Communiqué du STRASS : Abrogation immédiate et complète de l’infraction de racolage public

écrit par ASUD, le 26-03-2013 Thème : Citoyenneté, Politique.

Alors que la proposition de loi déposée par la sénatrice Esther Benbassa va être discutée jeudi en séance publique au Sénat, le groupe socialiste du Sénat continue ses petits arrangements avec les promesses de campagne du candidat Hollande .

La proposition de loi avait été déposée une première fois en novembre dernier avant d’être retirée à la demande de la ministre des droits des femmes au prétexte qu’elle attendait le rapport de l’IGAS sur les enjeux sanitaires des prostitutions . Elle a été à nouveau déposée pour être examinée le 28 mars prochain. Malgré l’adoption à la quasi-unanimité du texte en commission des lois, le groupe socialiste s’acharne à le dénaturer en déposant des amendement et motion qui vont à l’encontre de la promesse d’abroger le délit de racolage public. Après avoir tenté un renvoi devant la commission des lois du Sénat , il s’oriente maintenant, semble-t-il, vers un retour à la situation antérieure à 2003 en instituant à nouveau une contravention de racolage actif . L’objet de l’amendement est clairement énoncé : « il semble nécessaire d’assurer que le racolage ne disparaisse pas de notre arsenal juridique ». Quittant ainsi l’hypocrite posture pseudo-abolitionniste, le groupe socialiste s’affiche ainsi clairement dans une tendance prohibitionniste, considérant qu’il faut continuer à criminaliser les putes.

Parce qu’il est faux de croire qu’il s’agirait de diminuer la pression pénale pesant sur les travailleurSEs du sexe. L’expérience des 10 ans d’application du délit de racolage public nous permette d’affirmer sans ambages que la situation ne changera pas pour les travailleurSEs du sexe. La Cour de cassation avait essayé de circonscrire l’application de ce délit . Cela n’empêche en rien  les forces de l’ordre d’user et d’abuser du pouvoir de contrôle qui leur est ainsi donné , se livrant ce faisant à un harcèlement institutionnalisé .

L’infraction de racolage, qu’il s’agisse d’un délit ou d’une contravention, visant le racolage passif ou actif, est une atteinte aux droits des travailleurSEs du sexe. En plus d’être stigmatisante, elle met en danger leur santé, leur sécurité, leur vie, en les éloignant des structures de prévention, de soins et d’accès aux droits. En outre, elle expose particulièrement les migrantEs aux violences, notamment policières. Loin de favoriser la lutte contre le travail forcé, la servitude, l’esclavage et la traite à ces fins, le maintien de l’infraction de racolage public au sein de l’arsenal juridique a pour principal objet de lutter contre la prostitution, en particulier des migrantEs.

Outre cet amendement, un amendement visant à pénaliser les clientEs a été déposé par la sénatrice Chantal Jouanno (dont la position contre le travail sexuel n’est plus à démontrer , alors même qu’elle est rapporteure de la mission sur la situation sociale des personnes prostituées ). Nombreuses sont les organisations de travailleurSEs du sexe et d’alliéEs  soutenues par des experts scientifiques indépendants  à dénoncer le projet de pénaliser les clientEs et d’interdire toute prostitution qui ne ferait qu’aggraver la situation des travailleurSEs du sexe en les exposant davantage à toute forme de violence ou d’abus.

Toute criminalisation directe ou indirecte du travail sexuel a des conséquences réelles et catastrophiques sur les travailleurSEs du sexe. Il est indigne que le parti socialiste soutienne de la sorte la persistance de mesures dangereuses pour la vie, la santé, la sécurité des personnes et souhaite en adopter de pires.

Nous exigeons :

  • l’abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public ;
  • la fin immédiate de toute criminalisation et de toute répression du travail sexuel ;
  • l’arrêt de l’instrumentalisation de la lutte contre la traite à des fins racistes, sexistes et putophobes ;
  • l’application du droit commun aux travailleurSEs du sexe, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences et les abus.

Contact Presse : Morgane Merteuil – 06.63.58.45.23

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4 Commentaires

  1. Jean-Marc FERRARINI

    mesdames (et messieurs, puisqu’environ une travailleuse du sexe sur cinq est un travailleur) battez vous de toutes vos forces contre ces lois scélérates qui prétendent faire le bonheur des gens malgré eux, en évitant soigneusement de demander leur avis aux intéressé(e)s des fois qu’ils feraient entendre un son de cloche discordant…faites tomber les masques de ces pseudo féministes misandres qui, sous prétexte de protéger les prostituées ne songent qu’à s’assurer un contrôle total de la sexualité de « leurs » hommes : ces hypocrites vous détestent, ne vous y trompez pas. courage à vous toutes, nous sommes nombreux à vous devoir quelques uns des meilleurs moments de nos vies…

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    1. Olivet

      Bravo et dressons nous contre le nouvel ordre moral grime en féminisme de pacotille ces nouveaux puritains nous déteste nous les soi disant marginaux
      Ils sont appuyés sur la majorité morale
      Ils exècrent le plaisir le délire les ballade hors des sentiers

      Pute et drogues représentent le diable

      A. Bon entendeur Mme Belkacem

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  2. Jean Paul Solitz

    Cette loi a fait ses « preuves » en Suède. Le modèle suédois est une catastrophe qui a ruiné la vie de nombreuses et nombreux travailleurs et travailleuses du sexe. Il s’agit simplement d’une opération de stigmatisation puritaine et de condescendance pour faire acte de pseudo-bonne conscience mais les conséquences sur le terrain sont catastrophiques.

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    1. Fabrice Olivet

      Le Strass, l’association homologue d’Asud défend les intérêts des artisans du sexe comme nous défendons ceux des personnes concernées par les drogues
      (voir http://www.asud.org/2012/04/11/putes-et-drogues-meme-combat/). Ils ont organisé une manif le 26 octobre dernier contre l’inepte projet de pénalisation des clients de prostitué(es). Un petit tour sur leur site montre à quel point les deux débats -sexe et drogue- sont décidément parallèles. Dans les deux cas on est frappé par l’idée que les mafieux, trafiquants et autres passeurs de valises de billets en Suisse sont les principaux bénéficiaires du status quo. Or ces messieurs-dames ( sans doute plus de messieurs quand même) ne sont jamais pris à parti sur un plateau de télé, ni mis en cause dans un torchon médiatique. Eux, ils empochent discrètement la thune et ils se marrent entre deux séances de tortures et quelques assassinats. Nous, ont se débat contre leurs idiots utiles, les Vals(euses) anti drogue et les Najat Beccassine anti-pute qui au gouvernement s’acharnent à vous expliquer que oui, un jour on gagnera, plus de drogues plus de relations sexuelles tarifiées. c’est sûr.
      En ce moment le Strass est apparemment coincé entre des bien-pensants de gauche et des francs réacs de droite tous partisans objectifs du maintien des putes dans la clandestinité. Le franc machisme des gros cons de droite ( tous les gens de droite ne sont pas gros et cons mais un gros-con-de-droite ça existe ) lecteurs de Causeur vient donner la main au féminisme faux-cul de puritaines de Causette, petites connes de gauche. C’est vrai, avec ce vocabulaire on ne fait pas dans la dentelle mais ça vous donne une idée de l’ambiance qui règne dans ce débat qui n’a rien à envier aux empoignades sur les drogues…En attendant d’avoir la peau du dernier drogué et de la dernière putain…

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