Baisse de la « qualité » de la cocaïne : attention aux produits de coupe !

écrit par ASUD, le 19-09-2013 Thème : Cocaïne, Analyse, Alerte.

Drogue-Info-Service

Cet article est la synthèse de 2 actualités publiées initialement sur drogues-info-service.fr : site d’informations et de dialogue sur l’alcool, les drogues et les dépendances.

Dans la dernière publication des tendances récentes sur les usages et le marché de la drogue en France [Tendances n°86, juillet 2013], l’Observatoire Français des Drogues et de la Toxicomanie (OFDT) attire l’attention sur une dégradation de la « qualité » de la cocaïne en circulation.

En 2011-2012 la cocaïne a beaucoup circulé en France. Cependant, les échantillons analysés pendant cette période contenaient moins de cocaïne que les années précédentes : entre 10 et 20% du poids contre environ 30% avant. Paradoxalement, dans le même temps, les prix du gramme de cocaïne augmentaient.

L’image de la cocaïne auprès des usagers ne semble cependant pas en souffrir et reste globalement positive. Seuls les usagers expérimentés des espaces festifs s’y déclarent sensibles et sont tentés de se détourner vers d’autres drogues.

La baisse de la concentration en cocaïne est compensée par une augmentation des produits de coupage associés. Trois d’entre eux, parmi les plus souvent retrouvés pour couper la cocaïne, ont attiré l’attention pour leur dangerosité particulière : le lévamisole, la phénacétine et la lidocaïne.

Risques du lévamisole

Le lévamisole est un vermifuge qui a aussi une action stimulante sur le système immunitaire. Apparu comme produit de coupage de la cocaïne en 2004, il intéresse les revendeurs de cocaïne non seulement pour son aspect mais aussi parce qu’il a des effets psychostimulants. La prise de lévamisole fait encourir à court terme un risque d’éruption cutanée, d’augmentation du rythme cardiaque, de nausées, de diarrhée et d’étourdissement. En cas d’usage régulier, il peut provoquer des douleurs musculaires, des maux de tête, de la fièvre, de l’insomnie et des convulsions pouvant être mortelles. Il porte aussi atteinte au système immunitaire et rend vulnérable aux infections en circulation.

+ d’infos : Cocaïne et lévamisole (OFDT, 2005) et Agranulocytose induite par la consommation de cocaïne contaminée au lévamisole (Institut National de Santé Publique du Québec, 2010)

Risques de la phénacétine

La phénacétine est un antalgique (anti-douleur) et elle a également une action contre la fièvre. Elle intéresse les revendeurs de cocaïne pour son aspect, pour son action antalgique et parce qu’elle peut avoir une action euphorisante. En cas de surdosage, la phénacétine provoque un bleuissement de la peau et une grande fatigue. Dans les cas les plus graves il peut y avoir des éruptions cutanées, une hyperthermie et des troubles respiratoires et cardiaques potentiellement mortels. L’usage régulier provoque des troubles rénaux qui se traduisent par des douleurs lombaires et une incontinence urinaire.

+ d’infos : Evaluation des risques sanitaires liés à l’utilisation de la phénacétine comme produit de coupage de la cocaïne (AFSSAPS,2008)

Risques de la lidocaïne

La lidocaïne est un anesthésique local autorisé. Par le passé des échantillons de cocaïne contenant plus de 80% de lidocaïne ont été retrouvés. En 2010 un décès a été signalé en France pour un échantillon dosé à 94% de lidocaïne. Le surdosage se manifeste par des vertiges, des tremblements, des bourdonnements d’oreille, des fourmillements, des difficultés à parler, de la confusion mentale, des problèmes respiratoires et des troubles cardiaques.

Les usagers confrontés à des effets anormaux de la cocaïne doivent donc de plus en plus envisager qu’ils ont affaire à des effets dus à l’un de ces produits de coupage. Certaines conséquences pouvant être graves, il est conseillé de ne pas hésiter à contacter un médecin voire les urgences en cas de problème et de ne pas cacher aux secours la prise de cocaïne.

+ d’infos : Mise en garde sur les dangers liés à l’usage de « cocaïne » pouvant contenir une forte concentration de lidocaïne (DGS, 2010)

Source : ADALIS, http://www.drogues-info-service.fr/?Degradation-de-la-qualite-de-la,5319

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