NPS & RDR

Mélanges interactions 

Dernière mise à jour : 06-11-2018

Les interactions entre les différents NPS mais aussi entre NPS et traitement médicamenteux, autres drogues, alcool et parfois même aliments sont souvent compliquées et difficiles à anticiper. Pour vous aider à vous repérer dans cette jungle, voici quelques principes de base à ne surtout pas oublier.

A partir de 3 consommations on ne maîtrise plus rien :

C’est un principe de base en pharmacologie : à partir de trois consommations, qu’il s’agisse de drogues ou de médicaments, les conséquences deviennent impossibles à prévoir avec certitude car des facteurs individuels (génétique mais aussi habitudes de consommation, état de santé etc) viennent compliquer les choses… Attention ça ne veut pas dire qu’à partir de 3 produits les autres principes ci-dessous ne s’appliquent plus, gardez juste en tête que des réactions individuelles sont toujours possibles.

Mélanger c’est augmenter les risques :

D’une manière générale, mélanger des produits revient à en augmenter les risques. C’est-à-dire que pour votre corps, à quantités égales il vaut toujours mieux prendre deux produits avec un intervalle le plus long possible que simultanément. C’est un principe important à retenir pour certains cas de polyconsommation, lorsque par exemple un usager utilise un dépresseur pour atténuer les effets crispants, stressants d’un stimulant : mieux vaut commencer par une session de consommation de stimulant puis, lorsque la descente pointe le bout de son nez, enchaîner avec une session de consommation de dépresseur, que de consommer les deux à tour de rôle ou simultanément.

Retenez aussi qu’en cas d’overdose de dépresseurs il ne sert à rien d’administrer des stimulants à la personne (au contraire, en augmentant le métabolisme cela risquerait d’empirer le manque d’oxygène). Pour vous renseigner sur les overdoses, c’est ICI.

Attention aussi au cannabis pour calmer les bad trips ou les épisodes délirants : si dans certains cas le cannabis peut effectivement agir comme un relaxant, dans les cas où une personne pète les plombs, il peut surtout amplifier son bad trip.

Dépresseur + dépresseur = dépresseur au carré

Parmi les drogues, les dépresseurs sont une famille à part : non seulement ce sont les seuls produits à entraîner une dépendance physique mais, en cas de surdoses, ils induisent un risque majeur : la dépression respiratoire (potentiellement mortelle, c’est l’overdose d’héroïne, le coma éthylique etc). Retenez bien que les dépresseurs ont des effets qui s’ajoutent, parfois même se multiplient (GBL + alcool par exemple) et que les mélanges de dépresseurs nécessitent une grande prudence, y compris lorsqu’il s’agit de traitement médicamenteux quotidiens (benzodiazépines, traitement de substitution opiacés…). Plusieurs études ont montré que les décès par dépressions respiratoires étaient bien souvent liés à des mélanges de dépresseurs.

Vous pouvez en apprendre plus sur la dépression respiratoire dans notre brochure dédiée.

Attention au syndrome sérotoninergique

La sérotonine est une substance naturellement présente dans le cerveau et indispensable à son bon fonctionnement. Elle est impliquée dans le circuit de la récompense et sa libération dans les neurones joue sur les sensations de bonheur. Plusieurs drogues jouent sur la sérotonine et de différentes façons : certaines, comme la MDMA, libèrent la sérotonine tandis que d’autres (comme le tramadol, empêchent sa recapture. Le problème est que lorsqu’elle est présente en excès, la sérotonine devient néfaste et produit ce qu’on appelle un « syndrome sérotoninergique ». La personne est alors agitée, confuse, sa température s’élève, ses muscles sont raides voire elle a des mouvements involontaires, ses pupilles peuvent se dilater et rétrécir de manière désynchronisée et sans modification d’éclairage. Le syndrome sérotoninergique est potentiellement très grave (mortel) et nécessite une prise en charge médicale urgente. Là aussi il résulte bien souvent d’interactions entre différents produits sérotoninergiques comme :

Le tramadol

La MDMA

Les cathinones

Certains antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de sérotonine (IRSS)

Les inhibiteurs de mono amine oxydase (certains antidépresseurs, l’ayahuasca, la changa

Et beaucoup d’autres donc renseignez-vous pour savoir si les produits que vous consommez sont sérotoninergique.

Autres mélanges :

Comme les dépresseurs, les stimulants ont des actions qui s’ajoutent les uns aux autres. Faites particulièrement attention aux mélanges de stimulants si vous avez des soucis cardio vasculaires (cf brochure overdose).

Comme l’alcool, les opioïdes augmentent le risque de vomir. Consommé en association avec des dissociatifs il peut donc y avoir un un risque d’étouffement si la personne régurgite alors qu’elle est inconsciente (en hole). C’est pour cette raison qu’une personne inconscient doit toujours être mise en position latérale de sécurité, c’est-à-dire sur le côté, le visage tourné vers le bas afin que les éventuelles régurgitations puissent s’écouler sans bloquer la respiration.

Faites aussi attention aux médicaments et traitements divers (compléments alimentaires, plantes…) qui peuvent avoir des interactions dangereuses avec certains NPS.

La règle d’or : toujours s’informer au maximum

Les NPS ont souvent des effets sur le corps difficiles à prévoir. Par exemple, beaucoup de NPS hallucinogènes (comme les N bomes, les 2C…) ont aussi une action stimulante et vasoconstrictrice qui peut s’avérer dangereuse en cas de prédisposition aux problèmes cardio-vasculaires, tandis que d’autres comme la méthoxétamine peuvent avoir une action sérotoninergique… Ces effets insoupçonnés peuvent s’avérer particulièrement dangereux en cas de mélanges aussi informez-vous toujours sur les effets des produits que vous consommez et sur les éventuelles interactions qu’ils entretiennent. Pour cela vous pourrez trouver des informations ici TRIPSIT, Psychonaut.wiki etc et sur les forums de consommateurs.

Retrouver un tableau des interactions fait par Tripsit assez complet :

 

NPS, RC, Legal highs