SÉMINAIRE EHESS 2017-2018 : Thérapies avec drogues psychédéliques

écrit par Florian, le 14-12-2017

Les plantes psychédéliques ont été utilisées un peu partout dans le monde à différentes fins. Divers peuples ont attribué à peyotl, san pedro, ayahuasca, iboga, amanite muscaria, champignons psilocybes, des vertus heuristiques et thérapeutiques, tant du corps que de l’âme.

Souvent associées à des rituels chamaniques, on a accordé à ces plantes la faculté de mise en relation avec les dieux : « les plantes des dieux ». Récemment, ces cultures traditionnelles ont fait l’objet d’une découverte « occidentale et moderne » des potentiels curatifs de ces plantes, engendrant même une ruée vers l’ayahuasca amazonienne.

Aussi, ces plantes psychédéliques et leurs dérivés synthétiques, tous inscrits au tableau noir de la prohibition des stupéfiants et classés comme hallucinogènes, font de plus en plus l’objet d’études neuro-psycho-pharmacologiques. De fait, selon la posologie utilisée, ces plantes et molécules ont des effets variés, allant du simple stimulant et coupe-faim, à l’émerveillement des sens jusqu’à l’ouverture des « portes de la perception ».

Pour nous en parler et en discuter, nous avons invité notre collègue ethnologue Sébastien Baud, observateur des peuples d’Amazonie, Martin Fortier, philosophe, et Samir Boumediene, anthropologue et historien.

Lieu

Amphithéâtre de l’EHESS, 105 bd. Raspail, 75006 Paris

Horaires

17h à 20h

 Date

14 Décembre 2017

Les intervenants

Sébastien Baud est ethnologue, chercheur associé à l’Institut d’ethnologie de Université de Neuchâtel et à l’Institut français d’études andines (CNRS, Lima, Pérou). Il a enseigné à l’université de Strasbourg et de Neuchâtel. Il travaille dans les Basses et Hautes Terres de l’Amérique Latine, notamment avec les Awajun (famille linguistique jivaro, Pérou) et les populations de langue quechua de la région de Cuzco (Pérou). Ses recherches portent sur les plantes psychotropes, les pratiques de gestion de l’aléatoire, les chamanismes, la transmission des savoirs, l’autochtonie, les dynamiques ré-appropriatives en milieux urbain et le tourisme chamanique. Il est l’auteur de Faire parler les montagnes, Initiation chamanique dans les Andes Péruviennes (Armand Colin, 2011) et a codirigé le collectif Des plantes psychotropes, Initiations, thérapies et quêtes de soi (en collaboration avec Christian Ghasarian, Imago, 2010). Un second volume, intitulé Histoires et usages des plantes psychotropes, paraîtra au printemps 2018, aux éditions Imago également.

 

Martin Fortier est doctorant en philosophie et en sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod (EHESS/ENS) et étudiant-chercheur visitant au département d’anthropologie de l’Université Stanford. Ses recherches portent d’une part sur les interactions entre processus neurobiologiques et culturels au sein des expériences hallucinogènes, ainsi que les implications de ces expériences en philosophie de l’esprit et de la perception ; et d’autre part sur les questions de catégorisation, d’ethnobiologie, et de raisonnement dans les cultures indigènes amazoniennes (en particulier les cultures shipibo-konibo et huni-kuin d’Amazonie péruvienne). Il est par ailleurs membre du groupe de recherche ALIUS (collectif consacré à l’étude naturaliste des états modifiés de conscience). Page personnelle : https://sites.google.com/site/martineliefortier/

 

Samir Boumediene est chargé de recherches à l’Institut d’histoire des idées et des représentations dans les modernités (UMR CNRS 5317). Il a publié en 2016 un ouvrage intitulé La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750). Au croisement de l’histoire, de l’anthropologie et de l’épistémologie, il mène des recherches sur la relation aux plantes et aux animaux, sur les enquêtes et les questionnaires, ainsi que sur la notion de « découverte ».

 

Organisateurs

  • Mariana Broglia de Moura, anthropologue, doctorante à l’EHESS
  • Renaud Colson, juriste, MC à l’Université de Nantes
  • Anne Coppel, sociologue
  • Bertrand Lebeau, médecin, membre de SOS Addictions
  • Julia Monge, anthropologue, doctorante à l’EHESS
  • Fabrice Olivet, directeur de l’Auto Support des Usagers de Drogues (ASUD)
  • Alessandro Stella, historien, directeur de recherche au CNRS

 

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