« Merdo dis leurs »

écrit par Marc Dufaud, le 03-10-2014 Thème : Jeunes, A-Kroniks.

La drogue aux enfants ?? Pas pour la leur donner, non pour leur expliquer… Pour leur expliquer quoi ? C’est le sujet du dossier de ce numéro d’ASUD journal, et le moins qu’on puisse dire, c’est que le sujet est… complexe !

Comment s’y prendre ? Ça fait des décennies que le sujet est brûlant. La drogue expliquée aux enfants, donc… Il faut commencer tôt avec des livres éducatifs. Alors, pourquoi pas Martine en Colombie, Le Club des cinq démantèle le cartel des drogues, Oui Oui et la poudre magique, Titeuf qui dit merde aux dealers, ou Sponge Bob et les marchands d’eau pium ?

On a déjà Coke en stock. Mais le titre est un faux ami puisque Tintin se retrouve aux prises avec des trafiquants d’esclaves. En revanche, la cocaïne est au centre de l’album Les Cigares du pharaon, Tintin se faisant même serré pour en avoir transporté à l’insu de son plein gré. Ça n’a pas échappé aux tintinophiles, la drogue est un sujet récurrent pour Hergé. Rastapopoulos, le super méchant, est un ponte du trafic de drogue. Dans Le Crabe aux pinces d’or, il est question d’opium, opium traité sous un jour culturel dans Le Lotus bleu avec ses fumeries !

Tintin se drogueEt on peut également évoquer les crises de delirium tremens du capitaine Haddock. On se souvient qu’au cours de l’une d’entre elles, Haddock sérieusement en manque fut à deux doigts de commettre l’irréparable, ses hallucinations lui ayant fait confondre Tintin avec un tire-bouchon ! On a frôlé la catastrophe ! Tu t’es vu quand t’as pas bu ??

Mon père avait une explication « underground » à la propagation de la came dans les années 80. Le grand responsable était selon lui… Nounours ! Oui, le gentil Nounours, l’ami de tous les gosses des années 60, 70 et 80 ! C’est lui qui nous avait foutu dans la merde ! Sa génération, la mienne, entre autres, y avait droit chaque soir, à Nounours, avant d’aller se coucher. Et que faisait-il du haut de son bateau volant au-dessus de Paris, ce bon gros Nounours ? Il nous balançait sa poudre magique. Elle avait le pouvoir d’endormir Pimprenelle, Nicolas et tous les gentils enfants que nous étions en nous promettant ainsi de faire de beaux rêves.

On a pris ça pour argent comptant – si c’était pas un message subliminal ça !

martine-lsdDrogue et enfance, sujet brûlant donc, la preuve : connaissez-vous Blue Ivy Carter ? Les plus people savent qu’il s’agit du prénom du bébé de Beyonce et de Jay-Z. Les plus… informés (?) expliqueront que c’est désormais aussi le nom d’une nouvelle drogue californienne. Hommage de dealers californiens au couple le plus célèbre des USA ! Un hommage dont ces derniers se seraient sans doute bien passés.

Forcément, le sujet touche de façon bien plus personnelle lorsque l’on a soi-même des enfants.

martine-spacecakeIl y a trois ou quatre ans, je me souviens être tombé par hasard sur un petit film qu’avaient réalisé mon fils et ses potes alors âgés de 10 ou 11 ans. Pour une fois, plutôt que de jouer à la Wii, PSP, PlayStation, ils avaient tourné une petite fiction avec leur tel portable – la scène principale était… stupéfiante ! On y voyait l’un de ces gamins que je connaissais depuis la maternelle incarner le rôle du « junky » et reproduire face caméra une scène de shoot. Non seulement l’idée de « jouer au tox » était en soi surprenante mais le réalisme de leur séquence avait quelque chose de troublant – ils n’avaient omis quasi aucun détail, jusqu’au garrotage du bras. Si un stylo symbolisait la shooteuse (quand même !), pour le reste, cérémoniel et tout le bastringue, la reconstitution était criante de vérité.

martine-crackÇa m’a pas spécialement inquiété ni choqué, mais un peu déconcerté. Ce quim’intéressait, c’était de savoir où ces gosses avaient été choper toutes ces infos. Je savais bien que ça ne venait pas de moi, je suis pas du genre prosélyte, encore moins un adepte du « la drogue, parlons-en mon fils ».

Oh, fallait pas aller chercher très loin : difficile pour un môme d’échapper à ça ! Notre époque, notre culture exhale la came ! Certes, l’argument est largement utilisé par des gens comme les scientologues et autres ligues plus ou moins réactionnaires. Mais que ça plaise ou non, c’est quand même une évidence. Constat commun ne signifie pas adhésion.

fantomette ecstasyParce que quand chaque jour aux heures de grande écoute, les animateurs télé, à commencer par ceux des jeux télé, ne ratent jamais une allusion à la consommation de cannabis, alliant le geste à la parole (« vous avez fumé la moquette » et autres « faut arrêter la fumette »), quand on n’évoque pas « un bon rail de coke » (cf le 3 juillet sur Equipe21, émission L’Équipe du soir). Finalement, ces émissions sont un baromètre assez intéressant pour mesurer la façon dont ces drogues sont entrées dans le paysage. Banales et banalisées !

Ça me dérangerait pas plus que ça si les mêmes « promoteurs » faisaient au moins montre, à défaut d’un peu moins d’hypocrisie, d’un peu de cohérence. Il faut les voir se métamorphoser en pères la morale à chaque fois qu’il est question d’alcool et nous servir le sempiternel « on rappelle, Gérard, l’alcool, avec modération ».

L’art du grand écart ! Au prétexte que tout ça n’est pas sérieux ?

Les problèmes de drogues chez Winnie l'Ourson

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