Drogues & VHC

Réduire les risque de contaminations

Dernière mise à jour : 09-05-2016

En 1972, le parlement français vote un décret rendant obligatoire le fait de décliner son identité pour acheter une seringue dans une pharmacie. Une mesure qui a comme conséquence sur le terrain d’empêcher les usagers de drogues par voie intraveineuse de se procurer du matériel stérile et de généraliser les habitudes de partage lors de la consommation d’héroïne et de cocaïne. Abrogé tardivement, en 1987, ce décret est à l’origine de deux épidémies majeures parmi les injecteurs de drogues, le sida et l’hépatite C.

Une maladie longtemps ignorée, sur laquelle il importe aujourd’hui de connaître un certain nombre de généralités pour pouvoir évaluer au mieux les risques encourus et les opportunités de traitements.

Malgré la politique de réduction des risques mise en place à la fin des années 1980, c’est actuellement le mode majeur de transmission du VHC.

Cette politique – et l’échange de seringues en particulier – n’a pas obtenu le même succès contre le VHC. Selon les études, le risque de contamination serait, en effet, 150 à 800 fois plus élevé, notamment en raison de la survie du virus dans les conditions les plus diverses (exposition à l’air, résistance à la chaleur, aux désinfectants). Le risque concerne souvent beaucoup plus le petit matériel (cupule/cuiller, coton, eau…) que les seringues. N’allez pas croire que vous ne risquez rien si vous fumez ou sniffez.

Si vous consommez des drogues, assurez-vous d’avoir votre propre matériel (seringues, cuillers, filtres, eau, garrots, récipients, pipes, pailles…) et de ne pas le partager.

La contamination peut aussi intervenir faute de désinfection suffisante par la personne pratiquant l’injection. Nombre de transmissions du VHC se produisent en effet lors des toutes premières injections pratiquées par un tiers ignorant qu’il est lui-même porteur du virus. Une étude australienne a par exemple montré que le nombre annuel de nouvelles contaminations était près de dix fois plus élevé chez les personnes injectant depuis moins d’un an que chez celles qui le faisaient depuis plus de cinq ans.

Assurez-vous d’avoir votre matériel stérile, ne le prêtez à personne, et si vous devez passer par un tiers pour votre injection, vérifiez que celui-ci l’utilise et s’est a minima lavé les mains pour cette « initiation ».

Les études indiquent de même que le risque de contamination est plus important chez les injecteurs de cocaïne (dont l’usage augmente rapidement) que chez ceux d’héroïne en raison du nombre et de la fréquence des injections. La consommation de stimulants et de cocaïne est par ailleurs associée à un risque accru concernant les pratiques sexuelles et l’usage d’autres drogues.

Enfin, alors que l’injection de médicaments opiacés se répand dans certaines populations, plusieurs rapports d’experts ou conférences ont appelé à l’élargissement de la gamme des Traitements de substitution opiacés (TSO) à des formes injectables pour lutter contre l’hépatite C. Outre les bénéfices sanitaires et sociaux d’une telle mesure, tous soulignent en effet qu’en améliorant la rétention en TSO (la durée sous traitement), elle pourrait permettre de réduire la fréquence et les risques associés à l’injection et du même coup, la transmission du VHC au sein de cette population.