roll it on a river

Cannabinophiles,Happy 4/20! (ou presque)

Le 4/20, ou le 4 avril pour nos contrées qui mettent le jour et le mois dans le bon ordre, est la journée mondiale du cannabis. Un genre de Canna Pride. C’est la translation d’une « tradition » des cannabinophiles qui consomment à 4h20 (enfin 16h20 dans nos contrées qui pensent correctes). Un genre de Tea Time pour stoners. 

D’où vient cette tradition ? Va savoir. Plusieurs théories se confrontent et je prendrais bien le temps de vous les détailler, mais en fait on s’en fout. Mais alors totalement. Parce que ce 4/20 est bien sombre. Beaucoup s’en cognent comme de leur première couche. Ils regardent simplement leurs maigres réserves obtenues de haute lutte et à prix d’or en se disant fébrilement qu’il faut que ça tienne jusqu’au bout du confinement. Surtout ne pas gâcher. Préserver au moins le bédo du soir, une fois les enfants couchés, les courses grappillées, les obligations télétravaillées, les angoisses de l’actualité encaissées, les commandes livrées aux confinés ou la journée à l’hôpital terminée. Pour se détendre, appuyer sur pause, trouver du réconfort, réussir à dormir. Pour certains se soigner. Et tout simplement parce qu’on aime ça, pourquoi chercher des explications. 

Alcool, tabac (vapotage, mais il a fallu négocier) sont considérés comme produits de premières nécessité. Psychotropes de prescription et TSO (traitements de substitution aux opiacés) ont obtenu des facilités d’accès et de renouvèlement des ordonnances pour éviter une privation qui viendrait s’ajouter aux autres bouleversements nombreux de notre quotidien cloisonné. Pour toutes les personnes consommant ces produits, une réponse est proposée. Même si cette réponse est largement discutable dans son application et dénoncée dans nos prises de position depuis le début de la « guerre ». Mais force est de reconnaitre que les besoins de cette population sont pris en compte.Et heureusement ! Est-il besoin de rajouter au stress de la situation exceptionnelle que nous vivons les affres du manque et plus simplement l’angoisse liée à la perte d’une habitude ?

Pour les centaines de milliers d’usagers réguliers de cannabis et les quelques millions d’usagers occasionnelles : tintin.  Enfin si :

  • Fumez pas tout comme des gorets, sinon y en aura plus.
  • Prenez pas de risques en allant pécho parce que y a pas la case adhoc sur l’attestation.
  • Profitez-en pour « décrocher » ou faire une pause.
  • Evitez de vous reporter sur l’alcool et les cachetons.
  • Décompensez en silence, y en a qui confinent.
  • Soignez-vous avec de la vraie médecine de labo aux effets secondaires que vous aimez tant.
  • et….Faites pas chier. Je résume, la liste est non exhaustive. 

Soyons clairs, pour la majorité de ces personnes, point de « manque » ou de traumas profonds dûs à cette « pénurie » toute relative. Mais un inconfort. La sensation persistante d’être surtout déclassés dans notre société. Négligés. Des rebuts qui pour la plupart travaillent, contribuent à « l’effort de guerre » et à la vie sociale en général, voir même ne font pas de footing. Et qui en plus paient des impôts pour financer les agents qui les prennent pour cibles. Notre seul tort, préférer un produit qui n’est pas dans la liste validée. Une «mauvaise habitude », comme la qualifiait Obama (encore un oisif). Et comme il en existe tant d’autres. Pour mieux l’illustrer, le consommateur de cannabis est à l’addiction aux psychotropes ce que Netflix est à l’addiction aux écrans. Tout le monde sait l’état dans lequel nous plonge l’oubli de notre smartphone à la maison, sa perte ou son décès suite à une chute. Tout le monde, ces dernières semaines, a envisagé le chaos que représenterait le crash d’internet et du streaming. Vous serriez irritables, perdus, en quête d’un substitut (genre un livre ou autre divertissement analogique) ou tout autre chose passible de vous distraire ou juste de passer le temps. Cela fait-il de vous des addicts en manque chronique ? Bien sur que non. Et bien c’est EXACTEMENT la même chose pour les consommateurs de cannabis. Est-ce qu’il y en a pour qui c’est plus compliqué que ça ? Evidemment. Idem pour les écrans. Passer ses journées dans une salle de jeux en réseaux, c’est être dans l’abus. Fumer des pétards toute la journée aussi. Marier le café avec le calva au petit dej, pareil. Mais c’est loin d’être la majorité. Pour autant, la majorité des consommateurs de cannabis continue de subir les affres de cette prohibition en PLS comme notre système économique et social. Donc que reste-t-il à célébrer, si ce n’est 50 ans d’une prohibition édentée dont le confinement actuel vient de confirmer, même auprès des plus sceptiques, la totale ineptie ? Rien, si ce n’est la résistance à une discrimination d’un autre temps.

Perfide ironie du destin, que le cannabis, cette drogue d’oisifs patentés, vienne à manquer lorsque enfin l’inactivité est érigée au rang de grande cause nationale pour sauver la nation et son système de santé.

Georges Lachaze , le 04 avril 2020

NOUVELLE BROCHURE DISPONIBLE : OVERDOSES TOME 2 Stimulants

Quand on pense overdose, on pense généralement opiacés. Pourtant, chaque année en France, plusieurs dizaines de personnes décèdent d’overdoses de stimulants. La cocaïne est ainsi responsable d’environ 10 % des décès par overdose (en consommation unique) et impliquée dans environ 30 % des décès liés à des poly-consommations. Elle est aussi le premier facteur de décès par accident vasculaire cérébral chez les moins de 35 ans et, selon l’ANSM, le nombre d’intoxications liées à son usage a doublé entre 2015 et 2016 et continue d’augmenter. Par ailleurs, avec le retour d’ecstasys très fortement dosés et le développement de la consommation de cathinones, on observe aussi une hausse du nombre d’accidents et de décès liés à des surconsommations de ces produits sérotoninergiques. Les effets et les risques des produits stimulants sont variés et complexes. Mal compris, ils sont souvent sous-estimés par les consommateurs qui se trouvent d’autant plus dépourvus lorsqu’ils en sont témoins ou victimes qu’ils ne connaissent pas toujours les signes avant-coureurs ni les réactions à avoir.

Le but de cette brochure est donc d’expliquer aussi clairement que possible ces risques, de donner des « trucs » pour les réduire et réagir  en cas de problème.

asud brochure OD-stimulants-08

Tweed une usine de cannabis florissante

Le Canada compte actuellement une quarantaine de producteurs de cannabis thérapeutique homologués par le gouvernement, fournissant plus de 50 000 clients. Des fournisseurs qui attendent impatiemment la légalisation complète du cannabis récréatif, qui pourrait faire grimper le marché à 7 G$ par an (4,95 millions d’euros). Visite chez le plus gros producteur canadien, une entreprise (presque) comme les autres.

Les deux usines de production de Tweed en Ontario ont une superficie équivalant à celle de 10 terrains de foot. Elles sont supervisées par Kevin Furet, le master grower, l’équivalent du sommelier sur un vignoble. Fort de ses nombreux prix en Cannabis Cup, ce dernier conçoit de nouveaux hybrides de marijuana. Cela permet à Tweed d’offrir une douzaine de variétés de plantes aux teneurs variées en THC (source de l’effet psychédélique) ou en CBD (pour les douleurs ou l’humeur), qui marche paraît-il assez bien chez les enfants épileptiques.

Une impressionnante zone de production

Ce qui frappe en pénétrant dans la zone de production, c’est qu’il faut doublement montrer patte blanche : carte magnétique nominative et reconnaissance des empreintes digitales sont nécessaires pour entrer. La voûte, où sont stockées des centaines de kilos de cocotes séchées, est même restreinte à une dizaine de personnes qui doivent avoir un casier judiciaire vierge pour pouvoir pousser la lourde porte blindée.                                                                                                              Au rez-de-chaussée de l’ancienne usine de chocolats Hershey, 120 employés du coin s’attachent à tailler des plantes, faire des boutures, simuler le printemps, simuler l’été pour la floraison, sécher les cocotes, mener les analyses pharmacologiques exigées par Santé Canada, fabriquer différentes huiles de cannabis, peser et emballer.                                                                                                    Le Montréalais Adam Greenblatt, qui a longtemps dirigé un dispensaire communautaire de cannabis médicinal avant de faire le saut chez Tweed, est impressionné par la chaîne de production. « Comme j’ai déjà fait pousser du cannabis thérapeutique pour des patients, je sais le défi que c’est. Alors, voir tout ça réglé au quart de tour, ça m’impressionne », dit-il en faisant référence à l’atmosphère quasi chirurgicale qui règne dans l’usine.                                                                          « Dans une production artisanale, on peut se retrouver avec des résidus de pesticides qui dépassent les normes ou des moisissures qui peuvent altérer les poumons des cancéreux en traitement », précise-t-il avant de souligner aussi l’importance d’obtenir des produits dont les caractéristiques resteront uniformes dans le temps, afin de ne pas mettre en péril le traitement. Pas étonnant qu’Adam ait été impressionné par toute cette infrastructure, le système de production a été conçu par un Français sorti de Harvard qui a fait ses preuves en dirigeant une équipe du fabricant de pneus Michelin… en Chine !

Une marque « conviviale »    

Le service est en effervescence. La gamme de produits Tweed à l’effigie du rappeur Snoop Dog doit être lancée dans moins de deux semaines. « On veut positionner Tweed comme une marque conviviale », explique Adam Greenblatt. S’il convient que le personnage a un côté sulfureux, « c’est une icône de la culture du cannabis et il a su traverser les épreuves », rétorque-t-il. La marque offre aussi des rabais compassion à ses clients qui gagnent un salaire inférieur à 29 000 $ par an (20 500 €).

L’équipe marketing se charge en outre de promouvoir les différents produits Tweed sur son site web et a récemment eu l’autorisation d’offrir des huiles (extraits de cannabis ajoutés à de l’huile de tournesol), qui peuvent aussi bien traiter les problèmes de peau ou les inflammations sous-cutanées qu’agrémenter des recettes pour les patients qui n’aiment pas fumer.

Quelques mètres plus loin, on aboutit au service clientèle. Une cinquantaine de personnes prennent les commandes de 60 000 clients (800 courriels et 600 coups de téléphone par jour), en répondant également aux questions des médecins. Quelques unes de leurs interrogations les plus fréquentes : Quelles sont les raisons de prescrire du cannabis ? Combien de grammes prescrire pour telle pathologie ? Quelles sont les implications légales ? « Selon nos estimations, environ 6 000 médecins ont déjà prescrit du cannabis au Canada, soit 10 % de la profession », avance Marie- Josée Pinel, coordonnatrice des projets médicaux.

Une société cotée en bourse

Parmi les 67 fabricants autorisés de pot médical au Canada, Tweed est la première à avoir tenté sa chance en bourse. Elle vaut aujourd’hui 2 milliards de dollars (1,3 milliard d’euros), ce qui lui permet d’envisager sereinement les travaux d’expansion de son siège social à Smith Falls, juste avant la légalisation complète, en juillet 2018.

« Les grandes banques canadiennes nous snobent encore, mais la valeur de l’action a presque doublé en deux ans. On a aussi triplé notre nombre d’employés dans la dernière année », plaisante Phil Shaer, avocat général et vie-président des ressources humaines. De son côté, le président Mark Zekulin, tout en attendant les orientations gouvernementales, a néanmoins déjà une vision du
marché, qu’il estime à 7 G$ par an si le gouvernement est plutôt large sur les produits autorisés.

Afin de s’assurer que son opinion soit entendue, le patron de Tweed a embauché un lobbyiste et espère que le gouvernement permettra aux marques commerciales « de communiquer directement avec les Canadiens (par la pub notamment) pour leur expliquer toutes les chemins possibles avec le cannabis et ainsi vaincre les peurs et les préjugés »

Big Cannabis ?

Hugô St-Onge, chef du parti politique Bloc Pot depuis treize ans, craint entre autres que la légalisation fédérale de la marijuana ne mène à la création d’un oligopole, le Big Cannabis, comme il existe déjà un Big Pharma : un marché mené par quelques entreprises préoccupées par la recherche du gain. Cela nuirait, selon lui, à l’éradication du marché noir, car des règles fédérales de production trop strictes maintiendraient des prix élevés et laisseraient une grande marge de profit pour le commerce illicite. « De l’herbe séchée, c’est presque gratuit ! », claironne-t-il. Hugô St-Onge souhaite donc « que le gouvernement québécois agisse selon ses compétences constitutionnelles et mette en place un marché plus libre où la production artisanale serait préservée afin de damer le pion au Premier ministre canadien, Justin Trudeau ». Si la légalisation a été enclenchée à l’échelon fédéral canadien, les provinces (dont le Québec) ont une certaine latitude dans l’exécution, notamment pour établir le mode de distribution. Du côté de Tweed, on se veut rassurant. « Le marché se libéralise lentement depuis plus de dix ans. On espère établir un marché inclusif qui encourage les amateurs de cannabis à se tourner vers des sources légales », répond Adam Greenblatt. Encore faut-il que les producteurs de cannabis médicinal n’adoptent pas certaines pratiques controversées de l’industrie pharmaceutique, comme les pots de vin déguisés en subventions. Dernièrement, des producteurs se sont d’ailleurs fait prendre la main dans le sac à financer certaines activités dans les cliniques prescrivant du cannabis afin que leur marque le soit davantage que celle du concurrent.

M. M.

Touche pas à mon « pot » : Les recettes du succès du cannabis médical au Canada

Au Canada, le cannabis thérapeutique est légal depuis 2001. Mais au Québec, trouver un médecin acceptant d’en prescrire et qui en plus connaît bien les différents produits sur le marché relève encore de la gageure. C’est ce double défi que tente de relever la clinique Santé Cannabis qui a pignon sur rue, aux portes du centre-ville de Montréal.

À part l’enseigne qui arbore une large feuille de cannabis, la clinique privée de la rue Amherst ressemble à n’importe quelle autre. Sur place, une dizaine de médecins se relaient tous les jours de la semaine. Les clients doivent avoir en main une demande de leur médecin traitant et s’acquitter de frais d’inscription de 250 $ (177 €). « Les 2 000 patients qu’on a reçus depuis deux ans viennent donc nous voir quand ils ont essayé toutes les autres options », indique Nadia Kvakic, la gérante.

Indications multiples

La liste des maladies pour lesquelles le cannabis thérapeutique peut être conseillé est large. Cela va de la dépression à la sclérose en plaques, en passant par les problèmes inflammatoires, les migraines, l’épilepsie, la maladie de Parkinson… Il vise aussi, plus globalement, à diminuer la douleur ou à stimuler l’appétit chez les malades traités pour des pathologies lourdes (sida, cancer). Le plus jeune patient est un bambin de 2 ans, le plus âgé a 94 ans. Pour Stéphanie Dubois, « la découverte du cannabis médicinal a été une révélation ». Elle souffre d’endométriose depuis sept ans et malgré trois opérations, dont l’ablation de l’utérus, saignements et douleurs sont toujours au rendez-vous. « Ça ressemble à des douleurs liées à l’accouchement avec parfois aussi des chocs électriques, c’est très pénible. Mais depuis cet été, je prends du cannabis médical, et c’est le jour et la nuit. Je ne suis quasiment plus absente du travail et j’ai pu recommencer à avoir une vie sociale et familiale », confie la jeune femme de 37 ans.

Cette mère de deux ados avait déjà fumé plus jeune, mais n’avait pas beaucoup apprécié l’expérience qui la rendait « un peu paranoïaque ». Après plusieurs essais, le médecin de la clinique et le conseiller en cannabinoïdes ont finalement trouvé les bons dosages. Le matin, elle prend un comprimé de nabilone, du cannabis synthétique issu de l’industrie. Après sa journée de travail, elle remplit son vaporisateur d’un mélange de Honstoot (14 % de THC) et de Boaty (13 % de CBD) qui calme ses douleurs sans la rendre stoned. Avant de dormir par contre, Stéphanie prend un cannabis dosé à 23 % de THC et avale une bouchée de muffin qu’elle a préparé avec ses restants de vapo non brûlés. Ingéré ainsi, les effets durent plus longtemps et elle peut passer une nuit sans douleur.

Pas un produit magique

Pour le système de santé canadien, le cannabis médicinal est source d’économies. Dans le cas de Stéphanie, ses anciennes prescriptions d’opioïdes, d’antidouleurs et d’antidépresseurs représentaient un total de 3 000,00 $ par an (2 120 €), remboursé par les contribuables. Depuis qu’elle utilise du cannabis médicinal, la facture de pharmacie a diminué de moitié, sans compter qu’elle perd désormais moins de journées de travail. Le nabilone coûte 180 $ par mois (127 €), mais l’achat de marijuana reste aux frais du patient et coûte 5 $ à 15 $ le gramme (3,55 € à 10,60 €). Les défenseurs du cannabis thérapeutique demandent d’ailleurs que la substance soit remboursée, au même titre que bien des médicaments.

Pour le Dr Antonio Vigano qui travaille à la clinique Santé Cannabis depuis mars 2015, l’efficacité du cannabis médical est indéniable. Chacun de ses patients doit venir avec une liste détaillant ses prescriptions de médicaments des cinq dernières années. Cela permet d’éviter les faux patients, trop nombreux, ainsi que ceux qui ont connu des épisodes psychotiques.

« Sur les 700 patients que j’ai rencontrés depuis que je suis ici, j’estime que pour près de 50 %, le cannabis est un succès et élimine leurs symptômes. Pour 40 %, le succès est partiel », et pour les 10 % restants, l’échec du traitement est plus souvent lié à l’âge ou à l’impossibilité d’utiliser un vaporisateur. En cas de crise, l’huile de cannabis sera inefficace car elle nécessite environ deux heures avant d’agir. Le Dr Vigano travaille comme anesthésiste dans un grand hôpital de Montréal tout en s’impliquant auprès des patients en fin de vie. « Le cannabis n’est pas un produit magique. C’est une substance complexe qui doit être abordée avec une approche holistique : on ne doit pas juste répondre aux symptômes, mais travailler en partenariat avec le patient. Malheureusement, le personnel médical manque de formation et de connaissances sur le sujet, c’est pourquoi je compte ouvrir bientôt une clinique similaire dans un hôpital universitaire », ajoute-t-il.

Conseillers en cannabinoïdes

En attendant, à la clinique de la rue Amherst, il peut compter sur l’aide de Mathieu Paquin, conseiller en cannabinoïdes. Ce dernier connaît bien les produits sur le marché et compte aussi sur une expérience de quinze ans dans le domaine de la réhabilitation des toxicomanes et plutôt de la réduction des méfaits. Lors de séances d’une durée de trente minutes, Matthieu évalue les besoins du patient en fonction de son historique de consommation. « Il y a des gens qui arrivent à la clinique avec l’autorisation gouvernementale pour faire pousser leur propre cannabis, mais qui ne savent pas comment consommer de façon sécurisée », raconte-t-il en citant l’exemple de jeunes qui se fabriquent des concentrés de cannabis à des taux de 80 % de THC, ou d’autres s’approvisionnant dans la rue. « Ceux-là, il faut leur rappeler les risques de dépendance psychologique et éviter qu’ils tombent dans un modèle de surconsommation qui s’éloigne des objectifs du cannabis thérapeutique. Avec d’autres, il s’agira plutôt de trouver les produits aux bons dosage de THC et de CBD, ou de leur apprendre à utiliser les huiles ou les vaporisateurs de façon optimale », ajoute-t-il. Face à cette manne, toutes les cliniques ne sont pas aussi sérieuses. Une enquête du Journal de Montréal comment il avait été facile de se faire prescrire 4 g de cannabis thérapeutique par jour pendant 12 mois, après seulement 4 minutes d’entrevue sur Skype avec un médecin de l’ouest du Canada, et en invoquant uniquement le stress.

Épilogue

Présenté au printemps dernier, le projet de loi sur la légalisation du cannabis récréatif devrait entrer en vigueur en juillet prochain. Si l’expérience du Colorado se confirme au Canada, le pays comptera 15 % de fumeurs de cannabis et le marché du cannabis récréatif représentera plus de 60 % du chiffre d’affaires de l’industrie.

MATHIAS MARCHAL

RDR Cannabis : Avec ou sans combustion.

On parle souvent de cannabis, mais plus rarement de RDR liée à sa consommation, et pourtant il y a beaucoup à en dire avec l’arrivée de la vaporisation, des dab ou encore des concentrés.

Nous drogué(e)s z’eureux nous avons décidés de réunir tous les conseils pour réduire les risques lié à la consommation de cannabis dans cette vidéo.

Merci au volontaire de Techno+ pour leur jeu de scène, au Musée du fumeur et à la centrale vapeur pour le prêt de matériel.

France Culture – Émission sur les usages thérapeutiques du cannabis et des parcours de soin relatifs au traitement des addictions

Avec des membres des associations Principes Actifs et ASUD, France Culture parle des usages thérapeutiques du cannabis, et des parcours de soin relatifs au traitement des addictions.

Avec Fabienne Lopez, membre de l’Association Principes Actifs qui s’intéresse aux usages thérapeutiques du cannabis, et Fabrice Olivet, militant historique de la réforme des politiques de drogues. Depuis 1996, il dirige l’association ASUD (Auto Support des Usagers de Drogues), agréée par l’Etat pour représenter les personnes prises en charge dans le système de soins pour des questions relatives à une addiction. Fabrice Olivet est aussi membre de la commission nationale des stupéfiants et des psychotropes de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).

 

Intervenants

  • Fabienne Lopez : Membre de l’Association Principes Actifs
  • Fabrice Olivet : Militant historique de la réforme des politiques de drogues. Depuis 1996, il dirige l’association ASUD.

Écouter l’émission

Alerte au RSO (Rick Simpson Oïl)

Nous avons été alertés par une patiente qui a fait confiance à ces personnes qui sévissent sur le Net et proposent du RSO (Rick Simpson Oïl) pour une somme allant de 1000 à 2000 euros.

À Principes Actifs, nous mettons en garde de manière systématique les personnes qui nous contactent, et leur conseillons de ne surtout pas acheter de RSO ou autres traitements sans se renseigner auparavant.

Cette personne s’est fait arnaquer de près de 3000 euros, voici les noms des personnes :

  • Dr Margaret Reynolds de Louisiane (Bâton rouge) aux États-Unis
  • Dr Anson Jones qui conseille les malades de contacter :
  • le Service medical cannabis ressources du Royaume-Uni
  • et Frédérick Adams qui s’occupe d’envoyer les commandes

Merci de partager !

Pas de pitié pour le Captagon®

* Simone de Beauvoir raconte dans le second tome de ses mémoires, La force de l’âge, comment elle s’était inquiétée quand Sartre, bourré de Corydrane®, lui avait confié qu’il était poursuivi par des crabes et des homards…

Selon le célèbre dicton militaire, on peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus. Avec des amphétamines, on peut faire la guerre, préparer des examens, écrire la Critique de la raison dialectique si l’on s’appelle Jean-Paul Sartre* ou… se faire sauter. Mais avant d’aller plus loin, petit détour par l’histoire.

Le mot composé est un peu technique : pharmaco-psychose. Une substance psychoactive, une drogue, peut provoquer transitoirement un état psychotique, c’est-à-dire de perturbation globale du rapport à la réalité. Aucune drogue n’est mieux placée que l’amphétamine pour illustrer ce phénomène. Nous sommes des machines à deux temps (veille/sommeil) et la perturbation de ce rythme est notre plus grande vulnérabilité, bien avant la soif ou la faim. Après deux ou trois nuits sans sommeil, un être humain présente des hallucinations, se livre à des interprétations délirantes et peine à effectuer des tâches simples. Les Soviétiques, qui le savaient, utilisaient la privation de sommeil comme arme de torture (comme le montre bien le film de Costa-Gavras, L’aveu (1970), tiré du livre éponyme d’Artur London). Au bout de quelques dizaines d’heures, les plus solides signaient des aveux délirants pour qu’on les laisse un peu dormir. Autre manière de dire que les amphétamines, dès qu’on en abuse, rendent fou. J’ai relu, pour écrire cet article, Speed. La déglingue, de William S. Burroughs Jr., que j’avais beaucoup aimé au moment de sa publication en français en 1971. Je n’aurais pas dû, j’ai été très déçu. C’est le risque, bien connu, des relectures…

« La benzédrine a gagné la bataille d’Angleterre ! »

L'aveu affiche

Avec les psychiatres, les militaires se sont toujours beaucoup intéressés aux substances psychoactives. Soit pour renforcer les capacités de leur propre armée, soit pour désorganiser celle des autres (on a songé à utiliser le LSD dans ce but). Les amphétamines sont nées quelques décennies avant qu’elles ne soient utilisées durant la Seconde Guerre mondiale. À la fin du XIXe siècle, des chimistes japonais isolèrent le principe actif d’une plante, l’éphédra, connue de longue date pour dilater les bronches, augmenter la pression artérielle et stimuler le cerveau (Dr G. Varenne, L’abus des drogues, Charles Dessart éditeur, 1971, chapitre V : « La dépendance du type amphétaminique ».). Il suffira d’une simple modification de ce principe actif, baptisé éphédrine, pour obtenir, dans les années 20, un produit beaucoup plus puissant, la première amphétamine. Les essais cliniques eurent lieu aux États-Unis dans les années 30. Quelques années avant le début de la deuxième guerre mondiale apparut la dexamphétamine (benzédrine ou Maxiton®), puis la méthylamphétamine commercialisée en Allemagne sous le nom de Pervitin®. C’est la « meth » d’aujourd’hui.

Approches Drogues et Ivresse Junger couvertureSi les stimulants sont absents de la Première Guerre mondiale ou presque (Dans Approches, drogues et ivresse, Ernst Jünger raconte comment, à la fin de la Grande Guerre, les premiers aviateurs allemands consommaient de la cocaïne pour diminuer la fatigue et la peur et comment ils lancèrent la mode de cette substance), les amphétamines vont donc dominer la Seconde, surtout au début. Elles semblaient avoir toutes les propriétés pour décupler l’énergie, la résistance à la fatigue, à la faim et à la peur. Durant la bataille d’Angleterre où l’aviation britannique luttait dans le ciel contre les Stukas allemands dans un état de grande infériorité numérique, mécaniciens comme pilotes consommaient de la benzédrine. Certains pilotes anglais se posèrent même sur des aéroports français tant ils étaient « défoncés » ! À la fin de cet épisode crucial, les journaux britanniques titrèrent : « La benzédrine a gagné la bataille d’Angleterre ! » On abandonna les speeds, du côté allié comme de celui des forces de l’Axe, quand on comprit que, sous l’effet de cette substance, l’efficacité s’effondre rapidement tandis que le sentiment d’efficacité continue à croître. Cette disjonction était fatale ! Seuls les Japonais continuèrent à utiliser largement les amphétamines. Lorsque l’Empire nippon s’effondra, après Hiroshima et Nagasaki, d’énormes stocks militaires se retrouvèrent sur le marché noir, donnant lieu à la première grande épidémie « civile » de consommation de cette substance. Les actes de violence et les décompensations psychiatriques se multiplièrent au point que le Japon disposa durant les vingt années suivantes d’un quasi-ministère de la lutte contre les amphétamines. Actuellement, certains pays d’Asie du Sud-Est sont confrontés à une épidémie de consommation de méthamphétamine. C’est en particulier le cas de la Thaïlande, qui tente de lutter contre des laboratoires clandestins installés du côté birman de la frontière. Les étudiants, les prostituées, les camionneurs furent les premiers consommateurs de Yaba (le médicament qui rend fou), mais l’usage s’étend.

Un marché qui explose au Moyen-Orient

Captagon Pascal 1Venons-en au terrorisme. Certains témoins racontent que, le 13 novembre dernier, les tueurs du Bataclan tiraient de manière mécanique à hauteur d’épaule en tournant sur eux-mêmes. Debout au milieu des gens qu’ils abattaient, ils ne déviaient pas leurs tirs sauf pour réarmer. Ce qui expliquerait qu’il n’y ait pas eu plus de victimes, en particulier parmi ceux qui, terrorisés, se sont allongés les uns sur les autres, à leurs pieds. Voici, par ailleurs, comment le gérant d’un cybercafé décrit Salah Abdeslam le soir des attentats : « Ce qui m’a interpellé, c’est que cet homme avait l’air d’avoir bu ou consommé de la drogue. Son visage et ses yeux étaient gonflés – se souvient le vendeur. Il ressemblait à un des nombreux toxicomanes que l’on rencontre à Château-Rouge » ( Le Monde du 01/01/16). Les tueurs étaient-ils sous Captagon® (fénétylline), une amphétamine classée comme stupéfiant depuis 1986 et qui inonde littéralement les marchés clandestins moyen-orientaux depuis quelques années ? À Beyrouth, un prince saoudien s’est fait prendre en octobre 2015 avec, excusez du peu, deux tonnes de Captagon® ! Il s’apprêtait à prendre l’avion pour son beau pays. Et l’Arabie saoudite vient d’annoncer une prise de cinq millions de pilules d’amphétamines (lepoint.fr, 27/12/15), avec peine de mort à la clé pour les trafiquants. D’après les chiffres de l’Organisation mondiale des douanes, la quantité de pilules saisies dans les pays de la péninsule arabique a fortement augmenté ces dernières années : plus de 11 tonnes de Captagon® en 2013, contre 4 seulement en 2012 (Sciences et Avenir du 17/11/15).

Comme toutes les amphétamines, le Captagon® fait disparaître le besoin de dormir et de manger, du moins dans certaines limites, et diminue la peur. D’après certaines sources, il ferait aussi disparaître tout sentiment de pitié (Je me permets de renvoyer à mon article « Des drogues et des violences », revue Chimères, n°85). Dans un contexte moins tragique, une telle remarque ferait rire. Si quelqu’un a préalablement extirpé de son esprit tout sentiment de pitié, le passage à l’acte violent ou cruel lui sera probablement facilité par la prise d’amphétamines. Mais ce préalable est nécessaire. Comme pas mal d’étudiants de mon époque, j’ai consommé du Captagon® pour réviser mes examens et je ne me souviens pas avoir utilisé des armes de guerre contre des civils désarmés, installés à la terrasse de cafés ou assistant à un concert de musique… De même, il est probablement plus facile de se faire sauter sous Captagon® quand on a, au préalable, décidé de le faire.

Bref, il faudra trouver autre chose que le Captagon® comme circonstance atténuante aux tueurs de Daesh. Mais la présence massive d’amphétamines dans l’une des régions les plus chaotiques et violentes de la planète n’a rien de rassurant. Bonne année 2016 !

Enregistrer

Enregistrer

Il était une fois la rose

Novembre 1983, « la chinoise » une étrange héroïne de couleur rose envahit soudainement le marché parisien. Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette couleur improbable ? Le marketing d’un dealer particulièrement avisé ou le résultat d’une expérience de laboratoire ? Retour sur le décor vintage des années 80 où la dreupou régnait en maître.

«La rose », le simple énoncé de cette substance laissait planer un parfum de mystère. Rose ? Vraiment rose ? Les premières informations émanaient de la presse : « Saisie massive d’héroïne rose dans le quartier chinois ! » Puis vinrent les premiers jugements de connaisseurs fraîchement débarqués de la planète junk : « Mec, j’ai pécho une came d’enfer chez un “noich” dans le XIIIe ! Mec, la dope est rose, vraiment rose ! ! ! »

Rose, jaune ou bleue…

En effet, la poudre était rose, vraiment rose. Des petits cristaux granuleux couleur bonbon…Vous ajoutez de l’eau, vous chauffez jusqu’à ébullition, le contenu de la cuillère devient absolument translucide et vous shootez ! Ça, c’est l’info n°1. L’info n°2, c’est que la rose, c’est de la bombe. Un flash puissant qui vous décolle la tête puis vous laisse baigner dans une douce euphorie opioïde, de la bombe quoi ! Très vite, cette réputation a fait le tour de Paname : « T’as de la rose ? Tu sais pas où y en a ? » Après les Chinois légendaires du XIIIe qui auraient écoulé les premiers kilos, les dealers tunisiens se sont emparés du créneau. Seulement la rose a cessé d’être rose, elle était parfois orange, jaune ou grise, d’aucuns m’ont juré en avoir shooté de la bleue… Quand la rose devient bleue, il faut se poser des questions. Alors, on s’en est posé à l’époque. D’où sortait cette came ? Quelle était son secret de fabrication ? Autre particularité, cette dope gélifiait en refroidissant dans la cuillère. Au bout de quelques minutes, le liquide devenait une espèce de pâte compacte. Les amateurs incapables de trouver leur veine parce que trop fébriles ou ayant abusé de leur capital veineux bouchaient régulièrement leur pompe s’ils tardaient trop à envoyer la sauce. Une pompe bouchée, c’est l’horreur. Sous la pression, le contenu – mélange de sang et de came – gicle en dehors de l’aiguille et… vous perdez votre shoot. Abominable !

… jusqu’à perdre la cote

Enfin, et ce n’est pas le moins intéressant, la rose a très vite cessé d’être de la bombe, comme pour les tomates en branches ou les fraises Gariguette, le commerçant a usé et abusé du marketing lié à l’image du produit. Au fil des années, le pourcentage d’héro contenue dans les képas a diminué tandis que le volume de caféine augmentait en proportion. La caféine a la particularité de booster légèrement la sensation de flash, tout en intensifiant le craving. Shooter de la rose est donc devenu une espèce de cérémonie masochiste à base de tachycardie et de protocole de descente de coke.

La rose est restée rose mais ses effets furent de moins en moins convaincants, au point que vers le début des années 90, époque de sa disparition des rayons, elle n’avait plus la cote du tout. On peut même émettre l’hypothèse que c’est cette désaffection des acheteurs potentiels, beaucoup plus friands de cames traditionnelles type « blanche » ou « brown », qui serait à l’origine du retrait de la rose du marché. Une hypothèse qui validerait le postulat – toujours contesté par certains – selon lequel en matière de came, c’est toujours la demande qui est déterminante.

Lysergamides 2015 : un nouveau Summer of love ?

Image extraite de The Acid Eaters (1967) / Tony Nourmand Collection.

Le LSD-25 (représentant le plus connu de la famille des lysergamides) est probablement le psychédélique synthétique le plus populaire et consommé en Occident. Depuis sa découverte fortuite (en 1943) par le chimiste suisse Albert Hoffman, le diéthylamide de l’acide lysergique ne cesse de fasciner autant que d’effrayer… À tel point que son créateur l’avait surnommé « mon enfant terrible » !

Les justiciers du LSD

Se présentant comme un groupe de bénévoles ayant accès à des outils d’analyse professionnels, les LSD Avengers étaient soucieux de connaître la nature et la qualité des produits vendus pour du LSD sur Silk Road et de partager les résultats avec les autres usagers. Une des nombreuses démarches responsables favorisées par l’ex-plateforme de vente en ligne de drogues visant à réduire les risques sanitaires des utilisateurs.

Néanmoins, la disponibilité de l’acide reste relativement restreinte. Et même si le Deep Web (Lire Les pièges de l’achat de drogues en ligne) permet un accès plus grand à cette molécule, de nombreuses contrefaçons, parfois très dangereuses, comme le 25i-NBOMe (lire les nouvelles arnaques aux hallucinogènes), sont répertoriées régulièrement. Les LSD Avengers (lire ci-contre), notamment, ont permis de mettre au jour ces falsifications par des analyses régulières effectuées sur un panel de vendeurs du mythique Silk Road (fermé par le FBI en 2013).

Plus récemment, des acheteurs anonymes ont fait analyser des buvards acquis auprès de différents fournisseurs du Darknet par des associations de RdR (comme Energy Control en Espagne). Les résultats d’analyse révélaient des contaminants et/ou des dosages bien en-deçà de ce qui était annoncé.

AL-LAD et LSZ

Lysergamides 1 web

En parallèle, un laboratoire européen s’est spécialisé dans la création et la distribution d’analogues du LSD non-réglementés. Les deux premiers lysergamides à être commercialisés ont été l’AL-LAD et le LSZ. Ces composés existaient depuis plusieurs années dans le cadre de recherches scientifiques, mais ont été distribués en masse sous forme de buvards à partir de 2013 (jusqu’à leur interdiction au Royaume-Uni en janvier 2015). Si le LSZ a eu moins de succès (probablement en raison d’effets secondaires plus importants), l’AL-LAD est toujours disponible et légal dans certains pays.

De nombreux expérimentateurs trouvent qu’il est moins « profond » que l’acide, plus stimulant et euphorique. Cela reste néanmoins un psychédélique très puissant, actif dès 75 microgrammes, et qui a provoqué un nombre de bad trips non-négligeable ! Des réactions allergiques ont étés rapportées (plaques rouges sur le corps), des maux de ventre/nausées et quelques cas graves sans réelle explication : deux personnes présentant des analyses sanguines anormales ont été hospitalisées. Une autre hospitalisation (black out, convulsions, problèmes rénaux) a eu lieu à cause d’une interaction avec le lithium (déjà connu pour être dangereux en association avec le LSD).

Lysergamides 2 web1p-LSD, le petit frère du LSD

Peu de temps après l’interdiction anglaise, un nouvel analogue voyait le jour : le 1P-LSD. Ce dérivé est un homologue de l’ALD-52 qui, pour la petite histoire, aurait été vendu à la fin des Sixties par Tim Scully et Nicholas Sand (deux fameux fabricants de LSD) sous le nom d’Orange Sunshine (c’est du moins ce qu’ils affirmèrent lors de leur procès pour fabrication et vente de LSD). Selon certaines spéculations, le 1P-LSD serait une prodrogue du LSD : une fois ingéré, il se métaboliserait dans le corps en LSD-25. Au niveau des dosages, 100 microgrammes peuvent se révéler bien déstabilisants pour un néophyte. Pour de nombreux psychonautes, cette substance se révèle très proche (dans le ressenti) du « grand frère » lysergique. Selon certains, elle serait tout de même un peu moins visuelle et confuse, plus stimulante… Mais tout ceci est très subjectif (étant donné que le « Set and Setting » est particulièrement important avec les psychédéliques !).

L’arnaque parfaite ?

Si au premier abord, la nouvelle peut susciter l’enthousiasme, il faut garder en tête que ce nouveau produit de synthèse (NPS) a tout juste quelques mois d’existence, et qu’il est impossible de prévoir (sur la base d’une ressemblance) sa toxicité, la dose létale, etc. Il faut aussi prendre en compte la forte probabilité que cet été, une partie non-négligeable des buvards qui circuleront en teuf et dans les festivals pourra être du 1P-LSD. Pas de goût particulier, et actifs si on les avale directement (contrairement aux NBOMe), il ne semble pas y avoir de moyen fiable (à part l’analyse) pour les détecter. De plus, ce produit étant aussi disponible sous forme de cristaux, il y a fort à parier que certains dealers peu scrupuleux n’hésiteront pas à le vendre sous forme liquide (gouttes) en le faisant passer pour « l’original »

Dans ce contexte, le conseil de prendre un demi-trip (voire un quart) pour commencer est essentiel ! D’autant plus que le dosage des cartons circulants actuellement semble assez aléatoire… Et pour certaines personnes (question de métabolisme ?), le 1P-LSD est assez long à monter complètement. Attendre au moins trois heures avant d’en reprendre permet donc d’éviter les mauvaises surprises…

Pour finir, si certains prédisent déjà que l’été 2015 sera le nouveau « Summer of Love » de cette génération, une chose est sûre : l’été sera lysergique !

RdR du dab et dab dans la RdR

Le grand méchant dab est arrivé (lire aussi Dabolisation, comme dabitude). La tendance chez les cannabinophiles est à la fabrication et à l’utilisation de concentrés. Pour l’instant, elle concerne surtout la génération Internet/Globish toujours à l’affut des phénomènes US et les producteurs de cannabis. Existant déjà aux Pays-Bas et surtout en Espagne, le marché devrait prochainement s’étendre à l’Hexagone.

Le joint d’iceolator (extraction de la résine à l’eau glacée) ou d’huile marron/rouge (extraction de la résine par un solvant de type alcool/éther) n’a plus rien d’original depuis bien longtemps pour beaucoup d’usagers français. La nouveauté réside dans l’utilisation de concentrés solides obtenus à partir de gaz, de CO2 ou de surcongélation au moyen d’une pipe à eau dotée d’un foyer en titane ou en quartz chauffé à haute température.

Les dangers du dab

C’est d’abord le mode de préparation du concentré le plus populaire : le BHO (Butane Honey Oil). Lorsqu’elle est pratiquée par des stoners irresponsables, l’utilisation de butane peut provoquer des explosions et des départs de feu. Peu de canettes pour briquet contiennent du gaz vraiment purifié et leur purge pour obtenir le produit final peut laisser des produits toxiques, surtout si cette dernière est mal exécutée. Il convient donc de bien se documenter et de respecter au maximum les consignes de sécurité ou de s’abstenir si on n’a pas bien compris.

C’est ensuite le risque d’utiliser un briquet-torche pour chauffer à rouge un clou en titane ou encore un collier chauffant non-protégé pour le foyer dans la version électrique de la pipe servant à daber : le risque de brûlure ou d’accident domestique est accru, surtout en cas de mélange avec de l’alcool ou certaines substances perturbantes pour la psychomotricité.

C’est aussi le risque d’absorber plus de cannabinoïdes que désiré, il arrive parfois que des usagers en panique devant le rush de THC appellent les urgences. Don’t panic, it’s still organic ! (Pas de panique, cela reste organique). Boire une boisson sucrée dans un espace calme et ventilé devrait suffire à contrer la crise de bad. Le lien de causalité entre le taux de THC et les pathologies psychiatriques n’est pas incontestable mais le dabing peut révéler des pathologies génétiques. Il ne faut pas hésiter à consulter si les perturbations perdurent plus de douze heures.

C’est enfin le risque d’usage dur, voire frénétique, dans la recherche permanente du rush et du high le plus intense possible. Le dabhead se transforme alors en crackhead : il accroche une grosse galette de wax à son daber (la tige en acier médical qui sert à poser le produit sur le foyer) pour une taffe de cowboy puis prend un coup de tomawak entre les deux yeux, suivi d’une intense excitation mentale et d’un flot de paroles. Après une courte phase de plateau survient un gros craving, et il recommence.

Oui, on peut passer son temps à daber et bien foirer ses journées, mais on peut aussi bien fumer 20 joints ou boire 20 bières en gobant 20 cachetons. Les meilleurs remparts sont la réflexion sur sa consommation, l’éducation au bon usage et la motivation pour une vie variée.

La controverse du taux de THC

L’explosion de la demande de concentrés à daber ou à vaporiser coïncide avec la volonté de contrôler le taux de THC dans les préparations cannabiques, aussi bien dans les systèmes légaux (Uruguay, Colorado, Washington) et les zones grises (Pays-Bas et Espagne) que dans le projet de loi de la sénatrice Esther Benbassa sur la consommation contrôlée.

Cette volonté provient d’une analyse biaisée du cannabis à travers le prisme de l’alcool comme référence. On contrôlerait le taux pour éviter l’abus et diminuer les dommages. à l’exception de celle du Britannique Di Forti (2009), il n’existe pas d’étude établissant un lien direct entre taux de THC et schizophrénie ou d’autres pathologies graves (Rapport sénatorial canadien, 2002, et Rapport fédéral suisse sur le cannabis, 2004). Les troubles d’un surdosage accidentel sont réversibles.

Cela ne tient pas non plus compte du fait que l’immense majorité des usagers adapte la dose à la puissance du produit, c’est encore plus facile si elle est indiquée sur le paquet. Il semble par contre que l’usage régulier de produits fortement titrés augmente le risque de dépendance nécessitant un traitement.

Ni de l’importance du taux des autres cannabinoïdes dans l’effet ressenti, ou des variations très importantes des résultats des analyses selon la méthode choisie. Pour plus de détails, se rapporter à cette critique assez complète du projet néerlandais par Mario Lap : « Quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans l’évaluation des teneurs en composants actifs du cannabis ! »

La limitation sur la base de 15% de THC (projet néerlandais) laissera de nombreux usagers insatisfaits et les poussera à recourir au marché noir ou à faire du concentré dans leur cuisine, au risque de faire sauter la baraque ou de produire/acheter un produit non-titré à la sécurité sanitaire douteuse. Ce n’est pas l’objectif d’une régulation pragmatique.

Les avantages du dab

Il permet d’absorber facilement et rapidement la quantité désirée de principes actifs :

  • avec une fumée froide qui n’endommage pas les tissus ;
  • avec très peu de carbone provenant de la carbonisation végétale ;
  • sans adjonction de tabac.

Avec une montée progressive de l’effet, les dispositifs de vaporisation et les vape-pens favorisent le contrôle de l’usage compulsif par rapport au rush du daber.

Sister DabLes concentrés sont indispensables pour certains usagers thérapeutiques, notamment pour les migraines. Wooppi Goldberg en parle très bien, elle sirote son vaporiseur portable chargé de wax très puissante pour lutter contre les symptômes de son glaucome. Elle ne cherche pas du tout à être défoncée.

Des usagers expérimentés ont constaté qu’ils consommaient moins de cannabis (en quantité de cannabinoïdes) avec le vape pen pour la journée et le daber pour le soir qu’avec le joint ou le vaporizer d’herbe ou de haschich traditionnel. Sans parler de l’abandon du tabac dans la consommation de cannabis. L’usage de concentrés peut donc devenir un vecteur majeur de RdR, à condition de favoriser l’accès à des produits contrôlés d’artisans consciencieux sur un marché régulé, permettant ainsi l’information optimale du consommateur et l’accès décomplexé aux structures de soins en cas d’abus et de dépendance.

Du dab dans la RdR

On peut chasser le dragon avec de la wax, le mode de consommation par daber est aussi très proche de celui du crack et de l’ice. Il y a aussi une similitude d’effet pour le côté rush intense. Si le produit contient le bon ratio de cannabinoïdes, notamment entre le THC, le CBD et peut-être le THCV, on peut calmer le craving pour des substances plus nocives que le cannabis. J’en ai déjà fait l’expérience empirique autour de moi, une expérimentation scientifique manque cruellement.

S’il existe des études assez anciennes et des projets récents, principalement en Amérique du Sud pour la cocaïne fumée, le produit utilisé (de l’herbe) n’est pas un concentré à daber bien dosé en cannabinoïdes. Cela réduit considérablement l’efficacité du dispositif de RdR. Quand cesserons-nous de déconsidérer l’intérêt thérapeutique du cannabis dans le traitement des addictions ?

RdR du Dab

Les concentrés restent avant tout du cannabis, les précautions de base sont les mêmes

  1. S’abstenir de consommer des concentrés sans information préalable sur le dosage, le mode de préparation, les qualités essentielles du produit et ses effets. Découvrir les concentrés avec une extrême précaution sur les quantités.
  2. Privilégier les concentrés réalisés sans utilisation de produits toxiques et/ou dangereux : gaz, alcool, éther, isopropanol…
  3. Ne pas consommer si le produit dégage une forte odeur de solvant ou fait des flammes ou des bulles lors du chauffage.
  4. La consommation de concentrés peut conduire à des prises de risques et augmenter la probabilité d’accidents domestiques : brûlures, incendie, conduite automobile, sexualité non-protégée, potentialisation des effets avec le mélange de substances.
  5. Réguler sa consommation car la concentration favorise le surdosage et les effets indésirables.

Top Taz 2014 et autres substances dont il faut se méfier

Données françaises :
un effet Tchernobyl ?

Cet article compile 70 alertes émises en Europe en 2014. Seules 4 proviennent de France, aucune ne concerne les comprimés d’ecstasy et une seule émane d’une institution, les 3 autres étant l’œuvre d’associations de terrain. Notre pays serait-il épargné par la vague de taz surdosés comme il l’a été, à l’époque, par le nuage radioactif de Tchernobyl ? Eh oui, en France, on ne diffuse ces données en temps réel qu’en cas d’incidents répétés ! Elles pourraient pourtant être utiles aux consommateurs avant qu’ils aillent mal…

En 2009, la MDMA disparaît du marché suite à la pénurie d’un précurseur : l’huile de sassafras. D’autres substances (méphédrone, MDPV…) tentent alors en vain de prendre sa place avant son come back en 2013 pour le meilleur et pour le pire ! Les taux de MDMA contenus dans les poudres et les cachets sont au plus haut et les accidents se multiplient (4 décès suspectés en 2014), et pas toujours en raison d’une trop grande pureté des produits.

 

Pourquoi faut-il se méfier ?

Des teneurs moyennes plus élevées

Evolution teneur MDMA 2000-2013

Les doses moyennes par comprimé sont ainsi passées de 50 à 60 mg dans les années 2000 à un peu plus de 100 mg de MDMA depuis 2012, certaines pouvant approcher les 300 mg, voire les dépasser dans quelques cas.

243mg MDMA
(janvier 2014)
169mg MDMA
Triangle (janvier 2014)
180mg MDMA
Li-ion / Batterie / Pile (janvier 2014)
196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
200mg MDMA
Nintendo (janvier 2014)
160mg MDMA
Papillon (janvier 2014)
176mg MDMA
Android (février 2014)
143mg MDMA
Mercedes (février 2014)
151mg MDMA
Cygne (mars 2014)
155mg MDMA
Smiley (mars 2014)
215mg MDMA
Bugatti (mai 2014)
231mg MDMA
Android (septembre 2014)
205mg MDMA
Like (septembre 2014)
183mg MDMA
Etoile (septembre 2014)
157mg MDMA
Facebook (septembre 2014)
182mg MDMA
Gold (septembre 2014)
199mg MDMA
Redbull (septembre 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)
143mg MDMA
Yahoo! (septembre 2014)
137mg MDMA
Etoile (octobre 2014)

Des taz 3D attrayants et surdosés

Sûrement pour remettre au goût du jour les taz – qui s’étaient forgé une mauvaise réputation –, les labos ont lancé des presses originales : des comprimés aux formes et aux couleurs attrayantes, souvent plus gros que la moyenne. Ces comprimés qu’on trouve surtout au Benelux sont plus chers (de 10 à 20 €) mais généralement plus forts que les autres. Lorsqu’un Français habitué aux ecstas à 50 mg tombe sur ce genre de cacheton et en prend 4 d’un coup, ça peut faire très mal. C’est ce qui est arrivé cet été au festival de Dour en Belgique où un Français est décédé suite à l’ingestion de Superman, ou l’année d’avant dans les Pays-de-la-Loire, au festival Couvre Feu, des taz Superman là-aussi…

196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
240mg MDMA
Superman (janvier 2014)
137mg MDMA
Champignon / Toad / 1up (février 2014)
125mg MDMA
Superman (mars 2014)
196mg de MDMA
Domino (mai 2014)
186mg MDMA
Superman (mai 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)

Le « Salade-Tomate-Oignon »

Parmi les cas d’incidents, il y a ceux qui font suite à la consommation d’un comprimé qui contient non seulement de la MDMA mais aussi d’autres produits actifs. On y trouve même parfois un cocktail de molécules mais pas de MDMA !

118mg MDMA + 3,3mg Amphétamine + 2mg Caféine
Bitcoin (janvier 2014)
8.9mg 2C-B + 1,5mg MDMA + 2,5mg Caféine
(février 2014)
134mg MDMA + 2mg Caféine
Double main(mars 2014)
155mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)
200mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)

« On m’aurait menti »

Consommer une substance en pensant qu’il s’agissait d’une autre est une cause récurrente d’accidents de défonce. Et ce, d’autant plus que le produit ingurgité n’a ni le même dosage, ni les mêmes effets que celui recherché. Dans cette catégorie, prenez garde à la 4,4 DMAR qui a causé 26 décès en 2014 en Europe, et aux PMA et PMMA (voir encadré).

178mg TFMPP
AB200 (février 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Cerises (18 décès en 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Croix (18 décès en 2014)
18mg 2C-B
Oeil de pharaon (mars 2014)
20mg Méthamphétamine + 63mg Caféine
Why (mars 2014)
Taz Miko (Magmum) rouge Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Miko / Magnum / Extreme (octobre 2014)
Méthandiénone + Méthyltestostérone
Coeur (décembre 2014)
170mg PMMA + 10mg Amphétamine
Superman (décembre 2014)
Diphénidine vendue comme MDMA
(octobre 2014)

170mg PMMA + 10mg Amphétamine

PMA et PMMA, the death est parmi nous

Surnommées « Death » par les consommateurs des années 70, déconseillées par Saint Shulgin qui qualifiait l’une de « drogue traîtresse », et l’autre de « drogue dangereuse », la PMA et sa petite sœur la PMMA sont deux molécules assez proches parfois utilisées comme produits de coupe des tazs. On en trouve surtout au Royaume-Uni, en Irlande et au Bénélux où elle a fait des dizaines de morts, mais en automne 2014 un comprimé contenant du PMA a été analysé sur la région de Metz..

Le véritable risque de la PMA/PMMA réside dans sa toxicité supérieure à celle de la MDMA alors que son effet est moins fort et mets plus longtemps à monter : les consommateurs pensant avoir affaire à des comprimés sous dosées en prennent plusieurs.

Les complications (parfois mortelles) de la MDMA

L’hyperthermie

C’est une élévation anormale de la température corporelle (jusqu’à 42°C !) pouvant endommager le cerveau (convulsion, délire, coma…) et les muscles (crampes).

La MDMA donne chaud et envie de bouger, ce qui donne chaud aussi. Pour éviter la cata, on s’aère, on se pose et on s’hydrate.

Le syndrome sérotoninergique

C’est un excès de sérotonine dans les synapses qui provoque agitation, tremblements, voire convulsions ou raideurs musculaires, tachycardie, hyperthermie, etc. Un jeune homme en est mort en août 2014 dans le sud de la France.

Comme la MDMA libère de la sérotonine, faites attention aux mélanges avec les autres produits qui jouent sur la sérotonine, notamment les IMAO, la Changa (simili DMT), la passiflore, le tramadol et certains antidépresseurs.

L’hépatite fulgurante

Dès la première prise et quelle que soit la dose, la MDMA peut, dans de très rares cas, entraîner le décès suite à une hyperthermie associée à une destruction des cellules musculaires et de différents organes dont le foie. Il s’agirait de prédisposition génétique.

Pour réduire les risques

Fractionner les produits !

Commencez par une demi-dose et attendez. Si le produit est surdosé, vous n’aurez pas besoin de reconsommer. Si les effets vous semblent anormalement faibles ou différents : ne reconsommez pas. Vous pouvez vous renseigner auprès des associations de réduction des risques de votre région pour faire analyser votre produit.

Espacer les prises !

Évitez de consommer de la MDMA plusieurs jours d’affilée ou trop régulièrement (genre tous les week-ends). Cela permet aux réserves de dopamine de se reconstituer dans le cerveau et au foie de se régénérer.

Attention aux logos !

Les labos pressent souvent des contrefaçons, donc deux ecstas de même apparence peuvent être très différents. Cependant, regardez quand même le logo : une tête de mort, un symbole « toxique » indiquent souvent un ecsta surdosé ou contenant du PMA/PMMA. La mention « 2CB » figure sur certains comprimés contenant du 2C-B. Méfiez-vous des comprimés de type Superman, quelles que soient leur taille et leur couleur. Ils tournent encore beaucoup, et leur signalement revient dans de nombreux cas d’incidents depuis deux ans.

Bonus : les autres produits à risque

Des alertes ont également été émises sur d’autres types de substances : faux LSD en goutte ou buvard qui n’est autre qu’un mélange 25I-NBOMe + 25C-NBOMe, détournement de sirops codéinés (lire nos articles HiP-HoP : Le sirop de la rue et Sizzurp : le sirop de la rue) , et héroïne blanche vendue pour de la coke à Amsterdam (lire Quoi de neuf Doc ?).

900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros(octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros (octobre 2014)
Codéine + Prométhazine + Éthanol
Purple Drank / Sizzupr
Héroïne blanche vendue comme cocaïne
(octobre à décembre 2014)


2C-P, 25i, 25c, MXE… les nouvelles arnaques aux hallucinogènes

C’était l’une des tendances de 2013. De plus en plus d’usagers se plaignent d’arnaques après avoir acheté du LSD ou de la kétamine, deux produits plutôt épargnés par ces problèmes auparavant. Selon Techno+ et Not for Human, des molécules aux effets et/ou dosages différents sont désormais vendues en teuf à la place de ces produits. S’il y a fort à parier que ce ne sont pas les seules « contrefaçons » qui circulent, abordons déjà les plus courantes.

25I-NBOMe / 25C-NBOMe

Ce sont des dérivés de la famille des 2C, sauf que ces substances psychédéliques sont vraiment très récentes et beaucoup plus puissantes. Ils se présentent le plus souvent sous forme de buvards pré-dosés et plus rarement sous forme de poudre blanche. Dans ce cas, seule la dilution volumétrique (voir encadré) permet de mesurer la quantité exacte à utiliser.

La dilution volumétrique

Alors que les produits habituels peuvent se doser à l’œil, les dosages de RC se comptent en millièmes de gramme et une erreur de dosage peut entraîner des conséquences graves…
Pour mesurer précisément une quantité de produit, il existe la dilution volumétrique.

  1. Vérifier avec une balance de précision le poids total de la quantité de produit à diluer et la solubilité de la molécule (la plupart le sont). Ne pas se fier au poids annoncé par le vendeur.
  2. exemple : 100 milligramme de la substance mis dans 1 litres d’un solvant (ex : alcool à 40° ou plus type vodka) = 100 microgramme par millilitre.
  3. Il suffit alors à l’aide d’une seringue ou d’une éprouvette graduée de remplir le nombre de millilitres souhaités pour obtenir le nombre de microgrammes.

Effets

Les NBOMe ont des effets psychédéliques : hallucinations (surtout visuelles), altération du temps, modification de la conscience. Stimulants, ils peuvent provoquer euphorie mais aussi confusion et angoisse, selon l’état d’esprit, le dosage, etc. Beaucoup d’usagers rapportent une sécheresse de la bouche (parfois une sensation d’anesthésie) et le goût d’aliments modifié et/ou étrange, ainsi qu’une vasoconstriction importante (lèvres ou doigts qui bleuissent).

Très imprévisibles d’une fois à l’autre, ces effets durent généralement de 4 à 10 heures. D’autres produits de la même famille existant (b, d, NBOH, etc.), toujours se renseigner sur le produit exact, le dosage et les effets (qui varient selon la molécule) !

Dosage

Les dosages varient généralement de 200 MICROgrammes (léger) à 1 000 MICROgrammes (fort), par voie sublinguale. Les buvards sont uniquement actifs par cette voie : il faut généralement les laisser 20 à 30 minutes sous la langue ou contre la gencive. Sous forme de gouttes, certains préfèrent la voie nasale : après dissolution dans l’alcool, ils sniffent le liquide ! Attention, c’est très abrasif pour les muqueuses nasales, et les effets sont plus violents (montée plus rapide). Les accidents et décès rapportés avec ces molécules étaient souvent liés à ce mode de prise. Il est fortement conseillé de diminuer les doses par voie nasale, ou de mettre la goutte sur un buvard et d’utiliser la voie sublinguale.

Risques

Bad trip, tachycardie, hypertension, convulsions, insuffisance rénale aiguë, maux de tête, paranoïa et dans les cas les plus graves, décès. Les risques physiques sont bien plus importants avec ces molécules qu’avec des psychédéliques classiques, et le nombre de décès survenus est anormalement haut pour ces substances. Plusieurs usagers de 25C et 25I ont été victimes de vasoconstriction importante nécessitant une prise en charge médicale. Les premiers symptômes se manifestent généralement par des picotements, des engourdissements et une sensation de froid (parfois un bleuissement) au niveau des extrémités (pieds, mains, nez). Des gonflements ont aussi étés signalés.

Ces molécules étant très récentes, les connaissances des interactions dangereuses et de leur fonctionnement sont assez limitées. Mais tout comme la MDMA, les amphétamines et certains antidépresseurs, elles semblent agir très puissamment sur la sérotonine.

Comment les reconnaître ?

Buvards Fraises 25c-NBOMe
Ceci n’est pas de la fraise.
C’est du 25c-NBOH.

buvards hofmann 25i-NBOMe
Ceci n’est pas du LSD.
C’est du 25i-NBOMe.

Buvard à garder sous la langue (ou contre la gencive), gouttes « à sniffer » : CE N’EST PAS DU LSD !!! En cas de doute, avaler le buvard directement permet de faire le tri (le LSD est actif par voie orale, contrairement au 25I et 25C).

Attention néanmoins, d’autres molécules sont vendues sur des buvards pour du LSD : DOC, DOB, DOI, des substances de très longue durée (24 heures), très stimulantes (speed-like) et actives par voie orale !

Des buvards sandwich (2 buvards collés avec une couche de poudre au milieu) circulent aussi avec d’autres produits (tryptamines, par exemple). Très déstabilisant si on s’attend aux effets de l’acide et que c’est autre chose…

La « règle du quart de buvard » pour commencer est plus que jamais d’actualité !

Méthoxétamine

MXE Méthoxétamine
Ceci n’est pas de la Kétamine.
C’est de la Méthoxétamine.

La MXE est une molécule de la famille des arylcyclohexylamines (comme le PCP et la kétamine) mise au point et vendue par des chimistes début 2010. Étant vendue sous la forme d’une poudre cristalline (comme la kétamine), les deux sont impossible à différencier visuellement.

Effets et dosage

Agissant comme un dissociatif à fortes doses, elle peut aussi être sédative et euphorisante selon la quantité consommée. Les effets (et dosages) diffèrent de ceux de la kétamine et surtout, durent beaucoup plus longtemps. Désinhibante et euphorisante à petite dose (+ ou – 20 milligrammes), les effets dissociatifs prédominent à partir de 40-50 milligrammes. La confusion n’est pas rare avec cette molécule, et peut vraiment déstabiliser et désorienter.

Les premiers effets se manifestent 10 à 20 minutes après la prise, progressent pendant une vingtaine de minutes pour se stabiliser pendant 2 heures environ, avant de diminuer progressivement en 1 ou 2 heures. Des effets résiduels peuvent parfois durer jusqu’à 48 heures (surtout en cas de prises répétées, ce qui arrive vite car la molécule peut s’avérer compulsive).

Risques

Les effets secondaires désagréables comprennent : nausée, transpiration (donc bien s’hydrater régulièrement et à petites gorgées), maux de tête, troubles du sommeil, étourdissements, douleurs au niveau des reins, saignements du nez (en sniff), hypertension artérielle, augmentation du rythme cardiaque, bad trip, perte de conscience…

Le risque majeur survient lorsqu’un habitué de kétamine prend la même quantité de méthoxétamine en pensant à tort que les produits sont identiques ou en cas d’arnaque.

Conseils

  • Ne pas re-doser rapidement, d’abord tester avec la plus petite dose possible et attendre suffisamment pour ne pas se faire surprendre par la montée !
  • Contrairement à la kétamine, la MXE agit sur la sérotonine, donc ne pas mélanger avec la MDMA (risque de syndrome sérotoninergique) !
  • Le cannabis peut intensifier les effets et rendre le trip plus confus.
  • Il est fortement déconseillé de mélanger la méthoxétamine avec les dépresseurs du système nerveux (comme l’alcool ou les opiacés) qui favorisent la dépression respiratoire.

2CP

2C-P poudre

Ceci n’est pas de la mescaline.
C’est 2C-P (Bon OK c’est marqué dessus !)

Phénéthylamine psychédélique inventée par Alexander Shulgin, le 2C-P est une variante plus forte du 2C-E.

 

Effets et dosages

Cette substance a des effets psychédéliques : hallucinations auditives et/ou visuelles, altération du temps plus ou moins marquée, modification de la conscience. Stimulante, elle peut provoquer une certaine euphorie. Le 2C-P est plus puissant/déstabilisant, plus introspectif (mental) et plus long que le 2C-E.

Les effets se font ressentir à partir de 2 mg. À 10 mg, ça devient costaud, et à partir de 16 mg, plusieurs personnes ont été hospitalisées (souvent à cause de tachycardie et de battements cardiaques anormalement élevés).

Les dosages doivent être très précis, car une différence de quelques milligrammes peut faire basculer le trip dans un délire cauchemardesque.

Risques

Cette molécule génère souvent des effets secondaires physiques assez puissants pendant le trip (crampes, douleurs abdominales, maux de tête, transpiration excessive, vomissements, tensions musculaires fortes, stimulation physique et mentale importante pouvant être inconfortable, etc.) et peut donner lieu à des hallucinations intenses. Beaucoup d’usagers rapportent des effets mentaux très « dark » (visions effrayantes) et indiquent que cette expérience peut s’avérer assez écrasante et intense.

Arnaque à la mescaline

La vente de mescaline synthétique en teuf est bien souvent un argument commercial (celle-ci étant connue et réputée). Quand on en trouve (ce qui est rare), elle est presque toujours vendue sous forme de poudre (sulfate ou chlorhydrate et non pas en gouttes !) et nécessite 200 à 500 milligrammes pour une expérience psychédélique… De telles quantités ne tiennent pas dans une goutte. La vente de « gouttes de mescaline » doit donc avant tout inspirer de la méfiance. Car au-delà de savoir quel produit est réellement contenu dans le liquide, il s’avère souvent impossible de connaître sa concentration (ce qui risque d’entraîner des accidents).

Tant que la possibilité d’analyse de produit ne sera pas généralisée, la vigilance s’impose !


Article écrit par Sébastien, Président-fondateur de l’association Not for Human qui mène des actions de prévention et de réduction des risques liés aux nouvelles drogues de synthèse au sein de communautés virtuelles de consommateurs (psychonaut.com, lucid-state.org, psychoactif.fr, facebook…).
Plus d’infos sur notforhuman.fr.Plus d »infos sur notforhuman.fr
.

Logo et titre Not for human

4 consommateurs de cannabis thérapeutique témoignent

Jérôme, myopathe

Je m’appelle Jérôme Tétaz, j’ai 37 ans, je suis vice-président de Principes Actifs, utilisateur de fleurs de cannabis thérapeutique depuis 20 ans.

Je suis atteint d’une myopathie facio-scapulo-humérale, cette maladie crée une destruction des fibres musculaires ce qui entraine une atrophie et une faiblesse musculaires s’aggravant progressivement.D’un syndrome d’Alagille, c’est une atrésie des voies biliaires.D’un polytraumatisme thoracique abdominal.Et d’une thrombose oculaire. Ce sont les veines des yeux qui se bouchent.

La myopathie provoque de grosses douleurs musculaires, des douleurs électriques et des crampes. Ces douleurs sont de l’ordre de 7, 8 sur une échelle de 10.

Traitement

J’ai pris comme traitement des antalgiques de palier 2 et 3, tel le Di-Antalvic ou de la morphine.

Des antidépresseurs (Tranxène), des anxiolytiques et des somnifères.

Tous ces médicaments avaient peu d’efficacité par rapport aux effets secondaires très nocifs pour mes muscles et mon foie. Les symptômes liés au foie des traitements qui m’étaient proposés étaient d’énormes démangeaisons aux jambes, je faisais des trous dans les draps tellement cela me démangeait. Ils influaient grandement sur mon état général de santé : perte de tonus musculaire, nausées, grosse fatigue.

Choix du traitement au cannabis

J’utilise donc le cannabis à des fins thérapeutiques depuis 20 ans pour soulager mes douleurs qui passe de 7 à 2 et les crampes musculaires dues à ma myopathie. Il détruit les sucres et les graisses qui sont nocifs pour mon foie, il évite aux veines de mes yeux de se boucher et cela me permet aussi de dormir correctement sans souffrir.

J’utilise les fleurs de cannabis pour ses effets antidouleurs, relaxants musculaires, anti-inflammatoire, antidépresseur, anxiolytique et sédatifs, et aussi pour ses effets énergisants et stimulants de l’appétit.

Forme galénique et posologie

Je consomme les fleurs de cannabis en vaporisation, j’utilise différente variétés selon les symptômes à traiter. J’ai une variété pour stimuler l’appétit, et me donner du tonus musculaires, une autre pour les douleurs et la relaxation musculaire. Et une troisième pour ses effets sédatif.

Pour la nuit, je le consomme sous forme de biscuits ou en teinture mère pour un effet beaucoup plus long, ce qui me permet de dormir sans douleurs et sans prendre de traitement somnifère.

J’ai appris à connaître et utiliser le cannabis à des fin thérapeutiques en rencontrant différent médecins et association de patients étrangers, notamment suisse et canadien.

Les variétés que je cultive m’ont été conseillées par ces mêmes médecins et associations ! Le plus souvent fournies sous forme de clones ou de graines. Ce sont des variétés reconnues pour leurs effets thérapeutiques.

L’expérience PRISAM

Lorsque j’étais président de la PRISAM (Patients et réseaux d’information pour les alternatives médicales), J’ai été amené à voyager pour rencontrer d’autres associations de patients du cannabis thérapeutique.

On avait créé cette association avec d’autres personnes atteintes de pathologies graves, suite à un article de presse sur mon usage thérapeutique. Aux vues des nombreux appels téléphoniques et lettres de personnes consommant déjà du cannabis à ces fins ou qui pensaient pouvoir accéder à un traitement au cannabis, on a décidé de créer une association afin de pouvoir s’entraider.

J’ai cru naïvement pouvoir aider en partageant mon expérience avec des personnes ayant un besoin urgent et vital d’avoir accès à des plantes de bonne qualité sans passer par le marché noir, et surtout pour pouvoir rencontrer un médecin étranger ayant le droit et les compétences pour en prescrire ou non. C’était des personnes atteintes de cancer, du sida, de parkinson, des paraplégiques et tétraplégiques, ou des personne âgées en fin de vie. Ils avaient besoin du cannabis pour soulager leurs nausées dues à la chimiothérapie, pour calmer leurs spasmes musculaires ou tout simplement pour pouvoir vivre leur fin de vie dignement.

Poursuites judiciaires, humiliation et effets néfastes

Mais au final, à vouloir aider d’autres malades, j’ai eu beaucoup d’ennui avec la Justice. J’ai eu droit à 3 perquisitions et gardes à vue avec saisie des plantes, du matériel et tout ce qui se rapportait au cannabis (affiche, livres…).

Suite à ces perquisitions qui m’ont humilié, j’ai eu de gros problèmes sociaux, j’ai dû déménager de la ville où je vivais.A chaque visite des gendarmes à mon domicile, je me retrouvais obligé de reprendre des antalgiques, des somnifères et des antidépresseurs.Je me retrouvais cloué au lit, sans force, dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit. Je n’avais plus de vie sociale et familiale.

De plus, ces traitements étaient à nouveau nocifs pour mes muscles et mon foie.

Pour chaque arrestation, j’ai fait l’objet d’un rappel à la Loi, d’une enquête sociale effectuée par un juge de proximité, et 300 euros d’amende avec sursis.

A la 3ème convocation, le substitut du Procureur me dit qu’il avait compris que je n’avais pas le choix et qu’il acceptait que je cultive mes fleurs pour mon traitement, mais que je devais arrêter mes activités dans la PRISAM et refuser les articles de presse et émissions télé.

Une vie sous cannabis

Grace au cannabis, je vis aujourd’hui correctement, je suis suivi par plusieurs médecins spécialisés, neurologues, hépatologues, pneumologues et médecins généraliste, et tous sont d’accord pour dire que heureusement que les fleurs de cannabis sont là pour m’aider à vivre depuis toutes ces années.

Il n’y a pas que les médecins qui finissent par reconnaitre des vertus thérapeutiques au cannabis. Lors de ma 3ème garde à vue au poste de gendarmerie, j’ai eu l’autorisation de vaporiser afin de soulager mes douleurs.

Lorsque je suis allé aux urgences du CHU de Grenoble, une infirmière me fit savoir que si j’avais besoin de consommer du cannabis il y avait un coin où les gens comme moi en consommaient pour se soulager. Souvent, c’était des gens atteints de cancers. Quand je dois être hospitalisé, j’ai une chambre où je peux apporter le vaporisateur et un peu de fleurs.

Double peine

J’ai une grande incompréhension des lois actuelles. Elles sont censées nous protéger mais actuellement nous mettent en péril, nous humilient en confisquant nos plantes, le matériel nécessaire pour les cultiver et les fleurs qui nous sont vitales. Le législateur crée ainsi une peine supplémentaire à la maladie.

Les effets thérapeutiques du cannabis ne sont plus à prouver, il suffit de voir le nombre d’études scientifiques et de témoignages de patients dans le monde entier pour comprendre qu’il est urgent qu’en France, tous ces patients consommant et cultivant du cannabis à des fins thérapeutiques ne soit plus hors la Loi avec toutes les conséquences physiques, mentales mais aussi sociales et familiales, que cela peut entrainer sur leur vie.

Mireille, mère de Jérôme

Je m’appelle Mireille Tétaz, je suis la maman de Jérôme. Je profite de la chance qu’il a de pouvoir s’expliquer et d’être je l’espère entendu, pour vous donner mon témoignage.

Celui d’une maman d’un enfant lourdement handicapé et qui pour se soigner se retrouve hors la loi.

Une enfance à l’hôpital

Depuis sa naissance, Jérôme a connu les hôpitaux, sa vie a été jalonnée d’hospitalisations, consultations, examens divers, qu’il a subi avec beaucoup de courage et toujours de bonne humeur.

Le 1er diagnostic, vers 3 ou 4 ans : atrésie des voies biliaires, puis vers 14 ans, les premiers symptômes de cette terrible maladie, la myopathie fsh : perte de forces, violentes douleurs au dos et au muscles, difficulté à lever les bras.

On était tout le temps chez le médecin, qui ne savait plus quoi lui donner pour soulager ses douleurs.

La maladie a évolué très vite, avec les douleurs et le handicap.

Le choix du traitement

Quand il a commencé un traitement au cannabis, cela a été dur pour moi car je savais que c’est illégal et j’avais toujours peur de voir arriver les gendarmes, je le vivais très mal. Et puis avec le temps, je me suis rendue compte que Jérôme était mieux.

Son handicap évoluait, mais lui vivait mieux.

Il a retrouvé une certaine qualité de vie que je n’espérais plus.

Avec les médicaments, il était amorphe, déprimé et il souffrait beaucoup.

Un exemple : tous les hivers, il faisait de mauvaises bronchites, il n’avait plus la force de tousser et mettait beaucoup de temps pour s en remettre.

Avec le cannabis, je ne sais plus de quand date sa dernière bronchite.

Je ne dis pas que tout va très bien, mais je suis obligée de constater que malgré tout, avec sa consommation de fleurs il est mieux, il fait des projets, il vit. …

Justice et double-peine

Par contre, il a eu beaucoup d ennuis avec la justice.

Je le vis très mal, pour moi le fait que mon enfant très malade soit hors la loi pour pouvoir vivre correctement est difficile à accepter, c est dur . Je ne suis jamais tranquille, même si je l’ai toujours soutenu.

On a de la chance d’être français pour plein de raisons, mais beaucoup de pays ont compris la réalité des bienfaits du cannabis thérapeutique, et les malades peuvent enfin se soigner, selon leurs choix et en toute sérénité, ce qui n’est malheureusement pas le cas en France.

Fabienne, atteinte d’un cancer

En septembre 2008, j’ai dû me faire opérer d’une tumeur cancéreuse au sein droit.

À l’hôpital

Les séances quotidiennes de rayons, même rapides, étaient pénibles. L’hôpital et les malades plus atteints que moi que j’y croisais, l’attente quand la machine était en panne… un lieu simplement plombant. Le premier médicament qui m’a été proposé, en cas de besoin, était un antidépresseur. J’ai refusé car je n’en ai jamais consommé et je n’y tiens pas.

J’ai rapidement découvert que l’effet anti dépresseur du cannabis fonctionnait parfaitement sur moi. Cela me relaxait et me permettait de supporter moralement cette épreuve. Les techniciennes me faisait même part de leur étonnement quand à mon bon mental.

Mon médecin traitant, le cancérologue et le chirurgien étaient informés de mon usage de cannabis. Tout le personnel soignant avec qui j’ai été en contact a été informé de mon usage. Personne ne m’a fait de réflexion négative sur cet usage, hormis le fait de le fumer. Pourtant, ça n’était pas possible d’en discuter avec eux, ils éludaient la question. Mon médecin traitant a été le seul à réagir, il a constaté un effet positif sans pour autant avoir assez d’informations objectives pour l’expliquer. Il me suit depuis près de 25 ans, ça créé des liens !

Traitement post-opératoire

Après les séances de radiothérapie, j’ai commencé le traitement au Femara (appelé aussi la petite chimio), il n’est pas anodin en matière de dérégulation de l’humeur. Voilà sans doute pourquoi les spécialistes et mon médecin traitant me proposaient des antidépresseurs.

Au bout d’un mois, j’ai subi d’autres effets secondaires. Je ressentais des douleurs osseuses et musculaires, principalement le soir, je n’arrivais plus à faire de nuit complète. Les médicaments prescrits en complément ne calmaient que légèrement ces douleurs. J’en suis arrivée à en prendre un contre les crampes, un contre les douleurs osseuses, un contre les crises d’herpès à répétition, un contre les nausées et un contre les démangeaisons.

J’avais aussi des vertiges, j’ai fait des allergies à certains des traitements qui ont été remplacés par d’autres. Par exemple, j’ai pris des biphosphonates, j’ai dû changer deux fois de “marques” pour cause d’allergie, malgré le changement, très rapidement les effets désagréables sont revenus.

Choix du traitement

Au bout de 3 ans, j’ai expliqué à mon médecin traitant que cette situation de plus en plus déprimante n’était plus tolérable. J’ai préféré arrêter tous ces médicaments supposés me faire du bien, car ils me donnaient l’impression de m’empoisonner tous les jours un peu plus. Evidemment, j’ai gardé celui qui me préserve de toute récidive.

Mon cancérologue a insisté sur l’importance de ne pas interrompre le traitement principal, il n’en a jamais été question pour moi.

En augmentant ma consommation de cannabis, j’ai réussi à remplacer les six médicaments d’accompagnement du traitement principal. Ces effets sont plus efficaces. Ayant tendance à maigrir, j’ai enfin réussi à maintenir mon poids, lutter contre les douleurs pour mieux dormir et surtout garder le moral malgré cette importante dégradation de mon état général.

Organisation du traitement

Pendant toute cette période, j’ai exercé mon activité professionnelle à mi-temps. J’avais peu de moyens financiers. Pour ne pas acheter à n’importe qui, n’importe quoi à prix fou, j’ai jardiné en me faisant aider par des ami(e)s bien portants. Cela m’a fait du bien de m’occuper de mes plantes, le jardinage a pour vertu de faire oublier leur état aux malades. L’idée que cette plante est utile pour ma santé me donne un certain dynamisme. Mais de nombreux malades ne peuvent vraiment pas cultiver, il devrait donc pouvoir l’acheter en pharmacie.

J’ai compris qu’en fonction des variétés utilisées, j’avais plus d’appétit, un meilleur sommeil et moins de douleurs. Je me suis renseignée sur celles correspondantes aux effets recherchés et aussi sur les moyens de ne plus fumer le cannabis, comme la vaporisation ou l’ingestion.

Après essais, la variété Jack Herer convient le mieux pour mes douleurs articulaires, les crampes, les douleurs osseuses, j’utilise de la White Russian pour stimuler l’appétit et lutter contre l’asthénie. Pour un sommeil plus clame et régulier, j’utilise une huile de résine issue de variétés Indica très mature et mélangée à de l’huile d’olive pour faciliter l’absorption sublinguale.

Pas une panacée universelle

J’ai bien conscience que ce n’est pas le cannabis qui soigne mon cancer. Il m’aide à ne pas surconsommer inutilement des médicaments et à me sentir suffisamment bien pour continuer à travailler, à avoir une vie sociale à peu près normale.

Pourtant, l’idée que le cannabis soigne tous les cancers fait de plus en plus son chemin parmi la population touchée. C’est une idée dangereuse qui peut mener des gens à ne pas se traiter correctement, comme on l’a vu en pleine épidémie de Sida avec les instinctothérapeutes et autres charlatans.

Le cannabis pourrait avoir une action directe contre certaines tumeurs cancéreuses et sur la dispersion des métastases. Vous le comprendrez en écoutant le témoignage de Philippe. Cela reste encore assez spéculatif. Les études internationales doivent être coordonnées et la France doit s’y impliquer. Il y a urgence. Ces études doivent prendre en compte le savoir empirique des associations de patients.

Peur de la répression

Pour moi, le cannabis est un médicament efficace mais interdit. A tout moment, je risque une interpellation et une confiscation de mon traitement et de mon indispensable matériel de jardinage. Sans parler de poursuites pénales. C’est un stress difficile à supporter car très injuste. De nombreux malades d’autres pays dans la même situation que moi peuvent se soigner facilement et sans risque judiciaire.

Des chercheurs israéliens ont réussi à obtenir un cannabis sans THC mais avec les composants requis pour certains usages thérapeutiques, d’autres ont réussi à déterminer les combinaisons en cannabinoïdes (THC/CBD/CBN et autres) les plus efficaces en fonction des effets recherchés. Des dizaines d’équipes internationales mènent des travaux en ce moment même, pourquoi pas en France ?

Notre frilosité comparée à nos voisins européens et à l’Amérique du Nord n’est pas compréhensible par des patients en souffrance.

Nous savons bien que ce n’est qu’une affaire de temps, certains d’entre nous n’en ont plus beaucoup. Il parait que dans certains services français de soins dits palliatifs, on permet aux malades de faire usage de cannabis, nous ne voulons pas attendre d’être là pour nous soigner !

Pour une justice compassionnelle

De plus en plus de patients découvrent l’usage médical du cannabis, Internet amplifie le phénomène. En conséquence, de plus en plus d’usagers thérapeutiques, autoproducteurs ou pas, vont défiler devant les tribunaux. En matière médicale, la récidive est une obligation. Il n’est pas question pour nous d’arrêter de faire usage d’une plante qui nous aide dans notre quotidien sans créer de nuisances pour quiconque. Il n’y a ni crime ni victime !

Il y a donc une urgence à encadrer légalement et médicalement cette pratique. Nous avons récemment adressé un courrier à Madame Taubira pour lui demander de faire cesser les poursuites à l’encontre des usagers de cannabis thérapeutique. Il suffit d’une simple circulaire enjoignant tous les magistrats à tenir compte du dossier médical des prévenus pour usage, détention, acquisition et autoproduction en fonction d’une liste établie de pathologies admissibles.

Pour tous ceux qui ne peuvent pas jardiner, il serait important de réfléchir rapidement à la réintroduction du cannabis sous toutes ses formes dans la pharmacopée française.

Philippe, atteinte d’un cancer

Je m’appelle Philippe, j’ai 43 ans. En mars 2011, j’ai appris avoir une tumeur cérébrale de

grade II.

Cette tumeur génère des crises d’épilepsie, des pertes de mémoire, des problèmes d’élocution, des tremblements et une perte de l’orientation.

Je passais le plus clair de mon temps enfermé à ne pas faire grand-chose et en quelque sorte déprimé, de plus je voyais que ma famille culpabilisait de ne rien pouvoir faire pour améliorer ma situation.

Le neurochirurgien a dit qu’il ne peut pas m’opérer car la tumeur est dans les parties fonctionnelles. S’il opère, je vais être paralysé.

Traitement

J’ai suivi une radiothérapie pendant 2 mois qui n’a pas donné de résultat, hormis me faire perdre encore plus la mémoire.

Ensuite, j’ai eu une chimiothérapie en cachet (Thémodal) pendant 9 mois (de décembre 2011 à septembre 2012), qui n’a pas eu de résultat non plus. À la fin de cette cure (septembre 2012), l’IRM montrait une tumeur d’environ 3cm x 8cm et un œdème qui allait du front à la nuque.

Pendant 1 an 1/2, j’ai pris des cachets contre l’épilepsie mais ils ont commencé à ne plus faire d’effets. Je ne pouvais plus me déplacer seul, je ne supportais plus du tout le bruit. Je devenais de plus en plus agressif verbalement et j’avais envie de tout casser.

Mi-octobre 2012, j’ai commencé la chimiothérapie liquide (Fotémustine) avec tous les inconvénients que ça entrainent (nausées, fatigue, manque de plaquettes, baisse des leucocytes) et injections régulières de Neulasta pour améliorer le bilan sanguin. Elles engendrent des douleurs dans les os pendant minimum 5 jours.

Le choix du traitement au cannabis

Je suis un battant. Peut-être est-ce le fait d’avoir été militaire de carrière dans la Légion puis dans les forces françaises engagées en Afghanistan. J’ai cherché sur internet un autre traitement que les cachets.

J’ai ainsi découvert que le cannabis pouvait me soulager. J’ai essayé début décembre 2012, et de suite je me suis senti détendu, apaisé et en meilleure forme physique et psychique. J’ai pu de nouveau me déplacer seul, parler sans problème d’élocution (sauf quand je fatigue). Je retrouvais ma mémoire.

Le cannabis me soulage les douleurs, les maux de tête, me rend moins agressif, m’empêche d’avoir des crises d’épilepsie et m’a en quelque sorte rendu ma dignité par rapport à mes enfants, ma famille que j’ai mise au courant. Je ne vois donc que des côtés positifs et je ne ressens pas négativement les effets psychotropes.

J’en ai parlé à aux spécialistes qui me suivent à l’hôpital. Voyant ma grande amélioration physique début janvier, l’oncologue m’a fait repasser un IRM fin janvier, qui a démontré que l’œdème avait complètement disparu en 1 mois ½. Les médecins n’avaient jamais vu d’œdème disparaitre aussi vite.

Difficulté d’une étude clinique

Je continue, avec l’accord de mes médecins, à faire usage de cannabis tout en continuant les traitements. Récemment, j’ai appris qu’il n’y avait plus de traitements à poursuivre et qu’il fallait attendre les nouvelles molécules.

Nous avons évoqué la possibilité d’une étude des effets du cannabis sur ma pathologie mais ils pensent que ce sera trop long avant d’avoir l’accord. Ils ont établi des attestations pour que je n’aie pas trop de problème avec la justice.

Par contre, pendant plus d’un an le neurochirurgien m’a prescrit tout à fait légalement des corticoïdes (Solupred), maintenant j’en suis « accro ». Je ne peux pas arrêter d’en prendre sinon je vomis tout le temps.

J’aimerais qu’on m’explique !

Le retour du cannabis dans la pharmacopée française

Sativex est une bonne porte d’entrée pour modifier la loi, ce produit a obtenu une AMM européenne. La Ministre de la Santé Marisol Touraine est favorable à une étude d’évaluation par l’ANSM en vue d’une mise sur le marché français dans le cadre du traitement de la SEP. Dans ce cadre, il sera nécessaire de modifier la législation afin d’autoriser des préparations médicamenteuses à base de cannabis.

Indications thérapeutiques et pathologies

Le Sativex est un spray sublingual composé d’alcool et de deux extraits de cannabis : le THC (2.7mg par spray) et le CBD (2.5mg par spray). Il est autorisé dans plusieurs pays voisins (Allemagne, Canada, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas) non seulement pour la sclérose mais aussi pour d’autres douleurs neuropathiques et dans le traitement du cancer.

Il serait donc judicieux d’étendre la recherche française au minimum à cette liste de pathologies et au maximum aux pathologies reconnues dans d’autres pays : traitement VIH/Hep C, maladie de Crohn, TDHA, syndrome de Tourette, glaucome, rectocolite hémorragique, épilepsie, démangeaisons, migraine, céphalée, rhumatismes, arthrite, traumatisme crânien, aide à l’abstinence (alcool, héroïne, cocaïne).

Pas une panacée

Le Sativex n’est vraiment pas efficace pour tous les patients qui ont besoin du cannabis thérapeutique. De nombreux patients ne supportent pas l’alcool même à petite dose (allergiques, anciens alcooliques). Chaque spray contient une dose suffisante pour des patients naïfs au cannabis, elle est souvent insuffisante pour les patients habitués à se traiter au cannabis.

De même, la formulation presque égale du THC et du CBD dans le Sativex ne convient pas à tous les patients, y compris pour le traitement de certaines formes de la SEP. Il manque dans la formulation de nombreux cannabinoïdes, y compris des terpénoïdes et des flavonoïdes essentiels dans les traitements.

Enfin, la formulation en spray n’est pas aussi efficace que la vaporisation contre les spasmes, la nausée, l’asthénie et pour augmenter l’appétit.

Le prix international du Sativex est de 83 euros pour 51 sprays soit 0.6 € le mg de THC. Par comparaison, le Dronabinol allemand est à 0.8 € le mg, le Bedrocan

hollandais est à 0.05 € le mg de THC. Le Sativex coûte très cher au malade, surtout pour les utilisateurs de cannabis, cela posera un problème de remboursement avec l’assurance maladie et les mutuelles. Le Sativex n’est donc pas la panacée du cannabis thérapeutique.

Logique expérimentale

En conséquence, il serait judicieux d’organiser rapidement une expérimentation scientifique selon les principes suivants :

  • Tester les applications du cannabis sur la liste complète des maladies où son efficacité est reconnue dans d’autres pays de l’UE.
  • Tester les différentes formes galéniques proposées officiellement sur le marché européen par rapport aux médicaments courants et aussi par rapport aux produits utilisés en automédication.
  • Recruter un panel de patients pratiquant déjà l’automédication au cannabis, un autre panel de patients naïfs au cannabis, un troisième groupe témoin maintenu sous son traitement habituel
  • Evaluer l’efficacité de chaque formulation et rédiger l’AMM française des produits à base de cannabis en fonction des conclusions de l’expertise.

Cadre juridique

L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la République Tchèque ont décidé d’autoriser plusieurs formulations de cannabis thérapeutique, en général Sativex et Bedrocan.

Dans les pays tolérant la consommation et l’autoproduction de cannabis, comme certains États des USA, l’Espagne, les Pays-Bas ou la Tchéquie, de nombreux patients préfèrent utiliser leur propre cannabis plutôt que d’avoir recours à l’industrie pharmaceutique. Ils ne sont pas satisfaits par les produits existants sur le marché. La recherche sur les variétés de cannabis les plus efficaces et sur les meilleurs modes d’administration commence à peine.

En conséquence, il serait opportun dans la situation française d’édicter une ordonnance de non-poursuite pour l’usage privée et l’auto-culture de cannabis sur présentation d’une attestation médicale pour des pathologies définies

Texte présenté par Mario Lap et le Docteur Bertrand Lebeau et soutenu par Principes Actifs.

La Météo des Prods – Bulletin RC Juillet 2013

Source : http://www.technoplus.org/t,1/2689/-la-meteo-des-prods—bulletin-rc-juillet-2013

Les RC, tu sais ce que c’est ? Non ! Et bien tu ferais mieux de lire la suite car ces « nouvelles » drogues circulent de plus en plus depuis 2 ans. Environ 40 nouvelles substances ont été identifiées depuis 1 an. La plupart sont illégales en France. Seules quelques une ne sont pas (encore) classées.

Leçon n°1 : En soirée les RC sont souvent vendus comme étant ou ressemblant à un produit plus classique

On les commande sur internet ou bien on les trouve en soirée. Dans les 2 cas on est jamais sûr de la composition et tu peux te faire arnaquer.

Environ la moitié des RC analysés en France (SINTES) et en Europe (TEDI) ne contiennent pas la substance attendue. Ce chiffre est tout de même à relativiser car les produits qui posent problème sont davantage analysés que les autres. Il peut s’agir d’un produit vendu pour une drogue « classique » (coke, kéta, MDMA, speed, LSD…) qui contient en réalité un RC dont les effets sont plus ou moins proches voire pas du tout ! C’est plus pratique pour les vendeurs qui ont un nouveau produit d’insister sur la similitude avec un produit déjà connu. Certains peuvent t’arnaquer et ne précisent même pas qu’il s’agit d’un RC. D’autres encore ne savent même pas qu’ils sont en train de vendre un RC !

Même quand les effets sont proches d’un autre produit que vous connaissez le dosage, lui, peut être complètement différent. C’est pareil pour la durée des effets.

Les RC les plus fréquemment identifiés sont : Méthoxétamine, 2C-B (stupéfiant), 25i nBoMe, 4-MEC (stupéfiant), Méphédrone ou 3-MMC (stupéfiant), 2C-E (stupéfiant), MDPV ou sel de bain (stupéfiant).

Conseils pour éviter les mauvaises surprises :

  • Lisez le flyer RC de Techno+.
  • Pour vos achats privilégiez les vendeurs ayant une bonne réputation. Renseignez-vous auprès de vos amis ou sur les forums spécialisés.
  • Privilégiez aussi aussi les vendeurs qui sont capables de vous expliquer le dosage à faire, la durée du produit et les effets qu’il procure. Si le vendeur est lui-même consommateur de son produit, c’est plutôt bon signe.
  • Malheureusement, le meilleur moyen d’être informé sur un RC (effet, dose, risque…) c’est encore de connaître quelqu’un qui en a déjà pris avant. Pour cela les forums spécialisés comme psychonaut.com sont très utiles avec leur Trip report.

Leçon n°2 : La Méthoxétamine, le RC le plus fréquemment rencontré, est souvent vendu pour de la kétamine

En soirée, c’est souvent de cette façon que les gens font connaissance avec la méthoxétamine : ils pensent avoir affaire à de la kétamine. Sous forme de poudre les 2 produits sont effectivement identiques. Or la méthoxétamine est plus forte à dose égale et dure 3 fois plus longtemps ! Le pire étant pour les habitués de la kéta qui s’envoient directement une grosse dose de méthoxétamine. C’est le bad trip assuré voire le trou noir. (Lire un témoignage à ce sujet).

La méthoxétamine est le RC le plus collecté pour analyse en France. Depuis 2011, on recense 19 personnes hospitalisées pour des intoxications liées au sniff de méthoxétamine en association avec d’autre produits (alcool, kéta,etc.) au cours d’une même soirée. Suite à cela la commission des stupéfiants a rendu un avis favorable en avril 2013 pour son classement comme stupéfiant.

Conseils pour éviter les mauvaises surprises lors de l’achat de kétamine :

  • Privilégiez la kétamine sous forme liquide à cuisiner soit même.
  • Un prix de vente au gramme inférieur à 40€ peut être aussi un signe car la méthoxétamine est vendue bien moins chère sur internet et certains essayent de l’écouler plus facilement en cassant les prix.
  • Lisez le flyer Méthoxétamine de Techno+.

25i-nBOMe Buvard HoffmanLeçon n°3 : La mescaline vendue (liquide ou buvard) est presque toujours un RC de la famille des 2Cx comme le 25i-NBoMe

Il y a eu 7 cas d’intoxication en 4 mois dû au 25i-NBoMe au Royaume-Uni. En Belgique, en Espagne, aux Pays-bas, en France, en Allemagne, en Autriche, en Finlande, etc., la vente de 25i-nBoMe en soirée ou sur internet augmente.

Ce produit est rarement vendu sous son appellation. Sur internet on parle de Vortex, de B25, de mescaline… On le trouve sous forme liquide dans une fiole, sur un buvard ou même dans une paille (voir image ci-dessous). Car la particularité de ce produit liquide est d’être plus actif en sniff.

Image_018

25i-nBOME buvard 2Il est devenu très fréquent de trouver des produits vendus pour de la mescaline liquide en free party en goutte ou en buvard. Or il est impossible que cela soit de la mescaline sinon le buvard devrait avoir la taille d’un post-it pour faire effet ! Les rares analyses montrent qu’il s’agit à chaque fois d’un RC analogue des 2Cx dont pas mal de molécules ont des propriétés hallucinogènes. Le 25i-nBOMe est aussi parfois vendu comme du LSD.

25i-nBOME buvard 12 indices qui permettent de suspecter la présence de 25i-nBOMe ou un autre 2Cx :

  • Si un produit est présenté comme de la mescaline sous forme liquide (buvard ou goutte).
  • Si on te conseille de sniffer une goutte plutôt que de l’avaler.

Leçon n°4 : Les cannabis de synthétyiques ne se dosent pas comme le cannabis végétal et les effets ne sont pas forcément les mêmes

Les cannabinoïdes de synthèse forment une immense famille de RC qui n’est pas classée en France. Il ne sont donc pas illégaux mais l’Union Européenne envisage de les interdire dans tous ses États-Membres. Certains comme l’Allemagne l’ont d’ailleurs déjà fait sur des substances bien précises.

Contrairement à leur appellation général ses produits n’ont que peu de rapport avec le cannabis à part le fait qu’ils se fument. Certains ne sont même pas dérivés du fameux THC ! Ces produits ont des noms barbare comme AKB-48F, AM-2201, STS-135, UR-144, JWH-018, etc. Il en existe tellement qu’à eux seuls ils représentent 40% à 50% des RC identifiés chaque années.

Ils se présentent généralement sous forme de poudre fine. Pour leur donner un aspect plus « naturel », certains vendeurs sur internet pulvérisent cette poudre sur des débris de végétaux qu’ils vendent dans des emballages hermétiques avec des images de plantes et un nom commercial du type herbal spice.

Les effets peuvent être très différents d’une substance à une autre. Tout comme les dosages.

Quelques conseils sur les cannabinoïdes de synthétiques :

    • Ne te laisse pas embobiner par les appellation commerciale. Renseigne toi sur le produit exact sur psychonaut.com par exemple.
    • Dans ton premier joint ne mets qu’un tout petit peu de produit (quelques milligrammes, une pointe de couteau comme on dit).
    • Fume 1 ou 2 latte puis attend les effets 15 minutes avant de continuer.
    • Visionne cette vidéo réalisée par l’association spécialiste des RC, Not for Human.

Et les autres RC alors ?

Nous avons évoqué ici les cas les plus fréquents mais il existe de nombreux autres RC notamment des stimulants comme la famille des cathinones. Principale alternative aux produits classiques comme la coke, la MDMA ou le speed, ils se font plus discrets depuis leur classement comme stupéfiant en France en 2012.

Certains produit de cette famille avaient alors été mis sous les feux des projecteurs comme la méphédrone à laquelle plusieurs décès sont attribués en Angleterre ou encore le MDPV, dit sel de bain ou la drogue qui rend cannibale. Cet emballement médiatique à leur sujet leur a été fatal (classement stup un peu partout) sans que les faits reprochés ne soient réellement avérés dans bien des cas.

On pourrait aussi parler des opiacés de synthèse dont les effets peuvent êtres 40 fois plus puissants que la morphine ou encore des substances délirogènes à manipuler avec précaution de la famille des tryptamines.

Les RC c’est une liste de produits sans fin comme la guerre à la drogue. Un seul conseil à retenir : informez-vous et informez les autres autour de vous.

——————–

Ces infos sont une compilation des données publiées depuis 6 mois par TEDI, Eurotox et SINTES.

La météo des Prods – Bulletin Taz du 2 juillet 2013

Source : http://www.technoplus.org/t,1/2688/-la-meteo-des-prods—bulletin-taz-juillet-2013

Il est possible que le retour des taz fasse partie de la tendance de l’été 2013. Alors autant savoir ce qui circule depuis 6 mois sous cette forme. Peu présents en France mais disponibles sur les marchés belges, hollandais, allemands, autrichien et suisse, ce type de comprimés pourraient circuler dans toute l’Europe à la faveur des déplacement estivaux. Pour ne pas être surpris, 3 leçons à retenir :

Leçon n°1 : Des dosages en forte hausse

De nombreux taz très fortement dosés en MDMA sont en circulation. Cette tendance remarquée depuis 2011 se confirme. La teneur est parfois supérieure à ce que l’on pouvait trouver entre 1995 et 2000, époque où les taz étaient déjà jugés très forts. Même les vétérans doivent faire gaffe. Notez l’évolution dans les analyses ci-dessous :

Photo Nom Composition Date / Lieu
Taz DJ rouge DJ Rouge 127mg MDMA 03/10/2012
Belgique
Party Flock Bleu 173mg MDMA 08/02/2013
Belgique
Dragon « Mortal fight » 175mg MDMA 13/06/2013
Pays-Bas
Lamborghini 186mg MDMA 13/06/2013
Pays-Bas
Like rose Like rose 165 à 220mg MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas
AIX orange AIX orange 165 à 220mg de MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas
Tortue ninja jaune 3D Tortue Ninja Jaune 3D 165 à 220mg de MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas
Taz fort MDMA PartyFlock rose 200mg MDMA 2013
France
Crane blanc 3D Crâne Blanc 3D 366 mg MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas

Leçon n°2 : Un taz ne contient pas toujours que du MDMA

Près de 10% des comprimés analysés en Europe (source : TEDI) contiennent un produit de coupe en plus du MDMA.

Photo Nom Composition Date / Lieu
Taz mitsubishi vert Mitsubishi vert 0,15mg MDMA
1,74mg Méthamphétamine
6,4mg Domperidone (Motilium)
31,6mg mCPP
03/10/2012
Belgique
MDMA MethoxetamineTaz MDMA + Méthoxetamine 2012
Espagne

Leçon n°3 : Un taz ne contient pas forcément du MDMA

Plus de 20% des comprimés analysés en Europe (source : TEDI) ne contiennent pas de MDMA mais d’autres substances aux effets souvent bien différents.

Photo Nom Composition Date / Lieu
Taz 2c-E 2Taz 2c-E 1 2C-E 2012
Espagne
Taz Tête de mort blanc Tête de mort PMMA 28/06/2013
Pays-Bas
LOGO ICE
(pas de photo)
Speed Canadien 19% de Méthamphétamine 2013
France

Au Boom festival 2012, certains comprimés contenaient de la méthylone ou du mCPP à la place du MDMA.

——————–

Ces infos sont une compilation des données publiées depuis 6 mois par TEDI, Eurotox et SINTES.

Alerte: Décès dû à de l’héroïne fortement dosée dans le 95

Alerte du 14 juin de l’ARS Île-de-France

Un homme a été retrouvé mort, par la police, avec une seringue dans le bras dans une commune du Val d’Oise (95) le 7 juin; une information judiciaire est en cours.

La poudre retrouvée sur la personne décédée avait une teneur en opiacé de 81% (dont 45% d’héroïne). La moyenne régional habituelle est de 17% environ. L’échantillon contenait d’autres opiacés (6MAM , Morphine, acétylcodéine), ce qui est souvent le cas dans les échantillons présentés comme de l’héroïne.

Il n’y a aucune information sur le contexte de consommation ni sur la provenance de l’échantillon.

Réduction des risques et recommandations

Les taux d’héroïne sont très variables d’un échantillon à l’autre dans le temps et l’espace (d’un jour sur l’autre au même endroit de revente, d’un lieu de revente à l’autre), particulièrement en Île-de-France, où il a varié entre 6% et 34% entre novembre 2010 et décembre 2011.

Une information en continu et un rappel des conseils de base de réduction des risques liés à l’usage d’opiacés auprès des usagers s’impose donc de manière permanente :

  • Ne pas consommer seul
  • Commencer par une faible dose, surtout lors d’un nouvel achat
  • Favoriser le « sniff » à l’injection ou à la voie fumée, surtout lors d’un nouvel achat
  • Éviter les mélanges favorisant la survenue de détresses respiratoires (Alcool, benzodiazépines, tout
    opiacés, y compris les traitements de substitution (TSO) ou autres médicaments opiacés tels que
    ceux utilisés dans le traitement de la douleur).
  • Recours au service des urgences en cas de suspicion d’overdose, afin de bénéficier d’un traitement
    par la Naloxone.

Alerte : Héroïne coupée au dextrométorphane dans le 93

source : http://www.drogues-info-service.fr/?Alerte-DGS-heroine

La Direction Générale de la Santé (DGS) lance une alerte à l’héroïne coupée avec des produits potentiellement dangereux et rappelle le danger inhérent aux grandes variabilités de présence de l’héroïne dans les poudres vendues.

Le 1er janvier en Seine-Saint-Denis une saisie de 50g d’héroïne a révélé un échantillon dosé à 15,2% mais surtout coupé à auteur de 44% avec du dextrométorphane (DXM). Or cette association héroïne-DXM est potentiellement mortelle.

La DGS rappelle notamment que les risques d’overdose sont particulièrement élevés chez les usagers néophytes, occasionnels ou reprenant leur consommation après une période d’abstinence. En présence d’une héroïne ainsi coupée ou fortement dosée les risques sont décuplés.

La DGS incite les usagers ou leurs proches qui constateraient des signes inhabituels suite à la prise d’héroïne de se rendre dans un service d’urgence ou de contacter le 15 (SAMU).

Nous vous rappelons pour notre part que les signes caractéristiques d’une overdose d’héroïne sont la perte de conscience, la difficulté à respirer (ralentissement du rythme respiratoire avant arrêt respiratoire), un bleuissement des lèvres et des ongles. Une overdose est rarement mortelle tout de suite, l’entourage peut donc appeler les secours et la personne être sauvée à condition de ne pas attendre : une overdose est une urgence médicale. Au téléphone n’hésitez pas à préciser que la cause probable du malaise est la prise d’héroïne afin de vous assurer que les secours arrivent bien avec l’antidote, la naloxone.

Si vous êtes confronté à une overdose ne paniquez pas. Mettez la personne en position latérale de sécurité et appelez les secours. En attendant les secours, si la personne ne respire plus, appliquez les gestes de premier secours : massage cardiaque et ventilation par la bouche.

Pour vous informer sur l’overdose, sa prévention et comment réagir nous vous conseillons de regarder la vidéo suivante :

 

Pour savoir comment mettre quelqu’un en position latérale de sécurité, regardez la vidéo suivante :

La RdR ça marche : La Position Latérale de Sécurité

Plus d’informations :

Retrouvez des informations et des conseils de réduction des risques sur l’overdose d’héroïne.

Le tabac, une plante en voie de prohibition

« Quant aux vieux forcenés de la cigarette, personne ne peut rien pour eux (…) ils étaient nés pour une passion de cendre. »
Louis Lewin, Phantastica

Le tabac est bien une drogue, la preuve : j’aime ça ! Bizarrement, j’éprouve plus de difficulté à écrire sur le tabac que sur l’héroïne ou le cannabis. Pourtant, la cigarette, je connais. C’est même la première drogue que j’ai consommée sans jamais avoir l’impression de consommer une drogue. Bien sûr, comme tout fumeur, il m’est arrivé de faire des kilomètres à la recherche d’un tabac et même, dans les moments de pure disette, de ramasser mes vieux mégots pour m’en rouler une. Bref, j’ai toujours vu la cigarette comme une habitude, certes tenace mais pas plus, tout en sachant que son usage réduirait sans doute ma durée de vie. Mais à cette époque, je m’en foutais royalement. Et puis les années passent, on tient plus à la vie, et on commence à percevoir les effets pervers de la clope−: manque de souffle, toux chronique, et très grosses difficultés pour ceux qui souhaitent arrêter. La clope accompagnée d’un bon café (ou vice versa), la clope d’après shoot, la clope après l’amour, sans doute la plus délicieuse… Si tant de gens fument, c’est bien qu’ils y trouvent quelque chose-!

L’histoire du tabac, des shamans aux buralistes

Le tabac, nicotiona en latin, est une plante annuelle de la famille des solanacées, originaire d’Amérique du Sud, utilisée depuis la nuit des temps par les amérindiens (et en Océanie) comme une plante sacré aux vertus médicinales. Fumé, prisé ou ingéré le tabac était associé à la plupart des rituels, souvent avec de la datura (une autre solanacée) et d’autres plantes hallucinogènes si communes dans cette partie du monde. Les cendres de tabac étaient utilisées comme engrais et comme insecticide Le tabac avait même son Dieu: Centzon Totochin à qui il était de bon ton d’offrir quelques sacrifices humains. Mais le tabac alors utilisé surtout par les shamans n’as pas grand chose à voir avec les produits dérivés commercialisés aujourd’hui. Il était utilisé brut, et pouvait provoquer des effets puissants pouvant mener jusqu’à la transe.

C’est avec la découverte des Amériques en en 1492 que l’Europe, puis le reste du monde découvre cette plante fascinante parfois considérée comme diabolique. Voir un homme recracher de la fumée par le nez était absolument stupéfiant, et cela ne pouvait être que l’œuvre du Malin. Alors un peu partout dans le monde on essaie de prohiber le tabac de façon plus ou moins brutale: en Russie on coupe le nez des priseurs et les lèvres des fumeurs, quant aux récidivistes on leur coupe la tête. Le pape lui excommunie les fumeurs, des moines surpris à fumer sont même emmurés vivant, les anglais décapitent l’inventeur de la pipe et en Orient les amateurs de tabac sont pendus, une pipe en travers du nez , brulés sur un bucher de plants de tabac, ou alors on leur couler dans la gorge du plomb en fusion…

Mais tout ces châtiments n’empêcheront « l’ivrognerie sèche » de se développer, alors peu à peu on taxera ce que l’on ne peut interdire et en France un monopole de la vente du tabac au profit du roi est instauré. A la révolution la liberté de culture et de vente est instaurée mais Napoléon rétablira peu après le monopole…et les taxes. En 1809 un chimiste français. Nicolas Vauquelin, isole la nicotine, principal alcaloïde du tabac. Il faudra attendre le milieu du XIX siècle pour voir apparaitre les premières cigarettes.
En France ce sont les « Élégantes » et les « Hongroises », qui deviendront « Gauloises » et « Gitanes ». Dès 1859 un ouvrage publié par la Faculté de médecine de Montpellier décrit « les ravages du tabac » et dix ans plus tard apparait la première association anti-tabac. Un des premier pays a lutter farouchement contre le tabac fut l’Allemagne, malheureusement il s’agissait d’un diktat nazi, ceux ci considérant que le tabac dénaturait la race *mettre affiche allemande.Et puis ni Hitler, ni Mussolini, ni Franco n’étaient fumeurs contrairement à Churchill, Roosevelt et Staline. A cette époque la liberté était du coté des fumeurs. La cigarette va régner sans entraves jusqu’en 1975, date à laquelle Simone Veil alors Ministre de la Santé, dénonce la nocivité du tabac et impose courageusement une loi restreignant la publicité pour le tabac.

Depuis cette date la consommation baisse et l’usage et la vente de tabac sont de plus en plus réglementés. Les prix sont en hausse constante alors que taux de nicotine et de goudrons sont de plus en plus limités (mais pas les additifs!). Oubliées les P4 et autres Celtiques (*mettre pub celtique) qui vous arrachaient les poumons, même la fameuse Gitane, si chère à Gainsbourg, a du rentrer dans le rang pour éviter la disparition pure et simple. Aux USA, le scandale fait rage: les cyniques stratégies commerciales des cigarettiers sont enfin dénoncées, ainsi que les manipulations chimiques qu’ils font subir à leurs produits afin d’en renforcer le pouvoir addictif, au mépris des considérations de santé publique. Des vulgaires fabricants de dope, mais qui bossent dans la légalité. Pour éviter les procès que leurs intentent des fumeurs malades ou leur famille, le cartel du tabac paye à l’état une somme colossale lui garantissant désormais l’immunité. Les vendeurs de tabac se tournent désormais vers des nouveaux marchés prometteurs: les pays en voie de développement et le tiers monde. La Chine, pays qui passe par les armes les revendeurs de drogues, est le nouvel eldorado de la sainte clope: ……millions de chinois fument.

Une plante en voie de prohibition

Après avoir été un symbole de modernité, de virilité, le cigarette de tabac est désormais montrée du doigt comme source de malheur et de décadence. A l’heure ou certains pays dépénalisent le cannabis, le tabac lui semble être en route pour une prohibition. Et pour soutenir cette terrible accusation , et comme à chaque fois que l’on parle d’une drogue, on dérape dans l’irrationnel transformant de facto l’information en propagande tout en n’oubliant pas de taper au porte monnaie les consommateurs de tabac (dont 40% sont des chômeurs, selon l’OFDT) . Il n’est pas question de nier les dégâts que peuvent provoquer l’abus de tabac mais n’est-il donc pas possible de réfléchir aussi à comment mieux consommer le tabac, comment réduire les risques liés à son abus? Est-ce le tabac lui-même qui est dangereux ou les manipulations chimiques que les industriels du tabac font subir à cette plante? Le vrai scandale du tabac ne tiendrait-il pas plutôt à sa commercialisation et ses puissants moyens de publicité, et à ce que les gouvernements aient laissé les fabricants de cigarettes manipuler leurs produits afin d’en renforcer entre autres leur effet addictif. Il semble quand même que l’ampleur de cette croisade anti-tabac dépasse largement les nuisances de la fumée.
Après le puissant lobby des cigarettiers voici venir l’avènement des docteurs es tabac, des patcheurs à tout va, des vendeurs de clopes à la laitue ou d’herbe de perlimpinpin, la lutte contre le fléau est sacrée et tout est permis, même gagner beaucoup d’argent. Après tout industriels de tabac et laboratoires ont au moins un point commun: ils gagnent énormément d’argent en fourguant des drogues … Alors chers fumeurs, êtes vous donc tous condamnés à périr dans d’atroces souffrances ?

Tabac et réduction des risques

Modes de consommation

Si la façon la plus commune de consommer le tabac est de le fumer, on peut également le chiquer, le sucer ou le priser. Alors évidement vous hasardez pas à chiquer votre paquet de goldos ou à sniffer les camels de votre frangine. Le tabac doit être préparé pour être ainsi consommé. L’avantage est qu’on peut consommer partout sans gêner personne mais priser provoquerait des cancers des fosses nasales et chiquer des cancers de la bouche! Satané cancer, toujours en embuscade, prêt à nous tomber dessus dès qu’on dégaine un brin de tabac. Cependant le » tabac à sucer », en fait des gommes à la nicotine auraient démontré une certaine efficacité à faire décrocher de la cigarette.

En Suède le « snuss » est consommé par des millions de personnes et le pays a le plus faible taux de cancer de l’Europe. L’effet du « snuss » est décrit comme plus stimulant qu’une cigarette, et il est parait-il plus difficile d’arrêter. Une sorte de méthadone du tabac? Mais pas de bol le « tabac à sucer » est interdit en Europe, la Suède ayant obtenu seule une dérogation pour son snuss. Mais rien ne vous empêche (si ce n’est le bon sens!) de mastiquer vos patchs à la nicotine… ou plus raisonnablement d’en acheter via internet

Modes d’action

Fumer provoque une absorption très rapide ( moins de 5 secondes) dans le sang du principe actif du tabac la nicotine. L’effet est un peu plus lent quand il est chiqué ou priser. Un des principaux problème du tabac vient du fait qu’on le fume en général. Et inhaler de la fumée – quelle qu’elle soit – ne peut être bon, c’est du pur bon sens. Mais avec le tabac, ça se corse. La combustion d’une cigarette entraine la libération de plus de 4000 produits chimiques dont 50 cancérigènes, et ce sans compter les nombreux additifs que ne se privent pas d’utiliser les cigarettiers.
La nicotine, principal alcaloïde de la plante elle, est responsable de l’addiction et des effets du tabac. La nicotine est en réalité un poison des plus puissants. Une vingtaine de clopes infusées vous tue n’importe quel bonhomme. La nicotine est aussi responsable de l’effet psychostimulant du tabac. L’effet est de courte durée, mais il augmente la vigilance et la capacité de réflexion. La nicotine a aussi un effet antalgique (elle facilite la libération des endorphines) un effet éveillant, un effet coupe faim et un effet antidépresseur. Contrairement à l’alcool, la nicotine n’est pas neurotoxique, enfin une bonne nouvelle!

Tabac et réduction des risques

Si on a pu en France réduire sérieusement les nuisances liés à l’usage d’héroïne, en instaurant une politique pragmatique de réduction des risque pourquoi ne pourrait-on faire de même avec le tabac? Mais il est bien difficile d’obtenir des informations à ce sujet. Recherchez sur internet les mots clé tabac, cigarettes , réduction des risques et vous reviendrez bredouille ou presque. Aucun conseils pour éventuellement modifier sa consommation, qualitativement ou quantitativement. Rien, nada. Ou tu fumes et tu n’es qu’un sagouin de toxicomane, ou tu arrêtes et retrouve l’estime de la société. C’est la loi de l’abstinence comme solution unique, ce qui devrait raviver les souvenirs (pas les meilleurs) de pas mal de nos lecteurs. D’après les spécialistes, la durée de consommation serait un facteur bien plus déterminant que la quantité quotidienne consommée.
Alors ça, ça m’en bouche un coin: moi qui était tout fier de de plus fumer que 10 clopes par jour au lieu de 40 on m’explique maintenant que ça ne sert à rien! Avec ce raisonnement quelqu’un qui fume 2 à 3 clopes par jour depuis 40 ans serait plus intoxiqué que celui qui se tartine ses trois paquets jour mais entrecoupé de périodes d’abstinence serait frais comme un gardon! Je me demande parfois si c’est vraiment le tabac qui nous intoxique… La façon d’inhaler est déjà à coup sûr un facteur déterminant: selon qu’on aspire plus ou moins profondément et plus ou moins longtemps modifie forcément le degré d’intoxication. Il est est aussi recommandable de ne pas fumer ses cigarettes jusqu’au filtre, les dernières bouffées étant les plus toxiques. Idéalement il faudrait les écraser à la moitié, mais vu la cherté du produit cette recommandation risque fort de tomber à l’eau.
C’est comme avec la poudre: quand elle est chère les usagers ont tendance à se l’injecter, quand les prix baissent ils la fument. Aujourd’hui les consommateurs de tabac un peu fauchés (genre jeune, chômeur, RMIste, smicard) se rabattent sur le tabac à rouler. Je ne sais si le tabac à rouler est plus nocif que la cigarette classique, mais il est en général fumé différemment: souvent sans filtre, et en rallumant plusieurs fois la même cigarette ce qui est très mauvais! Au rythme ou filent les augmentations, il sera bientôt moins couteux de fumer du cannabis que du tabac!
Un outil comme le vaporisateur pourrait être intéressant pour consommer du tabac, mais bye bye la fumée et c’est un peu compliqué de se balader avec un vapo dans la poche! Quant aux cigarettes prétendument sans additifs elles seraient tout autant nocives que les autres, tout comme les beedies, ces petites clopes indiennes un temps à la mode. Les spécialistes disent qu’il faudrait arrêter de fumer au plus tard avant 44 ans (pourquoi pas 45?) pour peu à peu retrouver l’ espérance de vie d’un non-fumeur. Mais ça vous l’entendrez pas souvent, c’est pas bon pour la prévention! De toute façon les il est déjà démontré statistiquement que plus on avance en âge moins on fume: entre 20 et 29 ans 49% des hommes fument, ils ne sont plus que 18% entre 60 et 70 ans.

JI Air ( ASUD JOURNAL N° 26)

La culture du tabac

A l’état sauvage il existe une soixantaine d’espèces de tabac dont le taux de nicotine varie de moins de 1% à 10% pour une variété sauvage chilienne
surnommée le tabac du diable. Mais le tabac cultivé est à 90% de la variété nicotiana tabacum, le reste étant de la variété nicotiana rustica. Le tabac est désormais cultivé dans le monde entier pour une production totale de 6 millions de tonnes/an dont une majeure partie sert à la fabrication de plus de 5000 milliards de cigarettes (dont 86 milliards seront consommées en France). *image plant de tabac En France, le tabac est cultivé sous haute surveillance ( les plants sont comptés ainsi que le nombre de feuille) et sa culture domestique n’est autorisée qu’à titre ornemental. 40 000 personnes vivent de la seule culture du tabac qui occupe 8300 hectares pour une production de plus de 25 000 tonnes.

Les semis s’effectuent début mars sous abri, et les jeunes plants sont ensuite transplantés dans les champs à mi-mai. Les plants sont ensuite étêtés pour obtenir de plus belles feuilles, seule partie de la plante utilisable pour la manufacture du tabac. La récolte se fait vers fin juillet, elle est généralement mécanisée, sauf pour quelques variété de moins en moins utilisées.
Selon le mode de culture et les sols utilisés il est possible d’agir sur le taux de nicotine de la plante

Produire son propre tabac n’est pas chose aisée et c’est interdit. Mais c’est néanmoins possible. La récolte nécessite des connaissances et le plus dur est d’obtenir un produit final propre à la consommation. Certaines variétés produisent plus de 200 gr de tabac sec par pied. Il existe un site internet très complet à ce sujet, offrant informations, graines et plan pour se bricoler son séchoir à tabac (www.seedman.com).

Speed et réduction des risques

Effets et descentes

Quels que soient les modes de prises (shoots ou cachetons) les speeds provoquent un flash très puissant appelé aussi montée.

Une chaleur envahit tous le corps et la tête en particulier. On a tout à coup une impression de bien-être qu’on a envie, en général, de partager . Selon les produits et aussi votre caractère, tout au long de la défonce, vous allez vous mettre à raconter votre vie et cela depuis votre enfance ou vous prendrez votre gratte et aurez l’impression d’être le meilleur et d’avoir fait le meilleur bœuf de votre vie. Ça y est, votre carrière commence et vous savez à qui vous adresser et comment faire. Quoiqu’il en soit, vous avez tout compris et, promis, sûr et certain vous prendrez les décisions qui s’imposent. Tout vous paraît facile et évident. Vous pouvez aussi marcher pendant toute la nuit, écouter les bruits de la ville ou le silence, découvrir les lumières ou délirer sur les étoiles. A la différence des acides, ce ne sont pas des hallus mais une vision, une perception différente. Rien de flippant dans tout cela à moins d’être mal entouré comme pour tout. Quant aux relations sexuelles, elles sont stimulées et, si ça vous branche, vous assouvirez les fantasmes que jusqu’à présent vous n’aviez jamais osé entreprendre. Il est fréquent que certaines personnes, même timides, se mettent à poil et tout simplement parce qu’elles ont chaud et sont bien plus à l’aise ainsi ou qu’elles ont envie de faire l’amour.

La montée en elle-même ne se ressent que quelques minutes mais la durée les effets décrits est variable selon les produits et les quantités administrées. Mais sachez que vous en aurez pour un minimum de 6 à 8 heures voire jusqu’à 12. Les produits qui se shootent ont une durée plus courte et doivent être ré-injectés assez souvent.

Mais on ne peut pas parler de speed sans parler de descente et là, aïe, aïe, aïe ! En sens inverse, tout ralentit, une angoisse vous prend, vous êtes épuisé et pourtant vous n’arrivez pas à vous endormir car l’effet euphorique est passé mais le speed vous tient éveillé. Vous tremblez, vous devenez parano. Si vous êtes dehors, vous avez l’impression que tout le monde vous regarde. Chaque personne réagit différemment à la descente. Certains supportent, d’autres ont beaucoup de mal. Encore une fois, il vaut mieux être entouré de gens que vous aimez bien, ça passe mieux

Quelques conseils : ayez toujours un « parachute », genre calmant ou somnifère, ça aide. Restez calme. Si vous êtes avec votre petit(e) ami(e) ou même un ami, faites vous des massages, si vous en avez encore la force, ou des caresses, ça détend et décontracte les muscles qui sont très crispés. Dites-vous que ce n’est qu’un mauvais moment à passer et que ce n’est pas la peine de déprimer car tout est provoqué par le produit, le bon comme la descente.

C’EST DANGEREUX ?

Les effets secondaires sont variables selon les quantités et modes de consommation : irritabilité, nervosité, dépression, attaque de panique, désorientation, épuisement, hémorragies cérébrales, problèmes cardiaques, troubles de la concentration et de la mémoire, états confusionnels… Les doses initiales peuvent être multipliées par 100 en quelques mois.

Ils provoquent une forte dépendance

Si vous shootez, les risques d’abcès sont très importants car si ce n’est pas de la poudre, la préparation à base de cachetons est très épaisse. Il vaut d’ailleurs mieux l’éviter. De plus, il est fréquent de faire 10 à 15 shoots pendant la défonce, alors bonjour l’état des veines. Si vous le faites quand même, n’oubliez pas de changer de seringue à chaque pète et de ne pas partager votre matos. Les poussières sont aussi à craindre et elles font très mal. Vous croyez que vous aller y passer et ça peut d’ailleurs arriver. Elles sont amplifiées par l’effet du speed.

Les prises répétées de speed sont très dangereuses pour l’état mental. La parano vous guette et vous pouvez avoir des hallucinations genre delirium. En bref, on devient barge.

De plus en plus d’usagers substitués sont à la recherche du plaisir perdu et prennent donc du speed. Alors, allez-y mollo car vous risquez d’y laisser votre tête. De plus, ces produits font perdre l’appétit (risques d’anorexie) et une perte de poids importante s’en suit. Si vous n’êtes pas en bonne santé ou séro ça peut être grave. Le speed agit aussi sur l’organisme et tout problème de santé s’aggrave plus vite que la normale. Pour les dents, c’est diabolique, pire que l’héro, et la rage de dents ne tardera pas, avec en prime, une douleur multipliée. C’est valable pour toutes les douleurs.

Par ailleurs, l’abus de speed peut provoquer des hyperthyroïdies, hypertensions graves ainsi que des problèmes cardiaques.

Alors maintenant que vous êtes avertis à vous de choisir ! Et on ne répétera jamais assez les conseils de prévention : ne partagez pas votre matériel d’injection, changez de seringue à chaque shoot. Ne vous laissez pas surprendre par l’heure de fermeture des pharmacies. Le temps passe vite sous speed. Désinfectez-vous, sous speed on peut flasher sur le sang, alors prudence ! Ayez les préservatifs à portée de sexe.

Enfin L’ASSOCIATION AMPHÉTAMINE ET ECSTASY EST NEUROTOXIQUE !

Amphétamine, dexamphétamine, méthamphetamine, c’est quoi ?

Le système de récompense

L’amphétamine est une molécule fabriquée, au départ, à partir de l’ephedra, utilisée depuis la nuit des temps par les asiatiques pour ses effets stimulants et pour traiter l’asthme, grâce à son action sur les bronches.

Les chimistes ont décliné de multiples variétés amphétaminiques. Principaux effets recherchés : stimulation, recul du seuil de fatigue donc produit dopant, résistance au besoin de sommeil, excitation sexuelle, coupe faim et perte de l’appétit donc perte de poids… Elles ont aussi des applications thérapeutiques comme le traitement de l’hypotension, l’asthme, la narcolepsie , et calment même des enfants hyper-actifs. Au niveau cérébral les amphétamines agissent principalement sur les neuromédiateurs qui régulent la vigilance, les émotions, la concentration ainsi que les comportements instinctifs comme la faim, la sexualité. Ces substances participent de façon fondamentale à la perception et à la recherche du plaisir et qu’on appelle « système de récompense »..Les formes dextrogyres (voir tableau) peuvent agir plus spécifiquement sur le renforcement de l’ego et tout en étant plus euphorisantes, elles peuvent rendre aussi plus agressif..

Dex, méth, dexméth

Selon les manipulations sur la structure de la molécule pour adapter son action sur les neuromédiateurs, les chimistes ont pu atténuer ou renforcer certains effets, voire les multiplier. Selon la combinaison moléculaire, la drogue module et affine son action sur le système nerveux . Ain si la levo-amphétamine (basique) a une action stimulante simple, la dexamphétamine procure une stimulation moyenne mais une sensation d’éveil plus vive, la methamphétamine procure une euphorie et un besoin d’action plus intense, la dextromethamphétamine procure, une sensation d’éveil et un débordement de l’ego encore plus fort.

Pour comprendre voici un petit tableau avec des graduations de 1 à 6 selon l’intensité provoquée :

amphétamine dexamphetamine methamphetamine dexmethamphetamine
Sensation de stimulation 1 2 4 6
Euphorie 1 3 5 6
Confiance en soi 1 2 4 5
Durée 4h 4h-6h 8h-12h 12h-20h

La durée des effets peut varier selon le mode de consommation (injecté, sniffé, fumé, ingéré).et la quantité.
Avalé, le produit agit plus longtemps et plus en douceur que s’il est sniffé, injecté ou fumé. Les contrecoups et conséquences pénibles de la descente seront ensuite inversement proportionnels à l’intensité et à la durée des effets ressentis. Si les 3 premiers furent parfois des médicaments, la dexmethamphétamine ne fut jamais qu’une drogue.

Speed, Ice, Crystal, Tina, Crank, Yaba

Le speed en poudre qu’on trouve sur le marché noir français, parfois de couleur rose ou orange est en général du sulfate d’amphétamine qui contient rarement plus de 5 à 10% de produit actif. Le reste est souvent de la caféine, des sucres divers et parfois (speed gras) du stéarate de magnésium dont on se sert pour faire les bougies. Aux USA, dès les années 60, des gangs de motards se sont spécialisés dans la fabrication, le commerce (et la conso) de sulfate de méthamphétamine appelé « crank ». Depuis les années 80, ont trouve du chlorhydrate de méthamphétamine (ce qu’on appelle le Crystal ou « meth » ), et au début des années 90 apparaît l’ « Ice » à Hawaï et aux Philippines (Shabu) puis aux USA. Il s’agit de de chlorydrate de dextromethamphétamine. Actuellement aux USA on trouve de la « Meth » et de la « Dexmeth » sous forme d’Ice. Cette dernière est plus rare, plus violente, plus chère. L’Ice est principalement fumé. Le sniff d’Ice, théoriquement possible est extrêmement douloureux pour les narines de même que l’injection qui fait très mal à la veine. Les petites pilules rouges de Yaba (méthamphétamine) qu’on trouve en Asie du Sud-Est sont en général ingérées ou fumées (leur odeur de vanille est typique). Les déchets de l’Ice peuvent être refumés, un peu comme le « dross » (cendre d’opium). Par ailleurs, le « Snot », une écume résiduelle, provenant de la fabrication, est très prisée par certains qui acceptent de la payer la payer très cher, considérant que c’est une drogue d’élite. C’est une pâte un peu mousseuse, très prisée au japon, où elle est aromatisée à l’essence de briquet. Il existe des dizaines de procédés clandestins pour fabriquer lce et crystal. La plus connue est la « nazi method », appelé ainsi parce que son promoteur était un Hells Angel fou de symboles nazis. La plupart utilisent de la pseudoephedrine, (longtemps en vente libre par cartons entiers aux USA), du phosphore rouge et un produit ammoniacal employé dans l’agriculture. Certains « methcooker » ont gratté le phosphore de dizaines de milliers d’allumette pour s’en servir dans la fabrication de « meth ».

Dosage

Les doses « thérapeutiques » contenues dans les médicaments à base d’amphétamines contiennent en général 3 à 10mg de principe actif, mais le plus souvent 5mg par comprimé. Les comprimés de Dexédrine® (dexamphétamine) prescrits dans les pays anglo-saxons contiennent 5mg. Pour les succédanés et analogues (tel le methylphenidate (Ritaline®) ou anorexigènes comme le Dinintel®), la dose efficace prescrite est en général comparée à 5mg d’amphétamine dite racémique (basique).

Effets secondaires et dégâts

Les effets que procurent ces drogues ont toujours un prix. En cas d’abus celui-ci peut être très élevé. La résistance au sommeil se paie par un surcroît de fatigue. L’augmentation momentanée de la capacité de concentration, du sentiment d’acuité mentale, se paie par un déficit de l’attention, des pertes de mémoire, l’augmentation de la confiance en soi est suivie par l’abattement, voire la parano, la perte d’appétit entraîne carence et amaigrissement, le besoin irrépressible de parler fait passer pour un bavard vaniteux,… Certains lecteurs d’ASUD savent combien les personnes sous speed avec leur ego débordant et leur irrésistible besoin de parler, de bouger, peuvent être pénibles.
En cas d’abus ou de consommation régulière, la perte de contrôle et l’augmentation des doses peuvent être spectaculaire. Les psychose amphétaminiques avec sentiment de persécution et paranoïa insensés sont redoutables. Les plus anciens se souviennent des speedfreaks des années 70 qui après quelques mois d’abus sombraient parfois dans une torpeur et une langueur impossible à guérir. Complètement éteints, ils s’étiolaient comme des petits vieux. A cette époque, la pharmacopée contenait des dizaines de stimulants : on en prescrivaient contre la dépression, la fatigue, pour maigrir, travailler. Si le produit à pu aider certains à passer un cap, les plus fragiles, surtout s’ils injectaient, se transformaient en zombis décharnés, édentés, hallucinés au bout de quelques temps. Les Maxiton®, Tonédron®, Adiparthrol®, Captagon®, Dinintel®, Survector®, Orténal®… ont tous été retirés du marché : trop d’abus.

Éphedra et éphédrine

De nos jours l’éphédra est parfois connu comme « Herbal Ecstasy » et vendu sur Internet. Les utilisateurs qualifient les effets de « physiques et nerveux, un peu comme beaucoup de café fort». La vente libre d’éphédrine est interdite en France depuis 2003. Une enquête aurait prouvé sa toxicité cardiaque et neurologique.
L’éphédra pousse aussi en Amérique du Nord, où dans la secte des Mormons, chez qui le café est interdit, on s’en sert pour faire une boisson permettant de ne pas piquer du nez pendant les soporifiques prêches des pasteurs. On l’appelle d’ailleurs « thé des Mormons ». Longtemps, dans les bars et stations services le long des « Highways », les camionneurs achetaient des pilules de caféine et/ou pseudo éphédrine afin de lutter contre le sommeil en conduisant sur les longues distances américaines

Speed story

Comme l’héroïne, la méthadone et de nombreuses autres drogues, ce fut un scientifique allemand, Edeleano qui fabriqua, en 1887, l’amphétamine à partir de l’éphédrine puis sa découverte fut oubliée. Divers scientifiques s’y intéressèrent en faisant des recherches sur les « antinarcotiques ». Puis ce furent les américains qui la mirent sur le marché sous le nom de Benzédrine® en 1937. On trouvait qu’elle rendait euphorique et travailleur tout en aidant à traiter la narcolepsie et les troubles de la concentration ainsi que l’asthme. Elle était préconisée pour 39 indications. En 1938, les allemands mettent au point la méthamphétamine qu’ils testent massivement auprès des militaires. C’est la Pervitin® que les anglo-saxons nomment Methedrine®. Durant les années d’après guerre et 50, après le japon, c’est Europe et les Usa qui confrontés à de véritables épidémies d’abus d’amphétamines. Voyant les dégâts causés par ces excès, l’industrie pharmaceutique chercha à inventer un produit coupe faim, stimulant, non euphorisant. Il en apparut des dizaines : phenmétrazine, fenfluramine, Fringanor@. Les risques d’abus, de dépendance et effets secondaires furent souvent plus nombreux que les avantages et ils furent retirés réservés à certains spécialistes. Aujourd’hui, en France, seul les hôpitaux peuvent délivrer amphétamines et anorexigènes (coupe faim) dans les cas de narcolepsies, troubles de l’attention et graves cas obésités.

Drogues de guerre

La méthamphétamine donne de l’énergie, de l’assurance, rend agressif et surtout recule le seuil de la fatigue. Dès le début de la deuxième guerre mondiale, les belligérants comprennent les avantages d’un tel produit. Grâce à la pervitin®, les nazis lancent leurs fulgurants blitzkrieg. Des dizaines de millions de doses furent dispensées aux troupes. Au moment de l’invasion de la Russie, les cruels SS qu’on avait laissé piétiner durant des semaines, furent exhorées à semer implacablement la terreur en Ukraine puis on les gava de Pervitin. Les barbares nazis galvanisés par la méthamphétamine, écumant d’agressivité, laisserent libre cours à leur penchants sadiques. De nombreuses opérations spectaculaires nécessitant une endurance inouïe furent réalisées. Ainsi la libération urgente de Mussolini mobilisa par commando allemand qui s’entraîna intensivement, soutenu par la drogue, pour enlever le duce. Les scientifiques nazis essayèrent maintes combinaisons, associant parfois amphétamine, cocaïne et opiacés pour explorer les limites de la résistance et des possibilités humaines sur leurs soldats et… dans les camps de la mort. Cependant la prise d’amphétamine entraînait fréquemment trop de confusion et d’effets secondaires. Les enjeux étant trop importants, les médecins recommandèrent plutôt l’usage prolongé de pilules fortement dosés en caféine. Les commandos italiens préféraient les tablettes de « Simpamina D » ( Dextrometamphetamine). Le besoin d’action provoqué par ce produit étant irrésistible.
A la fin de la guerre le « Times » titrait en première page : « La méthédrine a gagné la bataille d’Angleterre. » On découvrit alors que cette drogue a permis aux aviateurs de tenir les cadences de dizaines d’heures de vol non stop, la RAF, manquant cruellement de pilotes. En 3 un peu plus de 3 ans les anglais en avaient consommé 72 millions de doses. Les GI’s en ont consommé 180 millions de comprimés durant ce conflit. Plus tard au Vietnam, ils étaient 10% des à en en consommer. Au Liban les milices vendaient la méthamphétamine à leurs ennemis en la coupant avec de l’héroïne. Cela atténuait la descente et les accrochait plus sévèrement. Récemment, en Afghanistan, des pilotes de chasse US ont tiré sur une patrouille canadienne, en tuant plusieurs, les prenant pour des Talibans. L’enquête révéla qu’ils avaient abusé de la Ritaline® qui leur était très légalement prescrite pour maintenir vigilance et combativité durant leurs missions qui durent généralement plus de 12 heures.

Guerre, drogue et folie…

En 1995, Shawn Nelson, ancien GI défonçait la ville de Clairmont en Californie avec un tank volé de 60 tonnes jusqu’à ce que la police l’abatte. Dans « Cul de sac » le film sur cette affaire, les auteurs expliquent le rôle joué par la « meth » qu’il avait découvert à l’armée et qui l’avait rendu fou.. Saura-t-on un jour quelle fut l’influence réelle de la methamphétamine dans les décisions de Hitler. A partir de 1942, le fameux Dr Morell, son médecin personnel lui administra régulièrement des injections d’un mélange variable appelé « Vitamultin » dont on sait qu’il contenait de la methamphétamine et parfois des opiacés sans parler des badigeonnages du larynx de cocaïne. Ses états psychotiques, sa paranoïa et sa mégalomanie peuvent trouver là des éléments explicatifs pertinents. De même que sa fin. Hagard, tremblant, confus et mentalement diminué.

Senyoku, kamikazes et Philopon

Le japon fut le premier pays a payer un très lourd tribut à sa politique de guerre ; dès le début des années 40, le pays encouragea vivement l’utilisation des methamphétamines, en vente, libre pour faire face aux exigences de la guerre. Les militaires et tous ceux qui travaillaient dans l’industrie de guerre étaient encouragés à consommer pour la plus grande gloire de l’empire du soleil levant. Dans l’armée les consommateurs étaient 500 000. Le speed leur donnait le « Senyoku » (énergie guerrière). Les Kamikazes étaient fréquemment défoncés à mort au Philopon, méthamphétamine baptisée ainsi parce qu’en grec ancien cela signifie « qui aime le travail ». Après la guerre, les stocks, surtout militaires, étaient énormes. Déboussolés par la défaite fulgurante et le drame d’Hiroshima, les consommateurs étaient des millions. « « Philopon vide la tête et donne le tonus au corps » disait une pub. Ce fut une épidémie de psychoses, de dépressions… Le gouvernement réglementa la vente des comprimés et des poudres mais les formes liquides et injectables étaient toujours librement vendues. Beaucoup se mirent à injecter. Ce fut une catastrophe : pétages de plombs, crimes, suicides et passages à l’acte furent innombrables. La moitié des meurtres commis au début des années 50 à Tokyo y sont attribués. Le nombre des toxicomanes avérés aux amphétamines se chiffrait par centaines de milliers. On estime que 5% des jeunes de 15 à 25 ans était accrochés. La législation devint plus stricte mais les énormes stocks de drogues étaient passés dans la clandestinité et firent la fortune des yakusas. En 1954, les lois d’une sévérité inouïe furent promulguées. De nombreux consommateurs écopèrent de 10 ans de travaux forcés et d’amendes énormes et en 1955, il y eut « que » 32143 arrestations de contrevenants à la loi sur les stimulants. La mafia s’était mise à fabriquer des tonnes. On s’attaqua alors vigoureusement aux produits précurseurs et en 1958 il n’y eut plus que 271 arrestations.

Drogues de l’aveu et d’obéissance

La police de certains pays totalitaires comme l’Argentine sut faire un usage très particulier de ces produits. Les victimes étaient anesthésiées avec un mélange de scopolamine et de barbiturique puis on lui injectait une dose de methamphétamine. Sous l’effet du choc elle se mettait parfois à révéler, sans vraiment s’en rendre compte, ce que le bourreaux voulait savoir, allant jusqu’à s’accuser de crimes imaginaires. Des psychiatres inventèrent la narco-analyse en mélangeant diverses doses de penthotal barbituriques et methédrine. pour explorer l’inconscient de certains malades plongés dans un état « hypnagogique ».Le mélange engendrait une deshinibition, un besoin de parler, se confier mais aussi parfois des logorrhées compulsives où il arrivait que le malade évoque des faits totalement imaginaires. Ces pratiques ont toutes été abandonnées car peu sûres et un peu « fantaisistes ». La Ritaline ® (methylphenidate), est utilisée chez les enfants hyperactifs qu’elle calme en agissant de façon paradoxale. Elle les aide à se concentrer et ils deviennent plus sociables. Du coup de plus en plus de parents, aux USA surtout, cherchent à faire prescrire cette pilule de l’obéissance à leurs enfants dès qu’ils semblent un peu turbulents

Amphétamines et dopage

Les sportifs ont payé un lourd tribut aux amphétamines. Les combinaisons de la « petite famille » Mémé (Mératran®), Pépé (Pervitin®), les Tonton (Tonedron® et Maxiton®), Lili (Lidépran®), Lili (lidépran®) et les copains (Captagon®) ont fait des ravages dans les pelotons cyclistes.
Ce fut le décès du coureur Tom Simpson au sommet du Mont Ventoux lors du tour de France 1967 qui alerta l’opinion publique. Les yeux exorbités, la bave aux lèvres, la gueule tirée, il faut le voir sur les photos de l’époque, ravagé par l’abus de Maxiton®. A ce moment la presse sportive commence à s’intéresser aux comportements délirants de certains athlètes qui fonçaient comme des buffles enragés puis s’effondraient, ravagés par les abus d’amphétamines. Les livres sur le dopage sont pleins d’anecdotes édifiantes : des coureurs ont les mâchoires tellement crispées qu’on n’arrive plus à les faire boire, d’autres sont tellement délirants qu’il faut les évacuer avec une camisole de force. Les stimulants masquent la fatigue et empêchent la récupération et épuisent dramatiquement les organismes déjà éprouvés qui alors ont besoin de quantités encore plus importantes pour continuer.. le cycle est infernal et se paie souvent au prix fort :, problèmes cardiaques et autres séquelles diverses, crises de démence, décès précoce. Notons que les amphétamines étaient souvent revendues par leurs préparateurs aux athlètes entre 100 et 200 fois plus chers que le prix en pharmacie.

« Amphétaminomanie »

Aux Usa et dans l’Europe d’après guerre et jusqu’au milieu des années 70, il y eut quelques vagues «d’amphétaminomanie » avec des conséquences sociosanitaires graves. En Amérique, où les comprimés n’étaient plus en vente libre, les amateurs se sont tournés vers les inhalateurs de benzédrine® qu’ils démontaient pour en extraire l’équivalent de 25 pilules d’amphétamine.

Chiffres vertigineux:

En 1966, en Angleterre, les personnes dépendantes des amphétamines sont évaluées à 80 000. En France en 1970 les seules pharmacies ont délivré plus de 10 500 000 comprimés d’amphétamines et dérivés. En 1971, les pharmacies US délivrent 12 milliards de comprimés d’amphétamines diverses. Au début des années 70 aux USA, certains en injectaient jusqu’à 5 grammes de méthédrine en ampoule par jour

Les gardiens de prison en ramenaient facilement aux détenus qui se plaignaient de difficultés respiratoires. La suède, très libérale à cette époque, connut une importante vague d’injection d’amphétamine. Une pub pharmaceutique y affirmait « Deux pilules valent mieux qu’un mois de vacances ! ». Dans la France des années 45 à 60, les amphétamines furent souvent utilisées par les médecins pour faire face à une clientèle de plus en plus importante qui bénéficiait depuis peu de la toute nouvelle sécurité sociale. Durant l’épidémie de grippe de 1952-53, il y eut de sérieux cas de pétages de plombs dans le corps médical confronté à une surcharge de travail très éprouvante et qui recourait souvent aux « amines psychotoniques » pour y faire face.

« Speed kills »

Vers le milieu des années 60 aux USA, des milliers de jeunes hippies se dirigeaient vers la Californie où ils s’échouaient souvent. Certains shootaient du speed dans des « runs » de12 jours, sans dormir. Jusqu’à cette période la Méthédrine® était facilement délivrée. Quand l’accès devint plus réglementé, les gangs de motards, déjà gros consommateurs, se lancèrent dans la fabrication et le trafic. Des médecins se spécialisèrent. Les riches branchés passait en plusieurs fois par jour pour leur piqûre de « survolteur », réputée aphrodisiaque dans l’ambiance permissive de ces années « peace and love ». Le fameux Summer of Love de 66 se terminait très mal pour des nombreux de jeunes marginaux qui atterrirent dans les hôpitaux psychiatriques où l’on ne savait qu’en faire. Depuis les années 50 chaque génération eut ses victimes sacrificielles. Rockers, Mods, Hippies, Hardrockeux, Punks et Skinheads jusqu’aux teuffeurs d’aujourd’hui, ont versé leur obole en sacrifiant leurs neurones à la méchante folie des speeds.
Des Dexies Midnight Runners jusqu’aux « Mothers’s little helper » des stones en passant par la saga des Freaks Brothers l’usage des amphétamines a souvent été profondément associée, utilisés, revendiquée par certains sous groupes de la contre culture.

Comprendre ???

Les millions de gens qui ont pris des amphètes n’ont pas tous mal fini quoique… John F Kennedy par exemple, fameux « speedhead », fonctionnait beaucoup à la dexamphetamine. Jean Paul Sartre a écrit « critique de la raison dialectique » sous amphetamine. Le père d’un de nos anciens ministres de l’intérieur, surnommé « Tonton Maxiton » par les députés était connu pour ses interminables harangues dans l’hémicycle de la nation, qui ne s’arrêtaient qu’avec les effets de la methamphétamine. Au japon de plus en plus de « salarymen » (cadres) japonais deviennent « karosaï » (travailler à mort ) et meurent d’épuisement ou deviennent fous après avoir travaillé 100 heures par semaine durant des années.
Guettez la sortie du prochain numéro de votre magazine préféré où ASUD vous expliquera pourquoi l’abus de stimulants grille les neurones et pourquoi nous ne semblons pas tous égaux devant les drogues, certains étant plus égaux que d’autres comme aurait dit Coluche »…

Rachacha et réduction des risques

L’opium contient une quarantaine d’alcaloïdes et d’acides qui agissent en synergie, c’est-à-dire que les uns renforcent, équilibrent ou atténuent les effets des autres. On trouve la morphine, bien connue de nos lecteurs, la codéine antitussive, la thébaïne dont on fait le Subu, la papavérine (utilisée en micro-injection dans la verge pour soutenir les virilités défaillantes)….

Suivant la maturité des pavots, leur origine, la préparation et les ingrédients la qualité d’un Rachacha peut considérablement varier d’une fois sur l’autre. Dans un estomac à jeun, les effets se font sentir au bout d’une demi heure alors qu’avec un ventre plein cela peut prendre plus de deux heures. D’où un réel danger faute de savoir doser.

Les premières prises se soldent souvent par des vomissements. En effet, la nature a voulu que lorsqu’on utilise des opiacés forts pour se défoncer, l’organisme doit en payer le prix .Avec l’usage, ces vomissements disparaissent la plupart du temps. L’organisme développe alors une tolérance à l’opium, ce qui implique d’augmenter le dosage pour retrouver l’effet voulu. Cette tolérance peut alors entraîner l’accoutumance. En effet, la tolérance au rachacha induit une tolérance à des produits plus forts comme l’héroïne (qui est plus facile à trouver que le Rachacha). Ce qui peut accélérer la dépendance à l’héroïne en cas de consommation répétée.

ASUD a rencontré des types, très patients, qui se rendent dans les champs aux aurores et incisent les têtes puis reviennent plus tard pour récolter le suc qui a coulé. Il s’agit alors d’opium. La boulette est plus claire à l’intérieur. Il est plus odorante et bien sûr plus fort donc plus cher. Il faut des heures de boulot pour récolter quelques boulettes. En Espagne quelques amateurs d’opium très déterminés ont planté des petites parcelles de pavot somnifère et font leur petite récolte tous les ans. Aux USA, on trouve, grâce au 1er amendement US sur la liberté d’expression, de nombreux renseignements sur Internet, ainsi qu’en librairie, sur la culture du pavot hydroponique sous serre ou en appartement. (Voir page « Notre culture » dans ASUD N°19).

Mélanges

Les effets du « Rach » sont considérablement augmentés par l’alcool et les calmants, surtout les benzodiazépines (Lexomil, Temesta, Tranxene, Rohypnol…)
EN CAS DE MÉLANGE, IL Y A UN RÉEL RISQUE D’OVERDOSE. Dans ce cas appeler immédiatement le SAMU ou un médecin. Un café fort peut permettre de contrecarrer un peu les effets opiacés. Faire marcher la personne en attendant les secours. L’inciter vivement à lutter contre l’endormissement.

Un des autres inconvénients du Rachacha est sa tendance à constiper sérieusement.

Coupage et altération

Le Rachacha se détériore avec le temps, surtout s’il est stocké à la lumière et subit des chocs thermiques (chaud-froid). Sa force peut varier en fonction du temps de cuisson, des additifs et de la maturité du pavot. Chaque « Rach » est différent. Celui qu’on trouve en été est souvent plus fort que celui qu’on trouve hors saison.

Les connaisseurs prétendent qu’un « bon » Rachacha est très noir, un peu brillant à l’extérieur et marron sombre à l’intérieur au bout de quelques jours. Il est très amer avec un petit arrière-goût de réglisse avec laquelle il parfois coupé, ce qui peut se vérifier en le brûlant. La présence de réglisse laisse une odeur de sucre brûlé alors que le vrai Rachacha dégage une odeur qui rappelle celle de l’ héroïne brune fumé sur de l’aluminium.

Il circule une rumeur comme quoi le Rachacha serait parfois coupé avec de la datura[1] ou d’autres plantes psychotropes très dangereuses. Autrefois, il arrivait que l’opium soit coupé avec des graines de jusquiame[2] (qui contient de l’atropine et de la scopolamine connus pour leurs effets toxiques), soit disant pour mieux le conserver. Il ne fait aucun doute que ce mélange a du être la cause de graves bad trips si ce n’est de décès.

Ne pas shooter le rachacha… !

« Shooter le rachacha te fait une gueule d’Elephant Man bouffi. On se retrouve en train de se gratter comme des fous, s’envoyer vainement de l’aspirine pour arrêter un terrible mal de tête. Après ça, c’est l’angoisse! Une descente qui n’en finit plus et qui n’a rien à voir avec les sensations opiacées habituelles ! »

La papavérine, présente en quantité importante, a des effets spécifiques redoutables sur le cœur et le cerveau lorsqu’elle est injectée en intra veineuse.

SHOOTER LE RACHACHA EST HAUTEMENT TOXIQUE ET EXPOSE A DE RÉELS RISQUES DE SEPTICÉMIE, DE CHOCS ALLERGIQUES ET AUTRES “ POUSSIÈRES ” SANS PARLER DU RISQUE D’OVERDOSE…

[1] Au Maroc, il est arrivé qu’on trouve du shit coupé à la datura.
[2] Pline – Histoire naturelle t. XX, ch. 76.

Histoire du rachacha (ou décoction de têtes de pavots)

Dans l’antiquité

La décoction ou la “ confiture ” de pavots existe depuis la nuit des temps. Les Romains l’appelaient “ diaconium ”. Les sirops opiacés et autres “ dormants ” de nos anciennes pharmacies ne sont rien d’autre. Ce furent des médications très largement utilisées pour toutes sortes de maux ainsi que pour leurs effets calmants. Encore au début de ce siècle la mortalité enfantine due à l’abus de “ diacode ” était très élevée dans le nord de la France. Les parents en donnaient aux enfants pour qu’ils dorment pendant qu’ils travaillaient 12 h par jour dans les manufactures.
En Inde c’était la drogue de choix des pauvres, qui appelaient « affioni », sur un ton teinté d’un mépris envieux, les riches qui pouvaient se payer du véritable opium. En Perse, au 17 et 18e siècle on trouvait un peu partout des « Coffee Shop » où l’on consommait du « Kokhnar » qui n’était autre qu’une décoction de têtes de pavots. Dans ces endroits l’ambiance pouvait être surprenante pour un étranger. Les hommes en arrivant, y parlaient fort, s’engueulaient et parfois s’insultaient puis, au fur et à mesure que le « Kokhnar » agissait, leur comportement changeait et ça se terminait par des courtoisies, des compliments et parfois de chaudes effusions. C’était une espèce de rituel de régulation sociale servant à résoudre les conflits et à évacuer les tensions.

Kompot et Khanka

Aujourd’hui dans les pays de l’est (Russie, Bulgarie…) les paysans ont souvent des plants de pavots à opium dans leur jardin. Ils utilisent en général les graines pour la pâtisserie mais les anciens apprécient une décoction le soir pour aider à dormir et pour soulager des maux qui peuvent affliger la vieillesse.

Dans ces mêmes pays on trouve également le fameux “ kompot ” ou “ khanka ” consommé par certains junkies locaux. Après avoir cuit les pavots, on y dilue des comprimés d’anti histaminiques afin de réduire les démangeaisons. Ensuite on filtre plusieurs fois à travers un linge. On rajoute de l’anhydride acétique, de l’acétone et du vinaigre puis après quelques autres manipulations on récupère un film noirâtre : une héroïne très instable qui doit être injectée dans les heures suivantes.

En Australie, on connaît bien le thé aux graines de pavots. Les plus acharnés font bouillir environ 300 grammes pendant dix minutes avec des citrons, filtrent et refont bouillir le liquide pour réduire de moitié. Le résultat est très amer et contient environ 20mg de morphine D’autres broient les graines et en font une infusion. En Tasmanie, des mecs sont salement accro aux décoctions de pavot.

Le Rach, un produit saisonnier

Déjà au début des années 70, les premiers junkies allaient au Maroc pour décrocher de l’héroïne marseillaise. Là bas, des décoctions de grosses têtes de pavot leur permettaient de soulager le manque et de se sevrer progressivement. De retour en France, certains découvrirent les champs de notre beau pays mais gardèrent jalousement le secret. Ce n’est qu’au début des années 90, qu’on entendit parfois parler de “ Rach ” ou de “ Rachacha ”. Depuis on en trouve tous les étés. Fumé sous forme de boulette mélangé à du tabac dans des Bongs mais les effets sont assez légers. Le Rachacha n’est pas vraiment fait pour être fumé contrairement au “ chandoo ” (ou opium à fumer) . Gobé par petits bouts il sert parfois à amortir une descente d’ecstasy ou d’acide . En général on trouve le « rach » en été mais les plus prévoyants font des provisions qui peuvent durer jusqu’en hiver. Les prix varient de quelques dizaines de F à 100F pour un gramme.

Fabrication du rachacha

ASUD est allé voir Blue, un vieil ami qui habite à la campagne.

Fin juin, Blue était parti écumer un peu la province où son œil d’aigle a vite repéré les champs de gros coquelicots mauves et blancs. 15 jours plus tard, une fois les pétales tombées, avant que les paysans ne ne coupent les précieuses têtes de pavot, il y est donc retourné une nuit et en a rempli quelques gros sac. De retour chez lui, il a étalé les têtes sur une bâche en plastique pour les faire sécher.
Une semaine plus tard les têtes de pavot sont complètement sèches. Il en remplit un sac en jute, fait un nœud et saute dessus à pieds joints. Des milliers de petites graines s’égrènent alors à travers les mailles du sac sur le plastique.  » Il faut écraser les têtes, m’explique-t-il. Ça permet également d’enlever les graines qui contiennent des agents histaminiques qui provoquent démangeaisons, rougeurs et œdèmes ».

Après ça, les bulbes sont concassés et tamisées pour enlever le reste de graines, et enfournés, bien tassées, dans une grande lessiveuse pleine d’eau qui chauffe à feu doux. Au bout d’une petite heure, ça frémit. Il rajoute un petit verre de vinaigre et de l’acide citrique. “ Ça transforme certains alcaloïdes en six-acetylmorphine, ça fera un produit plus fort ! Certains mettent quelques graines de jusquiame pour la conservation mais cette plante est également hallucinogène, très toxique et ajoute à l’amertume” m’apprend-t-il en connaisseur. Toutes les demi heures il touille avec un grand bâton. Dans la lessiveuse, le liquide a bien réduit et les têtes de pavot toutes molles se sont tassées au fond. Il baisse encore le feu. “ Faut qu’ça bout doucement et longtemps ! ” Au bout de 6 heures, le contenu est retiré et filtré à travers un tissu pour enlever tous les résidus puis remis sur le feu.

Blue continue régulièrement à remuer: “ Faut faire gaffe, qu’ça n’attache pas ! ”. De temps en temps il rajoute de l’eau. Enfin, tard dans la soirée quand il ne reste plus qu’un épais bouillon noir qui bruit doucement en laissant éclater des bulles à la surface, il éteint le feu. A l’aide d’une louche, notre ami récupère l’espèce de pâte en raclant le fond et remplit un grand bocal en verre. “ Voilà c’est prêt,… plus qu’à refroidir ! ” Toute l’opération de cuisson aura duré environ 16 heures.

Protoxyde d’azote (N2O) et réduction des risques

A doses élevées et répétées (des dizaines de prises sur plusieurs jours), le protoxyde d’azote détruit l’acide folique et la vitamine B12 et peut endommager la moelle épinière. Il est donc recommandé aux aficionados de compléter leur alimentation par des suppléments de cette vitamine notamment en cas de régime végétarien.

De plus, le gaz très froid « gèle » les muqueuses et les poumons s’il n ‘est pas mélangé avec un peu d’air chaud expiré. Il est déconseillé d’en consommer après avoir mangé : il peut provoquer des nausées. Il peut s’avérer réellement dangereux pour les personnes souffrant d’anémie ou d’hypertension. Il semblerait qu’il puisse y avoir un risque pour le fœtus, en cas d’abus chez les femmes enceintes.

A éviter également en descente de speed. Il peut susciter angoisse et palpitations. Il semblerait qu’une hyperventilation préventive durant une minute soit une mesure de réduction des risques qui permet, en plus, de mieux profiter des effets.

Si vous en consommez, adoptez de préférence une position couchée ou assise. Ensuite, aspirez un peu d’air avant de respirer les trois-quarts du ballon. Ressouffler et aspirer le gaz dans le ballon. Garder le tout. Ressouffler et aspirer à nouveau avec le haut des poumons.
Attention : se brancher avec un masque sur une bonbonne peut occasionner des dommages cérébraux irréversibles. Laissez se vider une grosse bonbonne dans un lieu clos (tente, pièce fermée) en a déjà mené quelques-uns au cimetière pour cause d’asphyxie.

Inscrivez-vous à notre newsletter


© 2020 A.S.U.D. Tous droits réservés.