Hallucinogènes: 2CI, 25X Nbome, 5 MEO DMT ...

Les principales familles chimiques de NPS hallucinogènes

Dernière mise à jour : 26-10-2018

Les principales familles chimiques de NPS hallucinogènes.

  • Les phénéthylamines : famille de la mescaline et de la MDMA, les principales phénétylamines disponibles sur les sites de NPS sont l’escaline et la proscaline, deux molécules synthétisée au cours du XX siècle mais sur lesquelles on a peu de connaissances. Des risques d’interactions dangereuses existent avec le tramadol (qui abaisse le seuil épileptique) ainsi qu’avec les stimulants.
  • Les 2C : famille dérivée des phénéthylamines et plus précisément de la mescaline, on parle des « 2C » pour regrouper une dizaine de molécules dont l’abréviation commence par 2C, notamment le 2CB, le 2CE, le 2CI et le 2CT7. Les 2C ont été synthétisées au cours des années 70 par Alexander Shulgin qui en détaille les effets, les risques, les dosages etc dans son livre PIHKAL (Phénéthylamines I Have Known And Loved). Les 2C sont légèrement différents les uns des autres aussi bien au niveau des effets que de la durée d’action et des dosages. Certains sont ainsi extrêmement puissants, attention donc au dosage, d’autant que les risques de décès par surdose sont avérés (notamment pour le 2CT-7 qui semble avoir causé plus de décès que les autres 2C alors que ce n’est pas le plus couramment consommé). Attention aussi au syndrome sérotoninergique (cf brochure overdose tome 2 : les stimulants) notamment en cas de mélange avec des produits sérotoninergiques (MDMA, cathinones, Tramadol, antidepresseurs trycyclique et inhibiteurs sélectif de la recapture de la sérotonine). Le site Psychonaut.wiki recommande de ne jamais consommer les 2C autrement que par voie orale (ingestion). Pour vous renseigner sur les 2C vous pouvez aussi consulter le flyer de Techno+.
  • Les N bomes : Les N bomes sont des dérivés des 2C qui ont été synthétisés au début des années 2000 et ont été commercialisés vers 2010, suite à l’interdiction de plusieurs 2C dans divers pays. Leur formule chimique s’écrit généralement 25 X N bome, le X pouvant être un « I », un « E », un « C », etc en fonction du 2C à partir duquel il a été dérivé. Par exemple le 25 I N bome dérive du 2CI. Les N bomes ont la particularité de ne pas être actif par voie orale, ils doivent donc être pris par le nez (généralement ils sont alors sous forme liquide) ou bien collés contre les muqueuses de la bouche voir mâchés (il s’agit alors généralement de buvards imprégnés). Ils produisent des effets hallucinogènes puissants et, bien qu’on manque de recul sur leurs effets à long terme, ils semblent plus dangereux que les 2C dont ils découlent. En effet, les N bomes ont connu un pic de consommation important aux alentours de 2015 lors duquel ils ont causé un nombre important d’accidents et de décès. Ils étaient alors fréquemment vendus en arnaque (les vendeurs prétendaient qu’il s’agissait de LSD ou de mescaline synthétique), bien qu’ils soient assez facile à différencier du LSD puisque les modes de consommation ne sont pas les mêmes (on a jamais vu de LSD « à mâcher » ou à « prendre par le nez »…). Ils ont ensuite progressivement diminués et semblent assez rares aujourd’hui. Attention aussi au syndrome sérotoninergique (cf brochure overdose tome 2 : les stimulants) notamment en cas de mélange avec des produits sérotoninergiques (MDMA, cathinones, Tramadol, antidepresseurs trycyclique et inhibiteurs sélectif de la recapture de la sérotonine). Pour te renseigner sur le 25 C N bome et le 25 I N Bome, tu peux lire les flyers de Techno+)
  • Les ergolines : C’est la famille des dérivés de l’ergot de seigle, dont fait partie le LSD. Les plus connues sont l’ALD 52, le LSZ (LA SS AZ), le pro LAD et l’eth LAD. Ce sont des produits si puissants qu’ils se dosent en microgrammes (millionièmes de grammes !) ce qui rend leur dosage extrêmement difficile, c’est pourquoi ils sont toujours vendus sous forme de buvards déjà imprégnés (le dosage étant alors réalisé par le vendeur à l’aide d’une dilution volumétrique). Leurs effets se rapprochent du LSD mais sont tout de même différents. Les ergolines sont des molécules puissantes et peu connues qui nécessitent de bien se renseigner avant de les consommer.
  • Les tryptamines substituées : Les tryptamines constituent la plus importante famille d’hallucinogènes naturels. C’est notamment la famille de la DMT (principe actif de l’ayahuasca), de la psilocybine (principe actif de la grande majorité des champignons hallucinogènes), de la bufoténine (qu’on trouve dans la toxine secrété par un crapaud, le bufo alvarius  originaire du nord du Mexique et du sud des USA et utilisé dans certains rituels chamaniques), de l’ibogaïne (principe actif de l’iboga, une plante utilisée dans divers rituels en Afrique sub saharienne), mais aussi de molécules naturelles moins connues comme la 5 Meo DMT (qu’on trouve à l’état naturel dans des venins et des plantes). A partir de la bufoténine (5-HO-DMT) et de la psilocine (4-HO-DMT), les chimistes ont synthétisé de nouvelles molécules qu’on appelle les tryptamines 4-substituées (dérivées de la psilocine) et 5-substituées (dérivées de la bufoténine) dont certaines sont vendues sur les shops en ligne de RC. C’est notamment le cas de l’AMT, de la 5 MEO DMT ou de la 4 ACO-DMT. Substituées ou non, les tryptamines substituées constituent un groupe de molécules aux effets et aux dosages très variés. Certaines comme la DMT durent moins d’une heure tandis que d’autres comme l’ibogaïne peuvent durer plus d’un jour. Attention donc à bien se renseigner sur la molécule avant d’en consommer, d’autant que contrairement à une idée reçue qui voudrait que des molécules proches de celles qu’on trouve dans la nature soient nécessairement moins dangereuses que les autres, certaines tryptamines semblent particulièrement dangereuses. L’ibogaïne ou l’AMT par exemple sont impliquées dans un nombre relativement important de décès.

 

  • Les DO : Ce sont des molécules de la famille des amphétamines dont les plus connues sont le DOB, le DOC, le DOI et le DOM (il en existe quelques autres). Synthétisées par Alexander Shulgin au cours du XX siècle, les DO constituent une famille de molécules extrêmement puissantes : les dosages sont de l’ordre d’à peine quelques milligrammes pour des effets hallucinogènes marqués accompagnés d’effets stimulants non négligeables, le tout avec une durée d’action très longue (jusqu’à 20 heures). Cette extrême puissance leur permet de pouvoir être actives avec des doses suffisamment faibles pour pouvoir être déposées sur un buvard. C’est pour cette raison que dans les années 70, des DO ont été vendues en arnaque au LSD, causant un certain nombre d’incidents. En effet, la montée des DO est souvent très longue (jusqu’à 4 heures), aussi au bout de 2 heures, les consommateurs qui pensaient réellement avoir pris du LSD estimaient généralement s’être fait avoir et qu’on leur avait vendu des buvards sous dosés ou éventés, ce qui a conduit certains à en re-consommer. Les double-montées qui en ont résulté étaient d’autant plus difficiles à encaisser que les effets des DO sont environ deux fois plus longs que ceux du LSD ! Certains consommateurs apprécient toutefois les DO (notamment le DOM) pour leurs effets forts et longs, qui en font tout de même des produits réservés aux consommateurs avertis (bien que même les plus avertis ne soient jamais à l’abri d’un bad trip ou autre incident). Attention en cas de troubles cardiaques, en plus d’être stimulants, les DO sont vaso-constricteurs ce qui majore les risques d’overdose (cf overdoses, tome 2 les stimulants).

 

  • Les Cannabinoïdes : Ce sont les NPS qui jouent sur les récepteurs cannabinoïdes dans le cerveau. Les vendeurs utilisent souvent ce point pour les rapprocher du cannabis, le produit le plus consommé en occident hormis l’alcool et donc le plus porteur commercialement, cependant les cannabinoïdes sont très différents du cannabis pour deux raisons : d’abord parce que le cannabis, comme toutes les substances naturelles est composé d’un grand nombre de molécules dont plusieurs sont actives sur le plan pharmacologiques (le THC, le CBD, le CBO etc). Ses effets résultent donc d’une synérgie entre plusieurs principes actifs tandis que les cannabinoïdes de synthèse vendus sur Internet sont constitués d’une seule substance active (parfois coupées avec des excipients neutres). Ensuite sur le plan chimique les cannabinoïdes de synthèse sont souvent très différents du THC (et n’ont pas les mêmes modes d’action sur le cerveau. C’est pour cette raison que les effets des cannabinoïdes de synthèse sont si différents du cannabis. Ils sont généralement beaucoup plus courts (ce qui peut pousser à consommer de manière compulsive) et la plupart des consommateurs les jugent moins agréables. Il est difficile de parler en bloc de tous les cannabinoïdes de synthèse car il en existe un très grand nombre (c’est la catégorie la mieux fournie de tous les NPS !) et ce sujet mériterait à lui seul un travail que nous ne sommes pas en mesure de fournir ici. Retenez simplement que certains sont très puissants (des dosages au milligramme près) et qu’en général ils sont largement plus risqués que le cannabis aussi si vous décidez d’en consommer renseignez-vous bien sur des sites spécialisés comme psychonaut.wiki et des forums comme Psychonaut ou Psychoactif). Les hospitalisations suite à des consommations de cannabinoïdes ne se comptent plus (en Pologne, un shop a voulu anticiper sur l’interdiction prochaine d’un cannabinoïde qu’ils vendaient en lançant une édition collector 3 fois plus dosée qu’habituellement afin de se débarasser de leur stock. Résultat : plus de 150 hospitalisations !). Attention aussi aux produits présentés comme des substituts naturels au cannabis (« Spice », « orange dutch », « Nepalese balls »…) il s’agit en réalité de cannabinoïdes de synthèse pulvérisés sur des débris végétaux inertes (résine ou feuilles hachées)…

 

  • Autres : Il existe d’autres RC hallucinogènes qui ne rentrent pas dans les précédentes catégories. Ainsi du 2CB Fly, qui malgré son nom est plutôt éloigné du 2CB (les effets du 2CB Fly sont deux fois plus longs !) et qui pourrait avoir des effets sur la monoamine oxydase (ce qui signifierait qu’il faut faire extrêmement attention aux éventuelles interactions avec d’autres produits y compris des médicaments).

Il y a aussi le bromodragonfly, certainement le plus puissant des NPS hallucinogène, puisqu’une dose moyenne ne dépasse le demi milligramme (!) et provoque des effets hallucinogènes sur 72h voir plus… En 2009, un lot de bromodragonfly a été étiqueté par erreur sous l’appellation 2CB Fly (un produit dont la dose moyenne est 40 fois inférieure à celle du bromodragonfly), ce qui s’est traduit par plusieurs hospitalisations et deux décès de personnes en surdose. Cette tragédie met en évidence le risque d’overdose avec ces NPS hallucinogènes dont les doses mortelles sont beaucoup plus rapides à atteindre qu’avec des hallucinogènes classiques comme les champignons ou le LSD. Le bromodragonfly est vaso constricteur (il resserre les vaisseaux sanguins) et certains témoignages décrivent qu’au bout de deux jours d’effets intenses, les consommateurs peuvent avoir le bout des doigts et les extrémités qui bleuissent à cause du manque d’oxygène. Tout cela fait du bromodragonfly un produit que la plupart des consommateurs évitent de consommer, peut être devriez-vous faire pareil !

Enfin il existe encore quelques NPS hallucinogènes que nous ne décrirons pas ici, a priori ce ne sont pas des produits plébiscités par les consommateurs qui les classent parfois dans d’autres catégories comme celle des « délirogènes », des produits dont l’usage est généralement déconseillé en raison de la dangerosité et du faible intérêt de ces molécules en termes d’effet (risque de bad trips plus important, amnésie qui fait qu’on ne se rappelle plus de son trip, effets secondaires marqués etc). Quoiqu’il en soit, devant une nouvelle molécule que vous ne connaissez pas, renseignez-vous toujours au maximum en croisant les sources et, si vous décidez d’en consommer faites le toujours dans une démarche RDR, en commençant par une toute petite quantité puis en augmentant très progressivement.

NPS, RC, Legal highs