NPS & RDR

Dépendances 

Dernière mise à jour : 11-10-2018

Comme tous les produits psychoactifs les NPS peuvent entraîner différentes formes de dépendances. Or, si être dépendant n’est pas forcément problématique, se retrouver accroché à un produit sans l’avoir vu venir est souvent difficile à accepter. Pour éviter ça, le mieux est d’essayer de comprendre les mécanismes par lesquels fonctionne la dépendance au-delà de la vision binaire et simpliste que propage la société (« on est dépendant ou on ne l’est pas, point »). En effet plutôt que de parler de la dépendance on gagnerait à parler des dépendances au pluriel tant l’accroche à un produit peut prendre des formes variées. Au point que certains disent qu’il y a autant de façons d’être dépendant que de personnes dépendantes… Et même plus en comptant qu’une même personne peut être dépendante de plusieurs produits. Et aussi l’être différemment au cours de sa vie. Et… Bref, cette partie est là pour vous aider à y voir plus clair et à mieux anticiper. Si vous avez l’impression d’être déjà dépendant et que vous aimeriez que ça change, rendez-vous ICI-besoin d’aide.

Dépendance physique VS dépendance psychique

La dépendance physique est caractérisée par des symptômes physiques (courbatures, spasmes, délire, douleurs, troubles digestifs…), à peu près les mêmes pour tout le monde, qui surviennent en cas de sevrage (arrêt de la consommation). Habituellement, seuls les dépresseurs entraînent des dépendances physiques.

La dépendance psychique peut aussi entraîner des symptômes physiques en cas de sevrage (sueurs froides, courbatures…) mais ils sont variables selon les personnes. Tous les produits (et plus généralement tous les comportements qui produisent du plaisir et de l’excitation) sont susceptibles d’induire une dépendance psychique.

On a souvent tendance à penser qu’il est plus difficile de se débarrasser d’une dépendance physique que d’une dépendance psychique alors que c’est le contraire : en 1 mois d’abstinence, quel que soit le produit consommé la dépendance physique disparaît… Contrairement à la dépendance psychique qui peut durer des années et dont il est quasi impossible de se débarrasser. Attention donc à ne pas hiérarchiser dépendance physique et psychique et à vous croire hors de danger parce que vous n’êtes pas dépendant physiquement.

Les mécanismes de la dépendance psychique 

La dépendance psychique se traduit par des cravings, c’est-à-dire de fortes envies de consommer. Ces cravings sont souvent déclenchés par des stimulis extérieurs (odeurs, lieux, musique…) mais aussi par des émotions ou autres associations d’idées. La gravité d’une dépendance psychique ne se mesure donc pas à la quantité ou à la fréquence de la consommation mais à l’intensité et à la fréquence des cravings. Pour vous auto diagnostiquer vous pouvez vous poser ce genre de questions :

  • Lorsque vous commencez à consommer êtes-vous capables de vous fixer des limites et de vous y tenir ?
  • Etes-vous capable de refuser si on vous propose du produit ?
  • Vous arrive-t-il d’avoir des envies de consommer si puissantes et obsédantes que vous êtes pratiquement obligé d’y céder ? A quelle fréquence ?

Si vous voulez continuer vous trouverez d’autres questions dans le flyer repères de Technoplus ou dans le quizz « dépendance » de Psychoactif.

Lorsque certains contextes (milieu festif, quartier, travail…) déclenchent systématiquement des cravings, on parle de dépendance contextuelle. Pour limiter l’apparition d’une dépendance contextuelle il faut éviter de consommer systématiquement dans le contexte en question afin de casser l’association contexte – consommation.

Dans d’autres cas, la consommation d’un produit provoque un craving pour un autre produit, c’est le fameux « café-clope » dont les variantes les plus fréquentes sont alcool-stimulant (la descente d’alcool provoquant l’envie de se « remonter » avec un stimulant) ou stimulant-dépresseur (la descente de stimulant provoquant l’envie de se relaxer et de casser la compulsion avec un dépresseur). Là aussi la meilleure façon d’éviter qu’une pratique ne se transforme en dépendance et de ne pas laisser s’installer l’habitude, le systématisme, qui favorisent les associations d’idées.

La compulsion 

Un cas particulier : lorsque le craving est déclenché par la consommation elle-même. C’est souvent le cas de stimulants à durée d’action courte (par exemple le crack), qui entraînent un bien être de courte durée rapidement remplacé par une descente difficile qui se traduit par un fort craving. Le consommateur risque alors d’entrer dans un cercle vicieux où chaque consommation lui redonne finalement encore plus envie de consommer, qui ne prendra fin qu’au moment où il ne lui restera plus de produit. C’est ce qu’on appelle la compulsion.

Le mode de consommation joue aussi sur la compulsion : plus il est rapide (shoot, inhalation et à la limite transmuqueux) plus il induit de compulsion. A l’inverse un mode de consommation plus lent (notamment l’ingestion) diminue la compulsion.

Pour lutter contre la compulsion, il est donc possible de favoriser un mode de consommation plus lent (quelques rares personnes le font par exemple en ingérant la cocaïne), mais la meilleure solution est souvent de jouer sur le contexte, par exemple en limitant la quantité de produit disponible sur une session de consommation. C’est souvent difficile avec les NPS qui sont souvent vendus avec des quantités d’achat minimales (par exemple un quart de gramme) correspondant à un important nombre de doses. Certains consommateurs font alors le choix de détruire une partie du produit dès qu’ils le reçoivent. D’autres moins radicaux, font la même chose mais en se renvoyant l’excédent par la Poste pour le recevoir quelques jours plus tard. Enfin, pour lutter contre la compulsion, beaucoup de consommateurs choisissent de casser le cycle en prenant un dépresseur, souvent des benzodiazépines, afin de se calmer voir s’endormir. Attention toutefois à ce type de polyconsommations qui induisent des risques supplémentaires (cf mélanges, interactions).

 

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