Décrocher de la méthadone

écrit par Jimmy Kempfer, le 10-12-1998 Thème : Méthadone.

extrait d’ASUD Journal n° 13 (hivers 1997-98)

substitutionPour tout savoir et échanger sur les traitements de substitution opiacés rendez vous sur la Plateforme Substitution d’ASUD.

 

La méthadone n’accroche pas plus que l’héroïne, elle accroche différemment. Avec une méthode et de la discipline il est tout à fait possible d’arrêter. Putain ! Qu’est-ce que ça accroche la métha ! Voilà une phrase qu’on entend de temps en temps.

La méthadone est un morphinique très puissant. Voyez les dosages : 80mg à 100mg de métha suffisent en moyenne pour remplacer 400-500 mg de Sulfate de morphine (Moscontin ou Skénan). Et ceux qui se sont retrouvés en manque à de telles doses de morphine savent que ce n’est pas une partie de plaisir. Il y en a même qui affirment que le Moscontin accroche plus que l’héroïne. Ces deux drogues accrochent exactement de la même façon.

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500mg de Moscontin correspondent à 1/2 gramme de morphine pure. Mais rares sont ceux qui actuellement peuvent prétendre s’envoyer un demi-gramme d’héroïne pure surtout s’ils achètent la poudre dans la rue. Avec une drogue à 10% (ce qui n’est pas si mal) il faut consommer 5 grammes par jour pour avoir l’équivalent d’un demi-gramme d’héroïne pure.

Donc si vous preniez un gramme de dope de la rue et que vous êtes substitué à 80 mg, vous êtes ce qu’on appelle confortablement dosé. Mieux vaut alors éviter de vous retrouver en manque de métha.

Le manque de méthadone (8 à 10 jours) dure plus longtemps que le manque de l’héroïne ou de la morphine (4-5 jours).

Avec la métha, le manque met longtemps à venir. Il faut en général environ 36 à 48h après la dernière prise avant de commencer à se sentir vraiment mal et ensuite on a l’impression de ne jamais en voir le bout. Ceux qui se sont retrouvés en taule, par exemple, en rupture de méthadone en savent quelque chose.

Il faut savoir que la métha est un produit fort avec un mode d’action particulier dont il faut tenir compte.

Lors d’un traitement à la méthadone il est essentiel de trouver votre dosage personnel optimum. 80, 100 mg pour les uns, 60 ou même 40 mg pour les autres. Si certains aiment bien se sentir « confortables « , ils en ont le droit s’ils sont bien ainsi, d’autres par contre, veulent simplement être « opérationnels « , en forme.

Nous aimons bien cette phrase du Dr Deglon, spécialiste suisse de la méthadone :

 » Quand un patient est correctement dosé, personne, pas même lui, ne devrait remarquer qu’il est sous l’effet de la méthadone. ! « .

Pour certains, la méthadone sera un programme de maintenance qui peut durer quelques années et même toute la vie et pour d’autre la méthadone sera une étape progressive vers l’abstinence. C’est vous qui décidez. Le principal c’est de prendre ses distances avec la galère, se projeter dans l’avenir et se donner les moyens de réaliser ses projets.

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Baisser la méthadone et décrocher de en douceur

metha3Une fois que vous avez trouvé votre vitesse de croisière, c’est-à-dire votre dosage de confort, restez-y et occuper vous de mettre de l’ordre dans votre vie. NE CHERCHEZ PAS A BAISSER TROP VITE. La méthadone correctement dosée permet à votre cerveau et système nerveux de retrouver un véritable nouvel équilibre, préservez-le. Quand vous vous sentirez prêt, et uniquement à ce moment, (parlez-en avec un thérapeute de confiance), baissez doucement. En principe, par paliers de 5 mg, jusqu’à 30-40 mg, ça ne pose pas de problème. Ensuite, il faut être pragmatique et faire un petit calcul.

Lorsque vous passez de 50 à 45 mg vous baissez de 5mg, soit 10%, mais lorsque vous passez de 25 à 20 mg, vous baissez d’environ 20 %. (Cinq mg enlevés de 25mg = 20% en moins), ce qui pour l’organisme est plus éprouvant. Votre corps ne réagit pas en terme de milligrammes mais de proportions.

Par exemple, passer de 10 mg à 5 mg, c’est-à-dire réduire de moitié, ce peut être très dur. (C’est un peu comme si vous passiez de 50 à 25 mg d’un coup.)

Donc si vous voulez arrêter en douceur, ce qui est vivement conseillé, ne baissez jamais de plus de 10% à la fois. Voici comment procéder:

Méthode 1

Sur 10 semaines avec des flacons de 5, 10 ou 20 mg. Ces flacons contenant la même dilution, c’est facile de doser.

Pour cela, servez-vous d’une seringue à insuline graduée, en sachant que 1mg de cette méthadone = 30 unités (U), c’est-à-dire moins d’un cc.

De 20mg à 10 mg, baissez de 2 mg = 60 U.

De 10mg à 0 mg, baissez de 1 mg = 30 U.

10% par semaine semblent être un bon rythme, à vous de l’adapter. Et souvenez-vous : Qui va piano, va sano.

Méthode 2 (A la chinoise)

Sur 10 semaines avec des flacons de 60 mg. Pour ceux qui préfèrent les méthodes exotiques, il existe une autre et très ancienne méthode. « La décroche à la chinoise « . C’est ainsi qu’on arrêtait l’opium chez les fils du ciel.
Admettons toujours, que vous avez réussi à baisser jusqu’à 20 mg/jour.

  • Il vous faut 15 flacons de 60 mg (15ml) de méthadone, soit 900 mg.
  • 1 bouteille vide
  • 1 préparation bien sucrée de sirop d’orange (genre Teisseire)
  • Une seringue ou un doseur de 5 cc ou 5 ml

Versez les 15 flacons de métha tous dans la bouteille, ensuite, le premier jour, avec la seringue, dosez 5 ml, soit 20 mg, buvez le contenu de la seringue remplacez la quantité bue, soit 5 ml, par la même quantité de sirop. (Versez le dans la bouteille contenant la métha).

Faites de même chaque jour. Prenez 5 ml dans la bouteille de métha (chaque fois un peu plus diluée) et remplacez par la même quantité de sirop.

Au bout de 10 semaines ce ne sera plus que du sirop et vous aurez décro sans rien sentir.

Il est recommandé de garder la préparation au frigo , sinon le mélange peut devenir un peu acide.

Bien sûr pour que ces méthodes réussissent il faut être déterminé. Si vous reprenez de l’héro pendant, vous risquez de devoir recommencer à zéro.

Ces méthodes personnalisables ont été pratiquées avec succès par des milliers de gens, surtout en Asie.

En France, jusqu’à présent, ceux qui voulaient arrêter la métha et n’arrivaient pas à baisser, n’avaient souvent pas d’autre choix qu’un sevrage en hôpital avec du Catapressan, des benzodiazépines et autres douceurs préconisées par les psy français.

La « méthode chinoise » est une adaptation du procédé utilisé par les colons français accrochés à l’opium jusque dans les années 50. Ils pratiquaient ainsi avec un tonnelet de Laudanum ou de sirop opiacé. Chaque fois qu’ils en buvaient un verre, ils reversaient l’équivalent du verre d’un liquide quelconque dans le tonnelet. A raison de trois fois par jour, au bout de six semaines, la quantité d’opium ingérée ne subsistait plus qu’à l’état de trace infinitésimale, comme en homéopathie. Souvent « la décroche » se faisait sur le bateau qui les ramenait d’Indochine à Toulon. Le voyage durait 6 semaines. Juste ce qu’il fallait pour arriver sevré en douceur en France.

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Goering

On peut également se servir de la méthadone pour décrocher en douceur (et sans douleur) de l’héroïne, selon le même principe, mais plus rapidement (3 à 6 semaines). Après près de 30 ans d’usage massif d’héroïne, de morphine et de dihydrocodéine, le Reichsmaréchal SS Goering, dans sa prison de Londres, a été sevré progressivement à la morphine, sans aucun problème en 6 semaines. Le premier jour de la 7e semaine il en réclamait encore, affirmant qu’il était en manque. A ce moment les médecins lui ont avoué qu’ils ne lui administraient plus que de l’eau depuis une semaine. Celle-ci était un placebo efficace.

La méthadone marche mieux parce qu’elle n’est pas associée au plaisir ni à la seringue.

Réponses à quelques questions anticipées.

Partout où la méthadone est prescrite depuis longtemps (Suisse, Etats-Unis, Hollande, Angleterre….),les traitements qui ont bien marché ont duré en moyenne 4 ans.

Plus vous avez pris de la méthadone pendant longtemps, plus vous avez intérêt à faire doucement et à décrocher progressivement.

Dans tous les cas, si vous pouvez vous le permettre, profitez des vacances ou d’un changement de vie pour décrocher.

Ne JAMAIS arrêter brusquement la méthadone (surtout en cas de dosage important). Certains se sont retrouvé dans un état de confusion et de délire impressionnant et ont fini en hôpital psy.

Ne JAMAIS prendre de Subutex ou de Temgésic par-dessus la méthadone, sous peine de se payer une crise de manque à pleurer sa mère.

Est-ce que c’est vrai que la métha rend impuissant et fait transpirer ?

 

Mettons les choses au clair. Si certains se servent d’un peu ‘héroïne pour baiser, la plupart ont déclaré forfait depuis qu’ils sont bien accro.

Bloodi métha lit captote cachets, ASUD journal n°17 (automne 1999)

Bloodi métha lit captote cachets, ASUD journal n°17 (automne 1999)

Si vous avez un dosage élevé, la méthadone, comme tous les opiacés, affectera votre libido. Par contre, si vous prenez simplement la quantité dont vous avez besoin pour votre équilibre, la méthadone vous rendra normal. Le dosage idéal est celui avec lequel vous vous sentez normal. (C’est quoi normal ?) Les mecs devraient pouvoir bander, baiser et éjaculer normalement. Pour certains c’est d’ailleurs un bon baromètre pour évaluer leur dosage. S’ils en prennent trop ils ont du mal à jouir et s’ils sont sous-dosés, ils jouissent trop vite, comme lorsqu’ils sont en manque. La même chose peut se vérifier chez les femmes.

Pour la transpiration, c’est un peu différent. Il semblerait qu’au delà de 50-60 mg, et surtout au début du traitement on transpire beaucoup. En dessous de 40-50 mg, la transpiration excessive a tendance à disparaître.

D’autres effets indésirables ou légendes urbaines de la méthadone sont décrits ici.

substitutionPour tout savoir et échanger sur les traitements de substitution opiacés rendez vous sur la Plateforme Substitution d’ASUD.

Qu’en est-il de la fameuse lune de miel avec la méthadone ?

La lune de miel, c’est la période un peu euphorique, lorsqu’on on est substitué la première fois. On peut enfin s’occuper d’autre chose que de courir après la came toute la journée, tout en n’étant jamais en manque. Le danger c’est lorsqu’on commence à se faire chier. Souvent au bout de quelques mois à la métha, l’ambiance de la défonce, l’univers glauque du deal, les tunes vites gagnées, le flash que procure la shooteuse commencent à manquer. C’est vrai quoi ! On peut trouver que la métha transforme les UD en gentils toutous qui viennent chercher leur Canigou et faire pipi dans le flacon sous le regard soupçonneux du bon docteur. C’est pas une ambiance très Rock’N’Roll. Certains vont alors chercher leur kif en suçant la queue du diable (c’est ce que les Américains appellent fumer le Crack) et patacrack, ils se retrouvent dans la galère puissance 10. D’autres se mettent à tiser et deviennent des piliers de l’annexe (le café à la sortie du programme). Les plus tristes sont ceux qui gobent les cachetons par plaquettes. Les pires font les 3 à la fois.

Heureusement ces cas de figure ne concernent qu’une minorité, les autres se mettent à bosser, à faire des études, à militer, à tirer des plans sur la comète, refaire le monde, à draguer, à s’éclater…. S’éclater ! en voilà une bonne idée, par exemple … mais de préférence pas avec la cocaïne.

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12 Commentaires

  1. KKIF

    Bonjour, j’ai pris de la méthadone pendant 7 ans jusqu’en juin 2016. Je prenais toutes sortes de drogués sauf Opiacés (car j’avais la méthadone) je pensais que c’était mon addiction à la méthadone qui pourrissant ma vie je suis alors parti en Serbie, à la clinique VOROBIEV (SWISS MEDICA) de Belgrade. J’ai choisi cette clinique car ce pays est le seul en Europe à autoriser l IBOGAINE. Et ce sont des medecins suisses compétents.
    Donc je prenais 200mg par jour ( 100mg matin et soir) je suis un métaboliseur rapide, cela veut dire que mon corps assimile tout plus vite, d’où les 2 doses. Avant le traitement je m injectais de 4 à 7 grammes par jours de Rabla (l héroïne marron).
    Ils m ont fait baisser de 30mg par jour pendant 6 jours (je faisais de grosses crises de manque qui étaient instantanément soulagees par des injections de « je ne sais quoi » ) puis arrivé à 20mg ils m ont endormi 12h pour éliminer toute trace d opioides dans le corps. C’est très violent, lorsque l on se reveille on porte une couche, on se fait dessus, on tiens plus debout. A partir de ce moment là on est sevrés plus besoin de traitement. L opération est répétée 2jours plus tard. Puis 1 semaine plus tard on vous propose la fameuse séance d IBOGAINE (un psychotrope naturel qui soigne les addictions) ça fonctionne réellement. Et puis jme suis régalé, le trip est excellent après je rigolais j’avais l’impression d’être en teuf^^. Bref.
    En tout 1 mois de clinique.
    Je suis rentré en France avec des médocs à prendre pendant 2mois. J’ai été TRÈS faible pendant 3mois, je dormais 18h/jour. J’avais très mal aux genoux. Et jme sentais dépressif.
    Mais j’étais guerri! !!! (Et surtout fini la transpiration excessive de la metha)
    J’ai repris du travail au bout de 4mois. Tout allait bien sauf que c’est à ce moment là que j ai repris les soirées, le son,.. Les amphétamines, LSD, ketamine, la cocaine en intraveineuse en fin de week-end. Bref je m éclatais comme avant sans problèmes d addiction et forcément en juillet 2018 j’ai rencontré une fille elle tapait de l héroïne des fois. J’ai réessayé (une fois ça peut pas faire de mal…Tu parles!!) 1mois plus tard j’étais en manque. J’ai repris la méthadone en septembre 2018. J’ai arrêté TOUTES les drogues cette fois. Cela fait 1an et demi. J’ai repris ma vie en main. J’ai passé mes permis C et CE Je conduis maintenant des camions je ne vois plus personne à part ma famille. je suis à 340mg de méthadone par jour malheureusement mais j’ai compris que ce n’était pas grave car un jour je retournerai en Serbie et cette fois j’ai déjà arrêté les drogues donc je suis confiant. Car oui, ce n’était pas la méthadone qui m’empêchait d’avancer mais les drogues, même festives!
    Aujourd’hui j’avance dans la vie et je vis bien malgré mon traitement.

    Répondre
    1. KKIF

      Désolé pour les quelques fautes mais mon téléphone corrige tout seul et parfois je ne fais pas attention à le re-corriger.^^

      KKIF

      Répondre
      1. Fabrice Olivet

        Bonjour KKIF,

        merci pour ton témoignage assez bluffant ( 340mg!? qui dit mieux ?). Une rapide recherche sur Psychoactif a confirmé le soupçon que j’ai eu en lisant ton témoignage . La clinique combine programme UROD ( Ultra Rapid Opioid Detox) avec une cure à l’IBOGA. Le ‘je ne sais quoi » que l’on t’injecte est de la naloxone qui est supposée « nettoyer  » tes récepteurs opiacés.

        Bravo pour la démarche et le courage qu’il faut pour faire cette expérience ( en plus du coût financier) . Comme toujours , le problème c’est l’après cure. Apparemment tu a du augmenter de 140 mg ta posologie de départ qui était déjà de 200mg par jour. Je pense de plus en plus que la méthadone est un opioid un peu à part en terme de tolérance et de dépendance. on reçoit de plus en plus de témoignage de personnes qui sont stabilisées avec des posologie de folie sans être véritablement handicapée en terme de capacité d travail ou de vie sociale. Par contre il semble que ces posologie géante vous scotchent pour longtemps dans une dépendance d’acier , très difficile à diminuer à fortiori à arrêter. Il faudra un jour que les spécialistes de l’addiction s’intéressent sérieusement à leur médicament fétiche, celui qui est le plus prescrit dans la monde pour soigner la dépendance à l’héroïne . Et si le remède était pire que le soi-disant « mal » ?

        Répondre
        1. KKIF

          Je suis d’accord lorsque l on parle d addiction la méthadone est bien plus contraignante que l héroïne. MAIS le fait est qu’elle nous habitue à nous passer de nos modes de consommation traditionnels (injections toutes les 30 minutes, sniffs toute la journée etc…) et malgré ma consommation intense j’ai une vie normale. Je prends 60mg à 10h le matin et 280mg lorsque je rentre du travail vers 18h.
          Je ne consomme plus rien d autre et je sais que je pourrais à nouveau repartir en Serbie lorsque je me jugerai assez loin de toute consommation pour ne pas refaire la même erreur (1an et 6mois d abstinence de drogue ce n est pas suffisant pour m estimer sans risque de futures rechutes)

          Je suis d’accord la méthadone est un problème OUI mais sans elle ma vie serait restée chaotique voire pire…

          Répondre
          1. KKIF

            Et je remercie ma famille ( parents et grands parents frère et soeur)
            C’est surtout EUX qui sont encore présents et me donnent envie de continuer. Ils ne m’ont jamais abandonné définitivement (mis à la porte quelques années mais c’est tout..^^)
            J’ai regagné récemment leur confiance. Pour preuve je vis avec mon frère et je sais où sont ses économies il m a d’ailleurs chargé de piocher dedans pour payer les dernières fois en liquide le macon qui faisait des travaux (plusieurs milliers d’euros) alors que JAMAIS il n aurait laissé 20euros sur la table avant. Il s’est même absenté plusieurs semaines sans craintes et ça me touche d avoir regagné cette confiance.

            On parle, on se voit tous régulièrement.

            Bref Merci à eux pour leur patience légendaire (15 ans de drogues à mon actif)

          2. ASUD

            Je répond à KIFF
            Loin de moi l’idée de condamner la méthadone , on a milité à ASUD pour que la méthadone soit introduite. On milite toujours pour qu’elle soit autorisée en primo prescription chez les médecins généralistes. Mais encore une fois, on se pose des questions sur:
            1) le choix de pouvoir utiliser d’autres molécules en substitution autres que la bupré ( morphine , codéine ,héroïne etc…) et cela pour des raisons de moindre dependance
            2) les très hautes posologies qui ont un impact sur la qualité de la vie amoureuse et affective
            3)Les conséquences physiologiques des traitements de 15 ou 20 ans
            4) l’impasse totale faite par la recherche sur les sortie de traitements

          3. Laurent Monnin

            340mg de methadone j’avoue ne pas comprendre, un gros consomateur d’héro à besoin entre 100 et 150mg se qui est considerable…A l’heure actuelle je suis à 20mg en ayant commencé à 60 il y a 1 an et je pense stopper fin d’année…
            BON COURAGE À TOUTES ET À TOUS et ne perdez pas à l’esprit qj’une personne sous methadone c tout bénéf pour le système car le cerveau est en pause…

  2. Morgane

    Franchement merci pour le texte c’est très intéressant..
    Et ça redonne de l’espoir pour le futur mais vous n’avez
    Pas parlez des gens qui prennent et la méthadone en gélules ?
    Perso j’aimerais arrêter en douceur, ( je prends des gellules de 40 )
    Et je ne sais pas trop m’y prendre.
    Merci encore pour l’articles les infos sans condescendance – por une fois -.
    Bye’

    Répondre
    1. ASUD

      Bonjour Morgane
      le problème de la gélule est que tu ne peux pas maitriser toi-même une baisse des doses comme tu peux le faire avec des flacons et un doseur ( ou un corps de shooteuse de 10CC) qui te laissent une complète flexibilité dans le rythme et la dose. Y compris de repartir en arrière sit tu te sens pas très bien en baissant.

      Cependant contrairement à d’autres, le laboratoires a tout de même mis à disposition des usagers une gélule de 1mg qui permet de baisser tout de même dans un confort relatif . D ‘ailleurs baisser de 1mg par semaine est une option adoptée par de nombreux ud même si le temps put paraitre long ( 3 mois pour 10 mg) . Comme tu es à 40 mg cette option est réaliste car cela te permet d’étaler sur 6 mois la division par deux de ta dose actuelle. Le mieux est d’en parler à son médecin à condition d’avoir une bonne relation avec lui , suffisante pour qu’il ne s’oppose pas à ton désir de baisser ce qui est parfois le cas. Si tu sens que ton médecin ne te soutient pas dan cette démarche, nous conseillons de changer de médecin plutôt que de baisser clandestinement . Ce qui n’est pas pas toujours facile …. Enfin comme le dit KIFF, dans le commentaire précédent , le soutien des proches, famille conjoints , enfants etc…. est capital pour traverser ce moment . Mais aussi les groupes de paroles qui peuvent exister sur ce sujet sur des forums . Nous pensons que des groupes de paroles non virtuels pour des personnes en décroche de TSO seraient utiles sur le modèle NA ou apparentés . Voilà . Bon courage

      Répondre
  3. DanDana

    Hello! Voilà j’aimerais avoir des conseils pour ceux qui sont déjà passé par là.
    J’ai 20 ans aujourd’hui. J’ai commencé l’héro il y a 3 ans (ma première dose, un poto de 0,5g). Et après c’était tout les jours pendants plus d’un an (entre 5 et 10g/jour). Mais c’est pas tout! Durant cette période je me suis mise aux shoots de cok ( sans avoir tester en trace avant). Je suis tomber folle des shoots alors même pour l’héro je ne prenait plus de traces. Seulement pour calmer le manque de cok l’héro ne suffisait plus. Alors j’ai commencé à prendre de la méthadone (petit dose de temps en temps, envrion 20mg). Puis j’en ai eu marre de l’héro, je trouvais ca nul à côté de la coke. Mais il me fallait de quoi redescendre de la C. Alors je me suis fait prescrire de la méthadone. Bien évidament, la dose était énorme puisque que je men servait pour calmer le manque de l’héro et la redecende de la C. Je parle de 180mg/ par jour et jusqu’à 300mg défois. Et ne me dite pas que c’était pour me défoncer! Non c’était juste pour ne pas avoir le turk de l’héro de la cok.

    Peu après, mon ex ma fait arrêter les shoots. Mais il m’a mis dans le crack. GROSSE ERREUR!!! Le manque de crack n’a rien de comparable avant le manque des shoots. Je devenais folle si je n’en avait pas. Je voulais me tuer! ALors je tournais au crack 5/6 non stop (le sixièeme jour c’était pour dormi après 5 nuit blanche). Je prenais plus de 15g de C par jour.
    Mais je prenais toujours mon traitement métha, correctement à 180mg/j.
    Maintenat j’ai tout arrêter depuis plus de 6 moi. J’avais eu mon bac donc j’ai repris des études, je fais beaucoup de sport. Mais je veux arr^ter la méthadone. Je ne supporte plus l’idée que si je n’ai pas ma dose je ne peux pas vivre. Aujourd’hui je suis à 3mg/jour. J’ai déjà essayer d’arrter plusieurs fois. J’ai l’impression que c’est un possible si je ne prend mes 3mg/j le matin, je suis un déchet. Mon dos me fait tellement souffrir que je ne pas tenir debout. Mes veines me grattent et oui après plus de 6mois sans, j’ai encore cette sentation. J’ai chaud, j’ai froid, je transpire… Mais le pire, cette sentation d’étre tout engourdi. J’ai l’impression que mon sang ne peut pas circuler sans métha, mes doigts glonfent (pourtant après tout les masscres que j’ai fait sur mes veines, hormis 2 veines vraiment nécrosé). Je n’ai aucun problème sanguin. AIDEZ MOI SVP!! Comment pouvoir arrêter avec une souffrance supportable?
    De plus, quand je suis manque je n’arrête pas de fumer alors après j’ai l’impression qu’il y a le feux dans ma gorge et mes poumons…
    QUE DOIS-JE FAIRE???

    Répondre
    1. ASUD

      Bonjour

      ce que tu soulignes c’est l’éternel problème de passer de quelque chose (3mg) à rien ( 0 mg) . Souvent les gens qui ne connaissent pas la substitution ne comprennent pas comment on peut avoir réussi à baisser une posologie de dingue du genre 300 mg et ensuite caler quand il s’agit de se passer des 3 malheureux derniers mgs. Et pourtant ta situation est archi classique . Passer de 3 à 1 par exemple c’est diviser sa consommation par trois. Comme de passer de 150 à 50 d’un coup. Bon je sais, une fois que l’on s’est dit cela ça change quoi ? Pas grand chose. Mais le reste de ton mail permet de penser que tu devrais de sortir de tout ça pas trop mal en persévérant un peu. Tu n’es pas imprégnée de méthadone depuis des 10 , 20 ans comme beaucoup d’entre nous tu devrais passer ce cap san strop de difficulté. Et même les vieux de la vieille qui crois moi vivent un sacré martyr quand ils décrochent, réussissent aussi à le faire . Même eux réussissent et finissent par te dire que déccro n’est pas si dur en fait. Ce qui est plus dur c’est de rester clean après car cette substance s’insinue dans les replis de ton psychisme de façon particulièrement complexe/ Et jusque là le secteur médical ne s’est pas réellement intéressé à la complexité du sevrage de méthadone, mais on sait de manière empirique que plus tu es resté longtemps dépendant , plus ton cerveau s’est déshabitué à fonctionner tout seul. En tous cas , il faut à mon avis que tu envisages le saut de 3 à rien comme une véritable déccroche , en accord avec ton médecin, avec des prescriptions anti douleurs et pour le sommeil et que tu anticipes des symptômes de manque qui vont véritablement démarrer une semaine après la fin de ta dernière gélule. Après … des endorphines , des endorphines pas tous les moyens possibles …. Et du courage

      Répondre
      1. tc

        Bonjour,

        Meme constat? les fameux dernier milligrammes.
        35 ans d’opiacés dont 20 ans sous méthadone. je suis passé de 110 mg a 2 mg/jour en un an. Je suis rentré en hospital pour les derniers mg. Au bout de trois jours enfermé dans ma chambre, j’ai pété un plomb et j’ai fugué en pleine nuit.
        replongé 2 mois dans l’héro puis raugmenté a 30 mg.
        Enfin arrête la came depuis 3 mois et suis a 9 mg/j
        J’ai toujours envie d’arrêter… affaire a suivre
        Cette fois ci en structure thérapeutique.

        Répondre