SÉMINAIRE EHESS 2017-2018 : Ça me fait du bien, les drogues comme solution à des problèmes

écrit par Jerome, le 12-10-2017

Pour cette troisième année du séminaire transdisciplinaire et transuniversitaire sur les drogues, nous avons choisi comme thème général les usages de psychotropes afin de trouver une solution à des
problèmes. En effet, la pensée dominante, officielle et institutionnalisée ne voit dans la
consommation de drogues que des problèmes (sanitaires, sociaux, policiers). Il y a plus : la loi nous
impose l’obligation de parler exclusivement en négatif des drogues, leur présentation sous un jour
favorable étant passible de poursuites pénales et financières.

Or, personne ne nie que les drogues, toutes les drogues, qu’elles soient vendues sur le marché noir,
en pharmacie ou à l’épicerie, peuvent provoquer des problèmes de toute sorte chez les
consommateurs. En même temps nous sommes dans l’obligation de constater que dans les sociétés
traditionnelles comme modernes des millions de personnes ont recours à des psychotropes comme
solution à des problèmes.

Fumer de la marijuana pour se détendre, sniffer de la cocaïne pour se revigorer, manger des champignons psilocybes pour éprouver des sensations inconnues et plaisantes : l’offre variée de plantes naturelles et de substances synthétiques rencontre la demande des différents usages thérapeutiques des psychotropes. Et si le cannabis dit thérapeutique peut être utile dans certaines maladies physiologiques, le cannabis dit récréatif peut être une solution pour des problèmes de stress, de sociabilité ou de manque d’imagination.

Mais la question des drogues continue d’être sous le signe de la schizophrénie culturelle et
législative. Si l’Etat, le corps médical et tout un chacun considère normal qu’on puisse consommer
des opiacés, des stimulants, des antidépresseurs et des anxiolytiques vendus en pharmacie, afin de
soulager des douleurs physiques ou mentales, l’interdiction et l’opprobre continuent de peser sur
des substances qui répondent aux mêmes besoins, mais qui restent illégales. La vague actuelle
d’overdoses aux opiacés sur prescription aux USA est symptomatique de cette contradiction
flagrante dans les politiques publiques en matière de drogues.

Lieu

Amphithéâtre de l’EHESS, 105 bd. Raspail, 75006 Paris

Horaires

17h à 20h

Date

12 octobre 2018

Organisateurs

  • Mariana Broglia de Moura, anthropologue, doctorante à l’EHESS
  • Renaud Colson, juriste, MC à l’Université de Nantes
  • Anne Coppel, sociologue
  • Bertrand Lebeau, médecin, membre de SOS Addictions
  • Julia Monge, anthropologue, doctorante à l’EHESS
  • Fabrice Olivet, directeur de l’Auto Support des Usagers de Drogues (ASUD)
  • Alessandro Stella, historien, directeur de recherche au CNRS

 

« Ça me fait du bien » : les drogues comme solution à des problèmes
Alessandro Stella, historien, DR au CNRS : « Introduction : ‘ça me fait du bien’, usages thérapeutiques des psychotropes »

François-Rodolphe Ingold, psychiatre et anthropologue : « Le cannabis et les pharmacopées
contemporaines »

Marcos Garcia de Teresa, anthropologue, doctorant IRIS : « ‘No es delito, es deleite’. Usage profane
et consommation rituelle des champignons psilocybes dans la sierra mazateca au Mexique.

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