Médicaments de substitution

Le marché noir

Dernière mise à jour : 01-07-2013

Si vous achetez ou vendez illégalement du Suboxone®, vous risquez jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour « infraction à la législation sur les produits vénéneux » (article L. 5432-1 du code de la santé publique).

Si vous achetez du Suboxone® au marché noir en plus de votre prescription habituelle, tâchez d’analyser les raisons qui provoquent cette situation, puis parlez-en à votre médecin traitant qui saura vous conseiller sur la manière de résoudre vos difficultés. Votre médecin étant tenu au secret médical, votre acte ne sera pas sanctionné sur le plan pénal.

Enfin, si vous achetez du Suboxone® au marché noir, sachez que vous payez très cher un produit qui n’est plus un médicament, alors que le système de prise en charge vous permet de bénéficier (éventuellement gratuitement) de la même molécule dans un environnement conçu pour vous venir en aide.

Le principal problème occasionné par la disponibilité de la BHD en médecine « de ville » est son détournement et son apparition sur le marché noir.

Il est important de rappeler que le système français de prescription de BHD en tant que médicament de substitution est l’un des plus flexibles au monde. Peu de pays autorisent les usagers de drogues à bénéficier d’une prescription de psychotropes opiacés pour une durée aussi longue et sans imposer de contraintes majeures. Cette conquête n’est pas irréversible : bien des années après sa mise en place, en dépit des résultats probants, du ralliement de l’ensemble des acteurs médicaux, associatifs et universitaires, les TSO continuent d’être l’objet d’attaques renouvelées. Le débat se cristallise autour du marché noir et secondairement, de la primo-dépendance à la BHD « de rue ». Faisant le jeu des détracteurs de la substitution, les trafiquants de BHD et leur logique de petits profits deviennent ainsi les alliés objectifs des partisans d’un retour aux méthodes musclées de type sevrage sous contrainte.

Sur internet la plupart des occurrences d’un moteur de recherche sont relatives au marché noir vecteur d’insécurité et plaie sociale. Cette stigmatisation met en péril la pérennité du système tout entier.

En 2006, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) a proposé le classement du Subutex® sur la liste des stupéfiants afin de lutter contre le phénomène des primo consommateurs et d’en finir avec le trafic : « Nos voisins européens envient nos statistiques mais aujourd’hui les trafics menacent le système. L’État français risque de devenir le dealer européen du Subutex® ». Le trafic devient l’argument (l’alibi ?) principal avec pour corollaire ce qu’il coûte à la Sécurité sociale. Aujourd’hui plus que jamais, il faut composer avec résistances et réticences qui, sous couvert de pragmatisme, de simple bon sens citoyen, sont en réalité le plus souvent très idéologiques.

Sans appeler à la délation, il est donc du devoir d’une association d’usager(ère)s de drogues de rappeler que ces petites escroqueries se font d’abord sur le dos des consommateurs, et que notre intérêt commun est de les voir disparaître, avant qu’elles ne mettent en péril l’ensemble du dispositif.

Plusieurs catégories de personnes sont concernées par le marché parallèle :

  • Des usagers qui n’arrivent pas à s’adapter au cadre de prescription et qui trouvent plus facile d’aller chercher la BHD au marché noir.
  • Des personnes substituées, qui cherchent un revenu de complément mais menacent ainsi leur traitement et celui des autres.
  • Des usagers de drogues peu ou mal substitués, qui vendent leur BHD pour se procurer d’autres médicaments.
  • Des patients sous-dosés, qui peuvent ainsi compléter leur traitement.
  • Des usagers d’héroïne, qui utilisent la BHD entre deux sessions ou pour « redescendre ».
  • Des non-consommateurs, qui détournent le système de soins en vendant frauduleusement de la BHD et qui menacent ainsi notre santé à tous.

Si vous achetez ou vendez illégalement du Subutex® ou des génériques, vous risquez jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour « infraction à la législation sur les produits vénéneux » (article L. 5432-1 du code de la santé publique).

Si vous achetez de la BHD au marché noir en plus de votre prescription habituelle, tâchez d’analyser les raisons qui provoquent cette situation, puis parlez-en à votre médecin traitant qui saura vous conseiller sur la manière de résoudre vos difficultés. Votre médecin étant tenu au secret médical, votre acte ne sera pas sanctionné sur le plan pénal.

Enfin, si vous achetez de la BHD au marché noir, sachez que vous payez très cher un produit qui n’est plus un médicament, alors que le système de prise en charge vous permet de bénéficier (éventuellement gratuitement) de la même molécule dans un environnement conçu pour vous venir en aide.

Sans être la panacée, la mise sur le marché du Subutex en 1996 a démontré son efficacité et son utilité. Elle a représenté pour les usagers des drogues une issue de secours et une nouvelle chance. De nombreux ex-toxicomanes lui doivent une amélioration formidable de leur état. D’autres lui doivent tout simplement la vie sauve.

Le trafic de méthadone, classée comme stupéfiant, est théoriquement sanctionné plus lourdement que celui de buprénorphine. La simple incitation à la consommation est considérée comme un délit. Attention donc à ne pas vanter les mérites de la « métha » à n’importe qui. Si votre interlocuteur est un junkie chevronné, vous faites la pub d’un médicament. S’il s’agit d’un ou d’une ado en fugue, vous êtes un pervers doublé d’un dealer. L’article 222-37 du code pénal prévoit une peine inférieure ou égale à 10 ans de détention pour quiconque aura facilité l’emploi de stupéfiants.

Le marché noir de méthadone reste heureusement une pratique « artisanale » qui ne semble pas prendre les proportions du bizness de Subutex® (trafic international etc…). La méthadone sirop ou gélule peut vous être proposée « at the corner », sur une scène de deal. Attention cependant aux arnaques possibles, exigez l’emballage d’origine pour les gélules et rappelez-vous que le sirop est parfaitement reconnaissable à l’odeur et au goût (hélas).

Évidemment cette pratique est illégale et peut vous conduire en garde à vue où la délivrance de méthadone souffre parfois de difficultés insolubles.

Plus que le marché noir, le stockage de méthadone est une pratique courante des usagers de TSO et notamment des patient de méthadone. Bien que déconseillée par la réglementation ces provisions relèvent du simple bon sens pour pallier aux aléas de la « vie substituée ». Un rendez vous manqué, une garde à vue, une panne de voiture, peuvent être synonymes de manque prolongé pour des usagers qui n’auraient pas pris cette précaution.

Ajoutons que de nombreux pharmaciens d’officine ont également intégrer la nécessité de flirter avec les lignes de la réglementation en « dépannant » les usagers de TSO en rupture de stock accidentelle.

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