L'hépatite C, une maladie méconnue

Épidémiologie

Dernière mise à jour : 30-04-2016

La prise en charge de l’hépatite C est un enjeu important de santé publique. Selon la dernière enquête épidémiologique nationale disponible en France, près de 400 000 personnes étaient porteuses d’anticorps contre le virus de l’hépatite C en 2004, soit 0,84 % de la population française. Parmi elles, plus de 230 000 étaient porteuses de l’ARN du VHC, donc atteintes d’une hépatite chronique. Mais 43 % d’entre elles ignoraient encore leur statut virologique, soit près de 70 00 à 100 000 personnes (dont 55 % de femmes). Chaque année, 4 000 à 5 000 personnes supplémentaires seraient en outre infectées par le VHC, dont 30 % d’infections nosocomiales (dentiste/acupuncteur/podologue/fibroscopie/coloscopie/tatouage…), soit plus d’un millier de personnes.

Mais ces chiffres varient fortement en fonction des populations. Alors qu’elle n’atteint pas 1 % dans la population générale, la prévalence de l’infection par le virus de l’hépatite C est ainsi particulièrement importante chez les usagers de drogues, qui continuent de payer un lourd tribut à cette maladie : 44 % d’entre eux étaient touchés en 2011 (enquête Coquelicot), et ils représentent encore 70 % des nouvelles contaminations. D’où la nécessité d’une réponse adaptée, non discriminatoire, et impliquant systématiquement les acteurs de la réduction des risques (RdR) et d’associations d’usagers de drogues.

Enfin, 25 % des personnes infectées par le virus du sida (VIH) sont également coïnfectées par le VHC.

Le VHC se transmet par le sang infecté, soit par contact direct, soit par l’intermédiaire d’un objet contaminé. Dans les pays développés, l’immense majorité (90 %) des personnes porteuses d’hépatite chronique ont été contaminées à la suite de transfusions de produits sanguins non-testés, ou par l’usage de drogues injectées ou sniffées. Dans les pays en développement, 90 % des contaminations sont, pour leur part, liées au manque de matériel à usage unique dans le cadre de soins.