Techno+ perquisitionné et saisi. Que penser ?

écrit par Techno+, le 09-12-2016

L’association Techno + a fait l’objet d’une opération policière le mercredi 30 novembre dernier. Afin d’informer tous ces partenaires et membres, l’association a fourni le communiqué de presse ci-dessous le 9 décembre :

Communiqué du 9 décembre 2016 à 13h00

Depuis le semaine dernière vous êtes nombreux à vouloir en savoir plus sur les suites de
l’opération policière à notre encontre le mercredi 30 novembre. Nous aussi nous aimerions bien
en savoir plus mais en attendant voilà ce que nous aimerions vous dire :

Au mouvement tekno

La gendarmerie a perquisitionné les locaux de Techno+ lors de la réunion hebdomadaire des
volontaires. Ils étaient une quinzaine ce soir-là à voir, incrédules, débarquer une vingtaine de
gendarmes hurlants, fusils d’assaut en joue. Après avoir menotté et fouillé les présents, les
gendarmes se sont appliqués vainement à chercher un « laboratoire » clandestin : bredouilles, ils
sont repartis avec sept grammes de cannabis et deux de nos collègues ont fini en garde à vue
puis relâchés 48h plus tard.

Nous sommes tous sous le choc de la disproportion de la violence que cette opération a
déclenchée.

Au delà du cadre classique de la loi, c’est bien à notre sens les préjugés qui entourent le milieu
tekno qui ont permis aux enquêteur de dresser un scénario fantasmé validé par un juge
d’instruction !

Rave On !

À nos partenaires

Parce que le tissu associatif de la réduction des risques et de la santé communautaire est un outil
efficace au regard de la politique des drogues et inscrit dans le code de Santé Publique, notre
action se déroule au plus proche des amateurs de substances psychoactives.
Parce que la participation des personnes à leurs propres stratégies sanitaires est un objectif
reconnu et recherché, nous sommes confrontés à la présence permanente de consommateurs.
Rassurés par l’anonymat, la confidentialité et le non-jugement, ils viennent à techno+
s’informer, participer et s’entraider.
Si un opérateur de la réduction des risques (RdR) est la cible d’une opération policière, il nous
semble que celle-ci devrait être autrement fondée que sur la méconnaissance flagrante de la
RdR, voire pire sur des préjugés envers les acteurs qui l’incarne, comme nous le laisse supposer
l’enquête qui a mené à la perquisition de nos locaux.
C’est pourquoi nous nous inquiétons de l’influence sur les décisions de la justice et de la police
qu’ont pu avoir la nature RdR de notre action et son cadre d’intervention en milieu festif Tekno.
Nous alertons nos partenaires : les associations de santé communautaire sont plus faciles à
attaquer que d’autres structures plus connues, plus labellisées, plus grandes ou mieux
organisées mais elle sont au cœur de la RdR !
Solidairement.

À nos financeurs

L’éthique de l’association a toujours permis depuis 20 ans de faire face aux questions qui se
posent pour nos volontaires entre vie personnelle et engagement associatif. Le soutien des
institutions qui nous financent depuis toutes ces années est pour nous une précieuse
reconnaissance de ce travail au plus près du terrain et des personnes concernées.
Bien qu’à ce jour les seuls éléments fournis par la justice permettent de lever tout doute quant à
la probité de l’association, des outils de travail indispensables saisis lors de la perquisition ne
nous ont toujours pas été rendus. Nous ne pouvons plus faire d’intervention de terrain faute de
véhicule et nous n’avons plus accès à certains documents de gestion courante.
Si nous comprenons bien que la temporalité de la justice n’est pas la même que celle de notre
action sanitaire, nous comprenons mal que notre mission soit mise en danger alors que le
dossier l’incriminant s’est effondré.
En espérant compter une nouvelle fois sur votre soutien dans cette épreuve.

À tout le monde

Nous vous remercions chaleureusement de tout les soutiens que nous avons reçu, en région, au
national et en Europe ! Nous demandons aussi à tous de garder calme et sérénité : notre
engagement reste intact et nous savons que nous sortirons lavé de tout soupçons grâce à
l’examen des faits. Il faut laisser la justice ‘faire son travail’ comme on dit et ne pas nourrir les
conjectures les plus enflammées.
Néanmoins, nous restons sur le qui-vive et regardons minutieusement quelles seront les suites
de cette affaire qui vient ébranler la relation privilégiée que nous avons réussi à établir au fil des
années avec les amateurs de produits psychoactifs et les acteurs du mouvement tekno. Quel
paradoxe de remettre en question ainsi la santé communautaire, qui est le fondement de la
politique de réduction des risques, 11 mois seulement après la loi de Santé qui en consacre les
principes !
A très bientôt !

 

L’équipe de Techno+

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


− deux = 2

Aucun Commentaire