Dépresseurs : U 47 700, fentanyloïdes ...

Principaux NPS dépresseurs

Dernière mise à jour : 30-10-2018

 Les opioïdes :

Agissant dans le cerveau sur les mêmes récepteurs que les opiacés, ils produisent des effets similaires avec toutefois des différences de puissance (important au niveau du dosage) et de durée d’action. Tous induisent une dépendance importante, d’abord psychique mais aussi physique en cas de consommation régulière. La dépendance physique aux opioïdes  se traduit par des symptômes de manque en cas d’arrêt de la consommation. Ces symptômes seront d’autant plus intenses et longs que la consommation qui précède l’arrêt aura été forte (en termes de quantité, de fréquence, de mode de consommation…).  Les premiers symptômes durent environ 72 heures et se traduisent généralement par le nez qui coule, des larmes, des bâillements, des maux de têtes et de ventre, de la fatigue ainsi qu’une sorte d’irritabilité et de déprime passagère. Plus poussé, le syndrome de manque aux opioïdes durera près d’une semaine et aux maux précédemment listés s’ajouteront de fortes douleurs musculaires avec parfois des mouvements quasi involontaires, des vomissements, des diarrhées, de l’insomnie, des cauchemars, des idées noires. Quoiqu’il en soit en une semaine la situation revient en ordre (sauf pour les opioïdes à longue durée d’action comme la méthadone et la buprénorphine dont le sevrage dure plutôt 3 semaines mais à l’heure actuelle les NPS opioïdes ont tous des durées d’action courtes). En revanche la dépendance psychique est beaucoup plus longue à disparaître et les cravings (cf dépendance) seront encore nombreux pendant plusieurs mois. De plus un syndrome post sevrage (déprime, fatigue…) peut durer jusqu’à deux ans après le sevrage d’opioïdes.

Les principaux NPS opioïdes actuellement disponibles sont :

Les dérivés de fentanyl : Reconnaissables à leur durée d’action très courte (environ 2 heures), les fentanyloïdes sont des produits extrêmement puissants qui demandent beaucoup de sérieux dans le dosage. En effet, de l’un à l’autre les doses varient énormément et ce d’autant plus que les sites les coupent généralement pour éviter les accidents mais que d’une fois sur l’autre ils peuvent être coupés dans des proportions différentes. A chaque nouvel achat faut donc impérativement commencer par une dose infime et lui laisser le temps d’agir pour vérifier que vous n’avez pas entre les mains un produit surpuissant (à titre d’exemple retenez que pur, le carfentanyl est 20 000 fois plus puissant que la morphine).

L’autre inconvénient des fentanyloïdes réside dans leur courte durée d’action qui oblige à consommer très régulièrement ce qui habitue le corps à de nombreux pics et favorise la survenue d’une dépendance.

Enfin le risque majeur des fentanyloides est qu’ils peuvent être mal coupés : lorsqu’on mélange deux produits il est très difficile d’obtenir un mélange complètement homogène. Il risque donc d’y avoir des parties plus concentrées en fentanyl que d’autres… Le consommateur qui tombe d’abord sur la partie la moins concentrée en fentanyl aura tendance à penser que le produit n’est pas très puissant et à le doser en conséquence ce qui pourra s’avérer mortel lorsqu’il tombera sur la partie où s’est concentré le fentanyl. C’est ce qui tue actuellement tant de personnes aux USA et au Canada où le fentanyl est couramment utilisé comme produit de coupe de l’héroïne vendue dans la rue.

Si vous choisissez de consommer des fentanyloïdes il faut absolument vous renseigner sur le dosage et les effets de la molécule en question et être particulièrement rigoureux avec les techniques de RDR. Vous pourrez trouver des informations détaillées sur les différents fentanyloïdes ici.

Le O desmethyl tramadol est un métabolite du tramadol dont il partage à peu près les effets mais avec une durée d’action plus courte. Il est fort possible que le o-desmethyl tramadol ait aussi une action sur la sérotonine dans le cerveau, il faut donc éviter de le consommer en même temps (ou sur la même session de consommation) qu’un autre produit sérotoninergique (notamment les cathinones et la MDMA).

Du O desmethyl tramadol a été retrouvé dans des variétés de kratom (une plante opioïde disponible sur Internet). Il était alors ajouté sans prévenir le consommateur afin de lui faire penser que la variété de kratom était très puissante.

Le U 47 700. Synthétisé pour la première fois en 1970, le U 47 700 a été peu expérimenté et est encore relativement peu connu. C’est un opioïde puissant (pur la dose moyenne est de seulement 6mg !) dont les teneurs en produit pur semble varier fortement d’un site à l’autre (et même d’une fois à l’autre sur un même site) aussi il faut être particulièrement prudent avec le dosage, particulièrement lors de la première consommation d’un nouvel achat.

Le U 47 700 semble être particulièrement corrosif pour les muqueuses (la sensation de brulure qu’il produit sniffé est largement décrite par les usagers) aussi en sniff il est recommandé de se rincer les cloisons nasales au sérum physiologique avant et après chaque ligne.

Le U 47 700 a une durée d’action relativement courte, attention donc à la survenue d’une dépendance.

Les benzodiazépines :

Des benzodiazépines sont parfois vendues sur certains sites de vente de NPS. Il s’agit souvent de molécules synthétisées dans la seconde moitié du XX siècle mais peu utilisées en médecine et dont les effets et les risques sont assez peu connus.

Les benzodiazépines sont une famille de molécules qui partagent certaines caractéristiques chimiques (structure de la molécule) et dont les effets sont généralement assez proches. Les différences vont surtout concerner la durée d’action (la demi-vie d’élimination varie de quelques heures à plusieurs jours !) et la répartition des effets entre ces différents pôles qu’on retrouve plus ou moins présents dans chaque benzodiazépine :

Hypnotique (qui favorise l’endormissement)

Anxiolytique (qui diminue l’anxiété, rend relax quoi…)

Myorelaxant (détend les muscles)

Amnésiant (provoque des pertes de mémoire)

Anticonvulsivant (diminue les convulsions)

Réduire les risques :

Seules, les benzodiazépines ont normalement un effet de seuil qui protège de l’overdose, cependant il suffit de les mélanger avec une infime quantité d’un autre dépresseur pour pouvoir basculer dans la dépression respiratoire. En association avec un verre d’alcool ou une ligne d’opioïde, une forte consommation à des benzodiazépines peut donc conduire au décès.

De plus, les benzodiazépines sont connues pour provoquer une dépendance physique au moins aussi forte que les opioïdes. Le syndrome des jambes sans repos (des contractions douloureuses et involontaires des jambes) et l’insomnie qu’il provoque sont ainsi particulièrement redoutés des consommateurs.

La consommation chronique de benzodiazépines semble aussi induire des troubles cognitifs importants (difficultés d’apprentissage…).

Les alcools :

Bien qu’ils soient assez rares, certains sites de vente de NPS peuvent proposer des alcools différents de l’éthanol (l’alcool contenu dans le vin, la bière et les alcools forts). On manque fortement d’informations sur les effets et les risques de ces alcools qui semblent avoir en commun d’être beaucoup plus puissants que l’éthanol à doses égales. Il est en revanche certain qu’ils partagent avec ce dernier les risques de dépendance physique en cas de consommation chronique ainsi que de dépression respiratoire en cas de surdose (le coma éthylique qui dans les cas les plus graves peut conduire au décès).

Le GBL :

Généralement vendu sur un type de site bien particulier, le GBL ne peut réellement être considéré comme un NPS toutefois si vous cherchez à vous informer sur ce produit vous trouverez des informations ici.

 

NPS, RC, Legal highs