“Le cœur de la princesse”, légende chinoise

Le fils d’un pauvre pêcheur arrive à la ville. Il doit y apprendre le négoce sous la houlette d’un marchand mandchou. Un jour, il se promène au hasard des rues et entrevoit derrière une persienne un visage féminin. “ Qui est-ce ? ” demande-t-il aux voisin. “ la fille du gouverneur, lui répond-on, la beauté la plus parfaite de tout le pays, et la plus jolie princesse du monde ”.

Immédiatement frappé d’un amour insensé, le jeune homme se meurt de langueur. Grâce aux douteux services d’une vieille entremetteuse, il parvient à rencontrer sa princesse. Il est pauvre, mais jeune, beau, éloquent et surtout amoureux. Les princesses d’alors avaient fort peu de divertissement. Et se laissaient séduire par les pêcheurs audacieux. Tout deux vivent de longs moments d’extase clandestine…

Mais cette trop belle histoire tourne mal. Quelques cafards vertueux informent le gouverneur de l’inconduite de sa princesses, la fait brûler vive dans sa demeure. Alors que la maison est en flammes, le petit pêcheur rêve de sa belle, qui lui murmure dans un soupir :

“ Cours dans mon château détruit, fouille par tout, dans les ruines et les cendres éparses. Tu trouveras une petite pierre triangulaire et transparente : c’est mon cœur pétrifié ”.

Le pêcheur s’éveille, se rue dans les décombres, fouille, tâtonne, découvre le minuscule trésor, le serre sur sa poitrine. Grâce au précieux caillou en forme de cœur caché au chevet de son lit, le pêcheur retrouve chaque nuit sa princesse blottie au creux de ses bras.

C’est fort bien d’avoir un spectre comme amante ; mais les convenances sociales imposent de prendre une épouse moins éthérée. Notre héros se marie, comme tout pêcheur qui se respecte. Sa femme, jalouse et suspicieuse, s’indigne qu’il attache tant de prix à un aussi stupide cailloux. Un jour en son absence, elle saisit la pierre dans un mouvement de colère et la lance de toutes ses forces sur le pavé de la cour. Le petit cœur transparent se brise en mille éclats. Le pêcheur est fou de chagrin. Mais sur l’emplacement de chaque esquille une plante à hautes tiges pousse soudainement et donne des fleurs aux corolles blanches et mauves. Dans un ultime songe, la princesse apparaît à son aimé :

“ Par la faute de ta femme, tu m’as perdue à jamais. Tu ne me verras plus, mais je te laisse un remède souverain contre le désespoir. Prends la couronne des plantes qui ont surgi dans ta cour, tires-en le suc et épure-le par le feu ”.

Le pêcheur ordonne à sa femme de préparer la substance et retrouve la paix du cœur. Depuis lors, l’opium existe, pour que les épouses légitimes aillent le cueillir.

extrait de “ La drogue dans le Monde ” d’A. Coppel et C. Bachman

Ibogaïne aux USA

La dépendance aux opiacés et à la cocaïne soignée grâce à l’ibogaïne, un produit tiré de l’iboga, drogue traditionnelle des sorciers camerounais.

C’est la solution que proposent, à l’initiative des groupes d’autosupport d’usagers de drogues, certains thérapeutes américains. Bien que l’ibogaïne soit actuellement très difficile à trouver aux USA, de nombreux spécialistes US se font les avocats d’une extension de son usage thérapeutique.

Dans la mesure où ce produit, malgré son actuel statut de semi-clandestinité ni légal ni illégal, ne figure pas non plus sur la liste américaine des stupéfiants, il semble que le NIDA (National Institute on Drug Abuse), qui est le plus important organisme spécialisé aux USA, ait donné son feu vert a des programmes prioritaires de recherche et d’expérimentation sur l’ibogaïne. La raison de cet empressement ? C’est que les pontes du NIDA se sont aperçus que cette drogue africaine peut jouer un rôle important dans la prévention du Sida en détournant les UD, à la fois de la pratique du shoot et de la consommation de la came frelatée des rues américaines, dont on pense par ailleurs qu’elle contribue à déprimer le système immunitaire.

Par ailleurs, l’Université de Miami a annoncé qu’elle commencerait dès le début 93 une série d’expérimentations cliniques de l’ibogaïne sur les personnes dépendantes de la coke…

Coke et héro : Une ambivalence qui pourrait surprendre au premier abord, la coke ayant un effet stimulant alors que celui des opiacés est sédatif…

Elle s’explique par le fait que ces deux types de produits, chacun à sa façon, partagent la caractéristique d’activer la production de dopamine dans le cerveau, la dopamine étant la substance chimique qui produit la sensation d’euphorie caractéristique des stupéfiants. C’est précisément à ce niveau qu’agit l’ibogaïne. Affaire à suivre.

Ecstasy et réduction des risques

L’un des revers de la consommation d’ecstasy, c’est la dépression qui suit. Voici quelques trucs qu’Asud a testé pour vous afin d’atterrir en douceur.

L’ecstasy (MDMA, MDA….) perturbe, dans le système nerveux central, le mécanisme d’un neurotransmetteur :la sérotonine, qui joue un rôle important dans l’humeur, l’équilibre, le bien-être.
Après un «Taz» le cerveau manque de sérotonine, d’où la « sale descente », qui correspond à une réelle dépression. Si certains s’en accommodent, considérant que c’est le prix à payer, d’autres vivent des moments d’angoisse, avec parfois une décompensation psychique, une déprime, la panick attack. Des chercheurs ayant publié une étude sur l’ecstasy (1) prétendent que la fluoxetine, un principe actif du Prozac, qui influe d’une façon très sélective sur le système sérotoninergique, aurait un pouvoir protecteur pendant quelques heures si elle est consommée en même temps que le MDMA.
Dans une autre étude, Nicolas Saunders (2) affirme que le Prozac limite la dépression chez un tiers des gobeurs. Mais, en général, les consommateurs répugnent à en consommer.

A éviter

  • La consommation d’un acide en descente d’X perturbera encore plus la régénération cérébrale.
  • L’alcool : qui n’a pas connu une gueule de bois en descente d’acide ne connaît pas l’Enfer.
  • Les stimulants naturels comme l’éphedra ou ceux contenant de la caféine comme le guarana augmentent le malaise de la descente.
  • Les mélanges de dépresseurs du système nerveuxcentral (tranquillisants, alcool, opiacés…)entraînent une potentialisation croisée – produit multipliant les effets de l’autre – avec risque d’accident, d’overdose et de dépendance

Des trucs à savoir…

Les Anglais l’appellent la « Marmite ». C’est une variante du pot-au-feu.

Un grand bol après le trip et deux fois par jour ensuite. C’est naturel, pas cher et drôlement efficace. Ne riez pas ! La viande fibreuse contient quantité de précurseurs naturels de la sérotonine qu’une longue cuisson libère. Le bon vieux pot-au-feu permet de récupérer sensiblement plus vite. Les végétariens peuvent toujours se rabattre sur l’Ovomaltine, une boisson maltée, avec chocolat, banane, autant d’aliments qui contiennent également des précurseurs naturels de la sérotonine.
Une consommation quotidienne d’au moins deux litres d’eau aidera le foie à jouer son rôle détoxiquant.
Une méthode irremplaçable pour bien récupérer, c’est le sommeil naturel. Dormir est encore ce qu’il y a de mieux pour retaper ses neurones.
Un bon chill out et des massages (amoureux ou non) qui décontractent le corps aideront à soulager les crampes et douleurs musculaires, apporteront la relaxation rêvée. Sucreries, fruits secs, agrumes…. pourront compenser la dépense énergétique.

D’autres plus douteux…

Les Smartshops aux Pays-Bas, Allemagne, Suisse… proposent à des prix élevés des packs de After E, (un comprimé de vitamine E, C et B6 et de tyrosine). Leur efficacité est-elle à la hauteur de leur prix ?
On y trouve aussi les boissons isotoniques dont le taux élevé d’acides aminés peut nuire en descente d’X. Là encore, à essayer avec circonspection
Le cannabis a ses adeptes, mais d’autres usagers considèrent qu’il amplifie la dépression. Rien n’a été prouvé, mais des usagers qu’un joint fumé en descente d’acide a entraîné au 36e dessous peuvent témoigner de l’ambivalence de l’herbe magique.
Le millepertuis, plante médicinale, est controversé quant à ses effets d’antidépresseur homéopathique. A vérifier.
Attention, il existe un risque très sérieux de neurotoxicité aggravée en cas de mélange ecstasy-amphétamine (d’où la pertinence du contrôle des produits).
Chez certains animaux, une consommation importante et répétée d’ecstasy peut entraîner la destruction de certaines cellules, celles justement qui sont liées au mécanisme de la sérotonine. Certaines d’entre elles se régénèrent, d’autres non. Et chez l’homme ? L’avenir nous le dira, mais on observe une baisse des facultés d’apprentissage chez certains sujets pour cause d’abus de ces produits. En cas d’antécédents psychiatriques, il y a un danger d’aggravation des symptômes.

(1) Ecstasy : des données biologiques et cliniques aux contextes d’usage (Inserm 1998).
Ce rapport révèle les séquelles inquiétantes observées chez certains singes après injection d’importantes quantités de MDMA.
(2) Ecstasy, dance, trance & transformation (Quick American Archives).
(3) Disponibles sur Internet et dans les drugstores américains et hollandais.

Le Rohypnol, c’est quoi ?

Vous connaissez l’expression « être en roche » ? Non ? Eh bien observez la salle d’attente d’un centre de soins pour toxicomanes ou les alentours d’une gare, vous aurez de nombreux exemples de personnes en proie à la « rochitude ». Les symptômes sont les suivants: piquage du nez grave, propos incohérents mais prononcés avec une certaine véhémence, esprit de contradiction systématique pouvant déboucher sur le projet d’imposer physiquement son point de vue…Bref si vous avez quitté le gentil Dr Jekill le matin et que vous retrouvez cette crapule de Hyde le soir, il peut s’agir du double effet « Rohipnol », une molécule appartenant à la famille des benzodiazépines, prescrite comme tranquillisant et commercialisée par le laboratoire Roche.

L’histoire, on la connaît, elle est maintenant classique. Les tranquilisants et autres antidépresseurs ont été massivement prescrits aux usagers comme « médicaments de sevrage » dans les années 70, 80. Depuis longtemps, ils sont également consommés par certains en vue de potentialiser les effets de la sustitution et de l’alcool ou tout simplement pour la « défonce » qu’ils procurent. Cette quête a débouché sur l’organisation d’un marché noir ayant toutes les apparences du deal de rue. Accusé par les anglosaxons d’être une « rape drug », une drogue utilisé par les violeurs, le Rohipnol avait déjà été condamné à devenir bleu. L’idée était de prévenir les victimes en utilisant un colorant susceptible de teinter nimporte quelle boisson servie dans de noirs desseins. Comme le nombre de viols n’a pas chuté de manière drastique on s’est plutôt inquiété de la proléfération de langues bleues appartenant à des consommateurs on ne peut plus consentants. Face à de tels phénomènes les autorités réagissent d’habitude par la répression (souvenez-vous de l’ Iménoctal, les bon vieux « counous » supprimés en 1996), mais il semble que cette logique ait trouvé enfin ses limites. Le 19 octobre 2000, le Rohypnol est passé en jugement à la commission des stupéfiants, et l’interdiction n’a pas été prononcée.

Les benzodiazépines sont une famille nombreuse comprenant également le Tranxène ou le Lexomil. L’hypothèse d’un report sur l’un ou/et l’autre en cas de retrait est donc vraisemblable. Par ailleurs il a semblé abusif de croire qu’une molécule, même détournée, puisse être considérée comme responsable de son « mésusage ». L’explication est simple, consommer du rohypnol, ça aide. Ca aide à traverser un quotidien pas très rose sans trop remarquer le décors.
Là où il faut être vigilant c’est plutôt sur l’information destinée à ce type de consommation. Inutile d’indiquer la perte de conscience comme effet indésirable c’est justement celui qui est apprécié. Mais attention, « tirer le rideau » d’accord, mais pas trop car il y a risque de mort. D’abord le rohypnol potentialise l’effet des opiacés. Un petit shoot lorsque vous êtes déjà « cassé »peut vous conduire direct à l’hôpital . Ensuite, passer un certain seuil, la défonce aux « benzos » est un danger permanent. Vous pouvez passez sous un train, voler une voiture, tomber du 4e, et si vous êtes toujours vivant ne plus vous souvenir de quoi que ce soit. Nombre d’imprudents, maudissent le jour où ils ont « dépassé la dose prescrite », pour se réveiller au dépôt, puis en zonzon, le corps tuméfiés ou baignant dans leurs propres excréments. Eh oui ! La défonce aux benzos c’est pas vraiment fleur bleue. Ajoutons que ces substances sont fortement addictives et que la décroche s’accompagne fréquemment de crises épileptiques.

Toutes ces mises en garde ne signifient pas grand chose pour la plupart des consommateurs qui apprécient quotidiennement les effets du Rohypnol. Ce que nous tentons de faire passer comme message c’est surtout qu’il faut prendre en compte la réalité du « mésusage », non pas en le stigmatisant mais en donnant des infos objectives pour éviter de se retrouver aux urgences. La campagne anti-Rohypnol a tout de même débouché sur une restriction des conditions de prescription (14 jours) et de délivrance (7 jours) ainsi que le passage à l’ordonnance sécurisée (comme pour le subutex). Selon nous, ce type de mesure ne sert qu’à rassurer une partie du secteur médical désemparé face aux « pétages de plombs » de leurs patients substitués. Réduire les risques : la logique de cette proposition a toujours du mal à s’imposer face aux vieux réflexes répressifs.

Qu’est ce qu’on nous fait gober ?

Ces comprimés ne sont pas de l’ecstasy. Ces médicaments ne provoquent pas les effets attendus de l’ecstasy

 

gober1 Anxiolytique
gober2 Anti-histaminique Allergies
gober3 Antidépresseur
gober4 Anti-inflammatoire,
Antalgique
gober5 Vasodilatateur Circulation
sanguine
gober6 Antidépresseur
gober7 Antipsychotique
gober8 Sédatif
Barbiturique
gober9 Anxiolytique
gober10 Barbiturique
gober11 Bêtabloquant Ralentisseur
cardiaque
gober12 Antiarythmique
Coeur
gober13 Vasodilatateur Circulation
gober14 Anti-histaminique Allergies
gober15 Vasodilatateur Circulation
gober16 Antalgique
Douleurs
gober18 Anti-épileptique
gober19 Antipaludique
Malaria
gober20 Antibiotique
gober21 Anti-inflammatoire-Douleurs-
Fièvre (Aspirine)
gober22 Anxiolytique
gober23 Anti-inflammatoire
Antalgique
Douleur
gober24 Neuroleptique
• Parmi les ecstasy testés, beaucoup sont en réalité des médicaments.


• Ces photos permettent de reconnaître quelques médicaments.


• Il en existe d’autres, avec d’autres formes, d’autres couleurs et d’autres présentations (gélules), que l’on peut rencontrer aussi.


• Rester prudent, car de nombreuses personnes se font arnaquer.


• Des escrocs vendent ces comprimés en faisant croire qu’il s’agit d’ecstasy, ou d’autres drogues de synthèse(amphétamines, kétamine…)


• Certains effacent le dessin sur le médicament,le grattent pour lui donner un look plus artisanal, ou recouvrent le logo avec de l’encre…


• Même avec beaucoup d’expérience, il est impossible de reconnaître un véritable ecstasy sans le faire analyser en laboratoire.
• Les médicaments ont des effets

thérapeutiques. Ils sont prévus pour être prescrits par des médecins en cas de maladie,dans le cadre d’un traitement, avec des doses, précautions et un suivi particulier.


• Les médicaments entraînent parfois des effets secondaires, variables selon la personne, la dose et le contexte.


• Certains de ces médicaments modifient l’activité psychique, le niveau de vigilance ou de conscience. Leurs effets, parfois puissants, seront inattendus. Attention au bad trip (mauvais délire).


• Certains médicaments peuvent pertuber la couverture contraceptive (risque de se retrouver enceinte).


• Attention, les femmes enceinte ou qui allaitent, ça passe chez l’enfant.


• Tout comme l’usage d’ecstasy, la consommation de ces comprimés peut contrarier un traitement en cours, même simple.

La salvia divinorum, c’est quoi ?

Depuis les années 70 une nouvelle discipline scientifique fait beaucoup parler d’elle: il s’agit de « l’ethnobotanique ». Ne cherchez pas dans votre dictionnaire, ce mot n’y figure même pas! Grossièrement on peut dire que l’ethnobotanique est l’ étude de l’homme par rapport aux plantes psychotropes. Les pionniers les plus célèbres en sont les Pr Roger Heim et Wasson pour leurs études sur les champignons, le Pr Albert Hoffman (le LSD et la psilocybine c’était déjà lui) et le Prof Shultès qui ont écrit ensemble ce que certains considèrent comme l’ouvrage fondateur de l’ethnobotanique, Les Plantes des Dieux (Ed du Lezard). Ajoutons pour être complet le Dr Heffter réputé pour ses études sur le peyotl et plus récemment Christian Rätsch auteur d’une formidable encyclopédie des plantes psychoactives (disponible en langue allemande ou anglaise seulement).

Parmi ces nouvelles vieilles “plantes à drogue” , il y’en a une qui s’est imposée particulièrement dans le petit monde des fumeurs de cannabis et autres psychonautes : la Salvia Divinorum ou Sauge des Devins . Légale et relativement facile à acquérir (parfois vendu comme encens), la Salvia a fait son trou dans la gamme des drogues psychédéliques.

A l’origine cette plante ne pousse que dans la région de l’Oaxacan au sud du Mexique. Selon les botanistes elle est devenue mystérieusement stérile il y’ a plus d’un millier d’années. Elle ne survit (survivait) donc que du fait de l’homme, par bouturage. Mais, tout aussi mystérieusement, certains spécimens cultivés sur Hawaï se remettent aujourd’hui à produire des graines….

Il y a déjà bien longtemps son usage faisait partie des rites religieux des shamans mazatèques leur offrant des visions donnant le pouvoir de guérir. En 1962 les Prof Albert Hoffman et Wasson découvrirent à l’occasion d’une expédition au Mexique la salvia divinorum et assistèrent à des rituels de guérisons avec la salvia. Ils en ramèneront quelques boutures dont sont encore issus la plupart des plantes cultivées dans le monde occidental.

La Salvia divinorum est une plante vivace qui peut mesurer jusqu’à 1.5 m, ses feuilles sont ovales et légèrement dentelées. Elle est la seule variété de sauge à avoir des propriétés psychoactives. Quand la plante atteint à peu près 50 cm, des fleurs blanches apparaissent, qui deviennent bleues quand la plante prend de l’âge. Aujourd’hui, grâce au bouturage la plante s’est diffusée bien au delà du Mexique. Il est possible de la cultiver sous nos latitudes, mais en pot pour leur faire passer l’hiver au chaud. La plante est parait-il très facile à entretenir et décorera bien votre intérieur (en attendant de s’occuper de vos neurones). Une courte recherche sur le net vous fera trouver sans aucun doute soit des boutures soit des plants déjà enracinés pour une vingtaine d’euros.

La salvia peut se consommer de différentes façons: on peut en fumer les feuilles séchées ou fraîches (pour un trip plus progressif), on peut également mâcher aussi des feuilles fraîches mais il en faut bien plus (entre 15 et 20 feuilles contre 2 feuilles séchées en fumant). Et puis il y’a les fameux extraits (x5, x10, x15 et même x20). Cela signifie qu’ un gramme de x20 est égal à 20 grammes de saliva normale”. Mieux vaut ne pas se tromper dans les dosages…. Certains aiment à combiner les différents modes de conso: on commence par chiquer des feuilles fraîches, puis des séchées et les plus avertis (ou inconscients?) se finissent aux extraits. Un site propose désormais de l’extrait de salvia liquide à usagesublingual, redoutable parait-il… La vaporisation (technique différent des vaporiseurs pour cannabis) est peut-être la méthode la plus violente pour user de la salvia. et reste réservée aux utilisateurs expérimentés. La méthode la plus simple reste de fumer les feuilles ou de l’extrait en joint, cela permet aussi d’ajuster progressivement le niveau de défonce qui vous convient. Pour fumer la salvia il est préférable d’utiliser un briquet de type “chalumeau”, la salvia ayant besoin de fortes températures pour se consumer. Les personnes psychologiquement fragiles ne devraient jamais tenter cette expérience, les sensations de dissociations (entre autres) pouvant rapidement leur devenir insupportables Et puis surtout ne jamais conduire sous influence de la Salvia, c’est la gamelle quasi garantie.

Les effets

Bizarres, étrange sont souvent les premiers sentiments qu’une personne exprime après avoir fait une expérience à la salvia.
Mettons les choses au point tout de suite, la salvia n’est pas une drogue pour faire la teuf et n’est pas non plus une drogue “sociable” .Bien que cette plante ne soit ni toxique ni addictive et relativement sûre d’utilisation (pas d’overdose mortelle connue à ce jour) un trip à la salvia est un étrange et puissant voyage introspectif et comme avec n’importe quel hallucinogène il peut également se révéler très pénible (attention aux bad trips!). L’expérience se fait de préférence dans l’obscurité, voir le noir total (certains usagers se bandent les yeux) et assis car vous risquez de tomber durant le trip. Evitez de laisser traîner des objet pouvant blesser et assurez vous qu’une personne reste claire, ça peut servir ! Les effets ne durent guère plus d’une demi-heure, ce qui déjà est rassurant en cas de mauvais trip. L’idéal serait de faire cette expérience accompagné d’un usager expérimenté. Daniel Sielbert, grand spécialiste de la salvia (et du “kratom” une plante au potentiel étonnant – sorte de speedball végétal- dont on vous causera plus tard) définit lui la salvia comme étant un “enchantogène” plutôt qu’entheogène. Mais attention, cette description des effets fait l’impasse sur ce qui peut être ressenti en cas de mauvais trip… Dans l’entourage d’Asud certains on fait l’ expérience , morceaux choisis: une copine a carrément vu” Dieu en face” et a adoré cette initiation faite dans de parfaites conditions, lieu choisi, produits de qualité, avec des amis et un “guide” pour encadrer l’affaire. Un autre nous a raconté comment il s’est retrouvé “entre le mur et le papier peint”… Il y’a beaucoup de témoignage de dissociation genre je ne suis pas assis sur un lit je suis le lit ou “je vois un tableau vivant, c’est celui de ma vie , elle ne m’appartenait plus, j’en étais le spectateur”. Un autre nous explique qu’il a vu sa table en bois se liquéfier ainsi que son bang posé dessus: de la table coulait du bois liquide et du bang du verre liquide. Il peut arriver de plus pouvoir parler, impossible de sortir un son de sa bouche mais ça c’est moins rigolo. Personnellement j’ai fais l’expérience une fois, seul chez moi avec une dose assez faible. Ca n’a pas été agréable du tout: je me sentais écrasé sur mon lit sans pouvoir bouger, tout me semblait étrange, puis menaçant. Les arbres que je voyais de ma fenêtre semblaient se rapprocher, s’épaissir, formant une masse mouvante pas sympathique du tout. Heureusement l’effet est court mais je suis resté avec un sentiment de malaise les deux heures qui ont suivi.

La salvia est encore légale en France mais déjà prohibée en Australie et les USA cherchent un prétexte pour suivre, on peut donc facilement imaginer que la France suivra, la seule question, c’est quand? A savoir aussi que la salvinorine A est un agoniste des opiacés, ce qui par ailleurs intéresse beaucoup les chercheurs.

Il semble donc que cette plante n’a pas fini de nous surprendre… si vous décidez de tenter un trip à la Salvia, je vous recommande très vivement de lire “ le guide d’utilisation de la salvia divinorum” disponible gratuitement et en français sur www.sagewisdom.org un site extrêmement complet (usages, histoire, effets, témoignages, FAQ, culture, etc..) dédié à cette plante magique et si mystérieuse.

Le GHB, c’est quoi ?

Le Gamma OH (GHB, appellation anglo-saxonne) ou acide gamma-hydroxybutirique, qualifié de « rêve de biologiste » fut découvert en 1961, par le professeur Laborit (1).Utilisé au départ comme adjuvant en anesthésie générale, c’est une copie conforme d’une substance présente à l’état naturel dans le cerveau : l’acide GABA.

Le GHB, calmant et hypnotique puissant, agit sur le système nerveux central, ce qui permit d’étendre son utilisation au traitement de la narcolepsie (2), de certains troubles du sommeil et de l’alcoolisme.
Il fut aussi expérimenté dans le cadre de psychothérapies pour son action relaxante et desinhibante. On lui attribue également des propriétés aphrodisiaques. En France, actuellement, il n’est plus réservé qu’à l’usage hospitalier et vétérinaire.
Le GHB se présente sous deux formes : une poudre floconneuse très légère et d’une grande solubilité ou en liquide incolore légèrement salé. Il est difficile de savoir quel est le dosage précis de la substance vendue sur le marché noir, dans le monde international de la fête. Abus et mélanges divers ont entraîné des incidents et même des morts (3).
Au milieu des années 90, la prescription du GHB fut sévèrement réglementée mais son usage se propagea rapidement dans les pays anglo-saxons. De nombreux sites Internet diffusent le processus de sa fabrication ou le proposent à la vente. Notons qu’il y avait bien moins d’accidents dus au GHB lorsque le produit était en vente libre dans les drugstores américains… ce qui montre, une fois de plus, comment le problème posé par un produit peut-être considérablement amplifié par la prohibition et la presse.
Associé à de l’alcool, le GHB accroît l’ébriété et provoque un coma profond avec amnésie. Il y eut ainsi quelques cas de viols aux Etats-Unis. La presse à sensation s’empara du sujet et contribua à créer une phobie de la Rape Date Drug (traduisez la drogue du rendez-vous du viol), à l’instar du Rohypnol qui lui fait bien plus de dégâts.

Un sentiment d’empathie intense

Deux grammes suffisent à provoquer en 15 minutes un sentiment d’empathie intense, proche d’une montée d’ecstasy, qui dure entre une et deux heures.
La communication est grandement facilitée. Si le contexte s’y prête, le GHB peut contribuer à créer une ambiance de forte sensualité. Il peut augmenter les capacités érectiles chez l’homme, amplifier les sensations chez les femmes et intensifier l’orgasme. Mais, au-delà des 4 ou 5 g. le GHB provoquera une somnolence puis un profond sommeil de plusieurs heures avec une intense relaxation musculaire. Mais en cas de résistance à l’endormissement ou de tension nerveuse, le produit peut agir de façon paradoxale, comme un excitant et un euphorisant puissant. Une dose supérieure à 5 g. peut provoquer une perte de conscience et parfois une dépression respiratoire ainsi que des crises d’épilepsie. Un usage quotidien et répété peut entraîner une déprime à l’arrêt ainsi que des problèmes de mémoire réversibles.

Danger et accidents potentiels

L’association avec l’alcool et autres dépresseurs, tels que les opiacés et les benzodiazépines est absolument déconseillée. Le mélange est dangereux. A propos de mélanges, signalons que le café agit comme un antagoniste du GHB ; c’est-à-dire qu’il en annule les effets.
Le GHB n’est pas très commun dans les fêtes françaises mais la publicité faite autour du produit a créé un intérêt certain pour le Liquid E (5) et, parfois, une poudre quelconque est vendue comme tel. Pour l’instant, le GHB en France reste la drogue dont on parle beaucoup mais que l’on trouve rarement.

(1) Henri Laborit consomma du GHB deux fois par semaine jusqu’à sa mort.
(2) Narcolepsie, tendance irrépressible au sommeil.
(3) L’acteur américain River Phoenix est décédé d’un mélange d’alcool + opiacés + GHB + calmants.
(4) Empathie, capacité à se mettre à la place de l’autre.
(5) Nom donné au GHB en Angleterre (ecstasy liquide).

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