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Kétamine, effets, dépendance, risquesEcrit par Jimmy KempferEffetsDifficile de classer ou de comparer à une autre drogue, ce produit complexe et paradoxal appelé : psychodysleptique. Selon le dosage, des médecins prétendent y discerner des effets : => anesthésiants, physiques et émotionnels pouvant ressembler aux morphiniques ; => - hypnotiques et narcotiques des barbituriques ; => - délirants pouvant rappeler les fortes doses de cannabis ingéré. Des psychologues parlent de fusion, d'hallucinations ou autres "traversées du miroir", de quatrième dimension, de psychiatrie quantique… Les plus allumés parlent d'infra-conscience sub-moléculaire… Pour essayer de comprendre, imaginons les effets sur quelqu'un qui en consomme exceptionnellement. => 15-30 mg modifieront le rapport à l'espace, à l'environnement mais la conscience de celui-ci demeure. On se sent mou, en dehors de la gravité ordinaire. Les gestes sont ralentis, décomposés: "impression d'un corps d'huile qui se coule, s'étire, se distend dans l'espace, le temps". Mais rien de psychédélique. L'effet relève de la sensation et de la perception. Esprit, conscience et corps sont plus ou moins "dissociés" mais on peut tenir debout. La coordination des mouvements est difficile. Vu de l'extérieur, on paraît très engourdi ou dans un état d'ébriété, mais la capacité de jugement est peu altérée. On peut vaguement danser, se mouvoir, tituber…mais ni réagir ni se défendre en cas de nécessité. => 30-70mg provoqueront une forme de coma lucide. Impossible de rester debout, de bouger, de parler, de réagir… Dissociation totale entre l'esprit et le corps. La conscience demeure, mais détachée… Impression de flotter en dehors de son corps, de "lâcher prise", de perte de contrôle du mental, "sentiment de conscience pure" due à la disparition totale de la perception physique du corps. Le temps s'étire et n'a plus de sens. Parfois surviennent hallucinations, visions et autres explorations d'états de conscience insoupçonnés avec cette "lucidité kétaminergique". => 100 à 150 mg, voire plus, entraîneront des états de conscience pouvant être d'une intensité extrême: impression de sortir du corps, désincarnation, rencontre avec des "entités", révélations incroyables… et plongée dans le vortex quantique du fameux K-hole, apparentée aux NDE (1), qui entraîne parfois des modifications profondes de la personnalité pouvant déboucher sur une rupture totale avec le réel. Tolérance / DépendanceLa kéta n'accroche pas physiquement comme l'héroïne ou les opiacés. Il n'y a pas de manque physique même après une longue période de consommation. Mais l'usage répété peut entraîner une espèce de quête éperdue d'un état originel impossible à retrouver. Un désir impérieux de recommencer encore et encore, attisé par la nostalgie de l'intensité des premiers trips. Approcher ce "mystère" qui chaque fois s'éloigne un peu plus. Chez les plus fragiles, la kétamine devient un mode de vie avec toute l'aliénation que représente la dépendance, fut-elle qualifiée de psychologique. La tolérance se manifeste très vite. Au bout de quelques sniffs, les quantités supportées peuvent être multipliées. Peu à peu, durée et intensité des effets diminuent. Les plus tolérants peuvent se faire un gros rail et partir sillonner les rues en skateboard. Les quantités consommées peuvent atteindre facilement plusieurs grammes par jour, voire plus.. A Moscou, des gamins de 15 ans se shootent 1 gramme, s'écroulent quelques instants et repartent mendier… La kéta peut tout anesthésier pendant quelques temps : ennui, médiocrité, …. ainsi que les douleurs et froids extrêmes. C'est la drogue préférée des vétérans afghans amputés, estropiés… et rejetés par la nouvelle société russe. La drogue des perdants. ConséquencesTrès variables selon le temps passé à se défoncer, les quantités consommées et le mode de vie. => Problèmes physiques: cystites, problèmes rénaux, amaigrissement, perte d'appétit, gingivites, douleurs articulaires, musculaires, déshydratation, problèmes digestifs, ulcères… => Problèmes neuropsychologiques: l'abus finit par entraîner une nette diminution des facultés de concentration, d'apprentissage, de la vigilance et surtout de la mémoire ainsi que des problèmes d'élocution. Démotivation généralisée, état dépressif grave, black-out, troubles du sommeil, sentiment "d'irréalité"... La plupart des problèmes disparaissent à l'arrêt de la consommation mais d'autres, comme les flashbacks peuvent nécessiter un suivi, voire des soins… => Kétaproblèmes: Un truc récurent chez Les "kétamens" ; ils perdent tout : papiers, argent, clefs, drogues…tête…. avec les conséquences fâcheuses qu'on imagine. D'autre part, l'anesthésie et l'impossibilité totale de réagir expose à toutes sortes d'accidents et de problèmes (se faire dépouiller, se blesser, se brûler gravement, geler… et ne pas s'en rendre compte… ). (1) NDE : Near death experience : Expérience "proche de la mort"de personnes cliniquement mortes et revenues à la vie. |
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