Overdoses de cocaïne :
quand la cocaïne tue plus que
l'héroïne
Dans la plupart des
pays d’Europe le nombre d’hospitalisations aux
urgences pour des accidents liés à la
consommation de cocaïne ne cesse d’augmenter. Dans
certaines villes d’ Espagne, de Suisse, d’Italie
…le nombre d’overdoses liés la
cocaïne dépasse souvent les overdoses
liés à l’héroïne.La
chaleur augmente les risques d'accidents
Lester
sniffait de la coke depuis 7 ans. 90kgs, un bon job, en
pleine forme, il maîtrisait le truc.
Coke
végétale ou synthétique
Le
mythe de la cocaïne végétale moins
nocive que la cocaïne synthétique est un leurre.
Cette
appellation donne une impression de fausse
sécurité. Ce qu’on appelle la
synthé n’est tout simplement pas de la
cocaïne. La fabrication de cocaïne
synthétique est théoriquement possible mais
techniquement très compliquée et hors de
prix.
L’analyse scientifique
démontre que toute la cocaïne disponible sur le
marché illégal ainsi que celle
destinée aux usages pharmaceutiques est faite avec la plante
coca, donc d’origine naturelle. .
Il était capable de garder un
képa pendant des jours sans y toucher. En boîte,
un vendredi soir, après deux petits rails, tout a coup un
insoutenable mal de tête lui vrille la tête.
Quelques secondes plus tard il s’écroule sur le
sol. Grâce à la réactivité
de son entourage il a pu être sauvé mais depuis il
souffre de sérieux maux de tête et de troubles de
la concentration et n’a plus jamais repris un milligramme de
coke.
Que s’est-il
passé ? La cocaïne est un
vasoconstricteur. Une prise suffit à
rétrécir les veines d’environ 20%, ce
qui augmente sensiblement la pression sanguine. Cette action
combinée à la chaleur de
l’environnement a considérablement
augmentée la pression artérielle et a
littéralement fait exploser une veine du cerveau.
Hyper
ventilation et sac en papier
Il y a quelques temps,
en reportage à Francfort, dans une des salles
d’injection que la ville met à disposition des
usagers, devant moi, un type en train de préparer son
Xième shoot tout à coup se met à
trembloter. De plus en plus fort. Sa main qui tenait une seringue a
envoyée cette dernière valdinguer contre le mur.
Le mec me regarde avec des yeux écarquillés et se
débat comme s’il se noyait. On dirait
qu’il suffoque. Il s’agite de plus en plus et
tombe, agité de soubresauts convulsifs, les yeux
à moitiés révulsés.
Vraiment impressionnant. Comme une crise de tétanie
consciente. Le personnel et les autres usagers ne s’affolent
pas. Ils l’emmènent dans une pièce
attenante et l’assoient sur un canapé.. En sueur,
les yeux comme en proie à une insondable terreur, il
halète. Il me semble entendre les palpitations de son
cœur affolé à plusieurs
mètres. On éteint la lumière et une
infirmière lui parle
doucement. Elle l’apaise et lui
éponge son front en nage. Elle lui demande s’il
l’entend, s’il la comprend. L’autre
acquièce en essayant de maîtriser ses
tremblements. L’infirmière lui
demande de fermer les yeux et lui explique qu’on va lui
mettre un sac en papier par dessus la tête et lui recommande
d’essayer de respirer profondément . Le fait de
respirer son propre gaz carbonique va atténuer
l’état d’hyperventilation dans lequel il
se trouve et va très vite l’aider à se
sentir mieux. J’en crois pas mes yeux. Tout en lui
recommandant, d’une voix douce, de garder les yeux
fermés, elle lui met le sac par dessus sa tête et
lui demande de respirer…. Au bout d’une
minute environ les tremblements diminuent. Un soignant lui caresse
l’avant bras…. Dix minutes après, le
mec pâle, exténué
s’entretient avec le médecin qui est
arrivé entre-temps. Celui-ci avait ramené une
espèce de ballon et en forme de ballon de rugby au cas
où le patient aurait du être ventilé.
Dans
le salles d’injection allemandes ce genre
d’incident est monnaie courante. Les junkies locaux alternent
ou mélangent souvent Rohypnol écrasé
ou Valium injectable avec la cocaïne. La combinaison
d’un stimulant et d’une benzodiazépine (
surtout en cas de consommation
répétée) déplaît
souverainement au système nerveux et se termine
fréquemment par le genre de crise décrite
ci-dessus.
De nombreux fumeurs de crack et
injecteurs de cocaïne ont déjà
vécu ou assisté à ce genre
d’accident.
Que faire en cas d'accident ?
La
cocaïne accélère la fréquence
respiratoire et les battements du cœur et augmente la
température du corps. Ces effets couplés
à un abus, à la chaleur ambiante, à
des mélanges divers
Que faire ne cas de
crise: l’entourage doit sécuriser
l’environnement pour éviter les blessures
à cause des convulsions (objets coupants,
seringues….). Gare si le mec a une seringue à la
main en pleine crise de convulsion. Si l’on est tout seul, la
seule chose à faire est d’essayer de se calmer en
respirant profondément et lentement. Le truc qui consiste
à respirer son propre gaz carbonique dans un sac
en papier qu’on aura mis par dessus sa tête sans
serrer (si l’on réussit à ne pas
angoisser) est souvent très efficace. C’est ce
même principe qui s’applique en cas de crise
d’épilepsie.
De
toute façon il est impératif d’appeler
un médecin. (15 SAMU ou 112 depuis un portable) Il faut
à tout prix lui indiquer s’il y a eu
consommation d’opiacés
(héroïne, Skénan, subutex,
méthadone…). Car il peut injecter ou prescrire un
calmant comme le Valium qui peut alors entraîner une
dépression respiratoire (donc une overdose
d’opiacés).
3 niveaux d'alerte
On
peut distinguer 3 niveaux dans l’overdose de coke :
Dans chaque cas, les pupilles sont en général
énormes (même s’il y a consommation
simultanée d’héroïne ou
morphine).
Niveau 1 :
psychose cocaïnique angoisse,
accélération cardiaque, regard fixe, gestes
fébriles, hallucinations, paranoia …
Que
faire : Ne pas rester seul. Dans la mesure du possible (mais
c’est plus facile à dire qu’à
faire) GARDER SON CALME ET RESPIRER PROFONDEMENT LE PLUS
CALMEMENT POSSIBLE. En général ça
marche. (Si l'etat s'agrave ou dure il faut appeler des secours)
Attention :
si à ce stade vous consommez un calmant de type benzo
(Lexomil, Valium, Xanax….) ne jamais reprendre de
cocaïne par dessus. Cela augmente considérablement
le risque de crise de tétanie.
Les
niveaux suivants peuvent être de réels accidents
cardiaques, respiratoires, cardiovasculaires, ruptures
d’anévrisme… qui nécessitent
immédiatement le SAMU et les urgences
Niveau
2 : mal de tête, frisson, petit mouvement
incontrôlé, transpiration, impression de sueur
froide, tremblements, angoisse, accélération
cardiaque, spasmes, difficultés à respirer ou
respiration haletante… impression d’oppression
cardiaque …. convulsions, chute… tout en
étant généralement conscient. Ce stade
nécessite une surveillance médicale. Appeler un
médecin ou se rendre à l'hopital. Il s'agit
souvent d'une crise apparentée à une crise de
spamsmophilie/tétanie. En attendant, la technique du sac par
dessus la tete peut etre trés efficace.
Niveau
3 (le plus dangereux) : hallucinations auditives (sifflements
dans les oreilles) changements brusques du rythme cardiaque,
vomissements, confusion, délire, douleurs cardiaques,
douleurs dans la poitrine douleurs dans la tête,
tétanies…
Cela peut se terminer par un
infractus, un oedeme pulmonaire et la mort.
Autres dangers
En
dehors des overdoses mortelles, la littérature
spécialisée est pleine de cas de personnes qui se
sont retrouvé handicapées ou
définitivement diminuées après une
overdose : paralysie partielle, déficit
neurologique, troubles psychologiques et nerveux graves et durable,
notamment suite à un accident vasculaire cerébral
ou à un coma, mais également suite à
une crise de convulsion.
Il est fort probable que
nombre de décès liés à la
cocaïne n’aient pas été
identifiés en tant que tels car on les a assimilé
à des accidents vasculaires cérébraux,
des ruptures d’anévrisme ou a des arrets
cardiaque. Le coeur est l'organe le plus affecté par la
cocaïne, notamment en cas d'abus.
Dans
la plupart des overdoses liés à la
cocaïne, cette dernière était le
principal produit en cause. Ensuite viennent les mélanges
cocaïne et alcool puis cocaïne et opiacés
(héroïne).
Attention aux
traitements anti-dépresseurs : Le Prozac,
Déroxat et autres médicaments de la classe des
ISRS. Ils peuvent avoir tendance à
accroître les états paniques en cas de conso de
coke. Et surtout en cas de traitement VHC (Interferon et Ribavirine). A
ASUD nous connaissons des cas de pétages de plombs avec des
conséquences dramatiques (prison, hôpital,
tentatives de suicide, violences…..). Les effets secondaires
de ce traitement de l’hépatite C peuvent
être considérablement amplifiés par le
coke.
Il faut également
considérer que la coke, surtout si on en abuse,
épuise l’organisme. Elle est la cause de manque de
sommeil, mauvaise ou sous alimentation donc diverses carences en
vitamines et minéraux, stress
perpétuel… ce qui augmente les risque
d’accident.
Il faut également
considérer les autres décès
liés directement ou indirectement à la
coke :
Accidents de la route, malformations
des nouveaux nés et bébés qui meurent
prématurément car leur mère prenait de
la coke durant la grossesse...Sans oublier tous les accidents
liés
à la parano induite par la coke. Dans les années
20, en russie des centaines de milliers de gens sniffaient de la
cocaïne (moins chère que le pain ). Il en a
résulté des milliers d’incendies,
meurtres, suicides…. dus à la
« folie cocaïnique »
Jimmy
Kempfer