus spécifiques des excès d’alcool, n’est-ce pas mon petit Nicolas ?

Les fautes d’orthographes peuvent mener à des sérieux malentendus, d’où l’avantage de régler ces problèmes à l’oral. C’est ce que nous avons fait au sujet d’un malentendu avec le Dr Hézode, un hépatologue de l’Hôpital Henri Mondor, à Créteil qui avait déjà publié une brillante étude sur les risques d’aggravation de fibrose chez les gros fumeurs de tabac.

Le différent porte sur son étude sur l’impact du cannabis sur le foie, intitulée “Consommation quotidienne de cannabis fumé comme facteur de risques de progression de fibrose dans l’hépatite C chronique”[1], qu’il a présenté à l’occasion du congrès européen d’hépatologie de l’E.A.S.L., à Berlin en 2004. J’y étais et je peux rapporter que la salle était restée assez sceptique ou du moins partagée, sur certaines zones d’ombres méthodologiques, surtout quand il conclut : “ La consommation quotidienne de cannabis chez les patients ayant une hépatite C est à proscrire ”. Le problème c’est que cette étude a depuis été largement reprise par bon nombre de médecins et notamment des hépatologues, et d’ailleurs peut-être le votre vous a t-il déjà fait des remarques à ce sujet ?

Elle vient d’être publié dans le numéro trimestriel de la revue Réseaux Hépatites, de septembre 2005. Nous nous sommes immédiatement ébahis d’admiration devant la couverture de cette revue médicale de vulgarisation scientifique (voir photo), qui est éditée grâce aux larges financements de certains laboratoires pharmaceutiques bien connus des usagers de drogues substitués.

Nous pensions qu’ils allaient contrecarrer cette étude puisqu’en couverture, il y a un magnifique “ pétard de chez Mr Pétard ”. Mais alors, la salive nous monte encore aux oreilles rien que d’en parler tellement il est bien roulé.

Nous ne saurons résister à l’envie de quelques précisions prudentes de RdR, à l’attention des lecteurs et plus particulièrement ceux du Ministère de l’Intérieur, il s’agit d’admiration devant la technique de roulage de cette cigarette multi-feuilles, œuvre d’un artiste, il va sans dire, vous nous l’accorderez ? Nous voudrions éviter une condamnation d’incitation à l’usage à quelques heures de “ tige ” (Travail d’Intérêt Général) pour quelques feuilles !
Nous ne conseillerons jamais à personne d’utiliser des drogues, et encore moins tous les jours, car ça serait bien inutile, voir même dangereux, surtout sans conseils avisés de réduction des risques (RdR), récents et adaptés ! D’ailleurs au sujet du cannabis vous pourrez vous reporter au numéro d’ASUD, pour les conseils avisés de RdR, puisque ça, c’est notre domaine de compétence.

Mais en fait il faut à ce stade détailler cette étude avant de prendre pour argent comptant cette conclusion, et voir ce qu’elle vaut à la lumière d’une contre-analyse comme seul G-Laën en a le secret !

Il faut d’abord rappeler le contexte et l’état des connaissances qui ont justifié l’intérêt de cette étude. Depuis vingt ans, la plupart de grands laboratoires pharmaceutiques ont tous fait des recherches sur les cannabinoïdes, c’est-à-dire les 60 composants du cannabis. Mais plus récemment quelques découvertes étonnantes nous ont appris que dans le corps humain, nous avons à l’état naturel deux types de récepteurs spécifiques aux cannabinoïdes qui ont été baptisé CB1 et CB2. Des généticiens bien intentionnés ont cherché à savoir quand est-ce que dans l histoire de l’humanité, l’être humain a commencé a avoir ces récepteurs au cannabis. La réponse est assez étonnante, sauf pour des usagers, puisque ces récepteurs seraient apparus environ il y a cent mille ans, c’est-à-dire juste avant que l’humain commence à utiliser la parole !

De plus, les chercheurs nous ont même appris que nous sécrétons naturellement, sans avoir jamais consommé de cannabis, des cannabinoïdes naturels, dont les rôles sont toujours assez mystérieux.

Très récemment, des chercheurs s’étaient intéressés à chercher des récepteurs dans le foie. Ils ont été surpris de constater que ces récepteurs ne sont pas présents dans le foie d’une personne en bonne santé. Mais par contre, ils sont activés par les fybroblastes. Ce sont les éléments qui provoquent la fibrose et donc les principales lésions chroniques du foie. Donc il faut comprendre que dès qu’on est atteint par une maladie chronique du foie comme une hépatite virale, et que le foie commence à fibroser, on développe des récepteurs au cannabis dans le foie, aussi bien les CB1 que les CB2.

Des études sur la cirrhose ont confirmé qu’il y avait une sorte de sur-activation des récepteurs CB1. L’équipe de recherche de l’INSERM d’Henri Mondor, travaillant avec le Dr Hézode, venait de démontrer que l’activation des récepteurs CB2 dans le foie pouvait minimiser la production de fibrose. C’est donc ce qui les a poussés au départ à organiser cette étude afin de pouvoir évaluer quel était l’impact réel de cet effet antifibrosant des CB2 dans le foie.

Seulement très rapidement, la même équipe de l’INSERM a aussi démontré que l’activation des récepteurs CB1 avait le rôle inverse c’est-à-dire de favoriser la fibrose du foie. Nous voyons bien qu’il devenait alors crucial de pouvoir étudier de plus près ce qu’il en était dans la vraie vie et non plus sur des éprouvettes de laboratoire, afin de départager l’incidence des CB1 et CB2 dans un contexte d’épidémie d’hépatite C.

Certes si la volonté du Dr Hézode et de son équipe semble tout à fait compréhensible, il fallait par contre mettre au point un protocole d’étude assez complexe afin de pouvoir isoler réellement l’impact du cannabis uniquement. C’est bien là que se situaient nos désaccords.

Ils ont donc recruté 270 malades porteurs chroniques d’hépatite C dans leur service, en ayant défini trois groupes. C’est-à-dire :

– un groupe de 143 personnes déclarant n’avoir jamais fumé de cannabis (53%), et c’est bien vrai ce mensonge ? hein et pourquoi t’as les yeux rouges ?

– un groupe de 41 fumeurs occasionnels (15%) n’ayant jamais consommé quotidiennement de cannabis, avec une consommation moyenne d’environ huit pétard par mois, tiens ça me rappelle quelqu’un !

– un groupe de 89 fumeurs quotidiens (33%) avec une consommation moyenne d’environ 60 pétards par mois,

– et que le dernier ferme la porte, s’il tient encore debout et qu’il voit quelque chose au milieu du nuage ! Ouvrez la fenêtre, les oiseaux vous ferons un joli sourire bête !

Foie et cannabis Non Fumeur Fumeurs occasionels Quotidiens
Tous patients confondus 53% 15% 33%
143 41 89
Contamination VHC par injection de drogue 16% 86% 93%
23 35 83

Les malades avaient été sélectionnés car ils avaient fait plusieurs biopsie du foie qui permettaient de déterminer l’évolution de leur fibrose dans le temps et donc d’examiner une possible accélération de cette fibrose potentiellement due au cannabis. Il a donc fallu étudier aussi d’autres causes possibles d’accélération de la fibrose afin de ne pas fausser cette étude. Donc bien sûr, les facteurs étudiés sont la consommation d’alcool supérieure à trois verre par jour, la consommation de plus d’un paquet de cigarettes par jour, l’âge à la contamination, le fait d’avoir plus de 40 ans, une stéatose (graisse dans le foie), etc…

Donc le mercredi 11 janvier 2006, je fait cette interview téléphonique. Je lui demande : “ Avez-vous détaillez dans votre étude, les consommations antérieures et régulières des 54% d’usagers participants et déclarant avoir été contaminés par injection ? En effet, il nous semble évident que si ces usagers ont eu recours pendant de nombreuses années à des injections de cocaïne, de sniff d’amphétamines, avec en prime des surdosages de benzodiazépines, il y aurait de quoi avoir un foie particulièrement fibrosé non ? ”

Le Dr Hézode me répond que : “ Il faut rappeler tout d’abord quels sont les types de lésions sur le foie que provoque ces produits. À savoir, la cocaïne ne provoque que des hépatites aiguës. Il n’y a jamais eu de forme d’hépatotoxicité chronique de décrite chez des usagers de cocaïne. Il m’est déjà arrivé de faire prendre en charge un usager ayant fait une hépatite aiguë à la cocaïne particulièrement sévère puisqu’il a dû être greffé du foie.
Sinon, concernant les benzodiazépines, il en est de même pour ainsi dire, il s’agit d’hépatite médicamenteuse de type aiguë et d’évènements plutôt rares qui surviennent surtout chez des personnes ayant déjà un foie fragilisé par une hépatite virale ou alcoolique, le plus souvent. Il me semble évident que plutôt que les produits eux-mêmes, il faudrait aussi améliorer nos connaissances sur les produits de coupes.
Aussi nous n’écartons absolument pas que toutes ces autres consommations aient pu biaiser nos conclusions, toutefois nous ne pensons pas qu’elles aient pu avoir une incidence importante ”.

Face à autant d’humilité, ce qui est toujours appréciable chez un médecin, mais aussi afin de faciliter la lecture de cette retranscription, je ne saurais résister d’avantage à l’envie de baptiser le Dr Hézode, le Dr H.

G-Laën : “ Nous avons un problème avec vos conclusions puisqu’elles ont été reprises par bon nombre de vos collègues hépatologues qui les appliquent sans forcément les comprendre. Aussi nous craignons que cet argument concernant le cannabis ne serve de contrainte supplémentaire qui vienne compliquer encore l’accès aux soins des hépatites pour les usagers de drogues. Aujourd’hui nous savons que bon nombre d’hépatologues ne sont pas motivés pour prendre en charge les usagers et donc il ne faudrait pas qu’ils interprètent à tort cette étude. Qu’en dites-vous ? ”

En effet, dans le numéro 24, de la revue THS de décembre 2004, le Pr Couziguou, hépatologue de “ débordé ” dans la région Bordelaise propose un suivi hépato pour le cannabis.

Dr H. “ Nous devons rappeler très clairement, que notre conclusion est qu’un malade atteint d’hépatite C chronique doit s’abstenir, s’il le peut, de fumer tous les jours du cannabis. Et ce message s’adresse surtout à des patients non-répondeurs aux traitements par interféron, chez qui on voudrait minimiser toutes les causes d’aggravation de la fibrose en attendant la possibilité de pouvoir retraiter et guérir son hépatite C.
À mes patients qui viennent me consulter pour initier un traitement et qui me demandent est-ce que le cannabis pose un problème, vu que ça les aide ? Je leur dis très clairement qu’il y a des malades pour qui le cannabis semble être une aide face aux nombreux effets secondaires d’un traitement à base d’interféron. Aussi je leur dit qu’il n’y a pas de contre-indications majeures puisque ce qu’il faut absolument favoriser à ce moment là, c’est l’observance à ce traitement et arriver à ce que la malade tienne jusqu’au bout. ”

En effet, dans leur première étude nationale sur les hépatites virales en 2002, SOS-hépatites avait déjà rapporté que sur les 2 226 personnes ayant participé dont la moyenne d’âge était plutôt de 55 ans (36 % 18-44 ans, 48 % 45-64 ans et 16 % plus de 65 ans), il y avait 20 % de contamination par la seringue. De plus, 13% des malades ont reconnu utiliser régulièrement du cannabis pour faire face aux effets secondaires des hépatites et de leurs traitements.

Dr H.“ Donc même si notre étude démontre une possible toxicité hépatique du cannabis, il faut rappeler que nous ne pouvons toujours pas en expliquer les mécanismes et de plus, que cette étude est une première qui doit être complété par d’autres travaux.
Nous avons remarqué dans notre groupe de malades consommant quotidiennement du cannabis qu’il y en a qui n’ont pas du tout de fibrose. Et puis notre étude concerne uniquement des malades d’hépatite C chronique. Il ne faut donc pas faire l’erreur de penser qu’on aurait démontré que le cannabis est hépatotoxique chez une personne en bonne santé. C’est faux ! On a clairement démontré qu’on ne voyait pas de différence entre le groupe de non-fumeurs et celui des fumeurs occasionnels (8 pétards par mois en moyenne), ce qui fait que dans l’analyse finale de notre étude, on a groupé ces deux sous-groupes pour les comparer aux fumeurs quotidiens. En usage occasionnel, le cannabis fumé ne semble avoir aucune incidence sur la progression de fibrose dans l’hépatite C ”.

Et bien, voilà des conclusions qui me semblent très clair non. Et vous ?

[1] Hézode C. et al. “ Daily cannabis smoking as a risk factor for progression of fibrosis in chronic hepatitis C ”. Hepatology 2005 ; 42 : 63-71.

Cannabis et Réduction des risques

Si aujourd’hui nombre de scientifiques reconnaissent enfin la relative innocuité du cannabis « L’herbe qui rend nigaud « n’en reste pas moins une drogue dont l’usage peut poser certains problèmes pour la santé.

Au sein de la planète antiprohibitionniste, il n’est pas toujours facile d’aborder ce sujet très politique-ment incorrect. Dans cette respectable mouvance, on a bien souvent tendance – en réaction aux discours alarmistes et mensongers – à «oublier» ces petites mais bien réelles nuisances.
Evidemment, le danger numéro 1 du cannabis est dû à son statut de drogue illicite. Alors, même si, de plus en plus fréquemment, des flics blasés se contentent de confisquer les simples boulettes, gardez toujours à l’esprit que le cannabis reste prohibé. Selon le code pénal, le cultiver rend passible de la cour d’assises. « Dépanner » ses petits copains peut coûter dix ans à l’ombre et une simple consommation une année de taule assortie de 25 000 F d’amende.

Le système respiratoire

La plupart des amateurs de cannabis fument le produit.
C’est le moyen le plus simple, le plus rapide pour être stone et pour beaucoup le plus agréable. Mais aussi le moins sain surtout en cas d’usage intensif. Eh oui, inhaler une fumée est toujours nocif pour le système respiratoire et celle du cannabis ne fait pas exception. D’autant qu’on ne mélange généralement à cette drogue dure qu’est le tabac.
Un joint d’herbe pure dégage trois fois plus de goudron qu’une cigarette et cinq fois plus de monoxyde de carbone.
De plus, la fumée du joint est de température plus élevée et souvent inhalée plus intensément et plus longtemps, ce qui est inutile, un simple passage dans les poumons étant tout aussi efficace. Comme celle du tabac, la fumée de cannabis serait cancérigène. Bon on ne va pas rentrer dans la polémique : laquelle des deux fumées est la plus nocive ? Elles le sont toutes deux. Donc évitez de les additionner. Fumez pur dès que vous en avez la possibilité.
Vous avez éliminé le tabac mais est-il possible d’atténuer les dégâts que provoque la fumée de cannabis ? Sans doute oui, grâce à certaines pipes à eau, aux vaporisateurs et autres Aromizer. Bien qu’une étude du Norml, une association américaine pro cannabis, l’ait mis en doute, on peut raisonnablement penser que fumer dans une pipe à eau est moins nocif pour les poumons. La fumée est refroidie par l’eau avant d’envahir vos malheureux poumons – c’est déjà ça de pris. Certaines vapeurs toxiques de la fumée de cannabis sont solubles dans l’eau et donc susceptibles d’y être détruites. Evitez les pipes en matière plastique qui risquent de dégager de méchantes vapeurs.
Avec le développement de l’usage médical du cannabis est apparu tout un tas de nouvelles machines destinées à fumer tout en préservant ses poumons. Le premier de la série est le vaporisateur. Une sorte de décapeur thermique chauffe le cannabis sans combustion et en dégage la substantifique mœlle. Ça marche mais c’est assez frustrant car on ne sent pas la fumée. La drôle de sensation d’aspirer du vide est vite contredite par une bonne montée. C’est un appareil très utile pour les personnes malades ou celles qui ne supportent pas la fumée. En version de poche, ça donne le « bubble », un tube en verre au bout duquel on fixe une boule de verre. Placez dans la boule un bout de shit ou un peu d’herbe et promenez une flamme sur le verre, des vapeurs se dégagent alors sans aucune combustion.
L’aromizer présenté lors de la dernière édition du salon consacré au chanvre, le Cannabizness présente l’avantage d’ex­traire toujours sans combustion les principes actifs de la plante.

La qualité du produit

canna4Autre problème qui se pose lorsque l’on fume, c’est la qualité du produit. Le shit de contrebande, en général, un Marocain de seconde zone, est susceptible d’être coupé à diverses substances (henné, caoutchouc, crotte de chameau, etc.) dont la combustion n’est pas franchement bonne pour vos poumons. Il est préférable de connaître la provenance de votre cannabis et pour cela le meilleur moyen est encore de cultiver sa propre herbe. Le cannabis pousse facilement en intérieur comme en extérieur. Découvrez les joies du jardinage et le plaisir de consommer le produit propre d’une plante que vous avez choyée et vu grandir. Ne vous laissez pas bluffer par les termes techniques et les discours rébarbatifs de quelques « spécialistes » prétentieux, la culture de l’herbe n’est pas si compliquée, il suffit d’être patient et attentionné. L’autoproduction, outre les joies qu’elle vous procure, vous permet d’éviter de fréquenter les réseaux criminels et aussi de faire de très, très grosses économies.
Disposer d’un produit puissant peut permettre de tirer moins de taffes, donc de moins se polluer les poumons. Un joint de Skunk peut être plus puissant que cinq de maroco.
Pour les personnes malades, aux défenses immunitaires affaiblies, il est conseillé de stériliser son cannabis qui peut être infecté par des pesticides ou des moisissures. Un court passage au four – de préférence micro-ondes – à une température maxi de 160° devrait suffire d’après le Manuel du Cannabis à usage médical.

A vos fourneaux !

Et si vous êtes prêts à vous priver de l’arôme ainsi que du rituel du joint qui tourne et bien mangez maintenant ! Comme toute drogue, le cannabis peut aussi se bouffer. Et là c’est garanti à 100 % et en plus c’est discret. Passez les contrôles de flics, votre boîte de gâteaux blindés au THC sous le bras tout en affichant un sourire niais tendance cannabinophile confirmé. Mais là, attention aux dosages. Car s’il est facile de bien régler son niveau de défonce en fumant, c’est plus ardu lorsqu’on ingère.
Si l’effet est plus long à monter (entre 1/2 h et 1 h), quand il arrive c’est du costaud et plus question de faire marche arrière. C’est parti pour plusieurs heures de ballade cosmique.
Manger le cannabis produit des effets pharmacologiques différents qu’en le fumant car il est transformé par le foie en 11-hydroxy-THC, un métabolite quatre à cinq fois plus puissant que le THC. Il est donc très important de bien calculer la dose, sinon vous risquez une overdose, certes jamais fatale mais sacrément désagréable quand même. Le cannabis se dissout à merveille dans l’alcool (+ de 40°) les graisses.

Dépendance et syndrome amotivationnel

Contrairement à la nicotine, aux opiacés ou à l’alcool, le cannabis ne provoque pas de dépendance physique. Les gros consommateurs seront juste un peu plus irritables et auront une moins bonne qualité de sommeil mais rien de grave.
Certains développent une dépendance psychologique, tout comme d’autres sont accros à Internet ou aux jeux vidéo. Question de caractère.
Le cannabis peut poser problème à quelques consommateurs qui ne maîtrisent pas leur consommation. Bien entendu, sur les centaines de milliers d’amateurs de cannabis, seul un petit pourcentage est concerné, mais il faut le savoir. Aujourd’hui, les nouvelles variétés d’herbe sont extrêmement puissantes, les taux de THC ont explosé, un simple pétard peut vous emmener assez loin et pas toujours là où vous le vouliez. Certaines herbes sont carrément psyché-déliques alors si vous vous envoyez une dizaine de pétards par jour, vous serez dans le cosmos, déconnecté.
canna3Il y a des furieux du tarpé qui sont complètement à la ramasse. Traduisez, oui, il existe des « toxicos » du chichon. Bien souvent, ces personnes consomment également d’autres drogues, principalement de l’alcool, ce qui n’arrange rien. Il existe aussi des intégristes du cannabis qui ne jurent que par l’herbe et sont incapables de se bouger sans avoir fumé. Vous savez ce fameux « syndrome amotivationnel » si cher aux psychiatres et autres experts en cervelle, il existe ! En fait, le cannabis ne fait qu’amplifier l’état dans lequel vous êtes. Si vous êtes un dégoûté de la vie, démotivé de tout, fumer du cannabis vous confortera dans cette position. Sinon, vous n’aurez pas à dealer avec ce fameux syndrome amotivationnel.
Bien sûr, les conséquences d’une « toxicomanie » au cannabis ne sont pas catastrophiques comme celles des opiacés, de la coke ou de l’alcool. Le problème n’est « que » psychologique.
Tendance inquiétante, de plus en plus de très jeunes ados idéalisent le cannabis au risque de se détourner de toute autre activité. Et cela peut être dangereux.
Le cannabis n’est qu’une plante – certes charmante – mais pas un mode de vie, ni une finalité. Faites gaffe aux jeunes apprentis cannabinophiles.
Certains détracteurs du cannabis accusent cette drogue d’altérer nos cellules reproductrices, d’entraîner des troubles mentaux, l’impuissance, la baisse de la libido et j’en passe et des meilleures.
De nombreux travaux scientifiques ont contredit ces sornettes. Plus sérieusement, certains soupçonnent le cannabis de légèrement déprimer le système immu­nitaire. D’autres prétendent l’inverse. On attend la confirmation ou l’infirmation de cette accusation.
Un risque qui peut être lourd de conséquence est celui de conduire un véhicule sous l’influence du cannabis. Car si, contrairement à l’alcool, le cannabis ne vous donne pas cette sensation d’invin-cibilité, il entraîne tout de même une baisse des réflexes et de l’attention

Cannabis et conduite

cannabis-volantMême si, effectivement, les personnes au volant sous l’influence du cannabis diminuent souvent leur vitesse. Leur capacité à rouler droit, à évaluer les distances et à analyser rapidement une situation altérée. Là encore tout dépend de la quantité que vous avez pris. Conduire après avoir bouffé un space cake bien chargé relève de l’inconscience. La conduite sous cannabis est bien moins dangereuse que la conduite sous alcool mais il y a un risque potentiel qu’il est préférable d’éviter.
Et n’oubliez pas : fumer un joint peut aussi vous faire paumer vos clefs, commander une pizza à 4 h du matin et partir dans de furieux fous rires. On dit que le cannabis est une drogue douce, alors n’en faites pas un usage dur.
Et maintenant, roulez !

* J’attends une récolte aux Editions du Lézard, ouvrage complet et très fun sur la culture de l’herbe.

19 conseils pour réduire les risques liés à la consommation de cannabis

  1. Éviter de consommer régulièrement, la nocivité provient de l’usage régulier, comme la baisse de sensibilité ou le « processus de blocage » sur le produit. 5 à 15 % des consommateurs sont considérés comme abusifs.
  2. Le cannabis ne fait rien oublier et ne peut pas constituer un refuge. Ne pas se réfugier derrière l’excuse du cannabis pour justifier une flemme existentielle ou une angoisse profonde.
  3. L’usager peut subir des dommages réversibles sur ses facultés de concentration, de mémorisation et de réflexion. Cesser l’usage et/ou demander de l’aide en cas de troubles répétés.
  4. Dans les cas rarissimes (de 0,1 à 0,9 % selon les études) où le consommateur présenterait des troubles schizophréniques ou des crises délirantes, consulter un spécialiste.
  5. Certains consommateurs abusifs, sociologiquement et/ou psychologiquement affaiblis, peuvent se désocialiser ou perdre toute motivation. Ne pas hésiter à demander de l’aide.
  6. Par souci de sécurité, l’usager s’abstiendra durant son travail ou son apprentissage.
  7. Ne pas conduire de véhicule ni effectuer toute autre activité dangereuse pendant au moins 3 heures après une consommation inhalée, 6 heures après ingestion.
  8. Les principaux risques pour la santé sont liés au joint et à l’absorption de fumées. Fumer peut provoquer de nombreuses maladies graves : bronchite chronique, asthme, cancers, accidents cardio-vasculaires…
  9. Le tabac mélangé dans le joint entraîne une dépendance à la nicotine et expose à la combustion d’agents de saveurs et de conservateurs chimiques. Pour éviter cette toxicomanie, il est préférable de fumer pur.
  10. L’utilisation de dispositifs destinés à rafraîchir la fumée comme un long filtre, une pipe, un bang… diminue les brûlures des tissus de la bouche et de la gorge, mais ne prévient pas de l’assimilation de la plupart des substances toxiques.
  11. Pour limiter les risques liés à l’inhalation, utiliser un vaporiser qui chauffe suffisamment la plante pour libérer les principes actifs sans carbonisation, chaleur, goudrons et autres agents nocifs.
  12. Mieux vaut manger du cannabis qu’en fumer. Renseignez–vous bien sur les modes de préparation et les quantités de substance à utiliser pour éviter des désagréments gastronomiques et le surdosage.
  13. En cas d’ivresse cannabique incontrôlée, de crise d’angoisse, d’accélération cardiaque, ne pas céder à la panique : la surdose de cannabis n’est jamais mortelle et le consommateur retrouvera ses capacités plus ou moins vite selon l’excès.
  14. Un lieu de relaxation calme et aéré, un entourage rassurant, l’absorption d’un sucre rapide et d’un verre d’eau favorisent la redescente de l’usager incommodé.
  15. Des risques supplémentaires proviennent des engrais, des pesticides et des produits de coupage utilisés par des producteurs et des dealers peu scrupuleux. Éviter de consommer les produits douteux. Consulter un médecin en cas de trouble inconnu.
  16. Bien qu’il n’existe aucun système d’approvisionnement contrôlé, le consommateur doit être exigeant sur la pureté du cannabis et boycotter les produits suspects.
  17. La polyconsommation de stupéfiants multiplie les risques liés aux autres substances psychotropes et peut entraîner des interactions dangereuses, notamment avec l’alcool.
  18. L’automédication au cannabis ne doit se pratiquer qu’après la consultation d’une solide documentation, de préférence en concertation avec le personnel soignant.
  19. Toujours se souvenir que le cannabis est classé sur la liste des stupéfiants prohibés et que son simple usage peut conduire devant les institutions policières, judiciaires et pénitentiaires

Réduire les risques liés à la consommation de LSD

Pour triper un maximum en réduisant les risques au minimum, il faut observer quelques précautions.

D’abord le contexte

  • Préférez un lieu retiré et en pleine nature ou un intérieur chaleureux, et évitez les endroits laids, lugubres ou mal famés. Le monde moderne avec ses appareils et ses machines, offre toutes sortes de décors et de bruits qui peuvent provoquer la panique chez des personnes à la sensibilité exacerbée.
  • Évitez aussi les ambiances glauques ou les personnes avec qui vous ne vous sentez pas en confiance ou en sécurité.
  • L’environnement acoustique a aussi son importance, une musique que l’on apprécie sera toujours plus favorable et épanouissante que le bruit d’un marteau-piqueur.
  • L’état psychique de celui qui le prend est tout aussi important, sinon plus encore, que le cadre extérieur. Son humeur du moment, la fatigue physique ou psychique, sa disposition vis-à-visde l’expérience qu’il s’apprête à vivre, ce qu’il en attend en fonction de ce qu’il en sait, sont des facteurs importants. Le LSD ayant tendance à intensifier l’état psychique où l’on se trouve au moment où on le prend, un sentiment de bonheur peut atteindre la félicité, une dépression atteindre au désespoir.
  • Ne prenez jamais de LSD pour fuir vos problèmes ou pour sortir d’un épisode dépressif. Il est aussi déconseillé aux personnes qui présentent une personnalité instable, le choc du LSD pouvant révéler une psychose latente.
  • Il est fortement déconseillé aux adolescents de se livrer à l’expérimentation du LSD. Le choc provoqué par un afflux de sensations de la puissance de celles que produit le LSD peut mettre en danger l’équilibre et la structuration d’un psychisme en cours de développement.

Lors de la prise de LSD

  • Pendant le début de la montée, une légère angoisse peut survenir : évitez
    de chercher à contrôler ou à trop analyser les effets du trip.
  • Pour éviter un bad trip dû à un surdosage, surtout lors d’une première expérience, fractionnez la prise en en prenant d’abord un quart ou une moitié.
  • Les effets se font sentir une demi-heure à une heure après la prise, mais cela peut parfois prendre plusieurs heures. Ne reprenez pas une double dose en pensant que la première n’agit pas.
  • Évitez autant que possible les mélanges de produits : les tazs ou le speed modifient les effets du trip et peuvent aussi les bloquer.

Bad Trip

Dans le cas où quelqu’un ferait un bad trip, emmenez-le dans un endroit calme et aéré, une tente où on pourra l’isoler de la foule, par exemple. Rassurez-le en lui expliquant qu’il a juste pris un acide, et que les effets vont bientôt se dissiper. Continuez à lui parler doucement sans le harceler. Un visage familier, une présence rassurante, une épaule chaleureuse suffisent à faire redescendre la plupart des bad tripers. Malgré cela, si la personne reste scotchée, il faudra faire appel à un médecin. Si cela est nécessaire, il lui donnera un calmant (benzodiazépine style Xanax ou Lexomil) pour la faire redescendre.

La descente

La descente est un moment plus ou moins délicat à gérer selon les individus. Au moment où les effets commencent à s’estomper, l’euphorie laisse place à une fatigue intense. Prévoyez au moins 24 heures sans activités contraignantes ni prises de tête, dormez, et essayez de manger sucré et vitaminé. Un moral fluctuant et une grande fatigue sont courants. Néanmoins, ces effets secondaires disparaissent en général après un ou deux jours.

L’abc des abcès

Ça nous est arrivé à tous au moins une fois dans notre carrière d’adeptes de la shooteuse : un taquet un peu raté et, le lendemain, une enflure douloureuse au point d’injection, avec la peau rouge et brûlante. Et qui enfle au fil des heures et des jours : un abcès…

Lorsqu’on évoque les risques liés à l’injection de drogue, tout le monde pense généralement sida,
hépatites, overdose, embolie, endocardite, mais les abcès…

On n’en parle pas : c’est juste moche, pénible, même pas associé à un risque vital. Tout juste si on n’en a pas honte. Pour bien des toxicos, c’est « un truc de zonard », comme d’avoir des poux ou des dents pourries : un stigmate de la pauvreté et de la négligence, un manque d’hygiène.

Beaucoup hésitent même à en parler à leur médecin traitant, de peur de se voir sucrer leur prescription : lui montrer son (ses) abcès, c’est avouer implicitement que, non seulement, on continue à shooter en « détournant » sa substitution mais, qu’en plus, on fait ça n’importe comment, comme un vrai cochon.

Alors, comme avec les avis d’huissier, on préfère laisser courir, en espérant que les choses se tasseront d’elles-mêmes. Pire, on essaie de se soigner tout seul – en le pressant pour le faire « mûrir » ou en l’incisant d’un coup de lame. Résultat des courses : dans un cas comme dans l’autre, l’affaire finit généralement au service des urgences… ou même au cimetière !

Car, même si les abcès ne sont pas directement mortels, la vogue de l’injection de cachetons en a fait, depuis quelques années, une constante quasi quotidienne de la vie de bien des usagers de drogue, surtout parmi les plus démunis. Il ne s’agit pas de petits bobos sans importance : mal ou pas du tout soignés, ils peuvent causer une gangrène, une amputation ou pire une septicémie (infection générale du sang) potentiellement mortelle.

C’est pourquoi il importe, non seulement de les prévenir, mais aussi de savoir les reconnaître et les soigner à temps…

Qu’est-ce qu’un abcès ?

Il existe deux sortes d’abcès consécutifs à une injection : les abcès d’origine infectieuse, provoqués par des bactéries qui pénètrent sous la peau, à cause de conditions d’hygiène insuffisantes.

Les abcès causés par un corps étranger – particules d’excipients insolubles, poils, fibres de coton… Les uns, généralement mous, chauds et douloureux, ont tendance à gonfler et à suppurer abondamment, tandis que les autres forment plutôt une boule dure, moins chaude, qui se transforme en kyste.

Cette distinction est loin d’être étanche : la plupart des abcès dus à un corps étranger s’infectent et se mettent à suppurer, allant jusqu’à causer une gangrène des tissus.

« Les plus durs à soigner, affirme le Dr.V, un médecin spécialisé dans le soin aux usagers de drogue, ce sont les abcès causés par toutes les saloperies qu’il y a dans les cachetons : Ils s’infectent quasiment à tous les coups et sont en plus très durs à nettoyer, du fait qu’il y a beaucoup de particules qui forment comme une constellation de mini-abcès enkystés. J’ai une patiente qui a perdu 7 centimètres de fémur, et je ne sais pas encore si on va pouvoir lui sauver la jambe..

Comment les prévenir ?

La meilleure prévention des abcès, c’est évidemment de ne pas shooter. « Mais si vous shootez, poursuit le Dr.V, l’important, c’est une hygiène rigoureuse : nettoyer ses mains, la cuillère et le point d’injection avec un tampon alcoolisé ou, au minimum, de l’eau et du savon. Et puis, bien sûr, utiliser une pompe neuve et de l’eau distillée. Toutes ces précautions ne servent plus à rien si on manipule son matos avec des doigts sales ou si on le pose sur le sol des chiottes publiques… Par ailleurs, je déconseille l’injection de médicaments à cause des particules d’excipients, même invisibles à l’œil nu. Si vous le faites quand même, filtrez la mixture très soigneusement. Attention à ne pas embarquer des fibres de coton ou de filtre à cigarettes ! »

Comment les reconnaître et que faire ?

Bloodi shoote du subu (abcès), ASUD journal n°18 (hiver 2000)L’usage massif d’agent acide (citron etc.) depuis quelques années fait qu’on s’aperçoit vite – à la douleur cuisante – qu’on a « tapé à côté » et qu’un abcès est à craindre.Dans tous les cas, celui-ci se manifeste au bout de quelques heures (un jour et demi au maximum) par une rougeur enflée, chaude et douloureuse au point d’injection. Il continue d’enfler jusqu’à atteindre parfois la taille d’une balle de ping-pong. Dans les cas extrêmes (pas soignés à temps), c’est tout le membre concerné qui peut enfler démesurément, causant des élancements insup­portables et une fièvre de cheval. A ce stade, la seule solution est le service des urgences de l’hôpital le plus proche…

Pour ne pas en arriver là, le mieux est de prévenir le risque d’abcès aussitôt après le shoot raté, en scotchant sur le point d’injection une compresse imbibée d’Hexomédine Transcutanée* qu’on changera deux fois par jour jusqu’à résorption de l’enflure. Pour un abcès déjà formé (48 h ou plus), gonflé et douloureux, d’une sale couleur rouge violacée, une seule solution : le médecin. Selon le degré d’évolution de l’abcès, il pourra soit vous prescrire un traitement à base d’antibiotiques (contre l’infection), d’applications de poches de glace et de compresses d’Hexomédine, soit inciser et drainer l’abcès – une petite opération désagréable (aaah le look et l’odeur du pus !) mais anodine et pas trop douloureuse.

Même chose en cas d’éclosion spontanée de l’abcès : nettoyez l’essentiel du pus, collez un pansement alcoolisé et allez vite faire drainer le reste !

Si vous préférez ne pas avoir recours à votre médecin traitant, vous pouvez toujours aller aux services des urgences de l’hopital (de préférence là où il y a un Ecimud).

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Ecstasy et réduction des risques

L’un des revers de la consommation d’ecstasy, c’est la dépression qui suit. Voici quelques trucs qu’Asud a testé pour vous afin d’atterrir en douceur.

L’ecstasy (MDMA, MDA….) perturbe, dans le système nerveux central, le mécanisme d’un neurotransmetteur :la sérotonine, qui joue un rôle important dans l’humeur, l’équilibre, le bien-être.
Après un «Taz» le cerveau manque de sérotonine, d’où la « sale descente », qui correspond à une réelle dépression. Si certains s’en accommodent, considérant que c’est le prix à payer, d’autres vivent des moments d’angoisse, avec parfois une décompensation psychique, une déprime, la panick attack. Des chercheurs ayant publié une étude sur l’ecstasy (1) prétendent que la fluoxetine, un principe actif du Prozac, qui influe d’une façon très sélective sur le système sérotoninergique, aurait un pouvoir protecteur pendant quelques heures si elle est consommée en même temps que le MDMA.
Dans une autre étude, Nicolas Saunders (2) affirme que le Prozac limite la dépression chez un tiers des gobeurs. Mais, en général, les consommateurs répugnent à en consommer.

A éviter

  • La consommation d’un acide en descente d’X perturbera encore plus la régénération cérébrale.
  • L’alcool : qui n’a pas connu une gueule de bois en descente d’acide ne connaît pas l’Enfer.
  • Les stimulants naturels comme l’éphedra ou ceux contenant de la caféine comme le guarana augmentent le malaise de la descente.
  • Les mélanges de dépresseurs du système nerveuxcentral (tranquillisants, alcool, opiacés…)entraînent une potentialisation croisée – produit multipliant les effets de l’autre – avec risque d’accident, d’overdose et de dépendance

Des trucs à savoir…

Les Anglais l’appellent la « Marmite ». C’est une variante du pot-au-feu.

Un grand bol après le trip et deux fois par jour ensuite. C’est naturel, pas cher et drôlement efficace. Ne riez pas ! La viande fibreuse contient quantité de précurseurs naturels de la sérotonine qu’une longue cuisson libère. Le bon vieux pot-au-feu permet de récupérer sensiblement plus vite. Les végétariens peuvent toujours se rabattre sur l’Ovomaltine, une boisson maltée, avec chocolat, banane, autant d’aliments qui contiennent également des précurseurs naturels de la sérotonine.
Une consommation quotidienne d’au moins deux litres d’eau aidera le foie à jouer son rôle détoxiquant.
Une méthode irremplaçable pour bien récupérer, c’est le sommeil naturel. Dormir est encore ce qu’il y a de mieux pour retaper ses neurones.
Un bon chill out et des massages (amoureux ou non) qui décontractent le corps aideront à soulager les crampes et douleurs musculaires, apporteront la relaxation rêvée. Sucreries, fruits secs, agrumes…. pourront compenser la dépense énergétique.

D’autres plus douteux…

Les Smartshops aux Pays-Bas, Allemagne, Suisse… proposent à des prix élevés des packs de After E, (un comprimé de vitamine E, C et B6 et de tyrosine). Leur efficacité est-elle à la hauteur de leur prix ?
On y trouve aussi les boissons isotoniques dont le taux élevé d’acides aminés peut nuire en descente d’X. Là encore, à essayer avec circonspection
Le cannabis a ses adeptes, mais d’autres usagers considèrent qu’il amplifie la dépression. Rien n’a été prouvé, mais des usagers qu’un joint fumé en descente d’acide a entraîné au 36e dessous peuvent témoigner de l’ambivalence de l’herbe magique.
Le millepertuis, plante médicinale, est controversé quant à ses effets d’antidépresseur homéopathique. A vérifier.
Attention, il existe un risque très sérieux de neurotoxicité aggravée en cas de mélange ecstasy-amphétamine (d’où la pertinence du contrôle des produits).
Chez certains animaux, une consommation importante et répétée d’ecstasy peut entraîner la destruction de certaines cellules, celles justement qui sont liées au mécanisme de la sérotonine. Certaines d’entre elles se régénèrent, d’autres non. Et chez l’homme ? L’avenir nous le dira, mais on observe une baisse des facultés d’apprentissage chez certains sujets pour cause d’abus de ces produits. En cas d’antécédents psychiatriques, il y a un danger d’aggravation des symptômes.

(1) Ecstasy : des données biologiques et cliniques aux contextes d’usage (Inserm 1998).
Ce rapport révèle les séquelles inquiétantes observées chez certains singes après injection d’importantes quantités de MDMA.
(2) Ecstasy, dance, trance & transformation (Quick American Archives).
(3) Disponibles sur Internet et dans les drugstores américains et hollandais.

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