roll it on a river

Cannabinophiles,Happy 4/20! (ou presque)

Le 4/20, ou le 4 avril pour nos contrées qui mettent le jour et le mois dans le bon ordre, est la journée mondiale du cannabis. Un genre de Canna Pride. C’est la translation d’une « tradition » des cannabinophiles qui consomment à 4h20 (enfin 16h20 dans nos contrées qui pensent correctes). Un genre de Tea Time pour stoners. 

D’où vient cette tradition ? Va savoir. Plusieurs théories se confrontent et je prendrais bien le temps de vous les détailler, mais en fait on s’en fout. Mais alors totalement. Parce que ce 4/20 est bien sombre. Beaucoup s’en cognent comme de leur première couche. Ils regardent simplement leurs maigres réserves obtenues de haute lutte et à prix d’or en se disant fébrilement qu’il faut que ça tienne jusqu’au bout du confinement. Surtout ne pas gâcher. Préserver au moins le bédo du soir, une fois les enfants couchés, les courses grappillées, les obligations télétravaillées, les angoisses de l’actualité encaissées, les commandes livrées aux confinés ou la journée à l’hôpital terminée. Pour se détendre, appuyer sur pause, trouver du réconfort, réussir à dormir. Pour certains se soigner. Et tout simplement parce qu’on aime ça, pourquoi chercher des explications. 

Alcool, tabac (vapotage, mais il a fallu négocier) sont considérés comme produits de premières nécessité. Psychotropes de prescription et TSO (traitements de substitution aux opiacés) ont obtenu des facilités d’accès et de renouvèlement des ordonnances pour éviter une privation qui viendrait s’ajouter aux autres bouleversements nombreux de notre quotidien cloisonné. Pour toutes les personnes consommant ces produits, une réponse est proposée. Même si cette réponse est largement discutable dans son application et dénoncée dans nos prises de position depuis le début de la « guerre ». Mais force est de reconnaitre que les besoins de cette population sont pris en compte.Et heureusement ! Est-il besoin de rajouter au stress de la situation exceptionnelle que nous vivons les affres du manque et plus simplement l’angoisse liée à la perte d’une habitude ?

Pour les centaines de milliers d’usagers réguliers de cannabis et les quelques millions d’usagers occasionnelles : tintin.  Enfin si :

  • Fumez pas tout comme des gorets, sinon y en aura plus.
  • Prenez pas de risques en allant pécho parce que y a pas la case adhoc sur l’attestation.
  • Profitez-en pour « décrocher » ou faire une pause.
  • Evitez de vous reporter sur l’alcool et les cachetons.
  • Décompensez en silence, y en a qui confinent.
  • Soignez-vous avec de la vraie médecine de labo aux effets secondaires que vous aimez tant.
  • et….Faites pas chier. Je résume, la liste est non exhaustive. 

Soyons clairs, pour la majorité de ces personnes, point de « manque » ou de traumas profonds dûs à cette « pénurie » toute relative. Mais un inconfort. La sensation persistante d’être surtout déclassés dans notre société. Négligés. Des rebuts qui pour la plupart travaillent, contribuent à « l’effort de guerre » et à la vie sociale en général, voir même ne font pas de footing. Et qui en plus paient des impôts pour financer les agents qui les prennent pour cibles. Notre seul tort, préférer un produit qui n’est pas dans la liste validée. Une «mauvaise habitude », comme la qualifiait Obama (encore un oisif). Et comme il en existe tant d’autres. Pour mieux l’illustrer, le consommateur de cannabis est à l’addiction aux psychotropes ce que Netflix est à l’addiction aux écrans. Tout le monde sait l’état dans lequel nous plonge l’oubli de notre smartphone à la maison, sa perte ou son décès suite à une chute. Tout le monde, ces dernières semaines, a envisagé le chaos que représenterait le crash d’internet et du streaming. Vous serriez irritables, perdus, en quête d’un substitut (genre un livre ou autre divertissement analogique) ou tout autre chose passible de vous distraire ou juste de passer le temps. Cela fait-il de vous des addicts en manque chronique ? Bien sur que non. Et bien c’est EXACTEMENT la même chose pour les consommateurs de cannabis. Est-ce qu’il y en a pour qui c’est plus compliqué que ça ? Evidemment. Idem pour les écrans. Passer ses journées dans une salle de jeux en réseaux, c’est être dans l’abus. Fumer des pétards toute la journée aussi. Marier le café avec le calva au petit dej, pareil. Mais c’est loin d’être la majorité. Pour autant, la majorité des consommateurs de cannabis continue de subir les affres de cette prohibition en PLS comme notre système économique et social. Donc que reste-t-il à célébrer, si ce n’est 50 ans d’une prohibition édentée dont le confinement actuel vient de confirmer, même auprès des plus sceptiques, la totale ineptie ? Rien, si ce n’est la résistance à une discrimination d’un autre temps.

Perfide ironie du destin, que le cannabis, cette drogue d’oisifs patentés, vienne à manquer lorsque enfin l’inactivité est érigée au rang de grande cause nationale pour sauver la nation et son système de santé.

Georges Lachaze , le 04 avril 2020

NOUVELLE BROCHURE DISPONIBLE : OVERDOSES TOME 2 Stimulants

Quand on pense overdose, on pense généralement opiacés. Pourtant, chaque année en France, plusieurs dizaines de personnes décèdent d’overdoses de stimulants. La cocaïne est ainsi responsable d’environ 10 % des décès par overdose (en consommation unique) et impliquée dans environ 30 % des décès liés à des poly-consommations. Elle est aussi le premier facteur de décès par accident vasculaire cérébral chez les moins de 35 ans et, selon l’ANSM, le nombre d’intoxications liées à son usage a doublé entre 2015 et 2016 et continue d’augmenter. Par ailleurs, avec le retour d’ecstasys très fortement dosés et le développement de la consommation de cathinones, on observe aussi une hausse du nombre d’accidents et de décès liés à des surconsommations de ces produits sérotoninergiques. Les effets et les risques des produits stimulants sont variés et complexes. Mal compris, ils sont souvent sous-estimés par les consommateurs qui se trouvent d’autant plus dépourvus lorsqu’ils en sont témoins ou victimes qu’ils ne connaissent pas toujours les signes avant-coureurs ni les réactions à avoir.

Le but de cette brochure est donc d’expliquer aussi clairement que possible ces risques, de donner des « trucs » pour les réduire et réagir  en cas de problème.

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Tweed une usine de cannabis florissante

Le Canada compte actuellement une quarantaine de producteurs de cannabis thérapeutique homologués par le gouvernement, fournissant plus de 50 000 clients. Des fournisseurs qui attendent impatiemment la légalisation complète du cannabis récréatif, qui pourrait faire grimper le marché à 7 G$ par an (4,95 millions d’euros). Visite chez le plus gros producteur canadien, une entreprise (presque) comme les autres.

Les deux usines de production de Tweed en Ontario ont une superficie équivalant à celle de 10 terrains de foot. Elles sont supervisées par Kevin Furet, le master grower, l’équivalent du sommelier sur un vignoble. Fort de ses nombreux prix en Cannabis Cup, ce dernier conçoit de nouveaux hybrides de marijuana. Cela permet à Tweed d’offrir une douzaine de variétés de plantes aux teneurs variées en THC (source de l’effet psychédélique) ou en CBD (pour les douleurs ou l’humeur), qui marche paraît-il assez bien chez les enfants épileptiques.

Une impressionnante zone de production

Ce qui frappe en pénétrant dans la zone de production, c’est qu’il faut doublement montrer patte blanche : carte magnétique nominative et reconnaissance des empreintes digitales sont nécessaires pour entrer. La voûte, où sont stockées des centaines de kilos de cocotes séchées, est même restreinte à une dizaine de personnes qui doivent avoir un casier judiciaire vierge pour pouvoir pousser la lourde porte blindée.                                                                                                              Au rez-de-chaussée de l’ancienne usine de chocolats Hershey, 120 employés du coin s’attachent à tailler des plantes, faire des boutures, simuler le printemps, simuler l’été pour la floraison, sécher les cocotes, mener les analyses pharmacologiques exigées par Santé Canada, fabriquer différentes huiles de cannabis, peser et emballer.                                                                                                    Le Montréalais Adam Greenblatt, qui a longtemps dirigé un dispensaire communautaire de cannabis médicinal avant de faire le saut chez Tweed, est impressionné par la chaîne de production. « Comme j’ai déjà fait pousser du cannabis thérapeutique pour des patients, je sais le défi que c’est. Alors, voir tout ça réglé au quart de tour, ça m’impressionne », dit-il en faisant référence à l’atmosphère quasi chirurgicale qui règne dans l’usine.                                                                          « Dans une production artisanale, on peut se retrouver avec des résidus de pesticides qui dépassent les normes ou des moisissures qui peuvent altérer les poumons des cancéreux en traitement », précise-t-il avant de souligner aussi l’importance d’obtenir des produits dont les caractéristiques resteront uniformes dans le temps, afin de ne pas mettre en péril le traitement. Pas étonnant qu’Adam ait été impressionné par toute cette infrastructure, le système de production a été conçu par un Français sorti de Harvard qui a fait ses preuves en dirigeant une équipe du fabricant de pneus Michelin… en Chine !

Une marque « conviviale »    

Le service est en effervescence. La gamme de produits Tweed à l’effigie du rappeur Snoop Dog doit être lancée dans moins de deux semaines. « On veut positionner Tweed comme une marque conviviale », explique Adam Greenblatt. S’il convient que le personnage a un côté sulfureux, « c’est une icône de la culture du cannabis et il a su traverser les épreuves », rétorque-t-il. La marque offre aussi des rabais compassion à ses clients qui gagnent un salaire inférieur à 29 000 $ par an (20 500 €).

L’équipe marketing se charge en outre de promouvoir les différents produits Tweed sur son site web et a récemment eu l’autorisation d’offrir des huiles (extraits de cannabis ajoutés à de l’huile de tournesol), qui peuvent aussi bien traiter les problèmes de peau ou les inflammations sous-cutanées qu’agrémenter des recettes pour les patients qui n’aiment pas fumer.

Quelques mètres plus loin, on aboutit au service clientèle. Une cinquantaine de personnes prennent les commandes de 60 000 clients (800 courriels et 600 coups de téléphone par jour), en répondant également aux questions des médecins. Quelques unes de leurs interrogations les plus fréquentes : Quelles sont les raisons de prescrire du cannabis ? Combien de grammes prescrire pour telle pathologie ? Quelles sont les implications légales ? « Selon nos estimations, environ 6 000 médecins ont déjà prescrit du cannabis au Canada, soit 10 % de la profession », avance Marie- Josée Pinel, coordonnatrice des projets médicaux.

Une société cotée en bourse

Parmi les 67 fabricants autorisés de pot médical au Canada, Tweed est la première à avoir tenté sa chance en bourse. Elle vaut aujourd’hui 2 milliards de dollars (1,3 milliard d’euros), ce qui lui permet d’envisager sereinement les travaux d’expansion de son siège social à Smith Falls, juste avant la légalisation complète, en juillet 2018.

« Les grandes banques canadiennes nous snobent encore, mais la valeur de l’action a presque doublé en deux ans. On a aussi triplé notre nombre d’employés dans la dernière année », plaisante Phil Shaer, avocat général et vie-président des ressources humaines. De son côté, le président Mark Zekulin, tout en attendant les orientations gouvernementales, a néanmoins déjà une vision du
marché, qu’il estime à 7 G$ par an si le gouvernement est plutôt large sur les produits autorisés.

Afin de s’assurer que son opinion soit entendue, le patron de Tweed a embauché un lobbyiste et espère que le gouvernement permettra aux marques commerciales « de communiquer directement avec les Canadiens (par la pub notamment) pour leur expliquer toutes les chemins possibles avec le cannabis et ainsi vaincre les peurs et les préjugés »

Big Cannabis ?

Hugô St-Onge, chef du parti politique Bloc Pot depuis treize ans, craint entre autres que la légalisation fédérale de la marijuana ne mène à la création d’un oligopole, le Big Cannabis, comme il existe déjà un Big Pharma : un marché mené par quelques entreprises préoccupées par la recherche du gain. Cela nuirait, selon lui, à l’éradication du marché noir, car des règles fédérales de production trop strictes maintiendraient des prix élevés et laisseraient une grande marge de profit pour le commerce illicite. « De l’herbe séchée, c’est presque gratuit ! », claironne-t-il. Hugô St-Onge souhaite donc « que le gouvernement québécois agisse selon ses compétences constitutionnelles et mette en place un marché plus libre où la production artisanale serait préservée afin de damer le pion au Premier ministre canadien, Justin Trudeau ». Si la légalisation a été enclenchée à l’échelon fédéral canadien, les provinces (dont le Québec) ont une certaine latitude dans l’exécution, notamment pour établir le mode de distribution. Du côté de Tweed, on se veut rassurant. « Le marché se libéralise lentement depuis plus de dix ans. On espère établir un marché inclusif qui encourage les amateurs de cannabis à se tourner vers des sources légales », répond Adam Greenblatt. Encore faut-il que les producteurs de cannabis médicinal n’adoptent pas certaines pratiques controversées de l’industrie pharmaceutique, comme les pots de vin déguisés en subventions. Dernièrement, des producteurs se sont d’ailleurs fait prendre la main dans le sac à financer certaines activités dans les cliniques prescrivant du cannabis afin que leur marque le soit davantage que celle du concurrent.

M. M.

Touche pas à mon « pot » : Les recettes du succès du cannabis médical au Canada

Au Canada, le cannabis thérapeutique est légal depuis 2001. Mais au Québec, trouver un médecin acceptant d’en prescrire et qui en plus connaît bien les différents produits sur le marché relève encore de la gageure. C’est ce double défi que tente de relever la clinique Santé Cannabis qui a pignon sur rue, aux portes du centre-ville de Montréal.

À part l’enseigne qui arbore une large feuille de cannabis, la clinique privée de la rue Amherst ressemble à n’importe quelle autre. Sur place, une dizaine de médecins se relaient tous les jours de la semaine. Les clients doivent avoir en main une demande de leur médecin traitant et s’acquitter de frais d’inscription de 250 $ (177 €). « Les 2 000 patients qu’on a reçus depuis deux ans viennent donc nous voir quand ils ont essayé toutes les autres options », indique Nadia Kvakic, la gérante.

Indications multiples

La liste des maladies pour lesquelles le cannabis thérapeutique peut être conseillé est large. Cela va de la dépression à la sclérose en plaques, en passant par les problèmes inflammatoires, les migraines, l’épilepsie, la maladie de Parkinson… Il vise aussi, plus globalement, à diminuer la douleur ou à stimuler l’appétit chez les malades traités pour des pathologies lourdes (sida, cancer). Le plus jeune patient est un bambin de 2 ans, le plus âgé a 94 ans. Pour Stéphanie Dubois, « la découverte du cannabis médicinal a été une révélation ». Elle souffre d’endométriose depuis sept ans et malgré trois opérations, dont l’ablation de l’utérus, saignements et douleurs sont toujours au rendez-vous. « Ça ressemble à des douleurs liées à l’accouchement avec parfois aussi des chocs électriques, c’est très pénible. Mais depuis cet été, je prends du cannabis médical, et c’est le jour et la nuit. Je ne suis quasiment plus absente du travail et j’ai pu recommencer à avoir une vie sociale et familiale », confie la jeune femme de 37 ans.

Cette mère de deux ados avait déjà fumé plus jeune, mais n’avait pas beaucoup apprécié l’expérience qui la rendait « un peu paranoïaque ». Après plusieurs essais, le médecin de la clinique et le conseiller en cannabinoïdes ont finalement trouvé les bons dosages. Le matin, elle prend un comprimé de nabilone, du cannabis synthétique issu de l’industrie. Après sa journée de travail, elle remplit son vaporisateur d’un mélange de Honstoot (14 % de THC) et de Boaty (13 % de CBD) qui calme ses douleurs sans la rendre stoned. Avant de dormir par contre, Stéphanie prend un cannabis dosé à 23 % de THC et avale une bouchée de muffin qu’elle a préparé avec ses restants de vapo non brûlés. Ingéré ainsi, les effets durent plus longtemps et elle peut passer une nuit sans douleur.

Pas un produit magique

Pour le système de santé canadien, le cannabis médicinal est source d’économies. Dans le cas de Stéphanie, ses anciennes prescriptions d’opioïdes, d’antidouleurs et d’antidépresseurs représentaient un total de 3 000,00 $ par an (2 120 €), remboursé par les contribuables. Depuis qu’elle utilise du cannabis médicinal, la facture de pharmacie a diminué de moitié, sans compter qu’elle perd désormais moins de journées de travail. Le nabilone coûte 180 $ par mois (127 €), mais l’achat de marijuana reste aux frais du patient et coûte 5 $ à 15 $ le gramme (3,55 € à 10,60 €). Les défenseurs du cannabis thérapeutique demandent d’ailleurs que la substance soit remboursée, au même titre que bien des médicaments.

Pour le Dr Antonio Vigano qui travaille à la clinique Santé Cannabis depuis mars 2015, l’efficacité du cannabis médical est indéniable. Chacun de ses patients doit venir avec une liste détaillant ses prescriptions de médicaments des cinq dernières années. Cela permet d’éviter les faux patients, trop nombreux, ainsi que ceux qui ont connu des épisodes psychotiques.

« Sur les 700 patients que j’ai rencontrés depuis que je suis ici, j’estime que pour près de 50 %, le cannabis est un succès et élimine leurs symptômes. Pour 40 %, le succès est partiel », et pour les 10 % restants, l’échec du traitement est plus souvent lié à l’âge ou à l’impossibilité d’utiliser un vaporisateur. En cas de crise, l’huile de cannabis sera inefficace car elle nécessite environ deux heures avant d’agir. Le Dr Vigano travaille comme anesthésiste dans un grand hôpital de Montréal tout en s’impliquant auprès des patients en fin de vie. « Le cannabis n’est pas un produit magique. C’est une substance complexe qui doit être abordée avec une approche holistique : on ne doit pas juste répondre aux symptômes, mais travailler en partenariat avec le patient. Malheureusement, le personnel médical manque de formation et de connaissances sur le sujet, c’est pourquoi je compte ouvrir bientôt une clinique similaire dans un hôpital universitaire », ajoute-t-il.

Conseillers en cannabinoïdes

En attendant, à la clinique de la rue Amherst, il peut compter sur l’aide de Mathieu Paquin, conseiller en cannabinoïdes. Ce dernier connaît bien les produits sur le marché et compte aussi sur une expérience de quinze ans dans le domaine de la réhabilitation des toxicomanes et plutôt de la réduction des méfaits. Lors de séances d’une durée de trente minutes, Matthieu évalue les besoins du patient en fonction de son historique de consommation. « Il y a des gens qui arrivent à la clinique avec l’autorisation gouvernementale pour faire pousser leur propre cannabis, mais qui ne savent pas comment consommer de façon sécurisée », raconte-t-il en citant l’exemple de jeunes qui se fabriquent des concentrés de cannabis à des taux de 80 % de THC, ou d’autres s’approvisionnant dans la rue. « Ceux-là, il faut leur rappeler les risques de dépendance psychologique et éviter qu’ils tombent dans un modèle de surconsommation qui s’éloigne des objectifs du cannabis thérapeutique. Avec d’autres, il s’agira plutôt de trouver les produits aux bons dosage de THC et de CBD, ou de leur apprendre à utiliser les huiles ou les vaporisateurs de façon optimale », ajoute-t-il. Face à cette manne, toutes les cliniques ne sont pas aussi sérieuses. Une enquête du Journal de Montréal comment il avait été facile de se faire prescrire 4 g de cannabis thérapeutique par jour pendant 12 mois, après seulement 4 minutes d’entrevue sur Skype avec un médecin de l’ouest du Canada, et en invoquant uniquement le stress.

Épilogue

Présenté au printemps dernier, le projet de loi sur la légalisation du cannabis récréatif devrait entrer en vigueur en juillet prochain. Si l’expérience du Colorado se confirme au Canada, le pays comptera 15 % de fumeurs de cannabis et le marché du cannabis récréatif représentera plus de 60 % du chiffre d’affaires de l’industrie.

MATHIAS MARCHAL

RDR Cannabis : Avec ou sans combustion.

On parle souvent de cannabis, mais plus rarement de RDR liée à sa consommation, et pourtant il y a beaucoup à en dire avec l’arrivée de la vaporisation, des dab ou encore des concentrés.

Nous drogué(e)s z’eureux nous avons décidés de réunir tous les conseils pour réduire les risques lié à la consommation de cannabis dans cette vidéo.

Merci au volontaire de Techno+ pour leur jeu de scène, au Musée du fumeur et à la centrale vapeur pour le prêt de matériel.

France Culture – Émission sur les usages thérapeutiques du cannabis et des parcours de soin relatifs au traitement des addictions

Avec des membres des associations Principes Actifs et ASUD, France Culture parle des usages thérapeutiques du cannabis, et des parcours de soin relatifs au traitement des addictions.

Avec Fabienne Lopez, membre de l’Association Principes Actifs qui s’intéresse aux usages thérapeutiques du cannabis, et Fabrice Olivet, militant historique de la réforme des politiques de drogues. Depuis 1996, il dirige l’association ASUD (Auto Support des Usagers de Drogues), agréée par l’Etat pour représenter les personnes prises en charge dans le système de soins pour des questions relatives à une addiction. Fabrice Olivet est aussi membre de la commission nationale des stupéfiants et des psychotropes de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).

 

Intervenants

  • Fabienne Lopez : Membre de l’Association Principes Actifs
  • Fabrice Olivet : Militant historique de la réforme des politiques de drogues. Depuis 1996, il dirige l’association ASUD.

Écouter l’émission

Alerte au RSO (Rick Simpson Oïl)

Nous avons été alertés par une patiente qui a fait confiance à ces personnes qui sévissent sur le Net et proposent du RSO (Rick Simpson Oïl) pour une somme allant de 1000 à 2000 euros.

À Principes Actifs, nous mettons en garde de manière systématique les personnes qui nous contactent, et leur conseillons de ne surtout pas acheter de RSO ou autres traitements sans se renseigner auparavant.

Cette personne s’est fait arnaquer de près de 3000 euros, voici les noms des personnes :

  • Dr Margaret Reynolds de Louisiane (Bâton rouge) aux États-Unis
  • Dr Anson Jones qui conseille les malades de contacter :
  • le Service medical cannabis ressources du Royaume-Uni
  • et Frédérick Adams qui s’occupe d’envoyer les commandes

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Pas de pitié pour le Captagon®

* Simone de Beauvoir raconte dans le second tome de ses mémoires, La force de l’âge, comment elle s’était inquiétée quand Sartre, bourré de Corydrane®, lui avait confié qu’il était poursuivi par des crabes et des homards…

Selon le célèbre dicton militaire, on peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus. Avec des amphétamines, on peut faire la guerre, préparer des examens, écrire la Critique de la raison dialectique si l’on s’appelle Jean-Paul Sartre* ou… se faire sauter. Mais avant d’aller plus loin, petit détour par l’histoire.

Le mot composé est un peu technique : pharmaco-psychose. Une substance psychoactive, une drogue, peut provoquer transitoirement un état psychotique, c’est-à-dire de perturbation globale du rapport à la réalité. Aucune drogue n’est mieux placée que l’amphétamine pour illustrer ce phénomène. Nous sommes des machines à deux temps (veille/sommeil) et la perturbation de ce rythme est notre plus grande vulnérabilité, bien avant la soif ou la faim. Après deux ou trois nuits sans sommeil, un être humain présente des hallucinations, se livre à des interprétations délirantes et peine à effectuer des tâches simples. Les Soviétiques, qui le savaient, utilisaient la privation de sommeil comme arme de torture (comme le montre bien le film de Costa-Gavras, L’aveu (1970), tiré du livre éponyme d’Artur London). Au bout de quelques dizaines d’heures, les plus solides signaient des aveux délirants pour qu’on les laisse un peu dormir. Autre manière de dire que les amphétamines, dès qu’on en abuse, rendent fou. J’ai relu, pour écrire cet article, Speed. La déglingue, de William S. Burroughs Jr., que j’avais beaucoup aimé au moment de sa publication en français en 1971. Je n’aurais pas dû, j’ai été très déçu. C’est le risque, bien connu, des relectures…

« La benzédrine a gagné la bataille d’Angleterre ! »

L'aveu affiche

Avec les psychiatres, les militaires se sont toujours beaucoup intéressés aux substances psychoactives. Soit pour renforcer les capacités de leur propre armée, soit pour désorganiser celle des autres (on a songé à utiliser le LSD dans ce but). Les amphétamines sont nées quelques décennies avant qu’elles ne soient utilisées durant la Seconde Guerre mondiale. À la fin du XIXe siècle, des chimistes japonais isolèrent le principe actif d’une plante, l’éphédra, connue de longue date pour dilater les bronches, augmenter la pression artérielle et stimuler le cerveau (Dr G. Varenne, L’abus des drogues, Charles Dessart éditeur, 1971, chapitre V : « La dépendance du type amphétaminique ».). Il suffira d’une simple modification de ce principe actif, baptisé éphédrine, pour obtenir, dans les années 20, un produit beaucoup plus puissant, la première amphétamine. Les essais cliniques eurent lieu aux États-Unis dans les années 30. Quelques années avant le début de la deuxième guerre mondiale apparut la dexamphétamine (benzédrine ou Maxiton®), puis la méthylamphétamine commercialisée en Allemagne sous le nom de Pervitin®. C’est la « meth » d’aujourd’hui.

Approches Drogues et Ivresse Junger couvertureSi les stimulants sont absents de la Première Guerre mondiale ou presque (Dans Approches, drogues et ivresse, Ernst Jünger raconte comment, à la fin de la Grande Guerre, les premiers aviateurs allemands consommaient de la cocaïne pour diminuer la fatigue et la peur et comment ils lancèrent la mode de cette substance), les amphétamines vont donc dominer la Seconde, surtout au début. Elles semblaient avoir toutes les propriétés pour décupler l’énergie, la résistance à la fatigue, à la faim et à la peur. Durant la bataille d’Angleterre où l’aviation britannique luttait dans le ciel contre les Stukas allemands dans un état de grande infériorité numérique, mécaniciens comme pilotes consommaient de la benzédrine. Certains pilotes anglais se posèrent même sur des aéroports français tant ils étaient « défoncés » ! À la fin de cet épisode crucial, les journaux britanniques titrèrent : « La benzédrine a gagné la bataille d’Angleterre ! » On abandonna les speeds, du côté allié comme de celui des forces de l’Axe, quand on comprit que, sous l’effet de cette substance, l’efficacité s’effondre rapidement tandis que le sentiment d’efficacité continue à croître. Cette disjonction était fatale ! Seuls les Japonais continuèrent à utiliser largement les amphétamines. Lorsque l’Empire nippon s’effondra, après Hiroshima et Nagasaki, d’énormes stocks militaires se retrouvèrent sur le marché noir, donnant lieu à la première grande épidémie « civile » de consommation de cette substance. Les actes de violence et les décompensations psychiatriques se multiplièrent au point que le Japon disposa durant les vingt années suivantes d’un quasi-ministère de la lutte contre les amphétamines. Actuellement, certains pays d’Asie du Sud-Est sont confrontés à une épidémie de consommation de méthamphétamine. C’est en particulier le cas de la Thaïlande, qui tente de lutter contre des laboratoires clandestins installés du côté birman de la frontière. Les étudiants, les prostituées, les camionneurs furent les premiers consommateurs de Yaba (le médicament qui rend fou), mais l’usage s’étend.

Un marché qui explose au Moyen-Orient

Captagon Pascal 1Venons-en au terrorisme. Certains témoins racontent que, le 13 novembre dernier, les tueurs du Bataclan tiraient de manière mécanique à hauteur d’épaule en tournant sur eux-mêmes. Debout au milieu des gens qu’ils abattaient, ils ne déviaient pas leurs tirs sauf pour réarmer. Ce qui expliquerait qu’il n’y ait pas eu plus de victimes, en particulier parmi ceux qui, terrorisés, se sont allongés les uns sur les autres, à leurs pieds. Voici, par ailleurs, comment le gérant d’un cybercafé décrit Salah Abdeslam le soir des attentats : « Ce qui m’a interpellé, c’est que cet homme avait l’air d’avoir bu ou consommé de la drogue. Son visage et ses yeux étaient gonflés – se souvient le vendeur. Il ressemblait à un des nombreux toxicomanes que l’on rencontre à Château-Rouge » ( Le Monde du 01/01/16). Les tueurs étaient-ils sous Captagon® (fénétylline), une amphétamine classée comme stupéfiant depuis 1986 et qui inonde littéralement les marchés clandestins moyen-orientaux depuis quelques années ? À Beyrouth, un prince saoudien s’est fait prendre en octobre 2015 avec, excusez du peu, deux tonnes de Captagon® ! Il s’apprêtait à prendre l’avion pour son beau pays. Et l’Arabie saoudite vient d’annoncer une prise de cinq millions de pilules d’amphétamines (lepoint.fr, 27/12/15), avec peine de mort à la clé pour les trafiquants. D’après les chiffres de l’Organisation mondiale des douanes, la quantité de pilules saisies dans les pays de la péninsule arabique a fortement augmenté ces dernières années : plus de 11 tonnes de Captagon® en 2013, contre 4 seulement en 2012 (Sciences et Avenir du 17/11/15).

Comme toutes les amphétamines, le Captagon® fait disparaître le besoin de dormir et de manger, du moins dans certaines limites, et diminue la peur. D’après certaines sources, il ferait aussi disparaître tout sentiment de pitié (Je me permets de renvoyer à mon article « Des drogues et des violences », revue Chimères, n°85). Dans un contexte moins tragique, une telle remarque ferait rire. Si quelqu’un a préalablement extirpé de son esprit tout sentiment de pitié, le passage à l’acte violent ou cruel lui sera probablement facilité par la prise d’amphétamines. Mais ce préalable est nécessaire. Comme pas mal d’étudiants de mon époque, j’ai consommé du Captagon® pour réviser mes examens et je ne me souviens pas avoir utilisé des armes de guerre contre des civils désarmés, installés à la terrasse de cafés ou assistant à un concert de musique… De même, il est probablement plus facile de se faire sauter sous Captagon® quand on a, au préalable, décidé de le faire.

Bref, il faudra trouver autre chose que le Captagon® comme circonstance atténuante aux tueurs de Daesh. Mais la présence massive d’amphétamines dans l’une des régions les plus chaotiques et violentes de la planète n’a rien de rassurant. Bonne année 2016 !

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Il était une fois la rose

Novembre 1983, « la chinoise » une étrange héroïne de couleur rose envahit soudainement le marché parisien. Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette couleur improbable ? Le marketing d’un dealer particulièrement avisé ou le résultat d’une expérience de laboratoire ? Retour sur le décor vintage des années 80 où la dreupou régnait en maître.

«La rose », le simple énoncé de cette substance laissait planer un parfum de mystère. Rose ? Vraiment rose ? Les premières informations émanaient de la presse : « Saisie massive d’héroïne rose dans le quartier chinois ! » Puis vinrent les premiers jugements de connaisseurs fraîchement débarqués de la planète junk : « Mec, j’ai pécho une came d’enfer chez un “noich” dans le XIIIe ! Mec, la dope est rose, vraiment rose ! ! ! »

Rose, jaune ou bleue…

En effet, la poudre était rose, vraiment rose. Des petits cristaux granuleux couleur bonbon…Vous ajoutez de l’eau, vous chauffez jusqu’à ébullition, le contenu de la cuillère devient absolument translucide et vous shootez ! Ça, c’est l’info n°1. L’info n°2, c’est que la rose, c’est de la bombe. Un flash puissant qui vous décolle la tête puis vous laisse baigner dans une douce euphorie opioïde, de la bombe quoi ! Très vite, cette réputation a fait le tour de Paname : « T’as de la rose ? Tu sais pas où y en a ? » Après les Chinois légendaires du XIIIe qui auraient écoulé les premiers kilos, les dealers tunisiens se sont emparés du créneau. Seulement la rose a cessé d’être rose, elle était parfois orange, jaune ou grise, d’aucuns m’ont juré en avoir shooté de la bleue… Quand la rose devient bleue, il faut se poser des questions. Alors, on s’en est posé à l’époque. D’où sortait cette came ? Quelle était son secret de fabrication ? Autre particularité, cette dope gélifiait en refroidissant dans la cuillère. Au bout de quelques minutes, le liquide devenait une espèce de pâte compacte. Les amateurs incapables de trouver leur veine parce que trop fébriles ou ayant abusé de leur capital veineux bouchaient régulièrement leur pompe s’ils tardaient trop à envoyer la sauce. Une pompe bouchée, c’est l’horreur. Sous la pression, le contenu – mélange de sang et de came – gicle en dehors de l’aiguille et… vous perdez votre shoot. Abominable !

… jusqu’à perdre la cote

Enfin, et ce n’est pas le moins intéressant, la rose a très vite cessé d’être de la bombe, comme pour les tomates en branches ou les fraises Gariguette, le commerçant a usé et abusé du marketing lié à l’image du produit. Au fil des années, le pourcentage d’héro contenue dans les képas a diminué tandis que le volume de caféine augmentait en proportion. La caféine a la particularité de booster légèrement la sensation de flash, tout en intensifiant le craving. Shooter de la rose est donc devenu une espèce de cérémonie masochiste à base de tachycardie et de protocole de descente de coke.

La rose est restée rose mais ses effets furent de moins en moins convaincants, au point que vers le début des années 90, époque de sa disparition des rayons, elle n’avait plus la cote du tout. On peut même émettre l’hypothèse que c’est cette désaffection des acheteurs potentiels, beaucoup plus friands de cames traditionnelles type « blanche » ou « brown », qui serait à l’origine du retrait de la rose du marché. Une hypothèse qui validerait le postulat – toujours contesté par certains – selon lequel en matière de came, c’est toujours la demande qui est déterminante.

Lysergamides 2015 : un nouveau Summer of love ?

Image extraite de The Acid Eaters (1967) / Tony Nourmand Collection.

Le LSD-25 (représentant le plus connu de la famille des lysergamides) est probablement le psychédélique synthétique le plus populaire et consommé en Occident. Depuis sa découverte fortuite (en 1943) par le chimiste suisse Albert Hoffman, le diéthylamide de l’acide lysergique ne cesse de fasciner autant que d’effrayer… À tel point que son créateur l’avait surnommé « mon enfant terrible » !

Les justiciers du LSD

Se présentant comme un groupe de bénévoles ayant accès à des outils d’analyse professionnels, les LSD Avengers étaient soucieux de connaître la nature et la qualité des produits vendus pour du LSD sur Silk Road et de partager les résultats avec les autres usagers. Une des nombreuses démarches responsables favorisées par l’ex-plateforme de vente en ligne de drogues visant à réduire les risques sanitaires des utilisateurs.

Néanmoins, la disponibilité de l’acide reste relativement restreinte. Et même si le Deep Web (Lire Les pièges de l’achat de drogues en ligne) permet un accès plus grand à cette molécule, de nombreuses contrefaçons, parfois très dangereuses, comme le 25i-NBOMe (lire les nouvelles arnaques aux hallucinogènes), sont répertoriées régulièrement. Les LSD Avengers (lire ci-contre), notamment, ont permis de mettre au jour ces falsifications par des analyses régulières effectuées sur un panel de vendeurs du mythique Silk Road (fermé par le FBI en 2013).

Plus récemment, des acheteurs anonymes ont fait analyser des buvards acquis auprès de différents fournisseurs du Darknet par des associations de RdR (comme Energy Control en Espagne). Les résultats d’analyse révélaient des contaminants et/ou des dosages bien en-deçà de ce qui était annoncé.

AL-LAD et LSZ

Lysergamides 1 web

En parallèle, un laboratoire européen s’est spécialisé dans la création et la distribution d’analogues du LSD non-réglementés. Les deux premiers lysergamides à être commercialisés ont été l’AL-LAD et le LSZ. Ces composés existaient depuis plusieurs années dans le cadre de recherches scientifiques, mais ont été distribués en masse sous forme de buvards à partir de 2013 (jusqu’à leur interdiction au Royaume-Uni en janvier 2015). Si le LSZ a eu moins de succès (probablement en raison d’effets secondaires plus importants), l’AL-LAD est toujours disponible et légal dans certains pays.

De nombreux expérimentateurs trouvent qu’il est moins « profond » que l’acide, plus stimulant et euphorique. Cela reste néanmoins un psychédélique très puissant, actif dès 75 microgrammes, et qui a provoqué un nombre de bad trips non-négligeable ! Des réactions allergiques ont étés rapportées (plaques rouges sur le corps), des maux de ventre/nausées et quelques cas graves sans réelle explication : deux personnes présentant des analyses sanguines anormales ont été hospitalisées. Une autre hospitalisation (black out, convulsions, problèmes rénaux) a eu lieu à cause d’une interaction avec le lithium (déjà connu pour être dangereux en association avec le LSD).

Lysergamides 2 web1p-LSD, le petit frère du LSD

Peu de temps après l’interdiction anglaise, un nouvel analogue voyait le jour : le 1P-LSD. Ce dérivé est un homologue de l’ALD-52 qui, pour la petite histoire, aurait été vendu à la fin des Sixties par Tim Scully et Nicholas Sand (deux fameux fabricants de LSD) sous le nom d’Orange Sunshine (c’est du moins ce qu’ils affirmèrent lors de leur procès pour fabrication et vente de LSD). Selon certaines spéculations, le 1P-LSD serait une prodrogue du LSD : une fois ingéré, il se métaboliserait dans le corps en LSD-25. Au niveau des dosages, 100 microgrammes peuvent se révéler bien déstabilisants pour un néophyte. Pour de nombreux psychonautes, cette substance se révèle très proche (dans le ressenti) du « grand frère » lysergique. Selon certains, elle serait tout de même un peu moins visuelle et confuse, plus stimulante… Mais tout ceci est très subjectif (étant donné que le « Set and Setting » est particulièrement important avec les psychédéliques !).

L’arnaque parfaite ?

Si au premier abord, la nouvelle peut susciter l’enthousiasme, il faut garder en tête que ce nouveau produit de synthèse (NPS) a tout juste quelques mois d’existence, et qu’il est impossible de prévoir (sur la base d’une ressemblance) sa toxicité, la dose létale, etc. Il faut aussi prendre en compte la forte probabilité que cet été, une partie non-négligeable des buvards qui circuleront en teuf et dans les festivals pourra être du 1P-LSD. Pas de goût particulier, et actifs si on les avale directement (contrairement aux NBOMe), il ne semble pas y avoir de moyen fiable (à part l’analyse) pour les détecter. De plus, ce produit étant aussi disponible sous forme de cristaux, il y a fort à parier que certains dealers peu scrupuleux n’hésiteront pas à le vendre sous forme liquide (gouttes) en le faisant passer pour « l’original »

Dans ce contexte, le conseil de prendre un demi-trip (voire un quart) pour commencer est essentiel ! D’autant plus que le dosage des cartons circulants actuellement semble assez aléatoire… Et pour certaines personnes (question de métabolisme ?), le 1P-LSD est assez long à monter complètement. Attendre au moins trois heures avant d’en reprendre permet donc d’éviter les mauvaises surprises…

Pour finir, si certains prédisent déjà que l’été 2015 sera le nouveau « Summer of Love » de cette génération, une chose est sûre : l’été sera lysergique !

La seringue à moindre risque par William Zule

Des membres d’ASUD commentent les résultats de recherches montrant l’importance du type de seringue pour les risques infectieux.

Des données récentes, résultats de recherches menées par des virologues et des épidémiologistes, montrent que le type de seringue utilisé dans l’usage de drogues injectables a une influence importante sur le niveau de risque de transmission virale (VIH, VHB, VHC).

Après avoir édité une brochure sur ce sujet, en mai dernier Apothicom a reçu dans ses locaux William Zule, de RTI International, pour animer une table ronde sur la seringue à moindre risque.

ASUD y était invité vous pouvez télécharger le compte-rendu écrit en cliquant sur ce lien.

Apothicom logo

RdR du dab et dab dans la RdR

Le grand méchant dab est arrivé (lire aussi Dabolisation, comme dabitude). La tendance chez les cannabinophiles est à la fabrication et à l’utilisation de concentrés. Pour l’instant, elle concerne surtout la génération Internet/Globish toujours à l’affut des phénomènes US et les producteurs de cannabis. Existant déjà aux Pays-Bas et surtout en Espagne, le marché devrait prochainement s’étendre à l’Hexagone.

Le joint d’iceolator (extraction de la résine à l’eau glacée) ou d’huile marron/rouge (extraction de la résine par un solvant de type alcool/éther) n’a plus rien d’original depuis bien longtemps pour beaucoup d’usagers français. La nouveauté réside dans l’utilisation de concentrés solides obtenus à partir de gaz, de CO2 ou de surcongélation au moyen d’une pipe à eau dotée d’un foyer en titane ou en quartz chauffé à haute température.

Les dangers du dab

C’est d’abord le mode de préparation du concentré le plus populaire : le BHO (Butane Honey Oil). Lorsqu’elle est pratiquée par des stoners irresponsables, l’utilisation de butane peut provoquer des explosions et des départs de feu. Peu de canettes pour briquet contiennent du gaz vraiment purifié et leur purge pour obtenir le produit final peut laisser des produits toxiques, surtout si cette dernière est mal exécutée. Il convient donc de bien se documenter et de respecter au maximum les consignes de sécurité ou de s’abstenir si on n’a pas bien compris.

C’est ensuite le risque d’utiliser un briquet-torche pour chauffer à rouge un clou en titane ou encore un collier chauffant non-protégé pour le foyer dans la version électrique de la pipe servant à daber : le risque de brûlure ou d’accident domestique est accru, surtout en cas de mélange avec de l’alcool ou certaines substances perturbantes pour la psychomotricité.

C’est aussi le risque d’absorber plus de cannabinoïdes que désiré, il arrive parfois que des usagers en panique devant le rush de THC appellent les urgences. Don’t panic, it’s still organic ! (Pas de panique, cela reste organique). Boire une boisson sucrée dans un espace calme et ventilé devrait suffire à contrer la crise de bad. Le lien de causalité entre le taux de THC et les pathologies psychiatriques n’est pas incontestable mais le dabing peut révéler des pathologies génétiques. Il ne faut pas hésiter à consulter si les perturbations perdurent plus de douze heures.

C’est enfin le risque d’usage dur, voire frénétique, dans la recherche permanente du rush et du high le plus intense possible. Le dabhead se transforme alors en crackhead : il accroche une grosse galette de wax à son daber (la tige en acier médical qui sert à poser le produit sur le foyer) pour une taffe de cowboy puis prend un coup de tomawak entre les deux yeux, suivi d’une intense excitation mentale et d’un flot de paroles. Après une courte phase de plateau survient un gros craving, et il recommence.

Oui, on peut passer son temps à daber et bien foirer ses journées, mais on peut aussi bien fumer 20 joints ou boire 20 bières en gobant 20 cachetons. Les meilleurs remparts sont la réflexion sur sa consommation, l’éducation au bon usage et la motivation pour une vie variée.

La controverse du taux de THC

L’explosion de la demande de concentrés à daber ou à vaporiser coïncide avec la volonté de contrôler le taux de THC dans les préparations cannabiques, aussi bien dans les systèmes légaux (Uruguay, Colorado, Washington) et les zones grises (Pays-Bas et Espagne) que dans le projet de loi de la sénatrice Esther Benbassa sur la consommation contrôlée.

Cette volonté provient d’une analyse biaisée du cannabis à travers le prisme de l’alcool comme référence. On contrôlerait le taux pour éviter l’abus et diminuer les dommages. à l’exception de celle du Britannique Di Forti (2009), il n’existe pas d’étude établissant un lien direct entre taux de THC et schizophrénie ou d’autres pathologies graves (Rapport sénatorial canadien, 2002, et Rapport fédéral suisse sur le cannabis, 2004). Les troubles d’un surdosage accidentel sont réversibles.

Cela ne tient pas non plus compte du fait que l’immense majorité des usagers adapte la dose à la puissance du produit, c’est encore plus facile si elle est indiquée sur le paquet. Il semble par contre que l’usage régulier de produits fortement titrés augmente le risque de dépendance nécessitant un traitement.

Ni de l’importance du taux des autres cannabinoïdes dans l’effet ressenti, ou des variations très importantes des résultats des analyses selon la méthode choisie. Pour plus de détails, se rapporter à cette critique assez complète du projet néerlandais par Mario Lap : « Quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans l’évaluation des teneurs en composants actifs du cannabis ! »

La limitation sur la base de 15% de THC (projet néerlandais) laissera de nombreux usagers insatisfaits et les poussera à recourir au marché noir ou à faire du concentré dans leur cuisine, au risque de faire sauter la baraque ou de produire/acheter un produit non-titré à la sécurité sanitaire douteuse. Ce n’est pas l’objectif d’une régulation pragmatique.

Les avantages du dab

Il permet d’absorber facilement et rapidement la quantité désirée de principes actifs :

  • avec une fumée froide qui n’endommage pas les tissus ;
  • avec très peu de carbone provenant de la carbonisation végétale ;
  • sans adjonction de tabac.

Avec une montée progressive de l’effet, les dispositifs de vaporisation et les vape-pens favorisent le contrôle de l’usage compulsif par rapport au rush du daber.

Sister DabLes concentrés sont indispensables pour certains usagers thérapeutiques, notamment pour les migraines. Wooppi Goldberg en parle très bien, elle sirote son vaporiseur portable chargé de wax très puissante pour lutter contre les symptômes de son glaucome. Elle ne cherche pas du tout à être défoncée.

Des usagers expérimentés ont constaté qu’ils consommaient moins de cannabis (en quantité de cannabinoïdes) avec le vape pen pour la journée et le daber pour le soir qu’avec le joint ou le vaporizer d’herbe ou de haschich traditionnel. Sans parler de l’abandon du tabac dans la consommation de cannabis. L’usage de concentrés peut donc devenir un vecteur majeur de RdR, à condition de favoriser l’accès à des produits contrôlés d’artisans consciencieux sur un marché régulé, permettant ainsi l’information optimale du consommateur et l’accès décomplexé aux structures de soins en cas d’abus et de dépendance.

Du dab dans la RdR

On peut chasser le dragon avec de la wax, le mode de consommation par daber est aussi très proche de celui du crack et de l’ice. Il y a aussi une similitude d’effet pour le côté rush intense. Si le produit contient le bon ratio de cannabinoïdes, notamment entre le THC, le CBD et peut-être le THCV, on peut calmer le craving pour des substances plus nocives que le cannabis. J’en ai déjà fait l’expérience empirique autour de moi, une expérimentation scientifique manque cruellement.

S’il existe des études assez anciennes et des projets récents, principalement en Amérique du Sud pour la cocaïne fumée, le produit utilisé (de l’herbe) n’est pas un concentré à daber bien dosé en cannabinoïdes. Cela réduit considérablement l’efficacité du dispositif de RdR. Quand cesserons-nous de déconsidérer l’intérêt thérapeutique du cannabis dans le traitement des addictions ?

RdR du Dab

Les concentrés restent avant tout du cannabis, les précautions de base sont les mêmes

  1. S’abstenir de consommer des concentrés sans information préalable sur le dosage, le mode de préparation, les qualités essentielles du produit et ses effets. Découvrir les concentrés avec une extrême précaution sur les quantités.
  2. Privilégier les concentrés réalisés sans utilisation de produits toxiques et/ou dangereux : gaz, alcool, éther, isopropanol…
  3. Ne pas consommer si le produit dégage une forte odeur de solvant ou fait des flammes ou des bulles lors du chauffage.
  4. La consommation de concentrés peut conduire à des prises de risques et augmenter la probabilité d’accidents domestiques : brûlures, incendie, conduite automobile, sexualité non-protégée, potentialisation des effets avec le mélange de substances.
  5. Réguler sa consommation car la concentration favorise le surdosage et les effets indésirables.

Top Taz 2014 et autres substances dont il faut se méfier

Données françaises :
un effet Tchernobyl ?

Cet article compile 70 alertes émises en Europe en 2014. Seules 4 proviennent de France, aucune ne concerne les comprimés d’ecstasy et une seule émane d’une institution, les 3 autres étant l’œuvre d’associations de terrain. Notre pays serait-il épargné par la vague de taz surdosés comme il l’a été, à l’époque, par le nuage radioactif de Tchernobyl ? Eh oui, en France, on ne diffuse ces données en temps réel qu’en cas d’incidents répétés ! Elles pourraient pourtant être utiles aux consommateurs avant qu’ils aillent mal…

En 2009, la MDMA disparaît du marché suite à la pénurie d’un précurseur : l’huile de sassafras. D’autres substances (méphédrone, MDPV…) tentent alors en vain de prendre sa place avant son come back en 2013 pour le meilleur et pour le pire ! Les taux de MDMA contenus dans les poudres et les cachets sont au plus haut et les accidents se multiplient (4 décès suspectés en 2014), et pas toujours en raison d’une trop grande pureté des produits.

 

Pourquoi faut-il se méfier ?

Des teneurs moyennes plus élevées

Evolution teneur MDMA 2000-2013

Les doses moyennes par comprimé sont ainsi passées de 50 à 60 mg dans les années 2000 à un peu plus de 100 mg de MDMA depuis 2012, certaines pouvant approcher les 300 mg, voire les dépasser dans quelques cas.

243mg MDMA
(janvier 2014)
169mg MDMA
Triangle (janvier 2014)
180mg MDMA
Li-ion / Batterie / Pile (janvier 2014)
196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
200mg MDMA
Nintendo (janvier 2014)
160mg MDMA
Papillon (janvier 2014)
176mg MDMA
Android (février 2014)
143mg MDMA
Mercedes (février 2014)
151mg MDMA
Cygne (mars 2014)
155mg MDMA
Smiley (mars 2014)
215mg MDMA
Bugatti (mai 2014)
231mg MDMA
Android (septembre 2014)
205mg MDMA
Like (septembre 2014)
183mg MDMA
Etoile (septembre 2014)
157mg MDMA
Facebook (septembre 2014)
182mg MDMA
Gold (septembre 2014)
199mg MDMA
Redbull (septembre 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)
143mg MDMA
Yahoo! (septembre 2014)
137mg MDMA
Etoile (octobre 2014)

Des taz 3D attrayants et surdosés

Sûrement pour remettre au goût du jour les taz – qui s’étaient forgé une mauvaise réputation –, les labos ont lancé des presses originales : des comprimés aux formes et aux couleurs attrayantes, souvent plus gros que la moyenne. Ces comprimés qu’on trouve surtout au Benelux sont plus chers (de 10 à 20 €) mais généralement plus forts que les autres. Lorsqu’un Français habitué aux ecstas à 50 mg tombe sur ce genre de cacheton et en prend 4 d’un coup, ça peut faire très mal. C’est ce qui est arrivé cet été au festival de Dour en Belgique où un Français est décédé suite à l’ingestion de Superman, ou l’année d’avant dans les Pays-de-la-Loire, au festival Couvre Feu, des taz Superman là-aussi…

196mg MDMA
Mitsubishi (janvier 2014)
240mg MDMA
Superman (janvier 2014)
137mg MDMA
Champignon / Toad / 1up (février 2014)
125mg MDMA
Superman (mars 2014)
196mg de MDMA
Domino (mai 2014)
186mg MDMA
Superman (mai 2014)
236mg MDMA
Superman (septembre 2014)
234mg MDMA
Wi-Fi (septembre 2014)

Le « Salade-Tomate-Oignon »

Parmi les cas d’incidents, il y a ceux qui font suite à la consommation d’un comprimé qui contient non seulement de la MDMA mais aussi d’autres produits actifs. On y trouve même parfois un cocktail de molécules mais pas de MDMA !

118mg MDMA + 3,3mg Amphétamine + 2mg Caféine
Bitcoin (janvier 2014)
8.9mg 2C-B + 1,5mg MDMA + 2,5mg Caféine
(février 2014)
134mg MDMA + 2mg Caféine
Double main(mars 2014)
155mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)
200mg MDMA + MDDA + MDPP
Triangle (mars 2014)

« On m’aurait menti »

Consommer une substance en pensant qu’il s’agissait d’une autre est une cause récurrente d’accidents de défonce. Et ce, d’autant plus que le produit ingurgité n’a ni le même dosage, ni les mêmes effets que celui recherché. Dans cette catégorie, prenez garde à la 4,4 DMAR qui a causé 26 décès en 2014 en Europe, et aux PMA et PMMA (voir encadré).

178mg TFMPP
AB200 (février 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Cerises (18 décès en 2014)
4,4 DMAR aka Serotoni
Croix (18 décès en 2014)
18mg 2C-B
Oeil de pharaon (mars 2014)
20mg Méthamphétamine + 63mg Caféine
Why (mars 2014)
Taz Miko (Magmum) rouge Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Amphétamine + 4-FMP + 2C-H + Méthamphétamine + 2C-B
Miko / Magnum / Extreme (octobre 2014)
Méthandiénone + Méthyltestostérone
Coeur (décembre 2014)
170mg PMMA + 10mg Amphétamine
Superman (décembre 2014)
Diphénidine vendue comme MDMA
(octobre 2014)

170mg PMMA + 10mg Amphétamine

PMA et PMMA, the death est parmi nous

Surnommées « Death » par les consommateurs des années 70, déconseillées par Saint Shulgin qui qualifiait l’une de « drogue traîtresse », et l’autre de « drogue dangereuse », la PMA et sa petite sœur la PMMA sont deux molécules assez proches parfois utilisées comme produits de coupe des tazs. On en trouve surtout au Royaume-Uni, en Irlande et au Bénélux où elle a fait des dizaines de morts, mais en automne 2014 un comprimé contenant du PMA a été analysé sur la région de Metz..

Le véritable risque de la PMA/PMMA réside dans sa toxicité supérieure à celle de la MDMA alors que son effet est moins fort et mets plus longtemps à monter : les consommateurs pensant avoir affaire à des comprimés sous dosées en prennent plusieurs.

Les complications (parfois mortelles) de la MDMA

L’hyperthermie

C’est une élévation anormale de la température corporelle (jusqu’à 42°C !) pouvant endommager le cerveau (convulsion, délire, coma…) et les muscles (crampes).

La MDMA donne chaud et envie de bouger, ce qui donne chaud aussi. Pour éviter la cata, on s’aère, on se pose et on s’hydrate.

Le syndrome sérotoninergique

C’est un excès de sérotonine dans les synapses qui provoque agitation, tremblements, voire convulsions ou raideurs musculaires, tachycardie, hyperthermie, etc. Un jeune homme en est mort en août 2014 dans le sud de la France.

Comme la MDMA libère de la sérotonine, faites attention aux mélanges avec les autres produits qui jouent sur la sérotonine, notamment les IMAO, la Changa (simili DMT), la passiflore, le tramadol et certains antidépresseurs.

L’hépatite fulgurante

Dès la première prise et quelle que soit la dose, la MDMA peut, dans de très rares cas, entraîner le décès suite à une hyperthermie associée à une destruction des cellules musculaires et de différents organes dont le foie. Il s’agirait de prédisposition génétique.

Pour réduire les risques

Fractionner les produits !

Commencez par une demi-dose et attendez. Si le produit est surdosé, vous n’aurez pas besoin de reconsommer. Si les effets vous semblent anormalement faibles ou différents : ne reconsommez pas. Vous pouvez vous renseigner auprès des associations de réduction des risques de votre région pour faire analyser votre produit.

Espacer les prises !

Évitez de consommer de la MDMA plusieurs jours d’affilée ou trop régulièrement (genre tous les week-ends). Cela permet aux réserves de dopamine de se reconstituer dans le cerveau et au foie de se régénérer.

Attention aux logos !

Les labos pressent souvent des contrefaçons, donc deux ecstas de même apparence peuvent être très différents. Cependant, regardez quand même le logo : une tête de mort, un symbole « toxique » indiquent souvent un ecsta surdosé ou contenant du PMA/PMMA. La mention « 2CB » figure sur certains comprimés contenant du 2C-B. Méfiez-vous des comprimés de type Superman, quelles que soient leur taille et leur couleur. Ils tournent encore beaucoup, et leur signalement revient dans de nombreux cas d’incidents depuis deux ans.

Bonus : les autres produits à risque

Des alertes ont également été émises sur d’autres types de substances : faux LSD en goutte ou buvard qui n’est autre qu’un mélange 25I-NBOMe + 25C-NBOMe, détournement de sirops codéinés (lire nos articles HiP-HoP : Le sirop de la rue et Sizzurp : le sirop de la rue) , et héroïne blanche vendue pour de la coke à Amsterdam (lire Quoi de neuf Doc ?).

900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
900µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Hoffman (octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros(octobre 2014)
1500µg 25i-NBOMe + 25C-NBOMe
Super Mario Bros (octobre 2014)
Codéine + Prométhazine + Éthanol
Purple Drank / Sizzupr
Héroïne blanche vendue comme cocaïne
(octobre à décembre 2014)


L’injection paradoxale

Injecter, c’est d’abord et avant tout prendre son pied. Avec tous nos manuels de réduction des risques, techniques du shoot et autres considérations sanitaires, on finit presque par l’oublier. Pourtant, même en matière de nirvana, il y a des règles. En marge des Cahiers de l’injection, un partenariat initié avec Aides et l’Association française de réduction des risques (AFR), Asud vous propose de revenir sur ce geste qui représente toujours la forme archétypale de la drogue.

Du point de vue des usagers, l’injection de substances psychoactives est un acte qu’il convient à la fois de démystifier et de ne pas banaliser. C’est un objet qui s’inscrit dans un parcours de consommation avec comme finalité, la recherche d’une ivresse spécifique, la quête d’un ressenti précis. Un champ pratiquement inexploré par la science, car suspect de connivence avec les drogués. Pour autant, l’analyse des motivations hédonistes d’un injecteur est cruciale pour comprendre les mécanismes qui structurent l’usage des drogues dans toutes ses dimensions. Quel que soit le mode de consommation (injection, inhalation, fumée), la recherche du « high » – l’ivresse spécifique aux drogues selon les Anglo-Saxons – est depuis toujours l’objet de discussions où se mêlent considérations techniques et légendes urbaines. D’autre part, l’injection reste la méthode la plus efficace pour maximiser les effets avec le minimum de substance. C’est pourquoi elle apparaît souvent dans des situations de pénurie, de pauvreté ou de très mauvaise qualité des produits. À titre d’exemple, les Pays-Bas, longtemps pourvoyeurs d’héroïne de bonne qualité, n’ont historiquement jamais compté beaucoup d’injecteurs locaux.

L’acte d’injecter reste le grand producteur de mythes « junkies », moteur principal d’une bonne part de la littérature fantasmagorique consacrée à la Drogue. Il existe pourtant une dimension rationnelle du shoot, notamment en ce qui concerne les effets attendus. Second paradoxe : si la recherche de sensations est le cœur du sujet, ce domaine reste en dehors des investigations de la science. Un injecteur, au même titre qu’un cuisinier ou qu’un amateur de cocktails, s’efforce d’effectuer un certain nombre de gestes précis, compilés, analysés et transmis par l’expérience communautaire, le tout pondéré par les informations sanitaires dont il dispose. L’objectif final est parfaitement assumé, notamment sur le plan des effets recherchés et ressentis. Pour comprendre ce point de vue, il faut rompre avec les caricatures qui dépeignent l’univers de l’injection comme un objet strictement pathologique, marqué par l’autodestruction et les pulsions de mort. À la stupéfaction de nombreux spécialistes, c’est en s’appuyant sur la rationalité des injecteurs que la réduction des risques infectieux a connu un succès immédiat dans les années 1990, et c’est également cette soif d’informations concrètes qui motive les discussions entre injecteurs pour évaluer le meilleur ratio entre technique et effets attendus.

Quelles drogues ?

Toutes les drogues peuvent théoriquement être injectées (sauf peut-être le cannabis, à la différence de la nicotine[1]) mais finalement, très peu le sont de manière courante. Pour ressentir le « high » de l’injection, toutes les drogues ne se valent pas. Une évidence en ce qui concerne le cannabis, mais d’autres drogues comme l’alcool, les solvants ou même le LSD n’ont jamais eu de réelle carrière de drogues « shootées ». Ce qui prouve que malgré l’absence de littérature scientifique consacrée au sujet, les usagers font preuve de bon sens. Ils expérimentent, puis transmettent des « savoirs profanes », lesquels passent le cap des générations, nonobstant toutes les réserves inhérentes à la clandestinité de ces informations. Cette permanence de l’injection comme mode usuel de consommation est en soi une information. L’injection d’opiacés persiste partout dans le monde malgré le sida, les hépatites et le stigmate qui pèse sur ce geste. Ce constat, pour dramatique qu’il soit, possède sa propre logique liée au ratio fait par les usagers entre les effets attendus rapportés aux risques encourus.

Nomenclature et lexique

En l’absence d’étude scientifique sur le sujet, le ressenti des usagers s’exprime avec un vocabulaire communautaire, transmis par la tradition orale, dont le sens reste souvent obscur pour les non-initiés. « High », « défonce », « montée », « descente », « flash »… : on accumule les expressions approximatives, stéréotypées et sujettes à interprétation. Il serait pourtant faux de croire que ce vocabulaire repose uniquement sur le folklore et la subjectivité. Il est au contraire vraisemblable que cette expérience partagée et issue de processus à la fois physiologique et pharmacologique fasse sens commun pour les usagers lorsqu’elle est employée dans un contexte de consommation. Il est donc plus que souhaitable que la recherche s’intéresse au phénomène du ressenti des consommateurs de substances illicites, et particulièrement à la manière dont ils s’expriment sur ce sujet, afin de mieux comprendre les processus de transmission des informations entre usagers ainsi que les mécanismes neurobiologiques qui expliquent la prévalence de certains gestes techniques a priori énigmatiques.

asud-journal-54 flash

Flash

Ressenti spécifique lié à l’injection de certaines drogues, caractérisé par un pic intense – pas forcément agréable pour les primo-injecteurs – qui ne dure pas mais reste dans la mémoire des usagers comme étant la part déterminante du processus d’injection2. Le « flash » est consécutif à l’invasion soudaine du cortex cérébral par la substance. La sensation est forte, c’est ce court moment – de quelques secondes à plusieurs minutes – où le cerveau ressent les premiers effets de l’injection. Le « flash » est une particularité de l’injection de cocaïne, d’amphétamines, de méthamphétamines et de morphine. Dans le cas de l’héroïne, les avis sont partagés : il est parfois admis que certains brown sugars, dont le raffinage succinct a conservé une forte teneur en morphine-base, peuvent provoquer un flash.

asud-journal-54 montée

Montée

La montée correspond à l’installation progressive du « high » suite à l’injection. C’est la phase qui permet de mesurer la qualité d’un produit et ses caractéristiques. La montée est presque aussi recherchée que le « flash », et les deux sensations sont parfois difficiles à différencier. Elle se reconnaît au sentiment d’ivresse qui envahit lentement, jusqu’à une phase plateau. Selon les produits, elle est suivie d’une phase de descente plus ou moins éprouvante.

asud-journal-54 brown brune

Héroïne brune (brown sugar)

Sensation intense de chaleur et bien-être sous une forme aiguë durant quelques minutes, picotements, suivis de l’installation du « high » pendant 3 à 6 heures.

Coke

Coke

pic d’euphorie et d’emballement intellectuel, sentiment de surpuissance paroxystique qui dure 5 à 20 mn selon la qualité du produit, immédiatement suivi d’un sentiment de dépression.

Descente de coke

Sentiment insurmontable d’effondrement, de dépression intellectuelle et morale qui succède sans transition à l’euphorie du flash. Ce phénomène existe avec d’autres modes de consommation de la cocaïne (sniff et surtout cocaïne basée). C’est la « descente de coke » qui provoque l’augmentation exponentielle des doses pour retrouver le bien-être du flash, ce qui a pour effet d’augmenter parallèlement les risques d’overdoses. Généralement, une session d’injection de cocaïne dure jusqu’à épuisement de la ressource disponible car – contrairement aux opiacés – plus on absorbe de produit actif, plus la « descente » prend le pas sur « le flash » et débouche sur l’incapacité à le retrouver.

Smiley

Amphétamines

Assez voisin du flash de coke en plus puissant, plus physique, la différence majeure c’est la montée qui succède et qui installe l’injecteur d’amphétamine dans un « high » qui dure plusieurs heures.

Morphine

La morphine provoque un flash d’une grande intensité, à base de picotements qui envahissent tout le corps accompagnés d’une sensation d’euphorie propre à l’usage d’opiacés.

asud-journal-54 Heroin Bayer

Héroïne blanche

Pas de « flash », lente installation du « high » et montée progressive. Une overdose peut survenir après.

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Les RC, Legal High, Designer Drugs etc…

Dans la grande majorité des cas, ces psychostimulants, achetés principalement sur Internet ne sont pas injectés. Cependant, quelques expériences repérées dans certains groupes communautaires (« slameurs ») laissent entrevoir la possibilité de pratiques d’injection, en dehors de toute transmission de savoirs profanes issus de la communauté des usagers.

Précision Technique : la Tirette

asud-journal-54 injection paradoxale fille

La tirette consiste à faire remonter un tout petit peu de sang dans le corps de la pompe, dès que l’on a réussi à trouver la veine. Théoriquement, cela sert surtout à vérifier qu’après avoir desserré son garrot ou simplement après avoir planté l’aiguille, on est toujours dans la veine, l’objectif étant de ne rien envoyer à côté. Malheureusement, beaucoup pensent que ce flux sanguin est également chargé de produit et pouvoir réinjecter du produit au moyen d’une tirette est une croyance qui persiste.

En résumé, « la tirette » n’est pas une pratique à risque dans son principe. Pour faire durer la sensation, d’autres usagers injectent le produit le plus lentement possible, voire font une pause de quelques secondes après avoir injecté la moitié de la substance, ce qui permet de surcroît de limiter un peu plus les risques de surdoses.

Vérifier que l’aiguille est toujours dans la veine avant d’injecter est nécessaire et cela évite les complications liées aux « shoots ratés », à savoir les substances injectées à côté de la veine qui provoquent abcès et œdèmes. Ce qu’il faut combattre c’est la légende qui voudrait que la « tirette » soit un booster de sensation qui amplifie l’effet des produits ( notamment  le « flash » de coke) . Une croyance qui ne résiste pas à l’analyse scientifique des pratiques d’injection.

Tableau indicatif des effets ressentis pour les principales substances injectées

Substances Flash Montée Descente Ressentis avant overdose Symptômes physiques et comportements
Héroïne brune (brown, rabla etc…) OuiPicotement du à un raffinement succinct de la substance, qui le rapproche de la morphine OuiLe « high » : sensation de « défonce » qui s’installe progressivement NonAbsence de « descente »avec les opiacés NéantAbsence de ressenti précurseur de l’overdose Chaleur corporelleDémangeaison (codéine)

Vomissements pour les non-intoxiqués

Paupières lourdes

Rétrécissement des pupilles

Héroïne blanche (blanche, thaïlandaise…) NonPas de sensation spécifique immédiate juste après l’injection OuiSensation de « défonce » qui s’installe progressivement NonIdem Néantidem
Morphine ou morphinique (Skénan) OuiPicotements caractéristiques de l’injection de morphine (durée quelques minutes) Ouiidem Nonidem Néantidem idem
Cocaïne et crack OuiSentiment de bien-être et d’extrême lucidité

Craving du à la recherche frénétique du « flash »à la faveur de nouvelles injections

Non OuiSentiment de déprime qui succède immédiatement au flash. OuiLe sentiment de panique qui précède une overdose sert d’avertissement et en même temps aggrave le risque d’accident Accélération du rythme cardiaqueChaleur

Bouche sèche

Rares vomissements

Pupilles dilatées

Amphétamines et méthamphétamines (speed) OuiSensation aigüe de sentiment de surpuissance

Hallucinations auditives (chuintement électrique)

oui oui OuiIdem Idem
Catinones ( RC) oui oui oui oui Idem
BenzodiazépinesAnti-épileptiques : Zolpidem(Stilnox),
Diazepam (Valium), Clonazepam (Rivotril)
ouiEuphorie

Désinhibition

Certaines benzodiazépines sont recherchées pour leur effet stimulant (Stilnox)

oui non néant Perte de mémoireViolence physique

Chutes

LSD non NonOn entre d’un seul coup dans un trip d’acide oui néant Hallucinations visuelles
Kétamine non OuiMontée extrêmement forte oui Hallucinations« K-hole »
MDMA non oui oui
Méthadone non oui non ouiFort « piquage de nez » avec perte de conscience temporaire Symptômes opiacés

[1] L’injection de nicotine est pratiquée dans quelques rares essais thérapeutiques (dosage au microgramme).

[2] Certains assimilent le flash au « kiff » que l’on ressent en basant de la coke, mais il s’agit d’une approximation, faute de vocabulaire approprié pour définir l’infinie variété des sensations provoquées par l’usage des drogues.

 

2C-P, 25i, 25c, MXE… les nouvelles arnaques aux hallucinogènes

C’était l’une des tendances de 2013. De plus en plus d’usagers se plaignent d’arnaques après avoir acheté du LSD ou de la kétamine, deux produits plutôt épargnés par ces problèmes auparavant. Selon Techno+ et Not for Human, des molécules aux effets et/ou dosages différents sont désormais vendues en teuf à la place de ces produits. S’il y a fort à parier que ce ne sont pas les seules « contrefaçons » qui circulent, abordons déjà les plus courantes.

25I-NBOMe / 25C-NBOMe

Ce sont des dérivés de la famille des 2C, sauf que ces substances psychédéliques sont vraiment très récentes et beaucoup plus puissantes. Ils se présentent le plus souvent sous forme de buvards pré-dosés et plus rarement sous forme de poudre blanche. Dans ce cas, seule la dilution volumétrique (voir encadré) permet de mesurer la quantité exacte à utiliser.

La dilution volumétrique

Alors que les produits habituels peuvent se doser à l’œil, les dosages de RC se comptent en millièmes de gramme et une erreur de dosage peut entraîner des conséquences graves…
Pour mesurer précisément une quantité de produit, il existe la dilution volumétrique.

  1. Vérifier avec une balance de précision le poids total de la quantité de produit à diluer et la solubilité de la molécule (la plupart le sont). Ne pas se fier au poids annoncé par le vendeur.
  2. exemple : 100 milligramme de la substance mis dans 1 litres d’un solvant (ex : alcool à 40° ou plus type vodka) = 100 microgramme par millilitre.
  3. Il suffit alors à l’aide d’une seringue ou d’une éprouvette graduée de remplir le nombre de millilitres souhaités pour obtenir le nombre de microgrammes.

Effets

Les NBOMe ont des effets psychédéliques : hallucinations (surtout visuelles), altération du temps, modification de la conscience. Stimulants, ils peuvent provoquer euphorie mais aussi confusion et angoisse, selon l’état d’esprit, le dosage, etc. Beaucoup d’usagers rapportent une sécheresse de la bouche (parfois une sensation d’anesthésie) et le goût d’aliments modifié et/ou étrange, ainsi qu’une vasoconstriction importante (lèvres ou doigts qui bleuissent).

Très imprévisibles d’une fois à l’autre, ces effets durent généralement de 4 à 10 heures. D’autres produits de la même famille existant (b, d, NBOH, etc.), toujours se renseigner sur le produit exact, le dosage et les effets (qui varient selon la molécule) !

Dosage

Les dosages varient généralement de 200 MICROgrammes (léger) à 1 000 MICROgrammes (fort), par voie sublinguale. Les buvards sont uniquement actifs par cette voie : il faut généralement les laisser 20 à 30 minutes sous la langue ou contre la gencive. Sous forme de gouttes, certains préfèrent la voie nasale : après dissolution dans l’alcool, ils sniffent le liquide ! Attention, c’est très abrasif pour les muqueuses nasales, et les effets sont plus violents (montée plus rapide). Les accidents et décès rapportés avec ces molécules étaient souvent liés à ce mode de prise. Il est fortement conseillé de diminuer les doses par voie nasale, ou de mettre la goutte sur un buvard et d’utiliser la voie sublinguale.

Risques

Bad trip, tachycardie, hypertension, convulsions, insuffisance rénale aiguë, maux de tête, paranoïa et dans les cas les plus graves, décès. Les risques physiques sont bien plus importants avec ces molécules qu’avec des psychédéliques classiques, et le nombre de décès survenus est anormalement haut pour ces substances. Plusieurs usagers de 25C et 25I ont été victimes de vasoconstriction importante nécessitant une prise en charge médicale. Les premiers symptômes se manifestent généralement par des picotements, des engourdissements et une sensation de froid (parfois un bleuissement) au niveau des extrémités (pieds, mains, nez). Des gonflements ont aussi étés signalés.

Ces molécules étant très récentes, les connaissances des interactions dangereuses et de leur fonctionnement sont assez limitées. Mais tout comme la MDMA, les amphétamines et certains antidépresseurs, elles semblent agir très puissamment sur la sérotonine.

Comment les reconnaître ?

Buvards Fraises 25c-NBOMe
Ceci n’est pas de la fraise.
C’est du 25c-NBOH.

buvards hofmann 25i-NBOMe
Ceci n’est pas du LSD.
C’est du 25i-NBOMe.

Buvard à garder sous la langue (ou contre la gencive), gouttes « à sniffer » : CE N’EST PAS DU LSD !!! En cas de doute, avaler le buvard directement permet de faire le tri (le LSD est actif par voie orale, contrairement au 25I et 25C).

Attention néanmoins, d’autres molécules sont vendues sur des buvards pour du LSD : DOC, DOB, DOI, des substances de très longue durée (24 heures), très stimulantes (speed-like) et actives par voie orale !

Des buvards sandwich (2 buvards collés avec une couche de poudre au milieu) circulent aussi avec d’autres produits (tryptamines, par exemple). Très déstabilisant si on s’attend aux effets de l’acide et que c’est autre chose…

La « règle du quart de buvard » pour commencer est plus que jamais d’actualité !

Méthoxétamine

MXE Méthoxétamine
Ceci n’est pas de la Kétamine.
C’est de la Méthoxétamine.

La MXE est une molécule de la famille des arylcyclohexylamines (comme le PCP et la kétamine) mise au point et vendue par des chimistes début 2010. Étant vendue sous la forme d’une poudre cristalline (comme la kétamine), les deux sont impossible à différencier visuellement.

Effets et dosage

Agissant comme un dissociatif à fortes doses, elle peut aussi être sédative et euphorisante selon la quantité consommée. Les effets (et dosages) diffèrent de ceux de la kétamine et surtout, durent beaucoup plus longtemps. Désinhibante et euphorisante à petite dose (+ ou – 20 milligrammes), les effets dissociatifs prédominent à partir de 40-50 milligrammes. La confusion n’est pas rare avec cette molécule, et peut vraiment déstabiliser et désorienter.

Les premiers effets se manifestent 10 à 20 minutes après la prise, progressent pendant une vingtaine de minutes pour se stabiliser pendant 2 heures environ, avant de diminuer progressivement en 1 ou 2 heures. Des effets résiduels peuvent parfois durer jusqu’à 48 heures (surtout en cas de prises répétées, ce qui arrive vite car la molécule peut s’avérer compulsive).

Risques

Les effets secondaires désagréables comprennent : nausée, transpiration (donc bien s’hydrater régulièrement et à petites gorgées), maux de tête, troubles du sommeil, étourdissements, douleurs au niveau des reins, saignements du nez (en sniff), hypertension artérielle, augmentation du rythme cardiaque, bad trip, perte de conscience…

Le risque majeur survient lorsqu’un habitué de kétamine prend la même quantité de méthoxétamine en pensant à tort que les produits sont identiques ou en cas d’arnaque.

Conseils

  • Ne pas re-doser rapidement, d’abord tester avec la plus petite dose possible et attendre suffisamment pour ne pas se faire surprendre par la montée !
  • Contrairement à la kétamine, la MXE agit sur la sérotonine, donc ne pas mélanger avec la MDMA (risque de syndrome sérotoninergique) !
  • Le cannabis peut intensifier les effets et rendre le trip plus confus.
  • Il est fortement déconseillé de mélanger la méthoxétamine avec les dépresseurs du système nerveux (comme l’alcool ou les opiacés) qui favorisent la dépression respiratoire.

2CP

2C-P poudre

Ceci n’est pas de la mescaline.
C’est 2C-P (Bon OK c’est marqué dessus !)

Phénéthylamine psychédélique inventée par Alexander Shulgin, le 2C-P est une variante plus forte du 2C-E.

 

Effets et dosages

Cette substance a des effets psychédéliques : hallucinations auditives et/ou visuelles, altération du temps plus ou moins marquée, modification de la conscience. Stimulante, elle peut provoquer une certaine euphorie. Le 2C-P est plus puissant/déstabilisant, plus introspectif (mental) et plus long que le 2C-E.

Les effets se font ressentir à partir de 2 mg. À 10 mg, ça devient costaud, et à partir de 16 mg, plusieurs personnes ont été hospitalisées (souvent à cause de tachycardie et de battements cardiaques anormalement élevés).

Les dosages doivent être très précis, car une différence de quelques milligrammes peut faire basculer le trip dans un délire cauchemardesque.

Risques

Cette molécule génère souvent des effets secondaires physiques assez puissants pendant le trip (crampes, douleurs abdominales, maux de tête, transpiration excessive, vomissements, tensions musculaires fortes, stimulation physique et mentale importante pouvant être inconfortable, etc.) et peut donner lieu à des hallucinations intenses. Beaucoup d’usagers rapportent des effets mentaux très « dark » (visions effrayantes) et indiquent que cette expérience peut s’avérer assez écrasante et intense.

Arnaque à la mescaline

La vente de mescaline synthétique en teuf est bien souvent un argument commercial (celle-ci étant connue et réputée). Quand on en trouve (ce qui est rare), elle est presque toujours vendue sous forme de poudre (sulfate ou chlorhydrate et non pas en gouttes !) et nécessite 200 à 500 milligrammes pour une expérience psychédélique… De telles quantités ne tiennent pas dans une goutte. La vente de « gouttes de mescaline » doit donc avant tout inspirer de la méfiance. Car au-delà de savoir quel produit est réellement contenu dans le liquide, il s’avère souvent impossible de connaître sa concentration (ce qui risque d’entraîner des accidents).

Tant que la possibilité d’analyse de produit ne sera pas généralisée, la vigilance s’impose !


Article écrit par Sébastien, Président-fondateur de l’association Not for Human qui mène des actions de prévention et de réduction des risques liés aux nouvelles drogues de synthèse au sein de communautés virtuelles de consommateurs (psychonaut.com, lucid-state.org, psychoactif.fr, facebook…).
Plus d’infos sur notforhuman.fr.Plus d »infos sur notforhuman.fr
.

Logo et titre Not for human

4 consommateurs de cannabis thérapeutique témoignent

Jérôme, myopathe

Je m’appelle Jérôme Tétaz, j’ai 37 ans, je suis vice-président de Principes Actifs, utilisateur de fleurs de cannabis thérapeutique depuis 20 ans.

Je suis atteint d’une myopathie facio-scapulo-humérale, cette maladie crée une destruction des fibres musculaires ce qui entraine une atrophie et une faiblesse musculaires s’aggravant progressivement.D’un syndrome d’Alagille, c’est une atrésie des voies biliaires.D’un polytraumatisme thoracique abdominal.Et d’une thrombose oculaire. Ce sont les veines des yeux qui se bouchent.

La myopathie provoque de grosses douleurs musculaires, des douleurs électriques et des crampes. Ces douleurs sont de l’ordre de 7, 8 sur une échelle de 10.

Traitement

J’ai pris comme traitement des antalgiques de palier 2 et 3, tel le Di-Antalvic ou de la morphine.

Des antidépresseurs (Tranxène), des anxiolytiques et des somnifères.

Tous ces médicaments avaient peu d’efficacité par rapport aux effets secondaires très nocifs pour mes muscles et mon foie. Les symptômes liés au foie des traitements qui m’étaient proposés étaient d’énormes démangeaisons aux jambes, je faisais des trous dans les draps tellement cela me démangeait. Ils influaient grandement sur mon état général de santé : perte de tonus musculaire, nausées, grosse fatigue.

Choix du traitement au cannabis

J’utilise donc le cannabis à des fins thérapeutiques depuis 20 ans pour soulager mes douleurs qui passe de 7 à 2 et les crampes musculaires dues à ma myopathie. Il détruit les sucres et les graisses qui sont nocifs pour mon foie, il évite aux veines de mes yeux de se boucher et cela me permet aussi de dormir correctement sans souffrir.

J’utilise les fleurs de cannabis pour ses effets antidouleurs, relaxants musculaires, anti-inflammatoire, antidépresseur, anxiolytique et sédatifs, et aussi pour ses effets énergisants et stimulants de l’appétit.

Forme galénique et posologie

Je consomme les fleurs de cannabis en vaporisation, j’utilise différente variétés selon les symptômes à traiter. J’ai une variété pour stimuler l’appétit, et me donner du tonus musculaires, une autre pour les douleurs et la relaxation musculaire. Et une troisième pour ses effets sédatif.

Pour la nuit, je le consomme sous forme de biscuits ou en teinture mère pour un effet beaucoup plus long, ce qui me permet de dormir sans douleurs et sans prendre de traitement somnifère.

J’ai appris à connaître et utiliser le cannabis à des fin thérapeutiques en rencontrant différent médecins et association de patients étrangers, notamment suisse et canadien.

Les variétés que je cultive m’ont été conseillées par ces mêmes médecins et associations ! Le plus souvent fournies sous forme de clones ou de graines. Ce sont des variétés reconnues pour leurs effets thérapeutiques.

L’expérience PRISAM

Lorsque j’étais président de la PRISAM (Patients et réseaux d’information pour les alternatives médicales), J’ai été amené à voyager pour rencontrer d’autres associations de patients du cannabis thérapeutique.

On avait créé cette association avec d’autres personnes atteintes de pathologies graves, suite à un article de presse sur mon usage thérapeutique. Aux vues des nombreux appels téléphoniques et lettres de personnes consommant déjà du cannabis à ces fins ou qui pensaient pouvoir accéder à un traitement au cannabis, on a décidé de créer une association afin de pouvoir s’entraider.

J’ai cru naïvement pouvoir aider en partageant mon expérience avec des personnes ayant un besoin urgent et vital d’avoir accès à des plantes de bonne qualité sans passer par le marché noir, et surtout pour pouvoir rencontrer un médecin étranger ayant le droit et les compétences pour en prescrire ou non. C’était des personnes atteintes de cancer, du sida, de parkinson, des paraplégiques et tétraplégiques, ou des personne âgées en fin de vie. Ils avaient besoin du cannabis pour soulager leurs nausées dues à la chimiothérapie, pour calmer leurs spasmes musculaires ou tout simplement pour pouvoir vivre leur fin de vie dignement.

Poursuites judiciaires, humiliation et effets néfastes

Mais au final, à vouloir aider d’autres malades, j’ai eu beaucoup d’ennui avec la Justice. J’ai eu droit à 3 perquisitions et gardes à vue avec saisie des plantes, du matériel et tout ce qui se rapportait au cannabis (affiche, livres…).

Suite à ces perquisitions qui m’ont humilié, j’ai eu de gros problèmes sociaux, j’ai dû déménager de la ville où je vivais.A chaque visite des gendarmes à mon domicile, je me retrouvais obligé de reprendre des antalgiques, des somnifères et des antidépresseurs.Je me retrouvais cloué au lit, sans force, dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit. Je n’avais plus de vie sociale et familiale.

De plus, ces traitements étaient à nouveau nocifs pour mes muscles et mon foie.

Pour chaque arrestation, j’ai fait l’objet d’un rappel à la Loi, d’une enquête sociale effectuée par un juge de proximité, et 300 euros d’amende avec sursis.

A la 3ème convocation, le substitut du Procureur me dit qu’il avait compris que je n’avais pas le choix et qu’il acceptait que je cultive mes fleurs pour mon traitement, mais que je devais arrêter mes activités dans la PRISAM et refuser les articles de presse et émissions télé.

Une vie sous cannabis

Grace au cannabis, je vis aujourd’hui correctement, je suis suivi par plusieurs médecins spécialisés, neurologues, hépatologues, pneumologues et médecins généraliste, et tous sont d’accord pour dire que heureusement que les fleurs de cannabis sont là pour m’aider à vivre depuis toutes ces années.

Il n’y a pas que les médecins qui finissent par reconnaitre des vertus thérapeutiques au cannabis. Lors de ma 3ème garde à vue au poste de gendarmerie, j’ai eu l’autorisation de vaporiser afin de soulager mes douleurs.

Lorsque je suis allé aux urgences du CHU de Grenoble, une infirmière me fit savoir que si j’avais besoin de consommer du cannabis il y avait un coin où les gens comme moi en consommaient pour se soulager. Souvent, c’était des gens atteints de cancers. Quand je dois être hospitalisé, j’ai une chambre où je peux apporter le vaporisateur et un peu de fleurs.

Double peine

J’ai une grande incompréhension des lois actuelles. Elles sont censées nous protéger mais actuellement nous mettent en péril, nous humilient en confisquant nos plantes, le matériel nécessaire pour les cultiver et les fleurs qui nous sont vitales. Le législateur crée ainsi une peine supplémentaire à la maladie.

Les effets thérapeutiques du cannabis ne sont plus à prouver, il suffit de voir le nombre d’études scientifiques et de témoignages de patients dans le monde entier pour comprendre qu’il est urgent qu’en France, tous ces patients consommant et cultivant du cannabis à des fins thérapeutiques ne soit plus hors la Loi avec toutes les conséquences physiques, mentales mais aussi sociales et familiales, que cela peut entrainer sur leur vie.

Mireille, mère de Jérôme

Je m’appelle Mireille Tétaz, je suis la maman de Jérôme. Je profite de la chance qu’il a de pouvoir s’expliquer et d’être je l’espère entendu, pour vous donner mon témoignage.

Celui d’une maman d’un enfant lourdement handicapé et qui pour se soigner se retrouve hors la loi.

Une enfance à l’hôpital

Depuis sa naissance, Jérôme a connu les hôpitaux, sa vie a été jalonnée d’hospitalisations, consultations, examens divers, qu’il a subi avec beaucoup de courage et toujours de bonne humeur.

Le 1er diagnostic, vers 3 ou 4 ans : atrésie des voies biliaires, puis vers 14 ans, les premiers symptômes de cette terrible maladie, la myopathie fsh : perte de forces, violentes douleurs au dos et au muscles, difficulté à lever les bras.

On était tout le temps chez le médecin, qui ne savait plus quoi lui donner pour soulager ses douleurs.

La maladie a évolué très vite, avec les douleurs et le handicap.

Le choix du traitement

Quand il a commencé un traitement au cannabis, cela a été dur pour moi car je savais que c’est illégal et j’avais toujours peur de voir arriver les gendarmes, je le vivais très mal. Et puis avec le temps, je me suis rendue compte que Jérôme était mieux.

Son handicap évoluait, mais lui vivait mieux.

Il a retrouvé une certaine qualité de vie que je n’espérais plus.

Avec les médicaments, il était amorphe, déprimé et il souffrait beaucoup.

Un exemple : tous les hivers, il faisait de mauvaises bronchites, il n’avait plus la force de tousser et mettait beaucoup de temps pour s en remettre.

Avec le cannabis, je ne sais plus de quand date sa dernière bronchite.

Je ne dis pas que tout va très bien, mais je suis obligée de constater que malgré tout, avec sa consommation de fleurs il est mieux, il fait des projets, il vit. …

Justice et double-peine

Par contre, il a eu beaucoup d ennuis avec la justice.

Je le vis très mal, pour moi le fait que mon enfant très malade soit hors la loi pour pouvoir vivre correctement est difficile à accepter, c est dur . Je ne suis jamais tranquille, même si je l’ai toujours soutenu.

On a de la chance d’être français pour plein de raisons, mais beaucoup de pays ont compris la réalité des bienfaits du cannabis thérapeutique, et les malades peuvent enfin se soigner, selon leurs choix et en toute sérénité, ce qui n’est malheureusement pas le cas en France.

Fabienne, atteinte d’un cancer

En septembre 2008, j’ai dû me faire opérer d’une tumeur cancéreuse au sein droit.

À l’hôpital

Les séances quotidiennes de rayons, même rapides, étaient pénibles. L’hôpital et les malades plus atteints que moi que j’y croisais, l’attente quand la machine était en panne… un lieu simplement plombant. Le premier médicament qui m’a été proposé, en cas de besoin, était un antidépresseur. J’ai refusé car je n’en ai jamais consommé et je n’y tiens pas.

J’ai rapidement découvert que l’effet anti dépresseur du cannabis fonctionnait parfaitement sur moi. Cela me relaxait et me permettait de supporter moralement cette épreuve. Les techniciennes me faisait même part de leur étonnement quand à mon bon mental.

Mon médecin traitant, le cancérologue et le chirurgien étaient informés de mon usage de cannabis. Tout le personnel soignant avec qui j’ai été en contact a été informé de mon usage. Personne ne m’a fait de réflexion négative sur cet usage, hormis le fait de le fumer. Pourtant, ça n’était pas possible d’en discuter avec eux, ils éludaient la question. Mon médecin traitant a été le seul à réagir, il a constaté un effet positif sans pour autant avoir assez d’informations objectives pour l’expliquer. Il me suit depuis près de 25 ans, ça créé des liens !

Traitement post-opératoire

Après les séances de radiothérapie, j’ai commencé le traitement au Femara (appelé aussi la petite chimio), il n’est pas anodin en matière de dérégulation de l’humeur. Voilà sans doute pourquoi les spécialistes et mon médecin traitant me proposaient des antidépresseurs.

Au bout d’un mois, j’ai subi d’autres effets secondaires. Je ressentais des douleurs osseuses et musculaires, principalement le soir, je n’arrivais plus à faire de nuit complète. Les médicaments prescrits en complément ne calmaient que légèrement ces douleurs. J’en suis arrivée à en prendre un contre les crampes, un contre les douleurs osseuses, un contre les crises d’herpès à répétition, un contre les nausées et un contre les démangeaisons.

J’avais aussi des vertiges, j’ai fait des allergies à certains des traitements qui ont été remplacés par d’autres. Par exemple, j’ai pris des biphosphonates, j’ai dû changer deux fois de “marques” pour cause d’allergie, malgré le changement, très rapidement les effets désagréables sont revenus.

Choix du traitement

Au bout de 3 ans, j’ai expliqué à mon médecin traitant que cette situation de plus en plus déprimante n’était plus tolérable. J’ai préféré arrêter tous ces médicaments supposés me faire du bien, car ils me donnaient l’impression de m’empoisonner tous les jours un peu plus. Evidemment, j’ai gardé celui qui me préserve de toute récidive.

Mon cancérologue a insisté sur l’importance de ne pas interrompre le traitement principal, il n’en a jamais été question pour moi.

En augmentant ma consommation de cannabis, j’ai réussi à remplacer les six médicaments d’accompagnement du traitement principal. Ces effets sont plus efficaces. Ayant tendance à maigrir, j’ai enfin réussi à maintenir mon poids, lutter contre les douleurs pour mieux dormir et surtout garder le moral malgré cette importante dégradation de mon état général.

Organisation du traitement

Pendant toute cette période, j’ai exercé mon activité professionnelle à mi-temps. J’avais peu de moyens financiers. Pour ne pas acheter à n’importe qui, n’importe quoi à prix fou, j’ai jardiné en me faisant aider par des ami(e)s bien portants. Cela m’a fait du bien de m’occuper de mes plantes, le jardinage a pour vertu de faire oublier leur état aux malades. L’idée que cette plante est utile pour ma santé me donne un certain dynamisme. Mais de nombreux malades ne peuvent vraiment pas cultiver, il devrait donc pouvoir l’acheter en pharmacie.

J’ai compris qu’en fonction des variétés utilisées, j’avais plus d’appétit, un meilleur sommeil et moins de douleurs. Je me suis renseignée sur celles correspondantes aux effets recherchés et aussi sur les moyens de ne plus fumer le cannabis, comme la vaporisation ou l’ingestion.

Après essais, la variété Jack Herer convient le mieux pour mes douleurs articulaires, les crampes, les douleurs osseuses, j’utilise de la White Russian pour stimuler l’appétit et lutter contre l’asthénie. Pour un sommeil plus clame et régulier, j’utilise une huile de résine issue de variétés Indica très mature et mélangée à de l’huile d’olive pour faciliter l’absorption sublinguale.

Pas une panacée universelle

J’ai bien conscience que ce n’est pas le cannabis qui soigne mon cancer. Il m’aide à ne pas surconsommer inutilement des médicaments et à me sentir suffisamment bien pour continuer à travailler, à avoir une vie sociale à peu près normale.

Pourtant, l’idée que le cannabis soigne tous les cancers fait de plus en plus son chemin parmi la population touchée. C’est une idée dangereuse qui peut mener des gens à ne pas se traiter correctement, comme on l’a vu en pleine épidémie de Sida avec les instinctothérapeutes et autres charlatans.

Le cannabis pourrait avoir une action directe contre certaines tumeurs cancéreuses et sur la dispersion des métastases. Vous le comprendrez en écoutant le témoignage de Philippe. Cela reste encore assez spéculatif. Les études internationales doivent être coordonnées et la France doit s’y impliquer. Il y a urgence. Ces études doivent prendre en compte le savoir empirique des associations de patients.

Peur de la répression

Pour moi, le cannabis est un médicament efficace mais interdit. A tout moment, je risque une interpellation et une confiscation de mon traitement et de mon indispensable matériel de jardinage. Sans parler de poursuites pénales. C’est un stress difficile à supporter car très injuste. De nombreux malades d’autres pays dans la même situation que moi peuvent se soigner facilement et sans risque judiciaire.

Des chercheurs israéliens ont réussi à obtenir un cannabis sans THC mais avec les composants requis pour certains usages thérapeutiques, d’autres ont réussi à déterminer les combinaisons en cannabinoïdes (THC/CBD/CBN et autres) les plus efficaces en fonction des effets recherchés. Des dizaines d’équipes internationales mènent des travaux en ce moment même, pourquoi pas en France ?

Notre frilosité comparée à nos voisins européens et à l’Amérique du Nord n’est pas compréhensible par des patients en souffrance.

Nous savons bien que ce n’est qu’une affaire de temps, certains d’entre nous n’en ont plus beaucoup. Il parait que dans certains services français de soins dits palliatifs, on permet aux malades de faire usage de cannabis, nous ne voulons pas attendre d’être là pour nous soigner !

Pour une justice compassionnelle

De plus en plus de patients découvrent l’usage médical du cannabis, Internet amplifie le phénomène. En conséquence, de plus en plus d’usagers thérapeutiques, autoproducteurs ou pas, vont défiler devant les tribunaux. En matière médicale, la récidive est une obligation. Il n’est pas question pour nous d’arrêter de faire usage d’une plante qui nous aide dans notre quotidien sans créer de nuisances pour quiconque. Il n’y a ni crime ni victime !

Il y a donc une urgence à encadrer légalement et médicalement cette pratique. Nous avons récemment adressé un courrier à Madame Taubira pour lui demander de faire cesser les poursuites à l’encontre des usagers de cannabis thérapeutique. Il suffit d’une simple circulaire enjoignant tous les magistrats à tenir compte du dossier médical des prévenus pour usage, détention, acquisition et autoproduction en fonction d’une liste établie de pathologies admissibles.

Pour tous ceux qui ne peuvent pas jardiner, il serait important de réfléchir rapidement à la réintroduction du cannabis sous toutes ses formes dans la pharmacopée française.

Philippe, atteinte d’un cancer

Je m’appelle Philippe, j’ai 43 ans. En mars 2011, j’ai appris avoir une tumeur cérébrale de

grade II.

Cette tumeur génère des crises d’épilepsie, des pertes de mémoire, des problèmes d’élocution, des tremblements et une perte de l’orientation.

Je passais le plus clair de mon temps enfermé à ne pas faire grand-chose et en quelque sorte déprimé, de plus je voyais que ma famille culpabilisait de ne rien pouvoir faire pour améliorer ma situation.

Le neurochirurgien a dit qu’il ne peut pas m’opérer car la tumeur est dans les parties fonctionnelles. S’il opère, je vais être paralysé.

Traitement

J’ai suivi une radiothérapie pendant 2 mois qui n’a pas donné de résultat, hormis me faire perdre encore plus la mémoire.

Ensuite, j’ai eu une chimiothérapie en cachet (Thémodal) pendant 9 mois (de décembre 2011 à septembre 2012), qui n’a pas eu de résultat non plus. À la fin de cette cure (septembre 2012), l’IRM montrait une tumeur d’environ 3cm x 8cm et un œdème qui allait du front à la nuque.

Pendant 1 an 1/2, j’ai pris des cachets contre l’épilepsie mais ils ont commencé à ne plus faire d’effets. Je ne pouvais plus me déplacer seul, je ne supportais plus du tout le bruit. Je devenais de plus en plus agressif verbalement et j’avais envie de tout casser.

Mi-octobre 2012, j’ai commencé la chimiothérapie liquide (Fotémustine) avec tous les inconvénients que ça entrainent (nausées, fatigue, manque de plaquettes, baisse des leucocytes) et injections régulières de Neulasta pour améliorer le bilan sanguin. Elles engendrent des douleurs dans les os pendant minimum 5 jours.

Le choix du traitement au cannabis

Je suis un battant. Peut-être est-ce le fait d’avoir été militaire de carrière dans la Légion puis dans les forces françaises engagées en Afghanistan. J’ai cherché sur internet un autre traitement que les cachets.

J’ai ainsi découvert que le cannabis pouvait me soulager. J’ai essayé début décembre 2012, et de suite je me suis senti détendu, apaisé et en meilleure forme physique et psychique. J’ai pu de nouveau me déplacer seul, parler sans problème d’élocution (sauf quand je fatigue). Je retrouvais ma mémoire.

Le cannabis me soulage les douleurs, les maux de tête, me rend moins agressif, m’empêche d’avoir des crises d’épilepsie et m’a en quelque sorte rendu ma dignité par rapport à mes enfants, ma famille que j’ai mise au courant. Je ne vois donc que des côtés positifs et je ne ressens pas négativement les effets psychotropes.

J’en ai parlé à aux spécialistes qui me suivent à l’hôpital. Voyant ma grande amélioration physique début janvier, l’oncologue m’a fait repasser un IRM fin janvier, qui a démontré que l’œdème avait complètement disparu en 1 mois ½. Les médecins n’avaient jamais vu d’œdème disparaitre aussi vite.

Difficulté d’une étude clinique

Je continue, avec l’accord de mes médecins, à faire usage de cannabis tout en continuant les traitements. Récemment, j’ai appris qu’il n’y avait plus de traitements à poursuivre et qu’il fallait attendre les nouvelles molécules.

Nous avons évoqué la possibilité d’une étude des effets du cannabis sur ma pathologie mais ils pensent que ce sera trop long avant d’avoir l’accord. Ils ont établi des attestations pour que je n’aie pas trop de problème avec la justice.

Par contre, pendant plus d’un an le neurochirurgien m’a prescrit tout à fait légalement des corticoïdes (Solupred), maintenant j’en suis « accro ». Je ne peux pas arrêter d’en prendre sinon je vomis tout le temps.

J’aimerais qu’on m’explique !

Le retour du cannabis dans la pharmacopée française

Sativex est une bonne porte d’entrée pour modifier la loi, ce produit a obtenu une AMM européenne. La Ministre de la Santé Marisol Touraine est favorable à une étude d’évaluation par l’ANSM en vue d’une mise sur le marché français dans le cadre du traitement de la SEP. Dans ce cadre, il sera nécessaire de modifier la législation afin d’autoriser des préparations médicamenteuses à base de cannabis.

Indications thérapeutiques et pathologies

Le Sativex est un spray sublingual composé d’alcool et de deux extraits de cannabis : le THC (2.7mg par spray) et le CBD (2.5mg par spray). Il est autorisé dans plusieurs pays voisins (Allemagne, Canada, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas) non seulement pour la sclérose mais aussi pour d’autres douleurs neuropathiques et dans le traitement du cancer.

Il serait donc judicieux d’étendre la recherche française au minimum à cette liste de pathologies et au maximum aux pathologies reconnues dans d’autres pays : traitement VIH/Hep C, maladie de Crohn, TDHA, syndrome de Tourette, glaucome, rectocolite hémorragique, épilepsie, démangeaisons, migraine, céphalée, rhumatismes, arthrite, traumatisme crânien, aide à l’abstinence (alcool, héroïne, cocaïne).

Pas une panacée

Le Sativex n’est vraiment pas efficace pour tous les patients qui ont besoin du cannabis thérapeutique. De nombreux patients ne supportent pas l’alcool même à petite dose (allergiques, anciens alcooliques). Chaque spray contient une dose suffisante pour des patients naïfs au cannabis, elle est souvent insuffisante pour les patients habitués à se traiter au cannabis.

De même, la formulation presque égale du THC et du CBD dans le Sativex ne convient pas à tous les patients, y compris pour le traitement de certaines formes de la SEP. Il manque dans la formulation de nombreux cannabinoïdes, y compris des terpénoïdes et des flavonoïdes essentiels dans les traitements.

Enfin, la formulation en spray n’est pas aussi efficace que la vaporisation contre les spasmes, la nausée, l’asthénie et pour augmenter l’appétit.

Le prix international du Sativex est de 83 euros pour 51 sprays soit 0.6 € le mg de THC. Par comparaison, le Dronabinol allemand est à 0.8 € le mg, le Bedrocan

hollandais est à 0.05 € le mg de THC. Le Sativex coûte très cher au malade, surtout pour les utilisateurs de cannabis, cela posera un problème de remboursement avec l’assurance maladie et les mutuelles. Le Sativex n’est donc pas la panacée du cannabis thérapeutique.

Logique expérimentale

En conséquence, il serait judicieux d’organiser rapidement une expérimentation scientifique selon les principes suivants :

  • Tester les applications du cannabis sur la liste complète des maladies où son efficacité est reconnue dans d’autres pays de l’UE.
  • Tester les différentes formes galéniques proposées officiellement sur le marché européen par rapport aux médicaments courants et aussi par rapport aux produits utilisés en automédication.
  • Recruter un panel de patients pratiquant déjà l’automédication au cannabis, un autre panel de patients naïfs au cannabis, un troisième groupe témoin maintenu sous son traitement habituel
  • Evaluer l’efficacité de chaque formulation et rédiger l’AMM française des produits à base de cannabis en fonction des conclusions de l’expertise.

Cadre juridique

L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la République Tchèque ont décidé d’autoriser plusieurs formulations de cannabis thérapeutique, en général Sativex et Bedrocan.

Dans les pays tolérant la consommation et l’autoproduction de cannabis, comme certains États des USA, l’Espagne, les Pays-Bas ou la Tchéquie, de nombreux patients préfèrent utiliser leur propre cannabis plutôt que d’avoir recours à l’industrie pharmaceutique. Ils ne sont pas satisfaits par les produits existants sur le marché. La recherche sur les variétés de cannabis les plus efficaces et sur les meilleurs modes d’administration commence à peine.

En conséquence, il serait opportun dans la situation française d’édicter une ordonnance de non-poursuite pour l’usage privée et l’auto-culture de cannabis sur présentation d’une attestation médicale pour des pathologies définies

Texte présenté par Mario Lap et le Docteur Bertrand Lebeau et soutenu par Principes Actifs.

La Météo des Prods – Bulletin RC Juillet 2013

Source : http://www.technoplus.org/t,1/2689/-la-meteo-des-prods—bulletin-rc-juillet-2013

Les RC, tu sais ce que c’est ? Non ! Et bien tu ferais mieux de lire la suite car ces « nouvelles » drogues circulent de plus en plus depuis 2 ans. Environ 40 nouvelles substances ont été identifiées depuis 1 an. La plupart sont illégales en France. Seules quelques une ne sont pas (encore) classées.

Leçon n°1 : En soirée les RC sont souvent vendus comme étant ou ressemblant à un produit plus classique

On les commande sur internet ou bien on les trouve en soirée. Dans les 2 cas on est jamais sûr de la composition et tu peux te faire arnaquer.

Environ la moitié des RC analysés en France (SINTES) et en Europe (TEDI) ne contiennent pas la substance attendue. Ce chiffre est tout de même à relativiser car les produits qui posent problème sont davantage analysés que les autres. Il peut s’agir d’un produit vendu pour une drogue « classique » (coke, kéta, MDMA, speed, LSD…) qui contient en réalité un RC dont les effets sont plus ou moins proches voire pas du tout ! C’est plus pratique pour les vendeurs qui ont un nouveau produit d’insister sur la similitude avec un produit déjà connu. Certains peuvent t’arnaquer et ne précisent même pas qu’il s’agit d’un RC. D’autres encore ne savent même pas qu’ils sont en train de vendre un RC !

Même quand les effets sont proches d’un autre produit que vous connaissez le dosage, lui, peut être complètement différent. C’est pareil pour la durée des effets.

Les RC les plus fréquemment identifiés sont : Méthoxétamine, 2C-B (stupéfiant), 25i nBoMe, 4-MEC (stupéfiant), Méphédrone ou 3-MMC (stupéfiant), 2C-E (stupéfiant), MDPV ou sel de bain (stupéfiant).

Conseils pour éviter les mauvaises surprises :

  • Lisez le flyer RC de Techno+.
  • Pour vos achats privilégiez les vendeurs ayant une bonne réputation. Renseignez-vous auprès de vos amis ou sur les forums spécialisés.
  • Privilégiez aussi aussi les vendeurs qui sont capables de vous expliquer le dosage à faire, la durée du produit et les effets qu’il procure. Si le vendeur est lui-même consommateur de son produit, c’est plutôt bon signe.
  • Malheureusement, le meilleur moyen d’être informé sur un RC (effet, dose, risque…) c’est encore de connaître quelqu’un qui en a déjà pris avant. Pour cela les forums spécialisés comme psychonaut.com sont très utiles avec leur Trip report.

Leçon n°2 : La Méthoxétamine, le RC le plus fréquemment rencontré, est souvent vendu pour de la kétamine

En soirée, c’est souvent de cette façon que les gens font connaissance avec la méthoxétamine : ils pensent avoir affaire à de la kétamine. Sous forme de poudre les 2 produits sont effectivement identiques. Or la méthoxétamine est plus forte à dose égale et dure 3 fois plus longtemps ! Le pire étant pour les habitués de la kéta qui s’envoient directement une grosse dose de méthoxétamine. C’est le bad trip assuré voire le trou noir. (Lire un témoignage à ce sujet).

La méthoxétamine est le RC le plus collecté pour analyse en France. Depuis 2011, on recense 19 personnes hospitalisées pour des intoxications liées au sniff de méthoxétamine en association avec d’autre produits (alcool, kéta,etc.) au cours d’une même soirée. Suite à cela la commission des stupéfiants a rendu un avis favorable en avril 2013 pour son classement comme stupéfiant.

Conseils pour éviter les mauvaises surprises lors de l’achat de kétamine :

  • Privilégiez la kétamine sous forme liquide à cuisiner soit même.
  • Un prix de vente au gramme inférieur à 40€ peut être aussi un signe car la méthoxétamine est vendue bien moins chère sur internet et certains essayent de l’écouler plus facilement en cassant les prix.
  • Lisez le flyer Méthoxétamine de Techno+.

25i-nBOMe Buvard HoffmanLeçon n°3 : La mescaline vendue (liquide ou buvard) est presque toujours un RC de la famille des 2Cx comme le 25i-NBoMe

Il y a eu 7 cas d’intoxication en 4 mois dû au 25i-NBoMe au Royaume-Uni. En Belgique, en Espagne, aux Pays-bas, en France, en Allemagne, en Autriche, en Finlande, etc., la vente de 25i-nBoMe en soirée ou sur internet augmente.

Ce produit est rarement vendu sous son appellation. Sur internet on parle de Vortex, de B25, de mescaline… On le trouve sous forme liquide dans une fiole, sur un buvard ou même dans une paille (voir image ci-dessous). Car la particularité de ce produit liquide est d’être plus actif en sniff.

Image_018

25i-nBOME buvard 2Il est devenu très fréquent de trouver des produits vendus pour de la mescaline liquide en free party en goutte ou en buvard. Or il est impossible que cela soit de la mescaline sinon le buvard devrait avoir la taille d’un post-it pour faire effet ! Les rares analyses montrent qu’il s’agit à chaque fois d’un RC analogue des 2Cx dont pas mal de molécules ont des propriétés hallucinogènes. Le 25i-nBOMe est aussi parfois vendu comme du LSD.

25i-nBOME buvard 12 indices qui permettent de suspecter la présence de 25i-nBOMe ou un autre 2Cx :

  • Si un produit est présenté comme de la mescaline sous forme liquide (buvard ou goutte).
  • Si on te conseille de sniffer une goutte plutôt que de l’avaler.

Leçon n°4 : Les cannabis de synthétyiques ne se dosent pas comme le cannabis végétal et les effets ne sont pas forcément les mêmes

Les cannabinoïdes de synthèse forment une immense famille de RC qui n’est pas classée en France. Il ne sont donc pas illégaux mais l’Union Européenne envisage de les interdire dans tous ses États-Membres. Certains comme l’Allemagne l’ont d’ailleurs déjà fait sur des substances bien précises.

Contrairement à leur appellation général ses produits n’ont que peu de rapport avec le cannabis à part le fait qu’ils se fument. Certains ne sont même pas dérivés du fameux THC ! Ces produits ont des noms barbare comme AKB-48F, AM-2201, STS-135, UR-144, JWH-018, etc. Il en existe tellement qu’à eux seuls ils représentent 40% à 50% des RC identifiés chaque années.

Ils se présentent généralement sous forme de poudre fine. Pour leur donner un aspect plus « naturel », certains vendeurs sur internet pulvérisent cette poudre sur des débris de végétaux qu’ils vendent dans des emballages hermétiques avec des images de plantes et un nom commercial du type herbal spice.

Les effets peuvent être très différents d’une substance à une autre. Tout comme les dosages.

Quelques conseils sur les cannabinoïdes de synthétiques :

    • Ne te laisse pas embobiner par les appellation commerciale. Renseigne toi sur le produit exact sur psychonaut.com par exemple.
    • Dans ton premier joint ne mets qu’un tout petit peu de produit (quelques milligrammes, une pointe de couteau comme on dit).
    • Fume 1 ou 2 latte puis attend les effets 15 minutes avant de continuer.
    • Visionne cette vidéo réalisée par l’association spécialiste des RC, Not for Human.

Et les autres RC alors ?

Nous avons évoqué ici les cas les plus fréquents mais il existe de nombreux autres RC notamment des stimulants comme la famille des cathinones. Principale alternative aux produits classiques comme la coke, la MDMA ou le speed, ils se font plus discrets depuis leur classement comme stupéfiant en France en 2012.

Certains produit de cette famille avaient alors été mis sous les feux des projecteurs comme la méphédrone à laquelle plusieurs décès sont attribués en Angleterre ou encore le MDPV, dit sel de bain ou la drogue qui rend cannibale. Cet emballement médiatique à leur sujet leur a été fatal (classement stup un peu partout) sans que les faits reprochés ne soient réellement avérés dans bien des cas.

On pourrait aussi parler des opiacés de synthèse dont les effets peuvent êtres 40 fois plus puissants que la morphine ou encore des substances délirogènes à manipuler avec précaution de la famille des tryptamines.

Les RC c’est une liste de produits sans fin comme la guerre à la drogue. Un seul conseil à retenir : informez-vous et informez les autres autour de vous.

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Ces infos sont une compilation des données publiées depuis 6 mois par TEDI, Eurotox et SINTES.

La météo des Prods – Bulletin Taz du 2 juillet 2013

Source : http://www.technoplus.org/t,1/2688/-la-meteo-des-prods—bulletin-taz-juillet-2013

Il est possible que le retour des taz fasse partie de la tendance de l’été 2013. Alors autant savoir ce qui circule depuis 6 mois sous cette forme. Peu présents en France mais disponibles sur les marchés belges, hollandais, allemands, autrichien et suisse, ce type de comprimés pourraient circuler dans toute l’Europe à la faveur des déplacement estivaux. Pour ne pas être surpris, 3 leçons à retenir :

Leçon n°1 : Des dosages en forte hausse

De nombreux taz très fortement dosés en MDMA sont en circulation. Cette tendance remarquée depuis 2011 se confirme. La teneur est parfois supérieure à ce que l’on pouvait trouver entre 1995 et 2000, époque où les taz étaient déjà jugés très forts. Même les vétérans doivent faire gaffe. Notez l’évolution dans les analyses ci-dessous :

Photo Nom Composition Date / Lieu
Taz DJ rouge DJ Rouge 127mg MDMA 03/10/2012
Belgique
Party Flock Bleu 173mg MDMA 08/02/2013
Belgique
Dragon « Mortal fight » 175mg MDMA 13/06/2013
Pays-Bas
Lamborghini 186mg MDMA 13/06/2013
Pays-Bas
Like rose Like rose 165 à 220mg MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas
AIX orange AIX orange 165 à 220mg de MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas
Tortue ninja jaune 3D Tortue Ninja Jaune 3D 165 à 220mg de MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas
Taz fort MDMA PartyFlock rose 200mg MDMA 2013
France
Crane blanc 3D Crâne Blanc 3D 366 mg MDMA 26/06/2013
Belgique
Pays-Bas

Leçon n°2 : Un taz ne contient pas toujours que du MDMA

Près de 10% des comprimés analysés en Europe (source : TEDI) contiennent un produit de coupe en plus du MDMA.

Photo Nom Composition Date / Lieu
Taz mitsubishi vert Mitsubishi vert 0,15mg MDMA
1,74mg Méthamphétamine
6,4mg Domperidone (Motilium)
31,6mg mCPP
03/10/2012
Belgique
MDMA MethoxetamineTaz MDMA + Méthoxetamine 2012
Espagne

Leçon n°3 : Un taz ne contient pas forcément du MDMA

Plus de 20% des comprimés analysés en Europe (source : TEDI) ne contiennent pas de MDMA mais d’autres substances aux effets souvent bien différents.

Photo Nom Composition Date / Lieu
Taz 2c-E 2Taz 2c-E 1 2C-E 2012
Espagne
Taz Tête de mort blanc Tête de mort PMMA 28/06/2013
Pays-Bas
LOGO ICE
(pas de photo)
Speed Canadien 19% de Méthamphétamine 2013
France

Au Boom festival 2012, certains comprimés contenaient de la méthylone ou du mCPP à la place du MDMA.

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Ces infos sont une compilation des données publiées depuis 6 mois par TEDI, Eurotox et SINTES.

Alerte: Décès dû à de l’héroïne fortement dosée dans le 95

Alerte du 14 juin de l’ARS Île-de-France

Un homme a été retrouvé mort, par la police, avec une seringue dans le bras dans une commune du Val d’Oise (95) le 7 juin; une information judiciaire est en cours.

La poudre retrouvée sur la personne décédée avait une teneur en opiacé de 81% (dont 45% d’héroïne). La moyenne régional habituelle est de 17% environ. L’échantillon contenait d’autres opiacés (6MAM , Morphine, acétylcodéine), ce qui est souvent le cas dans les échantillons présentés comme de l’héroïne.

Il n’y a aucune information sur le contexte de consommation ni sur la provenance de l’échantillon.

Réduction des risques et recommandations

Les taux d’héroïne sont très variables d’un échantillon à l’autre dans le temps et l’espace (d’un jour sur l’autre au même endroit de revente, d’un lieu de revente à l’autre), particulièrement en Île-de-France, où il a varié entre 6% et 34% entre novembre 2010 et décembre 2011.

Une information en continu et un rappel des conseils de base de réduction des risques liés à l’usage d’opiacés auprès des usagers s’impose donc de manière permanente :

  • Ne pas consommer seul
  • Commencer par une faible dose, surtout lors d’un nouvel achat
  • Favoriser le « sniff » à l’injection ou à la voie fumée, surtout lors d’un nouvel achat
  • Éviter les mélanges favorisant la survenue de détresses respiratoires (Alcool, benzodiazépines, tout
    opiacés, y compris les traitements de substitution (TSO) ou autres médicaments opiacés tels que
    ceux utilisés dans le traitement de la douleur).
  • Recours au service des urgences en cas de suspicion d’overdose, afin de bénéficier d’un traitement
    par la Naloxone.

Le filtrage et la dissolution lors de l’injection

Cet article présente de façon claire et volontairement descriptive, les outils de RdR utilisés dans la plupart des CAARUD dans le contexte de l’injection.

Caractéristiques des usagers rencontrés pour l’année 2011

La pratique de l’injection de substances psycho-actives représente une part importante de la population fréquentant notre dispositif. Au niveau des substances injectées prises le plus fréquemment, nous retrouvons : l’héroïne, la cocaïne, la buprénorphine haut dosage et le Skenan®.

Parmi les usagers rencontrés, consommateurs dans le cadre hors festif :

  • 72% des personnes accompagnées ont un traitement de substitution aux opiacés (TSO) pris en première intention.
  • Les 28 % des usagers restant prennent de l’héroïne ou un autre produit en première intention et peuvent palier l’absence d’opiacés illicites en utilisant des TSO.

Parmi les 72 % des usagers prenant un TSO en première intention :

  • 15% des personnes se le procurent au marché noir.
  • 57% par un médecin sous forme de prescription.

Sur les 57% d’usagers ayant un TSO prescrit par un médecin :

  • 38% des personnes sont sous Subutex® et 8% sous Skenan®, traitements qui sont injectés.
  • 11% des usagers rencontrés sont sous méthadone et prennent un produit injecté en seconde intention.

 

File active par produits

 

La pratique de l’injection

Parmi les pratiques de consommation, l’injection demeure la plus à risques. Nous pouvons identifier :

  • Les risques mécaniques : altération du capital veineux, thrombose, embolie… en lien avec la qualité du produit ou le type de produit employé (Subutex® par ex.), la qualité de la dissolution ou du filtrage du produit, le choix du site d’injection…
  • Les risques infectieux : infections localisées, septicémie, transmission de l’hépatite C, du VIH… en lien avec la réutilisation ou le partage de seringues, les différentes manipulations…
  • Les risques d’overdose en lien avec l’association de produits, la qualité du produit, la fréquence des injections ou la tolérance individuelle.

La préparation de l’injection

La préparation de l’injection comprend 6 étapes principales dont l’ordre peut varier selon les personnes.

  • L’addition du produit dans la Stéricup®.
  • L’addition d’un acidifiant au produit pour l’héroïne brune et le crack.
  • L’addition d’eau pour préparation injectable.
  • Le temps de chauffage de la solution (héroïne brune, cocaïne...)
  • Le temps d’agitation.
  • Le temps de filtrage.

Nous intéresse plus particulièrement ici le temps de dissolution du produit par l’ajout d’un acidifiant et le temps de filtrage des particules de la solution.

La dissolution : l’acide citrique et ascorbique

Les acides ajoutés à la solution injectée représentent une étape importante dans le processus de préparation. Ils permettent de solubiliser le produit, sans dénaturer la substance active, et de prévenir ainsi les risques d’embolie en lien avec la présence de particules.

Les acidifiants fournis dans les centres de réduction des risques sont l’acide citrique conditionné en sachet de 100 mg et l’acide ascorbique (vitamine C) présenté en sachet de 50 mg. Ils s’utilisent pour l’héroïne brune et le crack.

Sachets de 100 mg d'acide citrique Sachets de 50 mg d'acide ascorbique
Sachets de 100 mg d’acide citrique. Sachets de 50 mg d’acide ascorbique

 Ils sont tous les deux stériles et permettent de prévenir l’utilisation de vinaigre, de jus de citron liquide potentiellement contaminant notamment au regard des risques de candidoses oculaires ou d’endocardites par des champignons et des bactéries.

Dans la dissolution avec un acidifiant, deux facteurs importants rentrent en ligne de compte : le pH et la concentration de la solution.

Sur des recherches effectuées en laboratoire lors d’une étude écossaise avec de l’héroïne pure, le pH recherché pour dissoudre 99,9 % du produit est de 4. Donc abaisser le pH plus bas ne présente pas d’intérêt pour l’augmentation de la dissolution et peut accroître le risque d’irritation voire de brûlure des tissus et des parois veineuses.

Quant aux recherches menées à propos de la tonicité lors de l’injection, la pression osmotique du produit pouvant être injectée dans le sang doit être comprise entre 300 et 500 mOsm/l. En cas d’hypertonicité ou d’hypotonicité, il y a un risque d’altération des tissus et des cellules voire de destruction de ceux-ci. L’acide citrique présente l’avantage d’atteindre un pH efficient pour des quantités moindres que l’acide ascorbique, ce qui éloigne le risque d’hypertonie plus sûrement. Cependant l’utilisation de l’acide ascorbique est plus souple d’usage pour un contrôle des quantités afin d’atteindre le pH souhaité et évite plus facilement le risque d’acidification excessive.

Pointe de couteau
Ajout d’un équivalent d’une pointe de couteau dans la solution.

En pratique, en prenant en compte que certaines molécules de coupage peuvent déjà acidifier le produit injecté, nous recommandons aux usagers d’adjoindre à la solution une « pointe de couteau » seulement et d’injecter lentement afin de prévenir tout risque de douleur en lien avec l’administration d’une solution concentrée ou de prévenir tout risque d’irritation en lien avec un pH bas. Les risques pouvant être réduit naturellement par la nature circulante du milieu sanguin.

Le filtrage : emploi du Stérifilt®

Un filtrage efficace vise à prévenir les risques de « poussières », particules insolubles pouvant occasionner des thrombus quand les particules sont de trop grosses tailles tel que l’amidon de maïs, excipient du Subutex ou des granulomes lorsque les produits de coupage se recombinent entre eux. Un thrombus ou un granulome peuvent se bloquer dans la lumière des capillaires sanguins dont le diamètre est compris entre 5 à 8 microns.

Microfibres de coton hydrophile
Microfibres de coton hydrophile.

Nous observons couramment chez les usagers l’utilisation de filtres de fortunes comme l’emploi de filtres à cigarettes voire de ouate de cellulose pour empêcher notamment le blocage de l’aiguille. Si le premier réduit considérablement le nombre de particules et retient en grande partie celles de grosse taille, le second a un pouvoir filtrant quasi nul et majore les risques en ajoutant des microfibres dans la solution.

Afin de réduire les risques, le filtre le plus diffusé au sein des CAARUD est le Stérifilt® produit par l’association Apothicom. Il s’agit d’un filtre stérile en polypropylène qui s’adapte sur l’aiguille de la seringue conçu pour éliminer les particules de plus de 10 microns.

Stérifilt seringue
Le Stérifilt est stérile et à usage unique. Sa membrane est non absorbante et n’ajoute pas d’éléments toxiques dans la solution. Il prévient le risque de réutilisation du coton afin de 18 récupérer le produit retenu après une première injection.

Comme nous pouvons le voir sur le graphique ci-dessous lors de l’utilisation de la buprénorphine filtrée ou non au moyen du stérifilt, la filtration réduit considérablement la distribution des particules en taille et en nombre.

 

Graphique efficacité stérifilt

 

Lors de l’étude réalisée par le gouvernement écossais, la pharmacopée anglaise met en avant, pour les solutions de moins de 100 ml destinées à l’injection pour prévenir le risque de granulomes, une limite de :

  • 6 000 particules de taille égale ou sup. à 10 microns
  • 600 particules de taille égale ou sup. à 25 microns.
Injection de 0,5 ml d’héroïne Nbre de particules égale ou sup. à 10 microns (limite de 300 particules) Nbre de particules égale ou sup. à 25 microns (limite de 30 particules)
 Stérifilt 289 13

Appliquée à une injection de 0,5 ml d’héroïne et avec l’utilisation du stérifilt, il est possible de constater que le nombre de particules, selon leur taille, présentes dans la solution injectée reste en dessous des limites acceptables.

filtrage stérifilt micro-organisme

En ce qui concerne la réduction du risque infectieux, l’utilisation du stérifilt présente un rôle peu important vis à vis des bactéries de petite taille au regard de la taille des pores de la membrane filtrante. Cependant nous pouvons remarquer son intérêt pour une diminution du nombre de micro organismes de plus grande taille comme les champignons.

Le stérifilt présente donc un moyen efficace de prévenir les complications thrombo- emboliques en lien avec la présence de particules insolubles présent dans les produits de coupage ou excipients médicamenteux.

De plus il présente l’avantage de retenir beaucoup moins de produit actif au regard du filtre proposé dans les Kit+ ou Stéribox disponibles en pharmacie (1 à 3 % contre 6 à 10 %). Argument qui peut permettre aux usagers d’adopter plus facilement ce système de filtrage. Actuellement un nouveau filtre est en cours d’expérimentation dans les dispositifs de réduction des risques. Le filtre toupie possède une membrane filtrante ayant des pores de 0,45 microns capable de filtrer les micro organismes de très petite taille écartant ainsi plus efficacement les risques d’infections.

Filtre toupie seringue
Le filtre toupie prévient le risque d’abîmer l’aiguille car il s’utilise sur des seringues démontables.Il limite les risques de contamination car la membrane n’est pas en contact direct avec les doigts.

Conclusion

L’acidification et le filtrage, comme nous avons pu le voir, représentent des étapes importantes de la préparation de l’injection. Elles permettent de réduire les risques thrombo-emboliques de la solution injectée en lien avec la taille et le nombre de particules ainsi que de minimiser les risques infectieux.

Si la plupart des produits (héroïne blanche, cocaïne…) se dissolvent dans l’eau, une petite quantité d’acide est nécessaire, plus particulièrement, pour dissoudre l’héroïne brune et le crack. Le filtrage est important tant au regard de la variété des produits de coupages employés au niveau des drogues illicites qu’au niveau des excipients employés pour les médicaments.

Comme nous l’avons vu au niveau des usagers fréquentant notre CAARUD, il n’est pas rare que les personnes utilisent leur TSO de façon alternative lorsque le geste et le rituel de l’injection sont trop prégnants par exemple (injection de buprénorphine, Skenan®) ou bien qu’ils adjoignent à leur traitement une consommation d’un autre produit.

A noter que la majorité des TSO utilisés par les usagers rentrent dans le cadre d’une prescription médicale. Loin de vouloir stigmatiser les usagers autour de leurs pratiques, si les actions de réduction des risques représentent un enjeu important au sein des CAARUD, elles sont toutes aussi importantes auprès des autres structures CSAPA, médecins de ville…pouvant accompagner les personnes ; ceci pour des raisons pragmatiques afin de réduire les dommages mais également dans le but d’établir un dialogue dépassant tout clivage entre soins et réduction des risques.

Liens :

  • www.scotland.gov.uk/2008/03 : Safety, Risks and Outcomes from the Use of Injecting Paraphernalia.
  • www.apothicom.org : Steriflt as an additional harm reduction tool for injecting drug users : fewer particles for fewer complications.

Écrit par Céline ROBLET, Didier REGIS, CAARUD Dijon (21)

 

Manuel du shoot à moindres risques

Brochure couleur. A6. 32 pages.

Prix unitaire 0,30€

Résumé
Ce manuel du shoot est un manuel de réduction des risques liés à l’injection. Il est destiné à un public d’usagers de drogues injecteurs. Son but n’est pas d’encourager ou de décourager la consommation de drogues, mais de donner une information correcte aux consommateurs injecteurs pour un usage à moindre risques.

Voir en ligne

Pour commander cliquez ici.

Télécharger le manuel du shoot à moindres risques en pdf

Alerte : Héroïne coupée au dextrométorphane dans le 93

source : http://www.drogues-info-service.fr/?Alerte-DGS-heroine

La Direction Générale de la Santé (DGS) lance une alerte à l’héroïne coupée avec des produits potentiellement dangereux et rappelle le danger inhérent aux grandes variabilités de présence de l’héroïne dans les poudres vendues.

Le 1er janvier en Seine-Saint-Denis une saisie de 50g d’héroïne a révélé un échantillon dosé à 15,2% mais surtout coupé à auteur de 44% avec du dextrométorphane (DXM). Or cette association héroïne-DXM est potentiellement mortelle.

La DGS rappelle notamment que les risques d’overdose sont particulièrement élevés chez les usagers néophytes, occasionnels ou reprenant leur consommation après une période d’abstinence. En présence d’une héroïne ainsi coupée ou fortement dosée les risques sont décuplés.

La DGS incite les usagers ou leurs proches qui constateraient des signes inhabituels suite à la prise d’héroïne de se rendre dans un service d’urgence ou de contacter le 15 (SAMU).

Nous vous rappelons pour notre part que les signes caractéristiques d’une overdose d’héroïne sont la perte de conscience, la difficulté à respirer (ralentissement du rythme respiratoire avant arrêt respiratoire), un bleuissement des lèvres et des ongles. Une overdose est rarement mortelle tout de suite, l’entourage peut donc appeler les secours et la personne être sauvée à condition de ne pas attendre : une overdose est une urgence médicale. Au téléphone n’hésitez pas à préciser que la cause probable du malaise est la prise d’héroïne afin de vous assurer que les secours arrivent bien avec l’antidote, la naloxone.

Si vous êtes confronté à une overdose ne paniquez pas. Mettez la personne en position latérale de sécurité et appelez les secours. En attendant les secours, si la personne ne respire plus, appliquez les gestes de premier secours : massage cardiaque et ventilation par la bouche.

Pour vous informer sur l’overdose, sa prévention et comment réagir nous vous conseillons de regarder la vidéo suivante :

 

Pour savoir comment mettre quelqu’un en position latérale de sécurité, regardez la vidéo suivante :

La RdR ça marche : La Position Latérale de Sécurité

Plus d’informations :

Retrouvez des informations et des conseils de réduction des risques sur l’overdose d’héroïne.

Une méthode pour sniffer propre

Les étapes de la technique proposée

sniff1

> D’abord, on se mouche avec un mouchoir en papier.

sniff2

> Puis, on pile finement la poudre ; la surface miroir est assez dure pour cela. Utilisez la lame d’un couteau ou le dos d’une cuillère pour bien écraser et préparer le produit. Ce sont les grains qui abîment le plus les parois nasales. Roulez la paille avec une feuille de papier, moins agressive que les pailles en plastique, et consommez.

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> Dix à quinze minutes plus tard, rincez-vous le nez avec de l’eau stérile pour débarrasser la paroi des résidus et de la coupe restante qui peut être irritante. Faites couler l’eau du nez vers l’arrière-gorge pour la nettoyer et l’hydrater aussi.

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> Enfin, pensez à entretenir tous les jours l’intérieur de vos narines (muqueuse nasale) avec le décongestionnant nasal.
Si la poudre vous brûle ou qu’elle vous fait saigner du nez, c’est que vous abusez. Alors stop !

Certaines dopes : coke, speed en particulier, sont assez corrosives en elles-mêmes pour abîmer ou perforer la cloison nasale. A méditer.

Le Stérifilt, nouvel outil de prévention

Les contaminations par l’injection de drogues ont quasi disparu en France mais plus de 3000 injecteurs (entre 8 et 10 par jour) se contaminent encore chaque année par le VHC. Principale pratique mise en cause : le partage des filtres et cuillères. Un nouvel outil devrait permettre de limiter sérieusement cette catastrophe sanitaire. Après le Stéribox®, le Stéricup®, voici le Stérifilt®.

Les filtres bouillon de culture

sterifilt2Les filtres qui retiennent toujours un petit pourcentage de substance et de dépôt sont gardés pour dépanner en cas de sterifilt manque ou parfois comme monnaie d’échange. Lorsque le shoot a été préparé avec une seringue usagée appartenant à un consommateur porteur du VHC (près de 80% des injecteurs le sont), le liquide, la seringue et le filtre sont automatiquement contaminés. Le virus de l’hépatite C est très résistant et survit pendant des semaines. Or si les injecteurs ne partagent plus les seringues, de très nombreuses contaminations par le VHC ont néanmoins lieu à cause de la réutilisation ou du partage des cotons, cuillères. Le fait de pomper à plusieurs sur un même coton est également très souvent en cause. Il fallait à tout prix un moyen pour empêcher ces contaminations.
Si le Stéribox2® a permis de résoudre en partie le problème du partage des cuillères, il manquait un outil fonctionnel, pertinent et surtout qui soit accepté par les injecteurs pour limiter la transmission et le partage des filtres qui se transforment par ailleurs très vite en véritable bouillon de culture. Les Suisses ont découvert plus de 300 germes et microbes dans une héroïne courante vendue dans la rue. Chaque étape de la fabrication, le transport (notamment dans les cavités naturelles du corps), le stockage, les manipulations diverses contribuent au développement de nouveaux microbes.

Le Stérifilt®, dispositif filtrant stérile d’une remarquable technicité, remplit tout à fait cette fonction. Il a été plébiscité par 90% des usagers qui l’ont expérimenté. ASUD espère le trouver sous peu dans les Stéribox.
Le Stérifilt® est constitué d’un embout, s’adaptant sur l’aiguille de la seringue, qui comporte une membrane filtrante d’une porosité de 10 microns. Il suffit d’appliquer la surface filtrante à plat au fond du récipient de dilution et d’aspirer (voir illustration).

Avantages techniques

  • Le dispositif permet de filtrer l’héroïne brune et blanche, la cocaïne, le crack et le Subutex® ainsi que la grande majorité des drogues et produits injectés.
  • Il permet d’obtenir un liquide transparent plus adapté à l’injection.
  • La membrane du filtre retient 5 fois moins de drogue qu’un filtre à cigarette (généralement en acétate) et 3 fois moins qu’un filtre de coton, c’est à dire qu’il retient moins de 2% de drogue contre 6% en moyenne pour un coton ou un filtre de cigarette.
  • Il permet de filtrer 90% des particules mesurant moins de 5 microns et 90% des particules présentes généralement dans les solutions d’héroïne, cocaïne.
  • Il n’y a aucun contact entre la pointe de l’aiguille et le récipient de dilution donc l’affûtage du biseau de la pointe de l’aiguille est totalement préservé, ce qui garantit une pénétration optimale de l’aiguille dans la veine qui est moins endommagée.
  • Le Stérifilt®s’adapte sur les seringues serties BD 1ml qu’on trouve dans les Stéribox®, les seringues Bbraun et d’autres à embout universel (Luer) s’emboutit à la place du capuchon rouge.

Bénéfices sanitaires

  • Diminution des risques septiques et problèmes infectieux apparentés aux substances pyrogènes (poussières, fièvres…) et autres.
  • Le Stérifilt® permet de limiter la quantité de germes et bactéries contenus dans la drogue.
  • Diminution des abcès, problèmes veineux et autres liés à l’injection de Subutex®. Le Stérifilt® permet de réduire sensiblement la quantité d’excipients responsables de tant de problèmes sanitaires et parfois d’amputations lorsque ce médicament de substitution est injecté.
  • Le Stérifilt® est à usage unique et individuel. N’étant pas réutilisable ou transmissible, il devrait donc contribuer à faire diminuer sensiblement les contaminations de l’hépatite C et autres maladies transmissibles.
  • Le Stérifilt® peut éventuellement être laissé en place, en cas de perte du capuchon rouge, pour limiter les risques de piqûre accidentelle.

Précisions et recommandations

Si le Stérifilt® permet de filtrer le Subutex il n’est pas très adapté pour filtrer le Skénan®.. Il est recommandé de vérifier que le Stérifilt® est solidement embouti sur la seringue de manière à permettre une filtration parfaite. Il faut parfois un ou deux essais avant de comprendre la manière optimale de s’y prendre. Le Stérifilt® ne filtre malheureusement pas le sucre aromatisé à l’héroïne qui est vendu de plus en plus pour de l’héroïne marron. ASUD a pu procéder à plusieurs analyses qui ont révélé une teneur en drogue de l’ordre de 1%. Bonjour le diabète…. sans parler du prix du sucre.

Après une longue série de tests, le Stérifilt® est enfin prêt et devrait être disponible dans les Stéricup®, dans les pharmacies et structures spécialisées dans les prochaines semaines. Il devrait coûter quelques centimes d’euro. Des expériences sont en cours pour adapter le concept aux seringues utilisées dans d’autres pays comme l’Angleterre, la Belgique, le Canada….

Le sterifilt peut être commandé a Apothicom.

Les poussières dues à l’injection intraveineuse

Un shoot suivi, un peu plus tard d’un mauvais frisson annonciateur. Ce sentiment de malaise diffus, suivi de nouveaux frissons. Puis ce mal de crâne de plus en plus lancinant. Les accès de fièvre et ce froid qui glace les os, ces tremblements…
Vite se couvrir. Grelotter sous les couvertures avec ce désespérant sentiment d’impuissance… et ces coups de gongs que chaque pulsation du cœur fait battre dans la tête. Puis les heures qui passent à souffrir,… souffrir, gerber, gémir, grelotter et… tenir…
Quel UDVI (Usager de Drogues par Voie Intraveineuse) n’a jamais fait de « poussière »? Et quelles conneries n’a t-on pas raconté à propos de ces poussières?
Que c’était un grain de poussière qui se baladait dans un ventricule! Qu’il fallait refaire un shoot d’eau par dessus pour diluer la fameuse poussière!… Et de scruter la shooteuse à la recherche de particules en suspension.

Qu’en est-il en réalité ?

La médecine ne connait pas encore trés bien le mécanisme des « poussières ». Les hypothèses à leur sujet, varient.
Une poussière correspond la plupart du temps à ce que les médecins appellent un choc anaphylactique, c’est à dire une réaction allergique face à une substance étrangère introduite dans l’organisme.. Très souvent il s’agit d’une bactérie invisible à l’oeil nu qui provoque une infection de l’organisme ou un empoisonnement du sang qui peut être apparenté à une petite septicémie.

D’ou proviennent ces bactéries ?

Un citron entamé depuis quelques heures se transforme très vite en un lieu d’accueil où prolifèrent de redoutables micro-champignons et autres microbes.
Souvent, pour faire un coton, on prend un morceau de filtre de cigarette que l’on roule entre le pouce et l’index en en faisant une petite boule. Si l’on ne s’est pas lavé les mains juste auparavent, il est évident que le coton sera plein de germes de bactéries.
Les vieux cotons, surtout s’ils ont été emballés, humides, dans une boîte à l’abri de l’air se transforment rapidement en un bouillon de culture regorgeant de moisissures microscopiques, staphylocoques, streptocoques et autres germes. Al’air libre, ça prolifère un peu moins vite. Pareil pour l’eau pas fraîche, les cuillères pas désinfectés….
Les résidus d’héroïne marron dans les cuillères que l’on reshoote parfois plusieurs fois sont également de merveilleux nids à microbes.
Les produits de coupage comme la strychnine, le talc (très mauvais pour le coeur)…. peuvent également provoquer des poussières.
L’héroïne de contrebande est souvent fabriquée sans aucune condition d’hygiène, dans des caves humides, des endroits cachés dans la jungle…..toujours pleins de germes. Une étude suisse a permis d’identifier près de 250 bacilles contenus dans 60 % de l’héroïne de contrebande. Ceci explique que micro-organisme responsable de la poussière peut également se trouver dans la dope. Souvent dans ces cas, ce sont des poussières pas très fortes mais qui chez certains, se manifestent à chaque shoot.
Notre peau et nos muqueuses sont également pleines de bactéries contre lesquels notre organisme est programmé pour lutter, C’est le système immunitaire qui s’en charge mais en cas d’infection par le VIH, celui ci est affaibli, de même que lors de mauvaises conditions de vie, de fatigue, de stress, d’une mauvaise alimentation….Toutes ces conditions peuvent favoriser les poussières.
Il arive que deux personnes shootent la même dope ou des cotons de la même origine et qu’une de ces deux personnes seulement fasse une poussière. Cela est essentiellement du au fait que l’une de ces deux personnes aura des défenses immunitaires plus fortes que l’autre.

Conséquences des poussières

Celles-ci peuvent varier d’intensité. Cela peut aller de quelques frissons avec mal de tête jusqu’à la crise spectaculaire durant une nuit entière avec fièvre de plus de 40°. On en sort toujours d’une poussière abattu, lessivé, courbaturé. Parfois le mal de tête persiste longtemps et il faut plusieurs jours pour s’en remettre. Une poussière peut également affaiblir l’organisme au point de déclencher d’autres pathologies (éruption d’herpès, mycoses, endocardites, complications pulmonaires…..

Sans doute qualifie-t-on parfois d’overdoses des décès qui sont en réalités des chocs anaphylactiques particulièrement violents chez des UD souvent affaiblis par le VIH.

Comment éviter les poussières ?

ASUD vous le redit, les mecs:

  •  Lavez vous les mains et nettoyez-vous la peau avec des tampons alcoolisés avant chaque shoot!
  • Ne manipulez pas les cotons avec les mains sales!
  • Faites gaffe aux cuillères. Désinfectez-les et ne les partagez pas!
  • Éviter de shooter des cotons et surtout ne gardez pas ceux-ci dans des boîtes hermétiques, ne sucez pas l’aiguille! (la bouche regorge de germes) N’utilisez jamais un citron entamé ou du vinaigre! (Le vinaigre est un vin fermenté)
  • Ne gardez pas la dope dans des endroits sales, chauds, humides ou mal aérés! Ça favorise les proliférations bacgtériennes.
  • Ne shootez pas de comprimés écrasés car ceux-ci contiennent souvent du talc, de la cellulose et d’autres excipients qui se resolidifent dans le sang.

Que faire et ne pas faire en cas de poussière ?

Ne pas reshooter par dessus. Qur ce soit de l’eau, de la dope où quoi que soit d’autre. Cela ne sert à rien et présente un gros risque d’augmenter la quantité de virus dans un organisme déjà affaibli, dont toutes les défenses sont mobilisées pour lutter.
Prendre de l’aspirine ou du paracétamol dès les premiers symptômes et, en cas de douleurs aigües, éventuellement un suppositoire de Viscéralgine. (pour la rapidité d’action)
Rester couché au calme, dans la pénombre, au chaud sous des couvertures.
En principe la phase aiguë avec fièvres, maux de tête, vomissement… ne dure pas plus de quelques heures. Si les symptômes persistent appelez un médecin d’urgence.
…Et sachez que l’héroïne peut également se fumer. Ça accroche autant, ça provoque également un flash… mais ça évite de choper le SIDA, une hépatite… les abcès, les overdoses et même … de faire des poussières.

La culture du tabac

A l’état sauvage il existe une soixantaine d’espèces de tabac dont le taux de nicotine varie de moins de 1% à 10% pour une variété sauvage chilienne
surnommée le tabac du diable. Mais le tabac cultivé est à 90% de la variété nicotiana tabacum, le reste étant de la variété nicotiana rustica. Le tabac est désormais cultivé dans le monde entier pour une production totale de 6 millions de tonnes/an dont une majeure partie sert à la fabrication de plus de 5000 milliards de cigarettes (dont 86 milliards seront consommées en France). *image plant de tabac En France, le tabac est cultivé sous haute surveillance ( les plants sont comptés ainsi que le nombre de feuille) et sa culture domestique n’est autorisée qu’à titre ornemental. 40 000 personnes vivent de la seule culture du tabac qui occupe 8300 hectares pour une production de plus de 25 000 tonnes.

Les semis s’effectuent début mars sous abri, et les jeunes plants sont ensuite transplantés dans les champs à mi-mai. Les plants sont ensuite étêtés pour obtenir de plus belles feuilles, seule partie de la plante utilisable pour la manufacture du tabac. La récolte se fait vers fin juillet, elle est généralement mécanisée, sauf pour quelques variété de moins en moins utilisées.
Selon le mode de culture et les sols utilisés il est possible d’agir sur le taux de nicotine de la plante

Produire son propre tabac n’est pas chose aisée et c’est interdit. Mais c’est néanmoins possible. La récolte nécessite des connaissances et le plus dur est d’obtenir un produit final propre à la consommation. Certaines variétés produisent plus de 200 gr de tabac sec par pied. Il existe un site internet très complet à ce sujet, offrant informations, graines et plan pour se bricoler son séchoir à tabac (www.seedman.com).

Tabac et réduction des risques

Modes de consommation

Si la façon la plus commune de consommer le tabac est de le fumer, on peut également le chiquer, le sucer ou le priser. Alors évidement vous hasardez pas à chiquer votre paquet de goldos ou à sniffer les camels de votre frangine. Le tabac doit être préparé pour être ainsi consommé. L’avantage est qu’on peut consommer partout sans gêner personne mais priser provoquerait des cancers des fosses nasales et chiquer des cancers de la bouche! Satané cancer, toujours en embuscade, prêt à nous tomber dessus dès qu’on dégaine un brin de tabac. Cependant le » tabac à sucer », en fait des gommes à la nicotine auraient démontré une certaine efficacité à faire décrocher de la cigarette.

En Suède le « snuss » est consommé par des millions de personnes et le pays a le plus faible taux de cancer de l’Europe. L’effet du « snuss » est décrit comme plus stimulant qu’une cigarette, et il est parait-il plus difficile d’arrêter. Une sorte de méthadone du tabac? Mais pas de bol le « tabac à sucer » est interdit en Europe, la Suède ayant obtenu seule une dérogation pour son snuss. Mais rien ne vous empêche (si ce n’est le bon sens!) de mastiquer vos patchs à la nicotine… ou plus raisonnablement d’en acheter via internet

Modes d’action

Fumer provoque une absorption très rapide ( moins de 5 secondes) dans le sang du principe actif du tabac la nicotine. L’effet est un peu plus lent quand il est chiqué ou priser. Un des principaux problème du tabac vient du fait qu’on le fume en général. Et inhaler de la fumée – quelle qu’elle soit – ne peut être bon, c’est du pur bon sens. Mais avec le tabac, ça se corse. La combustion d’une cigarette entraine la libération de plus de 4000 produits chimiques dont 50 cancérigènes, et ce sans compter les nombreux additifs que ne se privent pas d’utiliser les cigarettiers.
La nicotine, principal alcaloïde de la plante elle, est responsable de l’addiction et des effets du tabac. La nicotine est en réalité un poison des plus puissants. Une vingtaine de clopes infusées vous tue n’importe quel bonhomme. La nicotine est aussi responsable de l’effet psychostimulant du tabac. L’effet est de courte durée, mais il augmente la vigilance et la capacité de réflexion. La nicotine a aussi un effet antalgique (elle facilite la libération des endorphines) un effet éveillant, un effet coupe faim et un effet antidépresseur. Contrairement à l’alcool, la nicotine n’est pas neurotoxique, enfin une bonne nouvelle!

Tabac et réduction des risques

Si on a pu en France réduire sérieusement les nuisances liés à l’usage d’héroïne, en instaurant une politique pragmatique de réduction des risque pourquoi ne pourrait-on faire de même avec le tabac? Mais il est bien difficile d’obtenir des informations à ce sujet. Recherchez sur internet les mots clé tabac, cigarettes , réduction des risques et vous reviendrez bredouille ou presque. Aucun conseils pour éventuellement modifier sa consommation, qualitativement ou quantitativement. Rien, nada. Ou tu fumes et tu n’es qu’un sagouin de toxicomane, ou tu arrêtes et retrouve l’estime de la société. C’est la loi de l’abstinence comme solution unique, ce qui devrait raviver les souvenirs (pas les meilleurs) de pas mal de nos lecteurs. D’après les spécialistes, la durée de consommation serait un facteur bien plus déterminant que la quantité quotidienne consommée.
Alors ça, ça m’en bouche un coin: moi qui était tout fier de de plus fumer que 10 clopes par jour au lieu de 40 on m’explique maintenant que ça ne sert à rien! Avec ce raisonnement quelqu’un qui fume 2 à 3 clopes par jour depuis 40 ans serait plus intoxiqué que celui qui se tartine ses trois paquets jour mais entrecoupé de périodes d’abstinence serait frais comme un gardon! Je me demande parfois si c’est vraiment le tabac qui nous intoxique… La façon d’inhaler est déjà à coup sûr un facteur déterminant: selon qu’on aspire plus ou moins profondément et plus ou moins longtemps modifie forcément le degré d’intoxication. Il est est aussi recommandable de ne pas fumer ses cigarettes jusqu’au filtre, les dernières bouffées étant les plus toxiques. Idéalement il faudrait les écraser à la moitié, mais vu la cherté du produit cette recommandation risque fort de tomber à l’eau.
C’est comme avec la poudre: quand elle est chère les usagers ont tendance à se l’injecter, quand les prix baissent ils la fument. Aujourd’hui les consommateurs de tabac un peu fauchés (genre jeune, chômeur, RMIste, smicard) se rabattent sur le tabac à rouler. Je ne sais si le tabac à rouler est plus nocif que la cigarette classique, mais il est en général fumé différemment: souvent sans filtre, et en rallumant plusieurs fois la même cigarette ce qui est très mauvais! Au rythme ou filent les augmentations, il sera bientôt moins couteux de fumer du cannabis que du tabac!
Un outil comme le vaporisateur pourrait être intéressant pour consommer du tabac, mais bye bye la fumée et c’est un peu compliqué de se balader avec un vapo dans la poche! Quant aux cigarettes prétendument sans additifs elles seraient tout autant nocives que les autres, tout comme les beedies, ces petites clopes indiennes un temps à la mode. Les spécialistes disent qu’il faudrait arrêter de fumer au plus tard avant 44 ans (pourquoi pas 45?) pour peu à peu retrouver l’ espérance de vie d’un non-fumeur. Mais ça vous l’entendrez pas souvent, c’est pas bon pour la prévention! De toute façon les il est déjà démontré statistiquement que plus on avance en âge moins on fume: entre 20 et 29 ans 49% des hommes fument, ils ne sont plus que 18% entre 60 et 70 ans.

JI Air ( ASUD JOURNAL N° 26)

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