L'hépatite C, une maladie méconnue

Évolution

Dernière mise à jour : 09-05-2016

L’évolution de l’hépatite chronique varie considérablement d’une personne à l’autre et peut s’échelonner sur plusieurs décennies. La progression de la fibrose du foie n’est pas linéaire et dépend de plusieurs facteurs dont l’âge, le sexe, le poids, les coïnfections…

Sans autre traitement médical, sans alcool, sans surpoids, sans autre virus, sans hémochromatose (hyperabsorption du fer alimentaire par l’intestin), sans médicaments hépatotoxiques, environ la moitié des personnes atteintes développeraient une hépatite « minime » évoluant très lentement, avec peu ou pas de symptômes autres qu’une fatigue anormale et un faible risque d’apparition de cirrhose (maladie chronique du foie). Forme la plus fréquente, cette hépatite « minime » peut cependant devenir plus évolutive après 50 ans (lire « Facteurs d’aggravation » ci-après), notamment avec l’apparition d’une fatigue plus ou moins invalidante.

Selon les études, 10 à 40 % présenteront par ailleurs une hépatite chronique avec transaminases normales malgré la présence du virus. Les lésions hépatiques sont minimes et les cas de cirrhose rares sans autre facteur hépatotoxique (consommation excessive d’alcool, de certaines drogues et de nombreux médicaments, coïnfection…).

Enfin, environ un quart des personnes atteintes développeront une hépatite modérée ou sévère. L’échographie hépatique pouvant être normale chez certains, seule une biopsie hépatique permettra alors de la distinguer d’une hépatite chronique minime.

On estime qu’environ 20 % des porteurs d’hépatite C chronique développeront une cirrhose, selon la présence ou non de cofacteurs. 15 % à 20 % d’entre eux présenteront des complications dans les quatre ans, parmi lesquelles un cancer du foie pour 3 à 10 %.

canabisCannabis et Hépatite

Un point qui suscite souvent la polémique dans les milieux « cannabinophiles », le rôle du cannabis étant toujours sujet à de fortes contestations. Quid en effet de l’usage seul, sans tabac, de cannabis de bonne qualité ou d’autres modes de consommation comme la vaporisation, qui n’ont jamais été étudiés ? Il faudrait également pouvoir différencier l’effet du THC et celui du CDB (les 2 principaux cannabinoïdes).

Facteurs d’aggravation de la fibrose

De nombreux facteurs peuvent aggraver la fibrose hépatique, en particulier l’âge (plus de 50 ans), le sexe masculin, la coïnfection par le VIH ou le VHB, le syndrome métabolique (série de problèmes de santé ayant en commun un mauvais métabolisme corporel) et la consommation d’alcool. Selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une consommation excessive d’alcool correspond à plus de 21 verres par semaine chez l’homme et plus de 14 verres par semaine chez la femme ou plus de 6 verres en une seule occasion.

Le tabagisme sous toutes ses formes (cigarettes ou joints) est par ailleurs considéré comme un facteur d’aggravation de lésions hépatiques préexistantes, tandis que l’usage régulier de cannabis serait un « facteur prédictif indépendant » de fibrose sévère ou de progression rapide de la fibrose.

Enfin l’usage régulier d’un grand nombre de médicaments (en traitement ou en « récréatif »), en particulier de benzodiazépines, ainsi que celui de certaines drogues comme la cocaïne ou les stimulants, est lui aussi associé à l’aggravation de lésions hépatiques préexistantes.

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