Musiques et drogues comme moyens de résistance dans la culture noire

écrit par Florian, le 13-12-2018

DATE & LIEU :

Jeudi 13 décembre 2018 Théâtre l’Echangeur, 59 Avenue du Général de Gaulle, 93170 Bagnolet

17h à 20h : Des champs de  coton aux cités de banlieue: musique et drogues comme moyens de résistance dans la culture noire.

20h-21h : Pause détente et convivialité, bar et restauration sur place

21h-Minuit : Projection du film « Les Etats-Unis et la drogue : une guerre sans fin », d’Eugène Jarecki (2009), suivie d’un débat

PRÉSENTATION DU SÉMINAIRE :

17h-20h DES CHAMPS DE COTON AUX CITÉS DE BANLIEUE : MUSIQUES ET DROGUES COMME MOYENS DE RESISTANCE DANS LA CULTURE NOIRE

Les prohibitions des drogues et les contre-cultures sont intrinsèquement liées. L’une a nourri l’autre. La prohibition de la marijuana aux Etats Unis, en 1937, visait les Latinos, accusés par-là de comportements paresseux. De même la répression des consommateurs d’héroïne dans les années 1940-1980, puis du crack au cours des dernières décennies, a eu dans le collimateur les Noirs américains, accusés d’être des mauvais travailleurs après avoir été des mauvais esclaves, s’adonnant à la musique, à la danse et au sexe. Ces mêmes accusations ont été à la base des lois de 1970, aux Etats Unis et en Europe, punissant de prison les simples consommateurs de drogues interdites : des lois qui visaient en particulier à punir les hippies, ces perturbateurs de l’ordre social et moral, porteurs d’une contre-culture. Paix et amour au lieu de guerre et inimitié, solidarité fraternelle au lieu d’égoïsme, communauté ouverte au lieu d’enfermement sur soi.

INTERVENANTS :

Georges Lachaze, administrateur d’ASUD : « Le Hip-Hop, la contre-culture et l’usage de produits psychoactifs »

Bertrand Lebeau Leibovici, médecin addictologue : « La musique et les drogues : du rock au rap »

Seär lui même, rappeur (Label L’Or Noir) : « Le rap dans la vraie vie »

Solo, rappeur : « Le prosélytisme stupéfiant dans le Hip-Hop »

 

Georges Lachaze  : Administrateur d’ASUD. Auteur de la série d’articles sur le sizzurp, « Hip-Hop : le sirop de la rue », dans ASUD Journal. Ancien travailleur social dans des programmes de Réduction des Risques liés aux usages de drogues et aux IST. Hip-Hop head et beatmaker.

Né en 73 dans le South Bronx, le Hip-Hop ouvre son micro aux sans voix. À l’origine mouvement contre-culturel revendiquant l’expression artistique comme alternative à la violence des gangs, au trafic et à la consommation de stupéfiants, le Hip-Hop va devenir un phénomène culturel de masse et une industrie multimilliardaire. Sur les murs, derrière des platines, sur un carré de lino ou micro en main, ce sont plusieurs générations à travers le monde qui extériorisent sans filtre la réalité de leur quotidien : les violences policières, socio-économiques, conjugales, criminelles, les injustices, les discriminations, l’abandon aussi bien que les potes, le sexe et la fête. Les dopes font rapidement parti des sujets récurrents et sont abordées différemment selon les lieux et les époques. Des projects des 5 boroughs new-yorkais, aux palmiers des ghettos californiens en passant par le Dirty South post-ségrégationniste et les quartiers de France, revue des rapports ambivalents entre Hip-Hop et produits psychoactifs.

Bertrand Lebeau Leibovici : médecin addictologue dans deux hôpitaux franciliens. Secrétaire d’Asud (Auto Support des Usagers de Drogues). Il présente quelques réflexions sur les liens entre musique et drogues à partir de celle qu’il écoutait dans les années 70 (rock) et de celle qu’écoute aujourd’hui son fils (rap).

Seär lui même : rappeur label l’or noir. Il nous parlera de la manière dont le rap développe les capacités d’adaptation à différents univers sociaux (CSP, rural/urbain, milieu professionnel). Il parlera aussi de sa mission d’enseignement des arts de rue auprès des 16-22 ans.

Solo : DJ, acteur, rappeur, producteur et vice-champion du monde de Jiu-jitsu, Solo est inclassable. Du terrain vague de la Chapelle aux micros de Radio Nova, Solo est un pionnier du mouvement Hip-Hop. De la danse avec les Paris City Breakers au rap avec Assassin, en passant par la réalisation de la BO de La Haine, il a contribué à importer et populariser cette culture en France, en lui donnant une identité propre.

Le prosélytisme stupéfiant dans le Hip-Hop. Né de la misère sociale, le Hip-Hop adopte une posture positive, solidaire, éducative et festive à la fois. A une époque où les ghettos américains et les quartiers populaires français sont décimés par les overdoses, les rappeurs affichent le visage de la sobriété et prônent l’abstinence avec des textes dissuasifs énumérant les méfaits des drogues. Générations après générations au cours de sa globalisation, le discours a évolué. Sacralisation de la figure du dealer et de son imagerie gangsta violente, popularisation actuelle des paradis artificiels, les psychotropes divisent la communauté. De la Zulu Nation à la culture populaire dominante, de l’épidémie d’héroïne des 80s à celles des opioïdes aujourd’hui, de « The Message » à « Mask Off », Solo livre la vision d’un MC qui a traversé ces époques.

ORGANISATEURS :

  • Vincent Benso, membre de Techno +
  • Béchir Bouderlaba, juriste, NORML France
  • Mariana Broglia de Moura, anthropologue, doctorante à l’EHESS
  • Christian Chapiron (Kiki Picasso), artiste
  • Renaud Colson, juriste, MC à l’Université de Nantes
  • Anne Coppel, sociologue, présidente honoraire d’ASUD
  • Bertrand Lebeau Leibovici, médecin addictologue
  • Julia Monge, anthropologue, doctorante à l’EHESS
  • Fabrice Olivet, directeur de l’Auto Support des Usagers de Drogues (ASUD)
  • Alessandro Stella, historien, directeur de recherche au CNRS

ASSOCIATIONS PARTENAIRES :

ASUD, Techno +NORML, avec le soutien d’Apothicom

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1 Commentaire

  1. Fréd Navarro

    Merci de m’assurer de mon inscription ?

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