Médicaments de substitution

Primo consommation « de rue »

Dernière mise à jour : 01-07-2013

On ne pouvait passer sous silence un phénomène qui suscite depuis quelques temps de vives polémiques : la primo-consommation et cette catégorie de consommateurs qui, sans avoir jamais été dépendants de l’héroïne, ont commencé leur cursus par la buprénorphine « de rue ». En général, ils se pourvoient au marché noir, entretenant ainsi une dérive potentiellement nuisible à l’ensemble du système.

En effet, la buprénorphine est régulièrement l’objet de virulentes campagnes de presse mettant en cause la libéralité qui caractérise le cadre de prescription français (Lire Marché noir). Farouchement hostiles à la substitution en général, certaines voix et officines ont beau jeu de crier au loup : dans la guerre qu’elles mènent contre une réglementation qu’elles sont déterminées à abolir, la primo consommation tient une place de premier choix aux côtés de son compère, le marché noir. L’argument qui consiste à prétendre que, par un effet aussi pervers qu’inévitable, la libéralisation de la substitution a créé de toutes pièces de nouveaux toxicomanes a été largement relayé par les médias, au point d’occulter totalement les bénéfices que des dizaines de milliers d’ex-consommateurs d’héroïne en ont retiré.

Sur le fond, cet argument est un peu court mais son impact sur l’opinion publique est de nature à remettre en cause un acquis dont on a déjà signalé la fragilité. Restreindre l’accès aux TSO  au prétexte qu’elle fabrique des primo consommateurs reviendrait à passer par pertes et profits ces milliers d’usagers stabilisés par le traitement.

Au-delà de cette exploitation partisane du phénomène, il n’est pas question de nier l’existence et la réalité d’une primo-consommation. Qu’elle soit ou non marginale, il s’agit moins de s’en préoccuper que de s’en occuper. De nombreux ex-tox incrédules ne comprennent pas qu’on puisse directement devenir addict à la buprénorphine. Pour absurde que cela paraisse à certains, cette addiction est bien réelle. Il s’agit donc de la traiter comme telle. Son insertion dans le traitement global de TSO peut être une solution. Plutôt que de se ravitailler dans la rue, notre conseil aux primo consommateurs de buprénorphine est de se mettre le plus rapidement possible en contact avec un professionnel du soin (médecin généraliste, CSAPA, service d’addicto à l’hôpital) et d’inscrire cette consommation au sein d’un traitement.

N’oublions pas aussi que la substitution s’inscrit dans un encadrement sanitaire : elle remplace non seulement un produit par un médicament mais aussi la course effrénée au produit et le marché noir par un encadrement socio-sanitaire. Ceci reste valable quelle que soit la manière de consommer le Suboxone.

On ne pouvait passer sous silence un phénomène qui suscite depuis quelques temps de vives polémiques : la primo-consommation et cette catégorie de consommateurs de BHD qui, sans avoir jamais été dépendants de l’héroïne, ont commencé leur cursus par la buprénorphine « de rue ». En général, ils se pourvoient au marché noir, entretenant ainsi une dérive potentiellement nuisible à l’ensemble du système.

En effet, la buprénorphine est régulièrement l’objet de virulentes campagnes de presse mettant en cause la libéralité qui caractérise le cadre de prescription français (Lire Marché noir). Farouchement hostiles à la substitution en général et la BHD en particulier, certaines voix et officines ont beau jeu de crier au loup : dans la guerre qu’elles mènent contre une réglementation qu’elles sont déterminées à abolir, la primo consommation tient une place de premier choix aux côtés de son compère, le marché noir. L’argument qui consiste à prétendre que, par un effet aussi pervers qu’inévitable, la libéralisation de la BHD a créé de toutes pièces de nouveaux toxicomanes a été largement relayé par les médias, au point d’occulter totalement les bénéfices que des dizaines de milliers d’ex-consommateurs d’héroïne en ont retiré.

Sur le fond, cet argument est un peu court mais son impact sur l’opinion publique est de nature à remettre en cause un acquis dont on a déjà signalé la fragilité. Restreindre l’accès à la BHD au prétexte qu’elle fabrique des primo consommateurs reviendrait à passer par pertes et profits ces milliers d’usagers stabilisés par le traitement.

Au-delà de cette exploitation partisane du phénomène, il n’est pas question de nier l’existence et la réalité d’une primo-consommation. Qu’elle soit ou non marginale, il s’agit moins de s’en préoccuper que de s’en occuper. De nombreux ex-tox incrédules ne comprennent pas qu’on puisse directement devenir addict à la buprénorphine. Pour absurde que cela paraisse à certains, cette addiction est bien réelle. Il s’agit donc de la traiter comme telle. Son insertion dans le traitement global de TSO peut être une solution. Plutôt que de se ravitailler dans la rue, notre conseil aux primo consommateurs de buprénorphine est de se mettre le plus rapidement possible en contact avec un professionnel du soin (médecin généraliste, CSAPA, service d’addicto à l’hôpital) et d’inscrire cette consommation au sein d’un traitement.

N’oublions pas aussi que la substitution s’inscrit dans un encadrement sanitaire : elle remplace non seulement un produit par un médicament mais aussi la course effrénée au produit et le marché noir par un encadrement socio-sanitaire. Ceci reste valable quelle que soit la manière de consommer la BHD.

De nombreux usagers découvrent la méthadone hors prescription grâce à un dépannage, soit pour pallier à un risque de manque, soit pour expérimenter son effet. Les autorités médicales condamnent ce type d’initiation mais force est de reconnaître qu’elles constituent probablement la meilleures publicité faite à la méthadone parmi les usagers. Encore une fois attention à toujours réduire les risques en ayant conscience de votre niveau de tolérance vis à vis d’un produit plus fortement dosé que l’héroïne de rue.

Subtitution | Informez-vous, informez-nous Echangez sur le forum