Donations

No one must be punished, because of the thing he puts in his own body / Personne ne doit être puni à cause des choses qu’il met dans son propre corps.

Ethan Nadelmann

Cette année 2017 commence par un appel à nos lecteurs, à notre public, à nos soutiens fidèles. ASUD fait appel à vous pour réaliser son 60e numéro. La politique de subvention qui nous faisait vivre jusque là est en train de se réduire comme peau de chagrin, malgré les efforts consentis par notre dernier bailleur, le Ministère de la Santé. Le rêve de vingt cinq ans qui voit croitre et prospérer en France une association de consommateurs de substances illicites a plus que jamais besoin de votre soutien actif pour continuer à exister.

Qui sommes nous ?

ASUD, (Auto-support des Usagers de Drogues) est une association qui regroupe des usagers ou des ex- usagers exposés ou ayant été exposés aux risques liés à l’usage de drogue.

NOTRE MISSION : informer les usagers sur les risques et les dommages entrainés par la consommations et contribuer à la  promotion de la santé au sein de la communauté des consommateurs de substances illicites. Notre démarche relève de la santé communautaire, auquel renvoie le terme d’auto-support (une traduction du self help anglophone). Depuis 25 ans,  nous nous adressons aux  usagers de drogues car nous connaissons leurs pratiques, leur mode de vie, leur langage  et nous savons que c’est la meilleure solution pour favoriser l’appropriation des comportements de prévention.

A ce titre, nous sommes subventionnés par les pouvoirs publics depuis notre création en 1993. Nous avons joué un rôle déterminant dans le changement de comportement des usagers de drogues, comme en témoigne la baisse des contaminations par le virus du sida. Victime de notre succès, cette réussite est en partie une des raisons de nos difficultés actuelles. En 1993, le sida était une maladie mortelle, il n’y avait pas d’alternative à la prévention, et le sida du à l’injection représentait près de 30% des contaminations. Aujourd’hui, le sida ne fait plus peur, la baisse des subventions est générale et nous en souffrons d’autant plus que nous sommes devenus une des populations la moins exposée aux risques, soit moins de 2% des nouvelles contaminations par le virus du sida depuis les années 2000. L’urgence sanitaire d’alors a justifié le soutien des pouvoirs publics aux marges de la loi, puisque l’usage de drogue est criminalisé en France.

Or si le risque sida a été surmonté, il reste bien d’autres risques sanitaires auxquels s’exposent les usagers de drogues. C’est particulièrement le cas de l’hépatite C, une priorité de santé publique qui affecte entre 200 000 à 300 000 usagers, avec 3000 décès par an. On a parfois dit que la réduction des risques, efficace contre le sida, se montre inefficace face à l’hépatite. L’expérience suisse montre qu’il n’en est rien : la lutte contre le VHC exige une nouvelle mobilisation qui réponde à l’évolution des usages et des prises de risques.

Quelles sont nos missions ?

Au cours des années, nous savons acquis une expertise basée sur l’expérience et validée par de nos partenariat multiples avec les chercheurs, les praticiens, et les institutions. Seule association issue du champs des drogues illicites à être agréée au nom de l’article L. 1114-1 du code de santé publique pour représenter les « usagers du système de soins pris en charge pour des questions relatives à leurs usages de drogues ou leur dépendance » (Arrêté du 06 juillet 2012 -JO du 18 juillet 2012) nous sommes très régulièrement sollicités à ce titre. Nous avons démontré notre capacité à entrer en relation avec des usagers qui ne sont pas en relation avec les services socio-sanitaires et à favoriser leur responsabilisation.

A plusieurs reprises au cours de notre histoire, nous avons été remis en cause : à chaque changement de gouvernement, nous avons du démontrer l’utilité de notre action. En France, la démarche de santé communautaire est peu développée et personne n’imaginait que les usagers de drogues soient en mesure de protéger leur santé, et d’une façon plus large de se responsabiliser. L’OMS toutefois en a tiré les leçons, et recommande désormais le développement des politiques de réduction des risques dont les associations d’auto-support sont un des principaux outils. Il serait paradoxal que la France qui a réussi à surmonter l’épidémie de sida et la catastrophe de l’héroïne finisse par étouffer cette action pionnière alors que la nouvelle loi de santé de publique promeut à la fois la participation des associations de patients agréées et la réduction des risques liées à l’usage de drogues.

Pourquoi faut-il nous aider ?

Notre financement annuel a été réduit en 5 ans de 50 % essentiellement du fait de réductions budgétaires liées à des opérateurs publics (INPES, MILDECA, ARS). Notre statut officiel d’association de patient n’est pas aujourd’hui une garantie de pérennité financière du fait du manque de clarté des lignes budgétaires affectées à cette mission et récemment le SIDACTION nous a signifié la rupture d’un partenariat double décennal du fait de la rareté des informations VIH présentées par ASUD. Encore une fois nous sommes victimes de notre succès.

La situation est telle que nous avons les plus grandes difficultés à continuer la publication du journal d’ASUD, une revue qui représente la part la plus identitaire de notre action. Ce journal est à la fois notre raison d’être historique et un lien reconnu par la communauté des usagers de drogues. Adossé à un site internet consulté par usagers par an. Nous sommes la première et la seule association d’auto-support a publié un journal dont la qualité est reconnue par tous. De 4 numéros annuels nous sommes passé à deux parutions en faisant appel de plus en plus à un bénévolat difficile à mobiliser dans une population fréquemment précarisée socialement. Chaque numéro du journal est une prouesse que nous ne pourront plus accomplir sans une équipe consolidée.

Toutes ces raisons nous conduisent à rechercher un financement spécifique de notre publication ASUD journal, afin de pouvoir autonomiser cette partie essentielle et unanimement appréciée de notre travail. Un financement sécurisé de la maquette, du secrétariat, de la rédaction, de l’iconographie et plus globalement de l’ensemble de la rédaction. Cette autonomie financière du journal et du site serait de surcroît la condition sine qua non pour réorganiser sereinement le mode de financement d’ASUD qui se déploie actuellement sur d’autres schémas organisationnels.

Comment nous soutenir ?

Vous pouvez dans l’ordre :

  • Nous soutenir financièrement avec un don quel que soit le montant, aussi minime soit-il, affecté au financement du prochain numéro d’ASUD journal (n°60)
  • Nous soutenir en prenant un abonnement au journal d’ASUD ou en achetant les produits mis en vente sur la E-boutique d’ASUD.
  • Relayer cet appel auprès de tous vos contacts.