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Les salles de consommation à moindre risques s'invitent dans les élections danoises. Et en France ?

Communiqué de presse du Réseau Français de Réduction des Risques

Suite à l'ouverture de deux salles d'injection mobiles à Copenhague, le Réseau Français de Réduction des risques demande aux candidats aux élections présidentielles de se positionner sur le sujet.

« Nous savons que nous pouvons sauver des vies, mais le parlement ne veut pas aider les usagers de drogue à une vie plus décente. » Cette phrase est de Michael Olsen Lodber, entrepreneur social et président de Foreningen Fixerum, qui vient d'ouvrir deux salles d'injections mobiles à Copenhague, malgré l'opposition de principe du parlement et du gouvernement danois. Lors d'une rencontre cet été, Michael Lodberg nous avait informé de son projet et de la résistance du gouvernement, alors même qu'il bénéficiait d'un appui des policiers locaux et des autorités municipales.

La ressemblance avec le paysage politique et sanitaire français est étonnante. Une municipalité, Copenhague, qui, devant la violence et la misère des scènes ouvertes, adopte une démarche pragmatique et humaniste, et soutient la mise en place de salle d'injection (comme Paris ou Marseille). Un gouvernement et des parlementaires qui s'y opposent, d’autres qui y sont favorables, le tout dans un contexte d'élection nationale.

A Paris le 19 mai 2009, nous avions installé une salle de consommation de "démonstration", sans la faire fonctionner réellement, pour alerter les pouvoirs publics sur cette situation d'urgence dans les grandes villes françaises. A Copenhague, devant la surdité et l'aveuglement du gouvernement et du parlement danois, et contre le laxisme et l'absurdité d’une approche exclusivement répressive qui ne résout rien, Mickael Olsen et Foreningen Fixerum, ont décidé de passer outre l'interdit et d'ouvrir deux salles d'injections mobiles à Copenhague.

Dans le contexte électoral français, cette action repose les questions du devenir des salles de consommation en France, de l'évolution possible des réponses aux problèmes d’addiction, et de la mise en œuvre d’une politique réduction des risques pragmatique donc adaptée.
Ceux qui confondent un principe légitime  (défendre une société qui ne ferait pas de l'abus de drogues un idéal de vie) avec les dogmes du modèle unique de comportement (l’abstinence), du système de soins unique (le sevrage), et de la réponse unique (la répression), resteront-ils les seuls à décider.
Pourrons nous discuter avec des politiques enfin conscients que ces dogmes n'ont pas freiné l’augmentation des usages, mais au contraire accentué les tensions, les problèmes de sécurité et les problèmes de santé des usagers, et chercher ensemble une réponse plus équilibrée, ouvrant des issues tout en posant des règles claires ?

Le PS qui a déjà manifesté son soutien aux salles de consommation, s'engagera t-il pendant la campagne, comme les sociaux-démocrates danois, à ce que les salles de consommation soient une de leur première mesure d'urgence ? Eva Joly a déjà dit combien les salles de consommation constituent un outil important de sa politique des drogues. En est il de même pour les candidats à la primaires socialistes ? Une droite humaniste et réaliste, présente à l'UMP, soucieuse de résoudre les problèmes de nos concitoyens plus que de défendre des dogmes abstraits, saura-t-elle se faire entendre ?

Devant la misère et la violence des scènes ouvertes dans les grandes villes française, devant l'augmentation continue des overdoses depuis 5 ans, mais aussi devant une épidémie d'hépatites C hors de contrôle qui fait des milliers de morts et devant l'augmentation de l'héroïne, l'explosion de la cocaïne et du crack, nous demandons aujourd'hui à tout les candidats aux élections présidentielles de se positionner non seulement sur les salles de consommations, mais aussi sur le développement nécessaire de la politique de réduction des risques.

Contact presse : Pierre Chappard – Tel : 06 63 55 65 54
Pour contacter Mickael Olsen, contacter Pierre Chappard

>>A Copenhague, les toxicomanes fixent dans l'ambulance





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