Drugs dream

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mercredi, décembre 7 2011

journal d'une décro 2

cela ne fait donc qu'une journée et demie de manque et l'abstinence , bien installée dans ses membres, ses organes, son cerveau, lui rend le fait même d'être en vie impossible! quand toutes vos fonctions vitales deviennent perceptibles , c'est que quelque chose ne va pas; le coeur s'affole, le foie est comme un gros poids aigu qui vous comprime le ventre, juste sous la cage thoracique; que vos intestins se font si sensibles qu'un verre d'eau vous envoie aux wc de toute urgence; que vos muscles se figent sous le moindre effort provoquant des crampes douloureuses; que votre sueur vous devient insupportable à cause de son odeur et de sa quantité; que votre cerveau vous envoie un message unique: "trouves moi quelque chose! et vite!" il envoie aussi des images venues du passé, les mélangeant tellement au présent que votre futur s'en trouve irrémédiablement compromis ; l'espoir devient un mot inutile, vain, vide de sens ; un rire sarcastique vient vous secouer devant certains mots comme: bonheur; famille, amis...tout se colore de noir et le noir rejette toutes les couleurs, augmentant vos sensations de froid intérieur. ce n'est pas une dépression, non: c'est une déflagration de votre être total qui ne connait qu'un seul remède : un shoot .

il lui suffit pour cela de regarder jack d'une certaine façon, message si puissamment véhiculé qu'il comprit de suite son désir :monter à Dam.on peut noter au passage que les mots ne font pas tellement partie du comportement des accros; il n'est absolument pas indispensable pour les initiés; on s'en dispense aisément, le corps suffisant à passer les messages essentiels: "donnes moi en plus; on y va; on monte? on s'en met plein la tête, etc.." car la vie des accros se résume à l'essentiel :tout est centré autour du produit, ce qui représente un travail à temps plein..

Le voyage se fit comme dans une sorte de brouillard, le manque poussant à se dépêcher, à prendre de la vitesse, des risques aussi ,mais somme toute assez "contrôlés" ; on est en total adéquation avec la conduite, le véhicule qu'on ressent dans tout le corps, la moindre bosse vous secouant plus fort que d'habitude, la vitesse calmant les méfaits du manque.Quand on est dans l'action ,dans la certitude qu'au bout du chemin se trouvera le shoot tant voulu, alors le manque ,comme par miracle se met en "sommeil"; on devient capable de tout, alors qu'avant de décider de monter, on se traînait lamentablement ;il y a là une magie si puissante que les non initiés ne peuvent pas même imaginer.

La traversée de la belgique se fait généralement sous une pluie battante; petit état tout gris, on le passe comme si novembre y avait élu domicile; la frontière avec les pays bas réjouit le coeur et la pensée se projette alors sur le shoot qui va enfin être fait..on imagine la scène et pendant ce temps les éoliennes tournent au vent de la mer du nord, le pont de Rotter est englouti par l'asphalte, on file comme les gros nuages gris; le panneau à "l"éléphant" annonce bientôt notre sortie du ring; on arrive, on est trempé non pas de pluie mais de sueur, mais cela ne fait rien; on est arrivé; on sourit .

lundi, novembre 28 2011

journal d'une décro

Tania avait lu quelque part qu'écrire permettait de ne pas devenir dingue ;or, pour elle, déccrocher voulait dire devenir folle par moments ,moments si déstabilisants qu'elle les redoutait bien plus que la douleur, ou le malaise général qu'on peut ressentir quand on décroche. elle se demandait si les mots allaient permettre aux maux de rester à leur place, au lieu d'envahir son psychisme au point que les lignes de failles risquaient à tout moment de se fracturer , la laissant alors exposer à ses démons intérieurs, ceux là même que la came permettait de mettre à distance. Elle se savait hanter , et connaissait suffisamment bien ses fantômes pour redouter leur réveil .Or décrocher la mettait en danger , seulement elle ne pouvait plus continuer ainsi .

Cette décision d'arrêter , il a fallu des mois pour la voir enfin se concrétiser ; des mois de culpabilisation devant tous les gestes de préparation de son shoot, de la recherche d'une veine possible, des fixes sur le fil de la veine où au moindre tremblement le produit passe à coté; dégoût aussi face à tout ce sang rouge, parfois sombre, qui par gouttelettes , se répand un peu partout, fringues, sol, lavabo; elle craignait toujours que son jeune fils ne soit contaminer par une de ses gouttes, qu'elle aurait oublier de nettoyer; Mais l'ultime plaisir recherché à travers tous ces rituels etait la récompense , nécessaire finalité de tout ceci;Le glauque pouvait alors s'oublier le temps d'une montée..temps si court où le corps ,envahit de chaleur, de légèreté , d'allégresse, rencontrait un esprit apaisé, libre et enfin délivrer de toute peur. Abandonner un tel bénéfice relève d'une décision incompréhensible puisque en total désaccord avec la satisfaction totalitaire recherchée.

Cette décision n'est pas venue comme ça....il a fallu que le corps en soit l'élément déclenchant : ses veines se refusaient au fix, elles se défilaient en roulant, elles s'enfuyaient sous le terre de la peau, des muscles alors qu'au fix précédent, tout allait bien; les mots d'oiseaux comme on dit se mettaient alors à fuser: "la salope; la connasse; l'enculé de mes deux; l'empaffée; la putain"...qualificatifs qui s'accompagnaient d'un état d'esprit délétère, où la haine de soi prônait l'élimination finale de soi comme solution à ces défaillances qui à force rongent l'âme au point de la réduire en loque. on ne pense plus qu'à ça; on n'est plus que veines en déveine, on est en deuil du fix fini, mal fait, à moitié mis à côté , on se projette déjà dans la difficulté à venir, au prochain coup...

Voilà des mois que Tania sait que son destin etait d'arrêter ses fix tant aimés , connaissant l'état de ses foutues veines; mais ce jour tant redouté où plus rien ne serait possible était là, devant elle, son dernier fix mis en totalité à côté ,lui faisant alors un mal de chien dans la main ; son doigt était si gros que son petiot lui demanda comment elle s'était fait cela; il lui fallait mentir à cet enfant, et cela attisait sa haine de soi au point que de sales idées de mort se présentaient alors; cela était d'autant plus insupportable qu'elle ne pouvait pas "abandonner" ce fils tant aimé; elle se sentait minable, peu digne au fond d'être mère.

Elle n'en pouvait plus ; il fallait agir ; ne plus vouloir à tout prix faire entrer dans son corps la moindre aiguille , ne plus s'endormir comme un bébé repus quand son fix passait enfin dans son corps en attente de son suc vital. heureusement les temps avaient changé,et l'on pouvait cesser le fix sans souffrir du manque ,grâce aux produits de substitution.

Un dure combat contre soi allait donc commencer : parvenir à passer la journée sans céder à l'envie folle d'un fix....

mardi, novembre 22 2011

la racaille des escaliers

on m'a dit que vos troupes allaient
venir nous déloger de là
DEMAIN
mais c'est si loin, demain,
quand j'allume mon fourneau de bric et de broc
et voyage au delà de vos imaginations paysannes
si loin de vos rêves de gloires copiés sur la TV
moi je pars évitant
les hommes en noirs
brassards rouges au bras
rouge comme le sang qui gicle parfois au sol
quand l'aiguille perce mes veines
je ne vous verrais à peine dans la faible lueur de ma pipe
dans laquelle l'herbe magique m'amène aux paradis
que j'imagine tout noir, illuminé par les fées et lutins
qui mènent la ronde des étoiles
que ma langue goûte de leur douceur
il parait que vous serez nombreux pour dégager à coup de haine
les escaliers hantés que vous nommez squatter
mais demain est si loin
quand j'aspire la ligne blanche ,franchissant ainsi
les interdits factices
quittant le bois sales des escaliers grinçant
sous vos pas bottés
et vous écraserez ma pipe si jolie
venue du vieil Afghanistan encore vivant malgré vos bombes%% et la pipe de vair aux fumées interdites
les fils de cuivre laissés pour compte
les bouts de shit lovés dans les rainures
du bois noirçi par nos culs assis là

il parait que c'est pour demain
mais je ne suis plus là , le corps est vidé
et mon âme partie ne veut pas revenir
vous briserez mon corps le confondant avec
un vieux sac de vêtements à l'abandon
mais nul ne me pleurera
surtout pas vous, héritiers des barbares
dont on voudrait que nous remontions tous
Huns, viking, gaulois réduits en poussière
mais plus vivants que nous, les "racailles" des banlieues
sursitaires de vos désirs d'écrasement
au nom de la salubrité publique

dimanche, novembre 20 2011

le shoot du matin

allez ; on déballe la pompe nevershare , tiens une bleue, c'est gaie comme couleur ; un stérifiltre, le matos bien sûr qui fournit la pompe ...on prépare vite vite parce que ça urge le manque lui monte vite le matin et on trouve que tout pue surtout soi.

c'est le moment mirifique, mirobolant du shoot...

et m....impossible! pas de veine, c'est peu de le dire!
alors là, la rage monte à l'assaut de l'âme et on se met à se haïr plus surement qu'un facho ne peut haïr un robeu....la rage rend aveugle ça c'est connu...on ne voit plus rien, on ne peut plus regarder ses veines ou alors avec une telle haine qu'on risque de se taper là où ça ne passera pas ...et on sera bon pour un abçès qu'on ne soignera qu'in extrémis...



on déballe une nevershare blanche, le coté neutre parait ce matin plus en accord avec le temps qu'il fait dehors bien qu'on n'y ai pas pris garde...
on recommence le rituel éternel et là ce matin ça marche du premier coup ; allez savoir pourquoi!

et c'est bien cela la magie des matins ...la plupart du temps ça passe; le shoot passe dans les veines et alors tout le reste ne compte plus; les galères, les déprimes, les infos, les triples A , les accidents nucléaires, marine le pen, tout ça disparait ,cachés derrière la magie infiniment efficace des produits stupéfiants..; réellement stupéfiants!

la couleur de la pompe joue t elle un rôle dans la réussite du shoot? étrange question, non ? et bien sachez que les blanches favorisent une réussite rapide, les bleues échouent souvent, les jaunes se bouchent parfois, sachant que là, il n'y a absolument rien de rationnel dans ce constat des couleurs....c'est l'esprit qui est irrationnel et souvent, il commande à nos actes les plus "space"...

rien n'est vrai ; rien n'est faux...question de matin blême sans doute

mardi, novembre 1 2011

cri pour l'afrique

derrière nos paravents
nous vous avons vu
vous éteindre de faim
derrière nos paupières entrouvertes
nous vous avons poussé aux crimes
et nous venons chez vous
en récolter les richesses
derrière nos avoirs
nous avons ignoré vos cris
avons exploité vos enfants
les réduisant à assouvir
la sexualité vieillissantes des blancs

avec notre puissance
nous avons bombardé vos pays
vendu vos terres aux plus offrants
jeté sur les routes des hordes de peaux noires
qui montent harassées vers nos frontières fermées

avec notre indignité
nous avons clôt nos portes
barricadé nos fenêtres
et vos souffrances viennent s'y échouées
mais nos yeux sont aveugles
et nos coeurs sans âme
n'entendent plus l'Afrique mourir

lundi, octobre 24 2011

ATTENTION A LA COLERE DES PEUPLES

Je suis effarée devant l'actualité ; l'europe est malade de ses dettes, où plutôt des spéculateurs qui ont fini par avoir sa peau. aujourd'hui , pays par pays, démocratie par démocratie, les idéaux anciens sont relégués dans les musées, comme des curiosités exotiques : liberté, égalité, fraternité par ex sont des termes antinomiques avec l'idéal économique qui se déploie devant nous :déréglementer tous les droits et devoirs...la fiscalité est devenue le seul et unique discours entendable, recevable pour nos dirigeants qui ont poings et pieds liés au système bancaire . quand on dit "sauver la grèce" en versant des milliards en réalité on permet l'enrichissement rapide de très peu au détriment du pays concerné ; celui ci se retrouve dramatiquement exangue, sans travail, sans salaire, sans services publics , mais en devant payer des dettes qui ne font que monter...de mois en mois l'europe s'appauvrit, les spéculateurs s'enrichissent, les banques se sucrent....

ah! il ne reste que 48heures pour sauver la france et l'europe à la sauce mastricht ...mais comment sauver une zone économique quand ceux qui lui mettent la pression ne croient même pas aux décisions prises?

AAA les fameux trois A ..ils ont assassiné plus surement les états que leurs dirigeants eux mêmes...

Mais que veulent les investisseurs? personne le nous le dit.

Moi, pauvre petite femme dans un pays autrefois riche, voit bien que derrière tout ça c'est l'idée même de pays qui est morte ; l'europe est un monstre qui va broyer ses populations afin de les formater à des changements inimaginables il y a peu

C'est la démocratie qui est morte

seul un fascisme dur sera le moyen utilisé par les ex états afin de nous obliger à digérer le nouvel ordre mondial qui s'est fait sans nous...

on en voit d'ailleurs les bases posées au Maghreb ; la libye délivrée par la très chère ligue de la liberté , a déjà annoncé la couleur :islamisme , sans même passée par les urnes...c'est tout dire! la tunisie : islamiste....

si vous avez des amis arabes vous avez pu remarquer leur indignation devant ces manipulations politiques qui présagent des jours fort sombres pour l'ensemble du monde

d'ailleurs si vous avez la TV vous pouvez remarqué aussi que ces derniers temps de nombreuses émissions reviennent sur la derniere guerre mondiale...ce n'est pas pour rien....

alors quand mr guaino dit "attention à la colère des peuples" je ne me sens pas rassurée; il ne dit pas cela dans le but de nous protèger à travers des mesures économiques qui nous seraient favorables, non, il annonce juste qu'il faut que les dirigeants se tiennent prèt à réagir s'il le faut...

nous sommes en état de guerre; guerre économique avant tout mais qui va dériver vers d'autres horizons

un monde va naitre des cendres de celui ci

mardi, octobre 18 2011

chimères interdites

J'en ai pour 96 heures...autant que les terroristes....

On m'a fouillée, ôtée ma dignité en guettant au fond de mon cul, comme si celui ci recelait la planque de came qu'ils n'ont pas trouvé chez moi; puis photographiée, en prenant bien soin de me tirer le pire portrait de mon visage, que je ne reconnaîtrais pas moi même si on me le présentait ; on m'a vidée les poches, et on m'a indiqué le chemin de la cage. glacière digne d'une poissonnerie, avec les odeurs malsaines qui s'immiscent partout; une couverture pleine de merde gît là, sur le bas flan sur lequel on est sensé s'installer pour de si longues heures...96 heures! inouï! faut il si longtemps pour arracher des confidences sur le comment du pourquoi? si on y regarde de près, il y a derrière ce temps une somme de souffrances physiques et morales sur lesquelles ils comptent afin que les aveux soient plus complets ; que les dépositions soient à charge de soi même et d'autrui.mais c'est sans issue ; jamais je n'ai accepté un tel deal ; au contraire : plus on me contraint, moins j'avoue ; telle est ma nature.

le temps joue contre vous; c'est ça la philosophie de la garde à vue . C'est juste oublier qu'on peut parfaitement voir les choses autrement : le temps est limité à 96 heures...c'est long, très long, mais très court si l'on songe à l'éternité.le fait qu'il y ait ainsi une limite permet d'échapper à leur visée ; dans les pays de dictature, le temps n'a pas de borne: là est la vraie torture! ne pas savoir quand on ressortira; ne pas savoir si on en sortira. mais ici, en France, pour l'instant, les choses ont leurs codes bien établis ; aussi peut on résister à tout, puisque le jour se lèvera sur la libération, qu'elle soit en direction du dehors, ou de la prison, au final peut importe , du moment qu'on puisse enfin dormir dans un lit propre, qu'on puisse se laver, recevoir des soins; la garde à vue elle, vous laisse mijoter dans votre jus, et celui ci est horrible surtout quand vous êtes en manque ; et celui ci monte à fur et à mesure que le temps passe. Telle est la torture qu'on vous a concocté afin de vous faire avouer; Certains craquent très vite, d'autres non. Nous ne sommes pas égaux devant une garde à vue, je m'en suis rendue compte à mes dépends...des "amis" vous jettent aux flics afin de se sortir de là au plus vite, oubliant les serments faits autrefois, autour de gros joints ; l'idéologie qui faisait nos fiertés - être libre de tout, être différent, être solidaire- tout cela est jeté aux orties ; sauve qui peut; et c'est la débandade à a grande joie des inspecteurs qui d'ailleurs montrent leur mépris devant ces déballages ; je les comprends! sauf que eux ils ne comprennent rien d'autre que ce qu'ils veulent obtenir de nous: qu'on se balance les uns les autres ; en général ça marche; dès le soir du premier jour, la moitié s'est mise à poil :"oui j'ai consommé, oui c'est l'autre qui vend; oui c'est bien tel prix; telle prise; tel voyage; telle heure..avec certains la machine à écrire peine à suivre le flot de paroles....le sourire aux lèvres, l'inspecteur vient te voir et te dit "t'es cuite ma vieille ; ça bave là haut"....pendant que j'en bave en bas; frissons incessants, envie de gerber , les boyaux à l'envers, les jambes en déroute, l'âme en berne....le manque monte avec le soir et la bave aux lèvres je les maudis tous, les balances.

je les vois sortir un à un, tête basse pour certains, fuyant pour les autres. On reste à 4 sur 30 . on est fait, on le sait , on s'en balance.... les jeux étaient fait déjà bien avant de tomber; on le savait! la jalousie, la bêtise, la peur, le manque , tout ça on l'avait bien vu dans leurs regards de traitres; ils ne pensaient qu'à eux, leur conso, leur sous, leur vie. ils te flattaient bien sûr, puisque tu avais le matos; mais tu savais bien qu'ils te le feraient payer un jour ; ta force devient ta faiblesse ; tu as osé dealer , pour toi, pour eux; ils t'en veulent parce que tu as des couilles; il faut bien que quelqu'un s'y colle au deal non, monter à rotter, à dam, prendre les risques...ça compte et ça se compte; Alors ils t'en veulent, ils en veulent ; toujours plus; toi aussi ;le piège se referme; tu deviens le phare autour duquel tous tournent....jusqu'au jour où tout tombe.

Et toi, au bout des 96 heures, tu pars enfin !

bonjour la santé

vendredi, octobre 14 2011

ah! la politique!

il est temps de se situer; certains s'indignent grâce à ce vieil homme, Stéphane Hessel qui a pu publier "indignez vous!" ; j'écris "qui a pu" car je pense que le monde de l'édition, comme celui de la presse, commence à être intoxiqué par des censures venues d'en haut...on n'en a pas fini avec ça , la censure; elle ne fait que montrer le visage encore "civilisée" de la barbarie qui risque bien de devenir notre lot quotidien.

je suis intimement persuadée que la crise économique qui ravage nos pays est le prémisse d'horreurs à venir...je sens le racisme devenir légitime, je le sens s'installer à la place de la pensée rationnelle , et que son nouveau visage sera pire que celui qu’Hitler a imaginé ...on va dire que j'exagère; mais ce n'est qu'une question de degré: nous avons des moyens bien plus sophistiqués qu'en 40 pour exterminer des foules bien caractérisées : les anars, les gauchistes, les délinquants, les communistes, les penseurs pas satisfait de ce qui va se commettre au nom de l'ordre; les petites gens à foulards; les bruns, bronzés, les plus clairs mais pas "français" ; tout opposant connu ou dénonçé ...

l'Argentine des années 70 sera un exemple ; on applique déjà les mêmes formes de fascisme un peu partout dans le monde; en ce moment .

La crise est un monstre qui a pour objectif de détruire de façon radicale et irréversible un type de société: la république ; la démocratie ; la solidarité entre un même peuple ; j'ai entendu F Bayrou dire qu'il fallait absolument imiter l'Allemagne : supprimer RMI; RSA; le salaire du chomage; les aides etc.que cela était la solution à la crise...comme cela ne pourra se faire dans la civilité, on aura donc la barbarie comme réponse à nos oppositions.

un journaliste allemand a démontré que la dette grecque permettait de s'enrichir grâce à l'argent public des états ; l'immense arnaque qui se joue tous les jours sous nos yeux aveugles est donc voulue, organisée, calculée...les hommes politiques n'ont jamais été aussi petits qu'en ces temps de destructuration des états..un par un; mois par mois ..noel ne sera pas la fête qu'on a pu connaitre autrefois...

les écoles se vident de leur profs; les commissariats perdent des policiers laissant les gens exposés à des peurs au quotidien; mais que se passera t il quand on descendra dans la rue protester quand on aura perdu notre triple A ? que nos porte monnaie seront vides pour de vrai? il n'y aura donc pas assez de policiers; alors on aura l'armée en lieu et place; et on sait tous comment se comporte l'armée quand elle doit mater des "révoltes" ; on sait qu'elle ne partira plus des rues...

qui donc souhaite voir s'effondrer l'économie mondiale?

qui a tout intêrêt à ce qu'on bascule dans les années noires?

qui?

lundi, octobre 10 2011

cruauté de l'amour

Elle n'avait pas de prénom ; je savais juste qu'elle était mère d'un petit gars de 5 ans, moi pas. Elle traînait dans un bar juste à coté du boulot de mon mec; lui s'y rendait de plus en plus , boire sa bière, ses bières , entre deux clients de sa boutique. c’était bien pratique de bosser comme ça juste à coté du bar; il pouvait guetter de son siège si un client passait sa porte; en attendant, il pérorait , se gargarisait de ses pensées, et surtout il la voyait ; A l'époque je sortais de l'enfer de l'HP , chargée à mort d'anti dépresseur, anti psychotique, de correcteurs, d'anxiolytique ,de myorelaxant...tout ça parce que le psychiatre ne croyait pas aux fantômes, ni aux perceptions extra ordinaires que peut ouvrir à l'esprit le LSD...j'avais accepté un deal qui allait précipiter ma perte : déccro du sub...des mois d'enfermement à l'HP, des mois que mon mec venait mec venait m'apporter des pompes pré-remplies de sub, de came ..bref des extra au quotidien..personne ne le sut.

Pour mon pire avenir, je sortis donc de la dedans "destroy" aux cachetons, à peine déccro finalement du sub et du reste; nous commençâmes à "monter" tous les weekends , afin de se faire des fêtes à la coke, au crack, sublime poison appelant le renouvellement des substances à un rythme fou. seulement, mêlé aux cachets des psy, la cc ou le crack finit par me provoquer des crises d'épilepsie ; j'en faisais au moins une par jour. je n'ai pas réalisé alors à ce moment là l'étrange attitude de mon mec ; lorsque je tombais raide la tête la première sur le pavé, jamais il ne bougeait de sa place; il attendait que je me relève seule; je le voyais à l'envers: tenant son garrot dans ses dents, il s'envoyait son shoot pendant que je tentais désespérément de rassembler mes pensées, éclatées par la crise. il faut en avoir faites de ces crises pour comprendre la terrible désorientation qui vous démolit peu à peu tout repaire , et vous laissant assez défragmentées pour ne pas bien saisir ce qui se jouait là, vous par terre, lui froid comme un serpent , croquant la pomme du paradis chimique. on dit que l'indifférence tue; elle ne m'a pas tuée, mais marquée à vie.

Une fois mon "pécule" évanoui dans les prods , je devins donc plus dépendante de mon mec; on ne monta plus ; il me laissait la journée entière seule dans un appart crade, froid, vide de vie; seul mon chat me parlait.les "amis" attirés par les prod de qualité qu'on avait s'étaient aussi subtilisés dans la nature, puisqu'ici il n'y avait plus rien à consommer. Je passe sur les heures vides où seul le "big deal" de lagaffe apportait un peu de bruit, le temps passé à ne plus bouger de mon lit au point de souffrir quand je changeais de position...la solitude peut tuer; elle ne l'a pas fait.

et un jour, comme ça, mon mec me dit "dehors" ; Pas mariés, pas de papiers pour partager les biens communs ou que je croyais naivement être commun, je n'avais aucun droit juridique, ou du moins il me le dit ainsi "dehors" ..

Je partis avec ma tenue sur moi, quelques livres, un change, et ma voiture.

j'appris bien plus tard que je fus illico remplacée par la personne du bar; elle vint tout naturellement dans mon lit, son fils à leur coté .Leur petite vie alcoolisée aurait pu durer , mais non. Après une soirée plus arrosée que la précédente, des lignes de came en plus, ils allèrent se coucher. Au matin, ce fut le petit garçon qui vint réveiller sa mère, couchée sur le coté, avec mon ex mec. Lui dormait du sommeil du juste; il n'a rien vu venir; L'enfant lui dit "maman est bleue" ; elle etait morte dans son sommeil.

l'enfant fut rendu au père naturel; la mère à la terre; mon ex trouva une nouvelle copine, vieille connaissance avec qui nous fîmes souvent la fête, dans d'autres temps plus propice au bonheur. son mec était mort du VHC quelques années auparavant.

quand j'appris cette histoire, j'avais abordé d'autres rivages; une nouvelle vie s'ouvrait devant moi, avec un petit garçon en prime. il me vint à l'esprit que mon ex avait eu que ce qu'il méritait. je l'imaginait le matin fatidique, quand il dût se lever du lit de la mort....lui, habitué à laisser les femmes par terre ...

ne dit on pas que la roue tourne? que la mal que l'on fait vient un jour se venger? pour lui en tout cas tel fut le cas. j'en tirais sur le coup une certaine satisfaction , il faut bien le reconnaitre.

dimanche, octobre 2 2011

PRISON POUR FEMMES

lorsque la nuit tombe, elle crie car elle se fait mal, en général . Et du coup, elle provoque en nous des résonances de souffrance , qui en s'entremêlant, se confondant, nous fait voir la vie comme une inutile perte de temps, et nous fait souhaiter la fin de tout ce bazar .

Ceci est d'autant plus vrai qu'en on se retrouve enfermé dans une cellule . les 9 m2 divisés par deux ou trois personnes présentes dans le même espace imposent une réelle claustrophobie et une haine de soi et parfois d'autrui. comment supporter l'intimité des autres, alors que la sienne propre est offerte aux regards, ouvertes à leurs jugements, comme notre cul peut l'être quand on chie devant les autres, à peine caché par un muret? le mélange des odeurs est carrément épouvantable : café , clope, urine, merde, bouffe, parfois un relent de parfum vient rendre encore plus glauque les odeurs des unes et des autres.

On tourne en rond dans ces espaces confinés , et les pensées elles ne tournent plus du tout rond..le phénomène de la défragmentation est alors en route : on se voit comme on verrait une étrangère , on se pense ici, là bas, avant, maintenant, hier à disparu ; seul se condense un temps qui fait se fusionner le passé et le présent. Maman donne à manger, alors que la porte de la cellule est fermée et que l'oeilleton te regarde froidement; tu imagines le maton mateur et la haine peut alors apparaitre et te faire dire des insultes..et ta codétenue le prend pour elle, et te le fais payer avec un marron dans la tronche. Pas grave, tu n'es pas là vraiment, alors un coup aide à se sentir encore vivante ; la violence en prison est signe de bonne santé ; elle prouve l'existence de soi, d'autrui, et la baffe devient alors salutaire pour les deux parties ; on est encore en vie.

Le manque lorsqu’on est enfermé, est une torture de l'âme et du corps qui vous fait totalement oublier le dehors, le dedans, ou bien vous les fait se confondre en une mélasse de douleurs indomptables, de crispations des membres que nul mouvement ne parvient à atténuer, vous voyez l'image du virus du VIH ? une boule avec des pointes autour, et bien voilà à quoi je ressemblais alors. J'étais tourner sur moi même , en rond autour de mes organes en souffrance, et percevant l'extériorité comme des pointes acérées qui venaient me titiller de façon perverse , un peu comme un mal de dent qui vous lance, mais que vous ne cessez de relancer en passant la langue sur la zone malade ; La moindre injonction des matonnes faisait monter la douleur d'un cran; une lettre pas donnée alors qu'elle était attendue accentuait le manque de façon hallucinante. tout n'est qu'agression.

des mois ont passé en mon "absence" ; le temps s’était tout à la fois étiré rendant une minute identique à une heure, mais aussi réduit à une telle peau de chagrin que les mois filaient et que moi, je restais identique à moi même, malade. L'été vint et avec lui la chaleur; la consolante chaleur; le médicament gratuit, délivré sans ordonnancement des temps légaux, et pour cela il s'avérait bénéfique; les tremblements cessèrent, le froid intérieur reculait , le soleil ajoutait de la lumière chaude là où les pensées puaient le frigo du légiste; le corps repris son rythme vital offrant enfin une paix relative à l'âme.

tout ça pour quoi? pour qui

je sortis et fis un shoot comme je n'osais même plus en rêver moins d'une heure après avoir franchi la porte de fer qui m'avait séparer de la vie. Punition inutile, vaine, l'incarcération d'usagers n'apporte absolument aucune solution au problème des consommations de dopes, illicites ou pas. et à l'époque, si on m'avait condamner à mort, j'aurai demandé non pas un repas avec un coca, mais un shoot de speed ball ; comme quoi....

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