Médicaments de substitution

Pratiques alternatives et Mésusage : Sniff, Injection, etc.

Dernière mise à jour : 14-12-2015

Certains usagers de Suboxone® injectent, sniffent ou fument (plus rarement) le produit, en particulier en début de traitement. Ces pratiques assurent souvent une sorte de transition entre la prise d’héroïne et le passage à la substitution. Or ces pratiques peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’organisme, notamment du fait de la présence d’excipients, ingrédients entrant dans la composition du médicament, qui peuvent rapidement endommager les veines ou les narines.

La naloxone présente dans Suboxone®, en sus de la buprénorphine, vise à éviter les injections et le sniff : avec ces modes d’administration, la naloxone annule l’effet de la buprénorphine et entraine un syndrome de sevrage. C’est pourquoi, hors de tout jugement moral ou social, sur un plan strictement sanitaire, nous ne pouvons que vous inciter à proscrire ou limiter autant que possible l’injection ou le sniff.

Quelques conseils élémentaires pour des pratiques à moindre risques.

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Vous pouvez posez des questions et échangez dans la section consacrée aux usages alternatifs et au mésusage.

Si vous injectez

Ces conseils recoupent l’essentiel des recommandations sanitaires générales émises dans le cadre de la politique de réduction des risques (Lire le Manuel du shoot à moindres risques d’ASUD) :

  • Utilisez si possible du matériel neuf à chaque injection pour préserver vos veines.
  • Ne partagez jamais votre matériel (seringue, filtre, coton, tampon d’alcool, cuillère, eau…) afin d’éviter les risques de contamination VHC/VHB/VIH.
  • Ne chauffez pas la solution qui devient alors infiltrable.
  • Filtrez deux fois la solution et utilisez si possible un filtre toupie, disponible auprès de certains CAARUD. Les substances contenues dans les comprimés de Suboxone® (talc, amidon…) peuvent boucher les petites veines. Si ce phénomène se produit au niveau des poumons, du cœur, ou du cerveau, il y a risque d’embolie aux conséquences dramatiques (paralysie, coma, arrêt cardiaque).
  • Popeye SubuPrenez soin de vos veines. L’injection de comprimés de Suboxone® peut dégrader la paroi des veines parfois de façon irréversible. Elles gonflent et deviennent de plus en plus difficiles à piquer (« bras de Popeye »). Pour réduire ces risques, il est important d’injecter correctement et lentement, puis de passer de la pommade cicatrisante juste après l’injection.

Les comprimés n’étant pas stériles, des infections bactériennes peuvent se développer au point d’injection (abcès, phlegmon, œdèmes…). Ces infections ne sont pas anodines : elles peuvent dégénérer en une infection généralisée (septicémie), nécessiter une hospitalisation, voire une intervention chirurgicale (amputation). Dans les cas les plus extrêmes, ces infections se révèlent mortelles.

Si vous sniffez

  • Ne partagez jamais votre paille afin d’éviter les contaminations par les hépatites B et C (VHB/VHC). Des « kits sniff » ou des « Roule ta paille » sont disponibles dans les CAARUD.
  • Réduisez le comprimé en poudre,en cherchant à obtenir une substance aussi fine que possible. Cette poudre administrée par voie nasale provoque des irritations douloureuses. Elle agresse violemment les parois nasales.
  • Prenez soin de votre nez. Rincez-le avec du sérum physiologique ou de l’eau stérile après chaque sniff. Passez un coton-tige imprégné d’huile naturelle adoucissante sur les parois nasales irritées.

Pour en savoir voici une méthode pour sniffer propre.

Dans la mesure du possible, essayez d’alterner injections & sniffs et prises sublinguales afin de soulager vos sinus et vos veines.

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Vous pouvez posez des questions et échangez dans la section consacrée aux usages alternatifs et au mésusage.

Si vous sniffez, shootez ou fumez du Suboxone®, il est essentiel d’informer votre médecin de vos pratiques. Votre médecin ne devra en aucun cas vous exclure du processus de soins, baisser votre traitement, ou vous imposer des contraintes supplémentaires.

Il est votre interlocuteur prioritaire, votre référent. Il ne doit subsister aucun sujet tabou. Abordez avec lui toutes les questions, même les plus délicates, exposez-lui clairement votre situation, vos besoins, dites-lui la difficulté que recèle la transition sur le plan émotionnel et comportemental notamment, parlez-lui de l’absence de substitution injectable et de la difficulté que représente le fait de rompre avec la seringue.

Les conséquences de l’injection de la Suboxone® pouvant se révéler graves, demandez-lui aide et conseil pratiques, notamment sur la façon d’injecter propre et à moindres risques, n’hésitez pas non plus à lui montrer vos points d’injections : si nécessaire, il pourra aussitôt procéder à des soins pour prévenir tout début d’infection.

De la même manière, si vous sniffez de la Suboxone®, il est important de vous faire examiner régulièrement les sinus par votre médecin traitant et/ou par un spécialiste ORL, le sniff pouvant conduire à une fragilisation de la cloison nasale ou à une infection des sinus.

Vous pouvez également prendre contact avec un centre de soins spécialisés, une association de réduction des risques ou d’autosupport. Ces organismes ont vocation à répondre à vos interrogations et à vous venir en aide.

N’oublions pas aussi que la substitution s’inscrit dans un encadrement sanitaire qui remplace non seulement un produit par un médicament mais aussi la course effrénée au produit et le marché noir par un encadrement socio-sanitaire. Ceci reste valable quelle que soit la manière de consommer Suboxone®.

Certaines enquêtes le montrent : une partie des usagers de BHD injectent, sniffent ou fument (plus rarement) le produit, en particulier en début de traitement. Ces pratiques assurent souvent une sorte de transition entre la prise d’héroïne et le passage à la substitution. La proportion d’usagers concernés reste un mystère. Si certaines communications alarmistes évoquent 10% d’usagers concernés, dans la réalité, cet aspect des choses n’est pas sérieusement étudié.

Les notices des médicaments contre-indiquent résolument ces pratiques qui peuvent effectivement avoir de conséquences néfastes sur l’organisme, notamment en raison de la présence d’excipients dans la composition du médicament qui peuvent rapidement endommager les narines et les veines. C’est encore plus vrai pour la BHD générique dont les excipients diffèrent, pour la plupart, de ceux du Subutex® et s’avèrent encore plus nocifs que ces derniers (Lire la communication de la Commission des stupéfiants et des psychotropes à ce sujet).

C’est pourquoi, hors tout jugement moral ou social et sur un plan strictement sanitaire, nous ne pouvons que vous inciter à proscrire ou à limiter autant que possible l’injection. Tous les discours moraux incriminant l’injection de BHD sont à la fois inutiles, inopérants, voire contreproductifs, car ils peuvent vous enfermer dans un non-dit extrêmement dommageable au maintien de l’alliance thérapeutique entre vous et votre médecin. Mais tant qu’aucune formule injectable (ou sniffable) de BHD n’existe sur le marché de la substitution, le problème reste entier.

Quelques conseils élémentaires pour des pratiques à moindre risques.

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Vous pouvez posez des questions et échangez dans la section consacrée aux usages alternatifs et au mésusage.

Si vous injectez

Ces conseils recoupent l’essentiel des recommandations sanitaires générales émises dans le cadre de la politique de réduction des risques (Lire le Manuel du shoot à moindres risques d’ASUD) :

  • Utilisez si possible du matériel neuf à chaque injection pour préserver vos veines.
  • Ne partagez jamais votre matériel (seringue, filtre, coton, tampon d’alcool, cuillère, eau…) afin d’éviter les risques de contamination VHC/VHB/VIH.
  • Ne chauffez pas la solution qui devient alors infiltrable.
  • Filtrez deux fois la solution et utilisez si possible un Stérifilt® (un filtre membranaire qui retient les particules plus volumineuses qui bouchent les veines et favorisent l’apparition d’abcès), disponible auprès de certains CAARUD. Les substances contenues dans les comprimés de BHD (talc, amidon…) peuvent boucher les petites veines. Si ce phénomène se produit au niveau des poumons, du cœur ou du cerveau, il y a risque d’embolie aux conséquences dramatiques (paralysie, coma, arrêt cardiaque).
  • Popeye SubuPrenez soin de vos veines. L’injection de comprimés de BHD peut dégrader la paroi des veines, parfois de façon irréversible. Elles gonflent et deviennent de plus en plus difficiles à piquer (« bras de Popeye »). Pour réduire ces risques, il est important d’injecter correctement et lentement, puis de passer de la pommade cicatrisante juste après l’injection.

Les comprimés n’étant pas stériles, des infections bactériennes peuvent se développer au point d’injection (abcès, phlegmon, œdèmes…), particulièrement si vous injectez de la BHD générique en raison des excipients utilisés dans la composition des comprimés.

Ces infections ne sont pas anodines : elles peuvent dégénérer en une infection généralisée (septicémie), nécessiter une hospitalisation, voire une intervention chirurgicale (amputation). Dans les cas les plus extrêmes, ces infections se révèlent mortelles.

Si vous sniffez

  • Ne partagez jamais votre paille afin d’éviter les contaminations par les hépatites B et C (VHB/VHC). Des « kits sniff » ou des « Roule ta paille » sont disponibles dans les CAARUD.
  • Réduisez le comprimé en poudre,en cherchant à obtenir une substance aussi fine que possible. Cette poudre administrée par voie nasale provoque des irritations douloureuses. Elle agresse violemment les parois nasales.
  • Prenez soin de votre nez. Rincez-le avec du sérum physiologique ou de l’eau stérile après chaque sniff. Passez un coton-tige imprégné d’huile naturelle adoucissante sur les parois nasales irritées.

Pour en savoir voici une méthode pour sniffer propre.

Dans la mesure du possible, essayez d’alterner injections & sniffs et prises sublinguales afin de soulager vos sinus et vos veines.

echangez-forum2

Vous pouvez posez des questions et échangez dans la section consacrée aux usages alternatifs et au mésusage.

Si vous sniffez, shootez ou fumez de la BHD, il est essentiel d’informer votre médecin de vos pratiques. Votre médecin ne devra en aucun cas vous exclure du processus de soins, baisser votre traitement, ou vous imposer des contraintes supplémentaires.

Il est votre interlocuteur prioritaire, votre référent. Il ne doit subsister aucun sujet tabou. Abordez avec lui toutes les questions, même les plus délicates, exposez-lui clairement votre situation, vos besoins, dites-lui la difficulté que recèle la transition sur le plan émotionnel et comportemental notamment, parlez-lui de l’absence de substitution injectable et de la difficulté que représente le fait de rompre avec la seringue.

Les conséquences de l’injection de la BHD pouvant se révéler graves, demandez-lui aide et conseil pratiques, notamment sur la façon d’injecter propre et à moindres risques, n’hésitez pas non plus à lui montrer vos points d’injections : si nécessaire, il pourra aussitôt procéder à des soins pour prévenir tout début d’infection.

De la même manière, si vous sniffez de la BHD, il est important de vous faire examiner régulièrement les sinus par votre médecin traitant et/ou par un spécialiste ORL, le sniff pouvant conduire à une fragilisation de la cloison nasale ou à une infection des sinus.

Vous pouvez également prendre contact avec un centre de soins spécialisés, une association de réduction des risques ou d’autosupport. Ces organismes ont vocation à répondre à vos interrogations et à vous venir en aide.

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A priori la méthadone telle qu’elle est conditionnée en France ne se prêtes à aucune de ces pratiques. Incidemment il est rapporté dans plusieurs lieux d’accueil, une technique importée d’Europe de l’Est  : l’injection de sirop après avoir dilué le médicament cinq ou six fois avec de l’eau. Nous ne saurions trop déconseiller cette expérience, y compris pour des raisons inhérentes à la qualité du « high ». Les effets de la méthadone injectée ne diffèrent pas vraiment de ceux obtenus par la voie normale et le risques sanitaires liés à l’injection de sirop dans vos veines est maximal.

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