L’héroïne, effets, risques

écrit par Fabienne Pourchon, le 01-06-2009 Thème : Heroïne.

Qu’est ce que c’est ?

L’héroïne ou diacétylmorphine est un opiacé synthétisé à partir de la morphine naturellement présente dans l’opium ( suc du pavot). L’héroïne est proche de substances produites naturellement par le corps, les endorphines. Le cerveau les produit en plusieurs occasions. L’héroïne, comme les endorphines, est un dépresseur du système nerveux centrale. Elle agit en « endormant » certaines fonctions du système nerveux. Elle ralentit, par exemple, la respiration. L’héroïne est surtout recherchée pour le bien être psychique et physique qu’elle procure.

A quoi ça ressemble ?

Elle se présente actuellement sous la forme de poudre allant du beige clair au brun foncé. On la nomme héroïne, héro, rabla, dré, poudre, came, meumeu, brun sugar… Elle est vendue en petit paquet, caps ou emballée dans un plastique, boulette. En France, sa concentration varie de 0 à 5 %. Cela dépend de la région d’origine, des fournisseurs, des arrivages…

Les effets recherchés

Les effets des produits dépendent non seulement de la dose, de la fréquence d’usage et du mode de consommation mais également des caractéristiques de chaque individu, de son état psychique, de sa personnalité, de son humeur, son accoutumance et de ses attentes vis a vis du produit.

L’héroïne peut apaiser la douleur morale (tristesse, angoisse), calmer la douleur physique ( c’est un antalgique), en cas de dépendance, elle supprime les désagréments du manque, elle peut procurer une sensation de bien-être physique et psychique, euphoriser tout en restant lucide, donner un sentiment de confiance en soi, de calme, d’apaisement, désinhiber, créer une sensation de chaleur agréable.

L’héroïne, en remplaçant l’endorphine, génère un sentiment de bien-être et atténue douleur et anxiété lorsqu’elle est consommée avec modération. De plus grandes quantités entraînent le sommeil. De très fortes doses peuvent provoquer l’arrêt de fonctions vitales de l’organisme (circulation sanguine, respiration, …).

La consommation d’héroïne peut s’accompagner outre les effets recherchés de nausées, de vomissements, de chatouillement et gratouillement, elle peut perturber les cycles du sommeil, modifier la sensation de faim, relaxer musculairement, modifier le désir sexuel soit en le diminuant, soit en l’augmentant, rétrécir les pupilles ( en tète d’épingle), être antitussif c’est a dire calmer la toux, ralentir pendant quelques heures la production de sécrétions ( absence de larmes, constipation…), retarder, voire empêcher l’orgasme.Chez l’homme, elle peut retarder ou empêcher l’éjaculation et chez la femme perturber ou arrêter les cycles menstruelles ( mais pas la fertilité !!!) et causer une sécheresse vaginale.

Les différentes phases

L’effet du produit est rapide:

  • en injection: +/- 20 secondes;
  • en sniff: +/- 5 minutes;
  • en fumette: 1 à 2 minutes.

Les étapes

La durée des effets est la même (4 à 6h), quel que soit le mode de consommation mais la perception diffère selon le mode de prise et l’individu.

  1. le Flash
    Lors de l’injection intraveineuse ou de « chasse du dragon » le « flash est une sensation soudaine et irradiante de chaleur, un changement d’état très rapide et bref (5 à 10 secondes), qui se produit au moment où l’héroïne irrigue le cerveau. Le flash est une montée rapide des effets tant physiques que psychiques.
  2. le Plateau
    Période de bien-être intense, sensation de chaleur et de relaxation profonde qui peut durer 3-4 heures. Selon le témoignage d’usagers, on perçoit différemment ses problèmes, l’angoisse est calmée et l’on ressent un sentiment de paix.
  3. La Descente
    Au cours de la descente, les effets de l’héroïne s’estompent progressivement et le besoin de dormir se fait sentir (somnolence). Le retour à l’état « sans produit » peut être pénible pour certains usagers : fatigue et déprime, sorte de « gueule de bois ». En cas de dépendance physique, les premiers signes de manque apparaissent.

NB: l’héroïne peut être détectée dans les urines jusqu’à 12 jours après la prise

Tolérance, accoutumance

En ce qui concerne l’héroïne, la tolérance est très rapide : après quelques jours de consommation (plusieurs fois/jour), l’usager ressent la nécessité d’augmenter les doses, d’abord en quantité, puis en fréquence pour retrouver les effets du produit.

Dépendance

La dépendance psychologique

Une consommation, même occasionnelle, peut entraîner une forte dépendance psychologique. Cette dépendance se manifeste par le besoin de consommer à nouveau le produit pour retrouver ses effets plaisants et apaisants.

La dépendance physique

À l’arrêt d’une consommation quotidienne, le corps manque d’héroïne et d’endorphines naturelles. En effet, l’héroïne ayant remplacé la production naturelle d’endorphines, le corps est en manque de celles-ci. À ce moment, l’usager est confronté à des manifestations physiques liées au manque. C’est ce qu’on appelle la dépendance physique. Les signes du manque sont de fortes douleurs dans les reins, une sensation de froid intense, un pouls élevé, éternuements, nez qui coule, yeux qui pleurent, maux de ventres, dérangements intestinales, nausées, vomissements, angoisse, irritabilité, hypersensibilité a la douleur…

Depuis 1996 en France, il existe des « produits de substitution », Méthadone et Subutex®, qui sont accessibles soient en CSST, soit en médecine de ville.

Les enjeux sociaux

L’interdit légal génère des risques spécifiques. En effet, bien que l’héroïne ne coûte pas cher en termes de fabrication, son prix, fixé par les trafiquants, est élevé. Certains usagers parviennent à gérer leur consommation ; d’autres, pour faire face au coût élevé de cette consommation, commettent des délits.

D’autre part, par le seul fait que la consommation soit illégale, le consommateur qui souhaiterait avoir accès aux soins de santé (autres que le sevrage ou la substitution) peut rencontrer des difficultés.
Enfin, les réactions de rejet de l’entourage (famille, conjoints, amis, collègues, employeur, …) peuvent provoquer l’isolement social du consommateur.
De plus cet aspect empêche un contrôle de la qualité de l’héroïne et des produits de coupes qui peuvent représente de réels dangers.

Danger du produit

L’héroïne pure, nous l’avons vu, est similaire aux endorphines : elle n’entraîne donc pas de dommages physiques directs tels que lésions d’organes, cirrhose, destruction cellulaire. Cependant les modalités de consommation de l’héroïne, la détérioration du style de vie (alimentation, hygiène..) liées à l’illégalité peuvent entraîner des risques particuliers.
La composition des produits de coupe est incertaine, parfois dangereuse (ex.: caféine, barbituriques, talc, voire, dans de très rares cas, strychnine).

La surdose/ l’overdose

La surdose est la dose excessive et dangereuse, voire mortelle. Elle se traduit par une dépression respiratoire allant d’une faible diminution de la respiration à l’arrêt respiratoire, entraînant l’arrêt cardiaque et ensuite la mort.

La dose mortelle varie considérablement en fonction de chaque individu : une personne peut augmenter progressivement sa consommation jusqu’à des doses qui seraient mortelles pour un non-consommateur. En certaines circonstances, le risque de surdose augmente :

  • une première prise ;
  • une reprise après un arrêt (cure, séjour en prison) ;
  • la prise d’une nouvelle héroïne (plus concentrée, par exemple) ;
  • en cas de changement de dealer ;
  • la prise d’une trop grosse quantité .

Le risque de surdose est donc difficile à mesurer pour chacun. L’héroïne étant coupée avec des produits dont la composition n’est pas connue, le risque de surdose n’est jamais absent. Enfin, la surdose survient plus fréquemment à la suite d’une injection intraveineuse (l’effet du produit survient brusquement d’un seul coup).
Une partie des accidents mortels n’est cependant pas directement due à une surdose mais plutôt à l’absorption simultanée d’un autre psychotrope qui accentue les effets de l’héroïne.

En cas d’overdose

Les signe d’une overdose sont :

  • une respiration de plus en plus lente et moins profonde
  • les muscles sont complètement relâches
  • la personne dort profondément et ne se réveille pas. Et si elle se réveille, elle se rendort aussitôt.
  • sa peau blanchit, pâlit tandis que ses lèvres et les extrémités de son corps bleuissent.

Que faire en cas d’overdose ?

Mettre la personne en Position Latéral de Sécurité ( PLS) pour qu’elle n’avale pas sa langue et ne s’étouffe pas dans son vomi. Appelle les secours 15 ou 18 ( appels gratuits même avec un téléphone sans crédit et sans puce). L’état de la personne et le lieu précis sont les seules informations nécessaires. Une fois le personnel médical sur place, signalez-lui les produits consommés, il est tenu au secret professionnel.

Pour en savoir plus sur l’overdose d’héroïne, phase par phase, cliquez ici.

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9 Commentaires

  1. sabine jazmati

    quelle dose d’héroïne est mortelle ?

    Répondre
  2. Anonyme

    Je suis au bord du suicide , je n’arrive pas à stopper ma conso. La vie me paraît moche sans mes doses et le temps est extrêmement long … il a suffit d’un problème pour replonger alors que j’avais stoppé 1 putain d’annee .. j’avais galeré à décrocher , j’en rêvais la nuit même … je pense en finir et le pire est que personne ne le voit car je n’ai absolument pas le physique d’une junkie

    Répondre
    1. Delsinne

      Tu as besoin d’être aidée, tu n’arriveras surement pas à arrêter seule.
      Sinon tu peux trouver des produits de substitutions
      J’ai été accro aussi il y a deux ans, pour arrêter j’ai jeuner pendant 3 jours (ne pas manger du tout et boire que de l’eau pour nettoyer le foie et la peau), le sport m’a aussi beaucoup aidée.

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    2. Fabrice Olivet

      bonjour Anonyme
      as-tu songer à prendre un traitement de substitution ?

      Répondre
    3. Cyrille

      Salut,

      Tu en es où avec ta conso ? Tu as décroché ?
      Personnellement je sors à peine d’un sevrage à la dure après deux ans à hauteur de 1 gramme par jour en sniff.
      Pour décrocher et n’ayant jamais pris de produit de substitution je me suis procuré deux gélules de methadone de 5 mg que j’ai pris dès l’apparition du manque. Le deuxième jour je n’ai rien pris car la methadone peut agir jusque 48H, et le troisième jour j’ai pris la moitié de la deuxième gélule et c’était un peu trop d’ailleurs.
      Et bien là j’en suis à mon 5 em jour sans héros et je peux te dire que ça vaut le coup !!! J’ai l’impression de sortir d’un brouillard et le plus important de commencer assez rapidement à ressentir « naturellement » mon, corps, putain ce que ça fait du bien !

      Autre point, passé les douleurs et le manque (j’étais à un gramme jour depuis deux ans…) le moral peut revenir en trombe seulement si tu ne considère pas cette période difficile à passer. En gros soit HEUREUSE et CONTENTE d’arrêter !!! C’est la clé !!! Tu sera fière de toi et en moins de 8 jours ta production d’Endorphine naturelle sera complètement rétablit. Tout dépend bien entendu depuis combien de temps tu es addict… Ce que j’ai préconisé est valable dans des situations similaires à mon cas.

      Réduit petit à petit les doses tous les trois jours histoire de laisser ton corps s’habituer à moins de produit quitte à ne rien prendre avant de dormir.

      Si tu veux parler ou bien avoir d’autres conseils demande moi en ami sur facebook ici : https://www.facebook.com/cyrille.cassier.3

      Bon courage ;-)

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    4. Alice

      De tout façon on va mourrir à un moment, à toi de voir si ca vaut le coup d’attendre pour profiter de ce que la vie donne avant qu’elle ne ce termine d’elle même, ou si ça vaut pas le coup d’après toi.

      Répondre
  3. Anonyme

    Bonjour, je suis suicidaire depuis 1 an j’ai déjà fait des tentatives, je songe à prendre de l’héroïne occasionnellement car sa serait mon seul espoir maintenant de me sentir bien.
    Qu’en pensez vous?

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    1. Georges

      Non non et non ne fait surtout pas ça! J’ai été dix ans dans l’hero et encore mnt ma guérison est en dent de scie, j’ai 36 ans et ça m’a tout pris , jusqu’à mes enfants.. beaucoup on commence comme ça pour se sentir mieux car depressif ou autre, au début a l’occasion Et puis de plus en plus car pour retrouver l’effet des débuts il en faut toujours plus.. crois moi tu sera encore plus suicidaire qd tu sera en manque. Fume un joint, va voir des pros au pire prend des calmants( même si ces aussi de la drogue c’est pas comparable) mais ne prend pas ça c’est le pire que tu puisse faire

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    2. Celia

      Prend des truffes, ca fait un peu les mêmes effets que les champignons hallucinogène sauf que ça a de grosse propriété anti dépresseurs et que ça ne détruit pas ton cerveau. Biensur comme toute chose il ne faut pas en abuser.

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