Les traitements

Accès aux traitements

Dernière mise à jour : 10-07-2016

Les indications actuelles

Tous les consommateurs de drogues, quel que soit le stade de fibrose, peuvent avoir accès à un traitement contre l’hépatite C.

Initialement destinés à tous les porteurs d’hépatite C chronique n’ayant jamais été traités (naïfs) ou en échec d’un précédent traitement, les derniers traitements antiviraux apparus sont en phase de généralisation. Après s’être concentré sur les personnes dont la fibrose est au moins au stade F2+, selon le score Metavir, les coïnfectés VIH/VHC et les personnes en échec répété du traitement classique interféron pégylé+ribavirine,  tous les patients à partir du stade F2 ont droit aux nouveaux traitements puis tous les porteurs du VHC restants (F0 et F1).

Les experts de l’Association française pour l’étude du foie (AFEF) préconisent d’abandonner les traitements incluant de l’interféron pégylé pour les personnes atteintes des génotypes 1, 2, 4, 5 et 6, et de garder cette option pour le seul génotypes 3 dans certaines situations.

Suite à la  publication de 2 arrêtés le 10 juin 2016 élargissant les prises en charge des traitement de l’hépatite C, veuillez consulter la mise au point faite par SOS Hépatites :
Traitements contre l’hépatite C- Faites valoir vos droits !

L’élargissement indispensable

Voir disparaître l’épidémie d’hépatite C à l’horizon 2025 comme le prédisent ces mêmes experts nécessite cependant d’élargir rapidement ces indications à différentes populations, quel que soit le stade de fibrose :

  • Les personnes infectées par le génotype 3. C’est actuellement le génotype le plus difficile à traiter, sachant qu’au stade cirrhose, 24 semaines de traitement présentent un moins bon score de réussite (moins de 90 %) qu’un traitement deux fois moins long chez des personnes non-cirrhotiques (92 à 97 %). Traiter le plus tôt possible permettrait donc de réduire ce taux d’échappement.
  • Celles ayant des facteurs de risque d’aggravation, en particulier les personnes coïnfectées par le VIH ou le VHB dont la fibrose risque d’évoluer plus rapidement. Mais aussi celles en attente de transplantation, à la fois pour prévenir la réinfection du greffon hépatique par le VHC ou une aggravation de l’hépatite C après transplantation d’un autre organe que le foie.

Sont également concernées les personnes ayant une consommation excessive d’alcool, dont le rôle délétère sur la progression de la maladie a été établi.

  • Les personnes présentant des manifestations extra-hépatiques, comme le diabète, l’insulino-résistance ou certaines pathologies cardiovasculaires, mais aussi un état de fatigue et de faiblesse invalidants (ces malades ont désormais accès au traitement réservé aux fibroses sévères).

  • Celles ayant un risque élevé de transmettre le VHC, en particulier les usagers de drogues, les homosexuels masculins ayant des pratiques sexuelles à risque, les femmes ayant un désir d’enfant, les personnes vivant en institution, les détenus…

Un des meilleurs moyens de prévenir la diffusion du virus serait en effet de traiter systématiquement les personnes infectées et à fort risque de transmission, non seulement pour leur bénéfice individuel mais aussi collectif car cela réduirait le réservoir potentiel de contaminations.

Comme pour le VIH, réduire le nombre de personnes infectées en les traitant est un facteur important de prévention.

Obtenir des médicaments génériques par internet

Pour la France, L’ANSM (agence de sécurité des médicaments) n’interdit pas l’importation de médicament pour un usage personnel n’excédant pas 3 mois. En attendant la généralisation en France des traitement fin 2016, les personnes dont le traitement est une question de vie ou de mort à très court peuvent se procurer des médicaments génériques via le site http://fixhepc.com, un buyers club qui a testé les génériques et qui aide donc les patients à trouver les bonnes molécules et un fournisseur fiable. Le docteur James Freeman a récemment mené une étude sur les patients suivis par fixhepc.com qui démontre l’efficacité de ce traitement.

Cas particuliers

Coïnfection par le VHB

Toujours selon les experts, le traitement devrait être systématiquement proposé aux personnes qui sont aussi infectées par le virus de l’hépatite B qui évoluent plus rapidement vers les fibrose sévères ou la cirrhose que celles qui sont mono-infectées.

Usage de drogues

Les traitements sans interféron, bien plus courts, bien mieux tolérés et bien plus efficaces, permettent d’espérer une baisse du nombre d’usagers contaminés. Une modélisation récente a par exemple montré que traiter chaque année par antiviraux directs 1 % des usagers de drogues du métro de Chicago entraînerait une baisse de la prévalence locale du VHC de près de 20 % en vingt ans. Prévenir la transmission du VHC passe donc aussi par une généralisation du traitement, d’autant que les effets secondaires les plus lourds des anciens traitements sont normalement désormais écartés. La réponse virologique soutenue peut atteindre 96 % avec certains schémas thérapeutiques. Si une évaluation précise des consommations de drogues et d’alcool est toujours recommandée, un traitement de substitution peut être proposé en cas de dépendance majeure aux opiacés. L’usage ponctuel de drogues n’empêche en rien de traiter l’hépatite C d’une personne stabilisée, mais la garantie d’un bon résultat réside avant tout dans ces deux mots clés : usage « ponctuel » et personne « stabilisée ».

Incarcération

La prévalence du virus de l’hépatite C dans les prisons françaises varie de 4,8 % à 6,5 %, un « vivier » de contaminations en raison de la fréquence de pratiques à risques (usage de drogues, partage de matériels, tatouage artisanal, viols, etc.). Mais bien que la prise en charge thérapeutique de l’hépatite C soit soumise à de multiples contraintes (notamment pour la dispensation des médicaments), les traitements plus simples et sans interféron pourraient, là encore, faciliter l’accès aux soins des détenus. Encore faudrait-il qu’un dépistage leur soit systématiquement et régulièrement proposé et qu’un traitement initié en prison puisse se poursuivre sans interruption en cas de sortie ou de changement d’établissement.

La stigmatisation dont sont souvent victimes les personnes touchées par le VHC de la part d’agents de l’Administration pénitentiaire ou de détenus faisant le lien avec l’usage de drogues intraveineux nécessite, quant à elle, un gros effort d’éducation des acteurs concernés.

Coïnfection par le VIH

Après avoir diminué au cours des vingt dernières années, la prévalence de l’infection VHC parmi les personnes infectées par le VIH se situe désormais entre 16 et 19 %. Si les usagers de drogues représentent 54 à 63 % des personnes coïnfectées par les deux virus, la part des homosexuels masculins augmente depuis les années 2000, en raison de pratiques sexuelles à risque de transmission du VHC. Pour les experts, le risque accru de progression de la fibrose même quand la charge virale VIH est contrôlée justifie à lui seul de traiter tous les patients coïnfectés. Le taux de réponse virolugique soutenue étant le même chez les personnes mono ou coïnfectées, seules les interactions possibles entre le traitement de l’hépatite C et celui du VIH peuvent éventuellement jouer. La posologie du traitement VHC et celle du traitement VIH pourront alors être adaptées. Ces interactions sont consultables sur le site http ://www.hep-druginteractions.org.