logo asud
Les blogs d'Asud
Drugs dream
le blog de bighorsse
Asud Loiret
le blog d'Asud Loiret
Lloigor-note
le blog de lloigor
Annuaire des dispositifs de réduction des risques
 Entrer un numéro de département :
ASUD n°49
Edito : Mangez-le…Faire encore du chiffre avec les droguésEt la drogue dans tout ça ?Putes et drogués : même combat pour l’accès aux droits ! Comment sortir du bois?Suboxone® subi ou Subutex® choisi ?L’envers du décor : la nouvelle campagne de prévention de l’Etat
ASUD n°48
ASUD n°47
Edito : Guerre à la drogue : la faute aux «ni-ni»
ASUD n°46
Les actes des Egus 6 : Drogues, économie et sécurité : que doit-on attendre de la loi ? (pdf)
ASUD N°45
Edito : Opium du peuple et paradis artificielsPeople : Jean-Luc à la strass*La Proposition 19 sur la légalisation de la marijuana
ASUD N°44
Edito : un pas en avant, vingt ans en arrièreLe spray nasal de cocaïne
ASUD n°43
Salle de consommation : un Ovni dans la réduction des risques« Les salles de consommation ne se feront pas sans les élus locaux »Salle d'injection de drogues : Lettre ouverte à M.Jean-Francois LamourUne expérience d'usager dans la salle de consommation de MadridSalle de consommation : revue de littérature internationale
ASUD n°42
Les actes des EGUS5 (pdf)
ASUD n°41
Edito : Trop forts ces Américains ! Carotte anglaise à la Mission XBTEntre les lignes
ASUD n°40
Edito : Vive le sida (à bas les hépatites) !Réduction des risques et prohibition : frères ennemis ou complices ?La croisade de l’onu contre la drogue
ASUD n°39
Edito, par Fabrice Olivet : Il est mort le poète !Descentes de police dans les établissements scolaires : les élèves traités en délinquantsPourquoi la Hollande et la Suisse font-elles marche arrière en matière de politique des drogues ? Expérience d'un sevrage UROD (Ultra Rapid Opiate Detox)Les origines de l’opium en ChineLa double face d’Olive, le psy des toxicos !
ASUD n°38
Edito, par Pierre Chappard : 15 ans de réduction des risques, tout changer pour que rien ne change ?
ASUD n°37
Edito par Fabrice Olivet : le planplan de la MILDTLe Suboxone®, c'est pour bientot !
ASUD n°36
Edito, par Pierre Chappard : Y a t-il un intervenant pour sauver la réduction des risques ?
Anthologie des textes qui ont marqué Asud
N°8 : Le pipi qui trahitN°12 : RottercamN°15 : Un sérieux coup de pompeN°24 : L'injection intraveineuse de substances psychoactives

Edito Asud Journal 39 : Il est mort le poète !

Ecrit par Fabrice Olivet
Le 10 avril 2009

L’héroïne, la drogue maudite des années 80, est revenue en force dans l’actualité. Entre le 20 janvier et le 02 février, un décès par overdose et 49 personnes dans le coma ont été signalés en région parisienne.

En cause, une mystérieuse « héroïne frelatée » achetée sur deux sites de la périphérie, la bien-nommée cité des Poètes à Pierrefitte, et le Clos-Saint-Lazare à Stains. À quelques jours de la mort de Claude Olievenstein (voir p. 16), c‘est un clin d’oeil déplaisant adressé par la Camarde à nos emballements médiatiques. En 40 ans de guerre à la Drogue, plusieurs substances ont été transformées en chiffon rouge par la presse grand public. La marijuana dans les années 70, puis le LSD, l’héroïne bien sûr, l’ecstasy, le crack et même dernièrement, le cannabis. À chaque fois, un discours policier ou médical, fortement teinté de moralisme, vient cautionner l’inquiétude des familles françaises, sans jamais aborder le point essentiel : Comment agissent les « victimes de la drogue » ? Quelles sont leurs attentes en choisissant tel produit plutôt que tel autre ? Quelle est la « cuisine » de l’usage au quotidien ? Quelles techniques sont utilisées pour sniffer, fumer ou shooter tel ou tel produit ? Autant de questions qui, prises eu sérieux par les pouvoirs publics, auraient fourni en temps utiles des informations pour réduire les risques.

Reste une question de fond. Accepter de s’intéresser sérieusement à la dynamique culturelle des drogues dans un but préventif suppose de parier que les « toxicomanes » sont capables d’influer sur leur destin, qu’ils ne sont pas indifférents à l’idée de la souffrance et de la mort, et surtout qu’ils sont accessibles à des messages de santé publique, dès lors que ces derniers leur semblent crédibles. Par exemple fin janvier, justement. Avons-nous tenté d’informer les potentiels acheteurs d’héroïne ? Avons-nous communiqué sur la couleur et le type de poudre incriminée ? Brune ? Blanche ? Une de ces dopes qui gélifient dans la cuillère ? Doit-on éviter de la chauffer si cela risque d’accélérer l’adultération toxique du produit ? Était-elle irritante par voie nasale ? À fort goût d’éther quand on la shoote ? Hélas, comme toujours, priorité a été donnée à l’interrogatoire policier, avec pour unique objectif d’arrêter le ou les « méchants dealers » (voir p. 4), voire – une illusion récurrente des forces de répression – de réussir un jour à agrafer le dealer ultime : celui qui fabrique et vend la Drogue.

Quinze années de réduction des risques liée à l’usage des drogues pour en arriver là. Seule la catastrophe de l’épidémie de sida aura temporairement bousculé les certitudes hypocrites en ouvrant un petit espace d’autonomie pour les usagers de drogues injecteurs qui peuvent (encore) acheter des seringues stériles. Du « drug, set and setting », le triptyque olievensteinien, il ne reste que le drug. C’est toujours la Drogue que l’on combat, c’est autour des performances chimiques des produits de substitution que se mobilise le lobby médical, c’est bien la drogue et seulement la drogue qui intéresse les policiers et les juges qui contrôlent, placent en garde à vue, emprisonnent. Le reste est tabou. Que le nombre de consommateurs récréatifs augmente avec la même célérité que les arrestations depuis 40 ans ne gêne, semble-t-il, personne. Que la grande majorité des consommateurs aient comme priorité n°1 d’échapper à la fois au soin et à la police ne bouscule aucune certitude. Attendons, continuons de faire l’autruche ne sortant la tête du sol qu’au fil des drames sanitaires, sida, hépatites, overdoses. La boulimie française de psychotropes légaux ramenée à notre leadership européen en matière de répression est une schizophrénie que nous finirons par traiter, la question est de savoir comment. Avec une législation rajeunie ou avec encore plus de médicaments
S'abonner au journal d'Asud ou commander les anciens numéros
Le bon de commande Les anciens numéros
Ou trouver le journal d'Asud ?
En France A l'étranger
Les numéros précédents (pdf)
N°48 - Rêves de comptoir : Substitution, Chasser le Dragon, Baclofène N°47 - Ces auteurs qui dénoncent la prohibition : Manger sa dope, Cannabis N°46 : Actes des EGUS_6 : Drogues, économie et sécurité : que doit-on attendre de la loi ? N°45 : Légalisation, dépénalisation, régulation N°44 : La loi de 70 a 40 ans N°43 : Les salles de consommation à moindre risque N°42 : Actes des EGUS_5 N°41 : Cannabis thérapeutique : comment briser les tabous ?' N°40 : La guerre à la drogue N°39 : Descentes de 'prévention' N°38 : Best Of des 15 premiers numéros N°37 : Les enfants d'Hofmann N°36 : La méthadone gélule N°35 : Dossier : Accroches visuelles N°34 : Dossier : Les consultations cannabis N°33 : Femmes et consos N°32 : 'Députés, lachez-nous les baskets !' N°31 : Salles de consommations : et la France ? N°30 : Spécial Etats Généraux des Usagers de la Substitution N°29 : L'absinthe, miroir de la socièté N°28 : Dossier prisons N°27 : Asud dans le Triangle d'Or N°26 : OD de coke, Cannabis-fiction... N°25 : 60 ans de LSD N°24 : Asud, 10 ans N°21 : Dossier : Alcool et drogues N°20 : Spécial Substitution N°18 : Spécial Hollande N°17 : Dossier : la substitution n'est pas une science exacte N°16 : Spécial Europe N°13 : Retour au 'speed' N°4 : Eté 1993 N°3 : Hiver 1993 N°2 : Automne 1992 N°1 : le premier journal d'Asud en 1992