Rachacha et réduction des risques

écrit par Jimmy Kempfer, le 23-01-2013 Thème : Rachacha, Conseils.

L’opium contient une quarantaine d’alcaloïdes et d’acides qui agissent en synergie, c’est-à-dire que les uns renforcent, équilibrent ou atténuent les effets des autres. On trouve la morphine, bien connue de nos lecteurs, la codéine antitussive, la thébaïne dont on fait le Subu, la papavérine (utilisée en micro-injection dans la verge pour soutenir les virilités défaillantes)….

Suivant la maturité des pavots, leur origine, la préparation et les ingrédients la qualité d’un Rachacha peut considérablement varier d’une fois sur l’autre. Dans un estomac à jeun, les effets se font sentir au bout d’une demi heure alors qu’avec un ventre plein cela peut prendre plus de deux heures. D’où un réel danger faute de savoir doser.

Les premières prises se soldent souvent par des vomissements. En effet, la nature a voulu que lorsqu’on utilise des opiacés forts pour se défoncer, l’organisme doit en payer le prix .Avec l’usage, ces vomissements disparaissent la plupart du temps. L’organisme développe alors une tolérance à l’opium, ce qui implique d’augmenter le dosage pour retrouver l’effet voulu. Cette tolérance peut alors entraîner l’accoutumance. En effet, la tolérance au rachacha induit une tolérance à des produits plus forts comme l’héroïne (qui est plus facile à trouver que le Rachacha). Ce qui peut accélérer la dépendance à l’héroïne en cas de consommation répétée.

ASUD a rencontré des types, très patients, qui se rendent dans les champs aux aurores et incisent les têtes puis reviennent plus tard pour récolter le suc qui a coulé. Il s’agit alors d’opium. La boulette est plus claire à l’intérieur. Il est plus odorante et bien sûr plus fort donc plus cher. Il faut des heures de boulot pour récolter quelques boulettes. En Espagne quelques amateurs d’opium très déterminés ont planté des petites parcelles de pavot somnifère et font leur petite récolte tous les ans. Aux USA, on trouve, grâce au 1er amendement US sur la liberté d’expression, de nombreux renseignements sur Internet, ainsi qu’en librairie, sur la culture du pavot hydroponique sous serre ou en appartement. (Voir page « Notre culture » dans ASUD N°19).

Mélanges

Les effets du « Rach » sont considérablement augmentés par l’alcool et les calmants, surtout les benzodiazépines (Lexomil, Temesta, Tranxene, Rohypnol…)
EN CAS DE MÉLANGE, IL Y A UN RÉEL RISQUE D’OVERDOSE. Dans ce cas appeler immédiatement le SAMU ou un médecin. Un café fort peut permettre de contrecarrer un peu les effets opiacés. Faire marcher la personne en attendant les secours. L’inciter vivement à lutter contre l’endormissement.

Un des autres inconvénients du Rachacha est sa tendance à constiper sérieusement.

Coupage et altération

Le Rachacha se détériore avec le temps, surtout s’il est stocké à la lumière et subit des chocs thermiques (chaud-froid). Sa force peut varier en fonction du temps de cuisson, des additifs et de la maturité du pavot. Chaque « Rach » est différent. Celui qu’on trouve en été est souvent plus fort que celui qu’on trouve hors saison.

Les connaisseurs prétendent qu’un « bon » Rachacha est très noir, un peu brillant à l’extérieur et marron sombre à l’intérieur au bout de quelques jours. Il est très amer avec un petit arrière-goût de réglisse avec laquelle il parfois coupé, ce qui peut se vérifier en le brûlant. La présence de réglisse laisse une odeur de sucre brûlé alors que le vrai Rachacha dégage une odeur qui rappelle celle de l’ héroïne brune fumé sur de l’aluminium.

Il circule une rumeur comme quoi le Rachacha serait parfois coupé avec de la datura[1] ou d’autres plantes psychotropes très dangereuses. Autrefois, il arrivait que l’opium soit coupé avec des graines de jusquiame[2] (qui contient de l’atropine et de la scopolamine connus pour leurs effets toxiques), soit disant pour mieux le conserver. Il ne fait aucun doute que ce mélange a du être la cause de graves bad trips si ce n’est de décès.

Ne pas shooter le rachacha… !

« Shooter le rachacha te fait une gueule d’Elephant Man bouffi. On se retrouve en train de se gratter comme des fous, s’envoyer vainement de l’aspirine pour arrêter un terrible mal de tête. Après ça, c’est l’angoisse! Une descente qui n’en finit plus et qui n’a rien à voir avec les sensations opiacées habituelles ! »

La papavérine, présente en quantité importante, a des effets spécifiques redoutables sur le cœur et le cerveau lorsqu’elle est injectée en intra veineuse.

SHOOTER LE RACHACHA EST HAUTEMENT TOXIQUE ET EXPOSE A DE RÉELS RISQUES DE SEPTICÉMIE, DE CHOCS ALLERGIQUES ET AUTRES “ POUSSIÈRES ” SANS PARLER DU RISQUE D’OVERDOSE…

[1] Au Maroc, il est arrivé qu’on trouve du shit coupé à la datura.
[2] Pline – Histoire naturelle t. XX, ch. 76.

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